Université Sidi Mohamed Ben Abdellah Faculté des Sciences et Techniques Département des Sciences de La Vie
Projet de Fin d’Etudes
Licence en Biologie et Santé
Réalisé Par Aicha ABLAD
Pr.K.FIKRI BENBRAHIM Dr S. SENOUCI Pr .A.HAGGOUD
Faculté des Sciences et Techniques Fès Institut National d’Hygiène Rabat Faculté des Sciences et Techniques Fès
Président Encadrante Examinateur
Année universitaire 2009-2010
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier vivement tout ceux qui ont orienté les différentes étapes de
ce travail jusqu’à son terme, par leurs estimables conseils et contributions, en
particulier, Docteur Samira SNOUCI, Chef du Département de Microbiologie
et Hygiène Alimentaire Institut National d'Hygiène de Rabat.
Mes vifs remerciements vont également à Professeur Kawtar FIKRI BEN
BRAHIM pour son soutien, ses conseils et ses encouragements.
Je présente ma vive reconnaissance à mes Professeurs, en général, pour leur
soutien et leurs encouragements.
Enfin, je voudrais remercier les honorables membres du jury d’avoir accepté de
consacrer une partie de leur précieux temps à l’évolution de mon travail.
Je remercie également mes amis ainsi que toute personne qui m’a aidé de prés
et de loin au cours de ce travail, et, en particulier mon Mari.
2
DEDICACE
Je dédie ce modeste travail à :
Mes parents :
Grâce à vos tendres encouragements et grands sacrifices, vous avez su créer le
climat affectueux propice à la poursuite de mes études.
Aucune dédicace ne saurait exprimer mes respects, mes considérations et mon
profond amour pour vous.
Je prie Dieu de vous préserver et de veiller sur vous et j’espère que serez
toujours fière de moi.
Mon Mari :
Grâce à vos encouragements et votre aide en matière Informatique.
Je prie Dieu de vous préserver et de veiller sur vous et j’espère que serez
toujours fière de moi.
A tous mes Professeurs et mes amis de classe :
Votre collaboration et votre aide m’ont été très précieux.
3
SOMMAIRE
INTRODUCTION…………………………………...……………………………1
I.PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACEUIL…………...………..3
I.1.Département Microbiologie et Hygiène Alimentaire …………………………3 I-2.Missions du Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire……...……3 I-3.Activités du département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire...............4
II.MICROORGANISMES RECHERCHÉS DANS LES ALIMENTS………...4 II.1.Flore Mésophile Aérobie Totale…………………………………………..….....4 II.2.FloreFongique……………………………………………................................. 5 II.3.Coliformes Totaux et Coliformes Fécaux……………………….....………....6 II.4.Anaérobies SulfitoRéducteurs…………………...……………………………...6 II.4.1Sources de contamination et prévention...........................................................7 II.5.Staphylococcus aureus…………………………………………………………….…...7 II.5.1.Caractères culturaux………………………………..………………………...7 II.5.2.Potentiel Enzymatique……………………………………………………… 8 II.5.3.Sources de contamination et Prévention………………………………..….....9 II.5.4.Pouvoir pathogène chez l’Homme………………………………..………….9 II.6.Salmonella………………………..……………………………………………9 II.6.1.Caractères morphologiques…………………….……………………………10 II.6.2.Sources de Contamination et Prévention……………………………………10 II.7.Listeria monocytogenes……………………………..……………………………….10 II.7.1.Caractères morphologiques………………………………….……………... 10 II.7.2.Sources de contamination et Prévention………………………………….....10 II.7.3.Mode d’action…………………………………………………………….....11 II.8.Campylobacter jejuni et Campylobacter coli ……………………………….12 II.8.1. Caractères culturaux………………………………………………………...12 II.8.2.Sources de Contamination et Prévention…………………………………….12 II.8.3.Pouvior Pathogéne…………………………………………………………..13 II.9.Vibrio parahaemoloticu…………………………………..…………………...13 II.9.1.Caractères culturaux……………………………………………...………….13 II.9.2.Habitat……………………………………………………………...……….13 II.9.3.Pouvoir Pathogène…………………………………………………...……...14 III.MALADIES D’ORIGINE ALIMENTAIRE……………………………….....14 III.1.Salmonelloses………………………………………………………………...14 III.2.Campylobactérioses…………………………………………………………..15 IV.3.Listerioses…………………………………………………………………….16 Partie Matériel et Méthodes I.Pesée………………………………………………………………………...…..18 II.Recherche de la Flore Mésophile Aérobie Totale…………….…........................18 II.1.Pesée ,Dilution et Homogénéisation………………………………………......18 II.2.Isolement et Dénombrement…………………………………………………18 III.Recherche de la Flore Fongique…………………………...................................19 III.1.Pesée,Dilution et Homgénéisation……………………………..……………..19 III.2.Isolement et Dénombrement…………………………………………….........19 IV.Recherche des Coliformes Totaux et Coliformes Fécaux…………....……....20
