Mast re MOME
Par Mme. Jihene CHERRAK
Chapitre 3. Qualification dun changement,
D marche et outils de la conduite de changement
Partie 1. Diagnostic du changement, dimensionnement et
organisation de la conduite du changement
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Par Mme. Jihene CHERRAK
Table des mati res
I. Diagnostic du changement ________________________________________________ 3
I.1
La note de cadrage dun projet de changement __________________________________ 3
a.
La Burning platform du projet de changement __________________________________________ 3
b. Objectifs du projet de changement : constats, r sultats et gains _____________________________ 4
Les risques per us ________________________________________________________________ 6
c.
d. Les acteurs et enjeux du projet ______________________________________________________ 7
I.2
Le diagnostic socio-organisationnel __________________________________________ 12
a.
La cartographie des alli s _________________________________________________________ 13
b. La marguerite sociologique. _______________________________________________________ 14
II.
Dimensionnement dun chantier de conduite du changement _________________ 15
III.1
III.2
III.3
La largeur du changement__________________________________________________ 16
La profondeur du changement_______________________________________________ 17
Configuration et de la conduite du changement et dimensionnement du chantier _______ 19
III. Organisation du chantier de la conduite du changement _____________________ 20
III.1
III.2
III.3
Quel rattachement de la cellule de conduite du changement ? ______________________ 20
Quelles personnes de CDC choisir ? __________________________________________ 20
Comment animer l quipe conduite du changement ? ____________________________ 21
Objectif global
tre capable danalyser les changements en cours, les acteurs, les r sistances, les irritants et le r le des
parties prenantes dans le projet de changement
Objectifs sp cifiques
" Conna tre la d marche de production de la note de cadrage dun projet de changement
" Conna tre la d marche du diagnostic socio-organisationnel
" Comprendre les outils de dimensionnement dun chantier de conduite du changement
" Savoir comment organiser la conduite du changement
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Pour conduire un changement, il convient dop rer dans un premier temps un diagnostic dont
le contenu permettrait didentifier les besoins dun projet en conduite du changement.
Le diagnostic consiste comprendre et analyser une situation de changement pour d finir les
premi res tapes fondamentales du processus de changement, dimensionner la suite du chantier
et d terminer les meilleures actions daccompagnement du changement.
Il est noter qu ce stade pr coce du changement, les informations sont g n ralement peu
nombreuses. Le responsable de la conduite du changement pourrait tre oblig de travailler en
posant un nombre important dhypoth ses les plus r alistes possibles.
Cette compr hension de la situation se r alise travers des l ments produire dans le
diagnostic du changement et le diagnostic socio-organisationnel (paragraphe 1). Dans les
projets de changement complexe, avant dengager les leviers de la conduite du changement, il
est important, en plus du diagnostic, d tablir une tude dimpacts. Cette tude sera trait e dans
la 2 me partie du pr sent chapitre.
Pour maximiser les chances de r alisation des objectifs du changement, il convient de
dimensionner le chantier de conduite du changement (Paragraphe 2) et dorganiser ce dit
chantier (Paragraphe 3).
I.
Diagnostic du changement
Le diagnostic dun changement consiste collecter des informations multiples et pertinentes
la CDC. Pour cela, trois l ments sont produits : la note de cadrage et le diagnostic socio-
organisationnel.
I.1 La note de cadrage dun projet de changement
La note de cadrage1 comprend 6 rubriques (figure 1) :
" Les rubriques 1 4 dune note de cadrage font cho une d finition classique dun
changement : perdre un existant connu pour un avenir promis justifi par un progr s. Il
sagit dabord de d finir la fois lexistant et la cible pour d finir enfin l cart entre les
deux tats. Cet cart peut tre consid r comme un progr s condition de trouver les
raisons de la l gitimit du changement. Cette l gitimit est d velopp e dans la partie
appel e Burning Platform.
" La 5e rubrique pr sente un premier niveau danalyse des risques associ s au changement.
" La rubrique 6 tablit une cartographie des acteurs pour le positionnement des populations
concern es.
a. La Burning platform2 du projet de changement
Il sagit de d finir les l ments qui expliquent la n cessit du changement et susceptible de
motiver les individus quitter une situation donn e dite zone de confort.
