Exercices de Mathématiques

Mathematics, Hilbert Spaces · exam

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Exercices de Math´ematiques

Espaces pr´ehilbertiens (II)

´Enonc´es

´Enonc´es des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]

Soit E un espace pr´ehilbertien r´eel.

Montrer que pour tous x, y de E, 2 + kx + yk2 ≤ 2(1 + kxk2)(1 + kyk2).

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]

Z 1

Calculer la valeur minimum de Ia,b =

b ce minimum est atteint.

0

(t ln t − at − b)2 dt et dire pour quelles valeurs de a et

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]

Soit E un espace pr´ehilbertien sur R.

On suppose qu’il existe n vecteurs unitaires e1, e2, . . . , en tels que, pour tout vecteur x de E,

on ait kxk2 =

< ek, x >2.

n

X

k=1

1. Montrer que les vecteurs ek sont orthogonaux deux `a deux.

2. Montrer que ces vecteurs forment une base orthonorm´ee de E.

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]

On munit E = R[X] du produit scalaire < P, Q >=

Z 1

P (t)Q(t) dt.

0

Soit ϕ la forme lin´eaire sur E d´efinie par ϕ(P ) = P (0).

Montrer qu’il n’existe pas de vecteur A de E tel que, pour tout P de E, ϕ(P ) = < A, P >.

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]

Soit E un espace pr´ehilbertien sur R. Soit p un projecteur de E.

Montrer que les deux conditions suivantes sont ´equivalentes :

a) Le noyau de p et l’image de p sont deux sous-espaces orthogonaux.

b) Pour tout vecteur x de E, kp(x)k ≤ kxk.

Que devient ce r´esultat si E est euclidien, c’est-`a-dire si E est de dimension finie ?

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Jean-Michel Ferrard

Exercices de Math´ematiques

Espaces pr´ehilbertiens (II)

Indications, r´esultats

Indications ou r´esultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Poser A = 2(1 + kxk2)(1 + kyk2) et B = 2 + kx + yk2.

V´erifier que A − B = 2 kxk2 kyk2 + kx − yk2.

Indication pour l’exercice 2 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Sur E = C([0, 1], R), consid´erer le produit scalaire : < f, g > =

Soit F le sous-espace de E des polynˆomes de degr´e ≤ 1.

Soit ϕ ∈ E d´efinie par ϕ(t) = t ln t, avec ϕ(0) = 0.

Z 1

0

f (t)g(t) dt.

Le probleme pos´e ´equivaut a rechercher la projection orthogonale P de ϕ sur F .

On r´esout le syst`eme form´e par < P, 1 > = < ϕ, 1 > et < P, t > = < ϕ, t >.

On trouve P (t) = −

1

3

Publicité

+

1

6

t. Le minimum cherch´e est m = kϕ − P k =

Indication pour l’exercice 3 [ Retour `a l’´enonc´e ]

3

18

.

1. Appliquer l’hypothese aux ej, et en d´eduire qu’ils sont orthogonaux deux a deux.

2. Soit F le sous-espace engendr´e par les ej, et p la projection orthogonale de E sur F .

Pour tout u de E, v´erifier que kp(u)k2 = kuk2. En d´eduire p(u) = u.

Indication pour l’exercice 4 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Par l’absurde, on suppose que A existe. Consid´erer P = XA, et en d´eduire que A = 0.

Indication pour l’exercice 5 [ Retour `a l’´enonc´e ]

– (a) ⇒ (b) : appliquer Pythagore `a l’´egalit´e x = p(x) + (x − p(x)).

– (b) ⇒ (a) : Soient y = p(x) ∈ Im p, et z ∈ Ker p.

Pour tout λ, on a kp(λy + z)k2 ≤ kλy + zk2.

En d´eduire que la fonction affine λ → 2λ < y, z > + kzk2 reste positive ou nulle sur R.

– Si E est euclidien, cela ´equivaut `a dire que Ker p = (Im p)⊥.

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Corrig´es

Corrig´es des exercices

Corrig´e de l’exercice 1 [ Retour `a l’´enonc´e ]

On pose A = 2(1 + kxk2)(1 + kyk2) et B = 2 + kx + yk2.

A − B = 2(1 + kxk2)(1 + kyk2) − 2 − kx + yk2

= 2(1 + kxk2 + kyk2 + kxk2 kyk2) − 2 − kxk2 − kyk2 − 2 < x, y >

= 2 kxk2 kyk2 + kxk2 + kyk2 − 2 < x, y > = 2 kxk2 kyk2 + kx − yk2

Donc A − B ≥ 0, ce qui prouve l’in´egalit´e demand´ee (et il n’y a ´egalit´e que si x = y =

−→

0 .)

Corrig´e de l’exercice 2 [ Retour `a l’´enonc´e ]

On d´efinit un produit scalaire sur E = C([0, 1], R) en posant : < f, g > =

Z 1

0

f (t)g(t) dt.

Soit F le sous-espace de E form´e des polynˆomes de degr´e inf´erieur ou ´egal `a 1.

Notons ϕ l’application de E d´efinie par ϕ(t) = t ln t, avec ϕ(0) = 0.