4
IV.1.Pesée,Dilution et Homogénéisation………………………………………….20 IV.2.Isolement et Dénombrement………………………………………………....20 V.Recherche des Anaérobies SulfitoRéducteurs…………….………………….…21 V.1.Pesée, Dilution et Homogénéisation……………………….……………........21 V.2.Isolement et Dénombrement………………………………………………….21 VI. Recherche de Staphylococcus aureus………………………………………....22 VI.1.Pesée, Dilution et Homogénéisation……………………...………………….22 VI.2.Isolement et Dénombrement………………………………………………….22 VI.3. Test de confirmation…………………..…………………………………......23 VII. Recherche de Salmonella…………………….………………………….........23 VII.1.Préenrichissement…………………………………………..…………….....23 VII.2.Enrichissement………………………………………………..……………..24 VII.3.Isolement sélectif…………………………………………………….……...24 VII.4.Identification………………………………………………………...............24 VIII. Recherche de Listeria monocytogenes…………………………….……........25 VIII.1.Préenrichessement……………………………………………………..……25 VIII.2.Enrichissement……………………………………………….…………......26 VIII.3.Isolement sélectif………………………………………………….….….....26 VIII.4.Tests de Confirmation Identification biochimique………………….……...26 .. CONCLUSION ET RECOMMANDATION……………………… ………......28
Références
Annexes
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INTRODUCTION
Les microorganismes présents dans les denrées alimentaires peuvent provoquer des modifications
organoleptiques, altérer les qualités marchandes des produits ou constituer un danger pour la santé
publique, en raison de leur pouvoir pathogène pour l’Homme.
L’examen microbiologique est un outil incontournable d’évaluation du niveau de la contamination
des denrées alimentaires et de la nature de leur microflore. Il est très largement utilisé, dans le cadre
du contrôle officiel et des autocontrôles mis en oeuvre par les industriels, pour garantir la salubrité
des denrées qu'ils commercialisent (1).
La mise en place progressive des principes de l'assurance sécurité dans l'ensemble de l'industrie
agroalimentaire et l’évolution récente du cadre réglementaire conduisent, cependant, à s'interroger
sur l'intérêt réel des examens microbiologiques des aliments. Il s'avère nécessaire de prendre en
compte les principes des techniques de tels examens et les limites de leur emploi, pour optimiser
leur utilisation dans ce contexte et parvenir à garantir la protection de la santé du consommateur(1).
La sécurité alimentaire, dont la qualité microbiologique des aliments en est une composante
essentielle, représente un enjeu considérable. Sur le plan du commerce international, la sécurité
alimentaire à un rôle évident à jouer, dans la prévention des maladies d’origine alimentaire et, par
voie de conséquence, elle participe à la maîtrise des dépenses de santé (1).
La maîtrise des risques microbiologiques repose sur le respect des règles d’hygiène, tout au long
des filières de production, de transformation et de distribution et sur la validation des pratiques
industrielles, par l’analyse du produit fini. La sécurité alimentaire n’étant pas négociable et
l’exigence d’innocuité microbiologique toujours plus forte, la parfaite maîtrise de la contamination
est indispensable. Elle repose sur une bonne connaissance du monde microbien et fait appel au
génie des procédés, pour prendre en compte et maîtriser les phénomènes microbiens de façon très rigoureuse et à chaque étape de la production, ceci, de la matière première à la distribution (2).
En effet, par rapport aux autres agents de contamination chimique ou particulaire, les
microorganismes ont une propriété importante et remarquable, car ils sont capables de se
reproduire, surtout, lorsque les conditions sont favorables à cette reproduction, ce qui est souvent le cas pour les microorganismes des produits naturels et alimentaires (2).
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Ainsi, pour de telles raisons, les microbiologistes s'intéressent aux aliments, et, principalement, pour
quatre d’entre elles :
- Pour des raisons économiques, puisque, pendant leur fabrication et/ou leur stockage, les aliments
sont altérés par l'oxydation, l'action des enzymes qui y sont présents et par des microorganismes
(bactéries, virus, parasites, champignons, invertébrés..) qui s’y multiplient et les rendent impropres
à la consommation. En effet, l'altération microbienne est la plus fréquente, car tous les aliments sont
des substrats éventuels pour les microbes. Il est donc nécessaire de suivre la qualité
microbiologique des aliments, pour éviter des pertes de production, pour les industriels, ou une
mauvaise publicité, lors d’intoxications alimentaires.
