Le Travail Collaboratif - Systèmes d'Information Pour L’Entreprise

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Le Travail Collaboratif - Systèmes d'Information Pour L’Entreprise

Information Systems & Cooperative Work · course

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Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Virtuelle de Tunis

Systèmes d'Information Pour L’Entreprise

Le Travail Collaboratif

Belhassen Guettat

Attention !

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Systèmes d'Information Pour L’Entreprise                                                                                       Le Travail Collaboratif

Semaine 11 : Le Travail Collaboratif

Description

L’information, matière première de l’industrie du futur, est largement disponible, dans la presse, les documents commerciaux, les bases de données, les congrès scientifiques et même démultipliée par les  innombrables  ramifications  du  réseau  Internet.  Le  problème  n’est  donc  pas  de  disposer d'informations,  mais  d'être  capable  de  transformer  l'information  (argent  virtuel)  en  connaissance (revenu  réel).  C'est  là,  que  réside  le  véritable  enjeu  des  organisations.  Toutefois,  pour  prendre  des décisions  informées  par  rapport  à  leurs  activités  majeures,  les  entreprises  doivent  analyser  des volumes importants de données et d'informations provenant de diverses sources. Si nombre de ces informations  découlent  des  processus  de  gestion  en  place  au  sein  de  l'entreprise,  d'autres proviennent des fournisseurs, des partenaires, des clients.

Or,  une  information  de  qualité  est  un  élément  indispensable  à  toute  organisation  qui  souhaite pouvoir  prendre,  en  temps  utile,  des  décisions  stratégiques  et  opérationnelles  justifiées  et  bien ciblées. Mais si l’on veut éviter l’overdose d’informations, qui crée un sentiment de confusion, si l'on veut arrêter de prendre des décisions en aveugle, il faut organiser la collecte, la gestion et le partage de l’information.

C'est pourquoi, il est nécessaire d'identifier le type d’information à partager, capitaliser, publier, de manière à ce qu’elle soit mobilisable pour celui qui ne connaît pas son existence. La maîtrise des flux d'informations nécessite donc l'exploitation d'outils  permettant l'accès à l'information et au savoir, ainsi  qu'une  organisation  favorisant  le  partage  des  connaissances  et  facilitant  le  travail  coopératif d'équipes pluridisciplinaires.

Objectifs Spécifiques

‐ Comprendre le concept CSCW (Computer Supported Cooperative Work – Travail Coopératif Assisté par Ordinateur), appelé également groupware.

‐ Choisir l’outil groupware approprié au système d’information en place.

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‐ Installer et Configurer le groupware en question.

Ressources Disponibles pour les Apprenant

Support de cours (Acétates).

- - Diapositives para‐pédagogiques (supplément). - Documents à lire et à synthétiser. - -

Études de cas. L’outil libre OpenGroupware.

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1. INTRANET, LE RESEAU PRIVE DE L’ENTREPRISE

La stratégie fondée sur le travail d'équipe et sur la nécessité d’étendre les communications au‐delà des  frontières  de  l’organisation,  est  un  puissant  levier  qui  pousse  à  l'adoption  de  technologies intranet, mettant l'entreprise en position plus favorable pour réagir le plus rapidement possible.

L'intranet est l’utilisation des standards et protocoles de l'Internet (TCP/IP, HTTP, HTML, XML, etc.) avec  les  réseaux  de  l'entreprise  (LAN  ou  WAN).  Intranet,  infrastructure  de  communication  et d'échange, a  pour but de  faciliter le partage de  l'information au  sein de l'entreprise en offrant aux individus et aux groupes la possibilité de produire et de communiquer facilement l'information, que ce soit au travers de listes de diffusion, du courrier électronique ou d'un serveur Web. Utilisé comme plate‐forme  universelle  d'accès  à  l'information,  le  serveur  intranet  répond  à  un  besoin  primordial  : élargir le périmètre d'activité de l'entreprise.

L'intranet  définit  une  architecture  de  réseau  d'entreprise  qui  fédère  les  systèmes  d'information existants.  Ses  fonctions  principales  sont  toutes  les  applications  groupware  ainsi  que  les  fonctions d'interrogation et d'alimentation des bases de données connectées au réseau de l'entreprise. Mais La plupart  des  entreprises  ont  mis  en  place  un  intranet  pour  consulter  des  bases  de  documents  et utiliser la messagerie. Mais la véritable valeur ajoutée d'un intranet, réside dans sa capacité à fédérer les systèmes d'information existants et à offrir des applications groupware aux équipes de travail.

