lectro-
magn tisme
lectrostatique
Magn tostatique
Michel Henry
Abdelhadi Kassiba
Cours +
Exos
corrig s
dE lectromagne tisme
Cours + Exercices
Michel Henry
Ma1 tre de confe rences a` lIUFM des Pays de Loire
Agre ge de physique
Abdelhadi Kassiba
Professeur a` luniversite de Maine
(cid:1) Dunod, Paris, 2009
ISBN 978-2-10-054273-4
Comment utiliser le Mini-Manuel ?
La page dentr e de chapitre
Elle donne le plan du cours,
ainsi quun rappel des objectifs
p dagogiques du chapitre.
Le cours
Le cours, concis et structur ,
expose les notions importantes
du programme.
Les rubriques
Une erreur viter
Un peu de m thode
Un exemple pour comprendre
Les points cl s retenir
Les exercices, QCM ou QROC
Ils sont propos s en fin de chapitre,
avec leur solution, pour se tester tout
au long de lann e.
COMPARAISON ENTRE LES CHAMPS E LECTROSTATIQUE ET MAGNE TOSTATIQUE.
E lectrostatique
Magne tostatique
Les sources de champs
Charges fixes
Charge q(P) ou densite de charge r
Un scalaire
Charges mobiles :
!
Densite de courant j
ou e le ment de
!
(P)
courant Id l
Un vecteur
Les champs
!
E
M 1=4peo
(cid:3)
Loi de coulomb
(cid:2)!
PM=PM3
r P dV
(cid:4)
!
B
M mo=4p
(cid:5)
Loi de Biot et Savart
(cid:2)!
PM=PM3
!
Id l
P ^
(cid:6)
!
E
: vecteur vrai (vecteur polaire)
: pseudo-vecteur (vecteur axial)
!
B
pS plan de syme trie pour les sources (plan miroir)
!
pS plan de syme trie pour E
(plan miroir)
!
pS plan danti-syme trie pour B
(plan anti-miroir)
pAS plan danti-syme trie pour les sources (plan anti-miroir)
!
pAS plan danti-syme trie pour E
(plan anti-miroir)
!
pAS plan de syme trie pour B
(plan miroir)
Circulation sur un contour ferme
Circulation conservative
H
H
!
E
!
:d l
(cid:2)dV 0
!
E
de rive dun potentiel scalaire V
H
Circulation non conservative
mo
Ienlac
The oreme dAmpere
!
:d l
!
B
P
e
Flux a` travers une surface ferme e
H
Flux non conservatif
!
E
!
:dS
Qint=eo
The ore`me de Gauss
Flux conservatif
!
:dS
0
!
B
H
Table des matie` res
1 Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques
de la matie` re
1.1 Charges e lectriques
Les deux types de charges e lectriques
Charges e lectriques e le mentaires
Neutralite e lectrique dun corps
1.2 Proprie te s e lectriques de la matie` re
E lectrisation dun corps
Mate riaux conducteurs et isolants
Conservation de la charge e lectrique
1.3 Densite de charges e lectriques
Distributions continues de charges avec une
densite volumique r
Distributions continues de charges avec
une densite surfacique s
Distributions continues de charges avec une
densite line ique l
1.4 Loi de Coulomb
Loi de Coulomb
Principe de superposition
Points-cle s
Exercices
Solutions
2 Champ et potentiel e lectrostatiques
2.1 Champ et potentiel e lectrostatiques cre e s
par une charge ponctuelle
Champ e lectrique dune charge ponctuelle
1
1
1
3
4
4
4
7
7
8
8
10
11
12
12
14
16
16
20
26
26
26
VI
E lectromagne tisme
Potentiel e lectrostatique cre e par une
charge ponctuelle
Relations entre champ et potentiel e lectrostatiques
Surfaces e quipotentielles
Ge ne ralisation pour un ensemble de charges
ponctuelles : principe de superposition
2.2 Proprie te s de syme trie
Principe de Curie
De finition des ope rations de syme trie
2.3 Champ et potentiel e lectrostatiques
cre e s par une distribution continue
de charges
Champ et potentiel cre e s par un fil charge
Champ et potentiel cre e s par un disque charge
Cas dun plan infini charge uniforme ment
en surface
Champ et potentiel cre e s par une distribution
volumique de charges
Points-cle s
Exercices
Solutions
3 The ore` me de Gauss
3.1
Flux du champ e lectrostatique cre e par
une charge ponctuelle
!