- Pour des raisons de santé publique, puisque les aliments peuvent devenir toxiques, sous l'action de
certains microorganismes, ce qui aura donc des conséquences sur la santé des consommateurs. En
effet, la qualité microbiologique des aliments est donc surveillée par des organismes compétents,
afin d’éviter des intoxications alimentaires.
- Pour respecter la législation, car diverses lois imposent des contrôles réglementés.
- Pour le suivi ou la sélection de « microbes utiles », dans le cas de processus industriels, pour leur
utilisation, dans la production d'aliments (yoghourt, fromage, pain, ...) (3).
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I. PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACEUIL
L’Institut National d’Hygiène (INH) du Maroc est sous la tutelle du Ministère de la Santé et
constitue l’organe de référence en matière de biologie médicale et environnementale.
Institut étatique, l’Institut National d’Hygiène (INH) prend en charge des problèmes d'hygiène et
d'épidémiologie au Maroc. Son champ d'intervention est très vaste et ses laboratoires jouent le rôle
de supports technique et scientifique aux différents programmes sanitaires tels que la tuberculose, le
paludisme, la bilharziose, les leishmanioses, les méningites, les maladies entériques, le choléra, les
salmonelloses, les infections sexuellement transmissibles, l'infection VIH, la poliomyélite, la
rougeole et la grippe.
L’INH se compose de neuf (09) Départements tels que Génétique Médicale, Bactériologie
Médicale, Immunologie et Virologie, Parasitologie et Mycologie, Biochimie et Hématologie,
Anatomopathologie, Microbiologie et Hygiène Alimentaire, Toxicologie et Hydrologie et le Service
du Bureau des Laboratoires.
I.1 DÉPARTEMENT DE MICROBIOLOGIE ET HYGIÈNE ALIMENTAIRE
Le Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire (MHA) de l’Institut National d’Hygiène
Publicité
(INH) constitue le laboratoire national de référence, pour le Ministère de la Santé, et reste l’un des
piliers des enquêtes épidémiologiques menées par le Ministère de la Santé.
Les principales missions du Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire (MHA) sont
d'assurer et de mener à bien toutes les analyses microbiologiques des eaux et des denrées
alimentaires, aussi bien pour les services publiques que pour le secteur privé et de former les
techniciens des laboratoires.
I.2. Missions du Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire
L’une des missions principales du Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire (MHA)
est le renforcement du système d'épidémiosurveillance des toxiinfections alimentaires collectives
(TIAC), par l'introduction de nouvelles techniques spécialisées et d’une méthodologie d'études au
laboratoire qui fournira une information exacte et utile pour lutter contre l'épidémie, tout en
accordant une place importante à la coordination des activités du microbiologiste et de
l'épidémiologiste.
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Le souci primordial du Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire (MHA) est
l'élargissement de l'éventail des prestations en bactériologie alimentaire, par l'introduction
d’analyses spécialisées à visée diagnostique, afin de prendre en charge les microorganismes des
maladies réémergentes.
Ainsi, par la création d'unités de référence telles que l'unité de référence de Listeria monocytogenes,
l'unité de Clostridium botulinum, l'unité de Campylobacter Coli, l'unité de Legionella, …, le
Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire (MHA) se veut être performant.
I.3. Activités du Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire
Le Département de Microbiologie et Hygiène Alimentaire effectue les analyses microbiologiques
des denrées alimentaires de toutes catégories, des eaux de toutes natures, des échantillons de
l’environnement quel que soit leur origine, des produits cosmétiques, des désinfectants …, selon
des critères, des normes et des réglementations nationaux et internationaux en vigueur.
II. MICROORGANISMES RECHERCHÉS DANS LES ALIMENTS
Trois
types de microorganismes sont conventionnellement recherchés,
lors de
l’analyse
microbiologique des denrées alimentaires. Il s’agit des microorganismes responsables de
l’altération, des microorganismes indicateurs de la contamination fécale et des microorganismes
pathogènes responsables de toxiinfections alimentaires (4).
