Étude technique sur la cryptographie à clé publique

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Étude technique sur la cryptographie à clé publique

Cryptographie, Sécurité informatique · notes

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tude technique

Cryptographie cl publique et signature num rique

Principes de fonctionnement

tude technique r alis e par CGI

Septembre 2002

Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans

l'accord pr alable de CGI.

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Introduction

L'un des principaux d fis auxquels nous devons faire face en tant que conseiller consiste

maintenir un niveau de connaissance des technologies nouvelles et mergentes allant au-del du

superficiel ou de la jargonnerie. Nous devons atteindre un niveau de compr hension qui nous

permette de communiquer efficacement tant avec les fournisseurs qu'avec les clients, de fa on

pouvoir faire valoir :

" notre connaissance des enjeux commerciaux en cause;

"

"

"

le r le que peut jouer la technologie dans l'apport de solutions;

les avantages commerciaux que le client en retirera;

les contraintes qui demeureront et qu'il faudra pallier d'autres fa ons.

La cryptographie cl publique existe depuis un certain temps d j . Un grand nombre de travaux

int ressants ont t men s par diff rents comit s (tels IETF/PKIX et PKCS1) pour d finir des

normes et techniques en mati re de cryptographie cl publique. Mais savons-nous au juste de

quoi il en retourne? En comprenons-nous le fonctionnement? Regardons donc sous le capot pour

examiner le moteur et comprendre enfin le v ritable fonctionnement de la cryptographie cl

publique et de la signature num rique.

Cet article constitue un point de d part pour se faire une id e du vaste domaine qu'est l'ICP ou

infrastructure cl publique. Ce domaine englobe les m canismes d crits dans cet article, ainsi

qu'un ensemble de logiciels, mat riel et processus r gis par des r gles et normes convergeant vers

le haut niveau de confiance exig et attendu de l'industrie.

1 IETF/PKIX correspond Internet Engineering Task Force/Public-Key Infrastructure (X509). PKCS correspond Public Key

Cryptography Standards, normes qui ont t labor es par RSA conjointement avec des fournisseurs tels que Microsoft, Apple, Sun,

etc.

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1. Quest-ce que la cryptographie cl publique?

La cryptographie cl publique d signe un m canisme de chiffrement et de d chiffrement. Elle

porte le nom de cl publique pour la diff rencier du m canisme cryptographique classique et plus

intuitif connu sous le nom de cryptographie cl secr te, cl partag e, cl sym trique, ou

encore, cl priv e.

La cryptographie cl sym trique est un m canisme selon lequel la m me cl est utilis e pour le

chiffrement et le d chiffrement; elle est plus intuitive cause de sa similarit avec ce que l'on

s'attend utiliser pour verrouiller et d verrouiller une porte : la m me cl . Cette caract ristique

requiert des m canismes sophistiqu s pour distribuer en toute s ret la cl sym trique aux deux

parties2.

La cryptographie cl publique, quant elle, repose sur un autre concept faisant intervenir une

paire de cl s : l'une pour le chiffrement et l'autre pour le d chiffrement. Ce concept, comme vous

le verrez ci-dessous, est ing nieux et fort attrayant, en plus d'offrir un grand nombre d'avantages

par rapport la cryptographie sym trique :

" distribution simplifi e des cl s;

"

"

signature num rique;

chiffrement de longue dur e.

Il est toutefois important de signaler que la cryptographie cl sym trique joue encore un r le

pr pond rant dans la mise en Suvre d'une infrastructure cl publique ou ICP.

