Contr le microbiologique des aliments Manuel technique. Polytech D partement STIA. Page 1
ACADEMIE DE MONTPELLIER
UNIVERSITE MONTPELLIER II - SCIENCES ET TECHNIQUES DU LANGUEDOC
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D partement
Sciences et Technologies des Industries Alimentaires
MICROBIOLOGIE ALIMENTAIRE
CONTROLE MICROBIOLOGIQUE DES ALIMENTS
Professeur Jean-Louis CUQ
Contr le microbiologique des aliments Manuel technique. Polytech D partement STIA. Page 2
I. GENERALITES
Ce document contient des informations de basesur lesquelles les Ing nieurs des Industries
agroalimentaires que vous serez tr s prochainement pourront sappuyer pour cr er et/ou utiliser
un laboratoire danalyses microbiologiques. Il devrait ainsi vous permettre de r aliser les diff rentes
analyses et les divers contr les indispensables la ma trise de la qualit des produits alimentaires
mais aussi de la qualit hygi nique de lenvironnement de production et de distribution.
A - INTERET DE LA BACTERIOLOGIE ALIMENTAIRE.
Le contr le de la qualit microbiologique de nos aliments a t pendant longtemps limit aux
contr les des produits finis, le plus souvent par rapport une norme. Ces analyses ont t souvent
lapanage de laboratoires sp cialis s car il est bien connu que l valuation de la qualit hygi nique
de nos denr es alimentaires n cessite beaucoup de mat riel, un personnel qualifi et reste encore
lourde, longue et co teuse. En cons quence, cette valuation est encore difficilement applicable
un nombre d chantillons repr sentatifs dun lot ou dune production.
La ma trise de la qualit microbiologique (hygi nique obligatoire et marchande souhait e par le
fabricant mais aussi le consommateur) passe par un ensemble de d marches qui vont du contr le
des mati res premi res brutes, en cours de transformation ou de laliment fini, aux pratiques de
bonnes fabrications en passant par lidentification des principaux points critiques du syst me de
production / distribution, le plus souvent par une d marche HACCP. Ces analyses prennent
aujourdhui largement place dans la plupart des usines et des r seaux de distribution et permettent,
par la r alisation de contr les judicieux, une bonne valuation de la qualit et une mise en vidence
d ventuelles contaminations, les actions correctives qui en d coulent sans pour autant trop alourdir
les charges.
Dans ce contexte lanalyse microbiologique traditionnelle des produits finis reste encore
indispensable car elle permet avec une certaine inertie d viter, dans le cas o des produits
dangereux ou non conformes seraient fabriqu s, leur commercialisation ou leur consommation. Ce
type de contr le souvent pratiqu par des laboratoires officiels (DGCCRF: Direction G n rale de la
Concurrence, de la Consommation et de la R pression des Fraudes , Laboratoires des Services
V t rinaires, etc.) nest pas pr ventif et ne permet pas de ma triser la qualit microbiologique des
produits fabriqu s. Utilis seul, il se r v le sans grand int r t et souvent m me inutile si sa mise en
Suvre est longue et sans suite.
Le contr le en cours de production doit permettre de d terminer les points critiques. Il faut donc
choisir une m thode danalyse qui permette, apr s interpr tation, de r agir sur la fabrication en
amont par un v ritable feed-back quand un d faut dorigine microbienne est d tect . On
comprend donc lint r t que portent les microbiologistes aux m thodes danalyse rapides ou
ultrarapides quand on sait que 24 heures plus de quinze jours sont parfois indispensables pour
obtenir des donn es quant la qualit du produit ou de ses d riv s.
Les m thodes danalyse mises en Suvre doivent tre rapides, fiables, reproductibles et si possible
simples (et peu co teuses) ; elles consistent en une recherche et/ou une num ration des principaux
germes microbiens rencontr s dans nos aliments afin den ma triser leur pr sence ou absence (dans
le cas de germes dangereux responsables de maladies infectieuses) et leur nombre (dans le cas de
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germes peu dangereux, contaminants ou h tes normaux des mati res premi res composant la
denr e).
