Analyse de l’efficience productive dans les entreprises publiques algériennes. Cas : Briqueterie Tuilerie de Freha (W de Tizi-Ouzou)

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou
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Analyse de l’efficience productive dans les entreprises publiques algériennes. Cas : Briqueterie Tuilerie de Freha (W de Tizi-Ouzou)

Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou · Economics and Business Management · textbook

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU Faculté des sciences commerciales, économiques et de gestion Département des sciences économiques

Mémoire

En vue de l’obtention du diplôme de Magister

en sciences économiques

Option : Gestion des entreprises

Thème

Analyse de l’efficience productive dans les entreprises publiques algériennes.

Cas : Briqueterie Tuilerie de Freha (W de Tizi – Ouzou )

Encadré par :

Dr GUENDOUZI Brahim

Membres du jury

Réalisé et présenté par :

HAMMID Dehbia

Président : Mr ALI ZIANE Md Ouamer, maitre de conférence /A. Université de Boumerdes

Rapporteur : Mr GUENDOUZI Brahim, maitre de conférence /A. UMMTO

Examinateurs : Mme AISSAT Amina, maitre de conférence /A. UMMTO

Mr SALMI Madjid, maitre de conférence /B. UMMTO

Date de soutenance : Juin 2012

Remerciements

Je tiens à exprimer ma sincère reconnaissance et mes vifs

remerciements à tous ceux qui ont contribué de prés ou de loin à l’élaboration

de ce travail en l’occurrence mon mari et ma famille qui n’a jamais cessé de

m’encourager.

Tout d’abord au Docteur GUENDOUZI Brahim, directeur de ce mémoire

pour l’aide et sa patience, qu’il

trouve en ces lignes l’expression de ma

gratitude.

Ensuite aux membres du jury qui ont accepté d’évaluer ce travail,

j’adresse l’expression de ma reconnaissance.

Je remercie encore tous les cadres de la Briqueterie Tuilerie de Freha

pour leur collaboration.

Sans oublier les enseignants qui se sont succédé durant mon cursus,

sans lesquels je n’aurai pu atteindre mes objectifs.

A vous tous je dis « Merci ».

Dédicaces

- A mes très chers parents

- A mon cher mari et mon ange Anais

- A tous mes frères et sœurs

- A mes amies : Yaya, Fatiha et Amal

- A tous ceux qui me connaissent

Sommaire

Introduction générale ………………………………………………..……………..01

Partie 1 : Aspect théorique relative au concept d’efficience productive....................06

Introduction à la partie 1……………………………………………………………..07

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive……………......08

Introduction………………………………………………………………………...08

Section 1 : Evolution du concept d’efficience……………………………………....08

Section 2 : définitions et typologie de l’efficience productive…………………… 27

Conclusion ………………………………………………………………………….38

Chapitre II : Mesures et déterminants de l’efficience productive…………………39

Introduction…………………………………………………………………………39

Section1 : Mesures de l’efficience productive……………………………………....39

Section 2 : Déterminants de l’efficience productive………………………………...51

Conclusion…………………………………………………………………………..63

Conclusion de la partie 1…………………………………………………………...64

Partie 2 : Cadre pratique de l’analyse de l’efficience productive…………………..65

Introduction à la partie 2 …………………………………….…………………….65

Chapitre III : La filière des produits rouges en Algérie…………………………….66

Introduction………………………………………………………………………….66

Section 1 : Présentation de la filière……………………………………...…………..67

Section 2 : Analyse de la fonction de production de la BT de Freha………………..79

Conclusion……………………….…………………………………………………..88

Chapitre IV : Analyse de la productivité de la Briqueterie de Freha……………….91

Introduction……………………………………………….........................................91

Section 1 : Evolution de la production et de la productivité de la BT de Freha…..…92

Section 2 : Causes principales des manques à gagner………………………………95

Conclusion ………………………………………………………………………...108

Conclusion de la partie 2………………………………………………………….109

Conclusion générale……………………………………………………………….111

Bibliographie………………………………………………………………………115

Liste des tableaux et figures

Annexes

Introduction générale

Introduction générale

La production de biens et services est au cœur de l’activité économique et du

processus de création de richesses.

Le rôle de la fonction de production dans une entreprise est de fournir les biens

et services correspondant à une demande exprimée sur le marché grâce à la

combinaison de facteurs de production permettant d’atteindre des objectifs en termes

de volume, qualité, délais et coûts.