Sécurité de l'intranet

Figure 1. Intranet et ses applications

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Toutefois,  la  mise  en  place  d’un  intranet  nécessite  un  système  de  sécurité,  qui  est  le  point  de contrôle à travers lequel doit passer tout le trafic entrant et sortant, assurant ainsi, l’authentification et  le  filtrage  des  accès.  Seules  les  personnes  autorisées  et  les  services  Internet  approuvés  peuvent passer ce point de contrôle.

C'est  pourquoi,  une  entreprise  qui  met  en  œuvre  un  intranet  peut  choisir  de  séparer  le  réseau intranet,  du  réseau  Internet,  même  si  les  deux  réseaux  utilisent  les  mêmes  protocoles  de communication (TCP/IP). Il lui suffit alors de dédier un serveur au système d'information interne, en utilisant un câblage interne et non le réseau téléphonique public. Ainsi, l'entreprise se préserve des risques  d'intrusion.  Mais  les  utilisateurs  de  l'intranet  ne  bénéficient  plus  des  opportunités  offertes par l'accès au réseau mondial Internet.

Une autre solution pour préserver le réseau interne des intrusions, consiste à mettre en œuvre un système  d'écluse  :  un  réseau  de  micro‐ordinateurs,  en  front  office  jouant  le  rôle  de  miroir.  Ce système  est  plus  efficace  puisque  le  réseau  privé  est  physiquement  séparé  du  réseau  public.  Mais, son  administration  est  lourde  et  exige  d'interrompre  périodiquement  le  service  aux  utilisateurs  le temps du back up.

Hormis  ces  choix  d'architecture  de  réseaux  distincts,  toute  entreprise  qui  met  en  œuvre  l'intranet avec  une  passerelle  sur  l'Internet,  prend  le  risque  d'ouvrir  son  système  d'information  au  monde extérieur et de s'exposer à divers types de malveillance. Il existe deux façons d'utiliser le réseau : la communication  de  personne  à  personne  (messagerie)  et  la  communication  de  personne  à  serveur (recherche  d'informations  sur  des  sites  distants  ou  inversement,  mise  à  disposition  d'informations sur un serveur interne).

Les  plus  gros  risques  se  situent  dans  l'installation  d'un  serveur  pour  mettre  des  informations  à disposition des utilisateurs de l'Internet ou pour faire du commerce électronique. Avec de tels types de services, accessibles en permanence depuis n'importe quel lieu de la planète, l'entreprise installe une  fenêtre  ouverte  sur  son  site  informatique  d'une  façon  permanente.  Mais  avant  de  mettre  en place un système de barrière à l'entrée, tel que le pare‐feu (firewall), les entreprises peuvent prendre un certain nombre de précautions :

‐  Utilisation  de  mots  de  passe  soigneusement  et  intelligemment  conçus,  ils  compliquent  l'intrusion volontaire des pirates.

‐ Inhibition des commandes système pouvant renvoyer des informations sur un utilisateur.

2. LE CONCEPT CSCW (Computer Supported Cooperative Work)

2.1. Présentation

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On appelle "activités coopératives" tout ce qui entraîne des besoins de communication et de coordination  entre  personnes  afin  d'assurer  conjointement  une  activité  professionnelle  ou  sociale (Education, Santé en particulier). Le travail coopératif, le travail en équipe ("Teamwork"), la mise en réseau de compétences des collectifs de travail et des individus sont devenus des éléments clés de la société.  Le  management  des  entreprises,  plus  basé  aujourd'hui  sur  la  valorisation  de  la  ressource humaine  que  par  le  passé  souvent  productiviste  et  tayloriste,  évolue  vers  de  nouveaux  modèles moins hiérarchiques, valorisant la mise en réseau et la coopération.

Le  "Computer  Supported  Cooperative  Work"  (traduit  en  français  sous  le  terme  "Activités  multi‐ participantes  informatisées")  est  le  domaine  de  recherche  répondant  aux  questions  suivantes  : quelles  sont  les  caractéristiques  du  travail  coopératif  comme  opposé  au  travail  effectué  par  des individus  isolés  ?  Comment  l'informatique  peut‐elle  être  appliquée  pour  résoudre  les  problèmes logistiques  du  travail  coopératif?  Comment  les  concepteurs  abordent‐ils  les  délicats  et  complexes problèmes de conception des systèmes qui façonnent les relations sociales?