1.1 D finition

L'expression cryptographie cl publique est couramment utilis e pour d signer une m thode

cryptographique faisant intervenir une paire de cl s asym triques3 : une cl publique et une cl

priv e4. La cryptographie cl publique utilise cette paire de cl s pour le chiffrement et le

d chiffrement. La cl publique est rendue publique et distribu e librement. La cl priv e n'est

jamais distribu e et doit tre gard e secr te.

tant donn e une paire de cl s, les donn es chiffr es l'aide de la cl publique ne peuvent tre

d chiffr es qu'avec la cl priv e correspondante; inversement, les donn es chiffr es l'aide de la

cl priv e ne peuvent tre d chiffr es qu'avec la cl publique correspondante. Cette

caract ristique est utilis e pour mettre en Suvre les principes de la cryptographie et de la

signature num rique, comme le montrent les figures 1 et 2.

1.2 Chiffrement et d chiffrement

Le chiffrement est un m canisme selon lequel un message est transform de sorte que seul

l'exp diteur et le destinataire peuvent le voir. Supposons, par exemple, qu'Alice veut envoyer un

message priv Bob. Pour ce faire, elle doit d'abord conna tre la cl publique de Bob; tant donn

que tout le monde peut voir sa cl publique, Bob peut l'envoyer en clair sur le r seau sans

s'inqui ter. Une fois qu'Alice poss de la cl publique de Bob, elle chiffre le message l'aide de la

2 Des infrastructures comme Kerberos assurent la distribution et la gestion des cl s sym triques.

3 L'expression cryptographie asym trique par rapport cryptographie sym trique constitue une autre fa on de diff rencier les

deux m canismes.

4 Prenez garde de ne pas confondre le m canisme cl priv e et la cl priv e. Pour viter toute confusion, l'expression cryptographie

cl sym trique sera utilis e dans cet article chaque fois qu'il est question du m canisme.

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cl publique de Bob et l'envoie Bob. Bob re oit le message d'Alice et, l'aide de sa cl priv e,

le d chiffre.

Chiffrement/D chiffrement

Alice crit un message Bob. Pour s'assurer que seul Bob

pourra le regarder, Alice le chiffre l'aide de la cl

publique de Bob.

Bob re oit le message envoy par Alice. Pour qu'il

puisse voir ce qu'Alice a mis dans son message, Bob

doit le d chiffrer l'aide de sa cl priv e.

Cl PuBob

Cl PuBob

Alice

Cl PrBob

Bob

Figure 1 : Principes de chiffrement et de d chiffrement

1.3 Signature num rique et v rification

La signature num rique est un m canisme qui permet d'authentifier un message, autrement dit de

prouver qu'un message provient bien d'un exp diteur donn , l'instar d'une signature sur un

document papier. Supposons, par exemple, qu'Alice veut signer num riquement un message

destin Bob. Pour ce faire, elle utilise sa cl priv e pour chiffrer le message, puis elle envoie le

message accompagn de sa cl publique (habituellement, la cl publique est jointe au message

sign ). tant donn que la cl publique d'Alice est la seule cl qui puisse d chiffrer ce message, le

d chiffrement constitue une v rification de signature num rique, ce qui signifie qu'il n'y a aucun

doute que le message ait t chiffr l'aide de la cl priv e d'Alice.

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Signature num rique/V rification

Alice crit un message Bob. Pour prouver

que le message a bien t crit par elle, Alice

le signe en chiffrant le message l'aide de sa

cl priv e.

Bob re oit le message envoy par Alice. Pour

v rifier que le message provient bien d'Alice,

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Bob le d chiffre l'aide de la cl publique

d'Alice.

Cl PrAlice

Cl PrAlice

Alice

Cl PuAlice

Bob

Figure 2 : Principes de signature num rique et de v rification

1.4 Au-del des principes

Les deux paragraphes qui pr c dent illustrent les principes de chiffrement/d chiffrement et de

signature/v rification. Il est possible de combiner chiffrement et signature num rique et, par

cons quent, d'assurer confidentialit et authentification.

Comme nous l'avons mentionn plus t t, la cryptographie cl sym trique joue un r le important

dans la mise en Suvre des syst mes cl publique. Cela est d au fait que les algorithmes de

chiffrement cl asym trique5 sont plus lents que ceux cl sym trique6.

