Cours de Mathématiques: Espaces vectoriels normés

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Cours de Mathématiques: Espaces vectoriels normés

Mathématiques, Espaces vectoriels · course

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Cours de Mathématiques

Espaces vectoriels normés

Sommaire

Espaces vectoriels normés

Sommaire

I

II

I.1

I.2

I.3

I.4

II.1

II.2

II.3

II.4

II.5

Espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Norme sur un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Distance associée à une norme

Equivalence des normes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ouverts et fermés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites dans un espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . . . . . . .

Généralités

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites convergentes et adhérence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . .

Parties compactes d’un espace vectoriel normé

III Continuité dans un espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . . . .

2

2

2

3

4

6

6

7

8

8

8

10

. . . . . . . . . . . . . . . . . 10

III.1

III.2 Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

III.3

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

III.4 Continuité dans un espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . . . . . . 12

III.5 Propriétés des applications continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

14

IV.1 Applications lipschitziennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

IV.2 Applications linéaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

IV.3 Applications bilinéaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

IV Applications continues particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Limites dans un espace vectoriel normé

Limites et suites

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Cours de Mathématiques

Espaces vectoriels normés

Partie I : Espaces vectoriels normés

I Espaces vectoriels normés

I.1 Norme sur un espace vectoriel

Définition

et N (u) = 0 ⇔ u = 0.

Soit E un espace vectoriel sur IK. Une application N : E → IR est une norme si :

– ∀u ∈ E, N (u) ≥ 0,

– ∀u ∈ E, ∀λ ∈ IK, N (λu) = |λ|N (u).

– ∀(u, v) ∈ E2, N (u + v) ≤ N (u) + N (v) (inégalité triangulaire)

On note en général kuk plutôt que N (u).

L’espace E, muni de la norme u 7→ kuk est appelé un espace vectoriel normé.

Définition

Si E est une algèbre munie d’une norme et si pour tout vecteurs u et v on a kuvk ≤ kuk kvk,

alors on dit que E est une algèbre normée.

Exemples de normes usuelles

– Dans IKn, on pose, pour tout vecteur u = (x1, x2, . . . , xn) :





kuk1 = |x1| + |x2| + · · · + |xn|

q

|x1|2 + |x2|2 + · · · + |xn|2

kuk0 =

kuk∞ = max {|x1| , |x2| , . . . , |xn|}

– Ces définitions s’étendent à un espace vectoriel E muni d’une base (e) = e1, e2, . . . , en.

– Un espace préhilbertien E, c’est-à-dire muni d’un produit scalaire < ·, · >, est un espace

vectoriel normé avec la norme déduite de son produit scalaire : ∀u ∈ E, kuk =

< u, u >.

√

Remarque

Dans un espace vectoriel normé E, et pour tout vecteurs u et v : |kuk − kvk| ≤ ku ± vk.

Ce résultat complète l’inégalité triangulaire.

I.2 Distance associée à une norme

Définition (Distance associée à une norme)

Soit E un espace vectoriel normé. Pour tous vecteur u, v de E on pose d(u, v) = kv − uk.

Cette application est une distance sur E car elle vérifie les propriétés suivantes :

– ∀(u, v) ∈ E2, d(u, v) ≥ 0 et d(u, v) = 0 ⇔ u = v.

– ∀(u, v) ∈ E2, d(u, v) = d(v, u).

– ∀(u, v, w) ∈ E3, d(u, v) ≤ d(u, w) + d(w, v).

On l’appelle distance induite par la norme u 7→ kuk sur E.

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Espaces vectoriels normés

Partie I : Espaces vectoriels normés

Propriétés

– Pour tous vecteurs u, v, w de E, |d(u, v) − d(v, w)| ≤ d(u, w).

– La distance d est invariante par translation : ∀(u, v, w) ∈ E3, d(u, v) = d(u + w, v + w).

