COURS
Marketing de linnovation
Auteur:
Rim Jallouli Cha bouni
Docteur en Marketing intelligence et innovation
Maitre de conf rences Directrice de lEcole Sup rieure dEconomie Num rique-
Universit de la Mannouba
1
COURS
Gestion de linnovation
Objectifs du cours
Clarifier la notion dinnovation
Appr hender certains facteurs qui maximisent les chances de succ s des innovations
Comprendre le r le du marketing pour r ussir le lancement des projets innovants.
Cible:
- Master Commerce lectronique ESEN
- Master Veille et intelligence comp titive VIC ESEN
- Master Web intelligence WI ESEN
- Master Mod lisation, bases de donn es et int gration de syst mes MBDS- ESEN
- Communication digitale Digital com Iset com
Volume horaire
Un cours semestriel de 1h30 par semaine (soit un total de 21h)
Supports de cours
Un document dune cinquantaine de pages (Word)
Des diapositives power point avec possibilit de prendre des notes sur le support
papier.
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COURS
Gestion de linnovation
PLAN DU COURS
Chapitre 1: Clarification des concepts
1
2
3
4
D finitions de linnovation
Classification des approches
Objets de linnovation
La notion de processus de linnovation
Chapitre 2: Management des innovations
1
2
3
4
5
La gestion du processus de linnovation
Le succ s des premiers stades de linnovation
Le succ s de la mise en place de linnovation
Aspects structurels et succ s des innovations
Innovation et Performance organisationnelle
R F RENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Benzarti S. et Jallouli R. (2010), Nouvelles Technologies et artistes, Cas de la
1.
Tunisie, Approches Tunisiennes en Gestion: Entrepreneuriat et Investissement Culturel,
Universit de Paris I Panth on Sorbonne/ CNR, Collection limpens du temps
Boussif T., Benzarti S. et Jallouli R. (2010), La gestion de la relation avec le
2.
public, Cas de lOrchestre Symphonique tunisien, Approches Tunisiennes en Gestion:
Entrepreneuriat et Investissement Culturel, Universit de Paris I Panth on Sorbonne/
CNR, Collection limpens du temps
Boussif T., Jallouli R. et Ben Hmida I. (2010), Le secteur dactivit de
3.
lentreprise et le choix de la solution CRM, 8 me Colloque International de
lAssociation Tunisienne de Marketing, Hammamet, 2-3Avril
3
Jallouli R. (2006), Innovation et orientation march , Cas des produits dart,
4.
Th se en co-tutelle, Universit Tunis El Manar - Universit de Corse
Jallouli, R. et Lassouad A. (2010), Les indicateurs de performance dans le
5.
secteur de lart , Approches Tunisiennes en Gestion: Entrepreneuriat et Investissement
Culturel, Universit de Paris I Panth on Sorbonne/ CNR, Collection limpens du temps
Jallouli R., Zghal M and Orsoni J. (2008), Marketing et art, Est ce le grand
6.
cart? Nouvelles approches en culture et d veloppement, Universit de Paris I
Panth on Sorbonne/ CNR, Collection limpens du temps
Pacitto Jean Claude (1998), Quel marketing pour les tr s petites
7.
entreprises?, Revue Fran aise de Gestion, novembre-d cembre, 42-52
Paulus Odile (1998), Mus es publics et mus es priv s: les objectifs,
8.
l valuation, Revue Fran aise de Gestion, Janvier Fevrier, 43-56
9.
Turki S. et Jallouli R. (2008), Le Management des projets artistiques et
culturels en Tunisie, Nouvelles approches en culture et d veloppement, University of
Paris I Panth on Sorbonne/ CNR, Collection limpens du temps
COURS
Gestion de linnovation
Introduction
Quest ce quune innovation?
Enum rer des innovations dune mani re g n rale
Et dans le domaine des t l communications ?
Exemple 1 dinnovation technologique dans le domaine de la p dagogie : Lutilisation du
tableau in tractif par lenseignant et des tablettes par les apprenants.
4
https://www.facebook.com/video.php?v=856207887739093&set=vb.100000496695412
&type=2&theater
Exemple 2 dinnovation au niveau des m thodes dapprentissage : La m thode par projet
et le format du pr sentiel enrichi avec lintroduction de la plateforme Moodle par lUVT.