Pour la signature num rique, une autre technique utilis e est le hachage. Cette technique permet

de produire un condens de message qui est une repr sentation r duite et unique7 (qui s'apparente

une somme de contr le sophistiqu e) du message complet. Les algorithmes de hachage8 sont

des algorithmes de chiffrement unidirectionnels; il est donc impossible de retrouver le message

d'origine partir du condens .

Les raisons principales pour lesquelles on produit un condens de message sont :

1.

2.

l'int grit du message envoy est pr serv e; toute alt ration du message sera

aussit t d tect e;

la signature num rique sera appliqu e au condens dont

habituellement beaucoup plus petite que le message lui-m me;

taille est

la

5 Exemples d'algorithme cl asym trique : RSA, DSA et ECDSA.

6 Exemples d'algorithme cl sym trique : RC2, RC4, DES et triple DES.

7 En fait, le condens de message est fort probablement unique dans le sens o il est presque impossible de trouver deux messages

significatifs qui produiront simultan ment le m me condens . Par cons quent, la probabilit qu'un message trafiqu produise le m me

condens que l'original est quasiment nulle.

8 Exemples d'algorithme de hachage : SHA-1 et MD5.

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3.

les algorithmes de hachage sont bien plus rapides que n'importe quel algorithme

de chiffrement (que ce soit cl publique ou cl sym trique).

Les sections suivantes expliquent ce qui se produit r ellement au chiffrement et la signature

d'un message d'une part, et au d chiffrement d'un message et la v rification de sa signature

d'autre part.

1.4.1 tapes de signature et de chiffrement d'un message

La Figure 3 ci-dessous montre la s rie d'op rations qu'Alice doit ex cuter pour envoyer un

message sign et chiffr Bob.

Alice

Message

en clair

Alice envoie un message sign et chiffr Bob

1 : Signature

Condens = Hach

1a : Calculer condens

1b : Signer condens

Message+ CPrA+ CPuA

L gende :

CPrA

CPuA

CPuB

CSym

Hach

Cl priv e d'Alice

Cl publique d'Alice

Cl publique de Bob

Cl sym trique unique

Algorithme de hachage

Envoyer message

au destinataire

Bob

Message

sign et

chiffr

2a : valuer CSym

CPrA+CPuA]CSym+

CPuB

CSym

2c : Chiffrer

cl sym trique

2b : Chiffrer l'aide

de CSym

CPrA+CPuA]CSym+CSym

2 : Chiffrement

Figure 3 : Processus d taill de signature et de chiffrement l'aide de cl s

1) Signature du message. La signature num rique comprend deux tapes :

a) valuation du condens de message. Le but principal de l' valuation d'un condens

est de s'assurer que le message ne sera pas alt r ; c'est ce qu'on entend par int grit

du message.

b) Signature du condens . Une signature est en fait un chiffrement l'aide de la cl

priv e de l' metteur (Alice dans le cas pr sent). On retrouve galement dans cette

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signature le nom de l'algorithme de hachage utilis par l' metteur. La cl publique de

l' metteur est aussi annex e la signature. Gr ce ces informations, n'importe qui

peut d chiffrer et v rifier la signature l'aide de la cl publique et de l'algorithme de

hachage de l' metteur. tant donn les propri t s du chiffrement cl publique et des

algorithmes de hachage, le destinataire a la preuve que :

i) Le condens a t chiffr l'aide de la cl priv e de l' metteur;

ii) Le message est prot g contre toute alt ration.

