FIABILITE
MAINTENABILITE
DISPONIBILITE
FMD
Facult
des Sciences de la Technologie
D partement G nie des
Transports
Pr. Ahmed BELLAOUAR
M.A. Salima BELEULMI
UNIVERSITE Constantine 1
Ann e Acad mique 2013-2014
PR FACE
Ce polycopi de fiabilit , maintenabilit et disponibilit (FMD) sadresse
surtout aux tudiants qui destinent aux sciences de ling nierie. Il se situe entre
un texte de fiabilit , maintenabilit et disponibilit purement th orique et un
texte de fiabilit appliqu e. Pour toutes les parties principales de FMD, nous
avons fait une revue rapide de FMD de niveau universitaire. Cette revue est
faite laide dexemples dans le texte. Le manuscrit est organis en trois parties
principales A, B et C dans lesquelles sont structur s les chapitres.
On sait que lanalyse de la fiabilit constitue une phase indispensable dans toute
tude de s ret de fonctionnement. A l'origine, la fiabilit concernait les
syst mes haute technologie (centrales nucl aires, a rospatial). Aujourd'hui, la
fiabilit est devenue un param tre cl de la qualit et daide la d cision, dans
l' tude de la plupart des composants, produits et processus "grand public":
Transport,
composants
m caniques&.
De nombreux industriels travaillent l valuation et lam lioration de la fiabilit
de leurs produits au cours de leur cycle de d veloppement, de la conception la
mise en service (conception, fabrication et exploitation) afin de d velopper leurs
connaissances sur le rapport Co t/Fiabilit et ma triser les sources de d faillance.
nergie, b timents,
lectroniques,
composants
Lanalyse de la fiabilit dans le domaine de la m canique est un outil tr s
important pour caract riser le comportement du produit dans les diff rentes
phases de vie, mesurer limpact des modifications de conception sur lint grit
du produit, qualifier un nouveau produit et am liorer ses performances tout au
long de sa mission. La maintenabilit par analogie la fiabilit , exprime un
int r t consid rable au maintien des quipements en tat de service et par
cons quence assur leur disponibilit .
Prof. Ahmed BELLAOUAR
D partement de G nie des transports
Facult des sciences de la technologie
Universit Constantine -1-
MAA. Salima BELEULMI
D partement de G nie des transports
Facult des sciences de la technologie
Universit Constantine -1-
D cembre 2013
2
TABLE DES MATIERES
Pr face
Introduction G n rale
Chapitre I:
Concepts G n raux de la Fiabilit
A. Premi re partie: LA FIABILITE
I.1 D finition
I.2 Fiabilit et probl matique
I.3 Indicateurs de Fiabilit
I.4
les diff rentes phases du cycle de vie en m canique
I.5 Objectifs et int r ts de la fiabilit en m canique
I.6 Evolution des co ts en fonction de la fiabilit
I.7 Fiabilit d'un syst me
I.8 La relation entre la fiabilit et la maintenance
Chapitre II:
Lois de fiabilit
II.1 Introduction
II.2 Les lois de probabilit utilis es en fiabilit
II.2.1 Les lois discr tes
II.2.2 Les lois continues
II.3 Etude des lois de fiabilit
II.3.1 Les lois discr tes
II.3.2 Les lois continues
Chapitre III: Lois de Weibull
III.1 Introduction
III.2 La lois de Weibull
III.3 Fonction de fiabilit R(t)
III.4 Domaine d'application
III.4.1 Papier de Weibull
III.5 Exemple d'application
III.5.1 Cas d'un r ducteur de vitesse
III.5.2 Cas d'une vis sans fin
III.5.3 Application pneus
B. Deuxi me partie: LA MAINTENABILITE
Chapitre I:
Maintenabilit
I D finition
3
5
7
7
7
9
11
14
14
15
23
29
29
29
29
33
42
42
45
54
54
54
54
56
56
62
62
68
72
76
77
I.1 Commentaire
I.2 Maintenabilit et maintenance
I.3 Maintenabilit et Disponibilit
I.4 Construction de la maintenabilit intrins que
II Analyse de la maintenabilit op rationnelle
III Approche math matique de la maintenabilit
IV Exemples d'application
C. Troisi me partie: LA DISPONIBILITE
Chapitre I:
Concept de la disponibilit
I Introduction
II Quantification de la disponibilit
II.1 Disponibilit moyenne
II.2 Disponibilit intrins que
II.3 Disponibilit op rationnelle
III Exemples d'application
Chapitre II:
la disponibilit des syst mes r parable
I D finition des diff rentes formes
I.1 D finition