Discussion:
Quels sont les aspects innovants dans cet exemple ?
5
Acticit 1 : Travail en groupe pour pr senter un projet innovant dans le domaine des TIC.
Chapitre 1: Clarification des concepts
6
1
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2
3
4
D finitions de linnovation
Classification des approches
Objets de linnovation
La notion de processus de linnovation
Plusieurs tudes se sont int ress es linnovation mais leurs r sultats ne sont pas
toujours convergents: Les facteurs qui sont montr s importants dans une tude se r v lent
moins importants et parfois n gligeables dans dautres . Ceci est g n ralement associ aux
diff rentes perspectives qui varient consid rablement dune tude lautre : La signification
de linnovation varie selon les auteurs qui con oivent, tudient et mesurent linnovation de
mani res diff rentes. Cette premi re section, a pour objet de clarifier dans un premier
paragraphe le concept innovation, en pr sentant les principales d finitions. Le deuxi me
paragraphe expose certaines classifications de la litt rature de linnovation, et enfin, le
troisi me paragraphe sera consacr lobjet de linnovation.
1 D finitions de linnovation
Les d finitions de linnovation nont pas cess d voluer avec les recherches effectu es
sur ce sujet : Un premier volet de la litt rature sest int ress aux diff rences essentielles
entre linnovation et le changement organisationnel et notamment situer linnovation
comme un moyen dadaptation au changement, ou comme un moyen pour cr er le
7
changement. Un deuxi me, a donn des d finitions de linnovation ax es sur la perception
de nouveaut .
1.1: Innovation et changement organisationnel
Linnovation est d finie comme tant la premi re utilisation dune id e par lune des
organisations ayant les m mes objectifs 1. Linnovation est donc une co-action dun groupe
et se distingue de linvention qui est un acte cr atif des individus. Linnovation se
diff rencie2 galement du changement, elle est d finie comme ladoption dun
changement qui est nouveau pour une organisation et pour son environnement 3. Le terme
adoption implique donc que lorganisation commence appliquer lid e apr s avoir pris son
processus de conception en route, linnovation est trait e comme un instant sp cifique dans
le processus du changement organisationnel4.
Par ailleurs, le changement organisationnel est d fini comme un processus de
transformation radicale ou marginale des structures et des comp tences qui ponctue le
processus d volution des organisations 5. Linnovation, tout comme le changement
peuvent tre donc analys s comme moyen de cr ation ou dadaptation lenvironnement
selon que lon sinscrive dans les courants volontaristes ou d terministes du changement. En
effet, alors que certains auteurs pr sente linnovation comme un moyen dadaptation des
organisations aux changements de leurs contextes, dautres notent que lorganisation
innovatrice tend non seulement sadapter, mais peut cr er aussi de nouvelles conditions
environnementales (en introduisant par exemple de nouveaux produits) suite des choix de
gestion ou des pressions environnementales.
1 Becker S. et Whisler T.L. (1967), The innovative organization: A selective View of Current Theory and
Research, The Journal of Business, Vol. 40, N 4, 462-469
2 Les diff rences au niveau du co t de la recherche et le degr de risque
3 Knight, K. (1967), A descriptive Model of the Intra firm Innovation Process, Journal of Business, Vol. 40,
Octobre, p.478
4 Kanter R.M (1983 :22) d finit linnovation comme la g n ration, lacceptation et limpl mentation did es,
de processus, de produits ou services nouveaux Cette d finition balaie toutes les phases du processus de
linnovation de la proposition limpl mentation, englobant une large vari t dinnovations
5 Alice Guilhon (1998), Le changement organisationnel est un apprentissage, Revue Fran aise de Gestion,
septembre-octobre, 98-107
8
1.2: La perception de nouveaut
La perception de nouveaut a marqu un ensemble de d finitions de linnovation et a
aid mieux d limiter le champ d tude de ce concept. En effet, la d finition de Zaltman
toute id e, pratique ou artefact mat riel qui sont per us comme nouveaux par lunit
dadoption en question 6 met laccent sur limportance de la notion de perception de
nouveaut : Tant que lid e est per ue comme nouvelle par les membres de lorganisation
ou les personnes concern es, cette id e est alors consid r e comme une innovation, bien
quelle puisse para tre ancienne pour dautres, ou comme une imitation.
