Systèmes logiques
CHAPITRE III
ALGEBRE DE BOOLE ET FONCTIONS LOGIQUES
Les circuits logiques constituent une partie très importante dans les systèmes électroniques.
On distingue deux sortes de circuits logiques :
▪ Circuits combinatoires dans lesquels l’état des signaux de sortie ne dépend que des
signaux d’entrée, les états antérieurs d’entrées n’ont aucun effet sur la sortie.
▪ Circuits séquentiels dans lesquels l’état de sortie dépend des signaux d’entrées et du
temps.
Ces circuits logiques sont caractérisés par des variables binaires, qui effectuent des
transitions entre deux états possibles. Ces deux états sont appelés niveau haut et niveau bas
ou niveau 1 et niveau 0.
La correspondance entre la variable binaire et le signal physique peut être établie de deux
manières :
▪ En logique dite positive, la variable logique 1 correspond à une tension supérieure à
celle du niveau 0. En général c’est cette logique qui est adoptée.
▪ En logique dite négative, la variable logique 1 correspond à une tension inférieure à
celle du niveau 0.
Pour étudier d’une manière systématique, ces variables binaires, on utilise une algèbre
différente de l’algèbre classique, dite algèbre de Boole.
I. Algèbre de Boole
L’algèbre de Boole est un ensemble de variables à deux états (0 et 1) dites aussi booléennes,
muni de trois opérateurs élémentaires :
▪ La multiplication logique ET ; son symbole est (.).
▪ L’addition logique OU ; son symbole est (+).
▪ L’inverse logique NON ; son symbole est (--).
1. Opérateurs de base de l’algèbre de Boole
Opérateur ET : si deux variables logiques A et B sont combinées par la multiplication logique
ET, le résultas s’exprime par : X = A.B
Cela se traduit par l’expression suivante : si A est vraie ET B est vraie alors X est vraie.
La liste complète des valeurs que peut prendre la fonction booléenne X en fonction de toutes
les combinaisons possibles des valeurs A et B peuvent être résumés dans un tableau appelé
table de vérité.
Systèmes logiques
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X = A.B
0
0
0
1
Opérateur OU : l’addition logique de deux variables A et B donne : X = A+B
Cela se traduit par l’expression suivante : X est vrai si au moins A ou B est vrai.
La table de vérité de l’opérateur OU est la suivante :
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X = A+B
0
1
1
1
Opérateur inverseur : c’est un opérateur à une seule variable. Le résultat X de l’opérateur
inverseur sur une variable booléenne A donne son complément :
La table de vérité de l’opérateur inverseur est la suivante :
A
0
1
1
0
2. Théorèmes de l’algèbre de Boole
Théorème de commutativité :
A + B = B + A
A.B = B.A
Théorème d’associativité :
A + (B + C) = (A + B) + C = A + B + C
A.(B.C) = (A.B).C = A.B.C
Théorème de distributivité :
A.(B + C) = A.B + A.C
A + (B.C) = (A + B).(A + C)
AX=AX=
Systèmes logiques
Théorème d’idempotence :
A +A = A
A.A = A
Théorème de complémentation :
Théorème des constantes :
A.1 = A
A+0 = A
A+1 = 1
A.0 = 0
Théorème d’absorption :
A+A.B=A
A.(A+B) = A.A + A.B = A + A.B = A(1+B) = A.1 = A
Théorème d’allégement :
Théorème de De Morgan :
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
1
0
0
0
1
0
0
0
1
1
1
0
1
1
1
0
Principe de dualité : chaque théorème vu précédemment se présente sous deux formes duales.
L’énoncé du théorème dual se déduit immédiatement en remplaçant (+) par (.) et (0) par (1)
et réciproquement.
3. Représentation d’une fonction logique
Une fonction logique est une combinaison de variables booléennes reliées par les opérations
ET, OU et NON. Elle peut être représentée par une écriture algébrique ou une table de vérité.
0.1==+AAAABABABAAABAA..0..).(=+=+=+BABABABA..=++=BA+BA.BA.BA+()BABAAABABABAABAA+=+++=++=+1.....