2) Chiffrement du message. Le chiffrement comprend les trois tapes suivantes :

a) Cr ation d'une cl de chiffrement/d chiffrement unique. Rappelons que les

algorithmes de chiffrement et de d chiffrement qui utilisent des cl s asym triques

sont trop lents pour tre utilis s pour de longs messages; les algorithmes cl

sym trique sont tr s efficaces et sont donc utilis s.

b) Chiffrement du message. La totalit du message (le message proprement dit et la

signature) est chiffr e l'aide de CSym, la cl sym trique valu e ci-dessus.

c) Chiffrement de la cl sym trique. CSym est galement utilis e par le destinataire pour

d chiffrer le message. Elle ne doit donc tre accessible quau destinataire (Bob). Pour

dissimuler CSym tous sauf au destinataire, il suffit de la chiffrer l'aide de la cl

publique du destinataire. tant donn que CSym repr sente un tr s petit l ment

d'information compar au message (qui pourrait tre tr s long), l'inefficacit relative

des algorithmes cl asym trique devient acceptable.

Il est int ressant de souligner que si Alice voulait envoyer le m me message plusieurs

destinataires, Bob et John par exemple, la seule op ration suppl mentaire qu'elle aurait ex cuter

serait de r p ter l' tape 2) c) pour John. Par cons quent, le message que Bob et John recevraient

prendrait la forme suivante : CPrA+CPuA]CSym+ CPuB+ CPuJ .

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Notez que Bob et John utiliseront exactement la m me CSym pour d chiffrer le message.

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1.4.2 tapes de d chiffrement et de v rification de la signature d'un message

La Figure 4 ci-dessous montre la s rie d'op rations que Bob doit ex cuter pour d chiffrer et

v rifier le message envoy par Alice.

Alice

Bob d chiffre et v rifie le message envoy par Alice

1 : D chiffrement

CPrA+CPuA]CSym +

CPuB

CPrA+CPuA]CSym +

CSym

1a : D chiffrer CSym

l'aide de CPrB

1b : D chiffrer message

l'aide de CSym

Message+ CPrA+CPuA

L gende :

CPrA

CPuA

CPrB

CPuB

CSym

Hach

Cl priv e d'Alice

Cl publique d'Alice

Cl priv e de Bob

Cl publique de Bob

Cl sym trique unique

Algorithme de hachage

2b : valuer condens

2a : D chiffrer condens

l'aide de CPuA

Condens = Hach

Condens

Message

en clair

Bob

Le message est d chiffr et

la signature v rifi e

2c : Comparer

condens s

=

2 : V rification

Figure 4 : Processus d taill de d chiffrement et de v rification l'aide de cl s

1) D chiffrement du message. Le d chiffrement comprend les tapes suivantes :

a) D chiffrement de la cl sym trique. La cl sym trique unique a t utilis e pour

chiffrer le message. Cette cl (CSym) a t chiffr e l'aide de la cl publique du

destinataire (Bob). Seul Bob peut d chiffrer CSym et l'utiliser pour d chiffrer le

message9.

b) D chiffrement du message. Le message (qui comprend le message proprement dit et

la signature) est d chiffr l'aide de CSym.

2) V rification de la signature. La v rification de signature comprend les trois tapes

suivantes :

9 En fait, tous les destinataires seraient en mesure de d chiffrer leur propre copie de CSym. Les op rations qui suivent peuvent donc

tre ex cut es par chaque destinataire.

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a) D chiffrement du condens de message. Le condens a t chiffr l'aide de la cl

priv e de l' metteur (Alice). Le condens est maintenant d chiffr l'aide de la cl

publique de l metteur incluse dans le message.

b) valuation du condens . tant donn que

le hachage est un processus

unidirectionnel, autrement dit qu'il est impossible de retrouver le message d'origine

partir du condens , le destinataire doit r valuer le condens en utilisant exactement

le m me algorithme de hachage que l' metteur.

c) Comparaison des condens s. Le condens d chiffr en a) et le condens valu en b)

sont compar s. S'ils concordent, la signature est de ce fait v rifi e et le destinataire

peut alors avoir la certitude que le message a t envoy par l' metteur et n'a pas t

alt r . S'ils ne concordent pas, il est possible que :

(i) le message n'ait pas t sign par l' metteur ou que

(ii) le message ait t alt r .

Dans les deux cas, le message doit tre rejet .

