Étude du dipôle électrostatique

Physics, Electrostatics, Dipole Theory · course

Voir tous les documents en physique

(O.Granier)

Étude du dipôle

électrostatique

Olivier GRANIER

I – Définition et approximation dipolaire

On appelle « dipôle électrostatique » un ensemble rigide de deux charges

ponctuelles + q et – q (donc globalement neutre), distantes de 2a.

)

( qN −

)

O

( qP +

r

zu

a2

z

)2( δ−O

Un tel modèle permet d’étudier :

  • Les molécules polaires (par exemple : HCl, H2O)

( δ+H

)

( δ−Cl

)

( δ+H

)

( δ+H

)

Olivier GRANIER

  • La polarisation des atomes dans un champ électrique extérieur (phénomène

de solvatation des ions)

M

r

( qN −

)

O

a2

)

( qP +

r

zu

θ

z

On calcule le potentiel puis le champ

grad

électrique ( ) créé par

le dipôle en un point M de l’espace.

r

E −=

(V

)

Symétrie de révolution autour de

l’axe (Oz) : on choisit M(r,θθθθ) dans le

plan des deux charges.

Approximation dipolaire : r >> a (on se place « loin » des charges,

c’est-à-dire à des distances bien supérieures à quelques nm).

Olivier GRANIER

II – Calcul du potentiel dans le cadre de l’approximation dipolaire

Le potentiel au point M est (principe de superposition) :

M

Nr

r

Pr

θ

r

zu

( qP +

)

z

( qN −

)

O

a2

(

MV

)

=

1

πε

4

0

q

r

P

1

πε

4

0

q

r

N

(

MV

)

=

1

0πε

4

q

1

r

P

1

r

N

(

avec

:

r

P

=

PM

ret

N

=

NM

>>

a

)

Olivier GRANIER

Calcul des distances rP et rN :

D’après la relation de Chasles :

PM

=

OM

OP

r

−=

r

En élevant au carré :

M

Nr

r

Pr

θ

r

zu

( qP +

)

z

( qN −

)

O

a2

r

zua

2

r

r

.2

uar

z

PM

2

2

=

r

+

a

2

r

P

=

r

2

2

+

a

2

ar

θcos

On calcule ensuite 1 / rP :

=

1

2

r

2

+

a

2

ar

(

r

=

2

2

+

a

2

ar

θcos

)

θ

cos

2/1

1

rP

1

rP

Olivier GRANIER

On rappelle le développement limité (à l’ordre 1) de :

(

1

)

+ −

x

2/1

−≈

1

1

2

Publicité

x

(

x

<<

)1

Nr

r

Pr

θ

r

zu

( qP +

)

z

( qN −

)

O

a2

M

On pose x = a / r (x << 1), alors :

1

rP

=

1

r

1

+

2

2

a

r

2

a

r

cos

θ

2/1

Un DL au 1er ordre en x donne :

1

rP

=

1

r

1

+

a

r

θcos

Olivier GRANIER

De la même manière (il suffit de remplacer θθθθ par π π π π −−−− θθθθ et donc cosθθθθ par

  • cosθθθθ) :

1

rN

=

1

r

1

a

r

θcos

M

Nr

r

Pr

θ

( qN −

)

O

r

zu

( qP +

)

z

Par conséquent :

1

r

P

1

r

N

=

2

a

2r

θcos

D’où le potentiel :

(

MV

)

=

1

πε

4

0

2(

aq

2

r

)

cos

θ

Olivier GRANIER

On définit le vecteur moment dipolaire du dipôle électrostatique (vecteur

dirigé de la charge négative vers la charge positive) :

r

p

=

2(

aq

)

z =

NPq

r

u

Alors (décroissance du potentiel en 1 / r2) :

M

(

MV

)

=

1

πε

4

p

2

0 r

cos

θ

r

θ

r

ur

En notant :

r

/

rr

( qN −

)

r

zu

O

r

p

( qP +

)

z

(

MV

)

=

1

πε

4

0

=

rr

.

up

2

r

r

rr

(

.

uu

z

r

=

cos

θ

)

Olivier GRANIER

Retour sur la définition du moment dipolaire :

Le vecteur moment dipolaire est une caractéristique du dipôle électrostatique.

p s’exprime en C.m dans le SI.