Depuis le début des années « 80 », les exigences nouvelles des consommateurs

et les évolutions rapides du contexte économique, technologique et concurrentiel ont

provoqué d’importantes mutations .On a redécouvert

l’aspect stratégique de la

fonction de production et profondément

repensé

ses

aspects opérationnels,

parallèlement, on s’est

intéressé aux fonctions périphériques d’appui à l’activité

productive : La logistique, la gestion des stocks et des approvisionnements.

La force actuelle des économies des pays développés, réside en grande partie

dans la flexibilité de leur structure, leur réactivité et leur capacité à s’adapter aux

pressions multiples de l’environnement notamment économique,

leur capacités à

s’intégrer dans ce nouvel environnement caractérisé par l’ouverture de plus en plus des

marchés

et

l’internationalisation des

échanges,

ainsi

le développement des

technologies de l’information et de la télé communication. Cette nouvelle donne a

profondément modifié l’environnement économique, commercial et technologique de

l’entreprise en général et celui de l’entreprise algérienne en particulier.

Ce processus qui rend complexe la gestion des relations de marché avec les

clients ainsi que les autres partenaires commerciaux et financiers, combinée avec la

rareté des ressources matérielles et immatérielles, constitue un véritable défi pour les

entreprises qui souhaitent survivre et réussir.

1

Introduction générale

Par conséquent, les entreprises sont à la recherche continue de nouvelles formes

(modalités) de concurrence pour faire face au nouvel environnement et dans certaines

conditions d’efficacité et d’efficience liées à cette rareté des ressources. Cette

concurrence internationale impose donc aux entreprises une course sans fin à la

compétitivité dans laquelle , la maitrise des méthodes de gestion de la production

représente un atout

d’autant plus important qu’elles évoluent elles mêmes très

rapidement et qu’elles fournissent à ceux qui savent les utiliser un de ses avantages

concurrentiels toujours recherchés.

La productivité et la compétitivité sont devenues des préoccupations de plus en

plus importantes dans les entreprises industrielles et le souci de tout responsable de

production, est de posséder la capacité d’augmenter sensiblement le volume de sa

production tout en réduisant les dotations factorielles. Il s’agit là de réorganiser des

hommes et des équipements d’où le concept ‘d’efficience productive’ qui porte sur le

choix des moyens (capitaux et savoirs) dans la production.

A cet effet, notre travail a pour objectif de déterminer le rôle déterminant que

joue la fonction de production dans les performances de l’entreprise en analysant la

manière dont s’effectuent la combinaison et la transformation des facteurs en fonction

des objectifs poursuivis. C’est dans cette perspective que nous allons essayer d’inscrire

notre recherche et contribuer à élucider un certain nombre d’aspects de la question.

Pour ce faire nous avons porté notre attention sur le cas d’une entreprise

publique algérienne située à la wilaya de Tizi-Ouzou, en l’occurrence la Briqueterie

Tuilerie de Freha.

Par ailleurs, la recherche de réponses satisfaisantes aux questions suivantes est

d’une importance fondamentale pour poursuivre l’objectif de notre étude:

1) Quel est le facteur le plus fondamental à l’efficience productive ?

2

Introduction générale

2) Est-ce que la Briqueterie tuilerie de Freha réuni

les conditions de

l’efficience productive ?

Pour répondre à ces questionnements, nous avons émis les hypothèses suivantes

qui constituent des réponses anticipées :

1) L’efficience productive s’obtient par une combinaison de plusieurs facteurs

et non pas par un seul facteur.

2) L’absence d’un système de calcul de coûts et la vétusté des équipements de

production bloquent l’efficience productive de la Briqueterie Tuilerie de

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Freha.

L’intérêt de notre étude semble donc être double, d’une part, elle permet à toute

personne s’intéressant à cette question, de mieux comprendre les conditions de

l’efficience productive ainsi que ses blocages, d’autre part, cette même étude leur

permettra de mieux appréhender l’enjeu que représente la réussite et l’efficience de la

fonction production dans les performances de l’entreprise.

Une des caractéristiques que fait apparaitre notre recherche est la quasi absence

de travaux portant sur les facteurs et les déterminants de l’efficience de l’entreprise

sur le plan de sa production, c’est l’aspect organisationnel qui est souvent mis en avant

dans la majorité des travaux que nous avons consulté, tout au long de cette recherche.

Telle est la difficulté majeure que nous avons rencontré.

