Table des mati(cid:18)eres
Chapitre I. Syst(cid:18)emes lin(cid:19)eaires et matrices
1. Syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires
2. Matrices
Chapitre II. Espaces vectoriels
3. Notions fondamentales
4. Bases et dimension
5. Bases de sous-espaces
Chapitre III. Rang et d(cid:19)eterminant
6. Rang de matrices
7. D(cid:19)eterminant des matrices carr(cid:19)ees
Chapitre IV. Applications lin(cid:19)eaires
8. Notions fondamentales
9. Construction d’applications lin(cid:19)eaires
Chapitre V. Espaces euclidiens
10. Produits scalaires
11. Projections orthogonales
Chapitre VI. Op(cid:19)erateurs lin(cid:19)eaires
12. Propri(cid:19)et(cid:19)es caract(cid:19)eristiques
13. Th(cid:19)eorie spectrale
Chapitre VII. Formes quadratiques
14. Classi(cid:12)cation des formes quadratiques r(cid:19)eelles
15. Espaces quadratiques
Appendice : Rappels et compl(cid:19)ements
1
1
8
19
19
25
29
37
37
42
53
53
59
69
69
73
81
81
91
97
97
106
112
CHAPITRE I
Syst(cid:18)emes lin(cid:19)eaires et matrices
1. Syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires
Soit un syst(cid:18)eme de m (cid:19)equations en n inconnues x1, : : : , xn :
8
><
a11x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + a1nxn = b1
>:
am1x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + amnxn = bm
...
o(cid:18)u les coe(cid:14)cients aij pour i = 1; : : : ; m et j = 1; : : : ; n, et les termes ind(cid:19)ependants bi pour i = 1; : : : ; m
sont des nombres r(cid:19)eels ou complexes, ou plus g(cid:19)en(cid:19)eralement des (cid:19)el(cid:19)ements d’un corps1 (commutatif)
arbitraire K. R(cid:19)esoudre ce syst(cid:18)eme consiste (cid:18)a trouver dans K des valeurs des inconnues x1; : : : ; xn pour
lesquelles ces (cid:19)equations sont satisfaites. Dans cette premi(cid:18)ere section, on se propose de mettre au point
des techniques permettant de reconna^(cid:16)tre si un tel syst(cid:18)eme admet une solution et, dans l’a(cid:14)rmative,
de trouver toutes les solutions (en fonction d’un certain nombre de param(cid:18)etres).
1.1. Op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires
Les techniques que l’on utilise pour r(cid:19)esoudre les syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires se
fondent sur trois types d’op(cid:19)erations sur les (cid:19)equations d’un syst(cid:18)eme :
I) Dans un syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations, on peut remplacer une des (cid:19)equations par la somme de celle-ci
et d’un multiple d’une autre (cid:19)equation du syst(cid:18)eme sans modi(cid:12)er l’ensemble des solutions. En
e(cid:11)et, les syst(cid:18)emes
8
>>>>>>>>>>><
>>>>>>>>>>>:
P1(x1; : : : ; xn) = b1
...
Pi(x1; : : : ; xn) = bi
...
Pj (x1; : : : ; xn) = bj
...
Pm(x1; : : : ; xn) = bm
et
8
>>>>>>>>>>><
>>>>>>>>>>>:
P1(x1; : : : ; xn) = b1
...
Pi(x1; : : : ; xn) + (cid:21)Pj(x1; : : : ; xn) = bi + (cid:21)bj
...
Pj(x1; : : : ; xn) = bj
...
Pm(x1; : : : ; xn) = bm
ont les m^emes solutions.
1Voir l’Appendice pour une d(cid:19)e(cid:12)nition de la notion de corps.
1
8
>>>>>>>>>>><
>>>>>>>>>>>:
8
>>>>>><
>>>>>>:
1. SYST (cid:18)EMES D’(cid:19)EQUATIONS ALG (cid:19)EBRIQUES LIN (cid:19)EAIRES
2
II) Dans un syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations, on peut (cid:19)echanger deux (cid:19)equations sans modi(cid:12)er l’ensemble des
solutions. En e(cid:11)et, il est clair que les syst(cid:18)emes
P1(x1; : : : ; xn) = b1
...
Pi(x1; : : : ; xn) = bi
...
et
Pj(x1; : : : ; xn) = bj
...
Pm(x1; : : : ; xn) = bm
8
>>>>>>>>>>><
>>>>>>>>>>>:
P1(x1; : : : ; xn) = b1
...
Pj(x1; : : : ; xn) = bj
...
Pi(x1; : : : ; xn) = bi
...
Pm(x1; : : : ; xn) = bm
admettent les m^emes solutions.
III) Dans un syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations, on peut multiplier les deux membres d’une (cid:19)equation par un
(cid:19)el(cid:19)ement non nul du corps de base K sans modi(cid:12)er l’ensemble des solutions. En e(cid:11)et, les syst(cid:18)emes
P1(x1; : : : ; xn) = b1
...
