Processus Stochastiques & Applications Financières
Chapitre 8
Calculs Stochastiques
OUESLATI Amor
25 mai 2014
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Table des matières
1
Intégrale Stochastique
1.1 Construction .
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1.2 Propriétés de l’intégrale stochastique .
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2 Les équations différentielles stochastiques
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2.1 Les équations différentielles ordinaires .
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2.2 Processus de Wiener et Équations différentielles stochastiques .
3 Fonctions du processus de Wiener et Lemme d’Itô
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3.1 Exemple Introductif .
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3.2 Le théorème fondamental du calcul
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3.3 Le lemme d’Itô .
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3.4 Le lemme d’Itô : Généralisation .
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3.4.1 Les processus d’Itô : Rappel
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3.4.2 Le lemme d’Itô : une généralisation .
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3.4.3 Le lemme d’Itô : une autre généralisation .
3.5 Le lemme d’Itô et le développement en série de Taylor .
DRAFT
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4.1 Le processus de covariance quadratique .
4.2 La règle de multiplication .
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4.3 L’existence d’une solution à une équation différentielle stochastique .
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4.4.1 Le mouvement brownien généralisé : Merton (1973) .
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4.4.2 Le processus d’Ornstein-Uhlenbeck : Vasicek (1977), généralisé par Hull-White (1990) .
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4 La solution d’une équation différentielle stochastique
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4.3.1 Qu’est-ce qu’une solution ? .
4.3.2 Existence, unicité et propriétés des solutions .
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Version
4.4 La classe des modèles gaussiens .
4.5 La classe des modèles affines .
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1
1
4
5
5
6
10
10
11
11
13
13
14
16
17
17
17
18
18
18
19
20
21
22
23
– Le chapitre précédent a mis en évidence le comportement particulier du processus de Wiener et plus précisément de ses
trajectoires, dérivables en aucun point.
– Par conséquent, il n’est pas possible de donner à l’expression
– Symétriquement, intégrer une fonction (ou un processus stochastique) par rapport à Zt implique de définir une notion
son sens courant de dérivée par rapport à t.
dZt
dt
d’intégrale particulière, compte tenu de la remarque précédente.
Preliminary
1
Intégrale Stochastique
1.1 Construction
– La construction de l’intégrale stochastique que nous proposons ci-dessous manque singulièrement de rigueur mathé-
matique.
– Elle est destinée à donner au lecteur l’intuition des problèmes posés lorsque l’on cherche à intégrer un processus par
rapport à un processus de Wiener.
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1
Nous reprenons dans un premier temps le modèle de marche aléatoire développé dans le chapitre précédent pour la construction
du processus de Wiener :
X0 = 0
Xn+1 = Xn + Yn+1
où
– Yn+1 = µ (Xn, n) h + σ (Xn, n) h
– Un+1 prenant toujours les valeurs 1 et −1 avec des probabilités identiques.
– L’expression Yn+1 suppose implicitement que les hypothèses H1 à H3 du chapitre précédent sont toujours vérifiées.
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1
2 .Un+1.
– Xn désigne en fait Xnh, n = 1, ..., N .
– µ et σ sont des fonctions de deux variables, σ prenant uniquement des valeurs positives.
– Il s’agit comme précédemment de définir la limite de XN lorsque N tend vers l’infini (N désignant ici encore le nombre
d’instants de cotation dans l’intervalle [0; t).
XN =
N
X
n=1
Yn
– Les coefficients µ (Xn−1, n − 1) et σ (Xn−1, n − 1) dépendent de h, délai séparant deux cotations et du prix atteint à
l’instant n − 1.
– Sous ces hypothèses on a :
– σ2 (Xn−1, n − 1) s’interprète comme la variance des rendements par unité de temps dans l’intervalle [(n − 1) h; nh].
– Notons AN et BN les deux termes du membre de droite de l’équation ci-dessus.