Flux dun champ de vecteur A
Flux du champ e lectrostatique cre e par
une charge ponctuelle
3.2 The ore` me de Gauss
Flux du champ e lectrostatique cre e par une
distribution de charges
The ore`me de Gauss
Inte r^et et utilisation du the ore`me de Gauss
29
31
34
35
41
41
41
50
50
59
63
66
68
69
72
81
81
81
85
90
90
93
94
Table des matie`res
3.3 Applications du the ore` me de Gauss
Champ et potentiel e lectrostatiques cre e s par
une sphe`re charge e
Champ et potentiel e lectrostatiques cre e s par
un cylindre charge uniforme ment
Champ et potentiel e lectrostatiques cre e s par
un fil infini charge uniforme ment
Champ et potentiel e lectrostatiques cre e s par
un plan infini charge uniforme ment
Champ et potentiel e lectrostatiques cre e s
par deux plans paralle`les portant des
charges oppose es
Points-cle s
Exercices
Solutions
4 Le champ magne tique
4.1 Les sources de champ magne tique
Les aimants : sources de champ magne tique
La boussole et les po les (magne tiques)
dun aimant
Action magne tique entre deux aimants
Le courant e lectrique : source de champ
magne tique
Origine du champ magne tique cre e par la matie`re
4.2 Les forces magne tiques
La force de Laplace
La force de Lorentz
Lien entre Force de Laplace et Force de Lorentz
Publicité
4.3 Le vecteur champ magne tique
Direction et sens du vecteur champ magne tique
Mesure du champ magne tique
Unite et ordre de grandeurs
VII
95
95
101
109
111
116
119
120
123
128
128
128
128
129
131
131
132
132
135
135
138
138
139
144
VIII
Points-cle s
Exercices
Solutions
E lectromagne tisme
5 Champ magne tique cre e par des courants
5.1
Loi de Biot et Savart
Champ magne tique cre e par un conducteur
filiforme parcouru par un courant
Ge ne ralisation de la loi de Biot et Savart
5.2 Proprie te s de syme trie du champ
magne tique
5.3 Champ magne tique cre e par un courant
circulant dans un fil rectiligne
Position du proble`me
Champ e le mentaire cre e par un e le ment de
courant Idl situe au point P
Expression du champ magne tique pour un fil fini
Cas du fil infini
5.4 Cas de la spire circulaire et des bobines
parcourues par un courant
Champ magne tique cre e par une spire circulaire
Champ magne tique cre e par une bobine plate
Champ magne tique cre e par une bobine
longue ou sole no1 de
Points-cle s
Exercices
Solutions
6 The ore me dAmpe re
Proprie te s du champ magne tique
6.1 The ore me dAmpe re
Circulation sur un contour ferme du champ magne tique
cre e par un fil infini parcouru par un courant
184
144
145
146
149
149
149
151
152
155
155
157
159
159
160
160
167
170
175
176
178
184
184
Table des matie`res
Ge ne ralisation : the oreme dAmpere
Inte r^et et utilisation du the oreme dAmpere
6.2 Exemples dapplication du the ore` me
dAmpe` re
Cas du fil infini parcouru par un courant
Cas du sole no1 de infini
6.3 Flux du champ magne tique
Flux magne tique
Flux magne tique a` travers une surface ferme e
Points-cle s
Exercices
Solutions
Index
IX
186
188
189
189
191
194
194
195
196
197
201
210
1
Ge ne ralite s sur les
proprie te s e lectriques
de la matie` re
1.1 Charges e lectriques
1.2 Proprie te s e lectriques de la matie`re
1.3 Densite de charges e lectriques
1.4 Loi de Coulomb
(cid:1) Conna1 tre lorigine du phe nome`ne de lectrisation
(cid:1) Avoir les notions de base sur les conducteurs et les isolants
(cid:1) Savoir manipuler les densite s de charges et le calcul de charges
(cid:1) Conna1 tre et savoir appliquer la loi de Coulomb
N
A
L
P
S
F
I
T
C
E
J
B
O
1.1 CHARGES E LECTRIQUES
Les phe nomenes de lectrisation de la matiere se manifestent dans
diverses situations de la vie quotidienne. Ainsi, le toucher dune
carcasse me tallique dune voiture ayant roule par temps chaud et
sec, provoque une de sagre able sensation. Un effet similaire peut se
produire au contact dune armoire me tallique place e dans une
piece seche ou bien lorsquon retire un pull-over synthe tique.
