L'ANALYSE DES RISQUES

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L'ANALYSE DES RISQUES

Occupational Safety and Health Management · notes

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LANALYSE DES RISQUES

Mai 2006

Direction g n rale Humanisation du travail

Direction g n rale Contr le du bien- tre au travail

Division des tudes juridiques, de la documentation et du contentieux

Cette brochure peut tre obte-

nue gratuitement:

" par t l phone au 02 233 42 14

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du SPF: http://www.meta.fgov.be

" par crit la Cellule Publications

du Service public f d ral Emploi,

Travail et Concertation sociale

rue Ernest Blerot 1

1070 Bruxelles

Fax: 02 233 42 36

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2

La r daction de cette brochure a

t achev e le 30 avril 2006

Coordination: Direction de la com-

munication

R daction: Direction g n rale

Humanisation du travail

Supervision graphique et couvertu-

re: Hilde Vandekerckhove

Mise en page: Rilana Picard

Fond de couverture: Isabelle

Rozenbaum

Impression: Imprimerie Bietlot

Diffusion: Cellule Publications

Editeur responsable: Service public

f d ral Emploi,Travail et

Concertation sociale

D p t l gal: D/2006/1205/17

H/F

Les termes travailleurs, m decins,

architectes, conseillers et emplo-

yeurs utilis s dans cette brochure

d signent les personnes des deux

sexes.

INTRODUCTION

Cette brochure traite du concept de lanalyse des risques et de la

fa on dutiliser ce concept pour d terminer des mesures de pr ven-

tion.

Lanalyse des risques est une manation de la nouvelle approche de

la l gislation en mati re de s curit et de sant au travail. Autrefois,

la r glementation consistait en un recueil de prescriptions techniques

tr s pr cises: on imposait la fa on dont un appareil devait tre cons-

truit et dans de nombreux cas aussi comment il fallait lutiliser pour

garantir la s curit et la sant des travailleurs. Une telle fa on de

r glementer offrait lavantage d tre tr s claire, chacun savait ce

quil devait faire pour respecter la r glementation. Dun autre c t ,

celle-ci pr sentait linconv nient d tre tr s rigide et garder la r gle-

mentation niveau tait donc impossible dans la pratique. Ces der-

niers temps, la science et les techniques ont volu si vite quil nest

plus possible dadapter la r glementation rapidement, du moins sil

sagit dune r glementation qui impose des moyens. Cest pourquoi

lUnion europ enne a opt pour une nouvelle approche: en plus des

obligations de moyens, elle impose obligation de r sultats. On lais-

se lemployeur la libert de choisir lui-m me les moyens pour

atteindre les objectifs synonymes de travail sain et s r, sous certai-

nes conditions sociales. Le risque peut d s lors tre d fini comme la

probabilit de ne pas atteindre lobjectif de maintien du bien- tre au

travail et lanalyse des risques comme un examen destin voir

quelles mesures doivent tre prises pour pouvoir r aliser les objectifs.

Cette nouvelle approche pr sente lavantage dune r glementation

qui reste actuelle et de laisser une marge de manSuvre pour r sou-

3

dre de fa on cr ative les probl mes de bien- tre au travail.

Cependant, elle noffre que peu de points dancrage et nest videm-

ment pas concr te. Pour y rem dier, lUnion europ enne a mis sur

pied un syst me tendu de r gles qui offrent des points de rep re:

celui qui respecte ces r gles tend r aliser les objectifs de bien- tre.

Ces r gles ne sont toutefois pas obligatoires: on est libre de les utili-

ser, le but principal restant la r alisation des objectifs. Sur cette

base, lemployeur va pouvoir proc der une analyse des risques et

mettre en place un syst me dynamique de gestion des risques.

Ainsi donc, apr s avoir introduit la notion de syst me dynamique de

gestion des risques, la brochure approfondit lanalyse des risques.

Lors de la mise en Suvre dune telle analyse, diff rentes m thodes

peuvent tre utilis es pour d tecter les dangers, d terminer les fac-

teurs de risque et valuer les risques. Ces m thodes sont expliqu es

succinctement en indiquant pour quoi elles peuvent tre utilis es et

quelles sont leurs limites. La brochure examine galement au moyen

dun exemple concret comment le concept de lanalyse des risques

peut tre appliqu dans la pratique et comment on peut choisir des

mesures de pr vention concr tes.