Pour pouvoir répondre à notre problématique, confirmer ou infirmer nos

hypothèses, trois étapes s’imposent :

1 : Prospection et recherche bibliographique ;

2 : Entretien avec certains cadres de l’entreprise ;

3 : Analyse des données et l’interprétation des résultats.

3

Introduction générale

Premièrement, nous avons mené une étude documentaire qui nous a permis de

formuler notre problématique et notre méthodologie de recherche, en se basant sur la

littérature traitant de la gestion de l’entreprise, et plus précisément, les ouvrages

traitant de la gestion de la production et son organisation.

Deuxièmement, nous avons effectué plusieurs visites de l’entreprise qui intéresse

notre recherche à savoir la Briqueterie Tuilerie de Freha. Le choix de cette entreprise

n’est pas aléatoire, nous avons essayé d’accéder à d’autres entreprises activant dans le

même secteur mais malheureusement l’accès était impossible .S’introduire dans une

entreprise algérienne constitue donc, le deuxième problème que rencontre notre étude,

d’autant plus que les frais de déplacement sont à notre charge.

Troisièmement, l’analyse des données recueillies et l’interprétation des résultats qui

constituent la dernière étape de notre recherche, ont été effectuées.

Apres avoir déterminé les principales questions de recherche et la méthode à

suivre, pouvoir répondre à ces dernières et la vérification des hypothèses, impose un

plan de travail structuré comme suit :

Comme première étape de notre recherche, la compréhension, la définition des

concepts et l’étude théorique des déterminants et mesures de l’efficience productive,

ils constituent, d’ailleurs l’objet de la première partie de nôtre travail. À ce niveau et

dans un premier temps, nous allons procéder à une analyse des théories de la firme et

leurs perceptions du concept d’efficience productive et ce à travers la théorie

classique, la théorie néoclassique, la théorie des coûts de transaction et enfin la théorie

évolutionniste, c’est l’objet du premier chapitre de cette première partie. Ensuite et

dans un deuxième chapitre, nous allons tenter de présenter les déterminants et les

modalités de mesure de l’efficience productive.

Nous procéderons par la suite dans une deuxième partie, à la vérification sur le

terrain, de nos hypothèses. La présentation et l’analyse de l’évolution de la filière des

4

Introduction générale

produits rouges en Algérie, la présentation des traits caractéristiques de la Briqueterie

Tuilerie de Freha ainsi que l’analyse de la fonction de production de celle-ci, feront

l’objet du troisième chapitre de notre travail. Enfin et dans le but de répondre

concrètement aux hypothèses de notre travail, nous allons procéder à la présentation

puis l’analyse et l’interprétation des données liées à l’efficience productive de la

Briqueterie Tuilerie de Freha que nous avons étudié pour suggérer quelques solutions

d’amélioration , ca sera donc l’objet du quatrième et dernier chapitre .

5

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

Partie 1 : Aspects théoriques relatifs au concept d’efficience productive

Introduction à la partie 1

Le concept d’efficience compte parmi

les concepts qui sont difficiles à

comprendre, il est à l’origine de plusieurs confusions.

Nous avons conçu cette partie pour essayer de rendre ce concept saisissable.

Nous allons structurer cette partie en deux chapitres : Le premier chapitre sera

consacré à l’étude des fondements théoriques de l’efficience productive afin de

comprendre la perception de l’efficience donnée par quelques

théories de

l’organisation, la définition ainsi que la typologie de l’efficience.

Le deuxième chapitre quant à lui sera réservé à l’étude des déterminants et les

différentes mesures de l’efficience productive.

6

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

Introduction

La théorie des organisations a pour but de rassembler dans un corps de doctrine

unique, les connaissances acquises sur le fonctionnement des organisations, sur la

manière dont il convient de les diriger, sur le comportement des différents membres

qui les composent, sur les motivations de ceux-ci, sur les processus qui régissent la

communication entre eux et la manière dont ils prennent leurs décisions.

Ce

chapitre

est

articulé

autour du concept d’efficience

lui-même,

et

principalement celui de l’efficience productive, objet de notre étude.

La notion d’efficience ne possède pas une définition issue d’un consensus, elle est à l’

origine de plusieurs confusions.

En effet, l’efficience est souvent confondue et liée à d’autres notions proches

mais différentes telles que ; efficacité, productivité, rentabilité, rendement...

