Support de cours électronique analogique

Institut Supérieur des Études Technologiques
1/10
100%
Rendu du PDF...
Page 1 sur 10Lecteur de document UniversityLib

Support de cours électronique analogique

Institut Supérieur des Études Technologiques · Thyristors et triacs · course

Voir tous les documents en électronique et automatique

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

TTHHYYRRIISSTTOORRSS EETT TTRRIIAACCSS

VI.1 LES THYRISTORS

VI.1.1 Constitution

Le thyristor est constitué par la juxtaposition de trois jonctions P-N. C'est un barreau de semi-

conducteur au silicium à quatre couches alternativement dopées P et N.

 La couche extrême de type P ou couche d'anode porte une électrode : l'anode (A). Cette couche

et d'épaisseur moyenne, son dopage n'est pas uniforme. Très faiblement dopée au voisinage de la

jonction d'anode afin d'assurer une bonne tenue en tension en polarisation inverse (JA en inverse),

elle est dopée de façon plus importante prés du contact métallique d'anode pour améliorer la

conductivité en polarisation directe.

 La couche extrême de type N ou couche de cathode est munie d'une électrode : la cathode (K).

Cette couche est très mince et très fortement dopée. En raison de ce dopage important, la

jonction de cathode présente une très faible tenue en inverse.

 La couche interne de type P ou couche de commande est dotée de l'électrode dite de commande

: la gâchette (G). Cette couche est très mince et très faiblement dopée.

 La couche interne de type N est appelée couche de blocage. Cette couche est très épaisse et très

faiblement dopée. Ce faible dopage permet au thyristor d'avoir une bonne tenue en tension en

polarisation directe (JC en inverse).

Jonction de cathode JK

Jonction de commande JC

Jonction d'anode JA

Cathode (K)

Couche de cathode

N

P

N

P

Gâchette (G)

Couche de commande Couche de blocage

Anode (A)

Couche d'anode

A

G

K

Figure VI.1 : Constitution et symbole d'un thyristor

Cette description fait apparaître successivement trois jonctions P-N :

– La jonction couche d'anode - couche de blocage dite jonction d'anode JA.

– La jonction couche de blocage - couche de commande dite jonction de commande JC.

– La jonction couche de commande - couche de cathode dite jonction de cathode JK.

ISET DE NABEUL (2014)

78

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

Le thyristor sera polarisé en direct si la tension VAK = (VA – VK) est positive. Les jonctions JA et

JK sont alors en direct et la jonction JC en inverse.

Le thyristor sera polarisé en inverse si la tension VAK est négative. Les jonctions JA et JK sont

alors en inverse et la jonction JC en direct.

VI.1.2 Analyse de fonctionnement

Le montage de la figure VI.2, comprend un circuit de gâchette de faible puissance et un circuit

d'anode de forte puissance.

 En polarisation directe (EA >0) :

– Lorsqu'il n'y à pas un signal de commande (k ouvert donc IG = 0) :

Pour EA < VAK0 (VAK0 = 34 V pour le MCR 106) : IA = 0 et VAK  EA, le thyristor se comporte

comme un circuit ouvert, on dit qu'il est bloqué.

Pour EA  VAK0 : IA = (EA/R) et VAK  0,8 V, le thyristor se comporte comme un court-circuit, on

dit qu'il est amorcé.

La tension VAK0 pour laquelle le thyristor s'amorce est appelée tension de retournement ou

tension d'amorçage à courant de gâchette nul.

Le thyristor étant amorcé, si on diminue la tension EA, le thyristor reste conducteur jusqu'à une

certaine valeur du courant IA noté IH est appelé courant de maintien, puis il se bloque.