Le  CSCW  est  un  domaine  de  recherche  multi‐disciplinaire  intéressant  sociologues,  psychologues, ergonomes, informaticiens. Bien que le CSCW comporte le terme "Computer", les outils mis en jeu dans cette discipline dépassent de beaucoup l'ordinateur en incluant la téléphonie, les messageries, la vidéo et les systèmes d'imagerie.

En  tant  que  domaine  scientifique,  le  "Travail  Coopératif"  est  encore  immature  et  les  problèmes théoriques sont nombreux ; nous pouvons en citer quelques uns parmi les plus pressants :

‐ La définition de systèmes informatiques pour des environnements de travail coopératif est particulièrement  difficile.  On  peut  bien  sûr  décrire  et  spécifier  un  système  d'information  destiné  à s'adapter  à  la  nature  sociale  actuelle  de  l'organisation  du  travail  ;  mais,  réciproquement,  ce changement technologique induira des modifications dans l'organisation sociale du travail.

C'est  l'amère  expérience  qui  a  été  faite  lors  de  certains  projets  de  bureautique  :  les  bénéfices potentiels  en  termes  de  productivité,  flexibilité,  qualité  de  production,  des  technologies  de l'information  ne  peuvent  être  réalisées  sans  changements  correspondants  dans  l'allocation  des tâches. Il faudrait ainsi être en mesure de prédire le développement des processus de coopération et les modifications dans l'organisation qui résulteront du développement technologique.

‐ Dans la recherche actuelle sur le CSCW (Computer Supported  Cooperative Work), on pré‐ suppose  habituellement  que  l'ensemble  des  personnes  qui  collaborent  est  un  "groupe"  ou  une "équipe"  ;  c'est‐à‐dire  un  ensemble  relativement  fermé  de  personnes  qui  sont  engagées  dans  un processus constant de communication et d'échange.

Mais le concept de "groupe" ainsi défini est trop vague. L'interaction de différentes personnes d'une équipe  est  un  processus  complexe  où  chaque  participant  intervient  avec  des  moyens  et  des procédures différenciés.

La notion de groupe de travail ne couvre donc pas la riche complexité du "Travail Coopératif". Le groupe de personnes  n'est  pas l'unité spécifique  de coopération des structures modernes. Dans

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la  coopération  utilise  des  moyens

(machines,  moyens  de ces  dernières, communication)  et  ne  nécessite  pas  des  contacts  directs  entre  les  personnes  concernées.  Dans  les services administratifs, les agents coopèrent au travers d'espaces d'information virtuels, sans directe communication et sans nécessairement se connaître ni connaître les travaux effectués par chacun.

intermédiaires

Les systèmes informatiques destinés à supporter le travail coopératif doivent dès lors aider à utiliser les  informations  manipulées  dans  des  contextes  de  travail  différents  par  d'autres  travailleurs, souvent  inconnus.  Le  travail  coopératif  comporte  donc  des  modes  d'interaction  directs  aussi  bien qu'indirects, distribués autant que collectifs.

‐  La  plupart  des  approches  du  Travail  Coopératif  sont  orientées  vers  ou  par  les  données, comme si l'information était quelque chose d'innocent et de neutre. On pourrait ainsi penser qu'il est possible  de  concevoir  un  Système  d'Information  permettant  au  manager  de  disposer  d'un  modèle unifié de son entreprise. Mais l'idée que les organisations sont des entités monolithiques est tout à fait  naïve.  Il  faut  plutôt  considérer  qu'une  organisation  est  un  mélange  de  collaborations  et  de conflits.  La  plupart  des  informations  sont  générées,  traitées  et  communiquées,  dans  un  contexte d'incohérence, de discorde, de conflits d'intérêts.

La notion de travail coopératif soulève donc une série impressionnante de questions et de sujets de recherche. Il s'agit en fait d'un thème multidisciplinaire impliquant : l'ergonomie, l'anthropologie, la sociologie des organisations, la sociologie scientifique, l'étude des processus industriels, la théorie du rangement, la théorie de la décision, la psychologie cognitive, les sciences cognitives, les théories de l'Intelligence Artificielle et l'étude des interactions homme‐machine. Cependant, la notion de travail coopératif est un concept très spécifique qui ne s'applique pas à tout système de production : il faut qu'il y ait production d'un produit particulier ou d'un ensemble de produits.

En revanche, ce concept ne pré‐suppose pas de forme particulière d'organisation :

-

Il  ne  sous‐entend  pas  l'existence  de  principes  de  travail,  ni  de  travail  de  groupe,  ni  de communication face à face.