(ne jamais perdre de vue quil faut absolument garantir la s curit des consommateurs en permettant
la d tection des microorganismes dangereux ou ventuellement de m tabolites toxiques ou de
toxines microbiennes et assurer au produit une bonne qualit et une bonne conservation).
Au plan sanitaire la liste des bact ries dangereuses responsables de maladies apr s
consommation daliments contamin s a tendance saccro tre : aux Salmonella diverses, Shigella,
Staphylococcus aureus ent rotoxinog nes et Clostridium perfringens sont venus sajouter Bacillus
cereus, Vibrio parahaemolyticus, Escherichia coli ent ropathog nes ou encore des bact ries des
genres Streptococcus, Listeria, Campylobacter, Yersinia, Brucella etc.
Le contr le microbiologique de routine dun produit alimentaire solide ou liquide consiste le plus
souvent, en absence dinformation sur l ventuelle implication de ce produit une maladie
infectieuse, une toxi-infection ou une intoxination, en :
- un contr le de st rilit pour des produits soumis des traitements antimicrobiens de
stabilisation (temp rature, additifs, etc.)
- une estimation du nombre des contaminants (flore a robie m sophile totale, coliformes,
ana robies sulfito-r ducteurs) ou leur d tection - identification (Salmonella, Listeria etc).
Ce contr le est actuellement long (plusieurs jours), ce qui implique souvent :
- de stocker le produit en attendant la r ponse (impossible pour les produits tr s p rissables)
- de diffuser le produit sans conna tre sa qualit bact riologique avec tous les risques que cela
comporte.
B . LES RISQUES AU LABORATOIRE DE MICROBIOLOGIE
Il est clair que les risques li s la manipulation de microorganismes, dont lidentit et le pouvoir
pathog ne sont souvent inconnus dans les premi res tapes de leur analyse doivent tre parfaitement
ma tris s par des pratiques et un environnement sans d faut.
Il faut que le microbiologiste soit toujours conscient des risques li s la manipulation de bact ries
et un degr moindre de levures et moisissures, en particulier apr s leur amplification n cessaire
leur tude. Rappelons quune colonie est constitu e denviron 109 1010 cellules et quune turbidit
appr ciable dun milieu de culture liquide correspond environ 108
La ma trise du risque microbiologique passe par la parfaite connaissance :
cellules par ml.
- des germes manipul s ou recherch s
- des voies de p n tration de ces germes dans lorganisme
- des meilleures m thodes de manipulation pour minimiser ce risque.
Les microorganismes sont class s en 4 groupes en fonction des risques potentiels quils
repr sentent. Le groupe 1 comprend des microorganismes peu dangereux pour le microbiologiste et
son environnement. Le groupe 2 correspond des germes faisant courir des risques mod r s aux
manipulateurs et des risques limit s la communaut . Le groupe 3 est constitu de
microorganismes haut risque pour le manipulateur et risque mod r pour la communaut . Le
groupe 4 correspond de microorganismes tr s dangereux pour le manipulateur et son
environnement.
Les voies de linfection sont essentiellement :
- buccale (ingestion) : pipetage, port la bouche des doigts ou dobjets contamin s comme des
cigarettes, des stylos, des aliments etc. Ce type de contamination r sulte dun travail aseptique
incorrect ou encore de projections, renversements ou actions diverses non contr l s.
- a rienne (trach e art re, poumons) par des a rosols (particules liquides ou non en suspension dans
lair et porteuses de germes). Ces a rosols peuvent tre g n r s par des op rations classiques
(homog n isateur, centrifugeuse, etc.) et leur pouvoir de contamination est tr s grand.
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- par contact cutan (Brucella, Staphylococcus ou encore Pseudomonas par exemple) ou au niveau
de muqueuses ou dorganes comme les yeux.
- par p n tration sous-cutan e accidentelle (par piq re ou au niveau dune plaie).
C - LE LABORATOIRE
Le laboratoire danalyse microbiologique doit tre m me de r aliser des analyses de routine
(contr le de qualit par rapport une norme, valuation de la qualit des mati res premi res), mais
aussi de permettre l valuation de la qualit des op rations de transformation ou de pr paration, la
recherche et ma trise des ventuels points critiques (HACCP), l valuation de lefficacit des
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traitements antimicrobiens de conservation, demballage ou de nettoyage etc. Les microorganismes
susceptibles d tre rencontr s appartiennent pour la plupart aux groupes 1, 2 et ventuellement 3.
