Exercices de Math´ematiques
Matrices sym´etriques ou orthogonales (I)
´Enonc´es
´Enonc´es des exercices
Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]
Montrer qu’il existe dans M2(R) une base form´ee de matrices orthogonales.
Montrer que ce r´esultat reste vrai dans Mn(R).
Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]
1. Montrer que < A, B >= tr ( TA · B) d´efinit un produit scalaire sur Mn(R).
2. Pour quelles matrices M l’application A → AM est-elle alors orthogonale ?
Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]
Montrer que A =
1 − i −2
2 − i
−2
18
−3
2
4
−3
18
1 − i
1
4
2
1
3 − i
est inversible.
Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]
Soit A une matrice carr´ee sym´etrique, `a coefficients r´eels.
On suppose que Am = I, pour un certain entier m. Montrer que A2 = I.
Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]
Soit A = (aij) une matrice orthogonale d’ordre n. Prouver
|aij| ≤ n
√
n et
n
X
i,j=1
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
n
X
i,j=1
aij
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12) ≤ n.
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Jean-Michel Ferrard
Exercices de Math´ematiques
Matrices sym´etriques ou orthogonales (I)
Indications, r´esultats
Indications ou r´esultats
Indication pour l’exercice 1 [ Retour `a l’´enonc´e ]
(cid:19)
(cid:19)
Dans M2(R), consid´erer A =
(cid:18) 1 0
0 1
, B =
(cid:18) 1
0
0 −1
, C =
(cid:19)
(cid:18) 0 1
1 0
et D =
(cid:18) 0 −1
0
1
(cid:19)
.
Dans Mn(R) avec n ≥ 2, noter Eij les matrices de la base canonique de Mn(R).
Publicité
Consid´erer Fj = In − 2Ejj (pour j ≥ 2). Pour tous i < j noter Gij et Hij les matrices qui se
d´eduisent respectivement de In et de Fj par ´echange des lignes d’indice i et j.
Consid´erer la famille form´ee de In, des Fj, des Gij et des Hij.
Indication pour l’exercice 2 [ Retour `a l’´enonc´e ]
1. Si A = (aij) et B = (bij), montrer que < A, B > =
n
P
i=1
n
P
k=1
akibki.
2. Montrer que A → AM est orthogonale ⇔ tr ( TABM TM ) = tr ( TAB), pour tous A, B.
Montrer que cela signifie que M est une matrice orthogonale.
Indication pour l’exercice 3 [ Retour `a l’´enonc´e ]
A = S − iI4, o`u S est sym´etrique r´eelle.
D’apr`es le cours, les valeurs propres de S sont toutes r´eelles.
Indication pour l’exercice 4 [ Retour `a l’´enonc´e ]
Diagonaliser A. Montrer que les valeurs propres de A sont dans {−1, 1}.
Indication pour l’exercice 5 [ Retour `a l’´enonc´e ]
Majorer S =
n
P
i,j=1
|aij| en utilisant Cauchy-Schwarz.
Pour la deuxi`eme majoration, poser T =
n
P
i,j=1
aij.
Soit f ∈ O(Rn) de matrice A dans la base canonique. Soit u = (1, 1, . . . , 1).
V´erifier que T = < u, f (u) >. Appliquer `a nouveau Cauchy-Schwarz.
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Matrices sym´etriques ou orthogonales (I)
Corrig´es
Corrig´es des exercices
Corrig´e de l’exercice 1 [ Retour `a l’´enonc´e ]
0
0 −1
Dans M2(R), on pose A =
(cid:18) 1 0
0 1
, B =
(cid:18) 1
(cid:19)
(cid:19)
, C =
(cid:19)
(cid:18) 0 1
1 0
et D =
(cid:18) 0 −1
0
1
(cid:19)
.
Ces quatre matrices sont orthogonales et lin´eairement ind´ependantes.
(cid:18) a + b
c − d
c + d a − b
(cid:19)
En effet : aA + bB + cC + dD = 0 ⇔
= 0 ⇔ a = b = c = d = 0.
On a donc obtenu une base de M2(R) form´ee de matrices orthogonales.
Pour la g´en´eralisation `a Mn(R), remarquons que la r´eponse est ´evidente si n = 1 en prenant
la matrice A = (1). On suppose donc n ≥ 2.
On note comme d’habitude Eij la matrice g´en´erique de la base canonique de Mn(R) (tous ses
coefficients sont nuls sauf celui qui est situ´e en ligne i et colonne j et qui vaut 1.)
Pour tout indice j compris entre 2 et n, soit Fj = In − 2Ejj la matrice diagonale dont tous les
coefficients diagonaux valent 1 sauf le j-`eme qui vaut −1.
Pour tous indices i et j tels que i < j, on note Gij et Hij les matrices qui se d´eduisent
respectivement de In et de Fj par ´echange des lignes d’indice i et j.
Par exemple, si n = 4 :
0
0
1
0
0 −1
0
0
0 −1
0
Publicité
1
0
0
0
0
0 0
0 1
1 0
0 0
, H13 =
, G13 =
, G24 =
F3 =
0
0
0
1
0
0
0
1
1
0
0
0
0
0
1
0
0
0
1
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
1
1
0
0
0
0
1
0
0
1
2
1
Publicité
2
n(n − 1) matrices Gij et
Il y a n − 1 matrices Fj,
Si on y ajoute la matrice In, on dispose ainsi de n2 matrices de Mn(R), qui sont toutes ortho-
gonales (vecteurs colonnes unitaires et orthogonaux deux `a deux.)