On définit plutôt le Debye, mieux adapté :

1

D

=

10.33,3

30−

.

mC

Exemple : la molécule d’eau a un moment dipolaire . En déduire

les charges + δδδδ et – 2δδδδ portées respectivement par les atomes d’hydrogène et

par l’atome d’oxygène.

α

Données :

°

104

(

OH

096

OH

OH

nm

,0

=

=

=

=

l

Publicité

)

;

,

2

p OH

=

85,1

D

Olivier GRANIER

Le moment dipolaire total de la molécule est :

r

OHp

)2( δ−O

r

OHp'

( δ+H

)

α

2

r

OHp

2

( δ+H

)

On en déduit :

r

p

OH

2

r

p

=

OH

r

p

'

+

OH

Avec :

p

OH

=

p

'

OH

δl=

Par conséquent :

δl=OHp

2

2

cos

δ

=

p OH

2

l

2

cos

α

2

e

3

(

e

=

10.6,1

19

C

)

α

2

Olivier GRANIER

III – Calcul du champ dans le cadre de l’approximation dipolaire

V

La relation intrinsèque permet de calculer le champ (en

coordonnées polaires) :

M

grad

r

E −=

rEr

,( θ

−=)

r

θ

r

zu

( qP +

)

z

( qN −

)

O

a2

θθ

,(

)

rE

−=

V

r

1

r

V

θ

Olivier GRANIER

r

r E

θE

r

rE

M

Par conséquent :

Er

=

2

p

1

πε

4

0

θ

cos

3

r

r

θ

r

zu

( qP +

)

z

( qN −

)

O

a2

θ =

E

1

πε

4

0

θ

p

sin

3

r

r

E

=

1

πε

4

0

p

3

r

(

2

cos

θ

r

u

r

+

sin

r

)θθ

u

Olivier GRANIER

IV – Topographie du champ d’un dipôle

Surfaces équipotentielles :

L’équation de la surface équipotentielle (ΣΣΣΣ0) au potentiel V0 est :

Pour

1

πε

4

0

Soit l’équation en coordonnées polaires :

(

MV

Σ∈

(

:)

M

=

)

0

p

2

r

cos

θ

=

V

0

2

r

=

A

cos

θ

(

A

=

cste

)

L’allure des lignes équipotentielles est indiquée sur la figure suivante ;

l’axe perpendiculaire à (Oz) et passant par O est l’équipotentielle zéro.

Par rotation autour de (Oz), ces lignes engendrent les surfaces

équipotentielles.

Olivier GRANIER

IV – Topographie du champ d’un dipôle

Surfaces équipotentielles :

L’équation de la surface équipotentielle (ΣΣΣΣ0) au potentiel V0 est :

Pour

1

πε

4

0

Publicité

Soit l’équation en coordonnées polaires :

(

MV

Σ∈

(

:)

M

=

)

0

p

2

r

cos

θ

=

V

0

2

r

=

A

cos

θ

(

A

=

cste

)

L’allure des lignes équipotentielles est indiquée sur la figure suivante ;

l’axe perpendiculaire à (Oz) et passant par O est l’équipotentielle zéro.

Par rotation autour de (Oz), ces lignes engendrent les surfaces

équipotentielles.

Olivier GRANIER

  • q

+ q

Deux charges

ponctuelles

(+ q et – q)

(Dipôle

électrostatique)

Olivier GRANIER

Lignes de champs :

r

r E

θE

r

rE

M

Ligne de

champs

r

0

Sur la ligne de champ

passant par M :

r

r

=∧ Erd

r

r

rd

udr

r

r

uEE

=

+

+

=

r

r

r

r

θθ

udr

r

uE

θθ

r

θ

Edr

θ

θ

rEdr

0=

r

zu

( qP +

)

z

Soit :

( qN −

)

O

a2

dr

E

r

=

θ

dr

E

θ

Olivier GRANIER

En remplaçant les coordonnées du champ par leurs expressions :

On sépare les variables :

2

dr

r

θ

θ

dr

cos

=

2

dr

=

θ sin

cos

sin

θ

θ

θ

d

=

2

θ

(sin

)

d

θ

sin

Soit :

d

(ln

r

)