Ces constats qualitatifs peuvent e tre re alise s a` partir dexpe riences
simples. Par exemple, un ba ton de verre frotte avec une e toffe de tissu
peut attirer des objets le gers tels que des morceaux de papiers.
La me me expe rience peut e tre effectue e lorsquun ba ton en matie`re
plastique est frotte avec un chiffon de laine. Ces effets sont dus a` la
manifestation de charges e lectriques qui apparaissent par frottement
ou par contact.
a) Les deux types de charges e lectriques
Lexpe rience sche matise e figure 1.1 qui consiste a frotter une regle en
matiere plastique avec un tissu montre que la regle peut alors attirer des
petits morceaux de papier.
2
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
chiffon
B ton frott
Frottement dun b ton
en plastique
Attraction de petits
morceaux de papier
Figure 1.1 Illustration du phe nome`ne de lectrisation. Le ba ton est e lectrise par
frottement : il porte alors une charge e lectrique.
On dit que le ba ton a e te e lectrise par frottement ou bien quil porte
une charge e lectrique (ou encore quil est charge ).
Remarque :
Ce phe nome`ne, connu depuis lAntiquite , se manifeste en particulier
sur lambre qui se traduit en grec par le mot elektron . Ce dernier
est a` lorigine des mots e lectrisation, e lectrique, etc.
Dans le cas du ba ton de verre ou de bonite (re sine organique contenant
du soufre) e lectrise par frottement, on constate que la charge e lectrique
reste localise e a` lendroit frotte . Par contre il est impossible de lectriser
une tige de me tal tenue a` la main car la charge e lectrique se re partit
aussi sur le corps. Le lectrisation devient possible si la tige de me tal
est maintenue a laide dun manche en matiere plastique. On constate
alors que la charge apporte e par frottement se re partit sur toute la tige
me tallique.
Il est possible de lectriser de petites boules daluminium sus-
pendues a` un fil de nylon par contact avec un ba ton lui-me me e lectrise .
En approchant deux boules e lectrise es avec le me me ba ton, on constate
quelles se repoussent. Par contre dans le cas ou` lune des boules est
e lectrise e par le ba ton de verre (frotte avec un drap) et lautre avec
le ba ton de bonite (frotte avec un chiffon de laine) il y a attraction. Le
physicien fran cais Du Fay (1733) mettait ainsi en e vidence lexistence
de deux types de charges e lectriques.
Il existe deux types de charges e lectriques :
Deux corps portant
repoussent.
Deux corps portant des charges e lectriques de types diffe rents
sattirent.
le me me type de charges e lectriques se
Pour distinguer ces deux types de charges lune sera note e charge
positive, lautre charge ne gative.
1.1 l Charges e lectriques
3
Par convention :
La charge qui appara1 t sur le bonite frotte e avec un chiffon de laine
est une charge ne gative (anciennement nomme e e lectricite re sineuse).
La charge qui appara1 t sur le verre frotte avec un drap est une charge
positive (anciennement nomme e e lectricite vitreuse).
Un corps non charge est dit neutre.
Lorigine de ces charges e lectriques qui apparaissent au cours des
phe nome`nes de lectrisation se trouve dans la nature me me de la
matie`re.
b) Charges e lectriques e le mentaires
Latome, entite constitutive de tout corps mate riel, se compose dun
nuage de lectrons et dun noyau forme de nucle ons (protons, neutrons).
La charge e lectrique e le mentaire, e 1,6.10(cid:2)19C (expe rience de
Millikan 1908), ou` C (coulomb) de signe lunite de charge e lectrique
dans le systeme international, est une caracte ristique intrinseque du
proton et de le lectron au me me titre que leurs masses respectives
1,67.10(cid:2)27 kg et 9.10(cid:2)31 kg. Avec la convention adopte e pour les
signes des charges, le proton constitue la charge positive e le mentaire
alors que le lectron est la charge e le mentaire ne gative. La stabilite
de le difice atomique, globalement neutre, est assure e par linterac-
tion e lectrique entre le noyau de charge positive et les e lectrons qui
lentourent.
TABLEAU 1.1 CARACTE RISTIQUES DES PARTICULES E LE MENTAIRES.