Définition (Distance d’un point à une partie de E)

Soit a un élément de l’espace vectoriel normé E, et X une partie non vide de E.

On appelle distance de a à X la quantité d(a, X) = inf{d(a, u), u ∈ X}.

Définition (Boules et sphères)

Soit a un vecteur de E et r un réel strictement positif.

– B(a, r) = {u ∈ E, d(a, u) < r} est la boule ouverte de centre a et de rayon r.

– ¯B(a, r) = {u ∈ E, d(a, u) ≤ r} est la boule fermée de centre a et de rayon r.

– S(a, r) = {u ∈ E, d(a, u) = r} est la sphère de centre a et de rayon r.

Cas particulier : si a = 0 et r = 1, on parle de boule unité ou de sphère unité.

Définition (Parties bornées)

Une partie A de E est dite bornée s’il existe r > 0 tel que A ⊂ B(0, r).

Remarques

– Soit X une partie bornée et non vide de E.

La quantité ∆(X) = sup{d(u, v), u ∈ X, v ∈ X} est finie. On l’appelle le diamètre de X.

– Toute boule de rayon r est une partie bornée de diamètre 2r.

I.3 Equivalence des normes

Définition (Normes équivalentes)

Deux normes N et N 0 sur l’espace vectoriel normé E sont dites équivalentes s’il existe deux

réels strictement positifs α et β tels que : ∀u ∈ E, αN (u) ≤ N 0(u) ≤ βN (u).

Remarques

– La définition précédente est symétrique par rapport a N et a N 0. En effet :

αN (u) ≤ N 0(u) ≤ βN (u) ⇔ β0N 0(u) ≤ N (u) ≤ α0N 0(u) avec α0 =

1

α

et β0 =

1

β

.

De même, si N et N 0 sont équivalentes, ainsi que N 0 et N 00, alors N et N 00 sont équivalentes.

– Deux normes N et N 0 sont équivalentes ⇔ pour tout a de E, toute boule de centre a pour

N (resp. pour N 0) contient une boule de centre a pour N 0 (resp. N ).

Théorème ( Équivalence des normes en dimension finie)

Dans un espace vectoriel normé de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes

(admis).

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Partie I : Espaces vectoriels normés

I.4 Ouverts et fermés

Dans tout ce paragraphe, E désigne un espace vectoriel normé sur IK.

Définition (Point intérieur)

Soit A une partie de E. Un point a de E est dit intérieur à A s’il existe r > 0 tel que la

boule ouverte B(a, r) soit incluse dans A.

Un point intérieur à A est évidemment un point de A.

Définition (Ensemble ouvert)

Soit A une partie de E.

Publicité

On dit que A est un ouvert si tous ses points sont intérieurs à A.

Propriétés

– E et ∅ sont des ouverts de E.

– Si E = IR, et pour les intervalles, les deux notions d’ouvert co¨ıncident.

– Une boule ouverte est un ouvert.

– Une réunion quelconque d’ouverts est un ouvert.

– Une intersection finie d’ouverts est un ouvert.

Définition (Point adhérent)

Soit A une partie de E.

Un point a de E est dit adhérent à A si, pour tout r > 0 l’intersection de A et de la boule

ouverte B(a, r) est non vide.

Tout point de A est évidemment adhérent à A.

Définition (Ensemble fermé)

Soit A une partie de E.

On dit que A est un fermé s’il contient tous ses points adhérents.

Propriétés

– E et ∅ sont des fermés de E.

– A est fermé dans E ⇔ son complémentaire dans E est ouvert.

– Si E = IR, et pour les intervalles, les deux notions de fermé co¨ıncident.

– Les boules fermées sont des fermés.

– Les sphères sont des fermés.

– Les unions finies de fermés sont des fermés.

– Les intersections quelconques de fermés sont des fermés.

– Les points, et plus généralement les ensembles finis, sont des fermés.