Pi(x1; : : : ; xn) = bi
...
Pm(x1; : : : ; xn) = bm
et
8
>>>>>><
>>>>>>:
P1(x1; : : : ; xn) = b1
...
(cid:21)Pi(x1; : : : ; xn) = (cid:21)bi
...
Pm(x1; : : : ; xn) = bm
admettent les m^emes solutions si (cid:21) 6= 0.
Les op(cid:19)erations indiqu(cid:19)ees ci-dessus sont appel(cid:19)ees op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires (sur les (cid:19)equations d’un
syst(cid:18)eme). Dans le cas d’une op(cid:19)eration (cid:19)el(cid:19)ementaire de type III, l’(cid:19)el(cid:19)ement (cid:21) 2 K par lequel on multiplie
une des (cid:19)equations est appel(cid:19)e facteur de l’op(cid:19)eration (cid:19)el(cid:19)ementaire.
1.2. Notation matricielle
Pour faire appr(cid:19)ecier la port(cid:19)ee des op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires dans la r(cid:19)esolution d’un syst(cid:18)eme d’(cid:19)equa-
tions alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires, il est commode d’adopter la notation suivante : (cid:18)a un syst(cid:18)eme arbitraire de
m (cid:19)equations (cid:18)a n inconnues
>:
on associe le tableau des coe(cid:14)cients
8
><
a11x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + a1nxn = b1
am1x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + amnxn = bm
...
0
B
@
a11
...
am1
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
: : :
a1n
...
amn
1
C
A
que l’on appelle matrice (des coe(cid:14)cients) du syst(cid:18)eme ; c’est un tableau (cid:18)a m lignes et n colonnes,
chaque ligne correspondant (cid:18)a une (cid:19)equation du syst(cid:18)eme. On note cette matrice (aij)
ou simple-
16i6m
16j6n
ment (aij)i;j lorsque le nombre de lignes et le nombre de colonnes sont indiqu(cid:19)es par le contexte. Par
convention, le premier indice est toujours celui des lignes et le second celui des colonnes. L’entr(cid:19)ee aij
est donc celle qui est situ(cid:19)ee (cid:18)a l’intersection de la i-(cid:18)eme ligne et de la j-(cid:18)eme colonne.
On consid(cid:18)ere aussi le tableau
0
B
@
a11
...
am1
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
a1n
...
amn
b1
...
bm
1
C
A
appel(cid:19)ee matrice compl(cid:18)ete du syst(cid:18)eme, obtenue en adjoignant (cid:18)a la matrice des coe(cid:14)cients du syst(cid:18)eme
la colonne des termes ind(cid:19)ependants.
1. SYST (cid:18)EMES D’(cid:19)EQUATIONS ALG (cid:19)EBRIQUES LIN (cid:19)EAIRES
3
Comme les (cid:19)equations du syst(cid:18)eme correspondent aux lignes de la matrice compl(cid:18)ete, les op(cid:19)erations
(cid:19)el(cid:19)ementaires d(cid:19)ecrites pr(cid:19)ec(cid:19)edemment correspondent (cid:18)a des op(cid:19)erations sur les lignes de la matrice
compl(cid:18)ete ; (cid:18)a savoir :
I) remplacer une ligne par la somme de celle-ci et d’un multiple d’une autre ligne de la matrice
compl(cid:18)ete ;
II) (cid:19)echanger deux lignes de la matrice compl(cid:18)ete ;
III) multiplier une ligne par un (cid:19)el(cid:19)ement non nul du corps de base K (appel(cid:19)e facteur de l’op(cid:19)eration
(cid:19)el(cid:19)ementaire).
1.3. (cid:19)Echelonnement
1.1. Th(cid:19)eor(cid:18)eme. Par une suite d’op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires sur les lignes, on peut transformer toute
poss(cid:19)edant la propri(cid:19)et(cid:19)e suivante : le nombre d’entr(cid:19)ees nulles
matrice en une matrice U = (uij)
16i6m
16j6n
au d(cid:19)ebut de chaque ligne augmente (cid:18)a chaque ligne, l’augmentation (cid:19)etant stricte pour les lignes qui
suivent une ligne non nulle2 ; c’est-(cid:18)a-dire que pour i = 1; : : : ; m − 1 et k 2 N (cid:12)x(cid:19)es, si uij = 0 pour
tout j 6 k alors ui+1;j = 0 pour tout j 6 k + 1.
Une matrice U poss(cid:19)edant la propri(cid:19)et(cid:19)e ci-dessus est appel(cid:19)ee matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees. Si une
ligne d’une telle matrice est nulle, la condition entra^(cid:16)ne que toutes les lignes suivantes sont nulles.