– Pour pouvoir procéder comme précédemment par passage à la limite, il faut pouvoir définir les quantités :
N
X
N
X
2
1
2
=
n=1
n=1
n=1
n=1
(cid:17) 1
t
N
N
X
N
X
= h
(cid:16) t
N
µ (Xn−1, n − 1) +
σ (Xn−1, n − 1) Un
σ (Xn−1, n − 1) Un
µ (Xn−1, n − 1) + h
DRAFT
Version
E (YN ) = µ (Xn−1, n − 1) h
V (YN ) = σ2 (Xn−1, n − 1) h
lim
N −→+∞
lim
N −→+∞
B =
A =
BN
AN
– Pour alléger les notations posons µn−1 = µ (Xn−1, n − 1) et σn−1 = σ (Xn−1, n − 1),
– Alors,
Preliminary
AN = t.
!
N
X
n=1
µn−1
N
fN (s) = µn−1 si s ∈ [(n − 1) h; nh[
– Considérons une fonction fN définie sur [0, t) par :
– AN est alors simplement l’intégrale de fN sur l’intervalle [0, t),
Z t
AN =
fN (s) ds
0
– Cette intégrale est une intégrale de Riemann classique.
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2
– Par conséquent, lorsque N tend vers l’infini, la suite des fonctions fN tend vers une limite que nous noterons µ (en
référence au terme de tendance dans la définition de XN ). Nous noterons donc,
Z t
A = lim
N −→+∞
AN =
µ (Xs, s) ds
0
Remarque 1.1.
– Le raisonnement ci-dessus n’est pas rigoureux dans le sens où µ (Xs, s) est une variable aléatoire.
– Cependant, il faut définir l’intégrale ci-dessus pour chaque réalisation de Xs, c’est à dire pour chaque état de la nature
ω ∈ Ω.
– La même approche ne peut être utilisée pour définir la limite de BN pour trois raisons :
– L’existence du terme h
– Le fait que les Un et les σn sont des variables aléatoires.
1
2 (infiniment grand devant h lorsque h tend vers 0)
– Il est nécessaire à ce stade de recourir à la notion d’intégrale stochastique d’Itô.
– Il s’agit de définir l’expression,
B = lim
BN = lim
N −→+∞
N −→+∞
h t
N
i 1
2
N
X
n=1
σn−1Un
– Notons maintenant X 0
– Elle est définie par
n la marche aléatoire qui a permis de construire le processus de Wiener standard.
– Notons Fn la tribu engendrée par les variables Xm, m ≤ n.
– Remarquons tout d’abord que pour toute valeur de N , σn−1 est Fn−1 mesurable et que X 0
n − X 0
n−1 est indépendant
– Lorsque N tend vers l’infini le processus X 0 tend vers Z processus de Wiener standard.
– De ce fait si σ et Z étaient des fonctions au sens classique du terme BN convergerait vers l’intégrale de Stieltjes de σ
(cid:1)
n=1
σn−1
N
X
(cid:0)X 0
1
2 Un
BN =
X 0
X 0
n−1 + h
n − X 0
0 = 0
n = X 0
DRAFT
Version
B = lim
BN =
σsdZs
N −→+∞
Z t
n−1
0
E (σn−1) E (cid:0)(cid:0)X 0
n − X 0
n−1
(cid:1)(cid:1)
– Cette notation permet d’écrire :
par rapport à Z.
– On noterait alors,
de Fn−1 donc de σn−1.
– On en déduit alors que,
N
X
n=1
= 0
E (BN ) =
Preliminary
E (cid:0)B2
(cid:1) =
N
N
X
n=1
– Par ailleurs,
E (cid:0)σ2
n−1
(cid:1) E
(cid:16)(cid:0)X 0
n − X 0
n−1
(cid:1)2(cid:17)
– Cette égalité est due à la linéarité de l’opérateur d’espérance ainsi qu’à l’indépendance des accroissements de X 0.
(cid:16)(cid:0)X 0
n − X 0
n−1
(cid:1)2(cid:17)
= h
E
– d’où
E (cid:0)B2
N
(cid:1) =
N
X
n=1
E (cid:2)h.σ2
n−1
(cid:3)
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3
– Considérons un processus stochastique YN défini sur [0, t] par :
YN (s) = σn−1
Si s ∈ [(n − 1) h, nh] pour tout ω ∈ Ω
– On a alors,
E (cid:0)B2
N
(cid:1) = E
(cid:19)
YN (s)2 ds
(cid:18)Z t
0
– Lorsque N tend vers l’infini, YN tend vers σ(cf. construction de YN ci-dessus).
