Cours de Mathématiques: Espaces vectoriels normés

Mathématiques, Espaces vectoriels · course

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Cours de Math´ematiques

Espaces vectoriels norm´es

Sommaire

Espaces vectoriels norm´es

Sommaire

I

II

I.1

I.2

I.3

I.4

II.1

II.2

II.3

II.4

II.5

Espaces vectoriels norm´es . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Norme sur un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Distance associ´ee `a une norme

Equivalence des normes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ouverts et ferm´es . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites dans un espace vectoriel norm´e . . . . . . . . . . . . . . . . .

G´en´eralit´es

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites convergentes et adh´erence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . .

Parties compactes d’un espace vectoriel norm´e

III Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e . . . . . . . . . . . . . .

2

2

2

3

4

6

6

7

8

8

8

10

. . . . . . . . . . . . . . . . . 10

III.1

III.2 Op´erations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

III.3

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

III.4 Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e . . . . . . . . . . . . . . . . 12

III.5 Propri´et´es des applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

14

IV.1 Applications lipschitziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

IV.2 Applications lin´eaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

IV.3 Applications bilin´eaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

IV Applications continues particuli`eres . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Limites dans un espace vectoriel norm´e

Limites et suites

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Espaces vectoriels norm´es

Partie I : Espaces vectoriels norm´es

I Espaces vectoriels norm´es

I.1 Norme sur un espace vectoriel

D´efinition

et N (u) = 0 ⇔ u = 0.

Soit E un espace vectoriel sur IK. Une application N : E → IR est une norme si :

– ∀u ∈ E, N (u) ≥ 0,

– ∀u ∈ E, ∀λ ∈ IK, N (λu) = |λ|N (u).

– ∀(u, v) ∈ E2, N (u + v) ≤ N (u) + N (v) (in´egalit´e triangulaire)

On note en g´en´eral kuk plutˆot que N (u).

L’espace E, muni de la norme u 7→ kuk est appel´e un espace vectoriel norm´e.

D´efinition

Si E est une alg`ebre munie d’une norme et si pour tout vecteurs u et v on a kuvk ≤ kuk kvk,

alors on dit que E est une alg`ebre norm´ee.

Exemples de normes usuelles

– Dans IKn, on pose, pour tout vecteur u = (x1, x2, . . . , xn) :





kuk1 = |x1| + |x2| + · · · + |xn|

q

|x1|2 + |x2|2 + · · · + |xn|2

kuk0 =

kuk∞ = max {|x1| , |x2| , . . . , |xn|}

– Ces d´efinitions s’´etendent `a un espace vectoriel E muni d’une base (e) = e1, e2, . . . , en.

– Un espace pr´ehilbertien E, c’est-`a-dire muni d’un produit scalaire < ·, · >, est un espace

vectoriel norm´e avec la norme d´eduite de son produit scalaire : ∀u ∈ E, kuk =

< u, u >.

Remarque

Dans un espace vectoriel norm´e E, et pour tout vecteurs u et v : |kuk − kvk| ≤ ku ± vk.

Ce r´esultat compl`ete l’in´egalit´e triangulaire.

I.2 Distance associ´ee `a une norme

D´efinition (Distance associ´ee `a une norme)

Soit E un espace vectoriel norm´e. Pour tous vecteur u, v de E on pose d(u, v) = kv − uk.

Cette application est une distance sur E car elle v´erifie les propri´et´es suivantes :

– ∀(u, v) ∈ E2, d(u, v) ≥ 0 et d(u, v) = 0 ⇔ u = v.

– ∀(u, v) ∈ E2, d(u, v) = d(v, u).

– ∀(u, v, w) ∈ E3, d(u, v) ≤ d(u, w) + d(w, v).

On l’appelle distance induite par la norme u 7→ kuk sur E.

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Espaces vectoriels norm´es

Partie I : Espaces vectoriels norm´es

Propri´et´es

– Pour tous vecteurs u, v, w de E, |d(u, v) − d(v, w)| ≤ d(u, w).

– La distance d est invariante par translation : ∀(u, v, w) ∈ E3, d(u, v) = d(u + w, v + w).

D´efinition (Distance d’un point `a une partie de E)

Soit a un ´el´ement de l’espace vectoriel norm´e E, et X une partie non vide de E.

On appelle distance de a `a X la quantit´e d(a, X) = inf{d(a, u), u ∈ X}.