1 Pr conis e par Autissier et Mouton (2016).
2 Conner (1992) est lorigine du d veloppement de la notion de Burning Platform pour symboliser cette tape. Il
d finit cette notion comme tant la perception de n cessit changer. Il avait fond cette notion sur lobservation
dune catastrophe survenue sur une plateforme p troli re. Certains salari s de cette plateforme, pris au pi ge dun
terrible incendie, avaient pr f r chapper une mort certaine en sautant dans la mer du haut de la plateforme, se
plongeant ainsi dans un avenir plus quincertain et coup s r terriblement dangereux.
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Les causes peuvent tre internes ou externes lentreprise. Lorsque la justification du
changement est externe (changement de l gislation, contexte conomique&), il peut para tre
plus facile de lexpliquer, de la l gitimer. Toutefois, ce type dargumentation avanc par les
responsables de projets tend tre remis en question par les salari s. La justification interne est
manifestement plus d licate g rer car elle n cessite dexpliquer les causes et de les endosser.
Justifier une ambition peut cependant repr senter un formidable moteur de changement pour
lequel nombre dindividus sauront alors se mobiliser fortement pour latteindre.
Figure 1. La note de cadrage du projet de changement
1- Burning platform
Origine du besoin de changement, des l ments principaux permettant de
justifier le changement
2- Constats (Etat initial)
D finir le p rim tre du chantier de changement.
3- R sultats attendus (Etat final)
D crire les livrables finaux du projet (syst me dinformation,
organigramme dune nouvelle organisation, un processus red fini, etc)
4- Gains attendus (Progr s)
Pourquoi fait-on ce projet ?
Il s'agit des Objectifs m tier du projet pouvant tre financiers ou non.
5- Risques per us
Risques susceptibles de perturber le projet et n cessitant d tre d s pr sent
int gr s pleinement dans le plan dactions.
Cartographie des acteurs
Etablir une liste qualifi e des acteurs du projet selon deux axes :
limportance au regard du projet et le degr de convergence suppos des
acteurs vis- -vis des directions propos es par le projet.
b. Objectifs du projet de changement : constats, r sultats et gains
Le point original de la d finition des objectifs du projet de cette note de cadrage r side dans la
volont de bien cadrer les enjeux de ces objectifs. Il permettra une r elle r flexion sur les
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conditions de r ussite du changement vis .
Lobjectif est d fini par les trois sous-parties : Constats, r sultats attendus et gains attendus (cf.
figure 1). Ces derni res doivent se correspondre en toute coh rence. Les gains attendus doivent
ainsi bien tre couverts par les r sultats qui eux-m mes doivent bien correspondre au p rim tre
d crit dans le constat.
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Exemple.
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Prenons lexemple de la mise en place dun syst me dinformation au sein dune
soci t produisant des boissons vendues essentiellement dans la grande
distribution.
Un des gains attendus est dam liorer les marges financi res de la soci t ,
notamment dans lactivit de production et de logistique aujourdhui peu
optimis e. Ces gains n cessitent la mise en place doutils de gestion rigoureux
permettant de piloter ces activit s.
Le constat semploie essentiellement d limiter le p rim tre du projet, en terme
essentiellement g ographique et fonctionnel. Il donne ainsi une premi re indication sur les
pistes de progr s qui seront suivies. Il se rapproche en cela de la Burning Platform mais se veut
plus exhaustif et ne pr suppose en rien de la capacit ni du caract re mobilisateur des l ments
qui y figurent. Il semploie simplement lister les constats de dysfonctionnements qui seront
int gr s dans le p rim tre du projet en d crivant lexistant.
Le constat , dans lexemple, est que les activit s de production et de logistique
ne correspondent actuellement pas aux standards de productivit de la
profession et que de nombreux param tres pourraient tre am lior s
(planification des productions, approvisionnement des bouteilles, pr paration
des boissons, stockage des produits finis, gestion des s ries limit es&).