- Une  organisation  ou  une  corporation  peut  comprendre  plusieurs  processus  de  travail

-

coopératif qui ne présentent ni lien, ni interférence. Le travail coopératif n'est pas limité à un métier mais peut franchir les limites d'un métier ou d'une fonction.

Dans  une  organisation  peu  complexe,  le  travail  coopératif  pourra  impliquer  plusieurs  métiers  qui collaborent en vue de l'exécution d'une tâche précise, ou plusieurs sociétés qui servent à la mise en chantier ou à la production d'un produit élaboré en commun.

2.2. Analyse sociologique

Le travail est un phénomène social extrêmement complexe impliquant des formes multiples

d'interaction sociale dont on peut citer les suivants :

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‐  Les  formes  d'interaction  dans  le  processus  de  travail  lui‐même  déterminé  par  les  ressources naturelles et technologiques disponibles.

‐ La place de l'interaction dans la structure de l'organisation.

‐ les privilèges et les préjudices dans l'attribution des tâches. Il faut savoir si l'attribution spécifique de tâches reflète des privilèges professionnels ou individuels. Certains types de travail peuvent être ressentis comme une insulte par une catégorie élevée de travailleurs.

‐  Les  formes  institutionnelles  de  gestion  et  de  résolution  des  conflits  d'intérêt.  Les  relations  de compétition  et  de  collaboration  à  l'intérieur  d'une  organisation  spécifique  peuvent  affecter  la structure des interactions sociales.

‐  Les  formes  de  contrôle  social  dans  l'environnement  de  travail.  Par  exemple,  il  faut  prendre  en compte  l'importance  des  flux  d'information  horizontaux  parmi  les  collaborateurs,  et  les  comparer aux voies hiérarchiques de communication.

‐ Les formes d'attribution de pouvoir et d'autorité : par exemple, une personne est‐elle investie d'une autorité par ses pairs en raison de l'accomplissement d'une tâche, de services rendus ou par quelque autre raison extérieure ?

L'analyse  du  travail  coopératif  consiste  à  séparer les  différentes  couches  existantes  dans l'organisation  sociale  du  travail  et,  en  identifiant  les  relations  spécifiques  et  les  modes  de développement des interactions, recréer graduellement une description du système social du travail.

2.3. Les formes de coopération

On  peut  se  poser  la  question  :  "Pourquoi  les  gens  coopèrent‐ils"  ?  ou  "Pourquoi  des processus  de  production  sont‐ils  effectués  de  manière  coopérative  ?".  Les  individus  coopèrent  à cause  des  capacités  limitées  de  chaque  individu.  On  considère  essentiellement  trois  types  de coopération : La coopération additive, la coopération intégrante et la coopération de débat.

a‐) La coopération additive

Les capacités humaines individuelles sont limitées, sur un plan physique ou physiologique, mais aussi au  plan  psychologique.  SIMON  (1957)  avait  mis  en  évidence  cette  "rationalité  limitée"  des processeurs  d'information  humains,  ce  qui  avait  amené  INBAR  (1979)  à  cette  conclusion désenchantée : "Intellectuellement, l'homme apparaît comme un ordinateur particulier, caractérisée par une capacité de traitement de l'information lente, limitée et séquentielle". Cette capacité limitée peut  être  compensée  par  une  "coopération  additive"  :  en  combinant  capacités  et  efforts,  un ensemble d'individus peut effectuer une tâche qui aurait été impossible à un individu seul.

Mais  il  y  a  un  horizon  temporel  à  chaque  tâche  ("il  y  a  un  temps  pour  semer  et  un  temps  pour moissonner").  La  division  d'une  tâche  en  sous‐tâches  précises  et  articulées  dans  le  temps  permet généralement  de  la  réaliser  avec  un  maximum  d'efficacité.  Paradoxalement,  les  innovations technologiques,  en  augmentant  les  capacités  physiques  et  les  possibilités  de  traitement  de

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l'information de chacun, ont réduit l'impact de la coopération additive. Ainsi un homme conduisant un bulldozer peut déplacer des charges bien supérieures à une poignée d'individus équipés de pelles. Dans une étude, NEWTON (1985) conclut que "les innovations technologiques ont rendu les activités humaines  plus  efficaces  et  chacun  plus  puissant,  et  les  activités  coopératives  (au  sens  de  la coopération additive) ne sont plus aussi efficientes".

b‐) La Coopération Intégrante

Avec la spécialisation croissante de chacun, il apparaît évident que chaque individu ne peut manier avec succès qu'un nombre limité d'outils. Il peut s'agir de deux types d'outils : Les outils physiques ou matériels  et  les  outils  intellectuels  qui  sont  plus  difficiles  à  cerner  (Ce  sont  des  compétences,  des connaissances, et des expertises). Cependant, dans l'un et l'autre cas, l'évolution actuelle s'effectue vers une spécialisation croissante et chacun se limite à un domaine d'activités. Cette différenciation du travail nécessite une activité coopérative d'intégration.