I.2 Explication sur les diff rentes Disponibilit
I.3 Analyse de disponibilit op rationnelle
II Approche math matique de la disponibilit
II.1 Mod les d' valuation de Dop
II.2 Modes de saisie de Dop
II.3 Mod lisation de la disponibilit instantan e
II.4 Composition des disponibilit s asymptotiques
II.5 Composition des disponibilit s op rationnelles
R f rences bibliographique
77
78
78
78
81
82
85
90
90
91
91
91
92
93
95
95
95
Publicité
96
98
99
99
99
100
101
101
105
4
Introduction G n rale
Lex cution de la maintenance dans une entreprise industrielle est dune importance capitale
pour maintenir les quipements en tat de bon fonctionnement. La maintenance, dans sa plus
large d finition, est lensemble de toutes les op rations de gestion, de programmation et
dex cution. Le calcul de la fiabilit dun quipement constitue un outil incontournable pour
valuer lefficacit de nimporte quelle entit . Les concepteurs et les utilisateurs sont souvent
confront s des contraintes par pauvret ou par manque de mod les permettant de faire des
tudes pr visionnelles correctes. Le taux de d faillance est souvent consid r comme
constant ce qui est manifestement faux en m canique do lint r t doutils, de mod les ou de
m thodes plus adapt es. Le calcul de la fiabilit des syst mes m caniques est influenc par les
caract ristiques suivantes:
1. La notion du taux de d faillance nexiste pas
2. Le recueil des informations sur la fiabilit est plus difficile
3. Les d faillances ont des origines vari es (la dur e de vie des composants est
principalement conditionn e par les probl mes de fatigue avec une forte influence des
diff rentes contraintes.
4. Le syst me m canique est de plus en plus performant et compliqu
Ainsi, le choix dune loi de comportement du mat riel (calcul de la fiabilit ) devient une tache
tr s compliqu e. Le pr sent polycopi sadresse aux tudiants master de loption maitrise des
risques industriels, poursuivant leur formation la facult des sciences de ling nieur. La
conduite du calcul est conditionn e par le choix convenable dune loi de fiabilit d crivant le
comportement des diff rents composants constituants une entit .
Le but de la maintenance cest de mettre en Suvre les objectifs (co ts, d lai, qualit , etc.) fix s
par la direction de production en tenant compte des v nements (perturbations, al as, etc.) de
lenvironnement.
La strat gie de la maintenance est lensemble des d cisions qui conduisent :
d finir le portefeuille dactivit s de la production de maintenance, c'est- -dire,
d cider des politiques de maintenance des mat riels (m thodes correctives,
pr ventives, am lioratives appliquer chaque mat riel)
et, conjointement, organiser structurellement le syst me de conduite et les ressources
productives pour y parvenir dans le cadre de la mission impartie (objectifs techniques,
conomiques et humains).
5
Chapitre I : Concepts g n raux de la Fiabilit
Chapitre II : Lois de Fiabilit
Chapitre III : Loi de Weibull
6
Chapitre I : Concepts G n raux de la Fiabilit
I.1 D finition
La fiabilit caract rise laptitude dun syst me ou dun mat riel accomplir une fonction
requise dans des conditions donn es pendant un intervalle de temps donn .
I.2 Fiabilit et probl matique
La fiabilit a sans doute pris son d veloppement depuis la derni re guerre mondiale. Elle est
vite devenue une science part enti re dans les applications appartenant de nombreux
domaines. Elle a pour fondements math matiques la statistique et le calcul des probabilit s
qui sont n cessaires la compr hension et lanalyse des donn es de fiabilit .
La d faillance (la non fiabilit ) augmente les co ts dapr s-vente (application des garanties,
frais judiciaires,&etc.).
Construire plus fiable augmente les co ts de conception et de production, en pratique, le co t
total dun produit prend en compte ces deux tendances.
I.2.1. Fonction de fiabilit R(t) Fonction de d faillance F(t)
Consid rons un mat riel dont on tudie la fiabilit . Soit Z la variable al atoire qui chaque
mat riel associe son temps de bon fonctionnement. On choisi un de ces mat riels au hasard.