– Par conséquent définir la limite de BN quand N tend vers l’infini (c’est à dire l’intégrale de σ par rapport à Z) de façon
à ce que cette limite soit de carré intégrable revient à supposer que
(cid:18)Z t
E
0
(cid:19)
σ2 (Xs, s) ds
< +∞
– Ces remarques conduisent à la définition suivante pour l’intégrale stochastique d’Itô.
Définition 1.1.
– Soit (cid:0)Zt, t ∈ R+(cid:1), le processus de Wiener standard et {Ft, t ≥ 0} la filtration naturelle de Z.
– Soit (Yt, t ≥ 0) un processus vérifiant :
1. (Yt, t ≥ 0) est adapté par rapport à {Ft, t ≥ 0}
2. E
(cid:18)Z t
0
(cid:19)
Y 2 (s) ds
– On appelle intégrale stochastique de Y par rapport à Z la variable aléatoire I (Y ) définie par :
où 0 = t0 < t1 < ... < tN = t et max (ti − ti−1) tend vers 0 lorsque N tend vers l’infini.
Remarque 1.2.
ci-dessus.
– L’intégrale d’Itô (Itô, 1944) est caractérisée par le choix opéré dans le membre de droite de l’équation
– Par exemple, si l’on utilise Y
au lieu de Y (ti−1), on obtient une autre intégrale stochastique connue
sous le nom d’intégrale de Stratanovitch.
Exemple 1.1.
– L’intégrale d’Itô est particulièrement bien adaptée (au sens courant du terme) aux modèles financiers en
– (Xt, t ∈ N ) désigne une martingale adaptée à une filtration (Ft, t ∈ N ) et représente la suite des prix d’un actif finan-
Y (ti−1) {Z (ti) − Z (ti−1)}
0
I (0, t, Y ) =
i=1
Z t
N −→+∞
N
X
< +∞
Y (s) dZ (s) = lim
DRAFT
Version
Qs [Xs − Xs−1]
(ti + ti−1)
Yt = Y0 +
(cid:16) 1
2
t
X
(cid:17)
s=1
– Qt est la quantité des titres détenue entre t − 1 et t, il s’agit donc d’un processus prévisible.
temps continu.
cier.
– La richesse de l’investisseur Yt s’écrit :
– Par référence à la définition, il semble naturel de noter
Preliminary
Yt = Y0 +
Z t
0
QsdXs
où l’intégrale stochastique est le gain (ou la perte) de l’individu dans l’intervalle [0, t].
Il faut remarquer que dans cet exemple
– Supposer que Qt est un processus prévisible implique que l’individu donne des ordres d’achat ou de vente "au mieux".
– En effet, la quantité achetée ou vendue en t au prix Xt, est égale Qt+1 − Qt.
– Si l’investisseur passe un ordre "limite", la transaction dépend alors de Xt+1, et le processus Qt est adapté mais non-
prévisible.
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4
1.2 Propriétés de l’intégrale stochastique
La proposition ci-dessous montre simplement que l’intégrale stochastique possède des propriétés analogues à celles de
l’intégrale de Stieltjes, en particulier en ce qui concerne la linéarité.
Proposition 1.1.
– Soit X et Y deux processus vérifiant les hypothèses [1.]et [2.] de la définition.
– (s, t, u) trois réels positifs vérifiant s < t < u et a un réel quelconque.
– On a alors,
1. I (s, u, Y ) = I (s, t, Y ) + I (t, u, Y )
2. I (s, u, aX + Y ) = a.I (s, u, X) + I (s, u, Y )
3. E [I (s, u, Y )] = 0
Remarque 1.3. I (s, t, X) est une variable aléatoire définie à une équivalence prés au sens de l’égalité presque sûre.
Proposition 1.2. Soit X un processus vérifiant [1.]et [2.] de la définition :
I (0, t, X) est une martingale.
Remarque 1.4.
– Ici encore la propriété est un prolongement du cas discret.
