Dopage et complément alimentaire des sportifs
L’AMA publie aussi souvent que nécessaire, et au moins une fois par an, la liste des interdictions en tant que standard international. Le contenu proposé de la liste des interdictions et les mises à jour effectuées sont transmis par écrit à l’ensemble des signataires et des gouvernements aux fins de commentaires et de consultation dont le Gouvernement Tunisien et l’ANAD. L’AMA veillera à transmettre sans tarder chaque version annuelle de la Liste des interdictions et l’ensemble des modifications à chacun des signataires, des laboratoires accrédités ou approuvés par l’AMA et des gouvernements, et à les diffuser sur son site web. Il incombera ensuite à chaque signataire de prendre les mesures nécessaires pour distribuer la liste des interdictions à ses membres et affiliés. Les règles de chaque organisation antidopage devront préciser qu’à moins de dispositions contraires dans la liste des interdictions ou l’une de ses mises à jour, la liste des interdictions et ses mises à jour entreront en vigueur aux termes des règles de l’organisation antidopage trois mois après leur publication sur le site Internet de l’AMA, sans autre formalité requise de la part de l’organisation antidopage.
Les critères pris en considération pour l’inscription d’une substance ou d’un procédé sur la liste des interdictions sont les suivants : soit deux des trois critères suivants sont remplis :
✓ avoir le potentiel d’améliorer la performance sportive,
✓ présenter un risque réel ou potentiel pour la santé du sportif,
✓ être contraire à l’esprit sportif. soit la substance ou la méthode a la faculté de masquer l’usage d’autres substances ou méthodes interdites.
La liste énumérant ces substances n’est pas exhaustive. En effet, l’interdiction concerne également les molécules de structure chimique similaire ou possédant un ou des effets biologiques similaires à celles citées dans la liste. Parmi les substances interdites, figurent notamment les stéroïdes anabolisants, les bêta2-agonistes et les agents stimulants de l’érythropoïèse mais aussi les stimulants présents dans de nombreux médicaments et compléments alimentaires, comme l’éphédrine ou la pseudoéphédrine (au-delà d’un certain seuil), la méthylhéxaneamine ou l’octopamine.
Dans le cadre de la lutte contre le dopage, le pharmacien doit rester vigilant à ne dispenser à un sportif que des compléments alimentaires et des médicaments exempts de substances inscrites sur la dernière liste publiée par l’AMA transposée par décret en droit interne.
Par ailleurs, l’AMA a établi un programme de surveillance de certaines molécules qui ne figurent pas dans la liste des interdictions mais dont elle souhaite pouvoir déterminer la prévalence d’usage dans le sport.
les
I- pharmacopée peut agir
déterminants de
la
performance
sportive
sur
lesquels
la
-La force et la puissance musculaire.
-L’endurance physique, l’oxygénation musculaire.
-La concentration, la maîtrise du stress.
-La vigilance, le traitement de l’information.
-Le dépassement de soi, la résistance à la douleur.
-La maîtrise du rythme veille-sommeil.
- Le contrôle du poids corporel.
-La récupération.
II- Les facteurs de la réussite dans le sport de haut niveau
Quelles
sont
les
déterminants de
la
performance sportive sur lesquels
la pharmacopée peut agir ?
- La force et la puissance musculaire.
-L’endurance physique, l’oxygénation musculaire.
-La concentration, la maîtrise du stress.
- La vigilance, le traitement de l’information.
- Le dépassement de soi, la résistance à la douleur.
- La maîtrise du rythme veille-sommeil.
- Le contrôle du poids corporel.
- La récupération.
III- Substances et méthodes interdites figurant sur la Liste des interdictions
La Liste des interdictions indique les substances interdites et méthodes interdites en permanence (à la fois en compétition et hors compétition) en raison de leur potentiel d’amélioration des performances dans des compétitions futures ou de leur potentiel masquant, et les substances et méthodes qui sont interdites en compétition uniquement. La Liste des interdictions pourra être élargie par l’AMA pour un sport en particulier. Des substances interdites ou des méthodes interdites peuvent être incluses dans la Liste des interdictions par le biais de classes de substances (par exemple les agents anabolisants) ou par la mention précise d’une substance ou méthode particulière
L’usage hors compétition d’une substance qui est interdite uniquement en compétition ne constitue pas une violation des règles antidopage à moins qu’un résultat d’analyse anormal
impliquant cette substance ou ses métabolites ou marqueurs ne soit déclaré à partir d’un échantillon prélevé en compétition.