Dans lexemple, une premi re mani re insuffisante de d finir lobjectif du
projet serait simplement la mise en place dun progiciel de gestion int gr
reliant notamment les fonctions de production, de logistique et de contr le de
gestion ou bien le gain de marge attendu.
La note de cadrage vise un r el rep rage des enjeux au regard du projet.
Pour d finir les trois sous-parties une par une en sassurant chaque tape de
la coh rence des items, on proc de comme suit :
Le gain attendu (simple noncer) :
Il sagit dune augmentation des marges op rationnelles.
Les r sultats attendus (un peu plus d licats d terminer) :
Sagit-il uniquement de mettre en place un syst me de gestion ?
Cela est certes n cessaire mais insuffisant.
Il convient ici de rajouter deux dimensions n cessaires lobtention des gains
attendus :
(1) Il est dabord n cessaire que le syst me mis en place soit compl t par les
r gles de gestion et leur mat rialisation op rationnelle : les proc dures.
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Les proc dures doivent indiquer les situations o il faut utiliser loutil et la
mani re dutiliser loutil (quelles donn es saisir, o les r cup rer&).
La seconde dimension ajouter est celle de lappropriation de loutil et des
(2)
proc dures attenantes.
Cette condition de lutilisation r elle des outils peut sembler vidente. Elle ne
lest malheureusement pas dans de nombreux cas o les responsables m mes
des projets sont souvent davantage jug s sur la simple mise disposition dun
outil fonctionnel plut t que sur sa r elle utilisation.
La diff rence entre ces deux points de vue est importante.
Dans le premier cas, le risque est important de voir l quipe projet rejeter la
responsabilit de lutilisation ou de la non-utilisation de loutil sur les
op rationnels et leurs responsables hi rarchiques. La tentation sera alors
grande de distancier au maximum les relations pour ne pas sexposer la
critique pr coce qui obligerait rectifier le tir. Cela peut se traduire par des
phases de conception acc l r es avec des ateliers de conception fonctionnelle
b cl s au cours desquels les op rationnels ne donnent leur point de vue que tr s
partiellement et g n ralement guid s par des d marches ne laissant que peu de
place la r flexion. Cela peut m me aller dans certains cas extr mes
supprimer les phases de recette fonctionnelle des outils ou bien la faire g rer
uniquement par les membres de l quipe projet, ceux-l m mes qui ont con u et
d velopp loutil !
Les trop rares entreprises qui g rent syst matiquement ce risque ont simplement
pris lhabitude dinscrire dans les objectifs individuels des responsables de
projets cet objectif simple dappropriation c t de ceux plus classiques de
respect des d lais et co ts. Cette clause, toute simple en apparence, est dune
r elle efficacit dans la dur e pour peu quelle soit suivie.
De ce fait, dans lexemple, les r sultats attendus seraient donc :
1. La mise disposition dun outil fonctionnel,
2. La r daction de proc dures op rationnelles et
3. Lappropriation par les quipes de lensemble.
c. Les risques per us
D s le d but du projet, il est important de partir dune premi re analyse de risque. Cette vision
du risque est compl mentaire des constructions classiques de projet. La vision traditionnelle
des projets consiste sch matiquement d finir une cible, en mesurer les carts avec un
existant et enfin construire les actions permettant de combler cet cart. Il convient de tenter
dimaginer davance ce que les actions men es dans le projet pourraient g n rer comme
perturbations. Cet exercice est valable notamment dans la phase de pilotage du changement, o
certains outils permettent une telle analyse.
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Les risques doivent tre donc identifi s afin de d terminer ceux qui seront g r s dans le cadre
du projet. Il existe deux mani res distinctes pour g rer un risque : laction pr ventive et laction
curative. Laction pr ventive consiste tablir le plan daction qui permettra de minimiser le
risque doccurrence de l v nement jug risque. Laction curative permettra den limiter les
impacts si l v nement risque survient malgr tout ; les risques majeurs sont g n ralement
trait s par les deux mani res.
Appliqu un projet de changement, lanalyse de risque int gre tr s fr quemment et de
mani re judicieuse le risque social : quelle sera la r action du corps social lannonce du
lancement du projet de changement ?