– En particulier, si l’on note (Fn, n ∈ N ), la filtration naturelle du processus (Znh, n = 1, ..., N ) et Y (t, N ) le proces-
sus,
– On a pour m ≤ N :
N
X
(cid:0)Znh − Z(n−1)h
(cid:1)
#
#
n=1
= E
(cid:1) |Fm
X(n−1)h
X(n−1)h
X(n−1)h
" N
X
Y (t, N ) =
n=1
" m
X
(cid:0)Znh − Z(n−1)h
(cid:0)Znh − Z(n−1)h
E [Y (t, N ) |Fm] = E
DRAFT
Version
n=1
= Y (t, m)
(cid:0)Znh − Z(n−1)h
(cid:0)Znh − Z(n−1)h
n=1
" N
X
E (cid:2)X(n−1)h
X(n−1)h
(cid:1) |Fm
(cid:1) |Fm
A =
m
X
n=m+1
+E
(cid:3)
#
(cid:1) |Fm
– Notons A + B la somme précédente.
–
car X(n−1)h est Fn−mesurable de même que Znh − Z(n−1)h
– Donc, A est a fortiori Fm− mesurable pour m ≥ n.
–
Preliminary
B = E
" N
X
n=m+1
– Il s’agit de montrer que B = 0.
– On peut procéder par récurrence en remarquant tout d’abord que :
(cid:1) |Fm
– E (cid:2)Xmh
– Et Z(m+1)h − Zmh est indépendant de Fm et centré.
– La sommation définissant B débute en fait à n = m + 2.
(cid:0)Z(m+1)h − Zmh
(cid:3) = 0 car Xmh est Fm− mesurable.
X(n−1)h
(cid:0)Znh − Z(n−1)h
(cid:1) |Fm
#
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5
2 Les équations différentielles stochastiques
2.1 Les équations différentielles ordinaires
Lorsque on modélise certaines situations, on ne savait pas à priori quelle fonction on doit utiliser, car on n’a qu’une connais-
sance locale du comportement de notre système.
Par exemple,
– Supposons que f (t) représente le prix d’une denrée à l’instant t.
– On écrit,
– La variation f (t + ∆t) − f (t) du prix de la denrée au cours d’une période de temps est proportionnelle :
f (t + ∆t) − f (t) = µ∆t.f (t)
avec µ ≥ 0
– A la longueur ∆t de la période de temps considérée.
– Ainsi qu’au prix f (t) de la denrée au début de la période.
– C’est-‘a-dire µ∆t.f (t) , µ étant une constante.
– En divisant de part et d’autre de l’égalité par ∆t, on obtient :
– Prenons maintenant la limite lorsque ∆t tend vers zéro :
– La notation souvent employée pour les équations différentielles permet de réécrire l’équation précédente sous la forme
suivante :
(1)
– On note que, techniquement parlant, l’objet df (t) n’est pas bien défini.
– Cette dernière équation n’est qu’une notation pour exprimer "la dérivée de la fonction est proportionnelle à la fonction
elle-même", c’est-‘a-dire,
d
dt
– L’inconnue, dans cette équation, est la fonction f . Nous cherchons les fonctions qui satisfont cette égalité.
– Il est possible de montrer que la fonction définie pour tout t ∈ R par
f (t + ∆t) − f (t)
∆t
= µf (t)
d
dt
= lim
∆t→0
µf (t) = µf (t)
df (t) = µf (t)dt
f (t) = lim
∆t→0
f (t + ∆t) − f (t)
∆t
DRAFT
Version
f (t) = ceµt, avec c est une constante quelconque
ceµt = cµeµt = µf (t)
f (t) = µf (t)
f (t) =
d
dt
satisfait l’équation.
– En effet, dans ce cas,
– On détermine la constante c à l’aide de la condition initiale.
– On connait le prix f0 de la denrée aujourd’hui.
– Par conséquent,
– Ce qui entraine que le prix de la denrée au temps t est
d
dt
Preliminary
f0 = f (0) = ceµ×0 = c
f (t) = f0eµt
Publicité
– Dans cet exemple, la connaissance du comportement infinitésimal du prix de la denrée (df (t) = µf (t)dt) et du prix
initial f0 suffit à déterminer de façon exacte le prix à tout instant.