Dans une ligne non nulle, la premi(cid:18)ere entr(cid:19)ee non nulle est appel(cid:19)ee pivot de la ligne. Par exemple, la
matrice suivante est (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees :
B
B
B
B
@
=
(aij)
16i65
16j66
0
1
0 1 2
0 0 0
0 0 0
0 0 0
0 0 0
5
3 4
6 7
8
0 9 10
0
Publicité
0 0
0
0 0
C
C
C
C
A
;
les pivots (des lignes non nulles) sont a12 = 1, a24 = 6 et a35 = 9. En revanche, la matrice suivante
n’est pas (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees :
0
B
B
@
1
0 0 1
0 0 0
0 0 0
0 0 0
2
3
4
0
C
C
A :
D(cid:19)emonstration du th(cid:19)eor(cid:18)eme : Soit A = (aij)
16i6m
16j6n
une matrice arbitraire. La strat(cid:19)egie de
la d(cid:19)emonstration consiste (cid:18)a faire appara^(cid:16)tre des entr(cid:19)ees nulles successivement en dessous des premi(cid:18)eres
entr(cid:19)ees non nulles de chaque ligne.
Si la premi(cid:18)ere colonne est nulle, elle le reste lorsque l’on e(cid:11)ectue des op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires sur
les lignes de la matrice. On peut donc la supprimer (mentalement) et porter son attention sur la
deuxi(cid:18)eme colonne. Bien entendu, si toutes les colonnes de la matrice sont nulles | c’est-(cid:18)a-dire si la
matrice est nulle | alors la matrice est (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees.
Si la premi(cid:18)ere colonne n’est pas nulle, on choisit3 un (cid:19)el(cid:19)ement non nul de cette colonne, qui
deviendra le premier pivot de la matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees. Supposons avoir choisi l’entr(cid:19)ee de la
k-(cid:18)eme ligne : ak1 6= 0. Par des op(cid:19)erations de type I sur les lignes, on peut faire appara^(cid:16)tre des 0 (cid:18)a la
place de toutes les autres entr(cid:19)ees de la premi(cid:18)ere colonne : en e(cid:11)et, si l’on remplace la ‘-(cid:18)eme ligne L‘
(pour ‘ 6= k) par la somme de celle-ci et de la k-(cid:18)eme ligne Lk multipli(cid:19)ee par −a‘1a−1
k1 , on transforme
la matrice A en la matrice A0 = (a0
ij )i;j telle que
‘j = a‘j + akj (−a‘1a−1
a0
k1 ) pour j = 1; : : : ; n
2car la ligne qui suit une ligne nulle ne peut (cid:19)evidemment contenir plus de n entr(cid:19)ees !
3Dans les calculs num(cid:19)eriques, il y a avantage (cid:18)a choisir l’entr(cid:19)ee la plus grande en valeur absolue, a(cid:12)n de minimiser
l’e(cid:11)et des erreurs d’arrondi.
1. SYST (cid:18)EMES D’(cid:19)EQUATIONS ALG (cid:19)EBRIQUES LIN (cid:19)EAIRES
4
et
En particulier, a0
‘1 = 0 :
0
B
B
B
B
B
B
B
@
A =
...
a‘1
...
ak1
...
a0
ij = aij pour i 6= ‘ et j = 1; : : : ; n:
...
(cid:3)
...
(cid:3)
...
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
1
C
C
C
C
C
C
C
A
...
(cid:3)
...
(cid:3)
...
(cid:0)
(cid:1)
a‘1
ak1
L‘;L‘−Lk
−!
0
B
B
B
B
B
B
B
@
...
0
...
ak1
...
...
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
...
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
...
1
C
C
C
C
C
C
C
A
...
(cid:3)
...
(cid:3)
...
= A0:
Apr(cid:18)es avoir ainsi op(cid:19)er(cid:19)e sur toutes les lignes autres que la k-(cid:18)eme, on obtient une matrice dont la
premi(cid:18)ere colonne ne contient qu’un seul (cid:19)el(cid:19)ement non nul, (cid:18)a savoir ak1 (cid:18)a la k-(cid:18)eme ligne :
0
B
B
B
B
B
B
@
0
...
ak1
...
0
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
...
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
...
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3)
...
(cid:3)
...
(cid:3)
1
C
C
C
C
C
C
A
:
Pour faire appara^(cid:16)tre cette entr(cid:19)ee (cid:18)a la premi(cid:18)ere ligne (si elle n’y est pas d(cid:19)ej(cid:18)a), il su(cid:14)t d’(cid:19)echanger la
premi(cid:18)ere et la k-(cid:18)eme ligne.
Apr(cid:18)es ces op(cid:19)erations, on obtient une matrice A00 dont la premi(cid:18)ere colonne est conforme (cid:18)a ce que
l’on attend d’une matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees, puisque toutes les entr(cid:19)ees de la premi(cid:18)ere colonne sont
nulles (cid:18)a l’exception de la premi(cid:18)ere :
A −! A00 =
B
B
B
@
0
1
C
C
C
A :
(cid:3) (cid:3)
0 (cid:3)
...
...
0 (cid:3)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3)
(cid:3)
...