1.5 Identit et cl s

Jusqu' pr sent, nous avons pris pour acquit que les cl s utilis es pour le chiffrement et le

d chiffrement ainsi que pour la signature num rique et la v rification appartiennent Bob et

Alice. Comment pouvons-nous tre certains qu'Alice est bien Alice? Et comment Alice peut-elle

s'assurer que seul Bob verra ce qu'elle a chiffr ? La seule certitude que nous avons est que

l'utilisateur d'une paire de cl s donn e a sign et chiffr le message. Mais s'agit-il r ellement de

son propri taire? George, par exemple, a pu envoyer un message Bob en se faisant passer pour

Alice; Bob ne peut dire si c'est Alice ou George qui lui a envoy le message. Les m mes

incertitudes s'appliquent la cl publique de Bob. L'utilisation de certificats permet de r soudre

ce probl me.

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2. Qu'est-ce qu'un certificat?

Un certificat est un l ment d'information qui prouve l'identit du propri taire d'une cl publique.

l'instar d'un passeport, un certificat est une preuve reconnue de l'identit d'une personne. Les

certificats sont sign s et transmis de fa on s curitaire par un tiers de confiance appel autorit de

certification (AC). Tant que Bob et Alice ont confiance en ce tiers, ils peuvent tre assur s que les

utilisateurs de ces cl s en sont bel et bien les propri taires.

Un certificat contient notamment :

1) l'identit de l'AC;

2) Lidentit du propri taire;

3) la cl publique du propri taire;

4) la date d'expiration du certificat;

5) la signature de l'AC qui a d livr le certificat;

6) d'autres informations qui n'entrent pas dans la port e de cet article.

En disposant d'un certificat au lieu d'une cl publique, le destinataire peut maintenant v rifier un

certain nombre d'aspects au sujet de l' metteur pour s'assurer que le certificat est valide et qu'il

appartient bien la personne qui il est cens appartenir. Il peut notamment :

1) comparer l'identit du propri taire;

2) v rifier que le certificat est toujours valide;

3) v rifier que le certificat a t sign par un AC de confiance;

4) v rifier la signature du certificat de l' metteur pour s'assurer que ce dernier n'a

pas t alt r .

Bob peut maintenant v rifier le certificat d'Alice et avoir la certitude que c'est bien la cl priv e

d'Alice qui a servi signer le message. Alice doit prendre des pr cautions avec sa cl priv e et ne

pas r v ler comment y acc der; ce faisant, elle met en pratique une partie de la non-r pudiation,

une caract ristique associ e la signature num rique. Comme nous le verrons la section 3.2,

dautres conditions sont essentielles au maintien de la non-r pudiation.

Notez que les certificats sont sign s par une AC, ce qui signifie qu'ils ne peuvent tre alt r s. La

signature de l'AC peut, son tour, tre v rifi e l'aide du certificat de cette AC.

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2.1 Validation de certificat ajout e au processus

Quand Alice chiffre un message destin Bob, elle utilise le certificat de Bob. Avant d'utiliser la

cl publique incluse dans le certificat de Bob, des tapes suppl mentaires sont n cessaires pour

valider le certificat de Bob. Il faut v rifier :

1) la p riode de validit du certificat de Bob;

2) que le certificat appartient bien Bob;

3) que le certificat n'a pas t alt r ;

4) que le certificat de Bob a t sign par une AC de confiance.

De plus, si Alice doute de l'authenticit de l'AC de Bob, d'autres tapes seraient n cessaires pour

valider le certificat de cette AC. Ces tapes sont identiques celles requises pour valider le

certificat de Bob. Dans l'exemple ci-dessous, il est pr sum que Bob et Alice ont tous deux

confiance en l'AC.