L’objectif de ce chapitre et de tenter d’appréhender la notion l’efficience en nous

appuyant sur différentes théories afin de déduire la définition de l’efficience

productive ainsi que son contenu.

Le point de départ sera l’étude de l’évolution du concept d’efficience dans les

théories des organisations et ce dans la première section.

La deuxième section traitera les différentes définitions de l’efficience ainsi que

sa typologie.

7

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

Section 1 : Evolution du concept d’efficience à travers les théories des

organisations.

Afin d’analyser l’efficience dans chacune des théories qui vont suivre, nous

jugeons nécessaire de commencer par expliquer la théorie puis tirer sa perception de

l’efficience.

Nombreuses sont ces théories qui ont expliqué les organisations et

leurs

fonctionnements, chacune privilégie ses principes tout dépend du contexte dans lequel

elle s’insère, on ne pourra illustrer tous ces courants de pensées mais nous allons nous

baser seulement sur quatre grandes théories à savoir :

- La théorie classique

- La théorie néoclassique

- La théorie des coûts de transaction

- Et enfin la théorie évolutionniste

1- 1 : La théorie classique

Trois grands courants sont à l’origine de la théorie classique ;

1.1.1 : La gestion scientifique du travail `` F. W. Taylor``

Taylor fut le premier à présenter une théorie de l’organisation, lorsqu’il défendu

l’idée que la conduite de l’entreprise était une science à part entière. Bien diriger une

organisation relève pour

lui de l’application de règles et de techniques qui

s’apprennent.

L’organisation scientifique du travail ``O.S.T`` s’inscrit dans ce contexte.

Taylor démarre de l’atelier où il remarque une gestion inefficace et incompétente

causée par un gaspillage de ressources, surtout celles humaines, par conséquent une

médiocre productivité du travail est observée.

8

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

Cherchant à l’origine à lutter contre la flânerie naturelle des ouvriers qu’il est chargé

de commander, il établit sa doctrine sur trois principes :

P1/ Diviser le travail et les responsabilités ``direction et ouvriers`` de telle sorte que

les ouvriers seront subordonnés et contrôlés par la direction ;

P2/ Analyser scientifiquement les tâches, c’est à dire déterminer le rythme et la

manière avec lesquels les tâches seront effectués. Il s’agit de déterminer les normes

standards qui minimisent le gaspillage du temps et des ressources ;

P3/ La sélection et l’affectation des ouvriers aux tâches à accomplir selon leurs

compétences ou leurs connaissances.

Mais même si l’O.S.T s’est soldée par une amélioration de la productivité « son

objectif » néanmoins elle représente certains inconvénients :

I1/ Démotivation des ouvriers ``appauvrissement des motivations``, car l’O.S.T les a

rendu comme des automates ``robots``, c’est à dire qu’ils n’ont qu’à répéter les tâches

à effectuer ;

I2/ Les grèves et l’absentéisme dus à la monotonie et la répétitivité des tâches et au

manque de motivation ;

I3/ Dégradation de la santé des ouvriers qui étaient soumis à des cadences de travail

excessives.

Cette nouvelle organisation destinée à réorganiser les processus de productions

afin que « chaque homme et chaque machine produisent la plus grande quantité de marchandises »1 constitue la première solution pour

remédier aux problèmes

d’organisation.

Pour conclure, nous pouvons bien dire que le taylorisme est une véritable doctrine du travail productif2, qui allie division du travail, spécialisation des aptitudes,

1 GUERCHOUH.M « La question de l’efficience organisationnelle du schéma Holding en Algérie » Mémoire de Magister, UMMTO, 2002. P 04. 2 MOKRAOUI.H « Essai sur le concept d’efficacité organisationnelle ».Thèse de Doctorat, Economie de la production, Toulouse, Université des sciences sociales, 1986. P04.

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9

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

stimulation financière et coordination des tâches au service de l’efficacité de

l’organisation.

L’efficience réside ici dans l’accroissement de la productivité qui est l’un des objectifs

de l’entreprise.

1-1-2 : Le courant de la gestion administrative ``Henri Fayol``.

Fayol est le premier théoricien à s’être préoccupé de l’administration des

entreprises, contrairement à Taylor ``rationalisation des activités dans les ateliers et les

bureaux`` il s’interroge sur la question du management et spécialement sur le rôle du dirigeant3 par la nature de la fonction de direction, il formule ainsi une théorie

administrative complète, qui consiste à distinguer

six ``06``

fonctions dans

l’entreprise : la fonction technique, commerciale, financière, de sécurité, comptable et

administrative ou de direction.