(cid:3)
Pour poursuivre l’(cid:19)echelonnement, on n’a plus besoin de faire intervenir la premi(cid:18)ere ligne ; on peut
donc la supprimer mentalement, ainsi que la premi(cid:18)ere colonne puisque ce qu’il en reste apr(cid:18)es avoir
retir(cid:19)e la premi(cid:18)ere ligne est constitu(cid:19)e de 0 :
0
A00 =
B
B
B
@
(cid:3) (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
...
...
0 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3)
(cid:3)
...
(cid:3)
1
0
C
C
C
A =
B
B
B
@
(cid:3)
0
...
0
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3)
1
C
C
C
A :
B
On est ainsi ramen(cid:19)e (cid:18)a une matrice B plus petite, sur les lignes de laquelle on reprend les op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)e-
mentaires. Bien entendu, les op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires sur les lignes de B correspondent (cid:18)a des op(cid:19)erations
(cid:19)el(cid:19)ementaires sur les lignes de A00 puisque les lignes de B deviennent des lignes de A00 lorsqu’on les fait
pr(cid:19)ec(cid:19)eder d’un 0. En poursuivant ainsi de suite, supprimant (cid:18)a chaque fois une colonne et une ligne (ou
Publicité
seulement une colonne dans le cas o(cid:18)u la premi(cid:18)ere colonne (cid:18)a consid(cid:19)erer est nulle) jusqu’(cid:18)a ce qu’il n’en
2
reste plus, on obtient (cid:12)nalement une matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees.
La matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees produite par le proc(cid:19)ed(cid:19)e indiqu(cid:19)e dans la d(cid:19)emonstration n’est nullement
d(cid:19)etermin(cid:19)ee de mani(cid:18)ere unique ; elle d(cid:19)epend (notamment) du choix des pivots, comme le montrent les
exemples suivants (o(cid:18)u le pivot est encadr(cid:19)e) :
0
1
0
B
B
@
1
2
1
1
1
0
1
1
1
0
2 −1
C
C
A !
B
B
@
1
0
0
0
1
−1
−1
1
0
1
1
−1
1
0
C
C
A !
B
B
@
1
C
C
A
1
0
0
0
1
−1
0
0
0
1
0
0
1. SYST (cid:18)EMES D’(cid:19)EQUATIONS ALG (cid:19)EBRIQUES LIN (cid:19)EAIRES
5
et
0
B
B
@
1
0
C
C
A !
B
B
@
1
2
1
1
0
1
1
1
0
1
2 −1
0
0
2
0 −1=2
0
1=2 −1=2
1
1
1=2
3=2 −3=2
0
1
1
C
C
A
L1;L1+L2
−!
B
B
B
@
!
3=2
2
0 −1=2
0 −1=2
0
1=2
1=2
1=2
3=2 −3=2
C
C
C
A
B
B
B
@
!
2
0
0
0
1=2
0
0
3=2
0
0
3=2 −3=2
0
B
B
@
1
C
C
C
A
1
C
C
A
L2;L2−L1
−!
3=2
1
2
2
0 −1=2
0
1=2
1
1=2
3=2 −3=2
0
B
B
B
@
!
1
C
C
C
A :
2
0
0
0
1=2
3=2
3=2 −3=2
0
0
0
0
En revanche, on montre au x6 que le nombre de lignes non nulles de la matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees
est un invariant de la matrice donn(cid:19)ee (c’est son rang).
Apr(cid:18)es avoir (cid:19)echelonn(cid:19)e les lignes d’une matrice, on peut encore poursuivre les op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)emen-
taires pour annuler les entr(cid:19)ees situ(cid:19)ees au-dessus des pivots. En utilisant les op(cid:19)erations de type III qui
consistent (cid:18)a multiplier chaque ligne non nulle par l’inverse de son pivot, on parvient (cid:12)nalement (cid:18)a une
matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees dont tous les pivots sont (cid:19)egaux (cid:18)a 1 et toutes les entr(cid:19)ees situ(cid:19)ees au-dessus4
d’un pivot sont nulles :
0
B
B
@
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 1 (cid:3)
0 0 0
0 0 0
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3)
0
0
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3) 0 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3) 0 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 1 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0
1
0
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
1
C
C
A :
Une telle matrice est dite sous forme r(cid:19)eduite de Gauss{Jordan.
On a ainsi prouv(cid:19)e un r(cid:19)esultat plus pr(cid:19)ecis :
1.2. Corollaire. Par une suite d’op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires sur les lignes, on peut transformer
toute matrice en une matrice sous forme r(cid:19)eduite de Gauss{Jordan.
On peut prouver que la matrice sous forme r(cid:19)eduite obtenue (cid:18)a partir d’une matrice A donn(cid:19)ee est
d(cid:19)etermin(cid:19)ee de mani(cid:18)ere unique par A. Comme ce r(cid:19)esultat n’est pas indispensable pour la suite, sa
d(cid:19)emonstration est laiss(cid:19)ee (cid:18)a la sagacit(cid:19)e du lecteur5.