Parmi les microorganismes responsables de l’altération des aliments, se trouvent la Flore Mésophile
Aérobie Totale (FMAT) et la Flore Fongique constituée par les Levures et Moisissures. Les
microorganismes dits indicateurs de contamination fécale sont les Coliformes Totaux et les
Coliformes Fécaux. Les microorganismes pathogènes
responsables de
toxiinfections
alimentaires sont les Anaérobies SulfitoRéducteurs (ASR), Staphylococcus aureus, Salmonella sp,
Listeria monocytogenes, Campylobacter jejuni et Campylobacter coli, Vibrio cholerae et Vibrio
parahaemolyticus.
II.1. Flore Mésophile Aérobie Totale
La Flore Mésophile Aérobie Totale (FMAT) est un indicateur sanitaire qui permet d’évaluer le
nombre d’Unité Formant Colonie (UFC) présent dans un produit ou sur une surface. L’unité de
dénombrement est l’Unité Formant Colonie, car une colonie observable, sur la surface du milieu
gélosé est le résultat d’un microorganisme vivant isolé à partir d’une spore ou encore d’une
association de microorganismes.
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Théoriquement, il s’agit alors de rechercher la flore thermophile dont la température optimale de
croissance se situe à +45°C, la flore mésophile dont la température optimale de croissance se situe
entre +20°C et +40°C et la flore psychrophile dont la température optimale de croissance se situe à
+20°C. Leur isolement se faisant sur un milieu gélosé dit ordinaire ou nutritif, la plupart des
microorganismes se développe, sauf les microorganismes exigeants et les microorganismes
anaérobies stricts. Il est donc préférable de parler de Flore Mésophile Aérobie à +30°C, plutôt que
de « Flore Totale » (5).
II.2. Flore Fongique
Les levures sont des organismes unicellulaires qui se divisent par fission et par bourgeonnement.
Étant donné leur grande capacité d’adaptation à de nombreux substrats, les levures sont très
largement répandues dans l’environnement et se retrouvent de façon normale dans le lait. Ce sont
des champignons, chez les lesquels la forme unicellulaire est prédominante. Elles sont classées par
genre et par espèce et sont regroupées au sein de famille, selon leur morphologie et leur mode de
reproduction. Parmi elles, se trouvent, notamment, Geotrichum Candidum et Saccharomyces
cerevisiae.
Les moisissures sont des organismes pluricellulaires qui se propagent par leurs spores. Tout comme
les levures, les moisissures peuvent être véhiculées par l’environnement et se retrouver dans le lait
et dans le fromage. Ce sont des microorganismes filamenteux qui sont disséminés par l’émission
des spore (6) .Les concentrations de moisissures ambiantes ne causent pas d’effets sur la santé de la
majorité des personnes. Cependant, dans des situations où ces concentrations sont anormalement
élevées ou dans le cas de certaines personnes souffrant de problèmes respiratoires ou ayant un
système immunitaire déficient, l’exposition aux moisissures peut favoriser l’apparition de
symptômes de maladies. Les effets ressentis dépendent des espèces présentes, de leurs produits
métaboliques, de la concentration et de la durée de l’exposition ainsi que de la susceptibilité
individuelle.
Les principaux effets sur la santé associés à une exposition aux moisissures sont les réactions
d’hypersensibilité (allergie), les infections et l’irritation. Mais, il s’agit là de transmission par
aérosols et non de d’infection par contamination alimentaire (7).
II.3. Coliformes Totaux et Coliformes Fécaux
Les coliformes fermentent le lactose à +30°C, avec production de gaz. La fermentation du lactose
avec production de gaz est recherchée dans un milieu nutritif spécifique additionné de sels biliaires
et de vert brillant. Parmi les coliformes totaux, les coliformes thermotolérants ou fécaux fermentent
le lactose, à la température de +44°C.
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Les coliformes sont recherchés dans les aliments, car ce sont de bons marqueurs de l'hygiène de
leurs manipulations. D'origine fécale, ils sont retrouvés dans les eaux usées et le sol. Étant des
bactéries vivant dans les intestins d'animaux ou de l’Homme, leur présence indique alors une
pollution fécale, dans le milieu hydrique. Ainsi, ils sont connus comme étant des organismes
indicateurs de la qualité de l'eau. Cependant, ils ne provoquent pas d'intoxications alimentaires, à
l’exception de Escherichia coli O157:H7 qui est un sérotype particulier responsable de plusieurs
pathologies, dont la colite hémorragique, le syndrome hémolytique et urémique (SHU), et le
purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT). Cette bactérie, potentiellement mortelle, se
trouve généralement à l'intérieur des intestins des bovins. Elle est ainsi responsable de beaucoup
d'intoxications alimentaires causés par de la viande hachée dites « maladie du hamburger ».