Cette brochure se veut donc tre pour toutes les parties concern es un

guide permettant d tablir le dossier-risques de lentreprise. Elle est

mettre en corr lation troite avec la brochure Le bien- tre des tra-

vailleurs lors de lex cution de leur travail - Commentaire juridique

de la loi du 4 ao t 1996 , dont elle constitue une suite.

4

TABLE DES MATI RES

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3

Table des mati res . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .5

Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .7

1.

1.1

1.2

1.3

2.

2.1

2.2

2.3

2.4

2.5

2.6

3.

Publicité

4.

4.1

4.2

4.3

4.4

4.5

Introduction au syst me dynamique de gestion des risques . . . . . .9

Principe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9

Ce quenglobe le syst me dynamique de gestion des risques . . . . . . . . . . . .10

Mise en place dun syst me dynamique de gestion des risques . . . . . . . . . . .12

Pr vention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13

D finition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13

Calculer le risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13

Mesures de pr vention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .14

Cadre l gal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15

Plan global de pr vention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16

Plan daction annuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .17

Evaluation du syst me dynamique de gestion des risques . . . . . . .19

R le et responsabilit des parties concern es par le syst me

dynamique de gestion des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21

R le et responsabilit finale de lemployeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21

R le et responsabilit associ e des membres de la ligne hi rarchique . . . . .21

R le et responsabilit professionnelle des conseillers en pr vention . . . . . .22

R le et responsabilit des travailleurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .22

R le et responsabilit du comit pour la pr vention et la protection au travail23

Analyse des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25

5.

D finition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .25

5.1

Cadre l gal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26

5.2

Constituer une analyse des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26

5.3

Identification des dangers pour le bien- tre des travailleurs . . . . . . . . . . . . .26

5.3.1

5.3.2 D finition et d termination des risques pour le bien- tre des travailleurs .27

Evaluation des risques pour le bien- tre des travailleurs . . . . . . . . . . . . . . . .28

5.3.3

Interaction de ces l ments constitutifs de lanalyse des risques . . . . . . . . . .29

5.4

Deux types danalyse des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .30

5.5

Analyse du processus par les experts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .30

5.5.1

Analyse participative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .32

5.5.2

Strat gie danalyse des risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33

6.

6.1

SOBANE, une strat gie quatre niveaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34

6.1.1 Niveau 1: d pistage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .34

6.1.2 Niveau 2: observation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35

6.1.3 Niveau 3: analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .36

5

6.1.4 Niveau 4: expertise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .36

Proc dure et mise en oeuvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .36

6.2

Conditions de mise en oeuvre et discussion de la strat gie . . . . . . . . . . . . .38

6.3

M thodes danalyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .41

7.

7.1

M thodes ax es sur le r le des machines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42

7.1.1 M thode What if . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42

7.1.2 M thode HAZOP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .42

7.1.3 M thode FMEA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43

7.1.4 M thode Ishikawa . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43

7.1.5

Safety audit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .43

7.1.6 Norme EN 1050 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .44

7.1.7 Norme EN 954-1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .44

7.2

M thodes ax es sur le r le des travailleurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .44

7.2.1 M thode de lanalyse des t ches . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .44

7.2.2 M thode Human reliability analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45

7.3

M thodes combinant le r le jou par les travailleurs et par les machines:

la liste de contr le . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45

M thodes utilis es apr s un accident ou pour un sc nario daccident . . . . .46

7.4

7.4.1

Arbre des fautes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .46

7.4.2 MORT-analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .47

8.

8.1

8.2

8.3

8.4

M thodes de classification et de hi rarchisation . . . . . . . . . . . . . . .49

M thode Kinney . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49

Indice incendie et explosion de la firme Dow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50

M thode du Chemical exposure index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50

Preliminary hazard analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .50

Etude pratique de cas: le danger dincendie dans les PME . . . . . . .51

9.

Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51

9.1

Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51

9.2

Identification des personnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52

9.3

Risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52

9.4

Limitation de la visibilit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52

9.4.1

9.4.2 Dommages aux voies respiratoires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52

Etouffement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52

9.4.3

Br lures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52

9.4.4

Contusions, fractures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53

9.4.5

Perte du sens de lorientation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53

9.4.6

Panique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53

9.4.7

Facteurs de risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53

9.5

Facteurs de risque collectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .53

Publicité

9.5.1

Facteurs de risque individuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .55

9.5.2

Identification des dangers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56

9.6

B timents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56

9.6.1

Locaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .56

9.6.2

Transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .57

9.6.3

Processus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .57

9.6.4

9.7

Evaluation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58

Evaluation de la probabilit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58

9.7.1

9.7.2 D finition du dommage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58

Mesures de pr vention . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .59

9.8

Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .60

9.9

6

Glossaire

Analyse des risques:

lensemble des activit s ayant pour but didentifier de fa on syst matique et permanen-

te les dangers et les facteurs de risque et de d terminer et d valuer le risque en vue

de fixer des mesures de pr vention.

Danger:

la propri t intrins que ou la capacit dun objet, dune substance, dun processus ou

dune situation davoir des cons quences n fastes ou de menacer la sant et/ou la s cu-

rit du travailleur.

Dommage:

lensemble des entraves au bon fonctionnement physique et psychique dun tre

humain.

Exposition:

la mesure dans laquelle les travailleurs peuvent entrer en contact avec un danger.

Facteurs de risque:

les l ments de nature collective ou individuelle qui interf rent de telle fa on sur le dan-

ger quils augmentent ou r duisent la probabilit de survenance des effets n fastes ainsi

que leur ampleur.

7

Pr vention:

lensemble des mesures prises au niveau de lorganisation dans son ensemble, au niveau

dun groupe de postes de travail ou de fonctions ou au niveau de lindividu en vue de

pr venir des risques, d viter des dommages ou de limiter des dommages.

Risque:

la probabilit que les effets n fastes se produisent dans certaines conditions et lampleur

ventuelle de ces effets.

Syst me dynamique de gestion des risques:

il se caract rise comme suit:

"

il sagit dun syst me, cest- -dire un ensemble de proc dures et dactes reposant sur

un principe ordonn et constituant un ensemble coh rent;

il est dynamique, cest- -dire quil est adapt en permanence aux conditions chan-

geantes.

Il sagit donc dun processus continu qui volue sans cesse et qui, en dau-

tres termes, ne sarr te jamais;

il sagit dun syst me qui a trait la gestion des risques, cest- -dire la planification

de la pr vention et la mise en Suvre de la politique du bien- tre, o on vise ma -

triser les risques pour le bien- tre des travailleurs en les d tectant et en les analy-

sant et en fixant des mesures de pr vention concr tes.

"

"

8

1 Introduction au syst me

dynamique de gestion des risques

1.1

Principe

Tout employeur est responsable de lapproche planifi e et structurelle de la pr vention

au moyen dun syst me dynamique de gestion des risques. Ce syst me a t introduit

par l'arr t royal relatif la politique du bien- tre (1).

Le syst me dynamique de gestion des risques met en Suvre un principe de pr vention

de la loi sur le bien- tre des travailleurs: planifier la pr vention et ex cuter la politique

concernant le bien- tre des travailleurs lors de lex cution de leur travail, en visant une

approche de syst me qui int gre, entre autres, les l ments suivants: la technique, lor-

ganisation du travail, les conditions de vie au travail, les relations sociales et les facteurs

ambiants au travail. Cette loi dispose, en outre, que Lemployeur d termine:

a) Les moyens par lesquels et la fa on selon laquelle la politique relative au bien- tre des tra-

vailleurs lors de lex cution de leur travail peut tre men e;

b) Les comp tences et responsabilit s des personnes charg es dappliquer la politique relati-

ve au bien- tre des travailleurs lors de lex cution de leur travail .

Le syst me dynamique de gestion des risques se caract rise par le fait quil planifie la

pr vention et la mise en Suvre de la politique du bien- tre, en visant ma triser les

risques pour le bien- tre des travailleurs, en les d tectant et en les analysant, et en fixant

des mesures de pr vention concr tes. Son aspect dynamique implique aussi quil sagit

dun processus continu voluant sans cesse et sadaptant en permanence aux conditions

changeantes.

Lemployeur adapte sa politique du bien- tre en fonction de lexp rience acquise, de l -

volution des m thodes de travail ou des conditions de travail.