– L’équation [1] est un exemple d’une équation différentielle ordinaire et ce dernier se comporte de façon tout à fait
charmante puisqu’il existe au moins une fonction f qui satisfait l’équation [1] et, de plus, il est possible de montrer que
cette fonction est nécessairement de la forme :
f (t) = f0eµt
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6
– Il existe des équations différentielles ordinaires beaucoup moins sympatiques. Par exemple,
df (t) =
f (t)
t2 dt
(2)
– La solution de cette équation a la forme
f (t) = ce
−1
t où c est une constante
– Il faut maintenant spécifier c à l’aide de la condition initiale. Or f (0) = 0 quel que soit c, ce qui implique que [2]
possède une infinité de solutions lorsque f (0) = 0 et n’en possède aucune lorsque f (0) 6= 0.
2.2 Processus de Wiener et Équations différentielles stochastiques
– On suppose maintenant que le processus stochastique S = {St : t ≥ 0} représente l’évolution du prix d’un actif risqué.
– On ne connait pas, en général, la loi qui gouverne un tel processus, mais on a peut-être une idée de son comportement
local.
– Par exemple, sur un court intervalle de temps de longueur ∆t, il est possible que ce prix ait tendance à varier propor-
tionnellement à la longueur de la période et au prix de l’actif au début de la période.
– Pour débuter, on écrit,
St+∆t − St = µSt.∆t
– Si, en général, les prix augmentent, alors µ est une constante positive et si les prix tendent à diminuer, alors µ est
négative.
– Il y a cependant un problème avec cette dernière équation :
– On n’est pas certain que le prix varie proportionnellement à la longueur de la période et au prix de l’actif.
– On prétends seulement qu’il a tendance à le faire.
DRAFT
Version
Il faut donc incorporer à notre équation une erreur non prévisible.
– Toutefois, on peut contrôler l’ampleur de cette erreur aléatoire.
– Par exemple, on peut supposer qu’elle dépend du prix de l’actif en début de période.
– En effet, on constate que plus le prix est élevé, plus le prix de l’actif risqué peut s’écarter de la tendance.
– De plus, l’erreur aléatoire doit aussi dépendre de la longueur de l’intervalle de temps considéré : plus l’intervalle est
grand, plus le prix risque de s’écarter de la tendance.
– C’est pourquoi, on ajoute un terme stochastique à notre équation de départ.
– Le terme stochastique à ajouter à notre équation initiale nous mène à l’équation
St+∆t − St = µSt∆t + σSt(∆t)1/2ξt
(3)
où σ est une constante positive et ξt est une variable aléatoire de loi N (0, 1) indépendante de {Su : 0 ≤ u ≤ t}.
– Cette dernière condition est importante, car on n’est pas capable de prédire l’erreur ξt en observant le comportement du
prix de l’actif risqué antérieurement à la date t.
– Cette équation est aléatoire et doit être satisfaite par "presque" tous les ω, c’est-‘a-dire que :
P r (cid:8)ω ∈ Ω : St+∆t (ω) − St (ω) = µSt (ω) ∆t + σSt (ω) (∆t)1/2ξt (ω)(cid:9)
1
Concernant l’amplitude de l’erreur aléatoire, remarquons que (∆t)1/2ξt est de loi N (0, ∆t) . De plus,
=
Preliminary
E (cid:8)σSt(∆t)1/2ξt|σ{Su : u ∈ {0, ∆t, 2∆t..., t}}(cid:9)
= σSt(∆t)1/2 × E {ξt}
= 0
n(cid:0)σSt(∆t)1/2ξt
t ∆t × E (cid:8)ξ2
= σ2S2
= σ2S2
t ∆t
|σ{Su : u ∈ {0, ∆t, 2∆t..., t}}
(cid:9)
(cid:1)2
E
t
o
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7
– Ce qui implique que l’écart-type conditionnel de notre terme d’erreur est σSt(∆t)1/2.
– Ainsi, plus la longueur de l’intervalle de temps ∆t est grande ou plus le prix St du titre est élevé, plus l’écart-type de
l’erreur aléatoire est grand.
– Cela implique que les valeurs pouvant être prises par l’erreur aléatoire sont plus dispersées autour de son espérance (qui
est de zéro).
– Réécrivons l’équation [3] pour la période suivante :
St+2∆t − St+∆t = µSt+∆t∆t + σSt+∆t(∆t)1/2ξt+∆t
– Si on ne veut pas être en mesure de prédire l’erreur ξt+∆t, il faut que cette dernière soit indépendante de {Su : u ∈
{0, ∆t, ..., t + ∆t}}.