1.4. Solution de syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires
Revenons au probl(cid:18)eme initial, qui consiste (cid:18)a r(cid:19)esoudre un syst(cid:18)eme de m (cid:19)equations en n inconnues
a11x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + a1nxn = b1
8
><
>:
Publicité
am1x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + amnxn = bm:
...
Par des op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires sur les (cid:19)equations de ce syst(cid:18)eme ou, ce qui revient au m^eme, sur les
lignes de la matrice compl(cid:18)ete, on obtient un syst(cid:18)eme qui a les m^emes solutions et dont la matrice
compl(cid:18)ete est sous forme r(cid:19)eduite de Gauss{Jordan. Il est facile de reconna^(cid:16)tre si un tel syst(cid:18)eme admet
des solutions6 :
{ les lignes nulles de la matrice compl(cid:18)ete correspondent (cid:18)a des (cid:19)equations
0x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + 0xn = 0;
on peut donc les n(cid:19)egliger et ne s’int(cid:19)eresser qu’aux lignes non nulles. Soit r le nombre de ces
lignes ;
4Celles qui sont situ(cid:19)ees en dessous d’un pivot sont nulles par d(cid:19)e(cid:12)nition d’une matrice (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees.
5Il est toutefois conseill(cid:19)e de chercher l’inspiration dans le x6.
6En pratique, il n’est d’ailleurs pas n(cid:19)ecessaire de poursuivre les op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires au-del(cid:18)a du moment o(cid:18)u la
matrice du syst(cid:18)eme est (cid:18)a lignes (cid:19)echelonn(cid:19)ees.
1. SYST (cid:18)EMES D’(cid:19)EQUATIONS ALG (cid:19)EBRIQUES LIN (cid:19)EAIRES
6
{ si le dernier pivot (c’est-(cid:18)a-dire le r-(cid:18)eme) est dans la derni(cid:18)ere colonne (c’est-(cid:18)a-dire la n + 1-(cid:18)eme),
qui est la colonne des termes ind(cid:19)ependants, alors la derni(cid:18)ere (cid:19)equation non triviale est
0x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + 0xn = 1;
le syst(cid:18)eme n’admet donc pas de solution ;
{ si le dernier pivot n’est pas dans la derni(cid:18)ere colonne : soient j1; : : : ; jr les indices des colonnes
de pivots, de sorte que 1 6 j1 < j2 < (cid:1) (cid:1) (cid:1) < jr 6 n et que la matrice compl(cid:18)ete soit du type
j1
#
1
0
0 0
0 0
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
j2
#
(cid:3)
(cid:3)
0
0 1 (cid:3)
0 0 0
0
B
B
B
B
@
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 0
0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 0 0
j3
#
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0
0 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
1 (cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
jr
#
(cid:3)
0
(cid:3) 0
(cid:3) 0
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 1
(cid:3) (cid:1) (cid:1) (cid:1)
1
C
C
C
C
A
:
(cid:3)
(cid:3)
(cid:3)
(cid:3)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:3)
(cid:3)
0
0
En faisant passer dans les membres de droite des (cid:19)equations correspondantes les variables d’in-
dice 6= j1; : : : ; jr, on met le syst(cid:18)eme sous la forme
8
>>><
>>>:
a0
1jxj + b0
2jxj + b0
a0
j6=j1;::: ;jr
j6=j1;::: ;jr
P
P
P
1
2
xj1 = −
xj2 = −
...
xjr = −
j6=j1;::: ;jr
rj xj + b0
a0
r:
C’est un syst(cid:18)eme qui donne les valeurs des variables xj1; : : : ; xjr en fonction des autres. Les
solutions s’obtiennent en donnant aux variables d’indice 6= j1; : : : ; jr des valeurs arbitraires et
aux variables xj1; : : : ; xjr les valeurs donn(cid:19)ees par le syst(cid:18)eme ci-dessus.
En particulier, si r = n, la matrice compl(cid:18)ete sous forme r(cid:19)eduite de Gauss{Jordan est de la forme
B
B
B
@
et la solution est unique :
Syst(cid:18)emes homog(cid:18)enes. Un syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires est dit homog(cid:18)ene si les seconds
membres b1; : : : ; bm sont tous nuls. Un tel syst(cid:18)eme est donc de la forme
8
><
a11x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + a1nxn = 0
>:
am1x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + amnxn = 0:
Il admet toujours la solution triviale x1 = (cid:1) (cid:1) (cid:1) = xn = 0. Pour d(cid:19)eterminer s’il en existe d’autres, on
proc(cid:18)ede comme pour les autres syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires. La derni(cid:18)ere colonne de la
matrice compl(cid:18)ete est nulle, et elle reste nulle lorsque l’on e(cid:11)ectue des op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires sur les
lignes. Le syst(cid:18)eme r(cid:19)eduit est donc de la forme
0
1 0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0 1 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
...
...
. . .
0 0 (cid:1) (cid:1) (cid:1)
0
0
...
1
b0
1
b0
2
...
b0
r
8
><
>:
x1 = b0
1
...
xr = b0
r:
1
C
C
C
A
...