Ceci impose donc des r gles fondamentales de conception et de fonctionnement du laboratoire
danalyse microbiologique.
Le laboratoire doit tre compos de trois parties principales :
- le laboratoire proprement dit o sont r alis es les analyses
- la salle de pr paration des milieux de culture
- la laverie qui traite les produits et mat riels utilis s pour lanalyse et qui fournit la verrerie et le
mat riel propre et st rile. La laverie et la salle de pr paration peuvent ne constituer quune seule
pi ce.
Echantillonnage
pr l vement
Mat riel
usage unique
Ensemencement
Etuvage
Echantillons
analyser
LABORATOIRE
Salle de manipulations
Lecture
Stockage des milieux
et mat riels st riles
st rilisation
- autoclave
- filtration
pr paration des
milieux
mat riels contamin s
Verrerie sale
non contamin e
Autoclavage
(121 C , 20 mn)
Lavage
D chet
poubelle
Cotonnage
St rilisation
four Pasteur
(180 c, 10 60 mn)
Le laboratoire danalyse doit disposer :
- dun espace suffisant avec une circulation limit e. Deux ou trois parties sont souhaitables mais
non n cessaires.
- de murs, plafonds et sol lisses mais non glissants, non absorbants, faciles nettoyer et
d sinfecter.
- dun clairage naturel ou artificiel de bonne qualit . Les fen tres coulissantes avec montants
aluminium quip es de volets roulants conviennent bien.
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- de plans de travail lisses et r sistants.
- de lampes UV dispos es au plafond et quip es dune minuterie au moins dans la salle de travail.
Le plan pr sent sur la figure 1 est une proposition type de conception du laboratoire. Il ne faut pas
perdre de vue que le bon fonctionnement du laboratoire requiert, en particulier aux niveaux des
manipulations, des personnels qualifi s. Propret et r gles dhygi ne strictes doivent y r gner.
documentation
bibliographie
bain-marie
viers
four Pasteur
rangements
produits divers
viers
paillasses
tag res
bureaux
lave-vaisselle
pr paration de milieux
autoclave
tuves 25 -30 (37)-44 C
hottes flux laminaires
figure 1 . Sch ma type dun laboratoire danalyse microbiologique
frigo
souchier
D.
MATERIEL
MICROBIOLOGIQUE
DEQUIPEMENT
DU
LABORATOIRE
DANALYSE
L quipement dun laboratoire de microbiologie alimentaire diff re peu de celui dun laboratoire de
bact riologie m dicale. Il faut disposer ainsi dune r serve de produits chimiques les plus courants
et de milieux ou de composants de milieux de culture (deshydrat s si possible) et de colorants. En
microbiologie alimentaire, la fr quence des tudes quantitatives et qualitatives et leur vari t font
quil est n cessaire de disposer dun nombre lev de milieux de culture et de mat riels divers
(tubes essai, erlenmeyers, bo tes de P tri, pipettes, etc).
Il est indispensable de disposer dun certain nombre d quipements et de mat riels tels que :
D . 1 . Syst mes de st rilisation / d sinfection et zones st riles:
1) Lautoclave vertical ou horizontal pour la st rilisation en milieu vapeur des milieux, des
d chets est indispensable. La st rilisation est g n ralement r alis e 115 ou 120 C pendant
10 30 minutes.
2) Le four Pasteur permet la st rilisation sec du mat riel en verre ou en m tal et doit pouvoir
atteindre une temp rature de 170 - 180 C.
3) Les syst me de micro ou ultra filtration membrane sont utilis s pour les milieux de culture
liquides non autoclavables et pour lanalyse e liquides (eau par exemple).
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4) Les lampes UV germicides munies dune minuterie et install es dans la pi ce principale de
manipulation ainsi que dans les hottes flux laminaires. Leur effet sur un germe donn est fonction
de la puissance de la lampe, de la longueur donde du rayonnement UV, de la distance et du temps
dirradiation. Elles sont efficaces sur les zones clair es . Il est essentiel de se prot ger vis- -vis
dune exposition directe, la muqueuse oculaire tant particuli rement sensible.