D´efinition (Boules et sph`eres)

Soit a un vecteur de E et r un r´eel strictement positif.

– B(a, r) = {u ∈ E, d(a, u) < r} est la boule ouverte de centre a et de rayon r.

– ¯B(a, r) = {u ∈ E, d(a, u) ≤ r} est la boule ferm´ee de centre a et de rayon r.

– S(a, r) = {u ∈ E, d(a, u) = r} est la sph`ere de centre a et de rayon r.

Cas particulier : si a = 0 et r = 1, on parle de boule unit´e ou de sph`ere unit´e.

D´efinition (Parties born´ees)

Une partie A de E est dite born´ee s’il existe r > 0 tel que A ⊂ B(0, r).

Remarques

– Soit X une partie born´ee et non vide de E.

La quantit´e ∆(X) = sup{d(u, v), u ∈ X, v ∈ X} est finie. On l’appelle le diam`etre de X.

– Toute boule de rayon r est une partie born´ee de diam`etre 2r.

I.3 Equivalence des normes

D´efinition (Normes ´equivalentes)

Publicité

Deux normes N et N 0 sur l’espace vectoriel norm´e E sont dites ´equivalentes s’il existe deux

r´eels strictement positifs α et β tels que : ∀u ∈ E, αN (u) ≤ N 0(u) ≤ βN (u).

Remarques

– La d´efinition pr´ec´edente est sym´etrique par rapport a N et a N 0. En effet :

αN (u) ≤ N 0(u) ≤ βN (u) ⇔ β0N 0(u) ≤ N (u) ≤ α0N 0(u) avec α0 =

1

α

et β0 =

1

β

.

De mˆeme, si N et N 0 sont ´equivalentes, ainsi que N 0 et N 00, alors N et N 00 sont ´equivalentes.

– Deux normes N et N 0 sont ´equivalentes ⇔ pour tout a de E, toute boule de centre a pour

N (resp. pour N 0) contient une boule de centre a pour N 0 (resp. N ).

Th´eor`eme ( ´Equivalence des normes en dimension finie)

Dans un espace vectoriel norm´e de dimension finie, toutes les normes sont ´equivalentes

(admis).

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Espaces vectoriels norm´es

Partie I : Espaces vectoriels norm´es

I.4 Ouverts et ferm´es

Dans tout ce paragraphe, E d´esigne un espace vectoriel norm´e sur IK.

D´efinition (Point int´erieur)

Soit A une partie de E. Un point a de E est dit int´erieur `a A s’il existe r > 0 tel que la

boule ouverte B(a, r) soit incluse dans A.

Un point int´erieur `a A est ´evidemment un point de A.

D´efinition (Ensemble ouvert)

Soit A une partie de E.

On dit que A est un ouvert si tous ses points sont int´erieurs `a A.

Propri´et´es

– E et ∅ sont des ouverts de E.

– Si E = IR, et pour les intervalles, les deux notions d’ouvert co¨ıncident.

– Une boule ouverte est un ouvert.

– Une r´eunion quelconque d’ouverts est un ouvert.

– Une intersection finie d’ouverts est un ouvert.

D´efinition (Point adh´erent)

Soit A une partie de E.

Un point a de E est dit adh´erent `a A si, pour tout r > 0 l’intersection de A et de la boule

ouverte B(a, r) est non vide.

Tout point de A est ´evidemment adh´erent `a A.

D´efinition (Ensemble ferm´e)

Soit A une partie de E.

On dit que A est un ferm´e s’il contient tous ses points adh´erents.

Propri´et´es

– E et ∅ sont des ferm´es de E.

– A est ferm´e dans E ⇔ son compl´ementaire dans E est ouvert.

– Si E = IR, et pour les intervalles, les deux notions de ferm´e co¨ıncident.

– Les boules ferm´ees sont des ferm´es.

– Les sph`eres sont des ferm´es.

– Les unions finies de ferm´es sont des ferm´es.

– Les intersections quelconques de ferm´es sont des ferm´es.

– Les points, et plus g´en´eralement les ensembles finis, sont des ferm´es.

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Espaces vectoriels norm´es

Partie I : Espaces vectoriels norm´es

Remarque

Deux normes ´equivalentes d´efinissent la mˆeme topologie, c’est-`a-dire les mˆemes ouverts et les

mˆemes ferm´es.

D´efinition

On note Ao et on appelle int´erieur de A l’ensemble des points de A qui int´erieurs `a A.