Soit les v nements A : Le mat riel est en tat de bon fonctionnement linstant t et B :
Le mat riel est d faillant linstant t + On a alors :
( ) ( ) et ( ) ( ) (I.1)
Donc ( ) ( )
= ( ) ( )
( ( )) ( ( ))
( ) ( )
On en d duit que ( )
( )
( )
( ) ( )
( )
(I.2)
On appelle fonction de d faillance la fonction F d finie pour tout te0
F(t)= P(T d t)
Le nombre F(t) repr sente la probabilit quun dispositif choisi au hasard ait une d faillance
avant linstant t. La figure I.1 donne lallure de cette fonction.
7
Figure I.1. Fonction de d faillance
Cette fonction nous am ne naturellement une fonction associ e : la fonction de fiabilit R
d finie pour tout t e0 par : R(t)= 1-F(t). Le nombre R(t) repr sente la probabilit quun
dispositif choisi au hasard dans la population nait pas de d faillance avant linstant t. La
figure I.2 montre les deux fonctions associ es.
Figure I.2. Fonction associ e
Le taux davarie moyen dans lintervalle de temps est alors :
( ) ( )
( )
(I.3)
I.2.1.1. Taux de d faillance instantan
Cest la probabilit (0d Rd 1) ; un produit doit accomplir de mani re satisfaisante une
fonction requise, sous des conditions donn es et pendant une p riode de temps donn .
L criture math matique du taux de d faillance linstant t, not 5(t), d fini sur
est la suivante :
5( )
(
( ) ( )
( )
) ( )
8
Physiquement le terme 5(t). t, mesure la probabilit quune d faillance dun
dispositif se produise dans lintervalle de temps sachant que ce dispositif a
bien fonctionn jusqu linstant t
(t) =
(I.5)
( )
( )
( )
( )
( )
( )
( )
=
( )
( )
o R est la fonction de fiabilit de ce mat riel.
On est alors amen r soudre une quation diff rentielle du 1er ordre. En effet si est
connu, la r solution de l quation diff rentielle lin aire du 1er ordre :
( ) 5( ) ( ) (I.6)
Donne la fonction de fiabilit R du mat riel. On d duit alors la fonction de d faillance F qui
est la fonction de r partition de la variable Z puis la densit de probabilit f de Z qui est la
d riv e de F.
On alors :
( ) + ( )
et ( ) + ( )
(I.7)
I.3 Indicateurs de fiabilit ( ) et (MTBF) :
Pr c demment le taux de d faillance 5 a t d fini par des expressions math matiques a
travers un calcul de probabilit . On peut galement lexprim par une expression physique . Il
caract rise la vitesse de variation de la fiabilit au cours du temps. La dur e de bon
fonctionnement est gale la dur e totale en service moins la dur e des d faillances.
(I.8)
I.3.1 Temps moyen de bon fonctionnement :
Le MTBF (Mean Time Between Failure) est souvent traduit comme tant la moyenne des
temps de bon fonctionnement mais repr sente la moyenne des temps entre deux d faillances.
En dautres termes, Il correspond lesp rance de la dur e de vie t.
+ ( )
(I.9)
9
mentfonctionnebon de totaldureeservice lependant esdefaillanc de totalnombre=l
Physiquement le MTBF peut tre exprim par le rapport des temps
(I.10)
Si est constant :
(I.11)
Par d finition le MTBF est la dur e de vie moyenne du syst me.
Exemple : un compresseur industriel a fonctionn pendant 8000 heures en service continu avec
5 pannes dont les dur es respectives sont : 7 ; 22 ; 8,5 ; 3,5 et 9 heures. D terminer son MTBF.
( )
Et si est suppos constant 5
La courbe ci-dessous montre l volution du taux des d faillances pour les diff rentes entit s.
Figure I.3. Courbes caract ristiques du taux de d faillance
Les courbes du taux de d faillance, figure I.3 ont une m me forme g n rale dite en baignoire,
mais pr sentent n anmoins des diff rences suivant la technologie principale du syst me
tudi :
A. en m canique.
B. en lectrom canique.
C. en lectronique.
10
tion immobilisa avec emaintenanc deon interventid' nombreesdefaillanc (n) les entrement fonctionne de tempsdes somme=MTBFl1=MTBF
I.4 Les diff rentes phases du cycle de vie dun produit :
L volution du taux de d faillance dun produit pendant toute sa dur e de vie est caract ris e
par ce quon appelle en analyse de fiabilit la courbe en baignoire Figure I.4.