III-1- Substances interdites
III-1-1- Substances interdites dans tous les sports en permanence
S0.substances non approuvées
Toute substance pharmacologique non incluse dans la liste et qui n’est pas actuellement approuvée pour une utilisation thérapeutique chez l’Homme par une autorité gouvernementale réglementaire de la santé (par ex. médicaments en développement préclinique ou clinique ou qui ne sont plus disponibles, médicaments à façon, substances approuvées seulement pour usage vétérinaire) est interdite en permanence.
Substances interdites
Dans tous les sports en permanence
S1. AGENTS ANABOLISANTS
-Stéroïdes anabolisants androgènes androstènediol, stanozolol, testostérone, épitestostérone...
(SAA)
: androstérone, nandrolone, danazol,
-Autres agents anabolisants
:Clenbutérol, tibolone, zéranol, zilpatérol, ligandrol…
S2. HORMONES PEPTIDIQUES, FACTEURS DE CROISSANCE, SUBSTANCES APPARENTÉES ET MIMÉTIQUES :
1- Erythropoïétine et agents modifiant l’erythropoïèse : EPO (érythropoïétine), CERA
(méthoxy polyéthylène glycol-époétine béta), EPO-Fc, EMP (peptides mimétiques de l’EPO),
agent activant du facteur inductible par l’hypoxie (Cobal, Xenon, FG-4592), inhibiteurs de
GATA (par ex. K-11706)…
2- Hormones peptidiques et leurs facteurs de libération : Gonadotrophine chorionique (CG),
hormones lutéinisante (LH)
Hormones interdites seulement chez le sportif masculin.
3- Corticotrophine
et
leurs
facteurs
de
libération (par ex. corticoréline).
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4- Hormone de croissance (GH) ou somatotropine et ses facteurs de libération incluant l’hormone de libération de l’hormone de croissance (GHRH) et ses analogues, les peptides libérateurs de l’hormone de croissance.
5- De plus, les facteurs de croissance suivants sont interdits :
- Facteur de croissance dérivé des plaquettes (PDGF).
- Facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF).
- Facteur de croissance analogue à l’insuline-1(IGF-1).
- Facteur de croissance des hépatocytes (HGF).
- Facteurs de croissance fibroblastiques (FGF),
- Facteurs de croissance mécaniques (MGF).
S3. BÊTA-2 AGONISTES :
- Bambutérol, fénotérol, formotérol, higénamine, olodatérol, pirbutérol, salmétérol, salbutamol, terbutaline, trétoquinol, vilanterol.
Sauf :
- le salbutamol (ventoline) inhalé (maxi 1600 microgrammes (en plusieurs prises) / 24h sans excéder 800 mg / 12 h),
- le formotérol inhalé (dose maximale délivrée de 54 microgrammes par 24 heures),
- le salmétérol inhalé (dose maximale 200 microgrammes par 24 heures).
La présence dans l’urine de salbutamol à une concentration supérieure à 1000 ng/mL ou de
formotérol à une concentration supérieure à 40 ng/mL n’est pas cohérente avec une utilisation
thérapeutique et sera considérée comme un résultat d’analyse anormal (RAA), à moins que le
Sportif ne prouve par une étude de pharmacocinétique contrôlée que ce résultat anormal est
bien la conséquence d’une dose thérapeutique (par inhalation) jusqu'à la dose maximale
indiquée ci-dessus.
S4. MODULATEURS HORMONAUX
ET MÉTABOLIQUES :
1-Inhibiteurs d’aromatase.
2- Modulateurs
sélectifs
des
récepteurs
aux oestrogènes (SERM).
3- Autres substances anti-oestrogéniques.
4- Agents prévenant l’activation du récepteur IIb de l’activine.
5- Modulateurs
métaboliques :
notamment insuline, meldonium.
S5. DIURÉTIQUES ET AGENTS MASQUANTS :
1- Agents masquants : par exemple desmopressine, probénécide, furosémide, administration
intraveineuse d’albumine, etc.
2- Diurétiques : par exemple acétazolamide, amiloride, bumétanide, etc.
III-1-2- Substances interdites dans tous les sports en permanence
S6. STIMULANTS
1- Stimulants spécifiés
Les stimulants spécifiés sont des substances très répandues dans des médicaments d'usage courant (en vente libre contre le rhume par ex.). Les athlètes testés positifs à ces substances ont la possibilité de prouver que leur utilisation n'a pas servi à l'amélioration de leurs performances et ainsi réduire les sanctions liés à un contrôle antidopage positif.
Les stimulants non spécifiées sont des substances dont on considère qu'elles ne peuvent pas donner lieu à un dopage involontaire.