Les fonctions sont décomposées en cinq opérations :

1/ La prévoyance c’est à dire, la préparation des programmes d’action qui doivent

respecter l’unité ``des objectifs compatibles et convergents``, continuité ``cohérence

des prévisions à long et court terme``, la flexibilité ``capacité d’adaptation`` et la

précision.

2/ L’organisation : qui implique une structure pour le corps social, une unité de

commandement, une claire définition des responsabilités et des procédures bien

établies.

3/ Le commandement : qui est un art reposant sur les qualités personnelles du chef et

le respect des principes généraux d’administration.

4/ La coordination : qui vise à mettre l’harmonie entre tous les actes de l’entreprise.

5/ Le contrôle qui vérifie que tout est conforme au programme et doit être défini à l’

avance, rapide et suivi de sanction.

3 Rojot J « Théorie des organisations » ESKA. Paris, 2005 p 3341

10

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

Parmi ces fonctions, la dernière est celle qui concerne plus les dirigeants, car les autres

peuvent être déléguées.

Afin de réaliser la fonction administrative, Fayol a recensé quatorze ``14`` principes qui peuvent se résumer en six ``06``4

1

Le principe scalaire ou hiérarchique ; une organisation hiérarchique où les

responsabilités diminuent en descendant du sommet vers le bas de la hiérarchie ;

2

3

4

Le principe de l’unité de commandement ; cela veut dire que chaque personne

ne doit recevoir d’ordre que d’un seul chef afin d’éviter les conflits ;

Le principe d’exception ; la direction doit s’occuper des problèmes importants,

les autres seront l’objet d’une délégation rationnelle de l’autorité ;

La limitation de la surface de contrôle ; chaque personne se voit réduit du

nombre des subordonnées qu’elle va contrôler ``4 à 6 personnes à contrôler

effectivement`` c’est à dire,

l’optimisation du nombre de subordonnées à

contrôler ;

5

Le principe de la spécialisation organisationnelle ; la répartition du travail entre

les membres de l’organisation doit se faire selon les compétences de chacun

d’entre eux ;

6

L’application de la méthode scientifique fondée sur

l’expérimentation et

l’analyse des problèmes.

Fayol a été le premier à construire une théorie de l’organisation en s’adressant avant

tout aux dirigeants, ses idées ont eu beaucoup de succès à l’époque, notamment dans le

monde anglo-saxon et furent reprises par des auteurs comme L. Gulick, L. Urwick,

J.D.Rooney et E.F.L.Brech.

En s’appuyant sur

les enseignements de cette théorie nous pouvons situer

l’efficience de l’entreprise dans ce cas au niveau du respect des principes déjà cités, et

surtout dans la pratique de la délégation car ``une des causes les plus répondues de

4 Mokraoui H, 1986, Op Cit, p 06

11

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

dysfonctionnement dans une organisation est que l’on n’a pas le courage de déléguer et que l’on ignore comment faire``5. La concordance entre pouvoir et responsabilité

doit être respectée ; l’individu est responsable dans la mesure où le pouvoir lui a été

donné.

1-1-3 : Le courant de l’organisation bureaucratique ``Max Weber``.

Max Weber est l’inventeur de l’organisation bureaucratique.

La légitimité de cette organisation repose sur le droit et les règlements. Le détenteur de

l’autorité donne des ordres qui sont autant de règlements ``notes de services`` qui ont

aussitôt valeur juridique.

C’est une organisation éloignée de son aspect humain, basée sur la compétence, la

rigueur, la précision et, bien sûr, une stricte hiérarchie.

Ce modèle, selon Weber, est à la fois le plus efficace et le plus égalitaire ; chacun est

traité de la même manière.

Il a inspiré l’organisation des grandes administrations et continue aujourd’hui

d’inspirer grand nombres d’organisations bureaucratiques surtout dans ses aspects

égalitaires et indépendants.

