Devoir Surveillé de Mathématiques n° 9

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PCSI

DEVOIR SURVEILL´E de MATH´EMATIQUES n◦ 9

15/06/2002

Dur´ee : 4 heures

EXERCICE 1 (deux questions ind´ependantes):

1. Dans IR3, on donne les droites D1 :

(

(

et D2 :

x = 0

z = 1

−→

u = (1, 2, 3) et rencontrant les droites D1 et D2.

. Montrer qu’il existe une

x = 1

y = 0

unique droite D, dirig´ee par le vecteur

Donner un syst`eme d’´equations cart´esiennes de D.

2. Soient a, b, c trois r´eels. Dans IR3, on donne trois plans affines par leurs ´equations cart´esiennes :

P1 : x − y + 2z = a

P2 : 2x + y − z = b

P3 : x + 5y − 8z = c





.

`A quelle condition portant sur a, b, c ces trois plans ont-ils pour intersection une droite

affine ? Donner alors un vecteur directeur de leur droite d’intersection.

EXERCICE 2 :

Dans un espace euclidien E, on appelle similitude toute transformation affine multipliant les

distances par un rapport k > 0 fix´e.

Soit E un espace euclidien orient´e de dimension 3, rapport´e a un repere orthonormal direct

−→

k ). On consid´ere l’application affine f dont les expressions analytiques

−→

j ,

−→

R = (O;

i ,

dans R sont





x0 = 2x + y + 2z − 9

y0 = −2x + 2y + z − 3

z0 = −x − 2y + 2z + 2

.

1. Montrer que f admet un unique point invariant Ω que l’on pr´ecisera.

2. Soit M la matrice, dans la base B = (

−→

k ), de l’application lin´eaire bf associ´ee `a f .

M appartienne au groupe sp´ecial orthogonal

Trouver un r´eel λ tel que la matrice A =

SO(3) (ou SO3(IR)). En d´eduire que f est une similitude directe de l’espace euclidien E.

Quel est son rapport ?

−→

j ,

1

λ

−→

i ,

3. Montrer que la similitude f se d´ecompose en f = h ◦ r = r ◦ h, o`u h est l’homoth´etie de centre

Ω et de rapport λ, et r une rotation affine dont on pr´ecisera l’axe et l’angle.

EXERCICE 3 :

On d´efinit deux suites (un)n∈IN et (vn)n∈IN par la donn´ee de u0 = a, v0 = b avec 0 < a < b

et les relations

un+1 =

∀n ∈ IN

1

2

(un + vn)

.

vn+1 =

1. Montrer que les suites (un) et (vn) sont adjacentes (on pourra montrer d’abord, par r´ecurrence,

un+1 vn

que ∀n ∈ IN vn − un > 0).

un

vn

2. On pose θn =

. ´Etablir une relation entre θn+1 et θn.

3. En d´eduire que, si l’on pose a = b · cos ϕ, avec ϕ ∈

∀n ∈ IN

θn = cos

h

(justifier), alors

i

0,

π

2

ϕ

2n .

4. Montrer que

∀n ∈ IN∗

vn = b ·

n

Y

k=1

cos

ϕ

2k = b ·

sin ϕ

2n sin

.

ϕ

2n

5. D´eterminer, en fonction de b et de ϕ, la limite commune des suites (un) et (vn).

EXERCICE 4 :

Soit E l’espace vectoriel des fonctions de classe C∞ de IR2 dans IR. Soit a un r´eel fix´e.

On note Da l’endomorphisme de E qui, `a toute fonction f de E, associe la fonction

Da(f ) =

∂f

∂x

+ a

∂f

∂y

.

1. On utilisera le changement de variables

(

u = x

v = y − ax

, c’est-`a-dire que l’on posera

f (x, y) = F (u, v) = F (x, y − ax).

∂f

∂x

Exprimer les d´eriv´ees partielles

et

∂f

∂y

en fonction de

∂F

∂u

et

∂F

∂v

.

2.a. D´eterminer le noyau de l’endomorphisme Da.

b. R´esoudre l’´equation aux d´eriv´ees partielles

∂f

∂y

∂f

∂x

+ a

= x + y .

Publicité

c. Soit λ un r´eel. D´eterminer les fonctions f de E v´erifiant

Da(f ) = λf .

a(f ) = (Da ◦ Da)(f ) = Da

3. Pour f ∈ E, exprimer D2

4. On consid`ere l’´equation aux d´eriv´ees partielles du second ordre

∂2f

∂x2 + 2

∂2f

∂y2 = 2(x − y) .