On note ¯A et on appelle adh´erence de A l’ensemble des points de E qui sont adh´erents `a

A.

Propri´et´es.Soit A une partie de E.

– On a Ao ⊂ A ⊂ ¯A

– A est ouvert ⇔ Ao = A ; A est ferm´e ⇔ ¯A = A.

– Ao est le plus grand ouvert contenu dans A.

– ¯A est le plus petit ferm´e contenant A.

D´efinition (Parties denses dans un evn)

Soit A une partie de E.

On dit que A est dense dans E si ¯A = E, c’est-a-dire si tout point de E est adh´erent a A.

Exemple

lQ et son compl´ementaire sont denses dans IR.

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Espaces vectoriels norm´es

Partie II : Suites dans un espace vectoriel norm´e

II Suites dans un espace vectoriel norm´e

Dans cette partie, E est un espace vectoriel norm´e sur IK.

II.1 G´en´eralit´es

D´efinition

Une suite de E est une application u : IN → E.

L’image u(n) d’un entier n est appel´ee le terme d’indice n de la suite u et est not´e un.

La suite u elle-mˆeme est alors not´ee (un)n≥0.

Si E = IK, on dit que u est une suite num´erique (une suite r´eelle si IK = IR, et une suite

complexe si IK = lC.)

D´efinition (Suite stationnaire)

Une suite u de E est dite stationnaire si : ∃a ∈ E, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, un = un0.

Si n0 = 0, c’est-`a-dire si pour tout n, un = u0, alors on dit que la suite u est constante.

D´efinition (Suite born´ee)

La suite u est dite born´ee si l’ensemble image {un, n ∈ IN} est une partie born´ee de E,

c’est-`a-dire s’il existe un r´eel positif M tel que : ∀n ∈ IN, kunk ≤ M .

D´efinition (Suites extraites)

On dit que la suite v est une suite extraite ou une sous-suite de la suite u s’il existe une

application ϕ : IN → IN, strictement croissante, telle que : ∀n ∈ IN, vn = uϕ(n).

Remarques

– Avec les notations ci-dessus, on v´erifie que : ∀n ∈ IN, ϕ(n) ≥ n.

– Comme cas particulier de suite extraite, on peut d´efinir la suite des termes d’indices pairs

(ϕ(n) = 2n) ou la suite des termes d’indices impairs (ϕ(n) = 2n + 1.)

– On peut ´egalement consid´erer ϕ : n 7→ n + k, o`u k est fix´e.

La suite extraite v, d´efinie par v0 = uk, v1 = uk+1, v2 = uk+2, . . . est alors not´ee (un)n≥k.

D´efinition (Op´erations sur les suites)

L’ensemble de suites d’´el´ements de E est not´e F(IN, E), ou EIN.

Cet ensemble est un espace vectoriel sur IK quand on le munit des op´erations suivantes :

– Addition : (un)n≥0 + (vn)n≥0 = (un + vn)n≥0.

Le neutre est la suite nulle, d´efinie par ∀n ∈ IN, un = 0.

– Produit par un scalaire : λ(un)n≥0 = (λun)n≥0.

Si E est une algebre de neutre 1, EIN est une algebre avec : (un)n≥0(vn)n≥0 = (unvn)n≥0.

Le neutre pour ce produit est la suite constante d´efinie par : ∀n ∈ IN, un = 1.

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Espaces vectoriels norm´es

Partie II : Suites dans un espace vectoriel norm´e

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II.2 Suites convergentes

D´efinition

La suite u de E est dite convergente (CV) s’il existe un ´el´ement ‘ de E tel que :

∀ε > 0, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, kun − ‘k ≤ ε.

Remarques

– Dans la d´efinition pr´ec´edente, on peut remplacer kun − ‘k ≤ ε par kun − ‘k < ε.

De mˆeme, kun − ‘k ≤ ε s’´ecrit aussi un ∈ ¯B(‘, ε) ou d(un, ‘) ≤ ε.

– Une suite non convergente est dite divergente (DV).

Propri´et´es imm´ediates

– Si la suite u est convergente, l’´el´ement ‘ de la d´efinition est unique.

On l’appelle limite de la suite u et on note ‘ = lim

n→∞

un.

– Toute suite stationnaire est convergente vers la valeur o`u elle stationne.

– Si la suite u est convergente, ses suites extraites sont convergentes, avec la mˆeme limite.

