Des codes mésopotamiens
Ce document présente une synthèse des principaux codes juridiques mésopotamiens anciens, destinés aux étudiants en histoire du droit et en civilisations antiques. Il couvre les origines du droit écrit en Mésopotamie, les caractéristiques des codes d'Ur-Nammu, Lipit-Ishtar, les Lois d'Eshnunna et le célèbre Code de Hammurabi, ainsi que le contexte politique et social de ces textes.
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Histoire des lois, Mésopotamie · PPTX · 11 pages · 2050
Ce document présente une synthèse des principaux codes juridiques mésopotamiens anciens, destinés aux étudiants en histoire du droit et en civilisations antiques. Il couvre les origines du droit écrit en Mésopotamie, les caractéristiques des codes d'Ur-Nammu, Lipit-Ishtar, les Lois d'Eshnunna et le célèbre Code de Hammurabi, ainsi que le contexte politique et social de ces textes.
Le premier Code d'Ur-Nammu
Le Code d'Ur-Nammu est la plus ancienne tablette juridique connue, rédigée en sumérien vers 2100-2050 avant l’ère vulgaire. Bien que le préambule attribue les lois au roi Ur-Nammu d'Ur, certains historiens pensent qu'elles pourraient être l'œuvre de son fils Shulgi.
Le premier exemplaire fut découvert en fragments à Nippur et traduit en 1952. D'autres tablettes retrouvées à Ur ont permis de reconstituer environ 40 des 57 lois du texte. Un autre exemplaire à Sippar montre de légères variantes.
Les lois sont formulées sous forme casuistique : « si (un crime est commis), alors (un châtiment est appliqué) ». Ce modèle sera repris dans les codes suivants. Le Code d'Ur-Nammu innove en instituant une compensation financière en cas de blessures, en opposition à la loi du Talion (« œil pour œil, dent pour dent ») qui sera la base du droit babylonien. Les crimes graves comme meurtre, vol, adultère et viol restent punis de la peine capitale.
Ce code reflète l'organisation sociale de la « Renaissance sumérienne » : au sommet se trouve le lu-gal (le roi), puis deux classes principales, les hommes libres (« lu ») et les esclaves (arad pour les hommes, geme pour les femmes).
Le Code de Lipit-Ishtar
Lipit-Ishtar, cinquième roi de la première dynastie d'Isin (vers 1934-1924 avant l’ère vulgaire), a laissé un recueil législatif rédigé en sumérien, langue littéraire de l'époque. Ce texte est le deuxième plus ancien code mésopotamien connu après celui d'Ur-Nammu.
Le Code de Lipit-Ishtar comporte un prologue et un épilogue, encadrant les lois, à l'instar des codes d'Ur-Nammu et de Hammurabi. Il est connu par une douzaine de fragments de tablettes scolaires, principalement découverts à Nippur, mais aussi à Kish et Sippar.
Le prologue présente le roi comme choisi par les dieux pour instaurer justice et harmonie sociale, après avoir rétabli la liberté et l'ordre dans les cités de Sumer et d'Akkad. L’épilogue loue la justice du roi et menace de malédictions ceux qui altéreraient son œuvre. Le texte était à l'origine inscrit sur une stèle.
Les lois, au nombre d'environ 50, sont plutôt des décisions de justice compilées pour servir d'exemples dans des affaires futures. Elles traitent de sujets variés : locations d'animaux, de champs ou de bateaux, affaires familiales (héritage, adoption, mariage), faux témoignage, esclaves fugitifs.
Eshnunna et ses Lois
Eshnunna, située dans la basse vallée de la Diyala (actuel Tell Asmar), devint indépendante en 2027-2026 avant l’ère vulgaire sous le roi Ilushu-Ilia. Ses successeurs étendirent leur territoire et contrôlèrent des routes commerciales stratégiques.
