Méthodes Monte Carlo et Simulation
des Modèles Financiers
Chapitre 3-1
Transformation de variables aléatoires
uniformes pour créer des variables aléatoires
d’autres distributions
OUESLATI Amor
1er octobre 2012
Table des matières
1
2
3
4
5
7
8
1 La méthode d’inversion
2 La méthode du rejet
3 Les variables discrètes
4 La méthode de composition
5 La méthode basée sur un ratio d’uniformes
6 La méthode de Box-Muller pour la distribution gausienne
7 Annexe
DRAFT
Version
P [FX (x) ≤ u] = 0 pour tout u < 0 et
P [FX (x) ≤ u] = 1 pour tout u > 1.
Preliminary
P [FX (x) ≤ u] = P (cid:2)X ≤ F −1
X (u)(cid:1)
(cid:0)F −1
= FX
X (u)(cid:3)
= u.
1 La méthode d’inversion
Supposons que la fonction de répartition F : R → [0, 1] de la distribution que l’on veut simuler est continue et strictement
croissante. Alors F admet une inverse que l’on note F −1 et qui est définie au moins sur l’intervalle (0, 1).
Théorème 1.1. Y = FX (x) est de loi U (0, 1).
Preuve. Nous allons déterminer la fonction de répartition de FX (x) et ainsi montrer qu’elle est celle d’une loi U (0, 1). Comme
FX : R → [0, 1] alors
Pour 0 ≤ u ≤ 1,
Théorème 1.2. Si U est une variable aléatoire de loi uniforme (0, 1) alors V = F −1(U ) est de distribution F .
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1
Preuve. La fonction de répartition FV de V satisfait, pour tout v ∈ R,
FV (v) = P (cid:2)F −1(U ) ≤ v(cid:3)
= P [U ≤ F (v)]
= FU (F (v))
= F (v).
Exemple 1.1. La loi exponentielle : La fonction de répartition de la loi exponentielle d’espérance µ est
Son inverse est donc
Si U est de loi uniforme (0, 1) alors
(cid:20)
(cid:18)
F (x) =
1 − exp
−
(cid:19)(cid:21)
x
µ
1x>0.
F −1(y) = −µ ln(1 − y) si 0 < y < 1.
V = −µ ln(1 − U )
est de loi exponentielle.
Vérification.Pour tout v > 0
−
(cid:18)
(cid:18)
v
µ
(cid:19)(cid:21)
= P
U ≤ 1 − exp
P [V ≤ v] = P [−µ ln(1 − U ) ≤ v]
(cid:20)
DRAFT
Version
= 1 − exp
v
µ
(cid:19)
−
L’algorithme est le suivant :
1. Simuler indépendamment U selon une distribution Uniforme (0, 1) et X selon la loi G jusqu’à ce que
1. on sait comment la simuler,
2. elle admet la fonction de densité g : R → [0, ∞),
3. il existe une constante c telle que f (x) ≤ cg(x) pour tout x ∈ R.
Preliminary
cU ≤
f (X)
g(X)
.
(on rejette tous les couples (U, X) qui ne satisfont pas cette exigence.
2. Lorsque le couple (U, X) est accepté, posons V = X.
Théorème 2.1. La fonction de répartition FV de V est F .
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2
2 La méthode du rejet
– Supposons que la fonction de répartition F : R → [0, 1] de la distribution que l’on veut simuler admet une fonction de
densité f .
– Supposons aussi qu’il existe une autre distribution dont la fonction de répartition est G : R → [0, 1] telle que
Preuve. Premièrement, notons que pour tout nombre réel x,
P [X ≤ x et X n’est pas rejeté]
(cid:21)
(cid:20)
= P
X ≤ x et cU ≤
f (X)
g(X)
(cid:21)
Z x
(cid:20)
P
cU ≤
f (x)
g(x)
g(x)dx
=
=
=
−∞
Z x
−∞
Z x
1
c
−∞
(cid:18) f (x)
cg(x)
(cid:19)
g(x)dx
f (x)dx =
1
c
Publicité
F (x).
En laissant tendre x vers l’infini, nous obtenons
P [X n’est pas rejeté]
= lim
x→∞
P [X ≤ x et X n’est pas rejeté]
Par conséquent,
1
c
.
=
=
F (x)
= lim
x→∞
1
c
P [V ≤ v] = P [X ≤ v|X est accepté]
DRAFT
Version
P [X ≤ v et X est accepté]
P [X est accepté]
1
c F (v)
1
c
= F (v).
=
∞
X
Remarque. Il faudra choisir G de sorte que c soit le plus près de 1 possible affin de limiter les rejets. Rappelons que
P [X est accepté] = c−1.
3 Les variables discrètes
– Supposons que nous voulons simuler une variable aléatoire discrète prenant les valeurs {x1, x2, ..., xn, ..., } avec les
probabilités {p1, p2, ..., pn, ..., } respectivement. Notons que
pi = 1.
– Si U est de loi uniforme (0, 1) alors
i=1
xn1Pn−1
i=1
pi<U ≤Pn
i=1
pi
Preliminary
V =
∞
X
n=1
est la variable discrète que nous désirons simuler.