L'introduction  d'un  système  de  contrôle  et  d'intégration  des  activités  augmente  la  capacité  de chaque  travailleur  individuel  en  transférant  le  mécanisme  de  contrôle  à  la  machine  tandis  que  les travailleurs assurent la planification et la supervision des tâches, ainsi que le diagnostic de pannes. Mais  il  faut  que  les  travailleurs  aient  une  bonne  connaissance  du  processus  de  contrôle  qui  gère l'organisation du travail afin d'en détecter les défaillances et d'en optimiser l'efficacité.

c‐) La Coopération de Débat

La validité et la véracité d'une décision obtenue par un processus de travail basé sur la connaissance est fragile et contestable. L'objet de coopération est de répondre à cette insuffisance. Le fait que le travail soit basé sur la connaissance entraîne l'existence de plusieurs stratégies possibles. L'existence de ces différentes stratégies s'explique par des "points de vue" divers quant à la solution à apporter à un problème donné.

La coopération de débat sert à sélectionner les bons ajustements, les bonnes solutions parmi l'infinie variation des points de vue. Même s'il existe des décisions erronées et des erreurs d'interprétation, des individus qui débattent de leurs problèmes avec leurs collègues de travail arrivent généralement à  des  décisions  objectives  et  équilibrées  dans  des  environnements  complexes.  Ceci  s'observe  aussi bien chez les techniciens que chez les employés de l'administration. Les premiers se racontent à la cafétéria  les  histoires  de  pannes  de  leurs  machines  et  à  partir  de  cet  échange  participent  à l'élaboration de solutions à un problème nouveau dans un contexte donné.

Dans le monde administratif (ou celui des assurances), la coopération de débat permet de concilier des  points  de  vue  différents  et  d'éviter  les  décisions  biaisées  incontrôlées.  Le  monde  médical, (comme celui de la recherche ou de l'enseignement) est particulièrement rompu à la coopération de débat en vue d'aboutir à un diagnostic ou à l'établissement d'un protocole thérapeutique.

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2.4.  Modalités de coopération

Le  travail  coopératif  s'organise  à  travers  l'espace  et  le  temps.  On  peut  donc,  selon  la classification de JOHANSEN considérer les processus de collaboration selon les deux axes principaux : locale ou distante ; synchrone ou asynchrone.

a‐) Coopération locale ou à distance

Le Schéma de JOHANSEN

Les travailleurs qui coopèrent dans un même lieu (dans la même pièce, par exemple) sont en mesure d'interagir  fréquemment,  tandis  que  ceux  qui  coopèrent  à  distance  sont  limités  dans  leurs interactions par la disponibilité, la largeur de la bande passante et le temps de réponse du moyen de communication.

b‐) Coopération synchrone ou asynchrone

Les différentes tâches et sous‐tâches d'un travail coopératif peuvent être effectuées simultanément ou reportées dans le temps. L'intervalle de temps entre deux tâches coopératives varie d'autant. Les sous‐tâches peuvent être réalisées comme une suite d'actions étroitement couplées ou comme une série d'actions interconnectées. Certains travaux coopératifs peuvent durer des années (c'est le cas du travail scientifique) ou des siècles (la construction d'une cathédrale).

c‐) Coopération collective et distribuée

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Dans le mode collectif du travail coopératif, les individus coopèrent ouvertement et consciemment : ils constituent un groupe  qui a une responsabilité commune. Dans le mode distribué, au contraire, les individus sont semi‐autonomes. Chacun peut modifier son comportement selon les circonstances et  avoir  sa  propre  stratégie  :  dans  cette  situation,  chaque  travailleur  n'est  pas  nécessairement conscient des autres ni de leurs activités ; ils coopèrent au travers de leur espace de travail.

d‐) Coopération directe ou indirecte

Dans le cadre de la coopération directe, les travailleurs interagissent en échangeant une information symbolique  :  ils  communiquent.  Dans  la  coopération  indirecte,  les  individus  coopèrent  via  un appareillage technique, typiquement une machine.