Les stimulants spécifiés sont des substances très répandues dans des médicaments d'usage
courant (en vente libre contre le rhume par ex.). Les athlètes testés positifs à ces substances
ont la possibilité de prouver que leur utilisation n'a pas servi à l'amélioration de leurs
performances et ainsi réduire les sanctions liés à un contrôle antidopage positif.
Les stimulants non spécifiées sont des substances dont on considère qu'elles ne peuvent pas
donner lieu à un dopage involontaire. ex. cathine*, éphédrine**, epinéphrine*** (adrénaline),
heptaminol, pseudoéphédrine****, strychnine, méthylhexaneamine), octodrine, etc.
* Cathine: interdite quand sa concentration dans l’urine dépasse 5microgrammes par
millilitre.
** Ephédrine et méthyléphédrine : interdites quand leurs concentrations respectives dans
l’urine dépassent 10 microgrammes par millilitre.
*** Epinéphrine (adrénaline): n’est pas interdite à l’usage local, par ex.par
voie nasale
ou
ophtalmologique
ou
co-administrée
avec
les
anesthésiques
locaux.
**** Pseudoéphédrine:
interdite quand sa concentration dans
l’urine dépasse 150
microgrammes par millilitre.
2-
Stimulants non spécifiés
par ex. amfétamine, benfluorex, bromantan, cocaïne, fénétylline, métamfétamine, etc.
Bupropion, caféine, nicotine, phényléphrine, phénylpropanolamine
Programme de surveillance 2020 et ne sont pas considérées comme des substances interdites.
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Il n’y a aucune indication de prendre du Maxiton ou autres amphétamines pour booster ses
performances physiques ou mentales. Les amphétamines dont le Maxiton sont à l’origine de
décès.
Les amphétamines sont des psychostimulants et anorexigènes puissants, utilisées récemment
encore comme coupe-faim, pour empêcher le sommeil ou pour la recherche de la perf.
physique ou mentale dans certaines circonstances (comme passer un examen ou réussir une
compétition. sportive).
Leur toxicité ainsi que la forte dépendance psychique qu’elles entraînent expliquent que la
plupart des amphétamines soient classées comme stupéfiant depuis 1967.
Le Maxiton a été certainement le produit le plus utilisé et le plus connu dans des milieux
autres que les milieux sportifs, en particulier chez les étudiants.
S7. NARCOTIQUES (y compris tous leurs isomères optiques)
Buprénorphine, dextromoramide, diamorphine
(héroïne),
fentanyl et
ses dérivés,
hydromorphone, méthadone, morphine, nicomorphine, oxycodone, oxymorphone,
pentazocine et péthidine.
Le Pot Belge, ou « pot des fous », est un cocktail explosif de plusieurs produits dopants et
drogues :
•
•
•
•
•
•
Amphétamines,
Cocaïne,
Caféine,
Antalgiques,
Héroïne,
Morphine.
Le pot belge dépasse largement les limites du dopage et fait entrer le milieu sportif dans le
trafic et l’usage de drogues.
S8.
CANNABINOÏDES
tous les cannabinoïdes naturels et synthétiques sont interdits, par ex. :
- Dans le cannabis (haschisch, marijuana) et produits de cannabis.
- Tetrahydrocannabinols (THCs) naturels ou synthétiques.
- Cannabinoïdes
synthétiques qui miment
les
effets du THC.
Le ∆9-THC, principe actif majeur du cannabis est éliminé très lentement par l’organisme et
le principal produit de dégradation du cannabis, le carboxy- THC, se retrouve dans les urines
X semaines après une prise. Un usage festif même ponctuel du cannabis peut donc entraîner
un contrôle positif.
Pour cette raison, l'Agence Mondiale Antidopage a récemment relevé le seuil de détection du
cannabis de 15 ng/mL à 150 ng/mLs.
S9. GLUCOCORTICOÏDES
Tous
les glucocorticoïdes sont
interdits
lorsqu’ils
sont administrés
par
voie orale, intraveineuse, intramusculaire ou rectale. Par
ex.
:
bétaméthasone,
cortisone,
prednisolone, hydrocortisone, prednisone, triamcinolone…
L'administration par
inhalation et par voies auriculaire, dermatologique, nasale et
ophtalmologique n'est pas interdite.