– Notons que la fonction indicatrice 1a<U ≤b vaut 1 si a < U ≤ b et 0 sinon et la somme
0
X
i=1
pn est posée égale à zéro.
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3
Preuve.
P [V = xn] = P
"n−1
X
#
n
X
pi
pi < U ≤
i=1
" n
X
i=1
#
pi
− FU
i=1
"n−1
X
#
pi
i=1
= FU
pi −
n−1
X
i=1
pi
n
X
=
i=1
= pn.
4 La méthode de composition
Supposons que la fonction de répartition F : R → [0, 1] puisse s’exprimer comme une combinaison linéaire de fonctions de
répartion Fi : R → [0, 1], i ∈ {1, 2, ..., k} que l’on sait simuler, c’est-à-dire que
Notons qu’affin de préserver les propriétés de monotonicité et de non-négativité de F et pour qu’elle soit bornée par 1,
k
X
nous avons généralement pi > 0 pour tout i ∈ {1, 2, ..., k} et
Affin de simuler la variable aléatoire V de fonction de répartition F , il faut
1. simuler une variable aléatoire discrète X prenant la valeur i avec probabilité pi, i ∈ {1, 2, ..., k}
2. cette variable X détermine la distribution Fi à utiliser pour simuler une deuxième variable aléatoire V .
La fonction de répartition de la variable aléatoire V est F .
Preuve. Pour tout nombre réel v,
k
X
i=1
i=1
pi = 1
F (x) =
piFi(x).
DRAFT
Version
P [V ≤ v|X = i]P [X = i]
k
X
k
X
i=1
i=1
=
v
µ
e
1
2
1 −
si v < 0,
e− v
µ
1
2
si v ≥ 0.
FV (v) =
Fi(v)pi.
Cette technique est particulièrement utilisée lorsque R est partitionné en un ensemble d’intervalles I1, ..., Ik et Fi est la
fonction de répartition induite par F dont le support est Ii.
Publicité
Exemple 4.1. la double exponentielle : La variable aléatoire V est de loi double exponentielle si sa fonction de répartition est
Exemple (suite). Ceci implique que sa fonction de densité est
FV (v) =
Preliminary
FV (v) =
exp
(cid:18) v
µ
(cid:18)
exp
−
(cid:19)
(cid:19)
v
µ
1
2µ
1
2µ
et v < 0,
et v ≥ 0.
Exemple (suite). Pour simuler une telle variable aléatoire,
1. on simule une variable aléatoire X qui prend les valeurs 1 ou 2 avec probabilité 1/2.
2. si X = 2, on simule une variable V de loi exponentielle et si X = 1, on simule une variable V telle que −V est de loi
exponentielle.
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4
DRAFT
Version
5 La méthode basée sur un ratio d’uniformes
Théorème 5.1. Supposons que la fonction de répartition F admette une fonction de densité f . Posons
Preliminary
Af =
(cid:26)
(v1, v2) ∈ R2 : 0 < v1 <
r
(cid:17)(cid:27)
.
f
(cid:16) v1
v2
De plus, si le vecteur aléatoire (V1, V2) est uniformément distribué sur l’ensemble Af , alors la variable aléatoire V = V2/V1
a pour fonction de densité la fonction f (La preuve suit).
Ce théorème est particulièrement utilisé lorsque Af est inclus dans un intervalle compact [0, a] × [b1, b2].
L’algorithme est le suivant :
1. Simulons deux variables aléatoires indépendantes U1 et U2 de loi uniforme (0, 1).
2. Posons
V1 = aU1 et V2 = b1 + (b2 − b1)U2
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5
ce qui implique que V1 est Uniforme (0, a) et V2 est Uniforme (b1, b2). Si le couple (V1, V2) /∈ Af , il est rejeté et
l’opération est reprise jusqu’à ce qu’un couple soit accepté.
3. Lorsque (V1, V2) ∈ Af , nous posons
V =
V2
V1
.
La fonction de répartition de V est F .
Preuve. Premièrement, en posant v = v2/v1(v2 = v1v et dv2 = v1dv), il vient
Af =
n
o
(v1, v) ∈ R2 : 0 < v1 < pf (v)
.
Par conséquent,
Surf ace(Af ) =
dv1dv2
Z
Af
Z
=
v1dv1dv
Puisque le vecteur aléatoire (V1, V2) est uniformément distribué sur l’ensemble Af , alors sa fonction de densité jointe est
Dans un premier temps, nous déterminerons la loi jointe du vecteur aléatoire (V1, V ). Comme V2 = V V1 , le jacobien de
la transformation est
Af
Z ∞
√
0
.
=
=
=
!
dv
dv
f (v)
Z
v1dv1
∞
Z ∞
∞
1
2
f (v)
2
fV1,V2 (v1, v2) =
DRAFT
Version
si (v1, v2) ∈ Af
sinon
∂V1
∂V1
∂V1
∂V
∂V2
∂V1
∂V2
∂V
V
0 V1
(cid:26) 2
0
fV1,V (v∗
(cid:19)(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:18) 1
= V1.