Le taux de d faillance est lev au d but de la vie du dispositif.
Ensuite, il diminue assez rapidement avec le temps (taux de d faillance d croissant), cette
phase de vie est appel e p riode de jeunesse.
Publicité
Apr s, il se stabilise une valeur quon souhaite aussi basse que possible pendant une p riode
appel e p riode de vie utile (taux de d faillance constant).
A la fin, il remonte lorsque lusure et le vieillissement font sentir leurs effets, cest la p riode
de Vieillissement (taux de d faillance croissant):
Figure 1.4. La courbe en baignoire.
De nombreux l ments, tels que les composants lectroniques, ont un taux de d faillance qui
volue de cette mani re l .
Pour souligner la particularit des composants m caniques dans lanalyse de la fiabilit par
rapport aux composants m caniques, nous allons comparer l volution du taux de d faillance
dans les deux cas.
I.4.1 Taux de d faillance pour des composants lectroniques
Lexp rience a montr que pour des composants lectroniques la courbe, repr sentant le taux
de d faillance en fonction du temps t, a la m me allure que la courbe en baignoire figure I.3.
Elle est donc compos e de trois phases :
(1) Phase 1
La premi re phase d finit la p riode de jeunesse, caract ris e par une d croissance rapide du
taux de d faillance. Pour un composant lectronique cette d croissance sexplique par
l limination progressive de d fauts dus aux processus de conception ou de fabrication mal
ma tris ou un lot de composants mauvais. Cette p riode peut tre minimis e pour les
11
composants vendus aujourdhui. En effet, les fabricants de composants lectroniques se sont
engag s v rifier la qualit de leurs produits en sortie de fabrication.
(2) Phase 2
La deuxi me phase d finit la p riode de vie utile g n ralement tr s longue. Le taux de
d faillance est approximativement constant. Le choix de la loi exponentielle, dont la propri t
principale est d tre sans m moire, est tout fait satisfaisant. Les pannes sont dites al atoires,
Leur apparition nest pas li e l ge du composant mais dautres m canismes
dendommagement. Les calculs pr visionnels de fiabilit se font presque souvent dans cette
P riode de vie utile.
(3) Phase 3
La derni re phase est la p riode de vieillissement, elle est caract ris e par une augmentation
progressive du taux de d faillance avec l ge du dispositif. Ceci est expliqu par des
ph nom nes de vieillissement tels que lusure, l rosion, etc. Cette p riode est tr s nettement
au-del de la dur e de vie r elle dun composant lectronique. Parfois, on r alise des tests de
vieillissement acc l r s pour r v ler les diff rents modes de d faillance des composants.
I.4.2 Taux de d faillance pour des composants m caniques
Les composants m caniques sont soumis, d s le d but de leur vie, au ph nom ne dusure ou
de vieillissement. Si on trace la courbe du taux de d faillance, en fonction du temps, on obtient
une courbe qui ne pr sente pas le plateau de la figure I.4 la p riode de vie utile (taux de
d faillance constant) nexiste pas ou elle est r duite. Le taux de d faillance du dispositif est
une fonction non lin aire du temps et ceci dans chaque phase de sa vie (voir figure I.5):
Figure I.5. Courbe du taux de d faillance en m canique.
(1) phase 1 :
La premi re phase d finit la p riode de mortalit infantile. Cest une dur e de vie en principe
tr s courte Elle d crite par une d croissance progressive du taux de d faillance avec le temps
d une am lioration des caract ristiques internes (caract ristiques de d fauts) et des
interfaces, par un rodage pr alable des pi ces. Par cons quent il nest pas souhaitable de tester
les composants m caniques dans cette p riode de leur vie.
12
(2) phase 2 :
La derni re phase d finit la p riode de vieillissement qui comporte la majorit de la vie du
dispositif. Elle est caract ris e par une augmentation progressive du taux de d faillance.
Les pi ces m caniques sont soumises des ph nom nes de vieillissement multiples qui
peuvent agir en combinaison: corrosion, usure, d formation, fatigue, et finalement perte de
r silience ou fragilisation.