Systèmes logiques
Représentation algébrique : une fonction logique écrite sous forme algébrique peut être
représentée sous différentes formes : somme, produit, somme canonique ou produit
canonique.
▪
Forme somme : une fonction logique est écrite sous la forme de somme, si elle est
constituée de plusieurs termes reliés entre eux par l’opérateur OU (appelée aussi forme
disjonctive). Les fonctions logiques suivantes sont écrites sous forme de somme :
,
▪
Forme produit : une fonction logique est écrite sous la forme de produit, si elle est
constituée de plusieurs facteurs reliés entre eux par l’opérateur ET (appelée aussi forme
conjonctive). Les fonctions logiques suivantes sont écrites sous forme de somme :
,
.
D’après le théorème de De Morgan, nous pouvons affirmer que, si une expression est écrite
sous la forme somme, son inverse sera sous la forme produit et vice versa.
▪
Forme somme canonique : une fonction logique est écrite sous forme de somme
canonique si toutes les variables figurent dans chaque terme et si, dans chacun de ces termes,
toutes les variables sont reliées entre elles par l’opérateur ET. Ces termes se désignet sous le
nom de mintermes.
Exemples :
Soient les fonctions à trois variables A, B, C
Toutes ces fonctions sont écrites sous forme de somme canonique sauf la fonction Z, car son
premier terme n’est pas un minterme (puisque C n’apparaît pas dans ce terme).
▪
Forme produit canonique : une fonction logique est écrite sous forme de produit
canonique si toutes les variables figurent dans chaque produit et si, dans chacun de es
termes, elles sont toutes reliées entre elles par l’opérateur OU. Ces produits se désignent sous
le nom de maxtermes.
Si une expression X est écrite sous forme de somme canonique, d’après le théorème de De
Morgan, son inverse sera sous forme de produit canonique et vice-versa, comme le montre
l’exemple suivant :
Table de vérité d’une fonction logique : une expression logique X(A, B, C…), fonction des
variables A, B, C…, peut être représentée par une table de vérité. Cette table donne les
valeurs que peut prendre X, suivant les différentes combinaisons des variables A, B, C…
BAX+=CBAX.+=BAX.=)).(.(EDCBAX++=CBABAZCBACBACBAYCBACBAX.............+=++=+=()()()CBACBACBACBACBACBACBACBACBAXCBACBACBAX++++++==++=++=......................
Exemple : soit la table de vérité suivante à trois variables A, B et C.
Systèmes logiques
A
0
0
0
0
1
1
1
1
B
0
0
1
1
0
0
1
1
C
0
1
0
1
0
1
0
1
X
0
1
1
0
0
1
0
0
L’expression algébrique de la fonction X est donnée par la somme des mintermes des trois
variables A, B et C relatifs à chaque case de X = 1.
On note qu’une table de vérité donne l’expression de X sous forme de somme canonique.
4. Simplification des expressions logiques
La simplification d’une expression logique consiste à réduire cette expression à sa forme la
plus simple mais équivalente, c-à-d à un nombre minimal de termes et à un nombre minimal
de variable dans chaque terme. Pour cela, nous allons utilisé deux méthodes de
simplification : simplification algébrique et simplification graphique par le diagramme de
Karnaugh.
a. Simplification algébrique : en utilisant les théorèmes de l’algèbre de Boole.
Exemple 1 :
Exemple 2 :
Exemple 3 :
CBACBACBAX......++=()()()CBAXYXYXorXCBBACBABACBACCBACBACBACBAX+=+=++=+=++=++=...............()()()DBAADBDBDABDBAYDDBDDADAAorDDBDBBDABDDADBADAADDBABAY.1......0....................=++=++====+++++=+++=()BABABBAAABBABABAZ+=+=++=++=......
Systèmes logiques
b. Simplification par diagramme de Karnaugh :
▪ Construction du diagramme de Karnaugh : une expression logique ou une table de
vérité peut être représentée sous forme d’un diagramme de Karnaugh. Pour construire ce
diagramme, il faut suivre les règles suivantes :
• Le diagramme de Karnaugh d’une table de vérité ou d’une fonction logique à N
variables est constitué d’un rectangle divisé en 2N cases. Chaque case du diagramme
correspond à l’une des 2N combinaisons possibles des N variables.
