Fiche pratique de sécurité ED 79

Institut national de recherche et de s curit pour la pr vention des accidents
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Fiche pratique de sécurité ED 79

Institut national de recherche et de s curit pour la pr vention des accidents · Ergonomics and Workplace Safety · course

FICHE PRATIQUE DE S CURIT

ED 79

Conception et am nagement

des postes de travail

Cette fiche pratique a pour objet de rassem-

bler les principales donn es ergonomiques

applicables la conception et lam nage-

ment de postes de travail en vue de pr venir

les risques et dam liorer les conditions de

travail.

Cette fiche est utilisable la fois par les

concepteurs internes de lentreprise (fonc-

tion m thodes, travaux neufs&) et externes

(fabricants, cabinets conseil&), et par ceux

qui participent ladaptation des situations

de travail aux op rateurs (CHSCT, m decins

du travail&). Les principes d crits dans ce

document sont applicables dans tous les

secteurs dactivit .

De nombreux textes r glementaires font r f -

rence la notion de poste de travail, notam-

ment dans le cadre des principes g n raux de

pr vention d finis par larticle L. 4121-2 du code

du travail. Les normes dergonomie traitent

galement de ladaptation des postes de tra-

vail lhomme (voir le recueil des normes

Ergonomie de lAFNOR).

Cette fiche pratique ne pr tend pas couvrir

lensemble du champ de lergonomie. Dune

part, elle est centr e sur le poste de travail

qui nest quun l ment dun syst me plus

large (atelier, bureau, service&). Dautre part,

elle ne traite pas des aspects m thodolo-

giques qui font lobjet dautres publications :

il faut rappeler que la d marche ergono-

mique repose sur trois l ments principaux :

lanalyse du travail r el (par observation des

situations de travail, mesures et entretiens

avec les op rateurs), les connaissances en

le fonctionnement de

ergonomie (sur

lhomme au travail) et la participation du

personnel (instances repr sentatives du

Fig. 1.1. Acc s aux postes de travail

dans un atelier.

d

c

b

a

b

(cid:0) All e d gag e

(cid:1) Acc s pour une personne ((cid:0) 80 cm)

(cid:2) Espace r serv au stockage

(cid:3) Zone d volution (< 2 m autour de

lop rateur)

c

tabliers de machines doivent tre

pris en compte dans le dimension-

nement de lespace de travail.

(cid:0) Au poste de travail, la place occu-

p e par lop rateur lui-m me doit

tre major e de lamplitude des

gestes n cessaires lex cution de

la t che (bras, jambes) et des

d placements relatifs de son corps

pour reculer, tourner, se baisser

(0,80 m autour de lop rateur).

Pour les op rations dentretien sur machines,

les trappes dacc s dans les b tis doivent

tre suffisamment larges (0,80 m) et hautes

(1,00 m genoux, 1,20 m accroupi).

a

(cid:0) Si lacc s en hauteur ne peut tre vit , des

quipements sont alors n cessaires. Il

sagit pour lop rateur de pouvoir acc der

en hauteur en pr f rant lemploi desca-

liers et plates-formes bien dimensionn s

aux chelles.

Exemples :

(cid:0) Acc s aux postes de travail dans un atelier

(voir figure 1.1).

(cid:0) Acc s sans entrave : supports de c bles ali-

mentant des postes informatiques int -

gr s dans le mobilier (voir figure 1.2).

(cid:0) Acc s en hauteur : plate-forme

plusieurs niveaux pour poste de tra-

vail de diff rentes hauteurs (voir

figure 1.3).

c

b

(cid:0) Plate-forme mobile pour acc s en hauteur et pose des outils

(cid:1) Marches

(cid:2) Escalier pour acc s la plate-forme sup rieure

Fig. 1.3. Acc s en hauteur par plate-forme

sur plusieurs niveaux.

Erreurs viter :

(cid:0) Des c bles et conduits dalimentation sur

le sol.

(cid:0) Des convoyeurs d pourvus de passerelle

pour les traverser.