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Espaces vectoriels normés

Partie I : Espaces vectoriels normés

Remarque

Deux normes équivalentes définissent la même topologie, c’est-à-dire les mêmes ouverts et les

mêmes fermés.

Définition

On note Ao et on appelle intérieur de A l’ensemble des points de A qui intérieurs à A.

On note ¯A et on appelle adhérence de A l’ensemble des points de E qui sont adhérents à

A.

Propriétés.Soit A une partie de E.

– On a Ao ⊂ A ⊂ ¯A

– A est ouvert ⇔ Ao = A ; A est fermé ⇔ ¯A = A.

– Ao est le plus grand ouvert contenu dans A.

– ¯A est le plus petit fermé contenant A.

Définition (Parties denses dans un evn)

Soit A une partie de E.

On dit que A est dense dans E si ¯A = E, c’est-a-dire si tout point de E est adhérent a A.

Exemple

lQ et son complémentaire sont denses dans IR.

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Espaces vectoriels normés

Partie II : Suites dans un espace vectoriel normé

II Suites dans un espace vectoriel normé

Dans cette partie, E est un espace vectoriel normé sur IK.

II.1 Généralités

Définition

Une suite de E est une application u : IN → E.

L’image u(n) d’un entier n est appelée le terme d’indice n de la suite u et est noté un.

La suite u elle-même est alors notée (un)n≥0.

Si E = IK, on dit que u est une suite numérique (une suite réelle si IK = IR, et une suite

complexe si IK = lC.)

Définition (Suite stationnaire)

Une suite u de E est dite stationnaire si : ∃a ∈ E, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, un = un0.

Si n0 = 0, c’est-à-dire si pour tout n, un = u0, alors on dit que la suite u est constante.

Définition (Suite bornée)

La suite u est dite bornée si l’ensemble image {un, n ∈ IN} est une partie bornée de E,

c’est-à-dire s’il existe un réel positif M tel que : ∀n ∈ IN, kunk ≤ M .

Définition (Suites extraites)

On dit que la suite v est une suite extraite ou une sous-suite de la suite u s’il existe une

application ϕ : IN → IN, strictement croissante, telle que : ∀n ∈ IN, vn = uϕ(n).

Remarques

– Avec les notations ci-dessus, on vérifie que : ∀n ∈ IN, ϕ(n) ≥ n.

– Comme cas particulier de suite extraite, on peut définir la suite des termes d’indices pairs

(ϕ(n) = 2n) ou la suite des termes d’indices impairs (ϕ(n) = 2n + 1.)

– On peut également considérer ϕ : n 7→ n + k, où k est fixé.

La suite extraite v, définie par v0 = uk, v1 = uk+1, v2 = uk+2, . . . est alors notée (un)n≥k.

Définition (Opérations sur les suites)

L’ensemble de suites d’éléments de E est noté F(IN, E), ou EIN.

Cet ensemble est un espace vectoriel sur IK quand on le munit des opérations suivantes :

– Addition : (un)n≥0 + (vn)n≥0 = (un + vn)n≥0.

Le neutre est la suite nulle, définie par ∀n ∈ IN, un = 0.

– Produit par un scalaire : λ(un)n≥0 = (λun)n≥0.

Si E est une algebre de neutre 1, EIN est une algebre avec : (un)n≥0(vn)n≥0 = (unvn)n≥0.

Le neutre pour ce produit est la suite constante définie par : ∀n ∈ IN, un = 1.

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Espaces vectoriels normés

Partie II : Suites dans un espace vectoriel normé

II.2 Suites convergentes

Définition

La suite u de E est dite convergente (CV) s’il existe un élément ‘ de E tel que :

∀ε > 0, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, kun − ‘k ≤ ε.

Remarques

– Dans la définition précédente, on peut remplacer kun − ‘k ≤ ε par kun − ‘k < ε.

De même, kun − ‘k ≤ ε s’écrit aussi un ∈ ¯B(‘, ε) ou d(un, ‘) ≤ ε.

