Le théorème d’Ampère

Physique, Électromagnétisme · course

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(O.Granier)

Le champ magnétique

Le théorème d’Ampère

Olivier GRANIER

I – Énoncé du théorème d’Ampère

Le théorème d’Ampère est « l’équivalent » du théorème de Gauss.

Il permet de calculer le champ magnétique créé par une distribution de

courants lorsque celle-ci possède des symétries « fortes ».

1 – Fil infini et circulation du champ magnétique :

La circulation du champ magnétique est définie par :

r

rd

r

(MB

)

C

∫=

contour

M

r

r

rdMB

).

(

Olivier GRANIER

Pour le champ électrostatique, cette circulation est nulle puisque :

C

=

contour

r

r

rdME

).

(

=

contour

(

r

rdV

.

)

grad

−=

contour

dV

=

0

Si l’on regarde la carte du champ magnétique créé par un fil infini (ou

une spire circulaire), on constate que la circulation du champ magnétique

le long d’une ligne de champ (fermée) orientée n’est pas nulle.

Afin d’évaluer cette circulation, on prend le cas du champ magnétique

créé par un fil infini, qui vaut :

r

MB

(

)

r

I

µ

1

0=

u

θπ

r

2

Olivier GRANIER

Lignes de champ

r

B

(

=

r

rd

r

r

rdMB

).

(

r

udr

)

+

(

r

=

I

µ

0

2

π

1

r

r

u

rd

)

θθ

r

r

rdu

.

θ

=

r

udz

)

z

+

(

I

µ

0

2

π

d

θ

Olivier GRANIER

1er cas : le contour fermé n’enlace pas le fil infini

(C)

r

(MB

)

r

M

r

θu

r

r

rd

y

z

H

z

r

zu

O

r

ru

θθθθ

x

Soit (C) un contour fermé orienté de

telle manière que la normale au contour

soit orienté comme le fil infini.

Vue de haut :

I

P

θθθθM

Q

θθθθ

θθθθm

(C)

y

r

r

(MB

)

r

rd

M

x

Olivier GRANIER

La circulation du champ le long du contour (C) est alors :

I

P

θθθθM

Q

θθθθ

θθθθm

(C)

y

r

r

(MB

)

r

rd

M

C

=

(

C

)

r

rdMB

).

(

µr

I

0

=

2

π

(

C

)

d

θ

x

C

=

I

µ

0

2

π

P

Q

d

θ

+

Q

P

=

d

θ

I

µ

0

2

π

[

(

θθ

m

M

)

+

(

θθ

M

m

] 0

=

)

Olivier GRANIER

2ème cas : le contour fermé enlace le fil infini

z

H

z

r

zu

O

r

ru

θθθθ

x

C

=

(C)

Publicité

r

M

r

rd

r

(MB

)

Vue de haut :

I

r

θu

r

(

C

)

y

=

I

µ

0

2

π

(

C

)

x

d

θ

=

I

µ

0

2

π

r

r

rdMB

).

(

(C)

M

r

θθθθ

y

r

(MB

)

r

rd

)2(

µπ

=

0

I

Olivier GRANIER

2 – Énoncé du théorème d’Ampère :

On considère un certain nombre de fils parcourus par des courants

d’intensités I1, I2, …. Soit (C) une courbe fermée orientée enlaçant certains

de ces courants et n le vecteur normal déduit de la règle de la main droite.

2I

3I

r

n

(C)

5I

4I

M

r

rd

1I

r

(MB

)

On compte positivement les

courants dirigés dans le

même sens que n et

négativement les courants

de sens contraire.

r

r

rdMB

C

).

(

∫=

contour

Olivier GRANIER

Le théorème d’Ampère s’écrit :

(C)

5I

4I

r

r

rdMB

=

r

r

rdMB

).

).

(

(

C

= ∫

C

=

(

C

)

(

C

)

3I

r

n

2I

M

µ

0

(

I

1

=

µ

0

r

rd

1I

r

(MB

)

+

I

3

I

)4

enlacées

2

I

+

I

ébrique

a

lg

Olivier GRANIER

II – Exemples d’applications du théorème d’Ampère

1 – Le fil infini :

I

Étude des invariances et des

symétries :

Invariance par rotation autour

de (Oz) et par translation

autour de z. Le champ ne

dépend pas des coordonnées θθθθ

et z.

Le plan contenant le fil et le

point M est un plan (ππππ+), par

conséquent le champ s’écrit :

r

(MB

)

M

r

r

θurBMB

=

)(

)

(

Olivier GRANIER

I

(C)

H

r

r

rdMB

).