5) Les r cipients contenant par exemple de lhypochlorite de sodium pour recueillir les
mat riels souill s tels que lames tats frais, les pipettes, les c nes usage unique etc. La
r cup ration des milieux contamin s apr s lecture peut se faire dans des sacs en polypropyl ne qui
ne seront limin s quapr s autoclavage.
6) Les zones de travail sont situ es dans la zone de protection de becs Bunsen avec d clenchement
par bouton pied et/ou dans des hottes flux laminaires qui selon leur fonctionnement
prot gent avec efficacit soit le produit (figure 2), soit lop rateur (figure 3), soit les deux (figure
4), ces hottes tant class es en trois cat gories en fonction de leur fonctionnement. Elles sont
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utilis es pour la distribution aseptique des milieux et le remplissage de bo tes de P tri. Un flux dair
st rilis par filtration est dirig sur la zone de travail soit horizontalement, soit verticalement avec
ou non un recyclage. Il ne sagit pas de zones de s curit et les hottes de classe I ne peuvent pas tre
employ es seules pour les manipulations des microorganismes ; dans ce cas, le travail st rile est
r alis dans la zone de protection dun bec de gaz, ce dernier pr sentant n anmoins linconv nient
de perturber le flux dair dans le syst me.
lampe UV
lumi re
e
n
i
b
r
u
t
HOTTES DE CLASSE I
Protection du produit
filtre polyamide d'efficacit de
r tention de 90 % pour des
particules de d> 5 m
filtre absolu d'efficacit de
r tention de 99,999 % pour
des particules de d > 0,3 m
figure 2 . Hottes flux laminaire horizontal de classe I avec protection du produit
HOTTES A FLUX
LAMINAIRE
horizontal de classe I
Protrection du
manipulateur
pas du produit
figure 3 . Hottes flux laminaire horizontal de classe I avec protection du manipulateur
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HOTTE DE CLASSE II
flux vertical
Protection du produit et
du manipulateur
figure 4 . Hotte flux laminaire vertical de classe II avec protection du manipulateur et du produit
Les hottes de classe III prot gent avec une tr s grande efficacit produit et manipulateur mais restent
dune utilisation difficile. Il sagit en fait de bo tes gants tanches et st riles (figure 5).
HOTTE DE CLASSE III
igure 5. Hotte flux laminaire de classe III
Dans ces hottes la vitesse lin aire de lair est voisine de 0,25 1 m.sec-1. La d contamination de ces
hottes doit tre effectu e quotidiennement (surface de travail et c t s). Le formol est certainement
le meilleur d sinfectant car il assure la st rilisation la plus homog ne; les ph nols laissent des
r sidus, et lhypochlorite est tr s corrosif. L tanch it de la hotte doit tre contr l e ainsi que
lint gralit du filtre st rilisant HEPA. Si ce dernier filtre doit tre chang , il faut le faire
aseptiquement et placer imm diatement le filtre dans un emballage en polypropyl ne tanche.
Fabrication du formol
Le formol peut tre g n r par bullition dune solution de formald hyde 40 %. Sa concentration
d sinfectante optimale est de 50 mg.m-3 qui sont par exemple obtenus par bullition de 25 ml de
formol 40 % dans une hotte de 0,35 m3.Le formol peut aussi tre g n r partir du chauffage
sec de paraformald hyde (3 g par hotte) ou par addition de 6 g de permangante de potassium 25
ml de formol 40 % temp rature ambiante. Il est galement possible de g n rer la quantit de
formol n cessaire la st rilisation de la hotte par m lange de 4 g de paraformald hyde, 8 g de
permanganate de potassium et 10 ml deau. La dur e de ce type de traitement doit tre dune dizaine
dheures et le syst me de ventilation mis en marche au moins une demi-heure avant r utilisation.
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D . 2 . Mat riels dincubation et de pr paration des milieux
Il faut disposer d tuves bact riologiques qui doivent pouvoir tre r gl es avec pr cision entre 25 et
55 C. Trois temp ratures d tuvage sont g n ralement utilis es en microbiologie alimentaire.
Deux jarres ana robies et leur n cessaire de contr le de latmosph re (catalyseur, g n rateur
dhydrog ne et de gaz carbonique, indicateur au bleu de m thyl ne) sont indispensables l tude
des germes ana robies stricts.
