Décomposition polaire

Mathématiques, Algèbre Linéaire · exam

Voir tous les documents en mathématiques

——————————–

Problème : Décomposition polaire

——————————–

Dans ce probl`eme, n d´esigne un entier naturel non nul :

• On(R) le groupe des matrices orthogonales de Mn(R)

• GLn(R) le groupe des matrices inversibles de Mn(R)

• Sn l’espace vectoriel des matrices sym´etriques de Mn(R)

On munit l’espace vectoriel Mn,1(R) du produit scalaire canonique d´efini par

∀X =

 , Y =

x1

...

xn

y1

...

yn

 ∈ Mn,1(R), < X, Y >= tX.Y =

n

Publicité

(cid:88)

k=1

xkyk

• Soit A ∈ Sn,

(cid:73) On dit que A est positive si ∀X ∈ Mn,1(R), < X, AX >= tXAX ≥ 0

On note S+

n l’ensemble des matrices sym´etriques positives de Mn(R)

(cid:73) On dit que A est d´efinie positive si ∀X ∈ Mn,1(R) \ {0}, < X, AX >= tXAX > 0

On note S++

n

l’ensemble des matrices sym´etriques d´efinies positives de Mn(R)

Questions pr´eliminaires

(cid:172) ´Enoncer la version matricielle du th´eor`eme spectral

(cid:173) Soit A ∈ Sn(R).

(a) D´emontrer que : A ∈ S+

(b) D´emontrer que : A ∈ S++

n ⇐⇒ sp(A) ⊂ R+.

n ⇐⇒ sp(A) ⊂ R∗+.

(cid:174) Soit B ∈ Mn(R).

(a) D´emontrer que : B ∈ S+

(b) D´emontrer que : B ∈ S++

n ⇐⇒ ∃M ∈ Mn(R), B = tMM .

n ⇐⇒ ∃M ∈ GLn(R), B = tMM .

Partie I : Racine carr´ee d’une matrice sym´etrique r´eelle positive

Soit A ∈ S +

que A = S2. Une telle matrice est appel´ee la racine carr´ee de A.

n (R). Le but de cette partie est d’´etablir l’existence et l’unicit´e d’une matrice S ∈ S +

n (R) telle

Publicité

(cid:172) Soit A ∈ S +

n (R).

(a) Justifier qu’il existe une matrice P orthogonale et λ1, · · · , λn ≥ 0 non n´ecessairement distincts tel que

A = P D tP avec D = diag(λ1, · · · , λr).

(b) En d´eduire l’existence d’une matrice S ∈ S +

n (R) telle que A = S2.

n telle que S2 = A.

(cid:173) Dans cette question on se propose de montrer que la matrice S est unique.

Soit S ∈ S+

On considere f (resp. g) l’endomorphisme de Rn canoniquement associ´e a A (resp. S).

On note λ1, · · · , λr les valeurs propres deux a deux distincts de f et Ei l’espace propre de f associ´e a la

valeur propre λi.

page 1/2

(a) Montrer que f ◦ g = g ◦ f et en d´eduire que, pour tout i ∈ [[1, r]], g laisse stable Ei.

On note pour i ∈ [[1, r]], gi l’endomorphisme de Ei induit par g sur Ei.

(b) Montrer que gi est diagonalisable et que ses valeurs propres µ1 . . . , µdi sont positives.

(c) Montrer que g2

i = λi · idEi et en d´eduire que µ1 = µ2 = . . . = µdi =

λi, puis que gi =

λiidEi .

(d) En d´eduire que g est unique puis conclure.

Partie II : D´ecomposition polaire dans GLn(R)

Le but de cette partie est de d´emontrer:

∀M ∈ GLn(R), ∃!(O, S) ∈ On(R) × S ++

n (R), M = O.S

Cette d´ecomposition est appel´ee la d´ecomposition polaire de M .

Publicité

(cid:172) Soit M une matrice inversible d’ordre n `a coefficients dans R.

(a) On note S la racine carr´ee de tM.M . Justifier que S est inversible.

On pose alors O = M S−1.

(b) Montrer que O est une matrice orthogonale et que M = OS.

(cid:173) Soit O, O(cid:48) deux matrices orthogonales et S et S(cid:48) deux matrices sym´etriques d´efinies positives telles que

M = OS = O(cid:48)S(cid:48).

(a) Calculer tM.M de deux mani`eres diff´erentes.

(b) En d´eduire que S = S(cid:48) et O = O(cid:48).

Partie III : Compacit´e et propri´et´e de maximalis´e de On(R)

Le but de cette partie est de montrer que On(R) est une partie compacte de Mn(R) et maximale pour cette

propri´et´e parmi les sous groupes de GLn(R), c’est `a dire si G est un sous groupe compact contenant On(R)

et contenu dans GLn(R), alors On(R) = G.

(cid:172) Questions pr´eliminaires

Pour toute matrice A = (ai,j)1≤i,j≤n ∈ Mn(R), on pose N (A) = max

i,j∈[[1,n]]

|ai,j|.

(a) Montrer que N est une norme sur Mn(R).

(b) Soient (Ap)p une suite de matrices et A une matrice `a coefficients r´eels. On note Ap =

et A = (ai,j)i,j .

Montrer que la suite (Ap)p converge vers A si, et seulement si ∀(i, j) ∈ [1, n]2,

ai,j.

(cid:17)

(cid:16)

a(p)

i,j

p

(cid:17)

(cid:16)

Publicité

a(p)

i,j

1≤i,j≤n

converge vers

(c) Montrer que l’application A (cid:55)−→t A.A est continue sur Mn(R).

(cid:173) Compacit´e de On(R).

(a) Montrer que On(R) est une partie ferm´ee de Mn(R).

(b) Montrer que : ∀A ∈ On(R), N (A) ≤ 1.

(c) En d´eduire que On(R) est une partie compacte de Mn(R).

(d) Montrer que GLn(R) est dense dans Mn(R) et S+

n est une partie ferm´ee de Mn(R).

(e) En d´eduire que

(cid:174) Propri´et´e de maximalis´e

∀A ∈ Mn(R), ∃(Q, R) ∈ On(R) × S +

n (R), A = QR

Soit G un sous groupe du groupe lin´eaire GLn(R) compact contenant On(R).

Soit M un ´el´ement de G tel que M = OS est sa d´ecomposition polaire.

(a) D’apres le th´eoreme spectral il existe une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D =

diag (λ1, . . . , λn) telles que S = P.D.tP. Montrer que S et D appartiennent `a G puis que ∀p ∈ N, Dp ∈ G.

(b) En d´eduire que ∀k ∈ [[1, n]], λk = 1.

(c) En d´eduire que G = On(R)

Fin de l’´enonc´e

page 2/2