En outre, la notion de perception de nouveaut a aid mieux cerner les diff rences
entre innovation et changement: Alors que linnovation implique toujours le changement,
certains changements peuvent ne pas tre per us, comme apportant de nouveaux l ments,
par les membres de lorganisation, et ne peuvent pas dans ces cas tre consid r s comme
des innovations. Selon cette optique, linnovation est consid r e comme tant la capacit de
changer et de sadapter, une organisation qui sadapte peut ne pas tre innovante, alors
quune organisation innovante est n cessairement capable de sadapter.
2 Classification des approches
Compte tenu de la diversit des approches de linnovation, les classifications de la
litt rature ont t une source dinformation importante pour synth tiser les principales
id es correspondantes. Plusieurs classifications ont tent alors dorganiser la litt rature sur
linnovation, ci apr s les principaux axes d velopp s par ces recherches et qui serviront pour
positionner les choix conceptuels de la pr sente tude en terme dinnovation.
6 Zaltman Gerald, Duncan Robert et Holbeck Jonny (1984), Innovations and organisations, Robert E. Krieger
publishing company
9
2.1 : Les inputs, les outputs et le processus de linnovation
Cette premi re classification de Becker et Whisler (1967), note que les th ories de
linnovation insistent soit sur les inputs, soit sur les outputs, soit enfin sur le processus de
linnovation. Les inputs, qui d signent des facteurs internes ou endog nes, pouvant tre
subdivis s en deux cat gories : Les facteurs humains relatifs aux individus qui provoquent le
changement et les facteurs structurels, portant sur lorganisation.
Les outputs d signent les changements au niveau de lorganisation dus des facteurs
qui pr disposent lorganisation au changement tels que l volution technologique et les taux
de croissance de la soci t . Le processus de linnovation est constitu principalement de
quatre tapes : Le stimulus, la conception, la proposition et ladoption. Becker et Whisler
(1967) ont not que les auteurs terminent g n ralement leurs analyses avec l tape de
ladoption.
2-2: La diffusion de linnovation, lorientation innovation7 de lorganisation et les
th ories du processus
Une deuxi me classification de la litt rature sur linnovation, celle de Wolfe (1994)8,
organise la th orie en trois parties essentielles, la premi re approche tend mod liser la
mani re avec
laquelle
linnovation est communiqu e. Lunit danalyse est donc
linnovation. Les concepts
fondamentaux d velopp s par cette approche
sont
principalement les facteurs qui influencent la diffusion et les stades de du processus de
diffusion9. Les facteurs qui
influencent
la diffusion sont
les r seaux sociaux,
la
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communication de linnovation et les caract ristiques de ceux qui encouragent linnovation.
Les stades du processus de la diffusion sont principalement :
- La phase de prise de conscience de lexistence de linnovation et le d but dune certaine
compr hension de son fonctionnement.
7 Le terme en anglais est Innovativeness . Le choix de la traduction orientation innovation est inspir des
d veloppements r cents sur le r le de lapprentissage sur louverture de lorganisation linnovation et o on
utilise les terme innovativeness et innovation orientation dune mani re interchangeable.
Hurley et Hult (1998)
8 Wolfe, R. A, (1994), Organisational innovation: Review, critique and suggested research directions,
Journal of Product and Management Studies, Vol. 31, N 3, 405-431
9 Rogers E.M. (1983), Diffusion of innovation, 3 me d, The Free Press, New York, NY
10
- La phase de persuasion, o ladopte potentiel de linnovation commence former une
attitude favorable ou d favorable sur linnovation
- La prise de d cision est le stade o certaines activit s sont entreprises pour adopter ou
rejeter linnovation
- La mise en Suvre de linnovation
- La confirmation est le stade o on approuve une d cision dadoption d j prise.