– Pour cette raison, on introduit le mouvement brownien puisqu’il est un processus gaussien dont les incréments sont
mutuellement indépendants :
St+∆t − St = µSt∆t + σSt (Zt+∆t − Zt)
– Notons que la loi de (Zt+∆t − Zt) est la même que la loi de (∆t)1/2ξt : elles sont toutes deux de loi N (0, ∆t).
Soit Z = {Zt : t ≥ 0} un mouvement brownien construit sur un espace probabilisé filtré (Ω, F, F, P ) tel que la filtration F
est celle engendrée par le mouvement brownien, augmentée de tous les évènements de probabilité nulle, c’est-‘a-dire que pour
tout t ≥ 0,
– Le prix de l’actif risqué aujourd’hui (t = 0) est connu avec certitude.
– S0 est donc (∅, Ω)−mesurable donc F0−mesurable.
– Reprenons l’équation [3] en prenant t = 0.
(Z∆t − Z0)
}
{z
|
F∆t−mesurable, ind´ependant de F0
}
S∆t =
+
Ft = σ(N et Zs : 0 ≤ s ≤ t)
+ µS0∆t
| {z }
F0−mesurable
S0
|{z}
F0−mesurable
|
σS0
|{z}
F0−mesurable
{z
F∆t−mesurable
DRAFT
Version
σSk∆t
| {z }
Fk∆t−mesurable
{z
F(k+1)∆t−mesurable
+ µSk∆t∆t
| {z }
Fk∆t−mesurable
+
Sk∆t
|{z}
Fk∆t−mesurable
|
(cid:0)Z(k+1)∆t − Zk∆t
{z
|
F(k+1)∆t−mesurable, ind´ependant de Fk∆t
}
(cid:1)
}
– Ce qui implique que S(k+1)∆t est F(k+1)∆t−mesurable.
– Notre processus S habite sur le même espace probabilisé filtré que le mouvement brownien Z qu’on a utilisé pour le
construire.
– Lorsque les intervalles de temps de longueur ∆t deviennent de longueur infinitésimale, on obtient une équation du type
– On constate que S∆t est F∆t−mesurable.
– On peut montrer par induction que Sn∆t est Fn∆t− mesurable, quel que soit l’entier positif n.
– En effet, supposons qu’il existe k ∈ {0, 1, 2, ...} tel que Sk∆t est Fk∆t−mesurable. Alors
S(k+1)∆t =
Preliminary
dX(t) =
– Cette dernière équation est un exemple d’équation différentielle stochastique.
dSt = µStdt + σStdZt
Définition 2.1. On appelle équation différentielle stochastique, la différentielle stochastique d’un processus d’Itô assortie de
conditions aux bornes. Un exemple de ce type d’équation est :
µ(X(t), t)
}
{z
|
coef f icient de d´erive
dt +
σ(X(t), t)
}
{z
|
coef f icient de dif f usion
dZ(t)
(4)
avec X0 = c où Zt désigne le processus de Wiener standard, et les fonctions σ : R × [0, ∞) → R et µ : R × [0, ∞) → R
sont des fonctions mesurables.
Remarque 2.1.
– Dans le cas général, X0 est une variable aléatoire ce qui implique dans la formulation ci-dessus que c
est aléatoire.
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8
– Cette condition pourrait s’écrire :
X (0, w) = c (w)
(l’égalité est donc réalisé presque surement).
De telle équations différentielles sous sa forme générale devrait soulever quelques interrogations :
(i) Le terme σStdZt n’est pas bien défini, particulièrement si on se rappelons que les trajectoires du mouvement brownien
sont nulle part différentiables !
(ii) Existe-t-il une solution à cette équation ? et
(iii) Si cette solution existe, est-elle unique et comment faisons-nous pour la trouver ?
Remarque 2.2. Notons que la solution à une équation différentielle stochastique n’est pas, comme dans le cas des équations
différentielles ordinaires, une fonction mais est un processus stochastique.
(i) Que signifions-nous par σ(X(t), t)dZ(t) ? On n’a pas défini ce terme.
– Dans les faits, l’équation [4] a la forme différentielle de l’équation intégrale :
X(t) = X(0) +
µ(X(u), u)du +
σ(X(u), u)dZ(u)
Z t
Z t
0
0
Z t
et on connait maintenant la signification du terme
σ(X(u), u)dZ(u).