Particules
Symbole
Masse (kg)
E lectron
Proton
Neutron
e(cid:2)
p
n
9,1.10(cid:2)31
1,672.10(cid:2)27
1,674.10(cid:2)27
Charge
e lectrique (C)
(cid:2)1,6.10(cid:2)19
1,6.10(cid:2)19
0
(cid:1) Le coulomb (symbole C) de signe lunite de la charge e lectrique
dans les unite s du syste`me international (u.s.i.). Charles de
Coulomb, physicien fran cais (17361806), est a` lorigine de la
de termination de la force sexer cant entre deux charges e lectriques.
(cid:1) Ces particules sont assimilables a des spheres de rayon tre`s faible.
(cid:1) Le lectron est une charge e lectrique mobile pouvant e tre libe re e par
la matie`re.
4
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
(cid:1) Le proton est fortement lie a la matiere car cest lun des consti-
tuants du noyau atomique.
(cid:1) |e(cid:2)| e 1,6.10(cid:2)19C est la plus petite charge e lectrique que lon
puisse isoler de la matie`re.
c) Neutralite e lectrique dun corps
Lorsquun mate riau est constitue par des atomes associe s par des
liaisons mole culaires, la neutralite e lectrique des atomes est pre serve e
lorsquils participent a` la formation des mole cules. Le mate riau ainsi
forme sera qualifie de neutre e lectriquement car il comporte autant de
charges positives que ne gatives.
1.2 PROPRIE TE S E LECTRIQUES DE LA MATIE` RE
Il existe diffe rents proce de s destine s a communiquer a un mate riau des
charges e lectriques exce dentaires par rapport a` le tat de neutralite
e lectrique. De tels proce de s permettent de retirer ou de rapporter
des e lectrons sur le mate riau qui devient charge . Le tat charge se
caracte rise par une charge e lectrique macroscopique Q Ne avec
N un entier positif ou ne gatif et e la charge e le mentaire (1,6.10(cid:2)19C).
a) E lectrisation dun corps
Expe rience 1 : E lectrisation par frottement
En frottant le ba ton de verre avec un drap, le verre se charge positive-
ment alors que le drap se trouve charge ne gativement (figure 1.2). En
fait lensemble est neutre et cest en frottant le ba ton que des e lectrons
du verre sont passe s sur le tissu. Le verre se retrouve avec un de ficit en
e lectron et est donc charge positivement. Le tissu avec son exce`s
de lectron est charge ne gativement.
Publicité
La me me expe rience peut e tre re alise e a` laide dun ba ton en
matie`re plastique et un chiffon en laine (figure 1.3). On constate alors
que le plastique se charge ne gativement alors que la laine porte des
charges positives.
Charges lectriques
positives immobiles
+ + + + + +
B ton de verre frott avec un drap
Charges lectriques
n gatives
Figure 1.2 Interpre tation de le lectrisation par frottement dans le cas du verre.
1.2 l Proprie te s e lectriques de la matie`re
5
B ton de mati re plastique frott
avec un chiffon de laine
Charges lectriques
n gatives immobiles
+
+
+
+
+
+
+
Charges lectriques
positives
Figure 1.3 Interpre tation de le lectrisation par frottement dans le cas du
plastique.
Expe rience 2 : E lectrisation par contact
Un corps (A), initialement neutre, se lectrise au contact dun corps (B)
charge . Si le corps (B) est charge ne gativement une partie des e lectrons
exce dentaires va se re partir sur le corps (A) qui se charge ne gative-
ment. Au contraire, si le corps (B) est charge positivement (de faut
de lectrons), des e lectrons du corps (A), attire s par les charges posi-
tives, peuvent passer sur le corps (B) : le corps (A) se trouve alors
charge positivement (voir figure 1.4).
Boule
neutre
(conductrice)
B ton
charg
phase 1
phase 2
phase 3
Figure 1.4 Sche matisation de le lectrisation par influence (phase 1) puis par
contact (phase 2). La phase 3 traduit la re pulsion entre deux corps portant des
charges de me me nature.
