Module de Gestion d’Entreprise
PARTIE 1 :
LA GESTION DE L’ENTREPRISE
ENIT Aida HARMEL BESBES & Wyssal ABBASSI JAMALEDDINE
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Chapitre 1 :
L’ENTREPRISE ET SON ENVIRONNEMENT
Section 1 : Définition de l’entreprise
Les définitions de l’entreprise sont multiples et variées. Elles se complètent sans se contredire.
- L’entreprise : une unité de production
En tant qu’une unité de production, l’entreprise combine des facteurs de production en vue de
produire des biens et/ou des services, destinés à être écoulés sur un marché à un prix supérieur
au coût des facteurs achetés.
La production peut consister en la transformation des matières, en un déplacement de biens, en
une mise à la disposition du consommateur ou en une prestation de services.
De part cette définition, l’entreprise est considérée comme un agent économique participant à
l’activité des pays.
- L’entreprise : une unité de répartition
L’entreprise n'est pas la créatrice de tout ce qui compose le produit ou le service qu’elle vend.
Le plus souvent, elle achète des matières premières, et/ou des produits semi-finis
(intermédiaires). La différence entre le prix de vente de son produit et la valeur totale des
dépenses qu'elle a engagée pour se procurer les biens et services qu'elle transforme, représente
le supplément de richesse créé par l’entreprise ou « valeur ajoutée » (VA=valeur de la
production (P) – consommation intermédiaire (CI)). Cette valeur ajoutée est répartie entre les
différents agents ayant contribué d’une manière ou d’une autre à sa réalisation. Il s’agit
principalement :
• du personnel sous forme de salaires ;
• de l’Etat sous forme de cotisation sociale, impôts ;
• des actionnaires sous forme de dividendes ;
• des banques sous forme d’intérêts ;
• de l'entreprise elle-même : pour les futurs investissements.
La somme des valeurs ajoutées des entreprises d’un pays est son « Produit Intérieur Brut »
(PIB) :
ΣVA = PIB (Ensemble des valeurs ajoutées dégagées par les entreprises d'un pays)
- L’entreprise en tant que cellule sociale
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L’entreprise constitue un ensemble homogène d’individus et de groupes qui participent à la
réalisation d’une finalité commune au sein d’une organisation structurée. Cette organisation est
dotée d’une définition claire des postes, des centres de décision, de modes de travail et de
contrôle des activités.
- L’entreprise en tant que centre de décision
L’entreprise en tant qu’entité juridique autonome est dissociée de ses fondateurs. Elle est donc
un centre de décisions coordonnées et contrôlées afin qu’elles puissent converger le plus
efficacement vers les objectifs de l’entreprise.
- L’entreprise en tant que système
L’entreprise est un système ouvert qui est en adaptation permanente et continue avec son
environnement.
Elle est en fait un système ouvert, évolutif, finalisé (qui a ses propres buts) régulé par une
direction et composée de sous-systèmes.
Section 2 : Le rôle de l’entreprise
- Rôle économique :
L’entreprise joue un rôle économique qui lui attribue certaines priorités :
•
rassembler les ressources en optimisant l’utilisation et la combinaison des
facteurs de production
• accroitre ses parts de marché en augmentant son chiffre d’affaire et donc la
maximisation de profit.
- Rôle social :
Ce rôle se dessine à partir de
• L’harmonisation des rapports sociaux en favorisant un climat d’entente entre les
employés et en gérant les conflits éventuels.
• La facilitation de l’intégration des employés au sein de l’entreprise (à travers la
consultation avant la décision, participation au capital).
- Rôle sociétal :
L’entreprise joue un rôle sociétal de part sa participation à la vie de la société. On parle alors
d’entreprise citoyenne définie comme un acteur économique socialement responsable. De part
ce rôle, l’entreprise doit concilier son intérêt personnel à celui de la société toute entière. Elle
participe par exemple à la lutte contre le chômage, elle a une responsabilité écologique.
Section 3 : Typologie des entreprises
On peut classer les entreprises selon plusieurs critères.