∂2f

∂x ∂y

+

(cid:0)Da(f )(cid:1).

(E)

a. R´esoudre l’´equation (E). Quel est le noyau de l’endomorphisme D2

b. Soient ϕ et ψ deux fonctions donn´ees de IR dans IR. Montrer qu’il existe une et une seule

1 ?

solution f de (E), que l’on explicitera `a l’aide de ϕ et de ψ, telle que

∀x ∈ IR

f (x, 0) = ϕ(x)

et

∂f

∂y

(x, 0) = ψ(x) .

*

CORRIG´E

*

EXERCICE 1 :

1. Soit M0 = (x0, y0, z0) un point de IR3. La droite affine D dirig´ee par

x = x0 + λ

y = y0 + 2λ

z = z0 + 3λ

M0 admet pour syst`eme d’´equations param´etriques





−→

u et passant par

. Une telle droite D

rencontre D1 si et seulement si

(

∃λ ∈ IR

x0 + λ = 0

z0 + 3λ = 1

,

c’est-`a-dire ssi (1) :

z0 = 3x0 + 1

(on “´elimine” λ entre ces deux ´equations).

De mˆeme, D rencontre D2 si et seulement si

∃λ ∈ IR

(

x0 + λ = 1

y0 + 2λ = 0

,

c’est-`a-dire ssi (2) :

y0 = 2x0 − 2 .

Le syst`eme form´e des ´equations (1) et (2) donne l’ensemble E des points M0 tels que la

−→

u rencontre les droites D1 et D2. On constate que cet ensemble E est

droite D = M0 + IR

lui-mˆeme une droite de direction

−→

u , c’est donc la droite D recherch´ee. On a donc

(

D :

y = 2 x −2

z = 3 x +1

.

2. Le systeme constitu´e des trois ´equations de plans, apres application de la m´ethode du pivot,

se ramene a





x − y + 2z = a

3y − 5z = b − 2a

.

0 = 3a − 2b + c

Ce syst`eme est donc compatible si et seulement si 3a − 2b + c = 0. Lorsque cette condition

est v´erifi´ee, l’intersection des trois plans est la droite affine D, d’´equations cart´esiennes

(

. Les param`etres a et b n’intervenant que dans le second membre,

x − y + 2z = a

3y − 5z = b − 2a

la direction de cette droite ne d´epend pas de ces param`etres : c’est la droite vectorielle D

x − y + 2z = 0

3y − 5z = 0

, dont un vecteur directeur est

−→

u = (−1, 5, 3).

(

d’´equations

EXERCICE 2 :

1. On trouve Ω(1, 2, 3).

2

1

2

−2

1

2

−1 −2 2

2. Avec M =

, on constate que les produits scalaires de deux colonnes distinctes

sont nuls, et que le carr´e scalaire de chaque colonne vaut 9, donc la matrice A =

M est

orthogonale ; on v´erifie enfin que det A = +1, donc λ = 3. L’application f est donc une

similitude directe de rapport 3.

1

3

3. Soit h l’homoth´etie de centre Ω et de rapport 3, soit r = h−1 ◦ f . Les expressions analytiques

de h−1 (homoth´etie de centre Ω et de rapport

1

3

x +

y +

) sont

2

3

4

3

z + 2





x1 =

y1 =

z1 =

1

3

1

3

1

3

et, par composition, on obtient les expressions analytiques de r :

x0

y0

z0

 =

1

3

Publicité

2x + y + 2z − 7

−2x + 2y + z + 1

−x − 2y + 2z + 8

 .

On sait que r est un d´eplacement de l’espace (la matrice de sa partie lin´eaire est A ∈ SO(3)).

Comme r admet (au moins) un point invariant (Ω), c’est une rotation. Son axe est la droite

affine D passant par Ω et de direction l’ensemble des vecteurs invariants par la partie lin´eaire

br : on trouve comme vecteur directeur de l’axe

−→

u (1, −1, 1) : si

−→

u = x

−→

i + y

−→

j + z

−→

k ,

−→

u ) =

br(

−→

u ⇐⇒





−x + y + 2z = 0

−2x − y + z = 0

−x − 2y − z = 0

⇐⇒ x = −y = z .

−→

i +

Soit P : x − y + z = 0 le plan vectoriel orthogonal `a l’axe, choisissons

−→

−→

v )(cid:1) =

; l’angle de la

v =

−→

u (cid:1) = −3 < 0, donc, si l’axe D est orient´e

k ; on calcule cos (cid:0)−→

−→

−→

v ),

−→

−→

v ) =

i −

. Enfin, Det (cid:0)−→

−→

j ; on obtient br(

v , br(

1

2

rotation r est donc ±

−→

−→

k , l’angle de la rotation r est −

i −

−→

u =

−→

j +

v , br(

par

π

3

−→

v ∈ P , par exemple

π

3

.