Expe rience 3 : E lectrisation par influence
On peut, par exemple, utiliser des ba tons en verre ou en plastique
charge s par frottement ainsi quun pendule constitue dune petite
boule le ge`re en polyester recouverte dun mince feuillet daluminium
et suspendue a` un fil de nylon (voir figure 1.4). Dans la phase 1, Le
ba ton de verre e lectrise est approche du pendule. La boule va subir
alors une redistribution des charges a` sa surface. Une charge ne gative
(des e lectrons mobiles) se condense sur sa face avant alors que la
me me quantite de charges mais de signe oppose se de veloppe sur sa
face arrie`re (de faut de lectrons). Cette redistribution de charges
6
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
constitue un exemple de lectrisation par influence. Dans la phase 2,
une attraction se produit entre le verre et la boule jusquau contact des
deux. Les e lectrons en exce`s sur la face avant peuvent passer sur la
baguette de verre : lensemble est globalement charge positivement.
Enfin, dans la phase 3, une re pulsion se produit due a` la re partition de
charges de me me signe sur les deux corps.
Encart 1.1 Les machines e lectrostatiques
Le ge ne rateur e lectrostatique de Van de Graaff a e te invente dans
la pe riode 19311933 par R. Van de Graaff de luniversite
ame ricaine de Princetown. Le principe du ge ne rateur, illustre
dans la figure 1.5 (a), repose sur une courroie en caoutchouc
entra1 ne e par un moteur pour ve hiculer des charges e lectriques
a la sphere creuse en haut du dispositif.
Dome m tallique
(conducteur)
Poulie n 2
Peigne
conducteur
Poulie n 1
Support isolant
Courroie
Peigne
conducteur
Moteur
(a)
(b)
Figure 1.5 (a) Ge ne rateur Van de Graaf et (b) machine de Wimshurst.
Les tensions cre e es par ce ge ne rateur peuvent atteindre jusquau
million de Volts par contre les courants restent infiniment faibles
(<1 mA). Il existe cependant une limite a` la tension e lectrique
qui peut e tre atteinte au niveau de la sphe`re. Cette tension limite
de pend du rayon de la sphe`re et de la nature du gaz qui lentoure.
La machine de Wimshurst est une autre machine e lectrostatique
invente e en 1882 par langlais James Wimshurst. Cette machine,
sche matise e dans la figure 1.5 (b), reste encore utilise e pour
illustrer de nombreux phe nome`nes de lectricite statique.
1.2 l Proprie te s e lectriques de la matie`re
7
b) Mate riaux conducteurs et isolants
A un stade e le mentaire, on peut se limiter a des conside rations simples
pour de finir le caracte`re isolant ou conducteur dun mate riau.
Dans les mate riaux conducteurs (exemple des me taux), les e lec-
trons des couches atomiques pe riphe riques sont faiblement lie s aux
noyaux. Lagitation thermique favorise lionisation des atomes et
conduit a` lexistence dun gaz de lectrons presque libres. La densite
n (nombre de lectrons libres par unite de volume) est lun des para-
metres cle s qui gouverne le caractere conducteur dun mate riau. Dans
les me taux usuels (cuivre, aluminium. . .) la densite n est de lordre de
1027 e lectrons par unite de volume (n 1027.m(cid:2)3). Dans le cas des
conducteurs ioniques, cest la densite dions libres et leur mobilite qui
de finit le caracte`re conducteur.
Dans les mate riaux isolants, les e lectrons sont solidement lie s aux
atomes. La densite de lectrons libres est quasi-nulle. Parmi les mate ri-
aux isolants, on peut citer les matie`res plastiques, le verre, la paraffine,
le papier ou encore le bois. Le terme die lectrique de signe aussi un
mate riau isolant.
Entre ces extre mes, conducteurs et isolants, il existe des mate riaux
semi-conducteurs dont la densite de porteurs libres est typiquement
dans la gamme de 1017 a 1023 m(cid:2)3. Ce parametre de pend fortement du
taux de dopage des mate riaux semi-conducteurs (Si, Ge, GaAs. . .).
Le dopage dun semi-conducteur tel que le silicium consiste, lors de sa
fabrication, a inclure des atomes tels que lazote ou le bore en tres faible
quantite . Cette ope ration permet daugmenter la densite de porteurs libres.
Dans les expe riences de lectrisation par contact, la nature conduc-
trice ou isolante du mate riau conditionne la distribution des charges
e lectriques sur le corps. Ainsi, une charge e lectrique exce dentaire
acquise par un corps isolant, reste localise e la ou elle a e te de pose e.