• L’ordre des variables en abscisses et en ordonnée est choisi de telle sorte qu’entre
deux cases adjacentes, il n’y a qu’une seule variable qui change de valeur (on codifie le
tableau selon le code de Gray).
Exemple 1 : Chercher les diagrammes de Karnaugh relatifs aux tables de vérité suivantes :
Table de vérité à deux variables
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
1
0
0
1
Table de vérité à trois variables
C
0
0
0
0
1
1
1
1
B
0
0
1
1
0
0
1
1
A
0
1
0
1
0
1
0
1
X
1
0
0
0
1
0
1
0
1
0
B
A
0
1
1
1
0
1
0
0
0
0
C
Exemple 2 : Chercher les diagrammes de Karnaugh correspondant à la fonction logique à
quatre variables écrite sous forme de somme canonique suivante :
ABBA.BA.BA.BA.CDCBADCBADCBAX.........++=
Systèmes logiques
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
1
1
Exemple 3 : déterminer le diagramme de Karnaugh correspondant à la fonction logique à
trois variables, écrite sous forme de produit canonique suivante :
Comme cette fonction n’est pas écrite sous forme de somme canonique, son inverse
d’après le théorème de De Morgan :
le sera
1
0
1
1
1
0
1
0
C
Les cases à 0 du diagramme de Karnaugh correspondent aux mintermes de la fonction
,
alors que les cases à 1 correspondent à celles de la fonction
.
Exemple 4 : déterminer les diagrammes de Karnaugh relatifs aux fonctions suivantes :
Le diagramme de Karnaugh relatif à X1 est le suivant :
0
0
0
0
1
1
1
0
C
Le terme A.B de la fonction X1 lui correspond deux cases dans le diagramme de Karnaugh,
car si on écrit X1 sous forme de somme canonique, on aura la somme de trois mintermes
suivants :
Avant de déterminer le diagramme de Karnaugh de la fonction X2, il est préférable de mettre
l’expression de cette fonction sous forme de somme de produit de termes. Chaque produit
lui correspond une case ou un groupe de cases dans le diagramme de Karnaugh.
30
BA.BA.BA.BA.DC.DC.DC.DC.()()()CBACBACBAX++++++=..XCBACBACBAX......++=XXBACBAX...1+=()()CBABAX...2+=BA.BA.BA.BA.C()CBACBACBACCBACBABACBAX............1++=++=+=()()CBABACBABACBABAX........2+=++=+=BA.BA.BA.BA.C
Le diagramme de Karnaugh correspondant est alors le suivant :
Systèmes logiques
1
1
0
1
0
0
0
0
C
▪
Simplification par le diagramme de Karnaugh : la méthode de simplification par
diagramme de Karnaugh est la suivante :
• On transpose la table de vérité ou la fonction algébrique dans le diagramme de
Karnaugh.
• On effectue éventuellement des regroupements adjacents de 1, 2, 4, 8… cases de 1
appelées monômes. On cherche à avoir le minimum de regroupements ayant chacun le
maximum de cases possibles.
• Il faut noter que l’adjacence existe pour les extrémités du diagramme de Karnaugh,
car ce dernier se présente comme un cylindre horizontal ou vertical, dans lequel les cases du
haut sont adjacentes aux cases du bas et les cases de droites adjacentes aux cases de gauche.
• Dans un regroupement d’une case contenant 1, on ne peut éliminer aucune variable.
On écrit donc le produit des variables caractérisant cette case du diagramme.
• Dans un regroupement de deux cases contenant 1, on élimine la variable qui change
d’état et l’on conserve le produit des variables qui n’ont pas changé d’état dans le
regroupement, et cela en utilisant la relation
.
• Dans un regroupement de quatre cases contenant 1, on élimine les deux variables qui
changent d’état, et on ne conserve que le produit des variables qui n’ont pas changé d’état
dans le regroupement.
Cette règle se généralise en éliminant N variables dans un regroupement de 2N cases
adjacentes contenant la valeur 1.