(

C

=

(

C

)

Choix du contour (C) : on

choisit le cercle de rayon r,

de centre H (passant donc par

r

M) orienté de telle manière

zu

que le vecteur normal soit .

r

(MB

)

M

r

θu

r

r

zu

r

urB

)(

θ

.(

=

C

(

C π=

2

)

La circulation C du champ sur

ce contour vaut :

r

u

).

θ θ

rd

=

rB

r

)(

(

C

)

d

θ

rB

r

)(

Olivier GRANIER

I

(C)

H

Le théorème d’Ampère permet

d’écrire :

r

(MB

)

C

=

2

π

rB

r

)(

=

µ

0

I

M

r

Publicité

θu

r

r

zu

On retrouve bien l’expression

obtenue à partir de la loi de

Biot et Savart :

rB

)(

=

I

µ

0

2

π

1

r

r

MB

(

)

r

I

µ

1

0=

u

θπ

r

2

Olivier GRANIER

2 – Cylindre infini de rayon R : (densité de courant uniforme)

z

r

n

r

j

r

zuj

0=

x

H

O

r

r

θu

r

ru

(C)

M

P

r

r

θurBMB

=

)(

(

)

y

Olivier GRANIER

Circulation le long du cercle C de rayon r et de centre H :

C π=

2

rB

r

)(

Application du théorème d’Ampère :

I enl

2

jR

= π

=

I

0

0

Pour r > R : (intensité totale à travers le cylindre)

C

=

2

π

rB

r

)(

=

µ

I

00

;

rB

)(

=

I

µ

00

2

π

1

r

Pour r < R :

I enl

= π

2

jr

=

0

C

=

2

π

rB

r

)(

=

µ

0

I

0

;

rB

)(

=

I

µ

00

2

π

r

2

R

Olivier GRANIER

I

0

2

r

2

R

2

r

2

R

Représentation graphique du champ B(r) :

B(r)

I 1

µ

0

R

2

π

Le champ magnétique est continu à la

traversée du cylindre (en r = R) :

c’est un résultat général pour des

distributions volumiques de courants.

µ

0

2

π

I 1

r

0

R

r

Olivier GRANIER

3 – Plaque plane infinie d'épaisseur e : (densité uniforme)

y

z

x

M

r

j

r

xuj

0=

Déterminer le champ magnétique en tout point M de l’espace.

e

Olivier GRANIER

Étude des invariances : le champ ne dépend que de la côte z.

zB

)

)(

r

r

uzBMB

=

Étude des symétries :

zB

(

−=

)(

)

(

;

y

r

r

yuzBMB

=

)(

)

(

z

M (z)

r

j

r

xuj

0=

MS (-z)

r

MB

(

r

MB

(

)

)

−=

S

e

Olivier GRANIER

Application du théorème d’Ampère :

r

r

yuzBMB

=

)(

)

(

Q

yQ

R

r

j

r

xuj

0=

MS

z

M

(C)

P

r

n

=

r

xu

yP

r

MB

(

)

−=

S

S

r

MB

(

)

e

y

Contour (C) : rectangle orienté (PQRS), passant par M et MS.

Olivier GRANIER

Publicité

Calcul de la circulation du champ sur le contour (C) :

r

MB

(

)

=

r

yuzB

)(

Q

yQ

R

r

j

r

xuj

0=

MS

z

M

(C)

r

n

=

r

xu

P

yP

r

MB

(

S

r

MB

(

)

)

−=

S

e

r

r

rdMB

).

(

=

C

=

(

C

)

y

Q

y

P

r

uzB

)(

r

udy

.(

y

)

+

y

y

S

=

y

P

y

=

y

Q

R

C

−=

(2

y

P −

y

Q

)

zB

)(

r

uzB

)(

(

r

udy

)

y

).(

y

Olivier GRANIER

Application du théorème d’Ampère :

I

)

Si z > e / 2 :

=

y

y

(

enl

P

je

0

Q

(2

y

y

Q

P

)

zB

)(

=

µ

0

(

y

P

y

Q

)

je

0

;

zB

)(

−=

µ

ej

00

2

Si 0 < z < e / 2 :

I

enl

=

(

y

P

y

Q

z

)2()

j

0

(2

y

y

Q

P

)

zB

)(

=

µ

0

(

y

P

y

Q

z

)2()

j

0

;

zB

)(

On constate bien que le champ est continu en z = e / 2.