Toutefois, on a trouvé récemment cette bactérie dans des plantes vertes, tels des épinards(8).
II.4. Anaérobies SulfitoRéducteurs
Les anaérobies sulfitoréducteurs sont des microorganismes qui se multiplient, en absence d’air, au
cœur des produits, leur résistance à la cuisson étant alors remarquable. Clostridium perfringens est
l’exemple typique de microorganismes anaérobies sulfitoréducteurs.
Elles deviennent pathogènes quand elles pénètrent accidentellement dans l'organisme par voie
cutanée ou intestinale et y produisent leur toxine qui va ensuite altérer les fonctions de défense de
l'organisme. Clostridium perfringens est une bactérie très ubiquitaire largement répandue dans tout
l'environnement (sol, sédiments, cadavres, poussières, surface des végétaux, etc.). Elle est
responsable d'intoxications alimentaires qui surviennent uniquement, après la consommation
d'aliments fortement contaminés par une souche entérotoxinogène. Une partie des bactéries ingérées
est tuée au niveau de l'estomac (pH très acide, milieu riche en protéases, inhibition par la flore
digestive résidente. Mais, l’ingestion d’un nombre important de Clostridium perfringens entraîne sa multiplication, dans le contenu de l'intestin grêle (108-109 UFC.g-1). Ensuite, leur sporulation
Publicité
synthétise l'entérotoxine qui, libérée après lyse de la paroi bactérienne, interagit avec les entérocytes
provoquant une fuite d'eau et d'électrolytes. De ce fait, Clostridium perfringens est retrouvé en nombre supérieur à106 UFC.g-1, dans les selles des malades (9).
II.4.1. Sources de contamination et Prévention
Dans les aliments, l'intoxication alimentaire est généralement lié avec des arrangements impliquant
de grandes quantités de nourriture, particulièrement de plats de viande et de volaille, généralement
préparés à l'avance et laissés refroidir lentement, ou insuffisamment réfrigérés. Les viandes
produites laminés, les volailles farcies et les tartes offrent des conditions de croissance favorables
au transfert de la contamination. La cuisson des potages, des ragoûts et des sauces créent des
conditions anaérobies idéales, pendant le refroidissement, pour la germination des spores.
11
La maladie est le plus souvent due à l’ingestion de produits carnés, particulièrement les viandes
réchauffées, qui ont été cuits préalablement en masse dans les lieux de restauration rapide.
Les mesures préventives qui peuvent être prises pour éviter la maladie sont :
- d’assurer la manutention des aliments,
- d’avoir une bonne hygiène personnelle et une formation adéquate en sécurité alimentaire,
-
être pleinement conscients des risques encourus dans la cuisine à grande échelle, en
particulier des plats de viande,
- dveiller à ce que des températures adéquates soient atteintes lors de la cuisson,
- d’assurer le refroidissement rapide des aliments cuits en les divisant en petites quantités et
en réalisant leur réfrigération dans des contenants peu profonds (moins de 10 cm de
profondeur),
- de stocker des aliments froids en dessous de +4°C, pour empêcher la multiplication des
bactéries et des toxines produites,
- de réchauffer des aliments, jusqu'à ce que la vapeur chaude en soit dégagée,
-
et, de bien laver les fruits et légumes à l'eau claire et potable avant usage (10).
II.5. Staphylococcus aureus
Staphylococcus aureus est, comme tous les staphylocoques, une bactérie sous forme cocci à Gram
positif, de 1 μm de d'un diamètre environ, apparaissant en amas à l'examen microscopique. Il est
immobile, non sporulé et ne présente pas de capsule visible au microscope optique.
II.5.1. Caractères culturaux
Staphylococcus aureus cultive facilement sur des milieux ordinaires, en aérobiose comme en
anaérobiose, en formant, sur milieux solides, des colonies lisses, luisantes et bombées, plus ou
moins pigmentées en jaune doré d'où l'appellation de staphylocoque "doré". En milieu liquide, il
produit, dans le bouillon, un trouble homogène.
Staphylococcus aureus n'a pas d'exigences particulières. Si les conditions idéales de croissance sont
une température de +37°C et un pH de 7,5, de grandes variations sont tolérées. Comme tous les Micrococacceae, il se multiplie dans des milieux contenant une concentration de 75 g.L-1 de
chlorure de sodium (NaCl).