Contrairement aux composants lectroniques les calculs de la fiabilit pour des composants
m caniques se font essentiellement dans la p riode de vieillissement, en utilisant des lois de
Probabilit dont le taux de d faillance est fonction du temps telles que la loi Log-normale,
Weibull, & etc.
1.4.2.1 Application
On tudie une g n ratrice suite son d classement apr s 16500 heures. Pendant cette p riode,
la g n ratrice a cumul e 218 arr ts. Les donn es sont r sum es dans le tableau ci-dessous. On
veut savoir quelle est l volution de la fiabilit de la g n ratrice et sa phase dusure en
fonction des intervalles darr ts.
heures
MTBF
66.7
100
250
500
400
555.6
416.7
526.32
500
1000
2000
3000
4000
5000
6000
7000
8000
9000
10000 476.2
11000 555.6
12000 512
13000 200
14000 111.1
15000 100
Taux de
d faillance
0.015
0.01
0.004
0.002
0.0025
0.0018
0.0024
0.0019
0.002
0.0021
0.0018
0,001953125
0.005
0.009
0.01
Figure 1.6 : Fiabilit de la g n ratrice et courbe en baignoire
13
1234567891011121314150,0000,0020,0040,0060,0080,0100,0120,0140,016Taux de d faillanceheure1000courbe de fiabilit de la g n ratrice012345678910111213141516170,0000,0020,0040,0060,0080,0100,0120,0140,016Taux de d faillanceHeure1000Fiabilit de la g n ratrice
On constate que la g n ratrice commence se d grader partir de 12000 heures de
fonctionnement. Le comportement en baignoire du taux de d faillance est signe dun
fonctionnement plus au moins normal.
I.5 Objectifs et int r ts de la fiabilit en m canique
Lanalyse de la fiabilit constitue une phase indispensable dans toute tude de s ret de
fonctionnement. A lorigine, la fiabilit concernait les syst mes haute technologie (centrales
nucl aires, a rospatial). Aujourdhui, la fiabilit est devenue un param tre cl de la qualit et
daide la d cision, dans l tude de la plupart des composants, produits et processus grand
public: Transport, nergie, b timents, composants lectroniques, composants m caniques....
De nombreux industriels travaillent l valuation et lam lioration de la fiabilit de leurs
produits au cours de leur cycle de d veloppement, de la conception la mise en service
(conception, fabrication et exploitation) afin de d velopper leurs connaissances sur le rapport
Co t/Fiabilit et ma triser les sources de d faillance.
Lanalyse de la fiabilit dans le domaine de la m canique est un outil tr s important pour
caract riser le comportement du produit dans les diff rentes phases de vie, mesurer limpact
des modifications de conception sur lint grit du produit, qualifier un nouveau produit et
am liorer ses performances tout au long de sa mission.
I.6 Evolution des co ts en fonction de la fiabilit
Le non fiabilit augmente les co ts dapr s vente (garanties, frais judiciaires). Construire plus
fiable, augmente les co ts de conception et de production. Le co t total prend en compte ces
deux contraintes.
Co ts
Co t total
Co ts conception et
production
Co ts apr s- vente
R
Figure I.5. Courbes d volution des co ts en fonction de la fiabilit
14
La fiabilit dune machine tendance diminuer avec le nombre de ses composants ou de
leurs complexit s. La ma trise de la fiabilit devient donc plus d licate.
Une tr s haute qualit pour chaque composant, nentra ne pas n cessairement une grande
fiabilit . Apr s assemblage, les interactions entre les composants diminuent la capacit de
lensemble.
Une grande fiabilit sous certaines conditions, nimplique pas une grande fiabilit sous
dautres conditions (exemple: une huile moteur de synth se pr vue pour des moteurs moderne
(multisoupapes et turbo) ne convient pas forc ment pour un moteur de conception plus
rudimentaire (tondeuse, moteur us , voiture ancienne).
I.7 Fiabilit dun syst me
La d termination de la fiabilit dun syst me lectronique, m canique ou autre n cessite tout
dabord de conna tre la loi de la fiabilit (ou la loi de d faillance) de chacun des composants
intervenant dans le syst me.
Ceci est simple pour certains types de syst mes tels que les syst mes lectroniques, or ce nest
pas le cas pour des syst mes m caniques cause de la complexit de la structure du syst me
tudi . Les syst mes m caniques sont des ensembles d l ments technologiques li s par des
relations statiques et dynamiques assez complexes.