– Lorsqu'il y à un signal de commande (k fermé donc IG > 0) :

Pour IG = 5 mA, le thyristor s'amorce pour EA = 15 V, et pour IG = IGT, le thyristor s'amorce pour

tout EA positif. Dans tous les cas, lorsque le thyristor est amorcé, si l'on ouvre l'interrupteur k (IG

= 0), le thyristor reste conducteur. Pour se bloquer, il est nécessaire, soit de diminuer le courant

IA en dessous de la valeur IH, soit d'inverser la tension d'alimentation EA.

 En polarisation inverse (EA < 0) : La présence du courant de gâchette n'a aucun influence.

– Pour EA > –35 V, IA  0 et VAK  EA. Le thyristor est bloqué.

– Pour EA  –35 V, le courant IA croit brusquement, mais la tension VAK reste pratiquement

égale à – 35 V. Il est nécessaire de limiter le courant IA pour éviter une dissipation de puissance

excessive. Le thyristor est alors en régime de claquage.

IA

mA

mA

RG

EG

Th

IG

K

VAK

V

RA

EA

mV

VGK

Circuit de gâchette

Circuit d'anode

Figure VI.2 : Circuit de polarisation d'un thyristor

ISET DE NABEUL (2014)

79

Publicité

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

VI.1.3 Caractéristiques du thyristor

Un montage à thyristor (figure VI.2) présente deux circuits fondamentaux : Le circuit de

puissance ou circuit d'anode et le circuit de commande ou circuit de gâchette.

Dans chacun de ces circuits les différentes grandeurs sont liées par un réseau de caractéristiques :

– Réseau d'anode IA = f(VAK), paramètre IG.

– Réseau de gâchette IG = f(VGK).

VI.1.3.1 Caractéristiques d'anode

VI.1.3.1.1 Caractéristiques directes

Le courant IA est pratiquement nul avant l'amorçage, la tension VAK est très faible et quasi

constante (0,8 V) en régime de conduction. Le point pour lequel VAK est maximale est appelé

point de retournement dont les coordonnées (VAK0 ; IA0) sont appelées tension et courant de

retournement.

Par convention, à courant de gâchette nul la

IA (mA)

tension de retournement est notée VDRM (tension

de pointe que peut supporter le thyristor en

40

polarisation directe pour se maintenir à l'état

bloqué).

20 mA

8 mA

5 mA

IG = 0

La tension de retournement est une fonction

0

15

VAK (V)

décroissante du courant de gâchette et de la

Figure VI.3 : Caractéristiques directes d'un thyristor

température.

Pour un courant de gâchette IG = IGT, l'état passant apparaît pour tout VAK positif : Le thyristor se

comporte comme une diode.

VI.1.3.1.2 Caractéristique inverse

La caractéristique inverse est analogue à celle

d'une diode à jonction : Courant très faible avant

claquage, caractéristique pratiquement verticale

après claquage.

La valeur absolue de la tension VAK pour laquelle

apparaît le claquage est notée VRRM (tension

inverse de pointe que peut supporter le thyristor

IA (mA)

–18

0

VAK (V)

–3

pour se maintenir à l'état bloqué).

Figure VI.4 : Caractéristique inverse d'un thyristor

ISET DE NABEUL (2014)

80

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

VI.1.3.2 Caractéristiques de gâchette

La caractéristique de gâchette est la courbe

IG

représentative de la relation IG = f(VGK) pour

IGS

IA = 0. C'est la caractéristique de la diode

C0

PGS

gâchette - cathode à l'état bloqué.

En raison de sa configuration, cette diode

diffère d'une diode à jonction classique par :

une chute de tension directe plus élevée, un

IGT

IGD

PGAV

Zone d'amorçage certain

'

C0

courant inverse beaucoup plus grand, une

0

VGD

VGT

tenue en inverse, relativement faible et une

très grande dispersion pour un même type de

Zone d'amorçage impossible

Zone d'amorçage possible

VGK

VGS

thyristor.

Figure VI.4 : Caractéristiques de gâchette d'un thyristor

Pour traduire cette dispersion, le constructeur ne peut fournir que les caractéristiques C0 et C0

'

des échantillons extrêmes d'un même type.