Arr t royal du 27 mars 1998 relatif

(1)

la politique du bien- tre des travailleurs lors

de lex cution de leur travail. Le texte coor-

donn de larr t est consultable et t l char-

geable

SPF

http://www.meta.fgov.be, dans le module

R glementation.

site

sur

du

le

9

Bien que le syst me dynamique de gestion des risques donne une plus grande flexibili-

t lemployeur pour mener une politique du bien- tre adapt e son entreprise, il ne

lui donne pas un blanc-seing pour faire ce quil veut. En premier lieu, ce syst me impo-

se un cadre contraignant lemployeur, auquel il doit donner un contenu concret. En

outre, il y aura toujours un certain nombre de r gles minimales qui sappliqueront obli-

gatoirement, de sorte que lemployeur na pas le choix dappliquer dautres mesures.

Cest pourquoi, larr t royal relatif la politique du bien- tre au travail pr voit claire-

ment que ses dispositions ne portent nullement pr judice aux obligations sp cifiques

impos es lemployeur en application du R glement g n ral pour la protection du tra-

vail (RGPT) ou en application darr t s fix s en ex cution de la loi sur le bien- tre des

travailleurs. Cette disposition souligne que la d r gulation qui simpose en partie du fait

de l volution rapide de la soci t , est limit e par un certain nombre de r gles minima-

les que lemployeur doit toujours respecter en vue de la protection des travailleurs.

1.2 Ce quenglobe le syst me dynamique

de gestion des risques

Publicité

Le syst me dynamique de gestion des risques se rapporte au bien- tre au travail .

Ce concept recouvre:

"

La s curit du travail, cest- -dire lensemble des mesures qui ont pour objet de pr -

venir les accidents du travail. Elle concerne les interactions entre les installations

techniques et le travailleur;

La protection de la sant du travailleur au travail. Cette notion se rapporte ce que

lon appelle traditionnellement la m decine du travail, cest- -dire lensemble des

mesures ayant pour but de pr venir les maladies professionnelles. La relation entre

le travailleur et son environnement de travail est ici fondamentale. La notion de

m decine du travail na toutefois pas t reprise dans la loi pour mieux mettre lac-

cent sur les mesures pr ventives qui vont plus loin que lindividu;

La charge psychosociale occasionn e par le travail.

Ici, laccent est mis sur la com-

posante psychique de la sant du travailleur influenc e par son environnement de

travail. Cette charge requiert donc une approche sp cifique au d part des discipli-

nes psychologiques et sociologiques;

La protection des travailleurs contre la violence et le harc lement moral ou sexuel

au travail;

Lergonomie, cest- -dire lensemble des mesures qui ont pour but dadapter le tra-

vail lhomme;

Lhygi ne du travail, cest- -dire lensemble des mesures qui ont pour but de lutter

contre les influences n fastes li es la nature de lentreprise;

Lembellissement des lieux de travail. Cette notion se rattache directement lhy-

gi ne du travail;

Les mesures prises par lentreprise en mati re denvironnement, pour ce qui

concerne leur influence sur les points cit s ci-avant. Il sagit ici de linteraction entre

lenvironnement et les conditions de travail mentionn es ci-dessus.

"

"

"

"

"

"

"

10

1.3 Mise en place dun syst me dynamique

de gestion des risques

Lors de l laboration et de lapplication du syst me dynamique de gestion des risques,

tous les domaines cit s ci-dessus devront tre pris en compte. Bien videmment, en

fonction du type dentreprise dans lequel on se trouve, lun ou lautre domaine gagnera

en importance. Le syst me dynamique de gestion des risques devra donc tre adapt

la sp cificit de chaque entreprise. Ainsi, dans un laboratoire, laccent sera surtout mis

sur la s curit du travail, la protection de la sant et lhygi ne du travail, tandis que dans

un service administratif, cest lergonomie qui sera plus importante.

Cependant, les diff rents domaines qui constituent ensemble le bien- tre au travail ne

sont pas dissoci s et une mesure prise dans un certain domaine peut avoir des r per-

cussions dans un autre domaine. Ainsi, le fait dinstaller un capot de protection sur une

scie circulaire peut tre en soi une excellente mesure pour promouvoir la s curit du

travail, mais peut ne pas tre adapt la situation de travail du travailleur, de sorte que

celui-ci soit g n lors de lex cution de son travail. Il y a donc un conflit avec le princi-

pe de lergonomie. Cest pourquoi larr t royal relatif la politique du bien- tre au

travail dispose que le syst me dynamique de gestion des risques tient compte de linte-

raction qui existe ou peut exister entre les diff rents domaines.