II.5.2. Potentiel Enzymatique
Outre les enzymes nécessaires aux fonctions métaboliques décrites ci-dessus, Staphylococcus
aureus a la capacité de synthétiser plusieurs enzymes telles que la catalase qui existe chez tous les
Micrococacceae, la coagulase, la désoxyribonucléase, la phosphatase, la hyaluronidase, la
fibrinolysine, la lipase et la protéolysine.
12
La présence d'une coagulase identifie, en pratique courante l'espèce Staphylococcus aureus. La
coagulase libre est une protéine diffusible, réagissant comme la prothrombine et coagulant, en
quelques heures, le plasma citraté de l'Homme ou du lapin. La forme liée, réagit directement avec
le fibrinogène, entraînant l'agglutination de Staphylococcus mis en contact avec du plasma.
L'activité de toutes ces enzymes explique, en partie, la physiopathologie de l'infection
staphylococcique.
Le pouvoir pathogène de Staphylococcus aureus tient également à la production d'un grand nombre
de substances diffusibles. L'hémolysine α ou staphylolysine α est cytotoxique et cytolytique. Elle a
un effet nécrotique sur la peau lié à son effet vasoconstricteur. Quant à la leucocidine, elle agit sur
les granulocytes, les macrophages et les basophiles et provoque leur immobilisation puis leur
dégranulation et leur lyse.
Certaines souches de Staphylococcus aureus élaborent cinq toxines protéiques responsables de
toxiinfections alimentaires dites entérotoxines staphylococciques A, B, C, D, E.
La toxine du syndrome de choc toxique est une toxine pyrogène et létale dite toxine du syndrome de choc toxique ou TSST (20).
II.5.3. Sources de Contamination et Prévention
Les aliments qui sont souvent impliqués dans des intoxications alimentaires à staphylocoques sont
la viande et les produits à base de viande, la volaille, les œufs, des salades, le thon, les pommes de
terre et les macaronis. Sont également impliqués les produits de boulangerie (11).
II.5.4. Pouvoir pathogène chez l’Homme
Staphylococcus aureus est un microorganisme pyogène responsable de la plupart des infections
suppurées de la peau et des muqueuses. Il "surinfecte" souvent les plaies négligées. Les principales
staphylococcies cutanées focales sont dues à la pénétration de Staphylococcus aureus au niveau des
annexes de la peau (follicules pilosébacés, glandes sudoripares) ou dans les muqueuses à l'occasion
d'une plaie, même minime. Elles donnent lieu à des folliculites, furoncles, sycosis, anthrax, orgelets,
hidrosadénites, panaris, onyxis, impétigo et abcès à localisations variées (sein, fesse, marge de
l’anus, aisselle, aine ....). Plus rares sont les conjonctivites, les angines, les phlegmons de
l'amygdale, les otites et les sinusites.
Les manifestations intestinales provoquées par les staphylocoques se présentent sous deux formes :
les toxiinfections alimentaires sont les plus fréquentes : il s'agit de troubles digestifs provoqués par
l'ingestion d'aliments contenant l'entérotoxine préformée, d'incubation très courte (une heure à six
heures après le repas) et évoluant sans fièvre. L’entérocolite aiguë pseudomembraneuse, plus rare,
13
survenant chez des sujets ayant reçu une antibiothérapie qui a sélectionné une souche intestinale de
St. aureus résistante au traitement et sécrétrice d'entérotoxine (12).
II.6. Salmonella
Salmonella, présente dans le tube digestif des animaux et de l’Homme et pouvant être alors à
l’origine de toxiinfections alimentaires très graves, est détruite par la cuisson. Cependant, les
nombreuses espèces de Salmonella diffèrent entre elles, quant à leur pouvoir pathogène. Bien que la
plupart des espèces puissent se retrouver dans les aliments, il est essentiel de prendre en
considération celles qui sont à l’origine de toxiinfections plutôt que celles qui sont à l’origine des
maladies infectieuses graves (fièvres typhoïdes et paratyphoïdes).
II.6.1. Caractères morphologiques
Salmonella est une bactérie en forme de bâtonnet, Gram négatif, anaérobie facultative, non sporulé,
principalement mobile, avec un diamètre de 0,7 μm à 1,5 μm, une longueur de 2 à 5 μm, et des
flagelles péritriches. L’obtention de leur énergie se fait par les réactions d'oxydation et les réactions
de réduction, à partir de sources organiques (13).
II.6.2. Sources de Contamination et Prévention
Les sources de contamination par Salmonella sont le manque d’hygiène lors des manipulations, une
contamination initiale de la matière première (surtout volailles, œufs) et des contaminations croisées
possibles par l’intermédiaire des manipulations et/ou des surfaces de travail. La prévention contre
de telles sources de contamination serait de veiller au nettoyage des mains, du matériel et des
surfaces de travail et de veiller à la qualité des matières premières (14).