Deux bains-marie sont n cessaires pour r g n rer les milieux de culture (100 C) et les maintenir en
surfusion (45 47 C). Une diminution de l mission de vapeur deau est obtenue par recouvrement
de la surface par des petits morceaux de polystyr ne.
Un four microondes permet de r duire la dur e des traitements thermiques des milieux
(pr paration chaud, r g n ration).
Deux balances (port e 1 2 kg au 1/10 de g et port e denviron 200 g au 1/10 de mg) sont
indispensables la pr paration des milieux et de l chantillon.
Il faut toujours disposer de nombreux tubes essai en verre de 16 x 160 ou 18 x 180 mm
(r utilisables apr s lavage et bouch s au coton card ou avec des bouchons thermostables en
polypropyl ne) ou des tubes en polycarbonate st riles et usage unique (tubes h molyse) et de
r cipients de volumes vari s et st rilisables (flacons, erlenmeyers, b chers etc).
Des pipettes st riles usage unique, et des syst mes de pipetage automatiques c nes
st rilisables en propyl ne et usage unique sont
Un agitateur magn tique chauffant (barreaux t flon s) et une seringue de Cornwall ou un
r partiteur volum trique sont n cessaires la pr paration est la distribution des milieux.
D . 3 . Pr paration des chantillons et culture microbienne
Les chantillons sont amen s au laboratoire dans leur emballage dorigine sil sagit de produits
finis ou dans des flacons ou r cipients st riles sil sagit de produits en vrac ou de pr l vements.
Il faut parfois disposer de mat riels permettant le pr l vement daliments dans des emballages
solides (poin ons, ouvre-bo tes) ou encore de mat riels indispensables au pr l vement daliments
solides ( caut risateurs, pipettes harpons, etc).
Le premier traitement auquel sont soumis la plupart des produits consiste, apr s pr l vement dune
partie aliquote, en une homog n isation . Celle-ci est r alis e au moyen de mortiers ou par des
broyeurs couteaux (Virtis par exemple) ou des appareils de Potter ou encore par un Stomacher
(figure 6).
Cette op ration doit permettre la mise en suspension homog ne des microorganismes pr sents sur
ou dans le produit analys en vitant cependant toute contamination externe ou une inactivation des
germes par des conditions trop drastiques (ultra turrax avec chauffement par exemple).
Une centrifugeuse atteignant 3 4000 g permet, en peu de temps, de d canter les microorganismes
pr sents dans les liquides. Des tubes bouch s sont indispensables pour viter la contamination
a rienne.
Un vortex permet dhomog n iser les suspensions bact riennes pr sentes dans les tubes, en
particulier au moment des dilutions ou des pr l vements. Avec cet appareillage, il faut engendrer un
nSud de vibration entre pouce et index une hauteur du tube qui est en dessous du niveau du coton
card .
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mortier et pilon
Broyeur de POTTER
broyeur type
VIRTIS
homog n isateur type
Stomacher
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figure 6 . Sch ma des divers syst mes de broyage / homog n isation
Un tr s grand nombre mat riels usage unique (si possible) comme des bo tes de P tri en
polycarbonate de 90 mm de diam tre ou plus, de tubes essai et h molyse, des pipettes gradu es
st riles (1 et 10 ml) ou de pipettes automatiques (de 0,1 ou 1 ml) c nes en polypropyl ne
st rilisables, des pipettes Pasteur, des cannes de verre, des anses de platine etc.
Un ensemenseur spiral et un compteur de colonies laser ou par analyse dimage ne simposent que
si le nombre danalyses r aliser quotidiennement est lev . Pour faciliter la num ration des
colonies dans les bo tes de P tri il est possible dutiliser un syst me du type stylo-compteur. Un
syst me complet de filtration doit faire partie int grante de l quipement de base du laboratoire.