(cid:0) Des supports ou obstacles dans lespace

de travail moins de 2,20 m de haut.

Bibliographie :

(cid:0) Conception des lieux et des situations de

travail, INRS, ED 950.

(cid:0) La circulation en entreprise, INRS, ED 975.

(cid:0) Norme NF EN 547, parties 1, 2 et 3

(dimensions requises pour les

passages et acc s).

Fig. 1.2. Acc s sans entrave : int gration

des c bles dans le mobilier.

personnel et op rateurs concern s). Lorsque

les caract ristiques des op rateurs concer-

n s sont tr s sp cifiques compte tenu de

leur tat de sant , de leur ge, de leur exp -

rience ces sp cificit s seront prises en

compte dans cette d marche.

Pour un poste cr er, lanalyse pr alable

porte sur des situations existantes simi -

laires, pour d finir ensuite un cahier des

charges du poste en projet. Sil sagit dun

am nagement de poste, cette d marche est

mise en Suvre en partant des probl mes

rencontr s par les op rateurs. Il faut noter

que lop rateur ne se r duit pas la fonction

production : le poste de travail doit tre

galement adapt tous ceux qui inter -

viennent (installateurs, r gleurs, personnel de

maintenance, dentretien et de nettoyage).

La fiche est structur e en sept points qui

regroupent les connaissances principales

prendre en compte lors de la conception des

postes de travail : acc s et circulation, com-

munications, contraintes de temps, nuisances

physiques et chimiques, informations, manu-

tentions et efforts, dimensionnement et pos-

tures. Pour chaque th me, les principes

consid rer sont illustr s par des exemples

dapplication ; les principales erreurs viter

et des r f rences compl mentaires sont indi-

qu es. Une derni re partie traite de la mise en

Suvre de ces sept points aux diff rents

stades dun projet de conception ou dam na-

gement des postes de travail.

1. ACC S ET CIRCULATION

Lobjectif est de permettre lop rateur dac-

c der et de circuler en toute s curit

son poste de travail, tout en minimisant la

fatigue pour y parvenir.

Cet objectif peut tre atteint partir de la mise

en Suvre de principes g n raux suivants :

(cid:0) Lall e de circulation doit tre dimension-

n e en fonction des passages. Exemples :

0,8 m lorsquune seule personne lem-

prunte, 1,20 m lorsque des personnes sy

croisent, 1,50 m lorsque des personnes

passent larri re dautres postes de tra-

vail. Ces valeurs sont majorer pour les

personnes mobilit r duite et en cas

dall es servant l vacuation incendie.

(cid:0) Les zones d volution de lop rateur au

poste sont de 2 m au plus, notamment sil

y a port de charge.

(cid:0) Le sol est antid rapant et d pourvu de

salissures pour viter les chutes par glis-

sade (pour les sols industriels, coefficient

de frottement sup rieur 0,30) et pour

faciliter le nettoyage.

(cid:0) Les obstacles provenant d l ments fixes :

b tis de machines, stockages interm diaires,

marchandises d passant de rayonnages, rails

de transfert au sol, caillebotis, mais aussi

d l ments mobiles : chariots, bras ou

2

Fiche pratique de s curit ED 79

2. COMMUNICATION

Lobjectif principal est dassurer un bon

Publicité

d roulement du travail par une bonne coor-

dination des t ches. Un objectif secondaire

est datt nuer les effets n gatifs de la mono-

tonie des t ches en permettant aux op ra-

teurs concern s de converser.

Les principes mettre en Suvre sont les

suivants :

(cid:0) Lister les communications assurer entre

le poste consid r et dautres postes de

travail :

" communications entre diff rents op ra-

teurs contribuant la m me t che (ex. :

le long dune ligne de production),

" communications entre op rateurs et

quipes effectuant des t ches diff rentes

dans le m me lieu (coactivit ), notam-

ment avec des quipes de maintenance,

" transmission des informations entre des

op rateurs occupant successivement un

poste de travail (ex. : travail en quipes

successives),

" communications en situation dins cu-

rit (ex. : par rapport au public, travail

isol ).