Pour un corps conducteur, la charge e lectrique acquise se re partit sur
toute la surface du conducteur.
c) Conservation de la charge e lectrique
Dans un proce de de lectrisation par frottement, un chiffon de laine
et une baguette de verre, e changent des e lectrons qui sont arrache s
au verre et localise s sur le toffe de laine. La me me quantite de charge
mais de signe oppose est donc porte e par chacun des corps. Cette
charge demeure constante tant que le corps reste isole de tout
autre contact mate riel.
Dans un processus de lectrisation par influence, aucun contact
mate riel nest ne cessaire. Le corps qui influence modifie uniquement
8
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
q3
q1
q2
Q
q1
Q
Figure 1.6 Illustration du principe de conservation de la charge e lectrique.
On peut e crire : q1 q2 q3 q1 Q Q.
la re partition des charges sur le corps influence sans quaucun apport
de charges ne se produise. La charge totale du corps reste constante,
seule la re partition des charges sur le corps influence se modifie dans
un tel processus.
En re`gle ge ne rale, tant quun corps est isole de tout contact mate riel,
sa charge e lectrique demeure constante.
Principe de la conservation de le lectricite
Dans tout syste`me e lectriquement isole , la somme alge brique des
quantite s de lectricite ou charges e lectriques se conserve.
1.3 DENSITE DE CHARGES E LECTRIQUES
La charge e lectrique macroscopique Q dun corps comporte un
nombre important de charges e le mentaires e (Q Ne avec N entier
relatif tre`s grand). Vue la faible dimension de cette charge e le mentaire,
on considere qua le chelle macroscopique, la re partition de la charge
Q se fait de fa con continue sur le corps mate riel. Cette re partition
peut e tre mode lise e par des densite s de charges e lectriques qui de pen-
dent de la ge ome trie du corps charge (filiforme, surfacique ou
volumique).
a) Distributions continues de charges avec une densite
volumique r
Cest le cas dun corps mate riel de volume (V) pouvant e tre charge par
une quantite de charge Q. Cette charge peut e tre re partie uniforme ment
dans le volume (V). Dans ce cas, la densite volumique de charge
(charge par unite de volume), note e r (lettre grecque rho ), sexprime
simplement par :
r Q
V
) Q rV
1.3 l Densite de charges e lectriques
9
Lunite de la densite volumique de charge e lectrique est le C.m(cid:2)3.
Si la re partition nest pas uniforme, il est possible de de finir en tout
point M du volume (V) une densite volumique de charge r M . On
conside`re alors un volume e le mentaire dV autour de M suffisamment
petit pour pouvoir conside rer que la charge e lectrique e le mentaire dQ
quil contient est re partie uniforme ment. On peut alors e crire :
r M dQ
dV
(cid:1)dQ r M dV
M
Volume V
Contenant une
charge totale Q.
Volume l mentaire
dV autour du point M
Figure 1.7 Le volume V contient une charge e lectrique totale Q. Le volume
e le mentaire dV autour du point M porte la charge e lectrique e le mentaire dQ.
La charge totale Q contenue dans le volume charge V est de finie
par linte grale suivante :
Q
r M dV
M2V
Remarque :
Certains ouvrages utilisent, a` juste titre, la notation de lope ration
dinte gration sur un volume (V) par trois symboles (
V ) a` cause de
linte gration sur un produit des trois variables qui de finissent un
volume e le mentaire. Cependant, pour une simplicite de la notation,
on continuera a` utiliser un simple symbole (
M2V).
Dans le cas ou` la re partition est uniforme, la densite volumique de charge
ne de pend pas du point M : r M r
o. On peut alors e crire :
Q
r M dV r
o
dV r
V
o
M2V
M2V
10
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
b) Distributions continues de charges avec une densite
surfacique r
Cest le cas dun corps mate riel de surface S pouvant e tre charge avec une
quantite de charge Q. Cette charge peut e tre re partie uniforme ment sur la
surface S. Dans ce cas, on de finit simplement la densite surfacique de
charge (charge par unite de surface), note e s (lettre grecque sigma) par :
s Q
S
) Q sS
Lunite de densite surfacique de charge e lectrique est le C.m(cid:2)2
Si la re partition nest pas uniforme, il est possible de de finir en tout
point M de la surface S une densite surfacique de charge s M . On
conside`re alors une surface e le mentaire dS autour de M suffisamment
petite pour pouvoir conside rer que la charge e lectrique e le mentaire dQ
quelle contient est re partie uniforme ment. On peut alors e crire :
s M dQ
dS
(cid:1)dQ s M dS
Surface S ( paisseur
n gligeable)
M
Surface l mentaire
dS autour du point M
Figure 1.8 La surface S porte une charge e lectrique totale Q. La surface
e le mentaire dS autour du point M porte la charge e lectrique e le mentaire dQ.