D . 4 . Microscopie
Bien que non prioritaire parmi les quipements, le microscope et son environnement de lames,
lamelles, colorants et r actifs divers, constitue un outil important du laboratoire danalyse
microbiologique. Pour un agr ment dutilisation avec un minimum de fatigue et une meilleure
image il est souhaitable dadopter les syst mes binoculaires. De nombreux fabricants proposent un
choix important de tels quipements; il faut veiller la qualit des optiques, mais aussi de la partie
m canique de lappareil. Les oculaires x10 sont les plus communs et il faut disposer dobjectifs
x10, x 40 sec et x100 immersion. Lentretien des parties optiques du microscope doit tre r alis
avec soin (xyl ne et papier joseph); il est aussi n cessaire de v rifier p riodiquement le centrage de
la lampe avant le condenseur.
Pour lanalyse en DEFT, il faut disposer dun microscope adapt ( pifluorescence). L volution des
techniques immuno-microbiologiques avec d tection de marquage par anticorps fluorescents
requiert galement des appareils adapt s. Les microscopes quip s de platines motoris s et dune
cam ro vid o permettant la saisie et le traitement des images (au moyen de logiciels de plus en plus
perfectionn s et accessibles);
la mesure ou
lautomatisation et le traitement de limage seront simples et performants.
Les r actifs colorants les plus utilis s sont ceux qui permettent la coloration de Gram ( thanol,
violet de gentiane, lugol, fuchsine) ou des colorations simples (bleu de m thyl ne ph niqu ). Ces
r actifs sont disponibles pr ts lutilisation chez bon nombre de fournisseurs de produits. Veiller
ils constitueront un outil performant dans
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ne pas colorer la peau (doigts en particulier), certains de ces colorants r agissant avec les
prot ines ou les acides nucl iques.
La pr sence dune loupe binoculaire (x 100 par exemple) permet, entre autre, de bien caract riser
les colonies.
E . TECHNIQUES GENERALES
Leau les mati res premi res et bon nombre de denr es alimentaires ne sont pas, quelques
exceptions pr s comme le lait st rilis , les conserves par exemple, des produits st riles. La qualit
marchande des produits d pend beaucoup du contr le de la flore pr sente par des moyens
physiques (temp rature, pH, activit de leau par exemple) ou chimiques (additifs effets
antimicrobiens) et par des r gles de bonne fabrication. Le microbiological guideline comporte
en effet des r gles appliquer avant, pendant et en fin de pr paration, pour la distribution et le
stokage; ces recommandations sont fond es sur le respect de bonnes pratiques professionnelles
(BPP). Les diverses tapes de ces BPP se situent au niveau des ateliers (construction, mat riels et
machines, outillages, facilit de nettoyage etc.), de la qualit microbiologique des mati res
premi res et de leau , du personnel au niveau de son comportement et de son ducation
hygi niques, de la pertinence et de lefficacit des traitements antimicrobiens appliqu s aux
produits ou aux syst mes potentiellement dangereux et enfin de la mise en place dun ensemble de
conditions de distribution les plus favorables au maintien de la qualit .
Les sp cifications microbiologiques sont des crit res applicables pendant et apr s la pr paration
afin de sassurer que lhygi ne et les conditions de production sont satisfaisantes et en accord avec
la r glementation. Les parties prenantes dun march y trouveront des garanties.
Les normes sont des sp cifications microbiologiques adopt es par la l gislation qui sadressent au
produit fini et fixent les limites acceptables de pr sence de microorganismes donn s dans des
produits bien d finis.
Il existe actuellement de nombreux organismes nationaux ou internationaux (OMS, FAO, ISO,
ICMSF, CEE, AFNOR, CNERNA , DGCCRF, services v t rinaires, etc.) qui se pr occupent de
l tablissement de crit res de qualit microbiologique de nos aliments.
La qualit hygi nique d pend surtout de la nature mais aussi souvent du nombre de la flore
microbienne pr sente dans le produit. Si cette flore est compos e de microorganismes susceptibles
dengendrer des maladies apr s consommation (maladies infectieuses, toxi-infections, intoxinations
) le produit est dangereux et ne doit en aucun cas tre commercialis . Il appartient alors au
microbiologiste de d tecter le ou les points critiques affectant cette qualit hygi nique pour laquelle
la norme z ro d faut doit tre un objectif prioritaire de lensemble du syst me de production.