Ce courant se caractérise par :

 Les personnels sont libres, ils ne sont soumis à l’autorité que pour le seul

accomplissement de leurs fonctions officielles ;

 La hiérarchie est une hiérarchie d’emploi, claire et bien définie ;

 Chaque emploi est occupé sur la base d’une relation contractuelle ;

 Les candidats aux emplois sont sélectionnés par concours, examens ou au

vu de leurs diplômes ou qualifications détenues : ils sont nommés et non élus ;

 Le salaire est fixé, il varie avec l’échelon hiérarchique ;

 L’emploi professionnel est la seule occupation de l’intéressé ;

5 Mokraoui H, 1986, Op Cit, p 08

12

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

 L’emploi s’inscrit dans le cadre d’une carrière en soi, les promotions

interviennent sur la base du jugement des supérieurs ;

Il ya séparation entre la fonction et l’homme qui occupe le poste : l’employé

n’est ni propriétaire des moyens de l’organisation ni de son poste ;

 L’employé doit respecter une discipline stricte dans son travail.

Toutefois, même si l’organisation bureaucratique présente certains avantages

organisationnels, du fait qu’elle rejette les préférences individuelles, les coutumes et

les traditions, la formalisation des ordres et du contrôle et la stricte définition du

travail.

Certaines limites sont très apparentes, car il s’agit d’un système fermé où l’application

raisonnable des règles a laissé la place à une application excessive et rigide.

Ce courant considère que l’efficience d’une entreprise réside dans sa structuration en

bureaux et du respect de l’autorité formelle et rationnelle des décideurs.

1-1-4 : L’efficience dans la théorie classique

A travers ces trois théories qui composent la théorie classique, nous pouvons résumer que cette dernière définit l’entreprise en s’appuyant sur trois éléments6

 Le chef d’entreprise rationnel est le seul décideur ;

 Une fonction de production et une fonction de coût qui retracent les contraintes

technico-économiques auxquelles doit se plier une entreprise ;

 Un objectif et comportement basés essentiellement sur la maximisation du

profit.

L’approche classique met ainsi l’accent sur l’aspect technologique, en effet, dans cette

approche c’est la fonction technique appelée fonction de production qui est essentielle

pour définir une entreprise donc lorsqu’on parle de l’efficience de l’entreprise dans ce

cas on fait référence à l’efficience de cette fonction technique.

6 J.M.Chevalier « Introduction à l’analyse économique »Ed La découverte, Paris, 1995, p18

13

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

1-2

: La théorie néoclassique

Cette théorie qualifiée d’empirique, s’efforce de faire la synthèse d’une

part de la théorie classique d’où elle retient la valeur d’une approche scientifique.

D’une autre part, et de l’école des relations humaines elle retient la place donnée à

l’homme dans l’entreprise.

La théorie néoclassique identifie l’environnement et les marchés (produits et facteurs), qui sont organisés selon le modèle de la concurrence parfaite7.

La concurrence pure et parfaite désigne un climat favorable aux affaires et non pas un

climat de rivalités, car les offreurs d’un même produit ne se connaissent pas

forcément.

C’est le marché parfait qui est ainsi identifié, où les prix des facteurs de

productions sont considérés comme des données, du fait que les entreprises sont

petites et nombreuses pour ne pas influencer sur les prix. Cela implique que les

entreprises sont en relation de dépendance vis-à-vis des marchés. Leur comportement

est celui d’adaptation, en jouant sur les volumes de production et de facteurs de

production.

L’information est considérée dans cette théorie comme étant parfaite donc

son obtention est gratuite. Cette information se limite à la connaissance des prix des

facteurs de production qui sont parfaitement mobiles, du fait de l’inexistence de

barrière à l’entrée et à la sortie, par ailleurs, l’environnement néoclassique identifie la

technique étant un état donné.

1-2-1 : La firme néoclassique

La firme néoclassique est une entité technique de transformation d’inputs

en outputs avec des procédés techniques considérés comme issus du choix de

l’entrepreneur, qui constitue le seul et l’unique centre de décision. Il est à la recherche

7 Mokraoui H, 1986, Op Cit, p25

14

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Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

du profit maximum, poussé par son comportement d’optimisation parfaitement rationnel8.

L’analyse de la firme dans la théorie néoclassique n’est qu’une composante de la

théorie des prix et de l’allocation des ressources. C'est-à-dire qu’elle n’accorde qu’une analyse simpliste de la firme9. Celle-ci est définie d’un double point de vue

technologique et économique.

A/ Technologique (en tant que centre de production)

C’est une représentation technique de l’entreprise du fait qu’elle se

compare à une fonction de production qui emploie le minimum d’inputs (facteurs de

production traditionnels à savoir : le travail et le capital) afin d’obtenir le maximum

d’outputs (produits).