Par ailleurs, il est important de bien cuire les aliments, en particulier les viandes et les oeufs. Il faut
aussi bien faire réchauffer les préparations déjà cuites, bien congeler et bien décongeler. Il faut
toujours séparer les aliments non cuites des aliments cuits ou prêts à être consommés.
Il faut toujours éviter les contaminations croisées, en veillant à laver correctement l'endroit où des
préparations ultérieures seront effectuées. Sinon d'autres aliments risquent d'être contaminés quand ils seront déposés à cet endroit (23).
II.7. Listeria monocytogenes
L. monocytogenes, appartenant au genre Listeria et division des Firmicutes, doit son nom à Joseph
Lister. Listeria monocytogenes est la seule espèce du genre Listeria pathogène pour l'Homme.
II.7.1. Caractères morphologiques
Listeria monocytogenes est un bacille de petite taille, non sporulé, anaérobie facultatif, ubiquitaire
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(sol, végétaux, eau), à Gram positif, synthétisant une catalase, mobile à +25°C. Elle est mobile,
14
grâce à ses flagelles. Selon certaines études, 1 à 10 % des humains seraient porteurs sains de
Listeria monocytogenes dans leur intestin.
II.7.2. Sources de Contamination et Prévention
Il existe plusieurs sources possibles de transmission de la maladie. Chez l’homme, la transmission
de la mère au fœtus, par la voie hématogène (listériose congénitale), peut se faire par voie digestive
ou par voie respiratoire (infection amniotique, aspiration des microorganismes situés au niveau du
col de l'utérus ou dans le vagin). Les infections nosocomiales sont des sources d’infections
transmissibles, lors d’actes thérapeutiques. Une transmission dite directe, par un simple contact, est
aussi possible. Une transmission indirecte se fait par l’intermédiaire d’un vecteur inanimé comme
les produits d’origine animale (15).
Listeria monocytogenes, étant une bactérie pathogène opportuniste, attaque préférentiellement les
sujets dont le système immunitaire est perturbé. C’est le cas des personnes âgées, des femmes
enceintes, des nouveau-nés et des personnes immunodéprimées telles que les cancéreux, les
transplantés, les personnes dépendantes aux narcotiques et au tabac, les personnes diabétiques mal
équilibrés et les alcooliques. En effet, la listériose est la troisième infection néonatale, après les
infections à Escherichia coli et Streptococcus.
En effet, la bactérie ingérée dans une nourriture quelconque (viande, légume, fromage..) peut
traverser la paroi intestinale et induire divers symptômes tels qu’un état pseudogrippal
apparemment bénin, notamment, chez la femme enceinte. Les symptômes sont plus importants chez
le foetus où la contamination in utero, au moment de l’accouchement, se traduit par des formes
septicémiques généralisées, donnant un avortement ou des complications qui surviennent dès la
naissance et/ou à des formes tardives se traduisant par une méningite. Chez les sujets fragiles,
l’infection peut se
traduire par des atteintes encéphalites neuroméningées. Chez
les
immunocompétents, peut survenir un syndrome pseudo grippal, avec fièvre, souvent inapparent.
La prévention serait la prise de précautions multiples, afin de lutter contre la listériose chez les
femmes enceintes, les patients immunodéprimés et les personnes âgées, d’éviter la consommation
de fromages à pâte molle au lait cru, d’enlever les croûtes de fromages avant leur consommation,
d’éviter la consommation de fromages vendus déjà râpés, d’éviter la consommation de poissons fumés et d’éviter la consommation de graines germées crues (soja, luzerne,…) (16).
II.7.3. Mode d’action
Listeria monocytogenes, capable de résister à la dégradation lysosomiale, par échappement des
phagosomes (vésicule de phagocytose), produit des toxines qui désorganisent la membrane du
phagosome. Une fois dans le cytosol, Listeria monocytogenes peut alors détourner le cytosquelette
d'actine à son profit, pour se déplacer et se propager vers d'autres cellules en répétant les mêmes
actions.
15
Deux des ses protéines de surface (InIA et InIB), en se fixant sur des récepteurs spécifiques
(E-Cadherine et Met) du placenta, permettent à
la bactérie de
traverser
la barrière
hématoencéphalique. La bactérie passe alors d'une cellule à l'autre, en se propulsant dans la cellule
infectée, en crevant la membrane plasmique de l'hôte et de la cible. Elle détourne la machinerie
cellulaire et le cytosquelette d'actine, pour favoriser la polymérisation des monomères d'actine en
une comète qui la propulse. La protéine (Act A), activateur des facteurs de nucléation de l'actine, qui provoque le recrutement et la polymérisation d'actine (16).