Par exemple, en fonction de l'état de fonctionnement d'une machine, un travailleur A va prendre une décision qui va modifier l'état de cette machine. En fonction de ce nouvel état, le travailleur B peut prendre  une  décision  qui  va  entraîner  une  nouvelle  modification.  Dans  ce  cas,  les  travailleurs  ne communiquent pas. Néanmoins, ils coopèrent.

2.5. Les outils informatiques du travail coopératif : les Collecticiels

Les  groupware  ou  "collecticiels"  reflètent  un  changement  d'orientation  dans  l'utilisation  de l'ordinateur  pour  la  résolution  de  problèmes  et  pour  faciliter  la  collaboration  inter‐individuelle.  Le mariage de l'informatique, de la téléphonie, de la télévision et de la vidéo définit un nouvel "espace de travail électronique", système d'intégration des activités de production et de communication. Des produits commerciaux commencent à voir le jour comme le "coordinator " ou "Lotus Notes" après les prototypes de laboratoire que furent le Cognoter ou le Cnoter.

2.5.1. Définition d'un COLLECTICIEL

Un  collecticiel  a  pour  objet  d'assister  les  groupes  pour  la  communication,  la  collaboration  et  la coordination de leurs activités. Nous pouvons à la suite de ELLIS (11), définir un collecticiel comme "Un  système  informatique  qui  aide  deux  utilisateurs  ou  plus  à  prendre  en  charge  une  tâche commune et qui fournit une interface pour un environnement partagé". Les deux notions capitales sont :

∙ TACHE COMMUNE

∙ ENVIRONNEMENT PARTAGE

On soulignera que cette définition n'a pas de référence temporelle : le collecticiel peut être utilisé en "temps  réel"  pour  une  collaboration  synchrone  ou  au  contraire  de  manière  différée  pour  une coordination asynchrone.

2.5.2. Les concepts clés des COLLECTICIELS

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L'existence des collecticiels est trop récente pour que l'on puisse figer l'ensemble des fonctionnalités qu'ils recouvrent. Néanmoins, ils ont en commun un certain nombre de concepts fondamentaux et de mots‐clés que nous allons passer maintenant en revue.

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Environnement  partagé :  Un  environnement  partagé  est  un  ensemble  d'objets,  où  objets  et actions sont visibles par un groupe d'utilisateurs. Des exemples classiques sont les systèmes de conception commune de documents : "co‐authoring" et salles de classes électroniques. Fenêtre  pour  groupe :  C'est  une  collection  de  fenêtres  dont  les  instances  apparaissent  (ou peuvent apparaître) sur différents supports. Les stations de travail sont connectées en réseau et le fait qu'un utilisateur dessine un cercle sur son écran entraîne l'apparition de ce cercle sur les autres supports.

- Vue :  Une  vue  est  une  représentation  visuelle  ou  multimédia  d'une  partie  donnée  d'un environnement partagé. Différentes vues peuvent contenir la même information mais différer dans  leur  représentation  (par  exemple,  un  ensemble  de  données  numériques  peut  être représenté  sous  forme  de  tableau  ou  sous  forme  de  graphe)  ;  dans  d'autres  conditions, différentes vues peuvent correspondre à différentes portions de l'environnement partagé.

2.5.3. Essai de Taxonomie des COLLECTICIELS

Cette taxonomie est fournie ici pour donner une idée générale de l'étendue couverte par le domaine des collecticiels, sans avoir la prétention d'être ni exhaustive, ni définitive.

a‐) Les messageries

C'est l'exemple le plus commun et le plus familier : les systèmes de messagerie supportent l'échange asynchrone de messages textuels entre groupes d'utilisateurs. On sait que le succès de ces systèmes dans les entreprises a généré des phénomènes de surcharge d'information. C'est pourquoi les messageries comportent à présent des modules "intelligents" capables de trier et d'ordonner les messages. Des scripts peuvent être attachés aux messages ce qui permet d'effectuer des requêtes ou des actions complémentaires, d'adresser une réponse à l'expéditeur ou d'exécuter le message dans l'environnement  de  travail du receveur. Si la messagerie est très  utilisée en Recherche Scientifique ou dans le monde professionnel, son emploi en Médecine est encore souvent restreint à l'émission / réception de messages informels.

b‐) Les éditeurs multi‐utilisateurs

Les  membres  d'un  groupe  peuvent  utiliser  ces  outils  pour  éditer  le  même  objet  au  même moment.  Ces  éditeurs  permettent  des  accès  en  lecture  concurrents  mais  seulement  un  accès individuel  à  un  segment  en  écriture.  Certains  de  ces  éditeurs  fournissent  une  notification  explicite des actions des autres utilisateurs.