(cid:0)

Il sagit ensuite de mettre en place des

moyens permettant ces communications :

implantation des postes, dispositifs de

communication distance, supports per-

manents consultables gardant la m moire

des v nements r cents (supports mat -

riels ou logiciels).

(cid:0) Pour les communications directes entre

les op rateurs, deux points sont consid -

rer : la proximit et le niveau de bruit

ambiant. Ainsi, on estime que pour la com-

pr hension de messages simples voix

normale et une distance dun m tre, le

niveau de bruit ambiant ne doit pas

d passer 70 dB.

Fig. 2.2. Moyen portatif

de communication

pour travailleur isol .

a

b

(cid:0) Vitrages

(cid:1) Possibilit de communication visuelle

Fig. 2.3. Cabine insonoris e permettant une communication visuelle entre les op rateurs.

(cid:0) Pour les communications distance, mettre

en place des moyens adapt s (t l phones

mobiles, t l phones incluant une fonction

perte de verticalit pour les travailleurs

isol s&) accompagn s de proc dures rigou-

reuses.

(cid:0) Des supports (mat riels ou logiciels) sont

pr voir lorsque des op rateurs successifs

occupent le poste de travail : registre

dincidents, proc dures permettant la

constitution dune m moire des v ne-

ments& Cela concerne non seulement les

quipes successives (ex. : travail post ),

mais aussi les emplois pr caires (int rim,

CDD) et les liaisons avec les quipes de

maintenance.

(cid:0) Cabine insonoris e avec fen tre permet-

tant une communication visuelle entre

lop rateur et les autres travailleurs (ex. :

cabine de banc dessai moteurs, voir

figure 2.3).

Erreurs viter :

(cid:0)

Isoler un op rateur dont le travail n ces-

site une coordination.

(cid:0) Laisser un travailleur isol sans moyen de

communication distance.

(cid:0) quipes successives sans support de com-

munication crit ou sans recoupement

des horaires.

(cid:0) Surcharge li e des communications trop

nombreuses.

ED 79 Fiche pratique de s curit

3

Exemples :

Fig. 2.1. Implantation en U pour faciliter

les communications.

(cid:0) Pour les communications directes avec le

public (ex. : guichets), regrouper de pr f -

rence plusieurs op rateurs pour faciliter la

constitution dun petit groupe solidaire,

tout en assurant la confidentialit entre

les deux interlocuteurs.

(cid:0) Ligne de fabrication implant e pour facili-

ter les communications entre lamont et

laval (par exemple : implantation en U,

voir figure 2.1).

(cid:0) Op rateur de maintenance quip dun

moyen portatif de communication dis-

tance (t l phone portable, DATI&, voir

figure 2.2).

Fig. 3.2. Appel par num ros vitant les files dattente.

3. CONTRAINTES

DE TEMPS

Lobjectif est de pr venir les risques dacci-

dents, le stress et les troubles musculosque-

lettiques.

Les principes mettre en Suvre sont les

suivants :

(cid:0) viter la r p titivit des m mes types de

gestes.

La r p titivit excessive des m mes op ra-

tions et surtout des m mes gestes (un

ensemble de gestes est n cessaire lex -

cution dune op ration) accro t le risque de

troubles musculosque-

lettiques. Ordre de

grandeur : que le m me

geste ne soit pas r p t

plus de dix fois par

minute. Il est conseill

dorganiser le travail de

mani re diminuer

cette r p titivit : lar-

gissement, polyvalence,

enrichissement des t ches

pour les lignes de mon-

tage, dissociation entre

le temps de cycle de la machine et le

temps de cycle pour lop rateur pour les

postes de conduite de machine (ex. : par

approvisionnement ou vacuation auto-

matique des produits).

(cid:0) Donner de lautonomie dans la gestion du

temps.