=

d

(ln(sin

))

On note r = r0 pour θθθθ = ππππ / 2, alors, en intégrant, on obtient l’équation

en coordonnées polaires des lignes de champs (r0 est un paramètre) :

ln

r

r

0

=

ln(sin

2

θ

)

soit

r

=

r

0

sin

2

θ

Olivier GRANIER

Deux charges

ponctuelles

(+ q et – q)

(Dipôle

électrostatique)

  • q

+ q

Animations Rousseau

Olivier GRANIER

V – Action d’un champ électrique extérieur sur un dipôle

On considère un dipôle électrostatique plongé dans un champ électrique E0

qui peut être supposé uniforme à l’échelle du dipôle.

Quel est l’effet de ce champ sur le dipôle ?

Système étudié : le dipôle (rigide)

Référentiel d’étude : celui du laboratoire (supposé galiléen)

r

0Eq

( qN −

)

r

0Eq

( qP +

)

O

r

0E

r

0Eq

et de résultante nulle.

Le dipôle est soumis aux deux forces

r

0Eq

Le dipôle est globalement soumis à

un « couple de forces », dont le

moment par rapport à O vaut :

Olivier GRANIER

r

0Eq

( qN −

)

r

0Eq

( qP +

)

O

r

0E

Sous l’effet d’un champ électrique,

le dipôle se met à tourner afin de

s’aligner selon le sens du champ (p

et E0 dans le même sens, position

d’équilibre stable).

r

Publicité

M O

=

OP

r

Eq

0

r

Eq

0

−∧

(

)

=

(

OP

ON

)

=

NPq

+

ON

r

Eq

0

r

M O

Soit :

r

M O

r

r

∧=

0Ep

r

E

0

Olivier GRANIER

Étude énergétique :

Soit V le potentiel dont dérive le

champ E0 ; l’énergie potentielle du

dipôle (rigide) dans ce champ est :

E p

=

(

PqV

)

−+

(

(

NVq

)

)

E p

=

[

)

NVPVq

(

(

])

r

0Eq

( qN −

)

r

0Eq

( qP +

)

O

r

0E

On rappelle que (E0 est un champ de gradient) :

=

Par conséquent, avec dV = V(P) – V(N) :

r

rd

Et donc :

E p

=

r

(

Eq

.

0 NP

)

Soit

E p

−=

r

r

.0

rdE

OP

ON

dV

NP

−=

=

rr

0.Ep

Ep est minimale (position d’équilibre stable) quand p et E0 ont même sens.

Olivier GRANIER

Application (solvatation des ions) :

+δδδδ

−−−−δδδδ

+

−−−−δδδδ

−−−−δδδδ

+δδδδ

+δδδδ

+δδδδ

−−−−δδδδ

−−−−δδδδ

+δδδδ

Lignes de

champs

+

Ion positif (Na+ par exemple)

−−−−δδδδ

+δδδδ

Molécule polaire H2O

Olivier GRANIER

VI – Quadripôle électrostatique

Exercice n°5 (modèle de la molécule de CO2) :

Soit un ensemble de trois charges alignées : 2 q en O, - q en A(+ a,0) et

  • q en B(- a,0).

Calculer le potentiel V puis le champ E en un point M de l'espace situé à

la distance r de O, en supposant r >> a.

M

On rappelle le développement limité

(à l’ordre 2, pour x << 1) de :

r

θ

(

1

)

+ −

x

2/1

−≈

1

1

2

x

+

2

x

3

8

r

zu

( qB −

)

)2( qO

( qA −

)

z

Olivier GRANIER

M

r

θ

r

zu

( qB −

)

)2( qO

( qA −

)

z

(

MV

)

=

q

πε

4

0

2

3

a

r

31(

cos

2

θ

)

rEr

,( θ

−=)

θθ

,(

)

rE

−=

V

r

1

r

V

θ

Topographie : voir diapositive suivante

Olivier GRANIER

  • q

+ 2q - q

Trois charges

ponctuelles

(+ 2q, – q et - q)

(Quadripôle

électrostatique)

Olivier GRANIER