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Figure 1. Classification des entreprises
I- Classification juridique :
A- Entreprises privées : On distingue
1- Les entreprises individuelles détenues par une seule personne (publinet, bureau
d’étude,…)1 ; elles sont assimilées à leurs propriétaires – seules responsables de la
gestion et la direction- et aucune distinction n’est faite entre le patrimoine de l’entreprise
et celui de l’exploitant. En cas d’impossibilité de l’entreprise et par conséquent de son
propriétaire à honorer les engagements financiers, ce dernier peut être déclaré en faillite.
2- Les entreprises sociétaires privées : Ce sont des entreprises dont le capital est détenu
par deux ou plusieurs particuliers qui conviennent de mettre en commun leurs apports
pour partager le bénéfice ou profiter de l’économie qui pourraient résulter de l’activité
de la société (article 2 du Code des sociétés commerciales CSC). Cependant le même
article énonce la possibilité de créer une société unipersonnelle sous forme d’une
Société A Responsabilité Limitée par un seul individu qui affecte une partie de son
patrimoine à la réalisation d’une activité bien spécifiée
Deux grandes familles de sociétés peuvent être dans ce cadre distinguées : les sociétés
de personnes et les sociétés de capitaux. A côté d’eux, notre droit prévoit l’existence
d’une société hybride à savoir la société à responsabilité limitée SARL. Ces sociétés
diffèrent par leur statut juridique.
Publicité
a. Les sociétés de personnes : Ce sont des entreprises caractérisées par des
associés qui se connaissent et dont la confiance est mutuelle, la
responsabilité est collective, indéfinie et solidaire. Il s’agit principalement
des :
• Société en Nom Collectif : La SNC est une société caractérisée par une
responsabilité illimitée solidaire et indéfinie qui pèse sur ses associés.
Cette structure convient aux porteurs de projet qui désirent créer une
société fermée composée uniquement de personnes qu'ils connaissent bien
1 Les entreprises individuelles sont régies par le code de commerce et le code des obligations et des contrats
(COC)
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et en qui ils ont confiance. Les parts sociales ne peuvent en effet être cédées
que si les associés le décident à l'unanimité.
• Société en commandite simple : cette forme de société de personne est
caractérisée par la présence de deux catégories d'associés. Les premiers
appelés commandités, ont le statut d'associés d'une société en nom
collectif, (ils doivent donc être obligatoirement commerçants), ils sont
indéfiniment responsables du passif. Les autres appelés commanditaires,
responsables à hauteur de leur apport.
• Société en participation : il s’agit d’une société sans personnalité morale,
non publiée au RCS (Registre du commerce et des sociétés), créée entre
plusieurs personnes physiques ou morales, dans un esprit de collaboration.
Les tiers n’ont par conséquent de relation juridique qu’avec l’associé avec
lequel ils ont contracté.
b. Les sociétés de capitaux : pour lesquelles les actionnaires ne sont
responsables qu’à concurrence de leurs apports. On distingue les Sociétés
anonymes SA., les sociétés en commandite par actions S.C.A.
• Société anonyme : c’est une société commerciale dite "de capitaux", son
capital est déterminé à l'avance et divisé en actions librement cessibles et
négociables. Elle est gérée généralement par un conseil d’administration
et ses fondateurs, appelés "actionnaires", ne sont responsables des dettes
sociales qu’à concurrence de leurs apports.
• Société en commandite par action : Société de capitaux dont le capital
est divisé en actions, elle est constituée par deux types d'associés, les
commandités qui ont la qualité de commerçant et qui répondent
indéfiniment des dettes sociales et les commanditaires qui sont des
actionnaires et ne supportent donc la dette qu'à hauteur de leur
engagement, leur nombre ne peut être inférieur à trois.
c. Société à responsabilité limitée SARL : c’est une forme hybride dont le
capital est divisé en parts sociales non cessibles librement, et dont les
associés sont responsables à concurrence de leur apport. Comme son nom
l'indique son objet est de limiter la responsabilité des associés aux seuls
actifs de la société.
d. Société unipersonnelle à responsabilité limitée SUARL : c’est une SARL
constituée par une seule personne. L’associé unique doit s’occuper
personnellement de sa gestion.
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Tableau. 1. Comparaison des entreprises sociétaires privées
Nombre d’associés
S.N.C.
2 min
S.A.R.L.
S.A.