Pour d´emontrer que ces n2 matrices forment une base de Mn(R), il suffit de prouver qu’elles
sont libres.
On suppose donc qu’on a l’´egalit´e : S = α1In +
n(n − 1) matrices Hij.
µijHij = 0.
λijGij +
αjFj +
X
X
X
j≥2
i<j
i<j
Pour tout couple d’indices i, j avec i < j, la composante de S sur la matrice Eij est λij − µij
et la composante de S sur Eji est λij + µij.
Puisque S = 0, ces deux composantes sont nulles.
Il en est donc de mˆeme des coefficients λij et µij.
Il reste donc l’´egalit´e :
X
X
X
X
0 = S = α1In +
αjFj = α1In +
αj(In − 2Ejj) = σIn − 2
αjEjj, o`u σ =
αj
j≥2
j≥2
j≥2
j≥1
La composante de S sur la matrice E11 est σ. On en d´eduit σ = 0.
Il reste alors
αjEjj = 0, ce qui implique α2 = . . . = αn = 0.
X
j≥2
Conclusion : la famille form´ee par In, les matrices Fj (pour j ≥ 2) et les matrices Gij et Hij
(pour j > i) est une base de Mn(R) form´ee de matrices orthogonales.
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Matrices sym´etriques ou orthogonales (I)
Corrig´es
Corrig´e de l’exercice 2 [ Retour `a l’´enonc´e ]
1. Notons aij, bij les coefficients respectifs de A et B.
Pour tout i, le coefficient d’indice (i, i) de TA · B est
n
X
k=1
akibki.
Ainsi < A, B > =
n
X
n
X
i=1
k=1
akibki.
On reconnait le produit scalaire canonique de Rn2, une matrice ´etant identifi´ee `a un
n2-uplet par lecture de ses coefficients de gauche `a droite et de haut en bas.
2. Soit M une matrice quelconque de Mn(R).
L’application A → AM est orthogonale si et seulement si :
∀(A, B) ∈ Mn(R)2, < AM , BM > = < A, B >
Cela ´equivaut `a : tr ( T (AM )(BM )) = tr ( TAB) ou encore : tr ( TM TABM ) = tr ( TAB).
Compte tenu de l’´egalit´e tr (XY ) = tr (Y X) valable pour toutes matrices X et Y , l’´egalit´e
pr´ec´edente s’´ecrit tr ( TABM TM ) = tr ( TAB), et ceci quelque soient A et B.
En choisissant B = In, on en d´eduit tr ( TAN ) = 0, c’est-`a-dire < A, N >= 0, avec
N = M TM − In, et pour toute matrice A de Mn(R).
Cela implique que la matrice N = M TM −In est nulle, c’est-`a-dire que M est une matrice
orthogonale. La r´eciproque est ´evidente.
Corrig´e de l’exercice 3 [ Retour `a l’´enonc´e ]
La matrice A s’´ecrit A = S − iI4, ou S est une matrice sym´etrique a coefficients r´eels.
Dans ces conditions la matrice S est diagonalisable dans R et ses valeurs propres sont donc
toutes r´eelles.
Il s’ensuit que i ne peut pas ˆetre valeur propre de S.
Ainsi det(S − iI4) 6= 0, ce qui signifie que A est inversible.
Corrig´e de l’exercice 4 [ Retour `a l’´enonc´e ]
On sait que la matrice A est diagonalisable dans R.
Soit P une matrice de passage et D une matrice diagonale telles que D = P −1AP .
Publicité
L’hypoth`ese Am = I implique Dm = P −1AmP = I.
Ainsi les coefficients diagonaux λ de D (donc les valeurs propres de A) v´erifient λm = 1.
Mais on sait que les valeurs propres λ de A sont toutes r´eelles.
On en d´eduit λ = ±1 et donc λ2 = 1.
Il en r´esulte D2 = I puis A2 = P D2P −1 = I.
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Corrig´es
Corrig´e de l’exercice 5 [ Retour `a l’´enonc´e ]
On majore S =
n
X
i,j=1
|aij| =
X
i,j
αijβij avec αij = 1, βij = |aij| en utilisant Cauchy-Schwarz.
L’in´egalit´e S2 ≤
X
α2
ij
X
ij s’´ecrit ici : S2 ≤ n2 X
β2
a2
ij. Or
X
a2
ij =
n
X
(cid:16) n
X
(cid:17)
a2
ij
= n.
i,j
i,j
i,j
i,j
j=1
i=1
| {z }
=1
On en d´eduit effectivement S2 ≤ n3, c’est-`a-dire S ≤ n
Pour la deuxi`eme majoration, posons T = Pn
Rn de matrice A dans la base canonique (e) = e1, e2, . . . , en.
On note u le vecteur de composantes 1, 1, . . . , 1 dans cette base.
La somme T s’´ecrit alors :
n.
√
i,j=1 aij, et soit f l’endomorphisme orthogonal de
n
X
(cid:16) n
X
(cid:17)
aij
=
T =
j=1
i=1
n
X
j=1
< u, f (ej) > = < u,
n
X
j=1
f (ej) > = < u, f (u) >
On en d´eduit, par Cauchy-Schwarz : |T | ≤ kuk kf (u)k, c’est-`a-dire |T | ≤ kuk2.
Or kuk2 = n, ce qui donne le r´esultat attendu.
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