II.8. Campylobacter jejuni et campylobacter coli
Campylobacter jejuni et Campylobacter coli, espèces les plus fréquemment isolées chez l’Homme
infecté ou malade, peuvent être transmis de l’animal à l’Homme, par un contact direct avec les
animaux ou par le biais de la consommation ou de la manipulation de produits alimentaires
d’origine animale contaminés.
II.8.1. Caractères culturaux
Campylobacter
jejuni
et Campylobacter Coli
sont des bactéries
thermotolérantes,
à Gram négatif, très mobile, nécessitant pour une croissance optimale des conditions de
microaérophie, à une température de +42°C. L’ajout d’antibiotiques sélectifs, dans les milieux
d’isolement sont plus que nécessaires, à partir d’échantillons de produits alimentaires.
La sous-espèce jejuni et, bien plus fréquemment, isolée que la sous-espèce doylei. Campylobacter
jejuni et Campylobacter Coli sont les 2 espèces pathogéniques d’intérêt majeur car ce sont des
agents zoonotiques (16).
II.8.2. Sources de Contamination et Prévention
La source primaire des infections à Campylobacter jejuni ou Campylobacter coli chez l’Homme
semble être la manipulation ou la consommation des aliments contaminés crus ou mal cuits, la
viande de volaille, les contacts avec les animaux de compagnie et le bétail, la consommation d’eau
contaminée ou de lait cru et les voyages dans les zones à forte prévalence, puisque considérés
comme des facteurs de risque de la maladie humaine (17).
II.8.3. Pouvoir Pathogène
Une infection à Campylobacter jejuni peut engendrer, dans de rares cas, des neuropathies auto
immunes sévères (syndromes de Guillain Barré et de Miller Fisher) provoquées par un mimétisme
moléculaire entre les gangliosides (glycosphingolipides) exprimés dans la cellule nerveuse et les
lipooligosaccharides présents au niveau de la membrane externe de la bactérie.
16
Campylobacter jejuni et Campylobacter coli causent des entérites qui sont beaucoup plus
fréquentes chez l’enfant vivant dans des conditions d’hygiène précaires. Après une incubation de 1
à 3 jours, survient une diarrhée fébrile avec parfois du sang dans les selles ; des douleurs
abdominales et des vomissements sont habituels (18).
II.9. Vibrio parahaemolyticus
Bactérie marine, communément associée à des toxiinfections alimentaires, Vibrio parahaemolyticus
est associé aux produits de la mer.
II.9.1. Caractères culturaux
Vibrio parahaemolyticus est une bactérie qui se présente sous forme de Bacille, à Gram négatif,
oxydase positive, aéroanaérobie facultative, halophile, ayant un optimum de croissance à +37°C,
mais, pouvant croître à des températures de +5°C à +43°C. Elle peut se multiplier, dans les produits
de la mer, entre +10°C et 45°C. Le pH optimal est compris entre 7,8 et 8,6. Vibrio
parahaemolyticus synthétise deux hémolysines, une hémolysine directe thermostable (TDH) et une
hémolysine apparentée à la TDH (TRH).
Dans des conditions défavorables, la bactérie rentre dans un état dit «viable, mais, non cultivable ou
VNC» où elle ne peut être détectée par les techniques classiques de mise en évidence.
II.9.2. Habitat
Vibrio parahaemolyticus est présent dans l'environnement marin (notamment dans les eaux côtières
et les eaux des estuaires) où il est isolé d'eaux dont la température est supérieure à 10°C. Sa
multiplication est favorisée par une température supérieure à 20°C et une salinité modérée de 15 à
25 g par litre).
Le nombre de microorganismes augmente ou chute, en fonction de la température de l'eau. Lorsque
celle-ci est inférieure à +10°C, l'isolement de Vibrio parahaemolyticus est difficile, car il rentre
dans un état viable non cultivable. Les cellules prennent alors un aspect coccoïde et, au microscope
électronique, elles présentent des cloques et elles ont un aspect ridé. La réversion vers les formes
normales est favorisée par une augmentation graduelle de la température. Un autre facteur pouvant
expliquer la diminution du nombre de bactéries dans les eaux froides est liée à la prédation par les
bactéries du genre Bdellovibrio.
En effet, le pouvoir lytique de