Pour certains projets, il est certain que les risques associ s sa mise en Suvre seront
largement plus complexes et douloureux g rer que la mise en place du projet lui-m me. La
plupart des projets de restructuration lourde, de fermeture de sites industriels, de r duction
drastique de co ts en font partie. La construction de ces plans dactions (identifier les leviers
daction, cerner les processus optimiser et mesurer les gains potentiels) est bien plus ais e
et confortable que leur mise en Suvre qui ne manquera pas de g n rer des mouvements
sociaux, de faire ressortir certains conflits latents, certaines tensions manag riales. Ces
derniers points seront autant de nouvelles difficult s g rer en plus de lapplication stricto
sensu du plan dactions initial. Une telle gestion est prise en charge dans la phase
Pilotage .
d. Les acteurs et enjeux du projet
Il sagit d tablir un premier recensement et qualifier les acteurs concern s par le projet de
changement (p rim tre) sur la base de 2 mesures :
1. Limportance relative de ces acteurs par rapport la r ussite du projet, et
2. Le degr de convergence de ces acteurs avec les directions propos es par le projet.
Le moyen le plus classique pour lister exhaustivement les acteurs concern s par un projet
consiste tablir la couverture fonctionnelle du projet.
i. La couverture fonctionnelle :
Il convient de rep rer les services et les personnes qui sont concern s par le projet en fonction
de leur degr dimplication :
" Personnes directement concern es par le projet comme par exemple les personnes
appartenant des services concern s par une r organisation, ou les utilisateurs dun
nouveau syst me dinformation.
" Les personnes qui construisent le projet de changement, soit l quipe projet.
" Autres personnes (autres que les parties prenantes directes du projet) : les fonctions
connexes ou support dont le m tier peut se trouver partiellement affect par le projet, les
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b n ficiaires finaux du projet (recueillant juste le fruit de transformations) tels que les
clients qui b n ficient dune am lioration de la qualit du service sans pour autant quils
soient sollicit s dune quelconque mani re.
Comment tablir la couverture fonctionnelle ?
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Il faut construire un organigramme le plus d taill possible. Cet organigramme fera ainsi
appara tre les diff rents niveaux dimplication possibles que nous avons d j abord s :
" Porteurs du projet
Il sagit du cSur de l quipe responsable du projet de changement. Dans le cadre dun projet de
mise en Suvre de syst me dinformation, il sagit de l quipe projet, i.e. des personnes
g n ralement d tach es au projet.
Ceux qui sont responsables de la r ussite du projet.
" Participants au projet
En plus de l quipe projet, les participants int grent g n ralement un certain nombre dexperts
qui participent l laboration de la cible laquelle le projet de changement doit mener.
Ceux qui, de par leur positionnement, aident le projet et participent aux diff rentes
sessions de travail.
" B n ficiaires du projet
Il sagit g n ralement du plus grand nombre de personnes dans le cadre dun changement. Ce
sont par exemple lensemble des personnes dun service en r organisation, des comptables et
contr leurs de gestion dans le cas dun syst me dinformation de comptabilit ou de lensemble
des managers dans le cadre dune modification des modes de management.
Ceux qui verront leur travail et organisation tre substantiellement modifi s.
" Collat raux au projet
Il sagit de la cat gorie dacteurs la moins vidente cerner. Il est prudent danalyser la quasi-
totalit des services et fonctions dune entreprise pour cela. Les acteurs les plus fr quemment
affect s de mani re collat rale par un projet sont le service des ressources humaines (la
modification des r les ou des postes nimporte o dans lentreprise pouvant les affecter), la
direction de lorganisation, la direction des syst mes dinformation, la direction qualit ou le
top management.
Ceux qui ne sont pas directement impliqu s dans le projet mais dont le travail peut
tre amen voluer.
En fonction de leur type dimplication on leur attribue un code couleur qui permet de visualiser
sur lorganigramme l tendue du projet en termes de populations impact es (cf. figure 2).