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c‐) Les systèmes d'Aide à le Décision de Groupe (GDSS : Group décision Support Systems) et

les salles de réunions électroniques

Les  systèmes  d'aide  à  la  décision  en  groupe  fournissent  des  outils  pour  l'exploration  de problèmes non structurés dans un groupe. L'objectif de ces GDSS est d'améliorer la productivité en

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accélérant les processus de décision ou en améliorant la qualité des décisions prises. On classe dans cette catégorie : Les outils de classification, le vote électronique, les outils de génération d'idées, etc.

Souvent,  ces  outils  sont  intégrés  dans  des  salles  de  réunions  électroniques  contenant  plusieurs stations  en  réseau,  de  grands  écrans  publics  et  des  équipements  audio  et  vidéo.  Dans  d'autres expériences,  les  GDSS  ont  été  couplés  à  des  outils  télématiques  pour  améliorer  la  coordination d'équipes distantes travaillant au même projet.

d‐) La conférence médiée par ordinateur.

L'ordinateur  sert  de  moyen  de  communication  dans  un  large  échantillon  de  situations.  On peut  citer  dans  ce  domaine  :  La  conférence  temps  réel,  médiée  par  ordinateur,  la  télé‐conférence médiée par ordinateur, et la conférence sur station de travail (desktop conference).

On s'oriente plutôt vers des processus plus accessibles permettant aux individus de communiquer au travers de leurs moyens informatiques habituels. Xérox, par exemple, a établi un pont audio/vidéo entre Portland et Palo Alto (12) pour faciliter les échanges entre ces deux équipes. Non seulement, les salles de détente étaient équipées pour faciliter les échanges informels, mais chaque utilisateur pouvait aussi intervenir grâce à sa propre station de travail au travers du réseau.

- Desktop  conference :  Dans  ce  cas,  la  station  de  travail  est  l'interface  pour  la  conférence,  et permet  d'effectuer  les  programmes  sélectionnés  par  les  participants.  Lors  d'une  desktop conference, il faut : ∙ Fournir des écrans partagés pour documents multimédia,

∙ Fournir des canaux de communication pour la voix et pour des pointeurs partagés.

Ces  systèmes  supportent  de  nombreuses  formes  d'interaction,  de  la  plus  simple  conversation téléphonique à des systèmes interactifs multi‐utilisateurs.

e‐) Systèmes de Coordination

Ces  systèmes  tendent  à  réduire  les  conflits  et  favoriser  la  coordination  des  tâches  au  sein d'une  organisation.  Ils  permettent  à  chacun  de  vaquer  à  ses  propres  travaux  mais  informent  les autres participants de l'état de leurs activités et génèrent des alertes automatiques ou des messages d'avertissement.

Ces  prototypes  utilisent  un  modèle  général  de  communication  orienté  par  la  tâche.  Ainsi  le COORDINATOR est basé sur le modèle du WORFLOW et de la SPEECH ACT THEORY et comporte de ce fait  un  modèle  de  la  dynamique  de  la  conversation.  Nous  donnerons  plus  loin  un  exemple d'application dans ce modèle à la coordination des tâches dans le domaine de l'activité de soins.

3. LES 3C D’UN GROUPWARE

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3.1. Présentation

On rappelle qu’un groupware est "un processus intentionnel de travail en groupe, processus intégrant les outils logiciels nécessaires pour l’assister". Cette définition met clairement en évidence les  dimensions  humaines  et  organisationnelles  d’une  part  (group  processes)  et  les  dimensions technologiques d’autre part (software tools) du groupware.

Le  groupware  facilite  trois  mécanismes  fondamentaux  inhérents  à  toute  organisation  humaine  :  la communication,  la  coordination  et  la  coopération.  Ces  mécanismes  sont  des  concepts  clés  des sciences de l’organisation qui caractérisent une forme de structure qui s’impose comme la plus apte à  relever  les  défis  d’un  environnement  toujours  plus  changeant  et  toujours  plus  complexe,  c'est‐à‐ dire, l’équipe. Mais dans un environnement où la division du travail est toujours omniprésente, les idées, même les meilleures, restent sans valeur si les individus ne savent pas communiquer avec les autres,  et  s'ils  ne  veulent  pas  travailler  en  équipe.  Or,  de  nos  jours,  le  travail  d’équipe  est  une nécessité, car c’est un outil stratégique qui doit être développé et affiné. Nul n'ignore que le travail d'équipe  développe  le  savoir.  Or,  le  savoir  constitue  le  seul  actif  durable  d'une  entreprise  et  d'une administration. C'est donc, de la capacité de l'équipe de collecter et de gérer le savoir que dépendent la survie et la réussite de l'organisation. Mais la compréhension des processus du travail en équipe nécessite un recours à des concepts inconnus du management traditionnel. En effet, l’organigramme de l’entreprise, c’est‐à‐dire, la représentation que s’en font ses dirigeants, a trois caractéristiques :