Les conditions d'amorçage sont traduites dans le plan (IG ; VGK) par :

– Un domaine, où aucun, échantillon ne s'amorce, limité par les valeurs IGD et VGD.

– Un domaine où certains échantillons s'amorcent, limité par les valeurs IGT et VGT.

– Un domaine d'amorçage certain pour tous les échantillons.

Publicité

– Une zone de destruction limitée par l'hyperbole de puissance.

VI.1.3.3 Caractéristiques dynamiques

VI.1.3.3.1 Temps d'amorçage ton

Suite à une impulsion de commande sur la gâchette, la tension VAK ne décroît pas

immédiatement. On traduit ce retard à l'amorçage par le temps ton dit temps d'amorçage. Ce

temps se décompose en deux intervalles :

– Le temps de retard td (delay-time) : durée qui s'écoule entre le passage de l'impulsion à 10% de

sa valeur maximale et le passage de la tension VAK à 90% de sa valeur maximale.

– Le temps de descente tr (rise-time) pendant lequel la tension VAK passe de 90% à 10% de sa

valeur maximale.

VI.1.3.3.2 Temps de blocage ou de désamorçage toff

C'est le temps qui s'écoule entre l'instant où la tension VAK s'annule et l'instant ou le thyristor

devient susceptible de supporter une polarisation directe sans se réamorcer. En d'autre terme c'est

ISET DE NABEUL (2014)

81

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

le temps nécessaire pour que la jonction de commande redevienne, après annulation du courant

d'anode, capable de soutenir une tension inverse élevée.

Ce temps, qui varie de 5 à 100 µs suivant le type, limite la fréquence d'utilisation des thyristors.

Ig

0

VAK

ton

t

td

tr

Bloqué

Amorcé

0

t

VAK

Amorcé

0

toff

Bloqué

t

Figure VI.5 : Caractéristiques dynamiques d'un thyristor

VI.1.4 Commutation

On appelle commutation d'un thyristor le passage de l'état passant à l'état bloqué. Suivant la

nature de la tension anode - cathode, cette commutation peut se faire, soit de façon naturelle, soit

de façon forcée.

VI.4.1 Commutation naturelle

Lorsque la tension anode cathode aux bornes du thyristor diminue ou passe par zéro, le courant

d'anode devient inférieur au courant de maintien : le thyristor se bloque. On dit qu'il y a

commutation naturelle.

VI.4.2 Commutation forcée

Lorsque la tension anode cathode aux bornes du thyristor reste toujours positive, après amorçage

par le dispositif de commande, il est nécessaire de lui adjoindre un dispositif de commutation

forcée.

VI.5 Application des thyristors

Les applications du thyristor sont essentiellement liées à la possibilité de régler la puissance

dissipée dans une charge. Les utilisations typiques sont essentiellement :

– Convertisseurs alternatif – continu contrôlés complets (redressement commandés).

ISET DE NABEUL (2014)

82

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

– Convertisseurs alternatif – continu semi contrôlés (ponts mixtes).

– Convertisseurs continu – alternatif (onduleurs autonomes).

– Convertisseurs continu – continu (hacheurs).

VI.6 Choix et limites d'utilisation des thyristors

Le choix du thyristor adéquat pour une application donnée, dépend principalement :

– De la tension de retournement à courant de gâchette nul (VDRM).

– De la tension de claquage (VRRM).

– Du courant direct moyen maximal (IFAV).

– Du courant direct de pointe accidentel maximal (ITSM).

– Des temps d'amorçage et de désamorçage (ton et toff).