Il sagit d viter la d pendance par rapport

au syst me (logiciel r agissant rapide-

ment, stocks tampons entre postes suc-

cessifs, appel des clients par lop rateur au

lieu de files dattente pour les postes en

contact avec la client le&), de permettre la

prise de pauses, de pr f rence au moment

o lop rateur en ressent le besoin (pauses

de r cup ration au niveau gestuel

< 2 minutes et pauses de d tente de lordre

de 10 minutes o lop rateur quitte

momentan ment son poste).

(cid:0) Fixer des objectifs de rendement et de

charge de travail non excessifs.

Le temps allou pour effectuer des t ches

doit prendre en compte les incidents. Cest

le cas notamment des postes en fin de

(cid:0) Sans magasin :

intervention de

lop ratrice toutes les

secondes (avant

am nagement)

(cid:1) Avec magasin :

intervention toutes les

minutes ou plus

(apr s am nagement)

Fig. 3.1. Magasin pour lalimentation

de planchettes.

4

Fiche pratique de s curit ED 79

ligne qui cumulent les al as des postes

en amont. Leffectif doit tre calcul pour

viter une surcharge de travail lors des

p riodes de pointe.

Exemples :

(cid:0) Magasin tampon permettant la fois de

diminuer la r p titivit et daugmenter

lautonomie (ex. : approvisionnement en

planchettes pour la fabrication demballa-

ges en bois, voir figure 3.1).

(cid:0) Tickets pris par les clients et appel des

num ros par les op rateurs (voir figure 3.2).

4 1

4 4

Publicité

4 0

4 4

(cid:0) Postes de pr paration s par s de la ligne

de fabrication (exemple de pr paration de

sous-ensembles complets en poste fixe

avant assemblage final en ligne, voir

figure 3.3).

Fig. 3.3. Poste de pr paration autonome

par rapport la ligne de fabrication.

Erreurs viter :

(cid:0) Temps de cycle courts pour lop rateur.

(cid:0) D pendance forte entre le poste, les autres

postes amont et aval ou la machine.

(cid:0) Files dattente.

(cid:0) Calcul des temps sans prise en compte des

al as&

4. NUISANCES PHYSIQUES

ET CHIMIQUES

Lobjectif est de diminuer les nuisances au

poste de travail pour les rendre compatibles

avec la sant des op rateurs, tout en per-

mettant de r aliser le travail sans contrainte.

Les principes mettre en Suvre pour attein-

dre cet objectif sont les suivants :

(cid:0) Faire linventaire des nuisances g n r es

par le poste lui-m me, mais aussi venant

des autres postes de travail, ou de lenvi-

ronnement.

Il convient didentifier puis de caract riser

les nuisances (en nature et en grandeur)

et les situer par rapport aux valeurs maxi-

males admissibles r glementaires, norma-

tives, ou de confort.

(cid:0) Mettre en Suvre les moyens permettant

de r duire les nuisances en utilisant des

produits, mat riels et proc d s non pol-

luants, par exemple : chariot lectrique

silencieux et ne polluant pas lair des

locaux de travail, peintures leau en rem-

placement de peintures aux solvants.

(cid:0) Sassurer que les moyens pris (syst mes de

protection collective par exemple) ne

g nent pas et ne perturbent pas le fonc-

tionnement du poste (alimentation, sortie

de pi ces) ainsi que les op rations de main-

tenance et de d pannage, et am liorent

le confort au travail des op rateurs (en

termes notamment de diminution de la

charge physique et mentale).

Exemples :

(cid:0) R duire les nuisances mises par le poste

lui-m me : torche aspirante utilis e en

soudure (voir figure 4.1).

Fig. 4.1. Torche aspirante con ue pour minimiser

la g ne lors de son utilisation.

(cid:0) R duire les nuisances mises par lenviron-

nement : box vitr permettant de sisoler

du bruit et des courants dair tout en gar-

dant un contact direct avec l quipe (voir

figure 4.2).