Afin de mesurer linteraction entre les diff rents domaines, lemployeur doit d ve-

lopper, dans son syst me dynamique de gestion des risques, une strat gie danalyse des

risques sur base de laquelle des mesures de pr vention sont d termin es.

12

2 Pr vention

2.1 D finition

La pr vention nest jamais un objectif en soi, mais est un des moyens pour tendre

r duire les risques (de dommage), sauvegarder la sant et am liorer le bien- tre. La

pr vention a t d finie dans larticle 2 de larr t royal relatif la politique du bien-

tre comme lensemble des dispositions ou des mesures prises ou pr vues tous les

stades de lactivit de lentreprise ou de linstitution, et tous les niveaux, en vue d vi-

ter ou de diminuer les risques professionnels.

2.2 Calculer le risque ?

Le risque nest pas stable. En effet, tous les l ments qui le composent interagissent les

uns par rapport aux autres. Cela veut dire que si les facteurs de risque varient, le risque

change imm diatement et simultan ment. De plus, le risque volue rapidement et cons-

tamment. Ainsi, la pr vention du dommage consiste faire varier les facteurs de risque

de chaque forme de dommage afin que la probabilit de risque se rapproche toujours

de 0.

Exprim en temps, le risque peut changer selon la fa on dont lindividu fait face des

situations dangereuses. Cela a peu de sens de calculer les risques en termes absolus et

ceci nest certainement pas la finalit de lanalyse des risques.

Dans certaines circonstances, on peut calculer le risque, mais ce nest pas vrai dans la

plupart des cas. Souvent, on commet des erreurs m thodologiques en la mati re.

Lexemple de la circulation routi re le montre clairement. Chaque ann e, quelque 1.600

personnes meurent en Belgique dans un accident de la circulation. On pourrait d ter-

miner le nombre total dheures pass es sur la route ou de kilom tres parcourus par len-

semble des Belges. Sur la base de ces chiffres, on pourrait calculer la probabilit de trou-

ver la mort sur une heure de participation la circulation ou sur 100 km de chemin par-

Il sagit toutefois dune d duction erron e: la probabilit davoir un accident est

couru.

en effet influenc e par les facteurs de risque existant au moment de la conduite:

" Collectifs: tat de la route, visibilit , heure de la journ e, tat du v hicule, densit du

"

trafic ... ;

Individuels: aptitude conduire, connaissance des risques, vue, ou e, quantit dal-

cool, drogues, m dicaments, comportement individuel et style de conduite&

La probabilit de trouver la mort par 100 km parcourus na que peu de sens ici.

Lorsquun chauffeur d passe un autre v hicule sur une route deux bandes avec une

visibilit r duite par le brouillard, sur un rev tement glissant, sous influence&, la pro-

babilit dun accident approche le 1 et ce pendant quelques secondes. Apr s cette

manSuvre de d passement, les facteurs de risque changent imm diatement et la pro-

babilit dun dommage d un accident baisse directement.

13

2.3 Mesures de pr vention

Il faut prendre des mesures de pr vention en fonction de lanalyse des risques effectu e.

Ces mesures de pr vention sont fix es dans lordre suivant:

1. En premier lieu, il faut prendre des mesures de pr vention ayant pour but d viter

les risques, entre autres en liminant les dangers.

Il sagit ici des mesures de pr -

vention primaire. Le principe mis en place est celui de la substitution, du travail en

vase clos. Citons comme exemple le remplacement dune substance (par exemple

lamiante) ou dune machine par une substance ou machine qui nest pas dangereu-

se. Du fait que lon agit sur le danger en tant que tel, savoir sur la propri t intrin-

s que de la substance ou de la machine, le risque est compl tement limin la

source. Ces mesures de pr vention peuvent aussi tre des dispositions dinterdic-

tion. Elles visent alors interdire lutilisation dune technologie pr sentant des pro-

pri t s dangereuses. On doit y avoir recours si on ne peut pas faire varier suffi-

samment les facteurs de risque pour ma triser ou contr ler le risque un niveau

acceptable;