• On cherche à faire apparaître dans le diagramme de Karnaugh le minimum de
regroupement de cases de 1, avec un maximum de cases possibles, en remarquant qu’un
même 1 peut faire partie de plusieurs groupes en tenant compte de la relation
.
• Tout regroupement totalement inclus dans un regroupement plus grand est éliminé
car son expression sera simplifiée. On dit qu’il n’est pas un impliquant premier.
• Traduire chaque regroupement de cases de 1 par son expression booléenne.
• L’expression logique simplifiée est la somme logique des expressions booléennes de
chaque regroupement.
Exemple 1 : cas de deux variables
A
0
1
1
0
B
X=
31
BA.BA.BA.BA.CAXAXA=+..AAA=+ABBABA..+
Systèmes logiques
A
1
1
1
0
0
Publicité
0
0
1
0
0
0
1
1
1
0
0
1
0
0
1
0
1
1
0
0
0
1
0
1
0
0
0
0
1
X=
X=
X=
X=C
1
1
0
1
1
0
B
X=
Exemple 2 : cas de trois variables
0
0
1
0
0
1
1
1
0
0
0
0
C
C
Exemple 3 : cas de quatre variables
X=
32
ABAB+BA.BA.BA.BA.CCCB.BA.BA.BA.BA.CCCB.BA.BA.BA.BA.CBA.BA.BA.BA.CCBA.+BA.BA.BA.BA.DC.DC.DC.DC.DCBACBADB......++
Systèmes logiques
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
0
1
X=
0
0
0
0
X=
1
0
0
1
0
0
0
0
1
0
0
1
1
0
0
1
▪ Quelques particularités :
• La simplification d’un tableau de Karnaugh peut ne pas être unique. Soit par
exemple, le tableau suivant dont le regroupement des doublets peut se faire de deux
manières différentes.
C
C
1
1
X=
1
1
X=
1
0
1
0
1
1
1
1
0
1
0
1
Ces deux expressions représentent la même fonction logique malgré leurs écritures
différentes.
• Dans certains problèmes, il n’est pas important qu’une ou plusieurs combinaisons de
sortie de la table de vérité soit 0 ou 1, il s’agit alors d’états indifférents. Dans ce cas, on a le
choix de mettre des 0 ou des 1 vis-à-vis des états indifférents dans le tableau de Karnaugh
pour obtenir une expression logique de sortie la plus simple possible.
33
BA.BA.BA.BA.DC.DC.DC.DC.DBA.BA.BA.BA.DC.DC.DC.DC.DB.BA.BA.BA.BA.CCACBBA...++BA.BA.BA.BA.CCBBACA...++
Systèmes logiques
1
1
0
0
x
0
x
1
C
Dans ce tableau, on peut mettre un 1 dans le carré
et un 0 dans la case
pour
obtenir l’expression la plus simple possible suivante : X=
II. Portes logiques
1. Portes logiques élémentaires
Porte NON (NOT) : c’est une porte à une seule entrée, la sortie X est le complément de
l’entrée A. cette porte matérialise l’opérateur inverseur.
Symbole Américain Symbole Européen
1
Expression :
Table de vérité :
A
0
1
X
1
0
Chronogramme :
1
A
0
1
X
0
Porte ET (AND) : la porte ET est un circuit électronique qui réalise la fonction multiplication
logique.
Expression :
Table de vérité :
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
0
0
0
1
Symbole Américain
Symbole Européen
&
34
BA.BA.BA.BA.CCBA..CBA..BAX=BAX.=
Systèmes logiques
Chronogramme
A 1
0
B 1
0
X 1
0
Porte OU (OR) : la porte OU est un circuit électronique qui réalise la fonction addition
logique (+).
Expression :
Table de vérité :
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
0
1
1
1
2. Portes logiques complètes
Symbole Américain
Symbole Européen
>1
Les portes NON-ET et NON-OU sont qualifiées d’opérateurs complets car toute fonction
logique peut être réalisée à partir d’une combinaison d’un seul type de ces portes.
Porte NON-ET (NAND) : elle est équivalente à une porte ET suivie d’un inverseur.