Cons´equence : Si une suite extraite de u est divergente, la suite u est divergente.

Mˆeme conclusion si deux suites extraites de u ont des limites diff´erentes.

– Toute suite convergente est born´ee, mais la r´eciproque est fausse.

– Si la suite u converge vers ‘, la suite n 7→ kunk converge vers klk.

– La suite u converge vers ‘ ⇔ la suite n 7→ kun − ‘k converge vers 0 dans IR.

Proposition (Op´erations sur les suites convergentes)

Soient u et v deux suites convergentes de E. Soient α et β deux scalaires.

La suite de terme g´en´eral wn = αun + βvn est convergente.

(αun + βvn) = α lim

De plus on a :

n→∞

lim

n→∞

vn.

un + β lim

n→∞

un lim

n→∞

(unvn) = lim

n→∞

vn.

lim

n→∞

Si E est une alg`ebre norm´ee :

Proposition (Ind´ependance par rapport `a la norme utilis´ee)

Soit E un espace vectoriel et N et N 0 deux normes ´equivalentes sur E (ce qui est automa-

tiquement le cas si on est en dimension finie).

Une suite u de E est convergente au sens de la norme N ⇔ elle l’est au sens de la norme

N 0, et dans ce cas les deux limites sont ´egales.

Proposition (Utilisation des composantes en dimension finie)

Soit E un espace vectoriel norm´e de dimension finie p, muni d’une base (e) = e1, . . . , ep.

Soit u une suite de E, de terme g´en´eral u(n).

Pour tout entier n, posons u(n) = u(n)

1 e1 +u(n)

2 e2 +· · ·+u(n)

p ep =

p

X

k=1

u(n)

k ek. Soit ‘ =

p

X

k=1

‘k ek.

Alors lim

n→∞

u(n) = ‘ ⇐⇒ ∀k ∈ {1, . . . , p},

lim

n→∞

u(n)

k = ‘k.

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Espaces vectoriels norm´es

Partie II : Suites dans un espace vectoriel norm´e

Exemples

– Soit z une suite `a valeurs complexes. Pour tout n, soit un = Re (zn) et vn = Im (zn).

La suite z converge vers le nombre complexe ‘ ⇔ les suites r´eeles u et v convergent respec-

tivement vers Re (‘) et Im (‘).

– Soit n 7→ An une suite de matrices, `a valeurs dans Mp,q(IK).

Pour tout entier n, soit a(n)

i,j

le terme d’indice (i, j) de An.

La suite n 7→ An converge vers M (de terme g´en´eral mi,j) ⇔, pour tous indices i et j, la

suite num´erique n 7→ a(n)

i,j converge vers mi,j.

II.3 Suites convergentes et adh´erence

Proposition

Si la suite u converge vers ‘, alors ‘ est adh´erent `a {un, n ∈ IN}.

Proposition (Caract´erisation de l’adh´erence par les suites)

Le point a de E est adh´erent `a la partie A de E ⇔ il existe une suite de A qui converge

vers a. Par cons´equent A est ferm´e ⇔ la limite de toute suite convergente de A est dans A.

II.4 Suites de Cauchy

D´efinition (Suites de Cauchy)

Une suite u de E est dite de Cauchy si ∀ε > 0, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, ∀m ≥ n0, kun − umk ≤ ε.

Remarques et propi´et´es

– Cette d´efinition peut s’´ecrire : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, ∀p ≥ 0, kun+p − unk ≤ ε.

– Toute suite de Cauchy est born´ee.

– Toute suite convergente est de Cauchy.

Th´eor`eme

Toute suite de Cauchy de IR est convergente.

Plus g´en´eralement, toute suite de Cauchy d’un espace vectoriel norm´e de dimension finie

est convergente.

II.5 Parties compactes d’un espace vectoriel norm´e

D´efinition (Parties compactes)

Une partie non vide A de E est dite compacte si de toute suite de A, on peut extraire une

sous-suite convergente.

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Partie II : Suites dans un espace vectoriel norm´e

Th´eor`eme (Caract´erisation des compacts en dimension finie)

Soit E un espace vectoriel norm´e de dimension finie.

Les parties compactes de E sont les ferm´es born´es de E.

Cons´equence

De toute suite born´ee d’un espace vectoriel norm´e de dimension finie, on peut extraire une

suite convergente.