– Il n’existe pas toujours de solution à cette équation et on verra quelques résultats nous donnant des conditions sur les
fonctions σ et µ qui feront en sorte qu’une solution existe.
(ii) & (iii) Pour répondre aux questions (ii) et (iii), nous avons besoin de quelques outils supplémentaires.
– Le processus de Wiener standard Zt se caractérise donc par des paramètres µ (Xt, t) = 0 et σ (Xt, t) =
– Quant au processus de Wiener général , ses paramètres sont constants ; µ (Xt, t) = µ et σ (Xt, t) = σ. Sa différentielle
Remarque 2.3.
1 pour tout t.
stochastique s’écrira de ce fait :
0
dXt = µdt + σdZt
DRAFT
Version
E [dZ1,t.dZ2,t] = rtdt
V [dZ1,t.dZ2,t] = o (dt)
Proposition 2.1. Soit (Zt, t ≥ 0) un processus de Wiener standard :
– E (dZt) = 0; V (dZt) = dt
– V (cid:0)dZ 2
(cid:1) = o (dt)
t
– dZt.dt = o (dt)
– (dZt, t ≥ 0) est un processus stationnaire au sens large.
– E (dZt1 .dZt2 ) = 0 pour t1 6= t2
– Si (Z1,t, t ≥ 0) et (Z2,t, t ≥ 0) sont deux processus de Wiener standards, on a :
– La proposition suivante décrit les règles de calcul liées aux différentielles stochastiques et plus particulièrement à dZt.
– Le principe en est relativement simple ; en considérant que dZt peut d’écrire Zt+dt − Zt.
– Les propriétés de Zt permettent d’évaluer les moments de dZt.
où rt est le coefficient de corrélation de dZ1,t et dZ2,t.
Démonstration.
–
Preliminary
E (dZt) = E (Zt+dt) − E (Zt)
(cid:1)
= 0
V (dZt) = E (cid:0)dZ 2
= E (cid:0)Z 2
= (t + dt) + t − 2t
t+dt
t
(cid:1) + E (cid:0)Z 2
t
(cid:1) − 2E (Zt+dt.Zt)
= dt
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9
– dZ 2
t = U 2
t dt d’où,
V (cid:0)dZ 2
t
t dt(cid:1)2
(cid:1)2i
t dt2(cid:1) − E (cid:0)U 2
(cid:1) = E (cid:0)U 4
h
E (cid:0)U 4
= dt2.
= dt2. (cid:0)E (cid:0)U 4
= o (dt)
(cid:1) − E (cid:0)U 2
(cid:1) − 1(cid:1)
t
t
t
La dernière égalité se justifie par le fait que les variables Ut sont normales centrées réduites.
– Pour montrer que dZtdt = o (dt) (donc non aléatoire, il suffit de montrer que V (dZtdt) est infiniment petit par rapport
à dt et de ce fait sera considéré comme négligeable.
V (dZtdt) = (dt)2 E (cid:0)dZ 2
= (dt)3
= o (dt)
t
(cid:1)
– dZt est stationnaire si ses moments sont indépendants de t, or
et les moments d’ordre n (n > 3) sont nuls si n est impair et égaux à [(n − 1) (n − 3) ...] dt si n est pair.
– En particulier,
Comme dZ 2
t n’est pas o2 aléatoire Cov (cid:0)dZ 2
car les accroissements du processus de Wiener sont indépendants.
t
t
(cid:1)
t .dZt
t , dZt
t , dZt
(cid:1) = 0
E (cid:0)dZ 3
(cid:1) .E (dZt)
(cid:1) + E (cid:0)dZ 2
(cid:1) = E (cid:0)dZ 2
= Cov (cid:0)dZ 2
E (dZt) = 0 et V (dZt) = dt
DRAFT
Version
= rt {V [dZ1,t] .V [dZ2,t]}1/2
= rtdt
E [dZ1,tdZ2,t] = Cov (dZ1,t, dZ2,t)
E (dZt1 .dZt2 ) = 0 pour t1 6= t2
(cid:3) − E [dZ1,t.dZ2,t]2
–
–
Par ailleurs,
V [dZ1,tdZ2,t] = E (cid:2)dZ 2
= dt2 − r2
= o (dt)
1,t.dZ 2
2,t
t dt2
Preliminary
3 Fonctions du processus de Wiener et Lemme d’Itô
3.1 Exemple Introductif
– Lorsqu’on suppose que les cours ou les rendements des titres sont des processus stochastiques, on est amené à étudier
les relations entre ces différents processus.
