SESSION 2013 - EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP

Mathematics, Linear Algebra · exam

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SESSION 2013

EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP

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MATHEMATIQUES 2

Problème : matrices «toutes-puissantes»

Notations et objectifs

Dans tout le texte, K désigne le corps R ou C et p un entier naturel non nul.

On note Mp(K) le K-espace vectoriel des matrices carrées de taille p à coefficients dans K et

Ip la matrice unité de Mp(K).

On pourra confondre M1(K) et K.

Une matrice N de Mp(K) est dite nilpotente s’il existe un entier naturel r tel que N r = 0.

Si M1, . . . , Mk sont des matrices carrées, la matrice diag(M1, . . . , Mk) désigne la matrice dia-

gonale par blocs dont les blocs diagonaux sont M1, . . . , Mk.

Si E est un K-espace vectoriel, on note idE l’application identité sur E.

Enfin, on note K[X] la K-algèbre des polynômes à coefficients dans K.

On dit qu’une matrice A de Mp(K) est «toute-puissante sur K» et on notera en abrégé TPK

si, pour tout n ∈ N∗, il existe une matrice B de Mp(K) telle que A = Bn.

On note Tp(K) l’ensemble des matrices de Mp(K) toutes-puissantes sur K :

Tp(K) = {A ∈ Mp(K) | ∀n ∈ N∗ ∃B ∈ Mp(K) A = Bn}.

L’objectif principal du sujet est d’établir le résultat suivant :

toute matrice inversible de Mp(C) est TPC.

Dans la partie I, on traite quelques exemples et contre-exemples.

Dans la partie II, on montre que, dans le cas où le polynôme caractéristique de la matrice A

est scindé, on peut ramener l’étude au cas des matrices de la forme λIp + N avec N nilpotente.

Dans la partie III, on traite le cas des matrices unipotentes c’est-à-dire de la forme Ip + N avec

N nilpotente et on en déduit le théorème principal.

Les parties I et II sont dans une large mesure indépendantes. La partie III utilise les résultats

des parties précédentes.

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Partie I : quelques exemples

1. Le cas de la taille 1

(a) Démontrer que T1(R) = [0, +∞[.

(b) Soient n ∈ N∗ et b = reiθ avec r > 0 et θ ∈ R. Donner les racines n-ièmes du nombre

complexe b, c’est-à-dire les solutions de l’équation zn = b d’inconnue z ∈ C.

(c) En déduire T1(C).

2. Une condition nécessaire...

(a) Démontrer que si A ∈ Tp(K), alors det A ∈ T1(K).

(b) En déduire un exemple de matrice de M2(R) qui n’est pas TPR.

3. ...mais pas suffisante

(cid:4)

(cid:3)

−1

0

0 −2

Soit A =

. Démontrer qu’il n’existe aucune matrice B =

(cid:3)

(cid:4)

a b

c d

de M2(R) telle

que A = B2. En déduire que la condition nécessaire de la question précédente n’est pas

suffisante.

4. Un cas où A est diagonalisable

2

3

0

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−2

2

5

⎠.

2 −3 0

Soit A =

(a) Démontrer que A est diagonalisable sur R (le détail des calculs n’est pas demandé).

(b) Démontrer que la matrice A est TPR.

(c) Pour chacun des cas n = 2 et n = 3, expliciter une matrice B de M3(R) vérifiant

Bn = A (on pourra utiliser la calculatrice).

5. Un exemple de nature géométrique

Soit A =

(cid:3)

(cid:4)

.

−1

0

0 −1

(a) Justifier que A est la matrice d’une rotation vectorielle dont on précisera une mesure

de l’angle.

(b) En déduire que A est TPR.

6. Le cas des matrices nilpotentes

Soit N une matrice nilpotente de Mp(K).

(a) Déterminer le polynôme caractéristique de N , en déduire que N p = 0.

(b) Démontrer que si N est TPK, alors N est la matrice nulle.

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Partie II : le cas où le polynôme caractéristique est scindé

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Dans toute cette partie, A désigne une matrice de Mp(K) dont le polynôme caractéristique

noté χA est scindé sur K, c’est-à-dire de la forme :

χA =

k(cid:11)

i=1

(X − λi)ri,

avec k, r1, . . . , rk des entiers de N∗ et λ1, . . . , λk les valeurs propres de A, éléments de K.

On note B la base canonique de Kp et u l’endomorphisme de Kp dont A est la matrice dans la

base B.

Enfin, pour i ∈ {1, . . . , k}, on note Ci = Ker(u − λi idKp)ri que l’on appelle sous-espace carac-

téristique de u associé à la valeur propre λi.

7. Démontrer que Kp = C1 ⊕ · · · ⊕ Ck.

8.

(a) Soit v un endomorphisme de Kp qui commute avec u et Q un polynôme à coefficients

dans K. Démontrer que Ker Q(u) est stable par v.

(b) En déduire que pour tout i ∈ {1, . . . , k}, le sous-espace caractéristique Ci est stable

par u.

On note ainsi uCi l’endomorphisme induit par u sur Ci.

9. Soit i ∈ {1, . . . , k}. Justifier que l’application uCi

− λi idCi est un endomorphisme de Ci

nilpotent.

10. En déduire que la matrice A peut s’écrire sous la forme :

A = P diag(λ1Ip1 + N1, . . . , λkIpk + Nk)P −1 ,

avec P une matrice inversible de Mp(K) et pour tout i ∈ {1, . . . , k}, pi = dim Ci et Ni est

une matrice nilpotente de Mpi(K).

On rappelle que diag(λ1Ip1 + N1, . . . , λkIpk + Nk) désigne la matrice diagonale par blocs de

premier bloc λ1Ip1 + N1, de deuxième bloc λ2Ip2 + N2 et de dernier bloc λkIpk + Nk.

11. Démontrer que, si pour tout i ∈ {1, . . . , k} la matrice λiIpi + Ni est TPK, alors A est

elle-même TPK.

Partie III : le cas des matrices unipotentes

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Soit N une matrice nilpotente de Mp(K). Nous allons montrer que la matrice unipotente Ip +N

est TPK.

On pourra confondre polynôme et fonction polynôme.

On rappelle que si f est une fonction, la notation f (x) = o(xp) signifie qu’il existe une fonction

ε tendant vers 0 en 0 telle que f (x) = xpε(x) au voisinage de 0.

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12. Une application des développements limités

(a) Soit V un polynôme de R[X] tel que V (x) = o(xp) au voisinage de 0.

Démontrer, à l’aide d’une division euclidienne, qu’il existe un polynôme Q de R[X] tel

que V = X p × Q.

(b) Soit n ∈ N∗. Démontrer l’existence d’un polynôme U de R[X] tel que l’on ait, au

voisinage de 0 :

1 + x = (U (x))n + o(xp)

(on pourra utiliser un développement limité de (1 + x)α).

(c) En déduire que, pour tout n ∈ N∗, il existe un polynôme Q de R[X] tel que :

1 + X = U n + X p × Q.

13. Applications

(a) Démontrer que la matrice unipotente Ip + N est TPK.

(b) Soit λ ∈ K non nul. En déduire que si λ est TPK, alors la matrice λIp + N est TPK.

14. Le résultat annoncé

(a) Conclure que toute matrice inversible de Mp(C) est TPC.

(b) Toute matrice de Mp(C) est-elle TPC ?

15. Donner un exemple de matrice de M4(R) non diagonalisable et non inversible qui est TPR.

Fin de l’énoncé

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