(cid:0) Ne pas perturber le fonctionnement nor-

mal du poste : vier avec aspiration p ri-

ph rique des vapeurs nocives permettant

une bonne visibilit par un dispositif int -

gr (voir figure 4.3).

Les lister en tenant compte de la fonction

des divers agents concern s (op rateurs

du poste, techniciens de maintenance&),

du niveau dapprentissage ou du statut de

ces agents (nouveaux, int rimaires&).

Les classer par ordre dimportance en

regard des r sultats de production et de la

s curit .

(cid:0) Disposer les informations utiles dans le

champ visuel en tenant compte des lignes

de vis e naturelles propres aux diff rents

types de t ches visuelles.

Dans le plan vertical, disposer si possible

les informations dans un angle de 40 en

dessous de la ligne horizontale partant

des yeux (voir figure 5.1).

Quelles sont

les informations

utiles ?

Comment

les prendre

en compte

au poste ?

Poste

daccueil

du public

tre inform

de larriv e

du client.

" Porte dentr e

dans le champ

visuel de lagent

daccueil.

" Signal sonore

lentr e dune

personne.

(cid:0)

Indicateurs et commandes de machines

sur bras orientable (voir figure 5.2).

a

25

40

25

Recommand

(informations

fr quentes et/ou

importantes)

Acceptable

(informations

accessoires)

Fig. 5.1. Disposition des informations

dans le champ visuel.

Dans le plan horizontal, disposer les infor-

mations fr quentes (ou importantes)

lint rieur dun angle de 30 devant lop -

rateur, et accessoires lint rieur dun

angle de 140 .

Disposer les informations utiles dans

lespace de fa on viter les contraintes

posturales, limiter ses d placements et

permettre une r ponse rapide sur les

dispositifs de commande.

(cid:0) Faciliter la perception des informations

utiles : par un clairage adapt (de 300

1 000 lux ou plus suivant la t che), en

agissant sur la dimension des caract res

et en assurant un bon contraste entre lob-

jet percevoir et le fond, en distinguant

clairement les zones de fonctionnement

normal des zones alerte pour les

appareils de signalisation, en recourant, le

cas ch ant, un doublement du signal

(visuel et sonore) ou une diffusion en

clair de linformation (affichage dun texte

ou de chiffres, message vocal). noter :

lutilit dun retour dinformation rapide

suite une action de lop rateur.

Exemples :

(cid:0) Poste daccueil du public : application des

deux premiers principes nonc s pr c -

demment (voir tableau ci-apr s).

c

b

(cid:0) Bras orientable

(cid:1) Pupitre de signalisation et de commande

(cid:2) Information directe travers le vitrage

Fig. 5.2. Pupitre sur bras orientable.

(cid:0) Zone dalerte indiqu e en rouge, sur un

cadran (voir figure 5.3).

50

60

40

30

20

10

70

80

90

0

100

Fig. 5.3. Zone dalerte sur un cadran.

Erreurs viter :

(cid:0) Manque dinformation (ex. : commande

non identifi e sur machine).

(cid:0) Surabondance dinformations.

(cid:0)

(cid:0)

Indicateurs peu lisibles ou mal positionn s

dans lespace.

Interpr tation difficile des signaux visuels

ou sonores.

ED 79 Fiche pratique de s curit

Publicité

5

Fig. 4.2. Cabine isolant du bruit tout

en maintenant les contacts dans l quipe.

Erreurs viter :

(cid:0) Postes polluants ou bruyants (martelage,

peintures, soudures&) proximit de

postes qui le sont peu ou pas (montage,

contr le, emballage&).

(cid:0) Entr es dair frais pr s des sources de pol-

lution.

(cid:0) Poste de travail implant entre la source

de nuisance et le dispositif de protection

(capteur, hotte, cran absorbant).

Bibliographie :

(cid:0) valuer et mesurer lexposition profession-

nelle au bruit, INRS, 2009, ED 6035.