Figure 2. Couverture fonctionnelle
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ii. Autres typologies des acteurs
Pour la plupart des projets, la couverture fonctionnelle permet de d finir des groupes
dacteurs l gitimes et pertinents pour la suite du chantier de conduite du changement.
Dans le cas de certains projets, cette couverture est insuffisante pour tablir une typologie
pertinente.
Exemple. Cas dune restructuration dune ligne de m tier unique
Un centre de back-office dune grande banque mutualiste fran aise au d but des
ann es 2000, tait amen se sp cialiser sur un seul m tier, en loccurrence
lassurance alors quil g rait jusqu pr sent dautres m tiers tels que les titres
de bourse.
Pour construire la typologie des acteurs dans le cadre de ce projet de
restructuration, il a dabord fallu identifier les crit res pertinents au regard du
projet.
Les crit res de typologie sont multiples et peuvent dans un tel cas tre regroup s
de la mani re suivante :
Les crit res signal tiques : sexe, ge, anciennet au poste, niveau d tude,
niveau de management, cat gories socioprofessionnelles, etc. ;
Les crit res comportementaux : pour, contre ou neutre vis- -vis du projet ;
Les crit res familiaux.
Les crit res g ographiques.
Chaque crit re doit tre analys afin de d terminer sil repr sente un int r t ou non pour le
projet en se posant les questions suivantes :
Permet-il de faire des regroupements homog nes dacteurs ?
Les groupes ainsi cr s ont-ils a priori des comportements diff rents (attentes,
r sistances, motivation) face au projet ?
Saura-t-on les traiter de mani re sp cifique ?
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Une typologie peut tre construite avec un crit re ou bien par la combinaison de plusieurs
crit res :
Par exemple Les cadres du service commercial qui exercent en province et g s de plus de 40 ans .
En cas de doute sur la pertinence dun groupe, il faut se poser les questions du type :
la communication mener aupr s de ce groupe est-elle coh rente ou faudra-t-il encore
sous-segmenter ?
les r actions du groupe face au changement sont ou seront-elles homog nes ?
Les crit res retenus doivent permettre de cr er une dizaine de groupes ou segments environ (ou
moins si le changement est simple). Le nombre de segments ne doit pas d passer une quinzaine
sous peine de ne pas tre capable par la suite de les traiter correctement et sp cifiquement.
Pour chaque groupe identifi , on cherche renseigner leurs principales caract ristiques
(effectif, positionnement par rapport aux crit res retenus pour la typologie) au travers de la
grille suivante :
Tableau 1. Grille typologique
Typologie
Effectif
Localisation
Gestionnaire de
carri res
30
Service mobilit
10
Dans les trois
services RH des
entit s
op rationnelles
Au si ge
Degr
dimportance
Incontournables
N cessaires
Peu influents
Niveau de
risque
Refus
Modification
Acceptation
Incontournables
N cessaires
Peu influents
Refus
Modification
Acceptation
partir de la typologie pr c dente, plusieurs cartes peuvent tre tablies :
La carte des zones risques qui repr sente les groupes dacteurs par fonction avec le niveau
de risque de rejet du changement en ordonn es.
La carte des groupes cibles qui repr sente les groupes dacteurs en fonction de leur
importance (incontournables, n cessaires, peu influents) pour le projet en ordonn es.
En se basant sur lexemple pr c dent, on obtient les cartes suivantes :
Figure 3. Carte des zones risque
10
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Figure 4. Cartographie des groupes cibles
Pour construire les deux premi res cartes (figures 3 et 4), on utilise comme axe dordonn e
respectivement le niveau de risque et le niveau dimportance des groupes et comme axe
dabscisse le principal crit re de la typologie (celui qui permet de construire le plus de segments
diff rents). Cet axe est souvent celui de la fonction, mais cela peut galement tre nimporte
quel autre, notamment l ge, les crit res dorganisation& On positionne ensuite les diff rents
segments de la typologie dans les deux cartes. On peut enfin construire la carte des enjeux
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(figure 5) en prenant comme axe dordonn e limportance du segment et comme axe des
abscisses le niveau de risque.
Figure 5. Cartographie des enjeux
I.2 Le diagnostic socio-organisationnel
En gestion du changement, nous avons trois notions qui sont cl s analyser.