Expression :
Table de vérité
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
1
1
1
0
Symbole Américain
Symbole Européen
&
Porte NON-OU (NOR) : elle est équivalente à une porte OU suivie d’un inverseur.
Expression :
Table de vérité
35
BAX+=BAX.=BAX+=
Systèmes logiques
Symbole Américain
Symbole Européen
>1
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
1
0
0
0
3. Applications
En utilisant uniquement des portes NON-ET puis des portes NON-OU, élaborer le circuit
logique relatif à l’expression suivante :
Utilisation des portes NON-ET :
A
B
Utilisation des portes NON-OU :
A
B
4. Porte OU-exculsif (XOR)
Une porte OU-exclusif à deux entrées A et B est définie algébriquement par la relation
suivante :
36
BABAX..+=BABABABABABAX.......=+=+=()()()()()()BABABABABABABABABABABABAX+++=+++=++==+=+=........BABABAX..+==
Systèmes logiques
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
0
1
1
0
Symbole Américain
Symbole Européen
= 1
La porte OU exclusif vérifie les propriétés suivantes :
La porte OU exclusif permet :
• La détection de deux éléments binaires différents :
• La détection d’un nombre de variables impair : X=1 si A=1 ou B=1 mais pas les deux.
• L’addition de deux éléments binaires :
La table de vérité de la porte XOR à trois variables est la suivante :
A
B
C
0
0
0
0
1
1
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
1
0
1
0
0
1
D’après cette table de vérité, on note X=1 si une seule des variables vaut 1 ou quand les trois
variables d’entrée valent 1. Pour le cas d’une porte XOR à N variables, on peut généraliser les
résultats suivants :
• X vaut 1 lorsqu’un nombre impair de variables prennent la valeur 1.
37
()()AAAAAAAACBACBAABBA======1010BsiABABsiABA===,0,1uneretenue+====011101110000()CBAX=
Systèmes logiques
• X vaut 0 lorsqu’un nombre pair de variables prennent la valeur 1.
On peut dire alors que la fonction XOR à plusieurs entrées reconnaît un mot de parité
impaire quand sa sortie X=1, il s’agit alors d’un contrôleur de parité impaire.
5. Porte NI exclusif (XNOR)
La porte NI exclusif est une porte Ou exclusif suivie d’un inverseur.
Table de vérité
A
0
0
1
1
B
0
1
0
1
X
1
0
0
1
Symbole Américain
Symbole Européen
= 1
III. Synthèse de circuits logiques combinatoire
Pour réaliser une fonction logique d’un système combinatoire, le concepteur doit utiliser
plusieurs portes logiques. La réalisation de cette fonction par un assemblage de portes
constitue le problème général de la synthèse.
1. Etapes de la synthèse
• Préparer la table de vérité relative à l’énoncé du problème.
• Déterminer la forme algébrique de l’expression logique de sortie.
• Simplifier cette expression en utilisant le diagramme de Karnaugh ou les théorèmes
de l’algèbre de Boole.
• A partir de cette expression simplifiée, on peut construire le circuit logique.
2. Exemple
Déterminer le circuit logique à trois entrées A, B et C de façon que la sortie X soit Haute
quand au moins deux entrées sont à l’état Haut.
Table de vérité correspondante :
A
0
0
0
0
B
0
0
1
1
C
0
1
0
1
X
0
0
0
1
38
BABABAX..+==
Systèmes logiques
1
1
1
1
0
0
1
1
0
1
0
1
0
1
Publicité
1
1
Cette expression peut être simplifiée à l’aide du diagramme de Karnaugh suivant :
0
0
0
1
1
1
0
1
C
39
CBACBACBACBAX........+++=BA.BA.BA.BA.CBACACBX...++=
Systèmes logiques
CHAPITRE IV
CIRCUITS LOGIQUES COMBINATOIRES
I. Codeurs
1. Définition
Un codeur ou encodeur est un circuit logique qui possède 2N voies d’entrée dont une seule
est active et N voies de sortie.