La charge totale porte e par la surface charge e est donne e par la
relation :
Q
s M dS
M2S
Dans le cas ou` la re partition est uniforme, la densite surfacique de charge ne
de pend pas du point M : s M so. Avec S laire de la surface, on peut e crire :
Q
s M dS so
dS soS
M2S
M2S
1.3 l Densite de charges e lectriques
11
c) Distributions continues de charges avec une densite
line ique l
Cest le cas dun corps mate riel filiforme, de longueur L et de diame`tre
ne gligeable, pouvant e tre charge par la quantite de charge Q. Cette
charge peut e tre re partie uniforme ment sur le corps. On de finit la
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densite line ique de charge (charge par unite de longueur), note e l
(lettre grecque lambda) par :
l Q
L
) Q lL
Lunite de la densite line ique de charges e lectriques est le C.m(cid:2)1.
Si la re partition nest pas uniforme, il est possible de de finir en tout
point M du fil une densite line ique de charge l M . On conside`re alors
une longueur e le mentaire dl autour de M suffisamment petite pour
pouvoir conside rer que la charge e lectrique e le mentaire dQ quelle
contient est re partie uniforme ment. On peut alors e crire :
l dQ
dl
(cid:1)dQ ldl;
M
dl
Longueur l mentaire
autour du point M
Fil F de
longueur L
Figure 1.9 Le fil F porte une charge e lectrique totale Q. Le segment e le mentaire
dl autour du point M porte la charge e lectrique e le mentaire dQ.
La charge totale porte e par le fil charge est donne e par la relation :
Q
l M dl
M2L
Dans le cas ou` la re partition est uniforme, la densite line ique de charge
ne de pend pas du point M : l M lo. Avec L la longueur du fil, on peut
e crire :
Q
l M dl lo
dl loL
M2L
M2L
Modele de la charge ponctuelle Ce modele de la charge ponctuelle
est tres important en e lectrostatique. Cest le cas dun systeme mate riel
portant une charge Q mais dont les dimensions sont suffisamment
12
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
petites pour quil soit assimile a` un point de lespace dote dune
charge Q.
1.4 LOI DE COULOMB
La loi de Coulomb a e te e tablie en 1785 et exprime laction qui
sexerce entre deux charges e lectriques. Le dispositif expe rimental
qui a permis de tablir cette loi repose sur une expe rience de me canique
utilisant un pendule de torsion et des corps e lectrise s. Bien que la loi
de Coulomb ait e te de duite de mesures dont la pre cision nest
pas optimale, cette loi est aussi importante que celle de la force de
gravitation entre des corps pesants. La validite de cette loi est tout aussi
ve rifie e pour des corps charge s a le chelle macroscopique qua
le chelle atomique entre particules e le mentaires charge es.
a) Loi de Coulomb
La loi de Coulomb exprime la force e lectrique exerce e entre deux
charges ponctuelles en fonction de la valeur des charges et de la
distance qui les se pare.
qA
A
uAB
rAB
qB
B
FA B
Figure 1.10 Action dune charge ponctuelle qA situe e en A sur une charge
ponctuelle qB situe e en B.
E nonce de la loi de Coulomb pour des charges ponctuelles
La force e lectrostatique entre deux charges e lectriques ponctuelles
est proportionnelle a` la valeur des charges et inversement pro-
portionnelle au carre de la distance qui les se pare. Cette interaction
est porte e par la droite qui joint les deux charges.
Si les charges sont de me me signe, il y a re pulsion, si elles sont de
signe contraire, il y a attraction
Pour la formulation mathe matique de la loi de Coulomb, on
conside`re deux charges ponctuelles qA et qB place es respectivement
en deux points A et B (figure 1.10).
1.4 l Loi de Coulomb
13
!
La force e lectrostatique F
sur celle situe e en B se crit :
A!B exerce e par la charge ponctuelle en A
!
F
A!B K
qAqB
r2
AB
!
u
AB K
!
AB
rAB
qAqB
r2
AB
K
!