1 , v∗) = v∗
= 2v∗
1 , v∗v∗
1 fV1,V2 (v∗
1 )
√
.
1 1
Publicité
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
det
det
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
=
0<v∗
1 <
f (v∗)
Par conséquent, la densité jointe est
Ainsi, pour tout nombre réel v,
Preliminary
fV (v) =
=
Z ∞
fV1,V (v∗
1 , v)dv∗
1
∞
√
Z
f (v)
2v∗
1 dv∗
1
0
= f (v).
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6 La méthode de Box-Muller pour la distribution gausienne
Soit U1 et U2 deux variables aléatoires indépendantes de loi uniforme(0,1). Posons
√
√
G1 =
G2 =
−2 ln U1 cos(2πU2),
−2 ln U1sin(2πU2).
Les variables aléatoires G1 et G2 sont deux variables aléatoires indépendantes de loi normale centrée et réduite. Il est à
remarquer que l’on génère deux variables à la fois.
Preuve.
En exprimant le point (z1, z2) en coordonnée polaire, il vient
p
où r =
2π).
z2
1 + z2
2 est la distance du vecteur (z1, z2) à l’origine et θ est l’angle entre le vecteur (z1, z2) et l’abscisse (0 ≤ θ ≤
z1 = r cos θ et z2 = r sin θ
DRAFT
Version
fZ1,Z2 (z1, z2) =
1 + z2
z2
2
2
1
2π
exp
(cid:18)
(cid:19)
−
.
Z1 = R cos Θ et Z2 = R sin Θ.
Soit Z1 et Z2 deux variables aléatoires indépendantes de loi N (0, 1), la fonction de densité jointe est
Nous cherchons la loi jointe de R et Θ sachant que
Le jacobien de la transformation est
Preliminary
∂Z1
∂R
∂Z1
∂Θ
∂Z2
∂R
∂Z2
∂Θ
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
det
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
Par conséquent, la fonction de densité jointe de R et Θ est
=
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
det
(cid:18) cos Θ
sin Θ
−R sin Θ R cos Θ
(cid:19)(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
= R cos2 Θ + R sin2 Θ = R.
fR,Θ(r, θ) = fZ1,Z2 (r cos θ, r sin θ)r
=
=
1
2π
1
2π
(cid:18)
exp
−
Publicité
(rcosθ)2 + (rsinθ)2
2
(cid:19)
r
(cid:18)
exp
−
(cid:19)
r
r2
2
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si r ≥ 0 et 0 ≤ θ < 2π et 0 sinon.
D’autre part, si on pose
et
fΘ(θ) =
( 1
2π
0
si 0 ≤ θ < 2π
sinon
fR(r) =
(cid:18)
r exp
−
(cid:19)
r2
2
0
si r ≥ 0
sinon
alors fR,Θ(r, θ) s’exprime comme le produit de deux fonctions de densité
fR,Θ(r, θ) = fΘ(θ)fR(r)
ce qui implique que Θ et R sont indépendantes.
De plus, comme fΘ(θ) est la fonction de densité d’une distribution uniforme (0, 2π), alors
où U2 est de loi uniforme (0, 1) et l’égalité est en distribution.
Θ = 2πU2
Preuve.
Finalement, puisque R =
p
est de loi uniforme (0, 1) puisque (1) 0 ≤ U1 ≤ 1 et ...
Nous avons pour tout 0 ≤ u ≤ 1,
(cid:20)
(cid:21)
=
−
−
(cid:19)
(cid:19)
(cid:18)
(cid:18)
z2
1 + z2
exp
≤ u
= exp
(cid:18) z2
R2
2
U1 = exp
FU1 (u) = P
1 + z2
2
2
z2
1 + z2
2
2
2, la variable aléatoire
(cid:19)
= P (cid:2)z2
Z ∞
1 + z2
1
2
2 ≥ −2 ln u(cid:3)
(cid:16)
(cid:17)
DRAFT
Version
G1 = R cos Θ
√
G1 =
−2 ln U1 cos 2πU2 G2 =
dx puisque la loi de z2
G2 = R sin Θ
√
−2 ln U1 sin 2πU2
2 est χ2
2
1 + z2
= u
−2 ln u
exp
x
2
−
Ainsi, R = p2ln(U1).
En conclusion,
7 Annexe
où les deux dernières égalités sont des égalités en loi et U1 et U2 deux variables aléatoires indépendantes de loi uniforme (0, 1).
Théorème 7.1 (Calcul de la fonction de densité). Soit X une variable aléatoire, fX sa fonction de densité et FX sa fonction
de répartition. Posons Y = g−1(X) où g est une fonction croissante différentiable et inversible. Alors la fonction de densité
de Y est fY (y) = FX (g(y))g0(y) où g0(y) =
(y).
Preuve. La fonction de répartition de Y est
Preliminary
dg
dy
FY (y) = P [Y ≤ y]
= P (cid:2)g−1(X) ≤ y(cid:3)
= P [X ≤ g(y)] car g est croissante
= FX (g(y)).
La fonction de densité est
fY (y) =
d
dy
FY (y) =
d
dy
FX (g(y)) = FX (g(y))
dg
dy
(y).
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