* Le projet de changement,
* Les actions de conduite du changement,
* La repr sentation que l'ensemble des parties prenantes se font du changement.
Ce dernier point est cl parce que les repr sentations des acteurs vont d terminer leur posture
ainsi que leurs actions. Il est donc important de bien comprendre ces repr sentations, travers
un diagnostic socio-organisationnel. Celui-ci permettra de rendre visible, formel, linvisible
social (repr sentations) pour une meilleure compr hension et adh sion des acteurs au
changement.
Dans un projet de changement au d but, on trouve, en moyenne :
10 % de gens des proactifs (qui sont pour),
10 % d'opposants, et
80 % de passifs.
Un des objectifs de la conduite du changement est de faire migrer les 80% de passifs dans une
proportion de personnes en neutralit bienveillante. Celle-ci n'est pas une adh sion forte. C'est
un int r t que les personnes vont manifester l' gard du projet, un int r t dans sa r alisation,
mais aussi un int r t sous forme de curiosit prospective, en quoi le projet va apporter quelque
chose de plus.
Donc l'objectif consiste faire en sorte que les proactifs et les passifs en neutralit bienveillante,
repr senteraient plus de 50%. Un projet r ussi est un projet o les proactifs et les passifs en
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neutralit bienveillante vont repr senter plus de 75 % de la population globale concern e par le
projet.
Pour affiner le diagnostic socio-organisationnel, deux outils sont mobilis s : la cartographie des
alli s et la marguerite sociologique.
a. La cartographie des alli s
Les groupes d'acteurs sont cat goris s en fonction de leur niveau d'implication et de leur
perception.
Figure 6 : La carte des alli s
Un avocat fait preuve de pros lytisme, s'engage officiellement pour le projet.
Le relai, la diff rence de lavocat, fait les choses pour le projet, mais ne fait pas sp cialement
du pros lytisme.
Les opposants affirment officiellement leur non au projet,
Les d tracteurs, la diff rence des opposants, gardent les critiques pour des conversations
plus informelles.
Les d chir s sont effectivement tr s impliqu s dans le projet, mais qui ont une perception
n gative. Et dans un projet de changement, il est important d'identifier tr s rapidement ces
d chir s, parce qu'ils peuvent avoir des cons quences tr s n gatives pour le projet.
Exemple de d chir :
Vous avez un DRH, qui a t nomm DRH parce qu'il a mis en place
l'ancien syst me d'information RH. Si on met en place un nouveau
syst me d'information RH, ce dernier peut tre d chir parce que, il
verra dans ce nouveau projet, un l ment qui va d truire sa l gitimit
et ce qui lui avait permis d'acc der au poste de responsabilit . C'est
parfois conscient, parfois inconscient, c'est une r action psychologique
tr s compliqu e, qu'il faut savoir traiter avec beaucoup de doigt , pour
faire en sorte que les personnes comprennent bien leur posture, et les
cons quences de cette posture dans le cadre de la r alisation d'un
projet.
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La cartographie des alli s nous permet d'analyser plus finement la posture des diff rents
groupes d'acteurs et les cons quences de ces postures dans un projet.
b. La marguerite sociologique.
Dans les projets de changement, il est important de d finir le syst me culturel de
l'environnement dans lequel s'ins re le changement. D'une mani re assez simple, on ne peut pas
aller l'encontre d'une culture, on ne peut pas aller l'encontre d'un syst me culturel tabli.
Donc on va tenir compte de celui-ci, de telle mani re que dans la culture existante on va utiliser
des leviers, et ne pas cr er de r sistance en tant en opposition avec cette culture-l , et de voir
comment on la fera voluer. De mani re extr mement simple, souvent les consultants en gestion
du changement disent, sur un syst me dans lequel on doit impl menter un projet de changement,
on a la question :
A quoi carbure-t-il ?
Alors effectivement la phrase est un peu simple, mais c'est, quels sont les l ments qui font
que les personnes se sentent menac es ou au contraire, se sentent l'aise ?
