TD d’algorithmique avancée
Corrigé du TD 4 : recherche de l’élément majoritaire
Jean-Michel Dischler et Frédéric Vivien
Nous nous intéressons à un tableau A de n éléments, n étant supposé être une puissance de deux. Nous
supposons également que la seule opération à notre disposition nous permet de vérifier si deux éléments sont
ou non égaux. Un élément x de A est dit majoritaire si et seulement si A contient strictement plus de n/2
occurrences de x. Nous nous intéresserons à la complexité au pire.
Algorithme na¨ıf
1. Écrivez un algorithme qui calcule le nombre d’occurrences d’une valeur x présentes entre les indices i
et j d’un tableau A.
Occurrences(x, A, i, j)
compteur ← 0
pour k ← i à j faire
si A[k] = x alors compteur ← compteur + 1
renvoyer compteur
2. Quelle est la complexité de cet algorithme ?
La boucle exécute j − i + 1 itérations. La complexité de cet algorithme est donc en Θ(j − i).
3. Au moyen de l’algorithme précédent, écrivez un algorithme Majoritaire qui vérifie si un tableau A
contient un élément majoritaire.
Majoritaire(A)
pour i ← 1 à longueur (A)/2 faire
si Occurrences(A[i], A, i, longueur (A)) > longueur (A)/2 alors renvoyer Vrai
renvoyer Faux
4. Quelle est la complexité de cet algorithme ?
Dans le pire cas, la boucle effectue n/2 itérations, chacune de ces itérations effectuant un appel à
Occurrences sur un tableau de taille n − i (i variant de 1 à n) donc de coût Θ(n − i). Le coût total
de l’algorithme est donc en Θ(n2).
Premier algorithme « diviser pour régner »
1. Proposez un algorithme Majoritaire construit suivant le paradigme « diviser pour régner ». Cet
algorithme divisera en deux le tableau A sur lequel il travaille. Il renverra le couple (Vrai, x) si le
tableau A contient un élément majoritaire (x étant cet élément) et renverra le couple (Faux, 0) si le
tableau A ne contient pas d’élément majoritaire.
Majoritaire(A, i, j)
si i = j alors renvoyer (Vrai, A[i])
(rx, x) ← Majoritaire(A, i, i+j−1
)
2
(ry, y) ← Majoritaire(A, i+j+1
, j)
si rx = Faux et ry = Faux alors renvoyer (Faux, 0)
2
1
si rx = Vrai et ry = Vrai
alors si x = y
alors renvoyer (Vrai, x)
sinon
cx ← Occurrences(x, A, i, j)
cy ← Occurrences(y, A, i, j)
si cx > j−i+1
2
alors renvoyer (Vrai, x)
sinon si cy > j−i+1
2
alors renvoyer (Vrai, y)
sinon renvoyer (Faux, 0)
sinon si rx = Vrai
alors si Occurrences(x, A, i, j) > j−i+1
alors renvoyer (Vrai, x)
sinon renvoyer (Faux, 0)
Publicité
sinon si Occurrences(y, A, i, j) > j−i+1
2
2
alors renvoyer (Vrai, y)
sinon renvoyer (Faux, 0)
Justifications
Les deux seuls cas qui ne sont peut-être pas immédiats sont les suivants :
(a) rx = Faux et ry = Faux : dans ce cas il n’y a pas d’élément qui soit majoritaire dans la première
moitié du tableau, ni d’élément qui soit majoritaire dans la deuxième moitié du tableau. Si le table
contient n éléments, le nombre d’occurrences d’un élément quelconque dans la première moitié
du tableau est donc inférieur ou égal à
2 éléments— et il en va
de même pour le deuxième moitié. Donc le nombre d’occurences d’un élément quelconque dans le
tableau est inférieur à n
2 et le tableau ne contient pas d’élément majoritaire.
2 —la première moitié ayant n
n
2
(b) rx = Vrai et ry = Vrai avec x = y : dans ce cas x est présent au moins 1 + n
4 fois dans chacune
2 — et donc au moins 2 + n
2 fois dans le tableau.
des deux parties —qui sont de taille n
2. Quelle est la complexité de cet algorithme ?
La complexité de cet algorithme est définie par la relation de récurrence :
T (n) = 2T (cid:16)
n
2 (cid:17) + Θ(n).
En effet, la phase de combinaison nécessite, dans le pire des cas, la recherche du nombre d’occurences
de deux éléments dans le tableau, ce qui a un coût de n, toutes les autres opérations étant de coût
constant (Θ(1)).
Nous avons donc ici : a = 2, b = 2 et f (n) = Θ(n) == Θ(nlog2 2). Nous sommes donc dans le cas 2 du
théorème et donc :
T (n) = Θ(n log n).