V-Substances interdites dans certains sports seulement
- ALCOOL : Apres un examen attentif et une consultation approfondie, l’alcool a été retiré de la Liste des interdictions. Le but de ce changement n’est pas de compromettre l’intégrité ou la sécurité des sports OU l’alcool est une préoccupation, mais plutôt d’appuyer la mise en œuvre des moyens différents d’imposer des interdictions de consommation d’alcool dans ces sports. Les quatre Fédérations Internationales (Aéronautique, Automobile, Motonautique, Tir à l’arc) concernées par ce changement ont été informées à l’avance afin de modifier leurs règles et de mettre en place des protocoles pour tester la consommation d’alcool et sanctionner adéquatement les athlètes qui ne respectent pas les règles de leur sport. Le contrôle du processus donnera aux FI plus de flexibilité individuelle dans l’application des règles ou des seuils. Les organisations nationales antidopage ne seront plus obligées de réaliser des contrôles, mais pourront aider les fédérations si besoin.
-BÊTA-BLOQUANTS: suivants :
- Automobile (FIA).
interdits
en
compétition seulement dans les sports
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- Billard (toutes les disciplines) (WCBS).
- Fléchettes (WDF).
- Golf (IGF).
- Ski (FIS) pour snowboard halfpipe/big air.
le
saut
à
skis,
le
saut
freestyle/halfpipe
et
le
- Sports subaquatiques (CMAS) : apnée.
- Tir (ISSF, IPC) aussi interdit hors compétition.
-Tir à l’arc (WA) aussi interdit hors compétition.
III-2- Méthodes interdites dans tous les sports
M1. MANIPULATION DE
SANG OU DE COMPOSANTS SANGUINS
1.
L’administration ou la réintroduction de n’importe quelle quantité de sang autologue,
allogénique
(homologue) ou hétérologue ou de globules rouges de tte origine dans le système circulatoire.
2.
L’amélioration artificielle de la consommation, du transport ou de la libération de
l’oxygène (produits chimiques perfluorés, éfaproxiral (RSR13), hémoglobine modifiée) =
transporteurs d’O2 synthétique.
3.
Toute manipulation intravasculaire de sang ou composant(s) sanguin(s) par des
méthodes physiques ou chimiques.
M2. MANIPULATION CHIMIQUE ET PHYSIQUE
1.
La falsification, ou la tentative de falsification, dans le but d’altérer l’intégrité et la
validité des échantillons recueillis lors du contrôle du dopage = substitution et/ou l’altération
de l’urine (ex. ajout de protéases dans l’échantillon).
2.
Les perfusions intraveineuses et/ou injections de plus de 100 mL par période de 12
heures, sauf celles reçues légitimement dans le cadre de traitements hospitaliers, les
procédures chirurgicales ou lors d’examens diagnostiques et cliniques.
M3. DOPAGE GENETIQUE ET CELLULAIRE
1.
L’utilisation d’acides nucléiques ou d’analogues d’acides nucléiques qui pourrait
modifier les séquences génomiques et/ou altérer l’expression génétique par tout mécanisme.
Ceci inclut sans s’y limiter, l’édition génique, le silençage génique et le transfert de gènes.
2.
L’utilisation de cellules normales ou génétiquement modifiées.
Remarque : ne sont pas interdits
-Les méthodes d’électromyostimulation.
- Les séjours en caisson hyperbare ou hypobare.
-Les
séjours en
altitude
pour augmenter l’hématocrite.
- L’injection intramusculaire, intraveineuse ou sous-cutanée de substances licites dès lors que
ces injection ne dépassent pas 100 mL par périodes de 12 heures.
-La grossesse (avec IVG entre 3 et 6 mois).
« brain doping » ou stimulation transcrânienne.
IV- Programme de surveillance 2020
Le Code mondial antidopage (article 4.5) stipule que : « L’AMA, en consultation avec les signataires et les gouvernements, établira un programme de surveillance portant sur des substances ne figurant pas dans la Liste des interdictions, mais qu’elle souhaite néanmoins suivre pour pouvoir en déterminer la prévalence d’usage dans le sport ».
1.
2.
3.
Agents anabolisants : En et hors compétition : ecdystérone.
Bêta-2-agonistes : En et hors compétition : toute combinaison de bêta-2-agonistes.
2-éthylsulfanyl-1H benzimidazole (bemitil) : En et hors compétition.
Stimulants : En compétition seulement : Bupropion, caféine, nicotine, phényléphrine,
4. phénylpropanolamine, pipradol et synéphrine.
5.
Narcotiques : En compétition seulement : Codéine, hydrocodone et tramadol.
Glucocorticoïdes : En compétition (par voies d’administration autres que orale, 6. intraveineuse, intramusculaire ou rectale) et hors compétition (toutes voies d’administration).