Et donc, on va chercher d finir ce qu'on appelle le syst me culturel, l'aide de la marguerite
sociologique.
Figure 7 : Marguerite sociologique
Par observations passive et participante et en utilisant la connaissance de personnes en interne,
on identifie diff rents l ments du syst me culturel tels que d finis par Johnson et Scholles,
2002 (cf. figure 6). Ces l ments se d finissent comme suit.
Les routines d finissent les mani res dagir et dinteragir informelles des membres de
lorganisation.
Les rites sont des v nements qui ponctuent la vie sociale de lorganisation pour signifier ce
qui est le plus important. Ce sont des moments dans l'ann e que l'entreprise utilise pour donner
et faire de grandes communications (par exemple, les vSux du pr sident, le voyage de fin
d'ann e, la communication des r sultats&).
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Les mythes mettent en valeur certains v nements, objets ou personnes pour tablir un lien
entre un moment important et le pr sent.
Les symboles sont des repr sentions cod es qui d terminent ce qui est important et valorisant
(mani re de shabiller, de se dire bonjour&).
Les structures organisationnelle (structures de pouvoir) repr sentent les lieux r els de
pouvoir et de d cision au-del des organigrammes officiels. Certes, la ligne hi rarchique
incarne le pouvoir, toutefois, le pouvoir pourrait tre ailleurs, par exemple dans la technicit ,
les m tiers, l'anciennet . Il convient de le d terminer.
Les syst mes de contr le pr cisent les l ments sur lesquels lorganisation se focalise pour
d terminer sa performance. Cela va d noter de l'orientation de l'entreprise. Est-ce qu'elle est
plut t finances, est-ce qu'elle est plut t m tiers? Est-ce qu'elle est plut t RH? Cela aidera
effectivement bien comprendre ce qu'est l'entreprise.
Tout cela va nous permettre de d finir le syst me culturel. Quelle est l'identit , quelle est la
culture d'une organisation, comment la d finir ?
Exemple.
Il y a un exemple qui est souvent mentionn pour illustrer la marguerite
sociologique. C'est celui de Canal Plus qui est mentionn dans un certain
nombre d'ouvrages. Et en syst me culturel il est mentionn , pour
l'entreprise Canal Plus, nous on ne fait pas de la t l , on fait autre chose
que de la t l . Ce qui est notre identit . Et de dire que tout projet de
changement avec cette entreprise-l , doit tenir compte de ce prisme
culturel, par lesquels les gens se d finissent, se d finissent eux-m mes et
d finissent leur entreprise. Et tout projet qui ira l'encontre de cette
d finition identitaire, aura une probabilit importante d' chec. D'o
l'importance qu'il y a d finir ce syst me culturel, ses composantes, pour
Publicité
que les actions de conduite du changement en tiennent compte tout autant
entant que frein, que levier.
Avec le diagnostic socio-organisationnel, on observe le corps social pour savoir comment il
fonctionne et quels sont les l ments structurants de ce fonctionnement. Avec l'objectif de bien
le comprendre mais aussi de faire en sorte que le changement soit en ad quation avec ce
fonctionnement et que les l ments de ce fonctionnement soient davantage des leviers que des
freins au changement. La personne en charge de la conduite du changement est en quelques
sortes plut t sociologue que gestionnaire.
II.
Dimensionnement dun chantier de conduite du changement
Pour une meilleure planification et r partition des ressources en termes de communication, de
formation, daccompagnement& mises la disposition de la conduite du changement, il
convient de dimensionner le chantier de celui-ci car la r partition des ressources diff re dun
projet de changement un autre.
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ressources
Par exemple, dans un projet de
daccompagnement est particuli rement forte dans les 90 jours qui suivent lannonce du
rapprochement.
fusion-acquisition,
la demande de
En revanche, dans un projet de mise en Suvre dun syst me dinformation, le besoin en
accompagnement est particuli rement d s quilibr et subit une pointe de charge dans les
derniers moments pr c dant le d ploiement afin de former lensemble des utilisateurs puis de
les accompagner sur le terrain lors des premiers jours du d marrage (support technique,
assistance la mise en place des nouvelles proc dures).