– Une suite non convergente est dite divergente (DV).

Propriétés immédiates

– Si la suite u est convergente, l’élément ‘ de la définition est unique.

On l’appelle limite de la suite u et on note ‘ = lim

n→∞

un.

– Toute suite stationnaire est convergente vers la valeur où elle stationne.

– Si la suite u est convergente, ses suites extraites sont convergentes, avec la même limite.

Conséquence : Si une suite extraite de u est divergente, la suite u est divergente.

Même conclusion si deux suites extraites de u ont des limites différentes.

– Toute suite convergente est bornée, mais la réciproque est fausse.

– Si la suite u converge vers ‘, la suite n 7→ kunk converge vers klk.

– La suite u converge vers ‘ ⇔ la suite n 7→ kun − ‘k converge vers 0 dans IR.

Proposition (Opérations sur les suites convergentes)

Soient u et v deux suites convergentes de E. Soient α et β deux scalaires.

La suite de terme général wn = αun + βvn est convergente.

(αun + βvn) = α lim

De plus on a :

n→∞

lim

n→∞

vn.

un + β lim

n→∞

un lim

n→∞

(unvn) = lim

n→∞

vn.

lim

n→∞

Si E est une algèbre normée :

Proposition (Indépendance par rapport à la norme utilisée)

Soit E un espace vectoriel et N et N 0 deux normes équivalentes sur E (ce qui est automa-

tiquement le cas si on est en dimension finie).

Une suite u de E est convergente au sens de la norme N ⇔ elle l’est au sens de la norme

N 0, et dans ce cas les deux limites sont égales.

Proposition (Utilisation des composantes en dimension finie)

Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie p, muni d’une base (e) = e1, . . . , ep.

Soit u une suite de E, de terme général u(n).

Pour tout entier n, posons u(n) = u(n)

1 e1 +u(n)

2 e2 +· · ·+u(n)

p ep =

p

X

k=1

u(n)

k ek. Soit ‘ =

p

X

k=1

‘k ek.

Alors lim

n→∞

u(n) = ‘ ⇐⇒ ∀k ∈ {1, . . . , p},

lim

n→∞

u(n)

k = ‘k.

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Espaces vectoriels normés

Partie II : Suites dans un espace vectoriel normé

Exemples

– Soit z une suite à valeurs complexes. Pour tout n, soit un = Re (zn) et vn = Im (zn).

La suite z converge vers le nombre complexe ‘ ⇔ les suites réeles u et v convergent respec-

tivement vers Re (‘) et Im (‘).

– Soit n 7→ An une suite de matrices, à valeurs dans Mp,q(IK).

Pour tout entier n, soit a(n)

i,j

le terme d’indice (i, j) de An.

La suite n 7→ An converge vers M (de terme général mi,j) ⇔, pour tous indices i et j, la

suite numérique n 7→ a(n)

i,j converge vers mi,j.

II.3 Suites convergentes et adhérence

Proposition

Si la suite u converge vers ‘, alors ‘ est adhérent à {un, n ∈ IN}.

Proposition (Caractérisation de l’adhérence par les suites)

Le point a de E est adhérent à la partie A de E ⇔ il existe une suite de A qui converge

vers a. Par conséquent A est fermé ⇔ la limite de toute suite convergente de A est dans A.

II.4 Suites de Cauchy

Définition (Suites de Cauchy)

Une suite u de E est dite de Cauchy si ∀ε > 0, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, ∀m ≥ n0, kun − umk ≤ ε.

Remarques et propiétés

– Cette définition peut s’écrire : ∀ε > 0, ∃n0 ∈ IN, ∀n ≥ n0, ∀p ≥ 0, kun+p − unk ≤ ε.

– Toute suite de Cauchy est bornée.

– Toute suite convergente est de Cauchy.

Théorème

Toute suite de Cauchy de IR est convergente.