Cette perspective d tude a t fortement reprise dans le cadre des recherches sur les
incitations gouvernementales ladoption de certains programmes (ISO, Internet..) ainsi que
l tude de l volution et la diffusion des diff rentes technologies dinformation et de
communication10
Lint r t de la deuxi me approche est port aux possibilit s dinnovation dune
organisation, le climat organisationnel favorable la cr ativit , les incitations appropri es
pour
les
innovateurs et
les m thodes de convertir dune mani re structur e des
opportunit s en innovations11 . Lunit danalyse est lorganisation. Cette approche
sint resse principalement la phase dadoption plut t qu la phase de la mise en Suvre.
Les mod les des th ories du processus est une troisi me approche sint resse plut t
l tude de la nature du processus de linnovation. Lunit danalyse est alors le processus de
linnovation et une importance particuli re est donn e aux deux phases de d veloppement
et de mise en Suvre de linnovation.
2.3 : Les perspectives individualistes, structuralistes et du processus interactif
Cette derni re classification est celle de Slappender (1996)12, qui rep re trois
perspectives diff rentes des tudes de linnovation : La perspective individualiste, la
perspective structuraliste et la perspective du processus interactif. Cette classification nest
pas tr s diff rente de celle de Wolfe, sauf au niveau de la premi re perspective, o on
donne une importance particuli re la litt rature analysant le r le des individus dans les
diff rents stades de linnovation.
10 Kautz Kartheinz, Larsen Even Aby (2000), Diffusion theory and practice Disseminating quality management
and software process improvement innovations , Information Technology and People, Vol 13, Issue 1, 11-26
11 Roffe Ian (1999), Innovation and creativity in organisations : A review of the implications for training and
development, Journal of European Industrial Training, Vol 23, Issue 4/5, 244-238
12 Hatum A. (1999), op.cit
11
Lapproche individualiste pr sume que les individus constituent la cause majeure du
changement et de linnovation et se propose d tudier surtout le comportement innovateur
des individus dans le cadre de leurs organisations. Ces individus sont guid s g n ralement
par leurs propres objectifs. Dans la perspective structuraliste, lorganisation occupe la
premi re place dans lanalyse du processus de linnovation. Les auteurs se proposent
danalyser limportance de lorganisation dans le processus de linnovation en insistant sur
ses relations avec lenvironnement. La perspective du processus interactif combine les
d veloppements des deux premi res, et stipule que linnovation est le r sultat de
linteraction de facteurs structurels et dactions individuelles. Linnovation est donc
consid r e comme un processus interactif analys en combinant les deux perspectives
individualiste et structuraliste ainsi que leurs interactions.
3 Objets de linnovation
Apr s avoir bri vement expos les diff rentes approches de linnovation, ce paragraphe
tient r pondre la question suivante : Sur quoi porte linnovation ? Un premier groupe
dauteurs sint resse particuli rement linnovation des produits, alors quun deuxi me
apporte une nouvelle perspective de linnovation en introduisant la notion de processus (le
temps), sans diff rencier entre les innovations techniques et manag riales.
3-1 : Linnovation des produits
Linnovation est lhabilit dune entreprise cr er d lib r ment un nouveau produit,
ce qui peut indirectement induire un changement du processus de production et du mode de
fonctionnement de
lorganisation 13. Cette d finition voulant d limiter
le concept
dinnovation la cr ation de nouveaux produits ayant un impact sur le processus de
13Whipp et Clark(1986 :1) dans Andre Hatum (1999), op.cit
12
production et les structures organisationnelles, a t critiqu e pour son approche limitative
concentr e sur le produit, alors que lorientation g n rale est de diff rencier entre les
diff rentes cat gories des innovations.
Normann (1971) sint ressant au d veloppement des produits conclut quun nouveau
produit peut influencer lentreprise de deux mani res diff rentes: soit en g n rant des
ajustements progressifs dans lorganisation (variations) soit en apportant des innovations
radicales (r orientations). Pour
le premier cas,
les variations sont relatives des
modifications (plus ou moins
l g res) du produit qui naffectent pas
la structure
organisationnelle. Les r orientations impliquent des changements radicaux au cours
desquels des dimensions du produit sont soit limin es soit remplac es. Les nouveaux
produits provoquent g n ralement des changements au niveau des connaissances, des
sp cialisations et des structures de pouvoir. Les r orientations sont plus complexes que les
variations, puisquelles font intervenir la perception de lenvironnement et les changements
internes.