E0
E1
S0
S1
CODEUR
2N entrées
N sorties
EM-1
SN-1
2. Synthèse de codeurs
Codeurs BCD : c’est un codeur à dix voies d’entrée (les chiffres décimaux), et qui produit en
sortie l’équivalent binaire du chiffre décimal appliqué à l’entrée.
E9
E8
E7
E6
Entrées
E5
E4
E3
E2
E1
S3
S2
S1
S0
Sorties
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
0
0
0
0
1
1
1
1
0
0
0
0
1
1
0
0
1
1
0
0
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
40
Les équations logiques associées aux sorties Si se déduisent à partir de la table de vérité :
Systèmes logiques
S0 = E1 + E3 + E5 + E7 + E9
S1 = E2 + E3 + E6 + E7
S2 = E4 + E5 + E6 + E7
S3 = E8 + E9
Le circuit logique du codeur BCD est le suivant :
Ce codeur ne fonctionne convenablement que si une seule entrée est activée à la fois. En effet,
si deux entrées sont activées simultanément, le résultat du codage ne correspond à aucune
des deux entrées. Si par exemple on porte simultanément à 1 les entrées E2 et E4, on obtient
en sortie le nombre binaire 0110, ce qui correspond au code binaire de l’entrée E6. Pour éviter
ces erreurs, il faut utiliser un codeur de priorité.
Codeur de priorité : c’est un dispositif qui réalise le codage du numéro le plus élevé dans le cas
où plusieurs entrées seraient actionnées. Si par exemple les deux entrées E2 et E4 sont activées
en même temps, la réponse en sortie du circuit est 0100, code relatif à l’entrée E4.
E9
E8
E7
E6
Entrées
E5
E4
E3
E2
E1
S3
S2
S1
S0
Sorties
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
x
0
0
0
0
0
0
0
1
x
x
0
0
0
0
0
0
1
x
x
x
0
0
0
0
0
1
x
x
x
x
0
0
0
0
1
x
x
x
x
x
0
0
0
1
x
x
x
x
x
x
0
0
1
x
x
x
x
x
x
x
0
1
x
x
x
x
x
x
x
x
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
0
0
0
0
1
1
1
1
0
0
0
0
1
1
0
0
1
1
0
0
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
En utilisant
3
fois
la
relation d’allégement
,
on
obtient :
Le circuit logique vérifiant les expressions logiques est :
41
899983EEEEES+=+=4567895678967897892..............EEEEEEEEEEEEEEEEEES+++=YXYXX+=+.).(.4567892EEEEEES+++=).....(.24534567891EEEEEEEEEES+++=1246834685687890..........EEEEEEEEEEEEEEES++++=
Systèmes logiques
3. Codeurs en circuits intégrés
Codeur BCD de priorité 74147 : c’est un codeur de priorité à 9 entrées ayant le même principe
de fonctionnement que le codeur de priorité décrit précédemment sauf qu’il est actif à l’état
bas et produit à la sortie le code BCD inversé.
Schéma interne : p 92
Table de vérité :
Entrées
Sorties
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
x
0
1
1
1
1
1
1
1
1
x
x
0
1
1
1
1
1
1
1
X
X
X
0
1
1
1
1
1
1
x
x
x
x
0
1
1
1
1
1
x
Publicité
x
x
x
x
0
1
1
1
1
x
x
x
x
x
x
0
1
1
1
x
x
x
x
x
x
x
0
1
1
x
x
x
x
x
x
x
x
0
1
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
Les sorties du 74147 sont à 1 quand aucune des entrées n’est à son niveau vrai (bas), cela
correspond au code inversé du chiffre 0.
Pour obtenir le code BCD à partir des sorties du 74147, il faut ajouter un inverseur à chacune
des sorties.
Codeur de priorité 74148 : c’est un codeur de priorité à huit entrées, actifs à l’état bas. Le code
de sortie est un code en binaire inversé. C’est un codeur très utile car il permet non
seulement le codage d’un nombre à huit entrées mais un nombre supérieur.