8
>>><
>>>:
xj1 = −
xj2 = −
...
xjr = −
P
P
j6=j1;::: ;jr
j6=j1;::: ;jr
a0
1jxj
a0
2jxj
P
j6=j1;::: ;jr
a0
rj xj
o(cid:18)u r est le nombre de pivots (ou, ce qui revient au m^eme, le nombre de lignes non nulles de la matrice
sous forme r(cid:19)eduite de Gauss{Jordan). Si r = n, la solution est unique (et est triviale). Si r < n, il
1. SYST (cid:18)EMES D’(cid:19)EQUATIONS ALG (cid:19)EBRIQUES LIN (cid:19)EAIRES
7
y a des solutions non triviales, qui s’obtiennent en donnant aux variables d’indice 6= j1; : : : ; jr des
valeurs arbitraires (non toutes nulles) et aux variables xj1; : : : ; xjr les valeurs donn(cid:19)ees par le syst(cid:18)eme
ci-dessus.
La suite du cours a pour objectif de mettre au point et de d(cid:19)evelopper le cadre th(cid:19)eorique dans lequel
s’ins(cid:18)erent naturellement les r(cid:19)esultats pr(cid:19)ec(cid:19)edents. En particulier, on verra que le nombre r d’(cid:19)equations
non nulles du syst(cid:18)eme r(cid:19)eduit ne d(cid:19)epend pas de la mani(cid:18)ere dont la r(cid:19)eduction a (cid:19)et(cid:19)e e(cid:11)ectu(cid:19)ee et qu’il
admet une interpr(cid:19)etation g(cid:19)eom(cid:19)etrique susceptible de s’appliquer (cid:18)a des situations tr(cid:18)es diverses.
Exercices
On trouvera un choix d’exercices (cid:18)a la (cid:12)n de chaque section. Certains de ces exercices sont not(cid:19)es
\pr(cid:19)erequis". Cela signi(cid:12)e qu’ils sont d’un niveau tr(cid:18)es (cid:19)el(cid:19)ementaire ; ne pas ^etre capable de les r(cid:19)esoudre
doit ^etre consid(cid:19)er(cid:19)e comme une \sonnette d’alarme". (cid:18)A l’oppos(cid:19)e, d’autres exercices sont not(cid:19)es \pour
aller plus loin". Ceux-l(cid:18)a sont plus int(cid:19)eressants car moins routiniers. Mais ils peuvent poser di(cid:14)cult(cid:19)e
car ils mettent en jeu des objets plus abstraits, et/ou que leur r(cid:19)esolution est plus astucieuse. Il ne faut
pas s’inqui(cid:19)eter si l’on est incapable de les r(cid:19)esoudre.
(1.1) Trouvez les solutions r(cid:19)eelles du syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations suivant :
x1 − 2x2 − 3x3 + 4x4 = 1
x1 + 2x2 + 2x3 = 6
x1 + x2 = 3
x1 = 2:
(1.2) Trouvez les solutions complexes du syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations suivant :
x + iy + (1 + i)z − t = 1
x + y = 0
(1 + i)x + (i − 1)z − it = 1:
(1.3) Trouvez les solutions r(cid:19)eelles du syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations suivant :
x − y + 2z = 1
2x + y − z = 0
3x + z = 1
5x + y = 1:
(1.4) Trouvez les solutions r(cid:19)eelles du syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations suivant :
x + 2y − 3z = 0
−x + y + z = 0
4x − 2y + z = 0:
(1.5) Trouvez les solutions r(cid:19)eelles du syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations suivant :
3x1 + 2x2 + x3 − x4 − x5 = 0
x1 − x2 − x3 − x4 + 2x5 = 0
−x1 + 2x2 + 3x3 + x4 − x5 = 0:
(1.6) Quel est l’ensemble des polyn^omes P tels que (X2 + X + 1) (cid:1) P = 2X4 + 3X3 + 6X2 + 4X + 3 ?
(1.7) Notons N le nombre de solutions d’un syst(cid:18)eme de n (cid:19)equations lin(cid:19)eaires (cid:18)a m inconnues. On sait
que N 2 f0; 1; 1g. Quelles sont les valeurs possibles de N
{ si n < m ?
{ si n = m ?
{ si n > m ?
Dans les trois cas, donner un exemple de syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations ayant N solutions pour chaque valeur
possible de N , et si certaines valeurs de N sont impossibles, justi(cid:12)ez-le.
(1.8) Discutez, en fonction de la valeur du r(cid:19)eel k, le nombre de solutions r(cid:19)eelles du syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations
suivant :
2. MATRICES
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8
x + 2y − z = 4
2x + 5y + z = k
x + 3y + (k2 + 1)z = 5k:
M^eme question pour le nombre de solutions complexes, k pouvant prendre des valeurs complexes.