Enfin, les transformations affines h ◦ r et r ◦ h ont mˆeme partie lin´eaire (`a savoir 3br) et fixent

le point Ω, donc f = h ◦ r = r ◦ h.

Rappel : une application affine est enti`erement d´etermin´ee lorsqu’on connaˆıt sa partie lin´eaire

et l’image d’un point.

EXERCICE 3 :

1. Par une r´ecurrence imm´ediate, un et vn sont bien d´efinis pour tout n et un > 0, vn > 0.

Montrons par r´ecurrence que vn − un > 0 : la propri´et´e est vraie pour n = 0.

Si elle est vraie pour un n ∈ IN donn´e, alors

vn+1 − un+1 =

un+1vn − un+1 =

un+1 (

vn −

un+1) =

un+1

vn +

un+1

(vn − un+1) .

Or, vn − un+1 = vn −

vn+1 − un+1 > 0, cqfd.

un + vn

2

=

vn − un

2

> 0 (*) d’apres l’hypothese de r´ecurrence, donc

De plus, un+1 − un =

un + vn

2

− un =

vn − un

2

> 0, donc (un) croˆıt.

De mˆeme, vn+1 − vn =

un+1vn − vn =

(*) que vn > un+1, donc (vn) d´ecroˆıt.

vn (

un+1 −

vn) < 0 car on a constat´e ci-dessus

Enfin, de (*), on d´eduit

0 ≤ vn+1 − un+1 =

1

2

un+1

vn +

un+1

(vn − un) ≤

1

2

(vn − un)

et, par une r´ecurrence imm´ediate (si! si!), 0 ≤ vn − un ≤

lim

n→+∞

(vn − un) = 0.

1

2n (v0 − u0) =

1

2n (b − a), donc

Les suites (un) et (vn) sont donc adjacentes.

2. θn+1 =

un+1

Publicité

vn+1

=

un+1

un+1vn

=

r un+1

vn

=

r un + vn

2vn

r 1

2

=

(1 + θn).

3.

a

b

∈]0, 1[, or la fonction cos ´etablit une bijection (continue strictement d´ecroissante) de

vers ]0, 1[, donc ∃ϕ ∈

i

0,

h

π

2

cos ϕ =

a

b

. Cela justifie l’existence de ϕ.

On a alors θ0 = cos ϕ et, pour n ∈ IN donn´e, si θn = cos

r 1

cos2 ϕ

2

θn+1 =

1 + cos

ϕ

2n

r

=

(cid:17)

(cid:16)

ϕ

2n , alors

2n+1 = cos

ϕ

2n+1

i

0,

h

π

2

car 0 <

ϕ

2n+1 <

π

2

, donc son cosinus est positif.

L’assertion est donc prouv´ee par r´ecurrence.

4. Pour tout n ∈ IN, on a vn+1 =

un+1vn = pθn+1vn+1vn, donc

vn+1 = pθn+1vn et

vn+1 = θn+1vn = vn · cos

ϕ

2n+1 .

De v0 = b, on d´eduit par une r´ecurrence imm´ediate (d´esol´e!) que

vn = b ·

n

Y

k=1

cos

ϕ

2k .

Or, de sin 2x = 2 sin x cos x, on d´eduit, pour x 6∈ π Z, cos x =

sin 2x

2 sin x

. Ainsi,

n

Y

k=1

cos

ϕ

2k =

1

2

n

Y

k=1

sin

sin

ϕ

2k−1

ϕ

2k

 =

1

2n

sin ϕ

ϕ

2n

sin

,

ce qui donne bien l’expression attendue pour vn.

5. On sait que sin x ∼ x au voisinage de z´ero ; or,

tend vers +∞. Il en r´esulte

lim

n→+∞

ϕ

2n = 0, donc sin

ϕ

2n ∼

ϕ

2n lorsque n

lim

n→+∞

un = lim

n→+∞

vn = b ·

sin ϕ

ϕ

.

EXERCICE 4 :

1.





∂f

∂x

∂f

∂y

=

=

∂F

∂u

∂F

∂u

∂u

∂x

∂u

∂y

+

+

∂F

Publicité

∂v

∂F

∂v

∂v

∂x

∂v

∂y

=

=

∂F

∂u

− a

2.a. Pour tout f ∈ E, on a Da(f ) =

∂F

∂u

ou encore Da(f )(x, y) =

∂F

∂v

∂F

∂v

∂F

∂u

.