2min / 50 max
Min 7 personnes
Responsabilité
illimitée
Capital min
Non fixé
juridiquement
Limitée aux
apports
mille dinars
Limitée aux apports
5 milles dinars sans
appel à l’épargne
publique*
Sinon 50 milles dinars
Nature des titres
Parts sociales
Parts sociales
Actions
Cessibilité des titres Accord unanime des
associés
Accord de la
majorité
Librement
négociables
Statut des associés
commerçants
associés
actionnaires
**Est réputée faisant appel à l’épargne publique, toute personne morale :
- Dont les titres sont admis aux négociations en bourse des valeurs mobilières
- Dont les titres sont diffusés au-delà d’un cercle restreint de personnes
- Qui pour le placement des titres qu’elle émet a recours soit : aux banques, aux établissements financiers
ou intermédiaires en opérations de bourse, soit à la publicité,…
B- Entreprises publiques :
Elles sont la propriété ou sous le contrôle de l’Etat (contrôle direct ou indirect) ou des
collectivités publiques telles que les sociétés nationalisées, ministres, etc.
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Ces entreprises ont pour mission de rendre services aux citoyens et ne cherchent pas
systématiquement le profit. Ce qui importe c’est la bonne gestion d’un service public : telles
que la SONEDE : eau potable, la STEG : production et distribution de l’électricité et du gaz,
etc.
C- Les sociétés civiles :
Elles regroupent des personnes qui n’ont pas la qualité d’un commerçant mais occupent des
professions (avocats, notaires, etc.)
II- Classification économique :
A. Selon la taille
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Plusieurs critères peuvent être retenus pour classer les entreprises en petites, moyennes et
grandes. La taille peut être mesurée à travers : l’effectif des employés, les capitaux propres, la
part du marché,…
D’une manière générale :
- Les petites entreprises : sont caractérisées par un entrepreneur qui en dirigeant son affaire
prend une part active à l’exécution de son travail (artisan, agriculteur, commerçant,…)
- Les moyennes entreprises : l’entrepreneur n’exécute pas lui-même son travail, mais il
contrôle son exécution.
- Les grandes entreprises : l’entrepreneur se contente de la direction et des prises de décisions
stratégiques.
B. Selon l’activité :
On peut regrouper les entreprises par :
• Par domaine d’activité c'est-à-dire des entreprises qui ont des techniques,
des structures et des méthodes relativement semblables. On distingue :
Entreprises agricoles, Entreprises industrielles, Entreprises commerciales,
Entreprises de prestations des services, établissements de crédit et
d’assurance,…
• Par branche d’activité càd des entreprises qui offrent des produits de même
nature et de même catégorie, exemple : branche textile, agro-alimentaire.
• Par secteur d’activité : ensemble d’entreprise qui produisent des biens et
des services analogues entrant dans une même catégorie. On distingue le :
o secteur primaire : activités productives de matières non transformées
liées donc à l’exploitation de ressources naturelles telles que
l’agriculture, la pêche ;
o
o
le secteur secondaire regroupe les activités liées à la transformation des
matières premières issues du secteur primaire tels que industrie
manufacturière, construction…) ;
enfin le Secteur tertiaire défini par exclusion des deux autres secteurs
c'est-à-dire il regroupe toutes les activités qui ne font pas partie du
secteur primaire et secondaire.
C. par nature de mode de production : Production unitaire ou par lot de petite
quantité (bateaux, avions, joaillerie,…) c’est une production personnalisée
qui réponds aux besoins spécifiques du client; production de masse ou en
série : fabrication en grande quantité de biens identiques et similaires
(yaourt, stylos,…)
Section 4: L’environnement de l’entreprise
1/ Définition :
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L’entreprise ne vit pas en autarcie, elle est conditionnée par le milieu dans lequel s’insère son
activité et entretient des relations constantes et permanentes avec son environnement. Ce
dernier englobe l’ensemble des éléments externes susceptibles d’affecter directement ou
indirectement son activité et ses performances.
L’entreprise s’intéresse à son environnement pour :
- saisir les opportunités et faire face aux menaces qui se présentent. Dans ce cas
l’entreprise procède à une observation indirecte de son environnement càd à une
ouverture continue sur ce dernier sans objectifs préalables.