(cid:0) Guides pratiques de ventilation n 0 20,

INRS.

aspiration

int gr e l vier

Fig. 4.3. Dispositif int gr daspiration.

5. INFORMATIONS

Lobjectif est de pr senter clairement les

informations visuelles et sonores utiles pour

r aliser le travail avec efficacit et en s cu-

rit .

Les principes mettre en Suvre sont les sui-

vants :

(cid:0)

Identifier les informations utiles pour

r aliser le travail un poste donn .

Bibliographie :

(cid:0) Norme NF EN 894. Sp cifications ergono-

miques pour la conception des dispositifs de

signalisation et des organes du service. Par-

ties 1, 2, 3 et 4.

6. MANUTENTION ET EFFORTS

Lobjectif est de limiter les manutentions

manuelles et les efforts exercer pour viter

les accidents et pr venir les troubles muscu-

losquelettiques.

Les principes mettre en Suvre sont les sui-

vants :

(cid:0) Conna tre les objets et les produits mani-

pul s, les efforts exerc s :

" pour les objets, produits et outils, pr ci-

ser leurs dimensions, volume, poids uni-

taire, type de conditionnement et leur

nature,

" relever le type et la fr quence des manu-

tentions ou manipulations effectu es,

" d crire les efforts exercer sur les com-

mandes des machines, sur les outils, sur

les produits.

(cid:0) Faciliter le transfert des produits :

" favoriser le transfert des produits laide

de glissi res, de bandes transporteuses

ou de tables billes par exemple,

" viter les changements de niveau entre

deux plans de travail successifs, entre

deux machines contigu s n cessitant

une reprise manuelle,

" utiliser des dessertes mobiles pour

d placer, sans les porter, des produits et

des outils.

(cid:0) R duire la charge unitaire et le tonnage

journalier :

" r duire la charge unitaire en agissant sur

le type de conditionnement, sur les

produits,

" valuer et diminuer si n cessaire le ton-

nage journalier manutentionn laide

des abaques (voir figure 6.1) de mani re

se situer dans la zone acceptable.

(cid:0) Fournir des aides la manutention :

" utiliser des aides la manutention pour

d placer les charges lourdes, encom-

brantes (par exemple, quilibreurs de

charge pour manipuler des cartons, des

t les, des sacs),

" installer des stockages dynamiques qui

autorisent une reprise frontale,

" mettre disposition des corbeilles, des

casiers mobiles, permettant de regrou-

per plusieurs objets ou produits d pla-

cer, par exemple pour le courrier, pour

des outils ou pour de petits objets.

(cid:0) Limiter les efforts exercer :

" limiter les efforts exercer sur les

commandes, par exemple en utilisant

des relais lectriques pneumatiques ou

hydrauliques plut t que des commandes

m caniques (force de 3 20 daN suivant

la position des commandes et la fr -

quence),

" r duire les efforts par lutilisation doutils

adapt s, par exemple, une visseuse

d visseuse portative plut t quun tour-

nevis, des couteaux bien affil s,

" mettre en place des aides pour le soul -

vement, par exemple, un ressort de

rappel ou un v rin pour faciliter le mou-

vement dun capot,

" choisir des outils dont la conception

vite des angles excessifs, notamment

du poignet.

Exemples :

(cid:0) Desserte mobile servant de caisse outils

et de plan de travail annexe (voir figure

6.2).

Fig. 6.1. Abaque pour la manutention manuelle

des charges.

(cid:0) Potence avec pince pneumatique compen-

s e (voir figure 6.3).

Fig. 6.2. Desserte mobile servant de caisse outils

et de plan de travail annexe.

6

Fiche pratique de s curit ED 79

Fig. 6.3. quilibreur de charge diminuant leffort.

Erreurs viter :

(cid:0) Les manutentions avec postures contrai-

gnantes, bras tendus, dos courb , torsions

du corps&

(cid:0) Les charges unitaires encombrantes ou

difficiles saisir.

(cid:0) Le port de charge sur des distances impor-

tantes.