Dautres auteurs14 ont aussi insist sur linnovation des produits en la d finissant
comme le moyen central par lequel les organisations sadaptent et parfois m me se
transforment dans des environnements changeants . Dans cette optique linnovation des
produits est le principal instrument qui permet aux entreprises de sadapter aux nouvelles
exigences du march et aux changements technologiques15.
Des d veloppements th oriques cons quents se sont alors int ress s aux probl mes de
succ s ou d chec des nouveaux produits et notamment les facteurs de succ s16, les
processus de conception et limpact du succ s des nouveaux produits sur la performance de
lentreprise.
Les d veloppements actuels sur les innovations de produits critiquent les mod les de
planification conventionnelle et leur inad quation avec le niveau actuel des turbulences
dans lenvironnement de lentreprise, et insistent sur les axes suivants17:
14 Eisenhardt et Tabrizi (1995 : 84), dans A. Hatum (1999), op cit
15 Lexemple de Hewlett-Packard, qui sest transform e dune entreprise dinstruments, en une entreprise
dordinateurs moyennant linnovation des produits, illustre ce courant de pens e.
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16 Cooper Robert G. (1994), New products: The factors that drive success, International Marketing Review,
Vol.11, N 1, 60-76
17 Poolton Jenny, Ismail Hossam (2000), New developments in innovation , Journal of managerial
psychology, Vol 15, Issue 8, 795-811
13
- Limportance de limprovisation faisant appel un travail d quipe et plus
dint gration entre les fonctions de lentreprise.
-
Une attention particuli re aux comportements humains est requise pour accro tre le
potentiel cr atif des organisations.
- Les m thodes traditionnelles de marketing sont de plus en plus inad quates
(marketing de masse), les consommateurs veulent de plus en plus de nouveaux produits qui
sont con us sur mesure en se basant sur des m thodes qualitatives cherchant r pondre au
mieux leurs besoins et comprendre pleinement leurs exp riences de consommation.
3-2 : Elargissement du champ de linnovation
Les d finitions pr c dentes18 ont t critiqu es pour leur approche limitative
concentr e sur le produit, et dautres d finitions se sont apparues pour largir le domaine
de linnovation. Linnovation est alors pr sent e comme limpl mentation dune id e
propre ou trang re lorganisation, concernant un produit, un m canisme, un syst me, un
processus, une politique, un programme ou un service qui sont nouveaux pour lorganisation
au moment de ladoption 19. Des recherches20 consid rent que lam lioration des
technologies utilis es, des m thodes de travail et de la qualit ainsi que le d veloppement
de nouvelles possibilit s de production, de commercialisation et demballage, lorientation
vers un nouveau march ou ladoption dune nouvelle organisation de travail peuvent tre
consid r s comme des innovations.
Plusieurs cat gorisations des innovations sont alors apparues selon les optiques des
recherch (marketing, production, aspects organisationnels, technologiques). Ce paragraphe
se propose de clarifier les classifications qui sont jug es adapt es aux choix conceptuels et
m thodologiques de cette pr sente recherche sur la g n ralisation du r le de lorientation
march dans la relation entre linnovation et la performance. Dabord, les diff rents champs
de linnovation sont class s en deux cat gories: Linnovation en amont et linnovation en
aval21. La premi re concerne lincorporation plus ou moins importante dune technologie ou
18 Normann (1971) ; Whipp et Clark (1986) ; Eisenhardt et Tabrizi (1995)
19 Damanpour et Evan (1984), op. cit , p.394
20 Szeto Elson (2000), Innovation capacity: Working towards a mechanism for improving innovation within an
inter-organisational network, The TQM Magazine, Vol 12, Issue 2, p.150
21 Cette cat gorisation du champ de linnovation est reprise dans l tude des aspects sp cifiques du r le de
lorientation march dans le succ s des innovations dans le cas des activit s artistiques.