Pour un syst me lectronique chaque composant un poids important dans la fiabilit du
syst me, la fiabilit du syst me est donc calcul en fonction de la fiabilit de tous ses
composants. Les calculs sont effectu s sous lhypoth se que les taux de d faillance sont
constants dans le temps, une hypoth se acceptable pour la plupart des composants, ce qui rend
les calculs beaucoup plus simple. La d termination des taux de d faillance des composants est
effectu e soit partir des mod les d velopp s dans des bases de donn es disponibles, soit
partir dessais effectu s sur les composants ou bien partir des r sultats dexploitation des
produits.
La fiabilit dun syst me m canique, contrairement l lectronique, repose sur la fiabilit de
quelques composants l mentaires responsables de son dysfonctionnement, dits composants
responsables ou critiques (parfois un seul).
Publicité
I.7.1 Fiabilit de syst me constitu de plusieurs composants
En s rie
La fiabilit Rs dun ensemble de n constituants connect s en s rie est gale au produit des
fiabilit s respectives RA, RB, RC, Rn de chaque composant.
Rs = RA RB RC ...Rn
Si les n composants sont identiques avec une m me fiabilit R la formule sera la suivante :
Entr e
A
RA 5A
B
RB 5B
C
RC 5C
n
Rn 5n
Sortie
R(s) = Rn
Figure I.6. Composants en s rie.
15
Si les taux de d faillances sont constants au cours du temps la fiabilit sera calcul e suivant la
formule:
R(s) = ( ) ( ) ( )*&. ( ) (I.12)
Avec :
Si en plus, les composants sont identiques: A= B = C = &..= n
Alors:
R(s)= ( ) et
(I.14)
Exemple 1 :
Soit un poste de radio constitu de quatre composants connect s en s rie, une alimentation
RA=0.95, une partie r cepteur RB=0.92 ; un amplificateur RC=0.97 et haut parleur RD= 0.89 ;
d terminer la fiabilit RS de lappareil.
RS= RA. RB .RC. RD=0.95x 0.92x0.97x0.89=0.7545 (soit une fiabilit de 75% environ)
Exemple 2 :
Soit une imprimante constitu e de 2000 composants mont s en s rie suppos s tous de m me
fiabilit , tr s lev e R= 0.9999, D terminer la fiabilit de lappareil.
R(s)= (soit une fiabilit de 82 % environ
Si on divise par deux le nombre des composants
R(s)= (environ 90.5%)
Si on souhaite avoir une fiabilit de 90 % pour lensemble des 2000 composants mont s en
s rie, d terminons la fiabilit que doit avoir chaque composant
RS=
Expression que lon peut crire, partir des logarithmes n p riens sous la forme
Do R=0.999945
Exemple 3 :
Une machine de production dont la dur e totale de fonctionnement est de 1500 heures, se
compose de quatre sous-syst mes A, B, C et D mont s en s rie et ayant les MTBF respectifs
suivants : MTBFA = 4500 heures MTBFB= 3200 heures MTBFC= 6000 heures
MTBFD= 10500 heures. D terminons les taux de pannes et le MTBF global (MTBFS)
a) Taux de pannes de lensemble
5
5
5
5
16
l =n1MTBF(I.13) ...1MTBF(s)BAnCllll++++=
Le taux de d faillance global 5 5 5 5 5 ( )
La fiabilit globale s crit : ( ) 0.303 (30.3%)
Remarque :
Si on divise par deux la dur e de fonctionnement de la machine (750 heures)
( ) ( ) 0.550 (55%)
b) la MTBF de lensemble
, Soit un
temps de 1255 heures entre deux
d faillances
c) Quelle est la probabilit que le syst me parvienne sans pannes jusqu' 5000 heures
( ) ( ) 0.0186 (environ 2 %)
En parall le
La fiabilit dun syst me peut tre augment e en pla ant les composants en parall le. Un
dispositif constitu de n composants en parall le ne peut tomber en panne que si les n
composants tombent en panne au m me moment.
Si Fi est la probabilit de panne dun composant, la fiabilit associ e Ri est son
compl mentaire:
Fi = 1 Ri (I.15)
Fi repr sentant la fiabilit associ e.