(1.9) G(cid:19)erard Mambont s’est entra^(cid:16)n(cid:19)e (cid:18)a e(cid:11)ectuer plusieurs op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires simultan(cid:19)ement
pour r(cid:19)esoudre plus vite les syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations. Il transforme le syst(cid:18)eme
(cid:26)
I
x1 + 2x2 − x3 + x4 = 1
x1 − x2 + x3 + x4 = 0
en rempla(cid:24)cant la premi(cid:18)ere ligne L1 par L1 − L2 et la ligne L2 par L2 − L1. Il obtient le syst(cid:18)eme
(cid:26)
II
3x2 − 2x3 = 1
−3x2 + 2x3 = −1;
dont les solutions sont tous les quadruplets (x1; 1
3 (1 + 2x3); x3; x4) o(cid:18)u x1, x3, x4 sont arbitraires. Sa
copine Jenny Croix-Guerre lui fait remarquer que (1; 1; 1; 0) est solution du syst(cid:18)eme II mais non de
I. O(cid:18)u est l’erreur ?
(1.10) (pour aller plus loin) Soit un syst(cid:18)eme d’(cid:19)equations lin(cid:19)eaires (cid:18)a coe(cid:14)cients r(cid:19)eels. Prouvez que
si ce syst(cid:18)eme n’a pas de solutions r(cid:19)eelles, alors il n’a pas non plus de solutions complexes.
Les op(cid:19)erations (cid:19)el(cid:19)ementaires dont il a (cid:19)et(cid:19)e question dans la premi(cid:18)ere section admettent une in-
terpr(cid:19)etation tr(cid:18)es simple en termes de multiplication matricielle. Pour la donner, on commence par
rappeler les d(cid:19)e(cid:12)nitions fondamentales.
2. Matrices
Soit K un corps commutatif arbitraire. On note Km(cid:2)n l’ensemble des matrices m(cid:2)n (ou de genre
(m; n)) sur K, c’est-(cid:18)a-dire l’ensemble des tableaux rectangulaires (cid:18)a m lignes et n colonnes dont les
entr(cid:19)ees sont des (cid:19)el(cid:19)ements de K. L’(cid:19)egalit(cid:19)e de deux matrices A = (aij)
dans
et B = (bij)
16i6m
16j6n
16i6m
16j6n
Km(cid:2)n revient (cid:18)a l’(cid:19)egalit(cid:19)e de chacune de leurs entr(cid:19)ees :
A = B si et seulement si aij = bij pour tout i = 1; : : : ; m et tout j = 1; : : : ; n.
Les matrices qui n’ont qu’une seule ligne (resp. colonne) sont appel(cid:19)ees matrices-lignes (resp. matrices-
colonnes). Les matrices dont le nombre de lignes est (cid:19)egal au nombre de colonnes sont appel(cid:19)ees matrices
carr(cid:19)ees. L’ordre d’une matrice carr(cid:19)ee est le nombre de ses lignes ou de ses colonnes. La diagonale prin-
cipale d’une matrice carr(cid:19)ee est form(cid:19)ee des entr(cid:19)ees dont les indices sont (cid:19)egaux. Une matrice diagonale
est une matrice carr(cid:19)ee dont toutes les entr(cid:19)ees hors de la diagonale principale sont nulles.
Matrices particuli(cid:18)eres :
{ 0m;n est la matrice nulle de genre (m; n), dont toutes les entr(cid:19)ees sont nulles.
{ In est la matrice unit(cid:19)e d’ordre n, d(cid:19)e(cid:12)nie par
o(cid:18)u
In = ((cid:14)ij )16i;j6n
(cid:26)
(cid:14)ij =
0
1
si i 6= j
si i = j:
La fonction (cid:14)ij ainsi d(cid:19)e(cid:12)nie est appel(cid:19)ee symbole de Kronecker.
2. MATRICES
9
2.1. Op(cid:19)erations matricielles
{ La somme de deux matrices m (cid:2) n est d(cid:19)e(cid:12)nie par
{ Le produit d’une matrice m (cid:2) n par un (cid:19)el(cid:19)ement de K est d(cid:19)e(cid:12)ni par
(aij )i;j + (bij)i;j = (aij + bij)i;j:
(cid:11) (aij )i;j = ((cid:11)aij)i;j :
{ Le produit d’une matrice m (cid:2) n et d’une matrice n (cid:2) p est une matrice m (cid:2) p d(cid:19)e(cid:12)nie par
(aij )
16i6m
16j6n
(cid:1) (bij)
16i6n
16j6p
= (cij)
16i6m
16j6p
o(cid:18)u
nX
cij =
aikbkj
pour i = 1; : : : ; m et j = 1; : : : ; p.