En bact riologie alimentaire il nest donc pas n cessaire de rechercher, de compter et didentifier
syst matiquement toutes les bact ries, levures et moisissures pr sentes dans le produit. Il suffit
souvent deffectuer :
1) une tude quantitative de la flore microbienne :
- soit par d nombrement dune flore microbienne donn e caract ris e par un ensemble de
propri t s physiologiques communes comme par exemple num ration de la flore a robie
m sophile revivifiable sur un milieu du type g lose nutritive ordinaire (germes h t rotrophes peu
exigeants, m sophiles si la temp rature dincubation est voisine de 30 C avec une dur e
dincubation g n ralement inf rieure 72 heures, neutrophiles si le pH est voisine de 7, a robie ou
a ro-ana robie si lincubation est r alis e lair), la num ration des levures et moisissures
confondues (germes acidophiles, a robies pour la plupart, m sophiles bas etc.), la num ration des
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ana robies sulfito-r ducteurs (germes h t rotrophes, r duisant les sulfites en sulfure dhydrog ne,
m sophiles, ana robies stricts).
La pr sence de bact ries dorigine f cale ou tellurique t moigne dans nos aliments dun
manque dhygi ne et dun d faut de rigueur technique et peut laisser craindre la pr sence
concomittante dans le produit de bact ries ent ropathog nes en nombre difficilement d tectable ou
apr s un temps danalyse important.
- soit par d nombrement dun groupe bact rien pouvant correspondre une contamination
d termin e: coliformes thermotol rants et/ou streptocoques du groupe D pour la mise en vidence
dune contamination dorigine., staphylocoques pour la mise en vidence dune contamination
dorigine cutan e, germes indolog nes, germes putrides , etc...
2) une recherche orient e de certaines bact ries pathog nes telles que Salmonella, Staphylococcus,
Shigella, Mycobacterium, Listeria, Brucella, Campylobacter, Yersinia , etc.... Cette recherche exige
lutilisation de m thodes sp cifiques hautement s lectives.
Le plus souvent, ces analyses ne diff rent dun produit alimentaire un autre que par certains d tails
dex cution. Parmi les analyses communes tous (ou presque tous) les produits alimentaires on
peut citer par exemple les num rations des coliformes ou de la flore totale.
La bonne qualit microbiologique (hygi nique et marchande) est donc fonction de tr s nombreux
facteurs ; le microbiologiste se doit n anmoins de d finir le plus rapidement possible la notion
quantitative et qualitative de flore normale de son produit ou de ses mati res premi res
(microorganismes habituelset tol rables), et dune flore contaminante dont le seuil de tol rance
sera d fini en fonction du risque que fait courir cette flore un type donn de consommateur.
E . 1 . Pr l vements
Les modalit s des pr l vements ont fait lobjet dun arr t publi au J.O. du 19 janvier 1980. Tr s
sch matiquement, la taille de l chantillon dun produit de m me nature r parti en portions unitaires
doit tre au moins de 5 unit s (lieu de fabrication ou de distribution), de 5 unit s pour les conserves.
Le laboratoire doir disposer denviron 500 g de produits, soit 5 fois 100 g, ces 100 g pouvant tre
fournis par une ou plusieurs pi ces. Si le pr l vement de 5 chantillons sav re trop lev par
rapport la production il est proc d un talement dans le temps des pr l vements. Ces
pr l vements doivent avant tout respecter des r gles daseptie et de repr sentativit .
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La prise dessai destin e la pr paration de la suspension m re et de ses dilutions doit correspondre
aux parties superficielles et profondes notamment pour les produits en tranche, hach s, divis s et les
plats cuisin s par exemple. Pour les produits liquides elle est effectu e sur le produit homog n is
ou sur les parties superficielles et profondes.
Dans le cas dexamens microbiologiques faisant suite une maladie de type TIA il faut rechercher
les germes dangereux (pathog nes, toxinog nes) et leurs toxines aussi bien dans les pr l vements de
surface que dans la masse.
Il faut tenir compte, pour un produit donn , des disparit s possibles de fabrication et des disparit s
qui existent au niveau des r sultats fournis par le laboratoire (il est g n ralement admis que la
variabilit atteint une puissance de 10 ou m me plus ce niveau) .