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Partie III : Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e

III Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e

Dans cette partie, E, F, G sont des espaces vectoriels norm´es sur IK.

Publicité

Les normes sur E, F, G sont toutes not´ees u 7→ kuk.

III.1 Limites dans un espace vectoriel norm´e

D´efinition

Soit f une application d´efinie sur une partie D de E, `a valeurs dans F .

Soit a un point adh´erent `a D. Soit ‘ un ´el´ement de F .

On dit que f admet pour limite ‘ en a si :

∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que

x ∈ D

kx − ak ≤ δ

On note alors lim

x→a

f (x) = ‘.

(cid:27)

⇒ kf (x) − ‘k ≤ ε.

Propri´et´es et exemples

– La limite de f en a, si elle existe, est unique.

– L’existence d’une limite, et la valeur de cette limite, sont des notions qui ne d´ependent pas

des normes utilis´ees si on remplace une norme par une norme ´equivalente, ce qui est toujours

le cas en dimension finie.

– Dans le cas particulier ou a appartient a D, la limite ne peut ˆetre que f (a).

– L’ existence et la valeur de la limite de f en a ne changent pas si on remplace D par D∩B(a, r)

o`u r > 0. On exprime cette propri´et´e en disant que la notion de limite est une notion locale.

– Si E = IR et avec D =] − ∞, a[ ou D =]a, +∞[, on obtient les notions de limite `a gauche et

limite `a droite.

Proposition (Limite et composantes)

On suppose que F est un espace vectoriel norm´e de dimension finie n muni d’une base (e).

Soient f1, . . . , fn les applications composantes de f , et ‘1, . . . , ‘n les composantes de ‘.

Alors la limite de f en a est ´egale `a ‘ ⇔ pour tout entier k de {1, . . . , n}, la limite de fk

en a est ´egale `a lk.

Exemple

Si F = lC, c’est-a-dire si f est a valeurs complexes, et si on note f = g + ih (g et h `a valeurs

r´eelles), alors la limite de f en a est ´egale `a ‘ ⇔ :

– La limite de g en a est ´egale `a Re (‘).

– La limite de h en a est ´egale `a Im (‘)

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Espaces vectoriels norm´es

Partie III : Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e

III.2 Op´erations sur les limites

Proposition

Soient f et g deux applications d´efinies sur D ⊂ E, `a valeurs dans F .

Soient α et β deux applications d´efinies sur D ⊂ E, `a valeurs dans IK.

On suppose que les limites de f, g, α, β en a existent et valent respectivement ‘, ‘0, ρ, ρ0.

– La limite de αf + βg, en a existe et vaut : ρ‘ + ρ0‘0.

– Si F est une algebre norm´ee alors la limite de f g en a est ´egale a ‘‘0.

– Si F = IK et si ‘ 6= 0, alors la limite de

1

f

en a est

1

.

Proposition (Limites num´eriques et in´egalit´es)

On reprend les notations pr´ec´edentes, mais avec F = IK.

– Si f (u) ≤ λ sur D, alors lim

x→a

f (x) ≤ λ (mˆeme chose avec ≥.)

– Si f (u) ≤ g(u) sur D, alors lim

x→a

f (x) ≤ lim

x→a

g(x).

– Corollaire (Principe des gendarmes) :

Si f ≤ h ≤ g sur D et si lim

x→a

f (x) = lim

x→a

g(x) = ‘, alors lim

x→a

h(x) = ‘.

III.3 Limites et suites

Proposition (Caract´erisation s´equentielle de l’existence d’une limite)

Soit f : D ⊂ E → F . On suppose que la limite de f en a est ‘.

– Le vecteur ‘ est adh´erent `a f (D).

– Soit u une suite de D qui converge vers a.

Alors la suite de terme g´en´eral f (un) converge vers ‘.

– R´eciproquement, supposons que pour toute suite u de D convergente vers a, la suite de

terme g´en´eral f (un) soit convergente dans F . Alors cette derni`ere limite est ind´ependante

de la suite u choisie. Si on la note ‘, alors la limite de f en a existe et vaut ‘.

Proposition (Crit`ere de Cauchy d’existence d’une limite)

Soit f : D ⊂ E → F . On suppose ici que F est de dimension finie.

Soit a un vecteur de E adh´erent `a D. La limite de f en a existe si et seulement si :

∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀(x, y) ∈ D2,

kx − ak ≤ δ

ky − ak ≤ δ

(cid:27)

⇒ kf (x) − f (y)k ≤ ε.