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Alice envoie un message sign et chiffr Bob laide dun certificat

Alice

Message

en clair

Condens = Hach

1b : Signer condens

1a : Calculer condens

Message+ CPrA+ CertA

1 : Signature

L gende :

CPrA

PrAC

PrSi

CPuB

CPuAC

CertA

CertB

CertAC

CSym

Hach

IdBob

IdAC

IdSi

Validit

certificat

Bob

CertDB

CertAC

Cl priv e d'Alice

Cl priv e de l'AC

Cl priv e du signataire du

CertAC

Cl publique de Bob

Cl publique de l'AC

Certificat d'Alice

Certificat de Bob

Certificat de l'AC

Cl sym trique unique

Algorithme de hachage

Identit de Bob

Identit de l'AC

Ident. du signataire du CertAC

P riode de validit du

CertAC

IdAC+Validit +CPuAC+IdSi+ PrSi

CertB

V rifier CertB

IdBob+Validit +CPuB+IdAC+ PrAC

OK

CertB

valide

2 : Validation du

certificat

CPrA+CertA]CSym+

CPuB

Envoyer message

au destinataire

3c : Chiffrer

cl sym trique

3a : valuer CSym

CSym

CPrA+CertA]CSym+CSym

3b : Chiffrer avec

CSym

3 : Chiffrement

Message

sign et

chiffr

Figure 5 : Processus d taill de signature et de chiffrement l'aide de certificats

Dans la figure 5 ci-dessus, une tape de validation de certificat a t ajout e par rapport aux

tapes illustr es la figure 3. Seuls les champs requis pour la validation d'un certificat sont

affich s.

Alice veut s'assurer que la CPuB incluse dans le CertB appartient bien Bob et qu'elle est

toujours valide.

" Elle v rifie le champ Id et trouve IdBob, qui repr sente l'identit de Bob. En fait, la

seule chose qu'elle sait r ellement est que ce certificat semble appartenir Bob.

" Elle v rifie ensuite les champs de validit et constate que la date et l'heure actuelles

entrent dans la p riode de validit . Jusque-l , le certificat semble bien appartenir

Bob et tre valide.

" La derni re v rification consiste v rifier la signature du CertB l'aide de la cl

publique de l'AC (CPuAC incluse dans le CertAC)10. Si la signature du CertB est

valide, cela signifie que :

10 Rappelons qu'une signature est le condens d'un message (dans le cas pr sent, le message est CertB) chiffr l'aide de la cl priv e

de l' metteur (il s'agit ici de la cl priv e de l'AC). Le processus de v rification de la signature de l'AC est identique celui illustr la

figure 4 o Bob v rifie la signature d'Alice.

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a) Le certificat de Bob a t sign par l'AC en laquelle Alice et Bob ont pleinement

confiance.

b) L'int grit du certificat de Bob est prouv e et il n'y a donc eu aucune alt ration.

c) L'identit de Bob est assur e et la cl publique incluse dans le certificat est

toujours valide et appartient bien Bob. Par cons quent, Alice peut chiffrer le

message et avoir la certitude que seul Bob pourra le lire.

Bob ex cutera les m mes tapes pour le certificat d'Alice avant de v rifier la signature d'Alice.

2.2 Au-del de la m canique

Jusqu' pr sent, nous avons examin principalement les m canismes de cl publique associ s au

chiffrement et la signature num rique. Dans la section 2, la notion d'autorit de certification est

apparue. L'AC constitue le noyau de l'infrastructure cl publique (ICP).

3. Qu'est-ce qu'une ICP?

Une ICP est une combinaison de logiciels et de m thodes offrant un moyen de g rer les cl s et les

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certificats et de les utiliser efficacement. Il suffit de songer la complexit des op rations d crites

plus t t dans cet article pour comprendre l'absolue n cessit de fournir aux utilisateurs un soutien

logiciel appropri en mati re de cryptographie et de signature num rique. Mais rien n'a t dit

encore au sujet de la gestion.

3.1 Gestion des cl s et des certificats

La gestion des cl s et des certificats englobe la s rie d'op rations requises pour cr er et maintenir

les cl s et les certificats. La liste qui suit d crit les principaux aspects pris en charge par une

solution de gestion ICP :

1. Cr ation des cl s et des certificats : Comment g n rer des paires de cl s? Comment

d livrer des certificats aux utilisateurs?