Les Lois d'Eshnunna, datées de la première moitié du XVIIIe siècle avant l’ère vulgaire, sont rédigées en akkadien. Elles sont connues par deux tablettes de Tell Harmal et une troisième de Tell Haddad, qui en préservent presque l'intégralité. Elles sont attribuées au roi Dadusha d'Eshnunna, un souverain puissant de l'époque.
Ces lois sont contemporaines de la prise de pouvoir d'Hammurabi à Babylone et présentent de nombreux points communs avec son code. Elles ne sont cependant pas qualifiées de « code » car elles manquent de prologue et d’épilogue, peut-être perdus.
Le texte comprend environ soixante articles, couvrant des domaines variés :
- Correspondances de prix entre moyens de paiement et produits courants (orge, argent, huile, laine, cuivre, bitume).
- Location de chariots tirés par un bœuf et de bateaux, ainsi que les litiges liés.
- Location de travailleurs agricoles.
- Litiges fonciers, affaires familiales (héritage, mariage), taux d'intérêt, esclaves, coups et blessures.
Hammurabi et son règne
Hammurabi fut le sixième roi de la première dynastie de Babylone, d'origine amorrite. Son nom signifie en akkadien « l'aïeul est grand » ou « l'aïeul est un guérisseur ». Il aurait régné de 1792 à 1750 avant l’ère vulgaire (datation contestée).
Son règne est l'un des plus longs et prestigieux du Proche-Orient ancien. Il acheva la conquête de Sumer et d’Akkad, établissant la domination babylonienne sur la Mésopotamie. Il succéda à son père Sîn-Muballit, héritant d'un royaume modeste mais stratégique, comprenant des villes importantes comme Kish, Sippar, Borsippa et Dilbat.
Son père avait conquis le sud mésopotamien, mais ces territoires furent repris par Rîm-Sîn de Larsa, rival puissant.
Le roi administrateur
Les sources sur le règne de Hammurabi proviennent surtout de pays voisins, notamment les archives du palais de Mari. La vie privée du roi reste peu connue, tout comme ses grands travaux.
Après ses conquêtes, Hammurabi dut organiser les nouveaux territoires, notamment le riche royaume de Larsa. Il se fit d'abord roi de Larsa, abolit les dettes par un édit de mîšarum, puis annexa le royaume en le divisant en deux provinces où il imposa sa législation.
Il confia la redistribution des terres aux fidèles à son intendant Shamash-hazir, dont les lettres retrouvées à Larsa témoignent de son rôle. D'autres lettres adressées au gouverneur Sîn-iddinam éclairent l'administration locale.
Le roi législateur
Hammurabi est surtout connu pour son « Code » de lois, découvert en 1901 sur une stèle à Suse (Iran), où elle avait été emmenée après un pillage. Ce recueil de sentences royales compile des décisions de justice dans une longue inscription glorifiant le roi comme un législateur juste et inspiré par les dieux.
Des copies tardives complètent les fragments manquants. La postérité de Hammurabi repose principalement sur ce Code, plus que sur ses conquêtes militaires.
Le Code de Hammurabi
Daté d'environ 1750 avant l’ère vulgaire, le Code de Hammurabi est le plus complet des codes mésopotamiens connus. Gravé sur une stèle de 2,25 mètres, il est écrit en akkadien cunéiforme et exposé au musée du Louvre.
Ce texte est une inscription royale comprenant un prologue, des décisions de justice (appelées « lois » ou « articles ») et un épilogue. Il glorifie Hammurabi, qui régna sur Babylone de 1792 à 1750 avant l’ère vulgaire.
Bien que souvent présenté comme un code de lois à appliquer, les spécialistes insistent sur sa fonction politique : un traité juridique destiné à conserver la mémoire du sens de la justice et de l'équité du roi.
Contexte de rédaction du Code de Hammurabi
Le Code fut rédigé durant la période paléo-babylonienne, sous la première dynastie de Babylone, probablement vers la fin du règne d'Hammurabi. La datation exacte reste incertaine.