– En particulier, lorsq’un processus est caractérisé par une différentielle stochastique, il s’agit de déterminer la différen-
tielle stochastique de toute fonction suffisamment régulière de ce processus.
– Cette approche présente un intérêt pratique immédiat dés que l’on analyse l’évaluation de contrats conditionnels.
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– En effet lorsqu’on cherche par exemple à déterminer le prix d’équilibre d’une option d’achat, dont le cours du titre
support du contrat est l’un des déterminants essentiels.
– Le processus stochastique qui modélise le prix de l’option doit de ce fait être caractérisé à l’aide des paramètres du
processus de prix (ou de rendement) du titre support.
– Si l’on introduit la dimension temporelle, les rendements seront supposés suivre un processus de Wiener se caractérisant
par une différentielle stochastique du type
dXt = µdt + σdZt
avec Zt est le processus de Wiener standard.
– Le problème est alors de caractériser le processus des cours compte tenu de l’approximation,
avec Yt désigne le cours au jour t.
– L’égalité précédente peut encore s’écrire
Xt = log
(cid:19)
(cid:18) Yt
Yt−1
Yt = Yt−1 exp (Xt)
– Pour déterminer les paramètres caractéristiques du processus Yt, il suffit d’établir les relations liant les paramètres d’un
processus Xt avec ceux d’un processus Yt de la forme générale
– Le lemme d’Itô est l’équivalent stochastique du théorème fondamental du calcul.
– Il nous permettra de déterminer l’équation différentielle stochastique satisfaite par certains processus stochastiques
donnés.
– Le théorème fondamental du calcul stipule que si
: R → R représente la dérivée de la fonction f : R → R, alors
avec f est une fonction quelconque.
3.2 Le théorème fondamental du calcul
df
dx
Yt = f (Xt, t)
DRAFT
Version
f (b) − f (a) =
2ZsdZs?
(x) dx
df
dx
t2 =
2xdx
t =
Z b
Z t
Z t
Z 2
a
0
0
Exemple 3.1. si f (x) = x2, a = 0 et b = t, alors
Est-ce que cette règle est encore valable dans le contexte du calcul stochastique ? Est-ce que
– On a observé lors de la construction de l’intégrale stochastique que les trajectoires du processus
pouvaient être négatives à certains instants :
(5)
Z t
0
ZsdZs : 0 ≤ t ≤ T
Preliminary
– Or, le membre de gauche de l’égalité [5] est nécessairement non-négatif alors que celui de droite peut prendre des
valeurs négatives.
– Il y a contradiction et on conclut que l’équation [5] est fausse.
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3.3 Le lemme d’Itô
– Le Lemme d’Itô appelé aussi théorème fondamental du calcul stochastique est le résultat le plus utilisé dans les modèles
financiers en temps continu.
– Il permet de calculer la différentielle stochastique d’un processus Yt à partir de celle d’un processus Xt avec Yt et Xt
sont liés par une relation fonctionnelle du type,
Yt = f (Xt, t)
Lemme 3.1 (d’Itô (Première version)). Soit Z, un mouvement brownien construit sur l’espace probabilisé filtré (Ω, F, F, P )
et f : R → R, une fonction dont les deux premières dérivées existent et sont continues. Alors ∀0 ≤ t ≤ T ,
f (Zt) − f (Z0)
P −p.s.
=
Z t
0
df
dz
(Zs)dZs +
1
2
Z t
0
d2f
dz2 (Zs)ds
(6)
Sous sa forme différentielle, l’équation [6] s’écrit,
df (Zt) =
df
dz
(Zt) dZt +
1
2
d2f
dz2 (Zt)dt
Exemple 3.2. Par exemple, si f (x) = x2, alors
En remplaçant dans l’équation d’Itô, nous obtenons
et
ce qui implique
0
0
0
Z 2
t
Z t
Z t
Z t
P −p.s....