Lettre de symboles

Initiale du mot anglais

Traduction française

LETTRES DES SYMBOLES

AV D F G H M N P R 1er position R 2éme position S T W

average direct forward gate holding maximum negative peak reverse

recurrent

surge thyristor working

moyen continu sens direct gâchette maintien maximal négatif pointe inverse

récurrent

accidentel thyristor de service

ISET DE NABEUL (2014)

83

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

(guide de technicien en électronique page 93)

ISET DE NABEUL (2014)

84

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

Publicité

VI.2 LES TRIACS

Le triac (Triode Alternatif Current) est un semi-conducteur à conduction bidirectionnelle

commandée. En effet, alors que le thyristor ne s'amorce qu'en polarisation directe, le triac est

amorçable pour des tensions d'alimentation de signe quelconque. Il est équivalent à deux

thyristors montés en opposition. Il n'existe q'une seule gâchette G et deux anodes A1 et A2 non

identiques.

VI.2.1 Constitution et fonctionnement

On peut schématiser la structure d'un triac par celle d'un thyristor classique dans lequel seraient

diffusées deux zones de type N, l'une dans la couche d'anode, l'autre dans la couche de

commande.

Deux électrodes métalliques placées sur les zones (P1-N4) est (P2-N2) portant le non d'anodes, la

troisième placée sur la zone (P2-N3) est appelée gâchette.

L'ensemble peut être assimilé à deux thyristors (P1N1P2N2) et (P2N1P1N4) montés en parallèle

inverse. Cette analogie ne peut être prolongée car si la gâchette du premier est bien connectée à

la couche de commande, il n'en est pas même pour le deuxième.

Anode 2

N4

Gâchette

N3

P1

N1

P2

N2

Anode 1

A2

G

A1

A2

P1

N4

Th1

Th2

N2

P2

A1

Figure VI.8 : Constitution et symbole d'un triac

Le fonctionnement peut être analysé sommairement de la façon suivante :

 VA2A1 positive (polarisation directe), le thyristor Th1 est en direct, une impulsion sur la

gâchette permet son amorçage (thyristor classique).

 VA2A1 négative (polarisation inverse), le thyristor Th2 est en direct, la jonction N1P1 jouant le

rôle de jonction de commande (elle seule est polarisée en inverse). Une impulsion négative sur la

gâchette permet une injection d'électrons dans la région P2, où devenus minoritaires, ils sont

accélérés par le champ interne dans la région N1. Le dopage de la région N1 est augmenté et la

tenue en inverse de la jonction N1P1 diminuée. Il y a claquage.

ISET DE NABEUL (2014)

85

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

VI.2.2 Caractéristiques tension – courant et propriétés

Extérieurement, le triac se comporte comme deux

thyristors montés en tête-bêche. Il en résulte une

symétrie de sa caractéristique par rapport à

l'origine.

Par contre, si dans le montage à thyristors, chaque

IG = 0

IA

IG = 0

IG > 0

IG < 0

0

VA2A1

thyristor dispose d'une demi période pour se

bloquer lorsqu'il passe en polarisation inverse, le

triac (élément bidirectionnel) devra avoir un temps

Figure VI.6 : Caractéristiques courant - tension

de blocage très petit devant la demi période. L'utilisation en fréquence est en conséquence très

vite limitée (300 à 400 Hz).

En polarisation inverse, le thyristor doit pouvoir supporter la tension maximale pour éviter le

claquage (généralement destructif). Le triac est, lui, autoprotégé puisqu'il s'amorce dans les deux

sens.

VI.2.3 Applications

Principalement les triacs sont beaucoup plus utilisés dans les convertisseurs alternatif – alternatif

(gradateurs triphasé et monophasé).

VI.2.4 Choix des triacs

Le choix des triacs dépend :

– Du courant efficace dans le semi-conducteur (IFAV).

– Du courant de pointe répétitif (ITSM).

– De la tension directe maximale répétitive (VDRM).

ISET DE NABEUL (2014)

86

Moez HAJJI

Support de cours électronique analogique

Chapitre VIII : Thyristors et triacs

(mémotech page 490)

ISET DE NABEUL (2014)

87

Moez HAJJI