−=

µ

zj

00

Olivier GRANIER

Représentation graphique du champ B(z) :

B(z)

ejµ

2/00

e/2

z

  • e/2

0

ejµ−

2/00

Olivier GRANIER

Complément : nappe de courant plane (courant surfacique uniforme js)

B(z)

0 sjµ

2/

B

0µ=∆

sj

0

0 sjµ−

2/

Le champ subit une

discontinuité lors de la

traversée de la nappe

de courant égale à :

z

B

0µ=∆

sj

(Résultat tout à fait

général)

Olivier GRANIER

4 – Bobine torique (de section transverse quelconque) :

z

H

M

O

y

Une bobine torique est constituée de

N spires jointives (parcourues par un

courant d’intensité I) régulièrement

enroulées sur un tore de révolution

d’axe (Oz).

La section transverse du tore est

quelconque (pas nécessairement

circulaire).

Soit (r,θθθθ,z) les coordonnées

cylindriques du point M.

I

x

L’étude des invariances et des symétries donnent : (le plan OHM est un

r

r

plan de symétrie (ππππ+))

θuzrBMB

),(

=

)

(

Olivier GRANIER

4 – Bobine torique (de section transverse quelconque) :

(C)

I

x

z

H

r

Application du théorème d’Ampère :

On choisit comme contour le cercle

orienté de centre H et de rayon r

(passant donc par M). La circulation

du champ sur ce contour vaut :

M

r

(MB

)

Publicité

O

y

C π=

2

Si M est en dehors du tore :

zr

),(

rB

I enl

=

0

et

zrB

),(

=

0

Si M est intérieur au tore :

I enl

=

NI

et

zrB

),(

=

NI

µ

0

2

π

1

r

Le champ ne dépend ni de z ni de la forme de la section transverse du tore.

Olivier GRANIER

5 – Solénoïde infini (de section transverse quelconque) :

On considère un solénoïde infini de section transverse quelconque composé

de spires jointives parcourues par un courant d’intensité I ; on note n le

nombre de spires par unité de longueur.

On veut calculer le champ magnétique en tout point de l’espace (intérieur

ou extérieur au solénoïde).

Mext

I

Mint

I

z

Olivier GRANIER

Étude des invariances et des symétries :

Le plan passant passant un point M et perpendiculaire à l’axe (Oz) est un

plan (ππππ+). Le champ magnétique est donc porté par l’axe (Oz). Par ailleurs,

il y invariance par translation selon (Oz) puisque le solénoïde est infini (mais

par rotation autour de ce même axe). Par conséquent :

r

rBMB

)

,(

=

)

θ

(

r

zu

r

extMB

(

Mext

Mint

r

intMB

(

)

I

O

)

I

z

Olivier GRANIER

Application du théorème d’Ampère :

On choisit comme contour orienté un cadre rectangulaire qui passe en deux

points intérieurs au solénoïde (situés à des distances à l’axe différentes) :

r

1int,MB

(

Mint,1

I

)

Q

I

O

P

R

r

int,MB

(

)

2

S

Mint,2

z

MBC

=

(

).

PQ

MB

(

).

RS

=

int,

2

1int,

(

MB

(

)

MB

(

1int,

int,

2

)PQ

.)

I

0=enl

Donc :

MB

(

)

=

MB

(

)

=

B

int

int,

2

1int,

Le champ est uniforme à

l’intérieur du solénoïde infini.

Olivier GRANIER

De la même manière, pour deux points extérieurs au solénoïde :

Mext,1

(

r

1,extMB

Q

)

r

2,extMB

(

P

R

Mext,2

I

O

)

S

I

z

MB

(

)

=

MB

(

ext

2,

)

=

B

ext

ext

1,

Le champ est uniforme à

l’extérieur du solénoïde infini.

Avec, a priori :

B ≠int

extB

Olivier GRANIER

On choisit un contour « à cheval » sur le solénoïde :

P

R

Mext

Mint

r

intB

I

O

r

extB

r

n

Q

S

I

C

=

(

B

ext

B

int

)

.

PQ

=

µ

0

I

enl

=

µ

0

(

nPQ

I

)

D’où :

B

int

=

B

ext

µ+

0

nI

z

Olivier GRANIER

En assimilant un solénoïde infini à un tore de révolution de rayon infini, on

montre que le champ magnétique à l’extérieur du solénoïde est nul. Par

conséquent, à l’intérieur du solénoïde :

I

Mint

r

intB

I

O

B

int µ=

0

nI

On retrouve le résultat obtenu avec la loi de Biot et Savart pour un

solénoïde infini à section circulaire et pour un point de l’axe (Oz).

z

Olivier GRANIER