‐  Il  vise  à  préciser  la  place  qu’occupe  chaque  individu  au  sein  de  l’entreprise.  Il  induit  une

certaine stratification sociale marquée notamment par l’ancienneté et la hiérarchie des diplômes.

‐  La  place  occupée  par  chaque  individu  est  elle‐même  précisée  par  une  définition  de  poste implicite ou explicite. Cette définition de poste précise les contours de la tâche impartie à l’individu en contrepartie de son salaire, précisant du même coup ce qui se trouve hors de ses attributions et qu’il n’a pas le droit de faire, puisqu’il s’agit de la tâche d’un autre.

‐  Il  précise  quelles  sont  les  relations  d’individu  à  individu.  Les  relations  se  définissent verticalement,  selon  une  stricte  hiérarchie.  Les  relations  horizontales  entre  salariés  doivent  passer par les différents niveaux hiérarchiques. Une telle organisation laisse peu de place au véritable travail en équipe.

Conformément à la philosophie individualiste dont elle est l’expression, l’entreprise se réduit alors, à une somme d’individualités. Et les multiples "groupes de travail" qui se créent ne sont généralement que des simulacres de structures d’équipes car ces pratiques sont écrasées par le modèle dominant de la division du travail, de la verticalité fonctionnelle et de l’individualisme banalisé.

Le  nouveau  paradigme  véhiculé  par  le  groupware  s’oppose,  dans  ses  principes  fondamentaux,  au modèle  organisationnel  en  place.  Le  groupware  commence  par  l’intention  de  travailler  autrement, c’est‐à‐dire,  travailler  en  équipe  plus  que  travailler  en  groupe.  En  ce  sens,  le  groupware  permet l’alliance d’une équipe et d’une technologie dans le but de capitaliser la connaissance et d’optimiser ainsi le temps individuel et collectif.

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Mais  les  multiples  contraintes  qui  limitent  tous  les  jours  la  qualité  du  travail  réalisé  au  sein  de l’organisation,  la  qualité  du  service  fourni  aux  clients  (internes  et  externes),  allongent  les  délais  et contribuent  à  augmenter  les  coûts,  réduisant  ainsi  la  performance  globale  et  la  compétitivité  de l’entreprise.  Pour  ces  situations,  le  groupware  n’a  pas  son  pareil  pour  réussir  une  organisation humaine. Le groupware est un mode de fonctionnement qui réduit souvent, et supprime parfois, les difficultés quotidiennes.

3.1. Trois mécanismes fondamentaux : Les 3C

Ces difficultés viennent du fait que dans toute entreprise, dans toute organisation humaine, il y a une division du travail. On comprend que cette division du travail est nécessaire pour réaliser les produits et services, souvent très sophistiqués, que sollicite un marché de plus en plus complexe et exigeant en qualité, en service, en délai et en coût.

Dès qu’il y a division du travail, il y a besoin de coordination des individus et des groupes de travail. Le  groupware  est les interdépendances entre les personnes qui doivent absolument travailler ensemble.

la  solution  que  plusieurs  entreprises  utilisent  pour  mieux  gérer

Mais la division du travail entraîne aussi une autre obligation que les organisations ne favorisent pas toujours. Il s’agit de la coopération entre les différentes personnes concernées par un processus de production  qui,  généralement,  traverse  de  part  en  part  toutes  les  structures  fonctionnelles  et verticales qui existent sur l’organigramme de l’entreprise. Or, l’organigramme n’est qu’un papier qui n’a rien à voir avec les difficultés pour résoudre les problèmes quotidiens du travail.

Autrement dit, le groupware est à la fois, une nouvelle forme d’organisation et de management, et un  environnement  logiciel,  qui  facilite  la  communication,  la  coordination  et  la  coopération  au  sein d’un groupe de personnes qui travaillent ensemble.

3.2. Applications groupware

La typologie propose une classification simple mais exhaustive de tous les services et usages que  l’on  peut  attendre  du  groupware.  Cette  typologie  met  en  évidence  trois  grandes  familles d’applications, comme l'illustre la figure ci‐dessous :

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