14
dun processus nouveau de production. La deuxi me est relative l tendu avec lequel
linnovation procure au march un profit en terme de r ponse un ou des besoins clefs des
clients22. Lorsque le degr de technologie nouvelle incorpor e dans linnovation (produit ou
processus) est minime et le profit du consommateur (par unit mon taire) d cette
innovation est faible, il sagit alors dune innovation incr mentale. Par contre, les
innovations radicales sont plus profondes dans la mesure o elles incorporent des
technologies significativement nouvelles et procurent au client un profit important en
r pondant mieux des besoins clefs du march 23.
Linnovation radicale est diff rente galement de linnovation strat gique, qui se d finit
comme tant linnovation, qui entra ne la modification dau moins un des l ments
suivants : le produit, les processus ou lorganisation du travail24. Les implications dune
innovation strat gique sont plus tendues que celles dune innovation radicale, et ce parce
que linnovation strat gique entra ne plus de changements au niveau organisationnel. Avant
dentreprendre une innovation strat gique, celle ci doit tre pr c d e par des innovations
moins importantes, des discussions sur les cons quences sur les autres parties de
lorganisation et le d veloppement des capacit s manag riales. Cette distinction entre
linnovation strat gique, radicale et incr mentale sert nuancer les diff rents effets de
linnovation sur la performance de lentreprise25.
Une autre distinction entre les innovations manag riales qui touchent les processus de
gestion et les innovations techniques relatives au processus de production, offre lavantage
de pr senter dune mani re dichotomique deux
composantes exclusives et
compl mentaires, cette pr sentation est jug e adapt e loptique de recherches marketing
en mati re dinnovation26, et fondera la d monstration de la complexit et la non lin arit
du processus de linnovation27.
22 Clark K (1987), Investment in new technology and competitive advantage, The competitive challenge, Teece
D.J., Harper and Row
23 CHANDY Rajesh. K et Tellis Gerard J. (1998), Organizing for radical product Innovation: The overlooked
role of willingness to cannibalize , Journal of marketing research, vol.25, (Novembre ), p476
24 Ces trois derniers l ments d finissent alors ce quont appel whipp et Clark, le triangle des dimensions.
25 Partie 1, Chapitre1, Section2, Paragraphe 1, Sous paragraphe 3
26Han Jin K., Kim Namwood et Srivastava Rajendre K.(1998), Market orientation and organizational
performance : Is Innovation a Missing Link , Journal of marketing, vol.62, (Octobre), 30-45
27 Partie 1, Chapitre1, Section1, Paragraphe 4, Sous paragraphe 2
15
Enfin, la distinction entre les innovations absolues et les innovations relatives est faite
selon que la nouveaut soit par rapport au march (les consommateurs et les concurrents)
ou par rapport lunit dadoption (lid e, le produit ou le processus est nouveau pour
lunit dadoption, mais il est d j adopt par certains concurrents)28. Ces notions sont la
base de la classification des innovations dans le cas de lactivit artistique, le secteur choisi
dans le cadre de cette tude pour sa pertinence quant au r le de lorientation march dans
le succ s des innovations29.
Bien que le champ de linnovation est largi, les approches se limitent soit une
perspective analys e (perspective individualiste ou organisationnelle), soit un stade bien
d termin de linnovation (telle que la cr ation, ladoption ou la mise en oeuvre), le risque
avec ces diff rentes approches est davoir une analyse ponctuelle et non une vision globale
du processus de linnovation. En outre, ces analyses consid rent que linnovation est un
processus lin aire o chaque stade succ de lautre au sens stricte du terme.
Figure 1: Explication lin aire de linnovation
Conception/ id e/
Cr ation/ Proposition D veloppement Diffusion Adoption
Impl mentation
Source: Andre Hatum (1999), Litterature Review of innovation
28 J. Gadrey, F. Gallouj (1994), Linnovation dans lassurance : Le cas de lUAP , rapport pour la direction de
lUAP , CLERSEIFRESI, Universit de LilleI dans Gallouj Camal et Gallouj Fa z (1997), Linnovation dans
les services et le mod le du cycle du produit invers , Revue Fran aise de Gestion, Mars Avril Mai, p95
29 Partie1, Chapitre 3
16
4 La notion de processus de linnovation
Une nouvelle perspective est apparue pour introduire la notion de processus, la
d finissant comme un processus de conversion dopportunit s en nouvelles id es, qui
seront largement pratiqu es 30 . Cette optique pr sente le processus comme tant
diff rentes phases inter reli es (g n ration did es, initiation, mise en oeuvre et valuation)
et met en avant les acteurs de linnovation des personnes qui continuellement sengagent
dans des transactions avec dautres en introduisant leffet de lenvironnement31.