Bibliographie :

(cid:0) Les troubles musculosquelettiques, INRS,

2005, ED 957.

(cid:0) NF X35-109, Ergonomie Manutention

manuelle de charge pour soulever, d placer

et pousser/tirer, AFNOR, 2009.

7. DIMENSIONNEMENT

ET POSITIONS DE TRAVAIL

Lobjectif est de permettre de travailler dans

des positions adapt es non dangereuses

pour la sant et confortables. Les principes

mettre en Suvre sont les suivants :

(cid:0) Recueillir les donn es de base.

D crire les l ments du poste de travail qui

vont d terminer les postures : les dimen-

sions et emplacements des commandes, la

taille et la forme des outils, des objets, des

machines utiliser ou atteindre.

Noter les dimensions des plans de travail

pr d termin s et des zones de travail.

Relever les points durs pr sents dans

lespace de travail : b ti de machine, sup-

ports, canalisations, poutre, pilier&

(cid:0) Choisir la position principale (debout,

assise ou assis-debout) en fonction des

l ments suivants : volume de travail, exi-

gences de force et espace pour les jambes.

Par exemple, si le travail peut tre effectu

dans les zones datteinte des bras, les

objets manipuler l gers et lespace suffi-

sant pour les genoux, la position assise est

indiqu e.

Fig. 7.1. Dimensionnement du poste de travail

(cotes en millim tres). Population europ enne.

Erreurs viter :

a) Position debout

Espace pour

les pieds hauteur :

130 minimum

Espace pour les pieds

profondeur : 210 minimum

(cid:0) Pour la posture debout, pr voir un d gage-

ment pour les pieds et si possible un plan

de travail r glable. Pour la posture assise,

pr voir un d gagement pour les genoux et

les jambes (voir figures 7.1.a et 7.1.c).

Hauteur r glable

conseill e :

1 050

1 554

Publicité

Exigences de vision

et/ou de pr cision lev es

930

1 195

810

1 075

Exigences de vision

et/ou de pr cision moyennes

Exigences de vision

et/ou de pr cision peu

importantes (permet la

manutention dobjets lourds)

1 170

480

60

415

170 - 290

1 330

800

820

495

15

840

630

d) Zone de travail conseill e

(mesures fond es sur une surface de si ge horizontale)

d) Zone de travail conseill e

(mesures fond es sur une surface

de si ge horizontale)

285

min.

(espace pour les pieds)

570 min.

(espace pour les jambes)

b) Position assis/debout : hauteur r glable du plan

de travail et espace pour les jambes

575

370

540 min.

(espace pour les genoux)

755 min.

(espace pour les jambes)

c) Position assise r glable (si ge et plan de travail) :

hauteur d'espace pour les jambes

(cid:0) Se situer dans les zones de confort pour

les gestes et positions les plus fr quentes

(bras le long du corps et espace de mobi-

lit des avant-bras) et rester dans les zones

datteinte pour les autres (latteinte maxi-

male correspond aux bras tendus, voir

figure 7.1.d).

(cid:0) Respecter les angles articulaires des diff -

rentes parties des membres et du corps.

(cid:0) Permettre les changements de position et

viter les postures statiques longues. Par

exemple, en alternant les positions assises et

debout (poste assis sur lev ), en concevant

le poste pour permettre lutilisation dun

appuie-fesses r glable& (voir figure 7.1.b).

Exemples :

(cid:0) Zones de confort et datteinte pour un

poste dassemblage (voir figure 7.2).

b a

a

(cid:0) Zone de confort

(cid:1) Zone datteinte

Fig. 7.2. Zones de confort et datteinte

pour un poste dassemblage.

(cid:0) Les postures contraignantes : dos courb ,

bras tendus, bras lev s, torsions et flexions

du tronc, du cou.

(cid:0) Les postures immobilisant durablement

une partie du corps.

(cid:0) Les zones de travail triqu es , cest- -

dire ne permettant pas de se mouvoir sans

tre g n ou heurt par des l ments fixes

ou mobiles.