Une ICP doit offrir un soutien logiciel pour la g n ration des paires de cl s et les

demandes de certificat. De plus, des m thodes doivent tre mises en place pour v rifier

l'identit de l'utilisateur avant de l'autoriser demander un certificat.

2. Protection des cl s priv es : Comment l'utilisateur prot gera-t-il sa cl priv e pour

emp cher d'autres utilisateurs de s'en servir mauvais escient?

Les certificats sont librement accessibles parce qu'ils sont utilis s pour le chiffrement ou

la v rification de signature. Les cl s priv es requi rent un niveau de protection

raisonnable car elles sont utilis es pour le d chiffrement ou la signature num rique. Un

solide m canisme de mot de passe doit faire partie des caract ristiques d'une ICP

efficace.

3. R vocation de certificat : Comment g rer la situation quand la cl priv e d'un utilisateur

est compromise? Ou encore, comment g rer la situation quand un employ quitte la

compagnie? Comment savoir si un certificat a t r voqu ?

Une ICP doit offrir un moyen de r voquer un certificat. Une fois r voqu , le certificat

doit tre inclus dans une liste de r vocation accessible tous les utilisateurs. Un

m canisme doit tre fourni pour v rifier cette liste de r vocation et interdire l'utilisation

d'un certificat r voqu .

4. Sauvegarde et r cup ration des cl s : Qu'arrive-t-il aux fichiers chiffr s quand un

utilisateur perd sa cl priv e?

Si la sauvegarde des cl s n'est pas assur e, tous les messages et fichiers qui ont t

chiffr s l'aide de sa cl publique ne peuvent plus tre d chiffr s et sont donc perdus

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jamais. Une ICP doit offrir un m canisme de sauvegarde et de r cup ration des cl s

priv es afin que l'utilisateur puisse r cup rer sa cl priv e et acc der ses fichiers11.

5. Mise jour des cl s et des certificats : Qu'arrive-t-il quand un certificat atteint ou est sur

le point d'atteindre sa date d'expiration?

Les cl s et certificats ont une dur e limit e. Une ICP doit offrir un m canisme permettant

au moins de mettre jour la date d'expiration des certificats. Il est de bonne pratique,

toutefois, d'assurer la mise jour des cl s et des certificats. Cette mise jour peut se faire

automatiquement, auquel cas l'utilisateur final re oit un avis l'informant que la mise

jour a t effectu e, ou elle peut n cessiter une intervention de l'utilisateur au moment ou

avant le moment o ses cl s et certificats arrivent expiration; dans ce cas, l'ICP doit

informer au pr alable l'utilisateur qu'une intervention de sa part est n cessaire.

6. Gestion de l'historique des cl s : Apr s plusieurs mises jour des cl s, comment

l'utilisateur saura-t-il quelle cl priv e utiliser pour d chiffrer les fichiers?

Chaque fois qu'une cl est mise jour, une nouvelle paire de cl s est g n r e. Les fichiers

qui ont t chiffr s l'aide d'une ancienne cl publique ne peuvent tre d chiffr s qu'avec

la cl priv e correspondante. Si la gestion de l'historique des cl s n'est pas assur e,

l'utilisateur devra lui-m me d terminer quelle cl il doit utiliser pour d chiffrer un fichier

donn 12.

7. Acc s aux certificats : Comment un utilisateur qui veut envoyer un message plusieurs

destinataires pourra-t-il obtenir leurs certificats?

Une ICP doit offrir un moyen facile et commode d'acc der ces certificats. Un r pertoire

LDAP est couramment utilis cette fin.