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Espaces vectoriels norm´es

Partie III : Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e

III.4 Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e

D´efinition (Continuit´e en un point)

Soit f une application d´efinie sur une partie D de E, `a valeurs dans F .

Soit a un point du domaine D de f .

On dit que f est continue en a si la limite de f en a est f (a).

Cela ´equivaut `a dire :

∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que

x ∈ D

kx − ak ≤ δ

Remarque

(cid:27)

⇒ kf (x) − f (a)k ≤ ε.

La d´efinition pr´ec´edente est inchang´ee si on remplace une norme par une norme ´equivalente,

ce qui est toujours le cas si E et F sont de dimension finie.

Proposition (Caract´erisation s´equentielle de la continuit´e)

L’application f : D ⊂ E → F est continue au point a de D ⇔ pour toute suite u de D

convergeant vers a, la suite de terme g´en´eral f (un) converge vers f (a).

D´efinition (Continuit´e sur le domaine)

L’application f : D ⊂ E → F est dite continue sur D si elle est continue en tout point de

D.

On note souvent C(D, F ) l’ensemble des applications continues de D ⊂ E vers F .

Exemples

– Une application constante D ⊂ E → F est continue.

– L’application identit´e de E dans E est continue.

III.5 Propri´et´es des applications continues

Proposition (Op´erations sur les applications continues)

Soient f et g deux applications d´efinies sur D ⊂ E, `a valeurs dans F .

Soient α et β deux applications d´efinies sur D, `a valeurs dans IK.

– Si f, g, α, β sont continues en a (respectivement sur le domaine D), alors αf + βg est

continue en a (respectivement sur D).

– En particulier C(D, F ) est un espace vectoriel sur IK.

– Si F est une alg`ebre norm´ee et si f, g sont continues en a (resp. sur D) il en est de mˆeme

de l’application produit f g.

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C(D, F ) est donc a son tour muni d’une structure d’algebre

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Espaces vectoriels norm´es

Partie III : Continuit´e dans un espace vectoriel norm´e

Proposition (Composition d’applications continues)

Soit f une application d´efinie sur une partie D de E, `a valeurs dans F .

Soit g une application d´efinie sur une partie D0 de F , `a valeurs dans G.

On suppose que f (D) ⊂ D0. De cette mani`ere, g ◦ f est d´efinie sur D.

Si f continue en a et si g est continue en b = f (a), alors g ◦ f est continue en a.

Si f continue sur D et si g est continue sur D0, alors g ◦ f est continue sur D.

Proposition (Images r´eciproques d’ouverts ou de ferm´es par une application continue)

Soit f : D ⊂ E → F une application continue.

– Pour tout ouvert V de F , f −1(V ) s’´ecrit D ∩ U , o`u U est un ouvert de E.

– Pour tout ferm´e V de F , f −1(V ) s’´ecrit D ∩ U , o`u U est un ferm´e de E.

En particulier, si f est continue de E dans F :

– L’image r´eciproque par f d’un ouvert de F est un ouvert de E.

– L’image r´eciproque par f d’un ferm´e de F est un ferm´e de E.

Proposition (Utilisation des composantes en dimension finie)

On suppose que dim F = n et que F est muni d’une base (e) = e1, . . . , en.

Soient fl, . . . , fn les applications composantes de f : D ⊂ E → F .

f est continue en a (resp. sur D) ⇔ toutes ses composantes fk sont continues en a (resp.

sur D).

Proposition

Si f et g, d´efinies sur E et `a valeurs dans F sont continues, alors l’ensemble des points x

de E tels que f (x) = g(x) est un ferm´e de E.

En particulier si f et g sont ´egales sur une partie dense de E, alors f et g sont ´egales sur

E.

Proposition (Image continue d’un compact)

Si f est continue de D ⊂ E dans F et si D est un compact de E, alors f (D) est compact

de F (autrement dit, l’image d’un compact par une application continue est encore un

compact).

Cons´equences

– Si F = IR : toute application num´erique continue sur un compact est born´ee et atteint ses

bornes.

– Si E = F = IR : l’image continue d’un segment est un segment.

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Partie IV : Applications continues particuli`eres

IV Applications continues particuli`eres

E, F, G sont des espaces vectoriels norm´es sur IK.