- mieux connaitre les entreprises concurrentes et les besoins de ses consommateurs.
L’observation est active puisque l’information recherchée est ciblée et centrée sur un
problème donné.
- définir ses choix de base (positionnement par rapport aux concurrents, localisation,
circuits de distribution, ...) à travers une analyse basée sur une démarche systémique
càd résultant d’un effort délibéré et déterminé par une méthodologie et une procédure
bien claire.
- agir sur cet environnement et varier certains facteurs, on parle alors d’observation
conditionnelle càd une ouverture continue sur l’environnement mais qui s’applique à
un problème spécifique.
2/ Les composantes de l’environnement :
On distingue le macro environnement et le microenvironnement.
a/ L’environnement général :(ou macro ou global)
Il constitue le contexte dans lequel l’entreprise exerce son activité. Il peut s’agir de l’ensemble
des facteurs pouvant affecter l’entreprise mais sur lesquels elle n’a pas d’influence directe
(milieu politique, social, juridique, international,…). Généralement ce type d’environnement
présente une évolution lente et étalée sur une longue période mais qui peut être parfois brutale
(les retombées du 11 septembre).
b/ L’environnement spécifique : (immédiat, micro)
Il comprend l’ensemble des éléments en rapport direct avec l’entreprise et sur lesquels elle peut
avoir de l’influence. L’influence de ces variables dépend avant tout de l’importance de
l’entreprise, sa taille, son appartenance à un groupe,…).
3/ Relation entre entreprise et son environnement :
a/ L’environnement spécifique :
Il englobe les partenaires de l’entreprise. Chacun est caractérisé par une forme de relation
(coopération, concurrence, partenariat, intégration, etc.).
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Ces relations supposent la compréhension et l’analyse des attentes et des fonctions de
préférences de chaque partenaire qui détient d’une manière ou d’une autre un pouvoir sur
l’entreprise.
Les éléments de l’environnement spécifique sont :
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Les clients : des personnes physiques ou morales qui achètent les produits de l’entreprise. Ils se
situent en aval de l’activité de l’entreprise. Les clients sont devenus de plus en plus exigeants.
Ils cherchent la continuité du service dans le respect de la trilogie prix-qualité-délai
Les fournisseurs : des personnes physiques ou morales qui approvisionnent l’entreprise en
ressources nécessaires à l’exercice de son activité. Ils cherchent la continuité d’exploitation et
le respect des délais de paiement.
Les intermédiaires : ils sont appelés aussi des agents de distribution. Ils se situent entre
l’entreprise et le consommateur final. Ils sont rarement passifs puisqu’ils influencent aussi bien
le consommateur final que l’entreprise.
Les concurrents : ce sont des entreprises qui offrent le même produit ou des produits de
substitution (càd ceux qui permettent au consommateur de satisfaire un même besoin). La
concurrence peut intervenir aussi sur le marché des ressources d’exploitation lorsque deux
entreprises n’appartenant pas à un même secteur ou domaine d’activité s’approvisionnent chez
un même fournisseur.
Les bailleurs de fonds : on distingue :
- Les actionnaires : ce sont des personnes physiques ou morales dont l’objectif est de fructifier
leurs investissements. Ils cherchent en permanence des revenus des placements effectués sous
forme de dividendes et de plus-value.
- Les banques : elles sont indispensables puisqu’elles permettent à l’entreprise d’avoir : un lieu
de dépôt sûr pour ses moyens financiers, des fonds sous forme de crédits moyennant le paiement
d’un taux d’intérêt, des découverts afin de résoudre les problèmes de liquidité. Les banquiers
cherchent une rémunération appropriée des services offerts et une sécurité des placements.
Le personnel : en contre partie du travail fourni, l’entreprise verse une rémunération à ses
salariés. Ces derniers cherchent un revenu suffisant et un profil de carrière bien claire.
La mass-média : c’est l’ensemble des supports de diffusion massive. Ella un rôle important
puisqu’elle permet d’influencer l’opinion publique et de véhiculer l’image de l’entreprise.