Entr e
A
B
i
n
Sortie
Figure I.7. Composants en parall le.
Soit les n composants de la figure ci-dessous mont s en parall le. Si la probabilit de panne
pour chaque composant rep r (i) est not e Fi alors:
R(s) = 1-(1-R)n (I.16)
Le cas particulier de deux dispositifs en parall le si est constant RS est obtenu par :
( ) ( ) ( )
17
Exemple :
Trois dispositifs A, B et C de m me fiabilit RA= RB= RC=0.75 sont connect s en parall le
a) D terminons la fiabilit la fiabilit de lensemble
( )
Si on r duit le nombre des composants deux
( )
Si on met quatre dispositifs en parall le
( )
b) Quel nombre de diapositif en parall le faudrait-il mettre pour avoir une fiabilit globale
de 0,999 (99,9%)
( ) ( )
Do ( )
En utilisant les logarithmes n p riens
( ) ( )
( ) ( )
Ce qui implique davoir au moins cinq dispositifs en parall le
c) Si on souhaite avoir une fiabilit globale de 99% avec trois dispositifs seulement en
parall le, quelle devrait tre la fiabilit R de chacun de ces dispositifs:
( )
Do
( )
En utilisant les logarithmes n p riens
d) 3 ( ) ( )
3 ( ) ( )
( ) ( )
( )
(Soit une fiabilit minimale de 78,46%)
I.7.2. Cas des syst mes connect s en parall le et dis en attente
1.7.2.1 Cas de deux composants en attente
Pour le syst me propos , le composant A est en service actif et le composant B en attente. Si
B tombe tour en panne, il est automatiquement remplac par C, etc.
Si tous les composant sont identique avec constant, la fiabilit du dispositif est donn e par :
( ) 5
Si A et B ne sont pas identiques la relation devient :
( )
5
5 5
( )
1.7.2.2 Cas de n composants en attente
M me d marche que pr c demment, si A le composant actif tombe en panne, il est remplac
par B. Si B tombe son tour en panne, il est automatiquement remplac par C, etc. Si tous les
composants sont identiques avec constant, la fiabilit du dispositif est donn e par :
( ) [ 5
( )
( )
]
Exemple avec trois composants identiques en attente.
18
1.7.2.3 Cas o m composants sur les n sont n cessaires au succ s du syst me
Si on suppose que le syst me se compose de n composants K, tous de m me fiabilit R, et
quil doit y avoir au moins deux composants en tat de fonctionnement, la fiabilit de
lensemble est donn e par la relation
(
( )
) ( )
Exemple 1 :
Cas avec trois composants K avec un minimum de deux composants actifs sur les trois
disponibles au d part. On tol re que le syst me de d faillance dun seul composant sur les
trois. Il doit y avoir au moins deux composants en fonctionnement ou en activit pour
accomplir la mission, la relation pr c dente donne avec n=3 et m=2
( )
Exemple 2 :
cas avec quatre composants K en parall le avec un minimum de deux composants actifs sur
les quatre composants disponible au d part. On peut tol rer que le syst me de d faillance de
deux composants sur les quatre. Il doit y avoir au moins deux composants en fonctionnement
ou en activit pour accomplir la mission, la relation pr c dente donne avec n=4 et m=2
( ) ( )
1.7.3 Combinaison de composants en s rie et en parall le
Cest la combinaison des deux sous-paragraphes pr c dents
Exemple :
La fiabilit des trois composants identiques A, B et C est de 0.65, celle de D de 0,96 ; celle de
E 0, 92 celle de G 0, 87 celle de F de 0,89 et celle de H de 1 (100%)
La fiabilit globale R est exprim e ici par
[ ( ) ] [ ] [ ( )( ]
( )
Exemple 1 :(sur le taux de d faillance d finit au paragraphe 1.3 l'expression I.8.)
Huit composants identiques test s sur une dur e de 550 heures dans les m mes conditions. Le
premier composant tombe en panne, de mani re irr parable, apr s 65 h de fonctionnement, le
deuxi me apr s 115 h, le troisi me apr s 135 h le composant quatre apr s 340 h, le composant
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5 apr s 535 h, les trois autres composants continuent de fonctionner normalement
Exemple 2 :
Consid rant une machine automatis e fonctionnant pendant un cycle op ratoire de 155 heures.