IV.1 Applications lipschitziennes

D´efinition

Soit f une application d´efinie sur une partie D de E, `a valeurs dans F .

Soit λ > 0. L’application f est dite λ-lipschitzienne ou encore lipschitzienne de rapport λ

si : ∀(x, y) ∈ D2, kf (x) − f (y)k ≤ λ kx − yk. Si k < 1, on dit que f est contractante.

Propri´et´es et exemples

– Si on remplace une norme par une norme ´equivalente, f reste lipschitzienne (mais pas avec

le mˆeme λ.)

– Si f est λ-lipschitzienne, et si λ < µ, f est encore µ-lipschitzienne.

– Toute application lipschitzienne est continue.

– Les isom´etries de E dans F (∀(x, y) ∈ E2, kf (x) − f (y)k = kx − yk) sont 1-lipschitziennes

donc continues.

– L’application norme de E dans IR est lipschitzienne donc continue.

En effet : ∀(x, y) ∈ E2, |kxk − kyk| ≤ kx − yk.

– On suppose que E est de dimension n ≥ 1 et est rapport´e `a une base (e).

On munit par exemple E de la norme d´efinie par kxk = max {|xj| , 1 ≤ j ≤ n}.

Pour tout k de {1, . . . , n}, soit πk l’application qui `a x associe sa composante xk sur ek.

L’application πk (dite k-i`eme application coordonn´ee) est lipschitzienne donc continue.

En effet, pour tous vecteurs x et y de E : |πk(y) − πk(x)| = |yk − xk| ≤ ky − xk

– Toute application polynˆomiale IKn → IK, c’est-`a-dire de la forme : u = (x1, x2, . . . , xn) 7→

P (u) = P αm xm1

En effet cette application est obtenue `a partir des applications coordonn´ees x 7→ xk par des

op´erations (sommes, produits) qui pr´eservent la continuit´e.

est continue (mais en g´en´eral non lipschitzienne).

1 xm2

· · · xmn

n

2

IV.2 Applications lin´eaires continues

Important : dans ce paragraphe, on suppose que E est de dimension finie.

Proposition et d´efinition

Soit f une application lin´eaire de E dans F . Les quantit´es suivantes sont finies et ´egales :

supkxk≤1 kf (x)k

supkxk=1 kf (x)k

supx6=0

kf (x)k

kxk

Leur valeur commune est appel´ee norme de f et est not´ee kf k.

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Partie IV : Applications continues particuli`eres

D´efinition ´equivalente

Avec ces notations kf k est le r´eel k minimum tel que : ∀x ∈ E, kf (x)k ≤ k kxk.

Cons´equence

Toute application lin´eaire de E (avec dim E < +∞) dans F est continue, et elle est mˆeme

lipschitzienne.

Remarques et propri´et´es

– La valeur de kf k d´epend des normes qui ont ´et´e choisies sur E et F .

– Muni de l’application f 7→ kf k, l’espace vectoriel L(E, F ) de toutes les applications lin´eaires

de E dans F est lui-mˆeme un espace vectoriel norm´e.

– On suppose que E et F sont tous deux de dimension finie.

Soit f une application lin´eaire de E dans F et g une application lin´eaire de F dans G.

Alors kg ◦ f k ≤ kgk kf k.

En particulier l’ensemble L(E) de tous les endomorphismes de E est une alg`ebre norm´ee.

IV.3 Applications bilin´eaires continues

Important : dans les deux ´enonc´es suivants, on suppose que E et F sont de dimension finie.

D´efinition

Soit f une application bilin´eaire de E × F dans G.

Alors il existe un r´eel positif k tel que : ∀(x, y) ∈ E × F, kf (x, y)k ≤ k kxk kyk

Cons´equence

Toute application bilin´eaire de E × F dans G est continue.

Exemples d’applications bilin´eaires continues

Dans ces exemples, il n’est pas n´ecessaire que E soit de dimension finie.

– L’application de E × E dans E, qui `a (u, v) associe u + v, est continue.

– Si E est un espace pr´ehilbertien, l’application (u, v) 7→< u, v > est continue.

C’est une cons´equence de l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz : |< u, v >| ≤ kuk kvk

– L’application de IK × E vers E d´efinie par (λ, u) 7→ λu est continue.

– Si E est une alg`ebre norm´ee, l’application (u, v) 7→ uv est continue.

En particulier, l’application (f, g) 7→ f ◦ g est continue sur L(E) × L(E).

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