AB
qAqB
r3
AB
(cid:1) rAB AB distance entre les deux charges ponctuelles qA et qB
!
(cid:1) u
AB : vecteur unitaire suivant AB et dirige de A (qui exerce la force)
vers B (qui subit la force). Ce vecteur peut se crire :
!
u
!
AB AB
!(cid:2)
(cid:2)
(cid:2)
AB
(cid:2)
(cid:2)
(cid:2)
!
!
AB
AB
AB
rAB
(cid:1) K est la constante de proportionnalite . Elle de pend des unite s choi-
sies et de la nature du milieu dans lequel sont situe es les charges
e lectriques.
Dans le syste`me international (S.I) des unite s, la force est exprime e
en newton (N), la distance en me`tre (m) et les charges en coulomb (C).
Si les charges sont dans le vide, la constante K est alors de finie par :
K 1
4peo
9:109u:s:i:
La grandeur eo repre sente la permittivite du vide ou constante die -
lectrique du vide.
Dans le cas ou` les charges se trouvent dans un milieu caracte rise par
sa permittivite absolue e, la nouvelle constante K est obtenue en
e changeant eo par e eoer ou` er e=eo, grandeur sans dimension,
est appele e la permittivite relative du milieu par rapport au vide.
Cette grandeur est toujours supe rieure a` 1. Elle est de lordre de 2
par exemple pour la paraffine et est comprise entre 4 et 10 pour les
verres. Dans lair sec, la permittivite relative est de er air 1; 00057
soit pratiquement 1 : on peut conside rer que lair sec se comporte
comme le vide du point de vue e lectrique.
vide, on a : Km K
er
Si Km est la valeur de la constante dans un milieu et K celle dans le
) Fmilieu Fnide
er
la force e lectrique qui sexerce entre deux objets e lectriquement
charge s est moindre dans le milieu que dans le vide.
!
A!B aura le me me sens que u
Si les deux charges sont de me me nature, le produit (qA.qB) est positif. La
!
AB et correspond bien alors a` une force
force F
de re pulsion (A repousse B). Si les deux charges sont de signe contraire alors
!
AB : il y a attraction de B vers A.
F
!
A!B est oppose a` u
14
Chapitre 1 l Ge ne ralite s sur les proprie te s e lectriques de la matie`re
De me me, la charge qB en B exerce une force sur la charge qA en A. On peut
donc e crire :
FB A
qA
A
uAB
rAB
uBA
qB
B
FA B
Figure 1.11 Interactions entre deux charges ponctuelles qA et qB situe es en A et B.
!
F
B!A K
qBqA
r2
BA
!
u
BA
!
En remarquant que u
AB et que rBA rAB alors :
!
F
B!A K
qBqA
r2
BA
!
BA (cid:2) u
qAqB
r2
AB
!
u
BA K
!
u
BA (cid:2)K
qAqB
r2
AB
!
u
!
AB (cid:2)F
A!B
Ce re sultat est conforme au principe des actions re ciproques ou 3e`me
loi de Newton : laction de A sur B est e gale et oppose e a` laction
simultane e de B sur A.
De finition du coulomb
Deux charges ponctuelles de 1C se pare es dune distance de 1m
exercent lune sur lautre une force de 9.109 N.
On peut remarquer que cette force est e norme (e quivalente au poids
dune masse denviron 900 000 tonnes). Ceci signifie que le coulomb
est une unite qui correspond a` une charge e lectrique importante.
On utilisera donc plus couramment des sous multiples tel que le mC
(1 microcoulomb 10(cid:2)6C).
b) Principe de superposition
f g
Lorsquun syste`me comporte N charges ponctuelles qi
i 1;N pla-
!
ce es en des points Aif g
k des forces e lectrosta-
i 1;N, la re sultante F
tiques sur une charge qk du syste`me est la somme vectorielle des
forces individuelles exerce es par chaque charge qi i k :
!
F
k
Xi 1;N
ik
!
F
Ai!Ak
1
4peo
Xi 1;N
!
qkqi
AiAk 3 AiAk
=rik
ik
!
AiAk
!
avec rik AiAk et u
AiAk
qk
4peo
Xi 1;N
ik
!
u
AiAk
qi
r2
ik
1.4 l Loi de Coulomb
15
On parlera de le quilibre de la charge e lectrique qk sous laction des
autres charges lorsque la re sultante des forces est nul...