Pendant cette p riode le syst me subit 5 d faillances des moments diff rents, suivies dune
r paration puis dune remise en activit . Les dur es respectives des d faillances sont : 2,5h ;
8,3h ; 3,7 ; 1,8 et 7,5 h
( )
19
I.7.4 La loi de survie
Soit un groupe de 300 mat riels identiques, utilis s de la m me mani re et mis en service la
m me date.
Notons :
N(t) : nombre de survivants la date t (on fait le compte
des l ments encore en service)
N(t) : mortalit absolue la fin de la p riode t (nombre
d l ment d faillants apr s le dernier inventaire)
N(0) : nombre de mat riel mis en service la date t0 (il
sagit ici de 300)
R(t) : Fr quence relative de survivants probabilit de
survie (cest la proportion des l ments encore en service
par rapport au nombre initial, peut sexprimer en %)
( )
( )
( )
F(t) : Probabilit dobserver une d faillance avant t (cest
le compl ment de R(t) )
( ) ( )
f(t) : Proportion des d faillants dans lintervalle [(t-1) ; t]
(cest la proportion d l ments d faillant depuis le dernier
inventaire par rapport au total initial)
( )
( )
( )
( ) ( )
( )
Z(t) : Taux de d faillance(ou taux davarie) ; cest la
le dernier
proportion d l ments d faillants depuis
inventaire par rapport au total pr c dent
( )
( ) ( )
( )
Calcul des param tres de fiabilit
P riode
t
k
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Survivants
N(t)
300
260
235
205
160
115
75
40
15
0
Mortalit
absolue
N(t)
0
40
25
30
45
45
40
35
25
15
Mortalit
relative
f(t)
0,000
0,133
0,083
0,100
0,150
0,150
0,133
0,117
0,083
0,050
Probabilit
de
survie
R(t)
1,00
0,867
0,783
0,683
0,533
0,383
0,250
0,133
0,050
0,000
Taux de d faillances
ou davarie
Z(t)
0,000
0,133
0,096
0,128
0,220
0,281
0,348
0,467
0,625
1,000
Repr sentation graphique:
20
21
012345678910050100150200250300350composants p riodes N(t)300012345678905101520253035404550 mortalit absolue delta N(t)p riodes0123456789100,0000,0250,0500,0750,1000,1250,1500,175mortalit relative f(t)p riodes f(t)Dans la troisi me colonne du tableau de la page rec dent, on remarque que 40 mat riels au
terme dune p riode, 25 au terme de 2 me p riode puis&
La MTBF peut donc s crire :
[( ) ) ( )+(45.4)+(45.5)+(40.6)+(35.7)+(25.8)+(15.9)]/300
MTBF=4,68 p riodes
Remarques :
( ) 4,68 ( ) 4,68
Donc:
( ) ( ) ( )
( )
Posons le rapport
( )
( )
22
0123456789100,00,30,60,91,2fiabilit p riodes R(t)0123456789100,00,20,40,60,81,01,2taux de d faillances p riodes Z(t)
( )
( )
( ) ( )
( )
( )
( )
( ) ( )
( )
On peut d duire que: ( )
( )
( )
I.8 La relation entre la fiabilit et la maintenance :
Tous les quipements dune installation industrielle sont soumis des m canismes de
d gradation dus aux conditions de fonctionnement et/ou denvironnement : usure, fatigue,
vieillissement. Face aux d faillances qui en r sultent, on peut se contenter de pratiquer une
maintenance corrective, mais on n vite pas ainsi les cons quences des pannes que lon
subit. Une attitude plus d fensive consiste mettre en Suvre une maintenance pr ventive
destin e limiter, voire emp cher, ces d faillances, mais on court alors le risque de d penses
excessives et dindisponibilit s inutiles.
Devant cette situation, le responsable de maintenance ne doit plus se contenter de surveiller et
de r parer, il doit envisager des strat gies. Une part de son travail consiste pr voir les
v nements et valuer les diff rentes alternatives qui soffrent a lui pour trouver la solution
optimale, ou tout au moins pour sen rapprocher. Les forces dont il dispose, limit es par ses
moyens techniques et financiers, doivent tre plac es aux bons endroits.
Cest dans ce contexte que la maintenance sest dot e de m thodes qui consid rent la fois, et
plus ou moins, la technique et lorganisation. Les industries...