Au cours de l’exercice de son activité, l’entreprise doit concilier son intérêt et celui de ses
partenaires afin d’éviter des situations défaillantes, de menace ou de blocage.
b/ L’environnement général :
L’environnement juridique ou institutionnel : il fournit les lois et les règlements en vigueur dans
un pays. Il définit donc le contexte de l’activité économique de l’entreprise et les échanges qui
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ont lieu entre les différents agents économiques à travers un arsenal juridique diversifié (droit
commercial, droit pénal, droit de travail, etc.).
L’environnement politique :
Il est caractérisé par la situation politique de l’Etat et qui peut être favorable ou non pour
l’entreprise. Il se caractérise aussi par la nature de l’intervention du pouvoir publique sur
l’économie càd les objectifs de la politique économique.
L’environnement social : il comprend les facteurs externes relatifs aux changements du
comportement de la population et des consommateurs tels que le développement des
compétences humaines, le développement de l’emploi féminin, etc.
L’environnement technologique : il regroupe les techniques mises au point pour la
transformation des ressources en biens et services. Il regroupe aussi les nouveaux procédés de
diffusion de l’information et de sa gestion.
L’environnement naturel : il est relatif à toutes les données d’ordre naturel dans le pays ou la
région sur laquelle l’entreprise est implantée (conditions climatiques, disponibilité des
ressources naturelles…) ?
L’environnement économique : la situation de l’entreprise dépend des conditions du pays qui
peut être mesurée et évaluée à partir de plusieurs indicateurs (PIB, etc.).
L’environnement culturel : c’est l’ensemble des valeurs et coutumes de la société dans laquelle
évolue l’entreprise et qui conditionne son fonctionnement.
4/ Caractéristiques de l’environnement :
L’environnement peut revêtir plusieurs formes ; il peut être turbulent, complexe, hostile,
favorable, etc.
a/ Environnement turbulent : il est caractérisé par une perte de contrôle sur l’avenir de
l’entreprise. Il est perçu ainsi lorsque l’entreprise ne dispose pas de ressources suffisantes
capables d’affronter avec succès les nouvelles contraintes et les conditions qui lui sont
imposées.
b/ Environnement complexe : c’est un environnement faisant intervenir plusieurs variables qui
interagissent. Dans de telles conditions ; le manager doit surveiller en permanence ses
composantes par la mise en place d’un système de veille stratégique actif et/ou anticiper l’avenir
en prévoyant plusieurs scénarios possibles. On parle de prospectives stratégiques.
c/ Environnement hostile : Il s’agit principalement d’environnement dans lequel les relations
entre les différentes parties prenantes sont basées sur l’agressivité et les actions répondent à une
logique de réflexe et non de réflexion. C’est un environnement de plus en plus menaçant.
d/ Environnement favorable : Il est relatif à une situation dans laquelle les relations entre les
différents agents économiques sont basées sur la concertation, l’échange et la négociation
d’intérêt.
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5/ Analyse de l’environnement :
Pour mener à bien son activité et assurer sa pérennité, l’entreprise se doit d’adopter une stratégie
qui prend en considération plusieurs facteurs. Pour ce faire, elle fait souvent appel à des outils
d’analyse stratégique qui permettent de déterminer et de définir clairement le quadruplet
(opportunité-menace-force faiblesse). Parmi ces outils on cite l’analyse SWOT ou matrice
SWOT, de l'anglais Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités),
Threats (menaces).
Figure 2. Matrice SWOT
L’analyse SWOT est menée sur deux niveaux d’analyse et débouche sur deux diagnostics :
1. Le diagnostic externe qui consiste à identifier les évolutions et les tendances futures de
la conjoncture économique ; facteurs susceptibles d’influencer de prés ou de loin le
fonctionnement de l’entreprise.
a. L’analyse PESTEL (figure 3) est un des outils permettant à l’entreprise de
recenser les risques et opportunités qu’elle peut voir surgir dans son
environnement au travers de quelques grandes forces structurantes : la politique,
l’économie, le socioculturel, la technologie, l’environnement et la législation.
La définition de variables de l’environnement et leurs caractéristiques permet à
l’entreprise de s’adapter en permanence à toutes les mutations et les
conjonctures possibles. Généralement des services d’intelligence économique
(activité qui consiste à rechercher, sélectionner et traiter les informations
permettant l’analyse de l’environnement) sont mis en place afin de déterminer
Publicité
les variables contrôlables et celles non contrôlables.