3.2 Renforcement de la protection contre la r pudiation de signature num rique

Un point important qui doit tre clarifi est la non-r pudiation de signature num rique. Cette

notion renvoie au fait qu'un utilisateur ne peut nier avoir sign un message donn . Cela implique

que l'utilisateur qui a sign le message est le seul avoir acc s la cl priv e utilis e pour la

signature. Toutefois, comme nous l'avons vu pr c demment, dans un environnement de gestion

ICP, les cl s priv es sont conserv es par l'AC aux fins de r cup ration des cl s. Par cons quent,

l'utilisateur et l'AC connaissent tous deux la cl priv e, ce qui signifie qu'ils sont deux pouvoir

(en th orie) l'utiliser pour signer un message. Un utilisateur peut ainsi nier avoir sign le message

en question.

Pour viter cette situation et mieux se pr munir contre la r pudiation de signature num rique, une

seconde paire de cl s doit tre utilis e seules fins de signature et de v rification. Aucune

sauvegarde n'est faite des cl s priv es de signature et seul l'utilisateur y a acc s. Si l'utilisateur

perd son mot de passe, il perd galement sa cl de signature. Lors du processus de r cup ration, il

retrouve sa paire de cl s de chiffrement/d chiffrement, mais une nouvelle paire de cl s de

signature/v rification est g n r e. Cela ne pose aucun probl me tant donn que chaque fois

qu'un utilisateur signe un document, le certificat de v rification correspondant y est annex , de

sorte que la signature du document peut tre v rifi e n'importe quel moment.

11 La sauvegarde des cl s priv es est galement utilis e pour la garde en fiducie des cl s; en d'autres termes, comme moyen pour

l'entreprise ou un tiers habilit d'acc der aux fichiers utilisateurs pouvant contenir des renseignements irrempla ables qui, autrement,

seraient perdus jamais.

12 Supposons, par exemple, qu' la derni re mise jour de ses cl s, Alice a re u la paire CPuAn/CPrAn et qu'elle a gard un message

qui avait t chiffr l'aide de CPuA1, sa premi re cl publique. Elle doit alors utiliser CPrA1 pour d chiffrer le message.

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En conclusion

La cryptographie cl publique est extr mement attrayante et riche en perspectives, int grant la

fois le chiffrement et la signature num rique. Elle constitue une v ritable perc e par rapport aux

syst mes cryptographiques cl sym trique.

Au-del de l'aspect technique, il faut voir la n cessit de mettre en place une architecture, soit une

ICP, qui comprend les outils n cessaires pour g rer et utiliser efficacement les cl s et certificats.

La section 3.1 donne un aper u de la fa on dont une ICP bien g r e r pond aux principales

pr occupations en mati re d'utilisation et de gestion des cl s et certificats. Nous en traiterons plus

en d tail dans un autre article.

Pour terminer, au-del de l'infrastructure m me, il y a lieu de pr parer, d' tayer et de maintenir

cette infrastructure. D'un point de vue technique, la mise en Suvre d'une ICP est une question de

jours. D'un point de vue affaires, la mise en Suvre d'une ICP est une toute autre histoire... qui fera

l'objet d'un autre article.

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R f rences

[1] Curry, Ian, Entrust Technologies, Getting Acquainted With Entrust/Solo and Public-key

Cryptography , version 1.0, juillet 1997

[2] Netscape, Introduction to Public-Key Cryptography ,

http://developer.netscape.com/docs/manuals/security/pkin/contents.htm

[3] Curry, Ian, Entrust Technologies, Version 3 X.509 Certificates , version 1.0, juillet 1996

[4] Branchaud, Marc, A Survey of Public-key Infrastructures , D partement d'informatique,

Universit McGill, Montr al, 1997

[5] Curry, Ian, Entrust Technologies, Key Update and the Complete story on the Need for Two

Key Pairs , version 1.2, ao t 2000

[6] RSA, Intro to PKCS Standards ,

http://www.rsasecurity.com/solutions/developers/whitepapers/IntroToPKCSstandards.pdf

[7] Site Web de l'IETF/PKIX, http://www.ietf.org/html.charters/pkix-charter.html

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Jai modifi l g rement la figure