(u, v).

Pour ˆetre plus rigoureux -une fois n’est pas coutume-, notons Φ le “changement de vari-

ables”, c’est-`a-dire l’application IR2 → IR2, (x, y) 7→ (u, v) = (x, y − ax) ; Φ est alors

un C1-diff´eomorphisme de IR2. Poser f (x, y) = F (u, v) signifie que f = F ◦ Φ. L’´egalit´e

Da(f ) =

∂F

∂u

doit s’´ecrire en toute rigueur

Da(f ) = Da(F ◦ Φ) =

∂F

∂u

◦ Φ .

Alors f ∈ Ker Da ⇐⇒ Da(f ) = 0 ⇐⇒

F (u, v) = ϕ(v) avec ϕ : IR → IR de classe C∞, soit f (x, y) = ϕ(y − ax).

= 0 ⇐⇒ F est fonction de v seulement, soit

∂F

∂u

b.

∂f

∂x

+ a

∂f

∂y

= x + y ⇐⇒ Da(f ) = x + y ⇐⇒

⇐⇒ F (u, v) = (1 + a)

⇐⇒ f (x, y) = (1 − a)

avec ϕ : IR → IR de classe C∞.

∂F

∂u

= (1 + a)u + v

+ uv + ϕ(v)

+ xy + ϕ(y − ax) ,

u2

2

x2

2

c. Da(f ) = λf ⇐⇒

∂G

= 0, o`u l’on pose G(u, v) = e−λuF (u, v).

∂u

L’´equation ´equivaut donc a G(u, v) = ψ(v), ou ψ : IR → IR est une fonction de classe C∞,

soit F (u, v) = ψ(v) eλu, ou encore f (x, y) = ψ(y − ax) eλx.

− λF = 0 ⇐⇒

∂F

∂u

(cid:19)

(cid:18) ∂f

∂x

+ a

∂f

∂y

∂x

3. D2

a(f ) =

+ a2 ∂2f

∂2F

∂u2 .

4.a. En utilisant le changement de variables de la question 1. avec a = 1, on a

avec le changement de variables indiqu´e `a la question 1., D2

∂2f

∂x2 + 2a

∂2f

∂x ∂y

a(f ) =

∂f

∂y

∂y

+ a

+ a

=

(cid:18) ∂f

∂x

(cid:19)

∂y2 . Mais on a aussi,

(E) ⇐⇒ D2

1(f ) = 2(x − y) ⇐⇒

∂2F

∂u2 = −2v ⇐⇒

(cid:19)

∂u

(cid:18) ∂F

∂u

= −2v

⇐⇒

∂F

∂u

= −2uv + α(v)

⇐⇒ F (u, v) = −u2v + u α(v) + β(v)

⇐⇒ f (x, y) = x3 − x2y + x α(y − x) + β(y − x) ,

(*)

ou α et β sont deux fonctions de IR vers IR de classe C∞. Chaque fois que l’on “integre par

rapport a u”, c’est “a une fonction de v pr`es“.

Donc Ker D2

et β sont deux fonctions d’une variable de classe C∞.

1 est l’ensemble des fonctions de la forme (x, y) 7→ x α(y − x) + β(y − x) o`u α

b. Soit f une solution de (E), ´ecrite sous la forme (*) obtenue ci-dessus. On a alors

f (x, 0) = x3 + x α(−x) + β(−x)

et

∂f

∂y

(x, 0) = −x2 + x α0(−x) + β0(−x) .

On doit donc montrer l’existence et l’unicit´e d’un couple de fonctions (α, β) v´erifiant le

syst`eme

∀x ∈ IR

( x α(−x) + β(−x) = ϕ(x) − x3

x α0(−x) + β0(−x) = ψ(x) + x2

En d´erivant (1), on obtient α(−x) − (cid:0)x α0(−x) + β0(−x)(cid:1) = ϕ0(x) − 3x2, soit, en comparant

avec (2), puis en rempla¸cant x par −x :

(2)

(1)

.

α(x) = ϕ0(−x) + ψ(−x) − 2x2 .

En reportant dans (1) et en rempla¸cant encore x par −x, on obtient

β(x) = −x3 + ϕ(−x) + x ϕ0(−x) + x ψ(−x) .

En reportant enfin dans (*),

f (x, y) = xy2 − y3 + y ϕ0(x − y) + y ψ(x − y) + ϕ(x − y) .