k=1
Les propri(cid:19)et(cid:19)es suivantes s’(cid:19)etablissent par des v(cid:19)eri(cid:12)cations directes :
1. Propri(cid:19)et(cid:19)es de l’addition : pour A; B; C 2 Km(cid:2)n,
(A + B) + C = A + (B + C)
A + B = B + A
A + 0m;n = A = 0m;n + A
A + (−1)A = 0m;n = (−1)A + A
2. Propri(cid:19)et(cid:19)es de la multiplication par un (cid:19)el(cid:19)ement de K : pour A; B 2 Km(cid:2)n et (cid:11); (cid:12) 2 K,
(cid:11) (A + B) = (cid:11) A + (cid:11) B
((cid:11) + (cid:12)) A = (cid:11) A + (cid:12) A
((cid:11)(cid:12)) A = (cid:11) ((cid:12) A)
1 A = A
3. Propri(cid:19)et(cid:19)es de la multiplication matricielle : pour A 2 Km(cid:2)n, B 2 Kn(cid:2)p et C 2 Kp(cid:2)q,
(AB)C = A(BC)
A In = A = Im A
4. Propri(cid:19)et(cid:19)es mixtes : pour A; A0 2 Km(cid:2)n, B; B0 2 Kn(cid:2)p et (cid:11) 2 K,
(A + A0) B = AB + A0B
A (B + B0) = AB + AB0
((cid:11) A) B = (cid:11) (A B) = A ((cid:11) B):
En revanche, le produit des matrices n’est pas commutatif : en g(cid:19)en(cid:19)eral, AB 6= BA (d’ailleurs, si
A 2 Km(cid:2)n et B 2 Kn(cid:2)p, le produit BA n’est d(cid:19)e(cid:12)ni que si p = m). Cependant, d’apr(cid:18)es la derni(cid:18)ere
des propri(cid:19)et(cid:19)es (cid:19)enonc(cid:19)ees ci-dessus, les matrices de la forme (cid:11) In pour (cid:11) 2 K, que l’on appelle matrices
scalaires, commutent avec toutes les matrices carr(cid:19)ees d’ordre n : pour A 2 Kn(cid:2)n et (cid:11) 2 K,
((cid:11) In)A = (cid:11) A = A ((cid:11) In):
Il faut remarquer de plus que les matrices n’admettent pas toutes un inverse pour la multiplication
(voir la section 2.4 ci-dessous) et qu’un produit matriciel peut ^etre nul sans qu’aucun des facteurs ne
soit nul ; par exemple,
(cid:18)
(cid:19)
(cid:18)
(cid:19)
(cid:18)
(cid:19)
0 1
0 0
(cid:1)
0 1
0 0
=
0 0
0 0
:
La multiplication matricielle permet de noter sous une forme particuli(cid:18)erement compacte les
2. MATRICES
10
syst(cid:18)emes d’(cid:19)equations alg(cid:19)ebriques lin(cid:19)eaires. En e(cid:11)et, le syst(cid:18)eme de m (cid:19)equations (cid:18)a n inconnues
>:
s’(cid:19)ecrit simplement
o(cid:18)u
8
><
a11x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + a1nxn = b1
am1x1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + amnxn = bm
...
A (cid:1) X = b
0
B
@
a11
...
am1
A =
1
C
A
a1n
...
amn
1
C
A
1
C
A
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
(cid:1) (cid:1) (cid:1)
x1
...
xn
b1
...
bm
est la matrice des coe(cid:14)cients du syst(cid:18)eme,
est la matrice-colonne des inconnues, et
0
B
@
X =
0
B
@
b =
est la matrice-colonne des termes ind(cid:19)ependants.
2.2. Op(cid:19)erations par blocs
Si les entiers m et n sont d(cid:19)ecompos(cid:19)es en sommes d’entiers strictement positifs
m = m1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + mr
n = n1 + (cid:1) (cid:1) (cid:1) + ns
toute matrice de genre (m; n) peut ^etre consid(cid:19)er(cid:19)ee comme une matrice r (cid:2) s dont l’entr(cid:19)ee d’indices
i; j est une matrice de genre (mi; nj) que l’on appelle bloc. Ainsi, par exemple, pour m = 4 et n = 6,
aux d(cid:19)ecompositions
4 = 1 + 2 + 1
6 = 2 + 4
correspond la d(cid:19)ecomposition suivante d’une matrice arbitraire A de genre (4; 6) :
1
0
0
1
B
B
@
A =
a11 a12 a13 a14 a15 a16
a21 a22 a23 a24 a25 a26
a31 a32 a33 a34 a35 a36
a41 a42 a43 a44 a45 a46
C
C
A =
@
A11 A12
A21 A22
A31 A32
A
o(cid:18)u
(cid:0)
(cid:18)
(cid:0)
A11 =
A21 =
A31 =
a11 a12
a21 a22
a31 a32
a41 a42
(cid:1)
(cid:19)
(cid:1)
(cid:0)
(cid:18)
(cid:0)
A12 =
A22 =
A32 =
a13 a14 a15 a16
a23 a24 a25 a26
a33 a34 a35 a36
a43 a44 a45 a46
(cid:1)
(cid:19)
(cid:1)
:
Les d(cid:19)ecompositions les plus fr(cid:19)equemment utilis(cid:19)ees sont la d(cid:19)ecomposition par lignes :
0
B
B
B
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