Deuxième algorithme « diviser pour régner »
1. Écrivez un algorithme construit suivant le paradigme « diviser pour régner », prenant en entrée un
tableau A —qu’il divisera en deux— et possédant la propriété suivante :
– soit cet algorithme nous garantit que le tableau A ne contient pas d’élément majoritaire ;
– soit cet algorithme nous renvoie un élément x et un entier cx > n/2 tels que x apparaisse au plus cx
fois dans A et que tout autre élément de A apparaisse au plus n − cx fois dans A.
PseudoMajoritaire(A, i, j)
si i = j alors renvoyer (Vrai, A[i], 1)
2
(rx, x, cx) ← Majoritaire(A, i, i+j−1
)
2
(ry, y, cy) ← Majoritaire(A, i+j+1
, j)
si rx = Faux et ry = Faux alors renvoyer (Faux, 0, 0)
si rx = Vrai et ry = Faux alors renvoyer (Vrai, x, cx + j−i+1
si rx = Faux et ry = Vrai alors renvoyer (Vrai, y, cy + j−i+1
si rx = Vrai et ry = Vrai
4
2
4
)
)
alors si x = y
alors renvoyer (Vrai, x, cx + cy)
Publicité
sinon si cx = cy
alors renvoyer (Faux, 0, 0)
sinon si cx > cy
alors renvoyer (Vrai, x, j−i+1
sinon renvoyer (Vrai, y, j−i+1
2 + cx − cy)
2 + cy − cx)
Justifications
Nous considérons un par un les différents cas de figure :
– rx = Faux et ry = Faux. Aucun élément n’apparaˆıt strictement plus de n
(resp. la deuxième) moitié du tableau A. Donc un élément quelconque de A apparaˆıt au plus n
dans chacune des deux moitiés, et donc n
majoritaire.
4 fois dans la première
4 fois
2 fois en tout dans A. Donc A ne contient pas d’élément
– rx = Vrai et ry = Faux. Un élément quelconque de A apparaˆıt donc au plus n
4 fois dans la deuxième
moitié de A. Nous avons deux cas à considérer :
– x apparaˆıt donc au plus cx + n
– Un élément autre que x apparaˆıt au plus n
2
+ n
un tel élément apparaˆıt au plus
4 fois dans A.
− cx
D’où le résultat.
− cx fois dans la première moitié de A. Par conséquent
4 = 3n
− cx = n −
fois dans A.
4
cx + n
4 (cid:1)
(cid:0)
(cid:1)
n
2
(cid:0)
– ry = Vrai et rx = Faux : ce cas est symétrique du précédent.
– rx = Vrai et ry = Vrai :
– x = y. x est présent au plus cx + cy fois dans A. De plus, tout autre élément est présent au plus
− cy fois dans la deuxième moitié, soit en tout au
− cx fois dans la première moitié de A et n
2
n
2
plus n − (cx + cy) fois dans A.
– x (cid:54)= y et cx = cy. x est présent au plus cx fois dans la première moitié et n
2
− cx
fois dans la deuxième moitié, soit n
2 fois en tout et x n’est pas un élément majoritaire de A.
Symétriquement, il en va de même de y. Tout autre élément ne peut être un élément majoritaire
(voir le tout premier cas).
− cy = n
2
– x (cid:54)= y et cx > cy. Alors x est présent au plus cx fois dans la première moitié de A et n
2
Publicité
− cy
2 + cx − cy fois dans A, et ce nombre est strictement
fois dans la deuxième moitié, soit au plus n
supérieur à n
Tout autre élément est présent au plus
n
2
2 + cy − cx = n − ( n
2 car cx > cy. y est présent au plus n
+
(cid:1)
− cx + cy (car cy > n
(cid:0)
2 + cx − cy
4 ) = n −
− cx
.
− cy
n
2
n
2
(cid:1)
(cid:0)
n
2 + cx − cy) fois dans A.
= n − cx − cy = n
2
− cx + n
2
− cy ≤
(cid:0)
(cid:1)
2. Quelle est la complexité de cet algorithme ?
En dehors des appels récursifs, tous les traitements ont un coût constant : Θ(1). La complexité de
l’algorithme est donc donnée par la relation de récurrence :
T (n) = 2T (cid:16)
n
2 (cid:17) + Θ(1).
Nous nous trouvons donc ici dans le cas 1) du théorème (avec (cid:15) = 1) et la complexité de l’algorithme
est donc :
T (n) = Θ(n).
3
3. À partir de l’algorithme précédent, écrivez un algorithme Majoritaire qui vérifie si un tableau A
contient un élément majoritaire.
Majoritaire(A)
(réponse, x, cx) ← PseudoMajoritaire(A, 1, longueur (A))
si réponse = Faux
alors renvoyer Faux
sinon si Occurrences(x, A, 1, longueur (A)) > longueur (A)
2
alors renvoyer Vrai
sinon renvoyer Faux
4. Quelle est la complexité de cet algorithme ?
La complexité de cet algorithme est en Θ(n) car c’est la complexité de l’appel à l’algorithme Pseudo-
Majoritaire et celle de l’appel à l’algorithme Occurrences.
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