Chose qu’elle peut exercer parfaitement à cause de l’absence de toute incertitude et de

la rationalité parfaite des agents. La firme n’a qu’à connaitre les prix des facteurs de

production (chose qu’elle est sensée connaitre et sans coût) pour les combiner en suivant les règles de calcul économique10.

Ainsi, la fonction de la firme est limitée à celle de production. Ce caractère lui donne

une image passive et sans aucune autonomie, puisque la firme n’est qu’une boite noire.

En effet, la théorie néoclassique perçoit l’entreprise comme une unité autonome (boite

noire), que l’économiste ne doit pas ouvrir. C'est-à-dire que l’intérieur de la boite est

laissé aux spécialistes de la gestion de l’entreprise.

B/ Economique : (en tant que centre de décision)

C’est un modèle décisionnel constitué d’un objectif qui est le profit et d’un

comportement de maximisation.

8 Mokraoui H, 1986, 0p Cit , p23 9 Guerchouh.M, 2002, Op Cit , p09 10 H .Gabrier et J.L.Jacquier « La théorie moderne de l’entreprise » Ed Economica , Paris, 1994, p19

15

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

La firme néoclassique est considérée comme un agent ou un acteur individuel et

rationnel qui est à la recherche de la maximisation du profit (qui constitue son seul

objectif).

C’est le caractère de « firme point » qu’on attribue à la firme, un agent sans épaisseur

ni dimension, non comme une collectivité d’hommes ou une institution. Ainsi, le

comportement rationnel d’un agent, qui se caractérise par le comportement de

maximisation du profit, est collé à la firme.

L’objectif de la maximisation du profit consiste à créer un profit maximum sous la

contrainte technique d’une fonction de production ou d’une fonction de coût, donné par l’état de technologie disponible11.

1-2-2 L’efficience dans la théorie néoclassique :

Pour la théorie néoclassique, l’entreprise (boite noire) est incapable de créer de la

valeur par une organisation ou une stratégie spécifique. Sa survie dépend de sa

capacité à optimiser les facteurs de production acquis sur le marché. Il s’agit de l’absence totale d’un espace organisationnel et stratégique propre à l’entreprise12.

A partir de cette perception, la théorie néoclassique distingue deux approches de

l’efficience d’une firme. Il s’agit de l’efficience interne ; la deuxième concerne

l’allocation des ressources entre les firmes, c’est l’efficience externe.

A : L’efficience interne :

La théorie néoclassique postule qu’à l’intérieur de la firme, l’allocation

des ressources se fait d’une manière efficiente. On distingue alors :

A1 : L’efficience technique :

La firme est une unité de transformation des inputs en outputs. A

l’intérieur de la firme, les agents sont parfaitement rationnels et calculateurs, et ils ont

qu’à choisir entre plusieurs combinaisons productives, qui leur sont offertes, pour

11 Nguyen .D « Economie industrielle appliquée »1995, p130

16

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

réaliser la production maximale avec le moindre coût et par conséquent, maximiser le

profit. Les deux schémas suivants peuvent illustrer la logique néoclassique :

Figure n° 01 : L’efficience sous la contrainte de la fonction de coût et celle de la

production

Input 2

Output B

Production efficiente

Ensemble des possibilités de production

Production inefficiente

Input 1

Output A

Pour un volume d’outputs donné

Pour un volume d’inputs donné

Source : Mokraoui H, 1986, p26

Pour un volume d’outputs et d’inputs donnés, la production efficiente se situe sur les

frontières de l’ensemble des possibilités de production (ce point sera examiné dans les

sections qui suivent) qui représente les différentes combinaisons productives. En

effet, pour un volume de production visé, l’entreprise choisit la combinaison la moins

couteuse de deux inputs nécessaires à la réaliser (prix des facteurs).

Pour un volume d’inputs disponibles (ou que l’entreprise peut avoir), l’entreprise

choisit de produire des quantités d’outputs qui lui procurent les gains les plus

importants, compte tenue des prix de vente (prix du marché qui constituent des

données).

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Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

A2 : l’efficience économique :

A l’intérieur de la firme, l’entrepreneur va tenir compte des prix des

facteurs de production. Ainsi, en considérant sa rationalité parfaite, il va s’intéresser

aux coûts des facteurs plus qu’aux quantités physiques. L’entrepreneur va choisir la

combinaison la moins coûteuse (fonction de coûts), en fonction des différents volumes

de production.