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Figure 3. Modèle PESTEL
b. La veille stratégique est un outil du système d’information (SI) qui vise à
recueillir l’information et la replacer dans le contexte stratégique de l’entreprise.
La veille consiste en l’observation et l’analyse de l’environnement, ainsi que des
impacts économiques présents et futurs, pour en déduire les menaces et et
opportunités de développement.
Il existe quatre types de veilles stratégiques (figure 4) : veille marketing, veille
concurrentielle, veille technologique et veille environnementale.
Figure 4. Les différents types de veille
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2. Le diagnostic interne :
Le diagnostic interne consiste à identifier les forces et les faiblesses du domaine d'activité
stratégique. Celles-ci peuvent être déterminées à l'aide d'une série de modèles d'analyse
stratégique, tels que la chaîne de valeur, l'étalonnage ou « benchmarking » qui consiste à
étudier et analyser les techniques de gestion, les modes d'organisation des autres entreprises
afin de s'en inspirer et d'en retirer le meilleur.
La détermination des opportunités et des menaces à travers le diagnostic externe ainsi que les
points forts et points faibles de l’entreprise à travers le diagnostic interne permettent à cette
dernière de mener à bien ses différentes actions managériales et de définir le triplet : enjeu, défi
et dilemme.
a/ L’enjeu : c’est une situation problématique à laquelle l’entreprise doit faire face en arbitrant
entre ses propres ambitions et les contraintes auxquelles elle est soumise. En d’autres termes, il
s’agit de définir pour cette situation la marge de manœuvre dont dispose l’entreprise et qui
permet au manager d’osciller entre la réalisation des ambitions et le contournement des
contraintes.
Exemple : Parmi les enjeux on cite l’ouverture sur le marché international :
- les ambitions de l’entreprise dans cet enjeu peuvent être l’augmentation du chiffre d’affaire,
la conquête de nouveaux marchés, etc. L’ambition est définie comme un désir ardent de
posséder ou de parvenir à quelque chose, une concrétisation de la fiction (l’idéal).
- les contraintes (facteur limitatif de l’action managériale) : une taille inappropriée, une
concurrence forte,
- la marge de manœuvre (degré de liberté pour piloter de façon performante les affaires de
l’entreprise) sera alors d’augmenter le capital pour agrandir sa la taille, procéder à des
opérations de fusion …
b/ Le défi : c’est une situation qui pourrait bloquer l’activité de l’entreprise. Il s’agit d’une
menace pour sa continuité et sa pérennité).
Dans le contexte de la mondialisation nous pouvons citer comme défi celui de l’innovation que
se soit technologique ou organisationnelle.
c/ Le dilemme : c’est un tiraillement entre deux situations ou alternatives qui rend le choix
difficile et l’arbitrage ambigu. Résoudre ce dilemme revient à évaluer les différentes
alternatives (points forts et points faibles) et retenir la plus adaptées compte tenu d’une règle de
décision appropriée aux contextes, risque, conjoncture,…
Exemple : soit une entreprise qui cherche à stimuler sa croissance dans un contexte de
mondialisation. Ne disposant pas de ressources propres elle se voit dans l’obligation de
solliciter des ressources extérieure (soit contracter des dettes, soit procéder à des
opérations de fusion). Cependant une telle décision est en mesure de lui faire perdre son
autonomie financière d’où le dilemme :
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Renoncer à la croissance (autonomie)
Appel à des fonds extérieurs, fusion (croissance)
Autonomie
Avantages
Inconvénients
Maintenir
décisionnel
Garder
l’entreprise
le
pouvoir
l’identité
de
Difficulté de maintenir le
décisionnel
pouvoir
=>concurrence accrue
Pertes des perspectives
Augmenter la rentabilité
Risque d’échec du projet
Faire face à la concurrence
Croissance
Améliorer la compétitivité
Assurer
l’entreprise
la pérennité de
Dépendance vis-à-vis des
tiers
Augmenter les charges de
l’entreprise
Saturation du marché
Règle de décision : contexte de mondialisation => choisir la croissance
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