2. En deuxi me lieu, on trouve les mesures de pr vention ayant pour but d viter le

dommage. Il sagit des mesures de pr vention secondaire. Lorsquil faut travailler

une hauteur lev e, le risque ne peut pas toujours tre limin au pr alable, mais le

dommage peut tre vit gr ce des quipements de protection collective, en uti-

lisant, par exemple, des garde-corps ou des filets de s curit ;

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3. En troisi me lieu, il y a les mesures de pr vention ayant pour but de limiter le dom-

mage. Il sagit des mesures de pr vention tertiaire. On peut songer, par exemple,

des plans durgence et des mesures qui concernent les premiers soins en cas dac-

cident, un d pistage pr coce de maladies professionnelles, une mise en ordre de

m tabolite chez les travailleurs.

Les deux derni res mesures de pr vention sont en fait des dispositions de gestion,

cest- -dire quelles visent influencer les facteurs de risque en les identifiant et en les

valuant afin de les faire varier. Un facteur de risque peut tre influenc , modifiant ainsi

chaque fois le risque ou la probabilit dun dommage. La transformation de la liste de

facteurs de risque ( l ments n gatifs) en actions positives rassemble directement un

certain nombre de mesures pr ventives permettant dendiguer le danger.

Pour chaque groupe de mesures de pr vention, lemployeur doit examiner quelle est

leur influence sur le risque et si elles ne constituent pas par elles-m mes un risque, de

mani re devoir soit appliquer un autre groupe de mesures de pr vention, soit pren-

dre des mesures de pr vention suppl mentaires dun autre groupe. Ainsi, une certaine

substance peut tre remplac e par une substance moins dangereuse. De ce fait, on

r pond donc en partie au principe voulant que les risques doivent tre vit s. Mais

tant donn que cette substance peut elle-m me tre dangereuse, il faut encore pren-

dre des mesures de pr vention permettant d viter le dommage. Ceci peut se faire, par

exemple, en adaptant les m thodes de travail (la manipulation de la substance dans un

syst me confin ) ou en pr voyant en compl ment une surveillance m dicale, permet-

tant de pr venir ou de d pister temps le dommage de mani re le limiter.

Quoi quil en soit, les mesures de pr vention doivent agir trois niveaux:

" Au niveau de lorganisation (on peut, par exemple, pr venir ou limiter le risque din-

cendie en concevant un b timent de mani re ad quate et en utilisant des mat riaux

appropri s);

" Au niveau dun groupe de postes de travail ou de fonctions, comme des travaux en

hauteur (on peut, par exemple, pr voir des quipements de protection collective);

14

" Au niveau de lindividu (on peut, par exemple, vacciner des personnes qui sont expo-

s es des agents biologiques, comme le virus de lh patite B, ou faire subir un exa-

men m dical aux personnes qui sont expos es des agents carcinog nes comme la-

miante, de sorte que le dommage puisse tre vit ou limit ).

En cas de travaux effectu s grande hauteur, il peut sav rer impossible dutiliser des

quipements de protection collective, parce quon ne peut pas les installer, par exem-

ple. Dans ce cas, on ne peut que recourir des quipements de protection individuel-

le, permettant d viter ou en tout cas de limiter le dommage en cas de chute.

Remarque:

Malgr la mise en place de mesures de pr vention secondaire et tertiaire, le danger nest toutefois pas limin et

il est important de se rendre compte de cela pour viter que par hom ostasie des autres facteurs de risque, le ris-

que reste identique, voire saccroisse. En dautres termes, si la politique de pr vention est ax e sur le changement

dun seul facteur, il est possible que les autres facteurs (comportement de lindividu, du groupe, de lorganisation)

sadaptent de telle mani re la nouvelle situation que leffet pr ventif se perde et que lon obtienne m me un r sul-

tat net n gatif: la r alisation du risque est suivie dun plus grand dommage.

2.4 Cadre l gal

Larticle 9, alin a 3 de larr t royal relatif la politique du bien- tre donne une num -

ration exemplative des mesures de pr vention qui peuvent tre prises. Dans cette nu-

m ration, il est implicitement tenu compte des trois niveaux auxquels les mesures pr -

ventives doivent tre prises. Enfin, cette num ration tient aussi implicitement compte

de la hi rarchie des principes de pr vention. Cest pourquoi les mesures concernant la

formation et linformation des travailleurs ne se trouvent qu la dixi me place.