Le probleme pos´e ´equivaut donc a la recherche de P dans F qui minimise la quantit´e kϕ − P k.

On sait que ce probl`eme a une solution unique : la projection orthogonale P de ϕ sur F .

(cid:26) < P − ϕ, 1 > = 0

< P − ϕ, t > = 0

Cette projection est l’unique vecteur P (t) = a + bt de F tel que

Il s’agit donc de r´esoudre le syst`eme (S) :

(cid:26) < P, 1 > = < ϕ, 1 >

< P, t > = < ϕ, t >

Or < ϕ, 1 > =

Z 1

0

t ln t dt =

h t2

2

i1

ln t

Publicité

Z 1

1

2

t dt = −

1

4

.

Z 1

0

t2 ln t dt =

0

h t3

3

0

i1

0

ln t

De mˆeme, < ϕ, t > =

Enfin, en posant P (t) = a + bt, < P, 1 > = a +

Le systeme (S) est donc ´equivalent a :





b

2

b

3

a +

a

2

+

Z 1

0

t2 dt = −

et < P, t > =

1

3

b

2

.

1

9

a

2

+

b

3

.

= −

= −

1

4

1

9



a = −

1

Publicité

3



b =

1

6

Par “Pythagore”, le minimum recherch´e kϕ − P k est tel que kϕ − P k2 = kϕk2 − kP k2.

Or kϕk2 =

Z 1

0

t2(ln t)2 dt =

h t3

3

(ln t)2i1

0

t2 ln t dt = −

2

3

Z 1

0

t2 ln t dt =

2

27

.

De mˆeme, kP k2 =

1

36

Z 1

0

(−2 + t)2 dt =

Le minimum m des I(a, b) v´erifie donc m2 =

2

27

7

108

=

1

108

. Ainsi m =

r 1

108

=

3

18

.

Z 1

0

.

2

3

7

108

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Corrig´es

Corrig´e de l’exercice 3 [ Retour `a l’´enonc´e ]

n

X

1. Pour tout vecteur ej, on a : 1 = kejk2 =

k=1

< ek, ej >2 = 1 +

< ek, ej >2.

X

k6=j

On en d´eduit j 6= k, < ej, ek >= 0. Les vecteurs ek sont donc orthogonaux deux `a deux.

2. Soit F le sous-espace de E engendr´e par les n vecteurs orthonorm´es e1, e2, . . . , en.

Soit p la projection orthogonale de E sur F .

Pour tout u de E, p(u) =

n

X

k=1

< ek, u > ek et donc kp(u)k2 =

n

X

k=1

< ek, u >2= kuk2.

On sait d’autre part que kuk2 = kp(u)k2 + ku − p(u)k2 (Pythagore).

Ainsi u − p(u) =

Les vecteurs e1, e2, . . . , en forment donc une base orthonorm´ee de E.

−→

0 . Autrement dit, pour tout u de E, u = p(u) ∈ F . Donc F = E.

Corrig´e de l’exercice 4 [ Retour `a l’´enonc´e ]

On raisonne par l’absurde et on suppose qu’un tel polynˆome A existe.

Z 1

tA2(t) dt = 0.

En utilisant P = XA, on alors < XA, A >= ϕ(XA) = 0, c’est-`a-dire

Puisque l’application t → tA2(t) est continue, de signe constant et d’int´egrale nulle sur [0, 1],

cette application est identiquement nulle sur cet intervalle.

Le polynˆome A est donc nul sur ]0, 1], donc identiquement nul.

La forme lin´eaire ϕ est donc nulle, ce qui est absurde car par exemple ϕ(1) = 1.

0

Corrig´e de l’exercice 5 [ Retour `a l’´enonc´e ]

– Supposons que l’hypoth`ese (a) soit r´ealis´ee. Cela signifie que (Im p)⊥ ⊂ Ker p.

Pour tout vecteur x de E, on sait que x − p(x) est dans Ker p.

L’´egalit´e x = p(x) + (x − p(x)) donne alors, par Pythagore :

kp(x)k2 = kxk2 − kx − p(x)k2 ≤ kxk2, et donc kp(x)k ≤ kxk.

– R´eciproquement, on suppose que pour tout x de E, kp(x)k ≤ kxk.

Soient y = p(x) un ´el´ement de Im p (donc un vecteur invariant par p) et z un vecteur de

Ker p. Il faut montrer que y et z sont orthogonaux.

Pour tout scalaire λ, on a l’in´egalit´e kp(λy + z)k2 ≤ kλy + zk2.

Or p(λy + z) = λp(y) + p(z) = λy, et kλy + zk2 = λ2 kyk2 + 2λ < y, z > + kzk2.

On en d´eduit que la fonction affine λ → 2λ < y, z > + kzk2 reste positive ou nulle sur R, ce

qui n’est possible que si le produit scalaire < y, z > est nul.

On a donc d´emontr´e (a) ⇔ (b).

– Si E est euclidien, les seules projections de E qui v´erifient kp(x)k ≤ kxk pour tout x sont

donc les projections orthogonales c’est-`a-dire les projections telles que Ker p = (Im p)⊥.

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