B : l’efficience externe :

Pour la théorie néoclassique, l’efficience externe d’une firme peut se réaliser quand l’optimum au « Sens de PARETO »12 est réalisé. C'est-à-dire qu’il

n’existe pas une situation alternative qui peut améliorer le bien être de l’individu sans

nuire aux autres.

On peut conclure que l’efficience dans la théorie néoclassique est une efficience qui

concerne l’allocation des ressources, c’est donc une efficience allocative.

Les propositions que nous venons de voir dans la théorie néoclassique ont une

influence considérable sur le développement des entreprises occidentales. Cette école a

permis d’obtenir des résultats remarquables ; peu ou prou, l’organisation

correspondante se retrouve aujourd’hui à la base de tous les fondements des groupes multinationaux.13

Toujours dans le souci d’appréhender le concept d’efficience nous allons voir quels

étaient les apports des théories des coûts de transactions puis ceux de la théorie

évolutionniste centrées sur l’organisation.

12 P.Milgrom, J.Roberts « Economie organisation et management »Ed de Boeck, 1997, p32 13 Mokraoui H, 1986, Op Cit, p16

18

Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

1-3

: La théorie des coûts de transactions.

L’économie des coûts de transactions marque une forme de rupture avec la

doctrine économique classique et s’insère dans un courant de renouvellement de la

microéconomie par une analyse fine des comportements individuels et des interactions entre ces comportements14.

Cette nouvelle façon de penser l’entreprise ouvre la boite noire (évoqué ci-dessus) et

approfondit la décomposition analytique du système économique ; elle pénètre la

fonction de production classique pour isoler des étapes plus fines de transformation ou

d’assemblage qui traduisent l’état de la division technique du travail.

1-3-1 : Les fondements

Aborder et analyser la théorie des coûts de transaction ne peut se faire sans

passer par les visions de deux pionniers de cette pensée, à savoir : COASE et

Williamson.

Tout d’abord, R COASSE15s’est interrogé sur la nature de la firme d’où il

conclu que celle-ci est une forme particulière d’organisation économique et un

alternatif au marché. Il propose alors de substituer le marché par la firme, car pour lui,

la coordination par le marché, c'est-à-dire pour le système de prix engendre des coûts,

tels que les coûts de négociation des divers contrats distincts, les coûts de recherche

des prix adéquats…. Ces coûts sont généralement causés par les difficultés d’accès à

l’information et par l’incertitude.

A : Caractéristiques des coûts de transaction et de la transaction

Aux différentes transactions correspondent des coûts divers, aussi bien dans leurs

natures que dans leurs caractéristiques.

a) Les types de coûts de transaction

Il existe deux types de coûts de transaction :

14 H .Gabrier et J.L.Jacquier, 1994, Op Cit , p128 15 B. Coriat et O. Weinstein « Les nouvelles théories de l’entreprise »Ed .LGF, 1995, P48

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Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

 Les coûts de coordination.

Ce sont les coûts engendrés par la coordination des différentes parties concernées par

une transaction. On distingue :

-Les coûts de coordination à l’extérieur de la firme.

Il s’agit généralement, des coûts liés à l’étude du marché (clients, fournisseurs…), afin

de déterminer les prix de vente et les prix d’achat, ainsi que les coûts engendrés par un

mauvais choix de la transaction la plus rentable.

-Les coûts de coordination à l’intérieur de la firme.

Il s’agit des coûts liés à l’information à l’intérieur de la firme.

 Les coûts de motivation.

Deux types de transactions associées aux motivations sont à distinguer :

-Les coûts de motivation liés à l’asymétrie informationnelle.

Etant donné que l’information n’est pas parfaite, et donc incomplète et asymétrique,

cela implique que les parties prenantes de l’accord, et donc de la transaction, n’ont pas

toutes les informations pour juger si les termes du contrat sont acceptables et

réellement respectés pour et par toutes les parties.

Cela va engendrer des coûts de recherche des moyens de prévention contre les

comportements opportunistes.

- Les coûts de motivation issus de l’obligation imparfaite.

Ce sont les coûts engendrés par l’incapacité des parties prenantes de la transaction à

respecter les engagements. Dans ce cas, elles doivent se munir des dispositions et des

moyens préventifs, ce qui va induire des coûts supplémentaires.

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Chapitre I : Les fondements théoriques de l’efficience productive

B : Caractéristiques des coûts de transaction

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Ils présentent des caractéristiques diverses :