Bibliographie :

(cid:0) NF EN ISO 14738, Prescriptions anthropo-

m triques relatives la conception des

postes de travail sur les machines, AFNOR,

2008.

(cid:0) Pr vention des risques li s aux positions de

travail statiques, INRS, 2008, ED 131.

SYNTH SE

Les sept points d crits pr c demment peuvent

tre utilis s lors des diff rentes phases dun

projet de conception ou dam nagement des

postes de travail. Lefficacit sera dautant plus

grande que le projet aura t instruit d s la

d finition du cahier des charges en concerta-

tion avec les acteurs concern s.

1. Lors de lanalyse des postes

d j existants

La prise en compte de ces sept th mes peut

aider rep rer les points forts et faibles de la

situation existante (lorsque le poste cr est

peu diff rent des postes qui fonctionnent

d j dans lentreprise ou dans dautres entre-

prises). Ce constat permettra ensuite de trans-

former le poste de travail en conservant les

points forts et en am liorant les points faibles.

2. Lors de la conception du poste

de travail

Il est n cessaire, au pr alable, de situer

le poste dans le processus et comme un

l ment parmi dautres de la situation de

travail, de rep rer les points durs et in -

contournables (ex. : l ments de structure

du b timent), d valuer les contraintes modi-

fiables allant lencontre de bonnes condi-

tions de travail. On peut ensuite reprendre

les sept points en allant du plus g n ral (ex. :

acc s, circulation) au plus particulier (ex. :

positions de travail) et en les utilisant pour

trouver la meilleure implantation du poste,

pour choisir les quipements les mieux

adapt s et pour agencer lensemble.

Selon les caract ristiques du projet, certains

des sept points doivent tre privil gi s. Par

exemple, pour la conception dun bureau

daccueil, la communication et les postures

ED 79 Fiche pratique de s curit

7

doivent davantage tre prises en compte que

les manutentions. Ainsi, la mise en Suvre

simultan e des deux principes : disposer

des informations utiles dans le champ

visuel (d crit dans le point 5), et se situer

dans les zones de confort pour les gestes et

positions de travail les plus fr quentes

(d crit dans le point 7) conduit concevoir

une disposition optimale du poste (voir

figure 8).

c

b

a

(cid:0) Plan de travail face aux visiteurs

(cid:1) cran-clavier

(cid:2) Imprimante

Lam nagement doit permettre la fois

lop rateur de conserver le contact avec le

client (m me lorsquil utilise son cran et

son imprimante) et d tre en position confor-

table pour chacune de ses t ches.

3. Lors de l valuation

La confrontation entre les options rete -

nues et les sept points doit

permettre d valuer les dif-

f rents projets et, parap -

proximations successives,

de parvenir un projet final

optimal. ce stade, des compro mis

peuvent encore tre trouv s lorsque des

exigences contradictoires apparaissent

dans la mise en Suvre des solutions (ex. :

limiter le bruit sans isoler les op rateurs,

concilier les exi gences conomiques

et les pr conisations ergonomiques).

Cette valuation sur projets sera

compl t e, apr s r alisation, par une

validation du r sultat final avec les utili -

sateurs.

Fig. 8. Disposition optimale dun poste en contact avec la client le.

Cette fiche a t r dig e par un groupe de travail

de lInstitution Pr vention constitu par tienne

Cam (CRAM de Bretagne), Bernard Durand (CRAM

Centre-Ouest), Michel Valadi (CRAM Midi-

Pyr n es) et Bernard Vandevyver (INRS).

La mise jour a t effectu e par Jean-Louis

Pomian (INRS).

Institut national de recherche et de s curit pour la pr vention des accidents du travail et des maladies professionnelles

65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris " T l. 01 40 44 30 00 " www.inrs.fr " e-mail : [email protected]

Fiche pratique de s curit ED 79

1re dition (1999) " r impression septembre 2013 " 2 000 ex. " ISBN 978-2-7389-1521-4