Lapport de l cole du processus est de reconna tre limportance de l tude de
linnovation comme tant un processus complexe et non lin aire qui tient compte de
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diff rents stades et dune mani re simultan e (Walton, 1987 : Van de Ven, 1986), et o les
contextes internes et externes sont des variable consid rer. (Annexe2 : Diff rences
essentielles entre lapproche lin aire de linnovation et l cole du processus).
Lobjectif de ce paragraphe est dexposer la dynamique du processus de linnovation,
puis de montrer la complexit , la non lin arit et linter relation entre ces diff rentes
phases, dans le but dintroduire la section suivante qui se basera sur cette approche pour
montrer la relation entre linnovation et la performance.
30 Tidd et al (1997 : 24) dans Andre Hatum (1999),op.cit
31 Van de Ven, Andrew H. (1986), Central Problems in the Management of Innovation, Management Science,
32, mai, p. 591
17
4-1 : Un processus complexe, non lin aire et dont les stades sont inter reli s
Le processus de linnovation est g n ralement d clench par un probl me. Il est donc
assimil un processus cyclique32 de r solution dun probl me. La g n ration de
linnovation r sout le probl me de d part mais peut d boucher sur de nouveaux probl mes
qui d clencheront de nouveaux processus dinnovation33. La complexit du processus et sa
d pendance des contextes internes et externes ont fait varier le nombre d tapes selon
lapproche de l tude et selon le secteur tudi . Certaines recherches distinguent entre les
phases et les tapes du processus de linnovation. Quatre phases principales caract risent le
processus de linnovation : La g n ration did es qui comportent les deux tapes de
recherche et de d veloppement, la phase dadoption qui comporte les deux tapes de
diffusion (diss mination) et dacceptation, la phase de mise en Suvre, et enfin la derni re
phase comportant l valuation et lajustement34.
Le commencement du processus est caract ris par une multitude de possibilit s
mat rialis e par un rapport doptions pr sent es par un groupe charg de la conception,
suivi par la discussion du rapport avec les unit s int ress es pour s lectionner un choix final.
Certaines discussions avec
le groupe de r f rence permettent de porter certaines
rectifications et recommandations pour arr ter la d cision finale dadopter loption. Un plan
d taill de mise en Suvre arr te les d cisions n cessaires cette tape. Un questionnaire
sert valuer continuellement la bonne marche de la mise en Suvre et les ajustements
n cessaires sont apport s pour corriger des ventuelles d faillances. Cette pr sentation est
sch matique, et ces tapes se d roulent g n ralement dune mani re non ordonn e et
32 Zhuang Lee, Williamson David et Carter Mike (1999), Innovate or liquidate- are all organisations
convinced ? A two-phased study into the innovation process , Management Decision , Vol 37, Issue1, 57-71
33 Le cas de ladoption de linformatisation qui d bouche sur de nouveaux probl mes de communication interne
et de d pendance technologique
34 Vrakking Willem J. (1995), The implementation game, Journal of Organisational Change Management,
Vol.8, N 3, 31-46
18
dynamique : Toute tape peut mettre en cause les tapes pr c dentes et implique un
ensemble de choix au niveau des tapes suivantes, et le tout est influenc par les
changements de lenvironnement et les modes dorganisation dans lunit dadoption.
4-2 : Influence des contextes internes et externes
Le processus de linnovation fait intervenir donc plusieurs personnes voire m me
plusieurs quipes, ce qui implique diff rents membres et niveaux de lorganisation. Dans une
perspective d tude qui situe lentreprise dans le temps et dans lespace35, le processus de
linnovation est consid rablement influenc par les processus et la structure de lentreprise
et notamment la taille de lentreprise, sa culture, les valeurs internes et les sources de
pouvoir. Linterrelation entre linnovation technique et les changements organisationnels a
t tudi e pour clairer la dynamique non lin aire du processus de linnovation : Certaines
entreprises sont guid es plut t par linnovation technique et la d cision dadoption est prise
diff rents niveaux de lorganisation, ce qui est n cessairement suivi par des changements
dans les autres domaines organisationnels36. Il est clair ainsi que diff rents v nements et
d cisions suivent lexp rimentation ou ladoption dune innovation.