Pour dimensionner le chantier de conduite du changement, cest- -dire les besoins en quipes
pour le chantier de conduite du changement, il convient de suivre la m thodologie suivante :
1. Mesurer deux dimensions du changement :
La largeur du changement (nombre de personnes, de fonctions et de
sites quil faut int grer dans le p rim tre du projet de changement) ;
La profondeur (Importance des changements pour les diff rentes cibles
du p rim tre).
2. En fonction de ces 2 dimensions, il convient par la suite, didentifier la
configuration de la conduite du changement (soutien, d ploiement ou
int gration).
3. En fonction de la configuration d termin e, un chiffrage est tabli en
termes de nombres de jours et de personnes mobilis s pour chaque phase
de la conduite du changement.
III.1 La largeur du changement
La largeur du changement correspond lampleur du changement en termes de cibles qui se
d termine partir de 3 facteurs.
fonction (nombre dacteurs, nombre de groupes fonctionnels, nombre de sites*)
Largeur du changement =
*Il est noter que chaque groupe fonctionnel pourrait faire lobjet dun traitement sp cifique
de nombreux gards : relais des actions de communication, mobilisation des acteurs,
formations sp cifiques (pour un projet m tier), proc dures sp cifiques&
**Les sites sur lesquels se r partissent les cibles du changement.
Une grille de scoring des 3 facteurs permet de d finir un score de la largeur du changement,
comme suit :
Mesure de la largeur du changement
Nombre dacteurs concern s par le
changement
Nombre de groupes fonctionnels
concern s par le changement
Moins de 50 : 1 point
De 50 200 : 2 points
De 200 1000 : 3 points
De 1000 5 000 : 4 points
Plus de 5000 : 5 points
1 groupe : 1 point
2 ou 3 groupes : 2 points
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Mast re MOME
Par Mme. Jihene CHERRAK
Nombre de sites concern s
Total (Sur 15 points)
4 ou 5 groupes : 3 points
De 6 10 groupes : 4 points
Plus de 10 groupes : 5 points
1 site : 1 point
2 ou 3 sites : 2 points
4 ou 5 sites : 3 points
De 6 10 sites : 4 points
Plus de 10 sites : 5 points
Score en pourcentage
III.2 La profondeur du changement
La profondeur du changement correspond lintensit des changements pour les cibles. Sagit-
il dune profonde remise en question de leurs pratiques ou bien simplement dajustements ?
ce stade pr coce du projet, il nest pas possible de r pondre en d tail toutes les questions
que lon pourrait se poser pour d finir en d tail la r alit de la profondeur des changements.
Lobjectif est simplement de balayer les grandes questions susceptibles de modifier
drastiquement les moyens n cessaires laccompagnement des changements.
Mesurer en premi re approximation la profondeur du changement n cessite de mesurer un score
sur la base de la grille 6 facteurs suivante :
1. P rim tre du changement Simple changement doutil : 1 point
Mesure de la profondeur du changement
2. Effort de mobilisation
3.Culture dentreprise
4.Engagement du projet
5.Comp tences
6. R le du management
TOTAL (sur 30 points)
Red finition de certains m tiers : 3 points
Modification des structures dorganisation : 5 points
Lien hi rarchique direct : 1 point
Les deux : 3 points
Absence de lien hi rarchique direct : 5 points
Coh rente avec les changements : 1 point
Risque mod r de conflit li la culture : 3 points
Risque fort de conflit li la culture : 5 points
Simple livraison doutil : 1 point
Appropriation doutil : 3 points
B n fices li s au changement : 5 points
volution l g re : 1 point
volution importante : 3 points
Renouvellement des comp tences : 5 points
Pas de modification : 1 point
volution des indicateurs : 3 points
volution des modalit s de management : 5 points
Score (en pourcentage)
1. P rim tre du changement : Sagit-il dun simple changement doutil ou bien le projet
red finit-il partiellement certains m tiers ou encore le projet n cessite-t-il de modifier les
structures dorganisation ?
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Mast re MOME
Par Mme. Jihene CHERRAK
2. Effort de mobilisation : l quipe...