À son avènement, Hammurabi hérite d'un royaume modeste mais stratégique, entouré de puissances rivales : Larsa au sud, Eshnunna, Ekallatum et Mari au nord. Après une première période calme, il conquiert ses voisins et domine la majeure partie de la Mésopotamie, fondant ainsi le royaume babylonien comme puissance majeure.
Le système judiciaire mésopotamien repose sur le roi comme juge suprême, des autorités locales et des juges professionnels (dayyānum). La justice est souvent collégiale et fondée sur la preuve, notamment témoignages et documents écrits.
Depuis Ur III et le règne d'Ur-Nammu, les rois compilent des recueils de sentences juridiques. Hammurabi s'inscrit dans cette tradition en rédigeant son Code au moment d'organiser ses conquêtes et de léguer son œuvre à la postérité.
Le contenu du Code de Hammurabi
Le texte est divisé en trois parties :
- Prologue : récit historique en langue littéraire célébrant les accomplissements d'Hammurabi.
- Les lois : décisions de justice rendues par le roi, couvrant divers aspects de la vie sociale.
- Épilogue : volonté que le texte traverse les âges sans être altéré, sous peine de malédictions.
Cette structure est commune aux autres codes mésopotamiens connus : Ur-Nammu et Lipit-Ishtar.
Le Code partage des points communs avec d'autres textes législatifs mésopotamiens sans prologue ni épilogue, comme les Lois d'Eshnunna, les Lois assyriennes (vers 1100 avant l’ère vulgaire) et des recueils babyloniens plus tardifs, ainsi que les Lois hittites.
Le prologue et l’épilogue, caractéristiques des inscriptions royales commémoratives, glorifient le sens de la justice du roi. Ces éléments ont conduit certains assyriologues à interpréter le Code comme un document politique, dont les « lois » ont davantage un rôle de modèle de jurisprudence que de législation impérative.
Glossaire des termes clés
- Code d'Ur-Nammu : plus ancien code juridique mésopotamien connu, rédigé en sumérien vers 2100-2050 avant l’ère vulgaire.
- Code de Lipit-Ishtar : recueil législatif sumérien du règne de Lipit-Ishtar, vers 1934-1924 avant l’ère vulgaire.
- Lois d'Eshnunna : recueil législatif en akkadien du XVIIIe siècle avant l’ère vulgaire, sans prologue ni épilogue connus.
- Hammurabi : roi de Babylone (vers 1792-1750 avant l’ère vulgaire), célèbre pour son Code de lois.
- Code de Hammurabi : inscription royale babylonienne gravée sur stèle, comprenant prologue, lois et épilogue, datée d'environ 1750 avant l’ère vulgaire.
- Lu-gal : « le grand homme », titre sumérien pour désigner le roi.
- Lu : homme libre dans la société sumérienne.
- Arad / Geme : esclaves masculins et féminins dans la société sumérienne.
- Prologue / Épilogue : parties encadrant les codes mésopotamiens, glorifiant le roi et protégeant le texte.
- Dayyānum : juge professionnel dans la tradition judiciaire mésopotamienne.
- Mîšarum : édit royal abolissant les dettes au début d’un règne.
Points clés à retenir
- Les premiers codes mésopotamiens, comme celui d'Ur-Nammu, posent les bases du droit écrit avec des lois casuistiques.
- Le Code de Lipit-Ishtar et les Lois d'Eshnunna prolongent cette tradition, couvrant des domaines variés de la vie sociale et économique.
- Hammurabi unifie la Mésopotamie et rédige un code prestigieux, mêlant décisions de justice et glorification royale.
- Les codes mésopotamiens ont souvent une fonction politique et commémorative, plus qu'une portée législative impérative.
- La justice mésopotamienne repose sur un système complexe associant roi, autorités locales et juges professionnels, avec une procédure fondée sur la preuve.
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