En ce qui concerne linfluence du contexte externe, le processus de linnovation nest
pas un changement isol , mais plut t une partie dun syst me plus large, qui est la politique
au niveau national et au niveau sectoriel37 . Les politiques gouvernementales, l ducation, les
valeurs de la soci t , les relations industrielles, lorganisation du secteur, les innovations
radicales dans le secteur, les connections et les p n trations majeures38sont des facteurs qui
interviennent dans le processus de linnovation. Les institutions gouvernementales et non
gouvernementales telles que les universit s, les laboratoires de recherche, les firmes
multinationales sont indispensables pour le d veloppement technologique au niveau
national et sectoriel. Ces institutions contribuent largement une sorte de background
technologique pour lorganisation, et justifient les diff rences au niveau des capacit s et des
35 Cette dimension historique a t d gag e dans les recherches de Whipp et Clark (1986) sur lentreprise Rover
qui a t tudi e dans le contexte de lindustrie britannique
36 Clark (1995), le cas dune multinationale, ayant une grande taille (Pirelli General en Angleterre) a t pris
comme exemple dans l tude
37 Walton (1987) dans Andre Hatum (1999), op.cit
38 Whipp et Clark (1986), op. cit
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strat gies dinnovation entre les entreprises appartenant des environnements diff rents
au niveau technologique39.
La capacit de linnovation de lorganisation d pend de la continuit et du lien entre
lexterne et linterne, les connaissances qui sont accumul es de lext rieur sont stock es
comme une partie de la base des connaissances de lorganisation et utilis es par ceux qui
sont impliqu s dans le d veloppement de nouveaux produits40. Certains probl mes de mise
en Suvre des innovations peuvent mener dans certains cas l chec du processus de
linnovation, les r sultats des tudes empiriques sur ces cas montrent limportance de la
participation des membres de lorganisation concern s par la mise en Suvre dans les
activit s de conception et dadoption Ceci constitue la premi re tape dans la mise en
Suvre41, cette m thode garantie lint gration des connaissances dun plus grand nombre
des membres de lorganisation et ladh sion de tous les concern s par linnovation, ce qui
minimise les r sistances potentielles dans la phase de mise en Suvre. Ces d veloppements
montrent galement le caract re dynamique42 du processus de linnovation, et introduisent
la section suivante pr sentant la notion de succ s du processus de linnovation.
4-3 : Un processus it ratif dapprentissage
L tude des relations entre les diff rentes tapes du processus dune part et linfluence
du contexte interne et externe sur ces tapes montre que linnovation est un processus
complexe, non lin aire et dont les stades sont inter-reli s: Les id es dinnovation se
39 Cooper Charles (1994), Technology and innovation in the international economy, United Nations University
Press, p.20
40 Szeto Elson (2000), op.cit, p.150
41 Ces d veloppements sont tr s d taill s dans larticle de Vrakking Willem J. (1995), The implementation
game, Journal of Organisational Change Management, Vol 8, N 3, 31-46
42Divry Christine , Debuisson Sophie et Torre Andr (1998), Comp tences et formes dapprentissage : Pour
une approche dynamique de linnovation , Revue Fran aise de Gestion, Mars Avril Mai, 115-127
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d veloppent, se r inventent, et se jettent, plusieurs personnes interviennent et en m me
temps, il y a un chevauchement avec dautres activit s accomplies par ces m mes
personnes. En outre, les forces du contexte ext rieur tels que l tat, le march , les facteurs
r gionaux et internationaux, interviennent aussi dans le processus et sont eux m me en
changement permanent. Il ne sagit donc pas dune voie progressive de d veloppement de
linnovation, mais plut t un processus it ratif43 form de flux continus dinformations et des
bases de connaissances donnant lieu des stades qui se...