E - 1 - a . Echantillonnage
Il sagit l dune tape fondamentale souvent d licate. Les ouvrages consacr s l chantillonnage
sont nombreux et des r gles pr cises par produit ou milieu ont t dict s par lAFNOR et la
DGCCRF; si les chantillons ne sont pas correctement pr lev s et manipul s ou ne sont pas
repr sentatifs dun lot ou dune production, les r sultats danalyse nauront aucune signification.
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Un chantillonnage repr sentatif est essentiel quand lanalyse a pour but de d tecter la pr sence de
germes pathog nes ou de toxines qui peuvent tre distribu s de fa on h t rog nes dans laliment ou
quand la commercialisation dun produit d pend de la qualit microbiologique en relation avec les
normes impos es par la l gislation.
1) M thode d chantillonnage pr conis e par lICMSF (Internation Commission on
Microbiological Specifications for Foods)
La Commission Internationale des Normes Microbiologiques relatives aux denr es
alimentaires a d fini des m thodes d chantillonnage pour lanalyse syst matique des produits
alimentaires. Le principe de base est le suivant : un chantillon analys donne des r sultats non
satisfaisants sil renferme des microorganismes dangereux ou sil contient des germes en nombre
sup rieur une limite au-del de laquelle il devient potentiellement dangereux.
Dans cette m thode le symbole m repr sente la limite permettant de r partir les chantillons
en 2 groupes: les acceptables (valeur (cid:1) m) et les inacceptables (valeur (cid:2) m). Pour certains
microorganismes dangereux m peut tre gal 0.
Quand un microorganisme donn est tol r dans un aliment 3 cat gories d chantillons sont d finies
:
- cat gorie 1 (acceptables sans r serve)
- cat gorie 2 (acceptables mais avec une limite)
- cat gorie 3 (inacceptables).
m s pare la 1 re et la 2 me cat gories et M la 2 me et la 3 me (figure 7).
m
M
1
3
4
s
n
o
l
l
i
t
n
a
h
c
s
e
d
n
o
i
t
i
t
r
a
p
r
2
acceptables
(satisfaisants)
acceptables
(selon le nombre)
inacceptables
(non satisfaisants)
figure 7. Distribution des chantillons dapr s lICMSF
Il existe deux types de plan d chantillonnage qui sont applicables des syst mes aliments - germes
- consommateurs bien identifi s.
- Plan d chantillonnage 2 classes
Ce plan donne des r sultats permettant de d terminer 2 classes de contaminations. Ce type de plan
naccepte aucune tol rance et correspond le plus souvent aux conclusions : absence dans (le
r sultat est bon et le produit jug satisfaisant) ou encore pr sence dans (le r sultat est mauvais et le
produit est d clar impropre la consommation).
Avec un plan d chantillonnage 2 classes (cat gories 1, 3), n repr sente le nombre d chantillons
examin s. Il existe deux possibilit s pour ce type de plan :
- utiliser la notion de pr sence ou absence
Contr le microbiologique des aliments Manuel technique. Polytech D partement STIA. Page 13
- d terminer la tol rance ou non des num rations sup rieures la valeur critique m
Le symbole c repr sente le nombre d chantillons tol r s au-del de la valeur seuil, nombre qui
permet de juger le lot comme satisfaisant.
Exemple : Pour les viandes de volailles contamin es en surface par Salmonella
m = 0
n = 5 c = 1
Pour la plupart des autres produits on a avec cette bact rie et dautres microorganismes tr s
dangereux (Listeria, Brucella , etc ) m = 0, n = 5 et c = 0.
Pour les viandes de boucherie conditionn es sous vide ou non, r frig r es ou congel es
on a pour la Flore A robie M sophile
m = 5.104
n = 5 c = 0
La rigueur du plan d pend des valeurs de n et de c. Plus grand est n pour une valeur donn e de c,
meilleure sera la qualit des lots accept s. A linverse, si pour une valeur donn e de n, c augmente,
la rigueur du plan diminue.
- Plan d chantillonnage 3 classes
Ce plan est bas sur la reconnaissance de 3 cat gories d chantillons en fonction de leur niveau et
nature de contamination : celle inf rieure ou gale m, celle comprise entre m et le seuil M, celle
sup rieure M. La valeur...