Entrées
Sorties
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
x
0
1
1
1
1
1
1
1
1
x
x
0
1
1
1
1
1
1
1
x
x
x
0
1
1
1
1
1
1
x
x
x
x
0
1
1
1
1
1
X
X
X
X
X
0
1
1
1
1
x
x
x
x
x
x
0
1
1
1
x
x
x
x
x
x
x
0
1
1
x
x
x
x
x
x
x
x
0
1
1
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
1
1
0
1
0
1
0
1
0
1
1
1
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
42
9E8E7E6E5E4E3E2E1EDCBA1E7I6I5I4I3I2I1I0I2A1A0AsG0E
Systèmes logiques
Ce codeur possède en plus des entrées classiques du codeur de priorité, trois broches
supplémentaires
,
et
.
▪
=
▪
Si
l’entrée
=1, alors
le
codeur n’est pas validé
et
les
sorties
=
=
=
=1 quelles que soit les entrées.
Si l’entrée
=0, alors le codeur est validé et fournit le code correspondant à l’entrée
prioritaire qui se trouve à l’état bas.
▪
Si
=0 et si toutes les entrées
sont à 1, alors la sortie
est à l’état bas.
II. Décodeur
1. Définition
Un décodeur est un circuit numérique qui possède N entrées et 2N sorties. Pour chacune des
combinaisons possibles des entrées, seule une ligne de sortie est validée. Les décodeurs sont
souvent dotés d’une ou plusieurs entrées de validation E qui servent à valider son
fonctionnement. Le schéma fonctionnel d’un décodeur à N bits est donné par :
E0
E1
EN-1
N entrées
validation
DECODEUR
S0
S1
SM-1
2N sorties
2. Synthèse de décodeurs
Décodeur à 3 bits : avec un décodeur à trois bits d’entrée, on peut avoir huit combinaisons de
sortie. Le décodeur comporte alors trois entrées A, B, C et huit sorties.
Entrées
B
0
0
1
1
0
0
1
1
C
0
0
0
0
1
1
1
1
Sorties
A
S7
S6
S5
S4
S3
S2
S1
0
1
0
1
0
1
0
1
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
S0
1
0
0
0
0
0
0
0
43
0E1EsG1E2A1A0AsG0E1E1EiI0E
On en déduit :
Systèmes logiques
En utilisant des portes ET à 3 entrées et des inverseurs, on obtient le logigramme du
décodeur.
3. Décodeurs en circuits intégrés
Décodeur BCD 7442 : c’est un décodeur à quatre bits d’entrée et à six sorties, l’une d’entre
elles étant seule validée à zéro. Les dix combinaisons de sortie sur les seize possibles sont
employées pour désigner les dix chiffres décimaux 0 à 9. le fonctionnement du décodeur est
donné par la table de vérité :
Entrées
B
C
A
S9
S8
S7
S6
S5
S4
S3
S2
S1
Sorties
0
0
0
0
1
1
1
1
0
0
0
0
1
1
0
0
Publicité
1
1
0
0
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
S0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
D
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
On note que pour toute combinaison supérieure à 9 (1001) à l’entrée, aucune sortie n’est
validée. Schéma interne du décodeur BCD 7442 est :
Décodeur 74154 : il a 4 voies d’entrée donc 16 voies de sortie (décodeur 1 parmi 16). Pour un
code d’entrée donné, une seule sortie est vraie au niveau Bas, quand les entrées de validation
et
sont à l’état bas. Si l’une des entrées de validation est à l’état haut, le décodeur n’est
pas validé, et toutes les sorties sont à 1 quel que soit le code à l’entrée.
Entrées
D C B A 15 14 13 12 11 10 9
1
1
X X X X
1
1
1
1
1
1
X X X X X
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
X
1
0
Sorties
7
8
1
1
1
1
1
1
6
1
1
1
5
1
1
1
4
1
1
1
3
1
1
1
2
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
0
44
ABCS..0=ABCS..1=ABCS..2=ABCS..3=ABCS..4=ABCS..5=ABCS..6=ABCS..7=1G2G1G2G
Systèmes logiques
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
1
1
1
1
1
1
0
0
0
1
1
1
1
0
0
0
0
1
1
1
1
0
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
0
0
1
1
1
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
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0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
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0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
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1
1
1
0
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
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