Ces mesures de pr vention sont les suivantes:

1. Lorganisation de lentreprise ou de linstitution, en ce compris les m thodes de tra-

vail et de production utilis es;

2. Lam nagement du lieu de travail;

3. La conception et ladaptation du poste de travail;

4. Le choix et lutilisation d quipements de travail et de substances ou pr parations

chimiques;

5. La protection contre les risques li s aux agents chimiques, biologiques et physiques;

6. Le choix et lutilisation d quipements de protection collective et individuelle et de

v tements de travail;

7. Lapplication dune signalisation adapt e en mati re de s curit et de sant ;

8. La surveillance de la sant des travailleurs en ce compris les examens m dicaux;

9. La charge psychosociale occasionn e par le travail;

10. La comp tence, la formation et linformation de tous les travailleurs, en ce compris

les instructions ad quates;

11. La coordination sur le lieu de travail;

12. Les proc dures durgence, en ce compris les mesures en cas de situation de danger

grave et imm diat, et celles concernant les premiers secours, la lutte contre lincen-

die et l vacuation des travailleurs;

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13. La protection des travailleurs contre la violence et le harc lement moral ou sexuel

au travail.

Remarque:

Les r sultats de lanalyse des risques, ainsi que les mesures de pr vention mettre en oeuvre, sont tablis par crit.

Ils font int gralement partie du plan global de pr vention (voir point suivant). Cette obligation concerne tous les

employeurs et est donc plus tendue que lancienne disposition de larticle 28bis, 6 du RGPT.

2.5 Plan global de pr vention

Le plan global de pr vention est le document concret qui va centraliser lensemble des

op rations effectu es dans le cadre du syst me dynamique de gestion des risques.

Il

d termine le programme des activit s de pr vention d velopper et appliquer. Cest

lemployeur, en concertation avec les membres de la ligne hi rarchique et les services

pour la pr vention et la protection au travail, qui tablit ce plan.

A cette fin, lemployeur consulte galement le comit . En effet, toute modification ou

adaptation du plan global de pr vention est pr alablement soumise lavis du comit .

Le plan global de pr vention comprend les l ments suivants:

1. Les r sultats de lidentification des dangers et la d finition, la d termination et l -

valuation des risques;

2. Les mesures de pr vention tablir;

3. Les objectifs prioritaires atteindre;

4. Les activit s effectuer et les missions accomplir afin datteindre ces objectifs;

5. Les moyens organisationnels, mat riels et financiers affecter;

6. Les missions, obligations et moyens de toutes les personnes concern es;

7. Le mode dadaptation de ce plan global de pr vention lors dun changement de cir-

constances;

8. Les crit res d valuation de la politique en mati re de bien- tre des travailleurs lors

de lex cution de leur travail.

Les deux premi res parties concernent clairement lanalyse des risques et les mesures

de pr vention tablir. En fait, elles constituent le dossier risques. Les parties 3 6 d -

finissent la fa on dont la politique sera men e via les questions suivantes: que vise-t-on

et que doit-il se passer, comment et par qui? Les deux derni res parties concernent la

correction du plan et l valuation du r sultat obtenu.

Le plan global de pr vention est, en principe, tabli pour cinq ans. Ceci ne signifie tou-

tefois pas quil restera inchang pendant cinq ans. Il constitue plut t un programme de

roulement qui volue selon la situation au sein de lentreprise. Si des modifications

importantes se produisent, le plan global de pr vention vieillira plus vite. Au cours de

la p riode de cinq ans, le plan global de pr vention peut tre modifi diverses repri-

ses. Cest pourquoi, on a estim quil tait n cessaire de remplacer, au moins une fois

tous les cinq ans, ce plan par un nouveau. De ce fait, apr s avoir t valu e, la strat -

gie d velopp e par lemployeur peut tre pr cis e et la politique peut nouveau tre

harmonis e.

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2.6 Plan daction annuel

En plus de la planification long terme, il faut aussi d crire clairement quels r sultats on

veut obtenir chaque ann e. Ceci est concr tis via le plan daction annuel. Ce docu-

ment nest pas n...