Plus généralement, toute suite de Cauchy d’un espace vectoriel normé de dimension finie

est convergente.

II.5 Parties compactes d’un espace vectoriel normé

Définition (Parties compactes)

Une partie non vide A de E est dite compacte si de toute suite de A, on peut extraire une

sous-suite convergente.

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Partie II : Suites dans un espace vectoriel normé

Théorème (Caractérisation des compacts en dimension finie)

Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie.

Les parties compactes de E sont les fermés bornés de E.

Conséquence

De toute suite bornée d’un espace vectoriel normé de dimension finie, on peut extraire une

suite convergente.

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Espaces vectoriels normés

Partie III : Continuité dans un espace vectoriel normé

III Continuité dans un espace vectoriel normé

Dans cette partie, E, F, G sont des espaces vectoriels normés sur IK.

Les normes sur E, F, G sont toutes notées u 7→ kuk.

III.1 Limites dans un espace vectoriel normé

Définition

Soit f une application définie sur une partie D de E, à valeurs dans F .

Soit a un point adhérent à D. Soit ‘ un élément de F .

On dit que f admet pour limite ‘ en a si :

∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que

x ∈ D

kx − ak ≤ δ

On note alors lim

x→a

f (x) = ‘.

(cid:27)

⇒ kf (x) − ‘k ≤ ε.

Propriétés et exemples

– La limite de f en a, si elle existe, est unique.

– L’existence d’une limite, et la valeur de cette limite, sont des notions qui ne dépendent pas

des normes utilisées si on remplace une norme par une norme équivalente, ce qui est toujours

le cas en dimension finie.

– Dans le cas particulier ou a appartient a D, la limite ne peut être que f (a).

– L’ existence et la valeur de la limite de f en a ne changent pas si on remplace D par D∩B(a, r)

où r > 0. On exprime cette propriété en disant que la notion de limite est une notion locale.

– Si E = IR et avec D =] − ∞, a[ ou D =]a, +∞[, on obtient les notions de limite à gauche et

limite à droite.

Proposition (Limite et composantes)

On suppose que F est un espace vectoriel normé de dimension finie n muni d’une base (e).

Soient f1, . . . , fn les applications composantes de f , et ‘1, . . . , ‘n les composantes de ‘.

Alors la limite de f en a est égale à ‘ ⇔ pour tout entier k de {1, . . . , n}, la limite de fk

en a est égale à lk.

Exemple

Si F = lC, c’est-a-dire si f est a valeurs complexes, et si on note f = g + ih (g et h à valeurs

réelles), alors la limite de f en a est égale à ‘ ⇔ :

– La limite de g en a est égale à Re (‘).

– La limite de h en a est égale à Im (‘)

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Partie III : Continuité dans un espace vectoriel normé

III.2 Opérations sur les limites

Proposition

Soient f et g deux applications définies sur D ⊂ E, à valeurs dans F .

Soient α et β deux applications définies sur D ⊂ E, à valeurs dans IK.

On suppose que les limites de f, g, α, β en a existent et valent respectivement ‘, ‘0, ρ, ρ0.

– La limite de αf + βg, en a existe et vaut : ρ‘ + ρ0‘0.

– Si F est une algebre normée alors la limite de f g en a est égale a ‘‘0.

– Si F = IK et si ‘ 6= 0, alors la limite de

1

f

en a est

1

‘

.

Proposition (Limites numériques et inégalités)

On reprend les notations précédentes, mais avec F = IK.

– Si f (u) ≤ λ sur D, alors lim

x→a

f (x) ≤ λ (même chose avec ≥.)

– Si f (u) ≤ g(u) sur D, alors lim

x→a

f (x) ≤ lim

x→a

g(x).

– Corollaire (Principe des gendarmes) :

Si f ≤ h ≤ g sur D et si lim

x→a

f (x) = lim

x→a

g(x) = ‘, alors lim

x→a

h(x) = ‘.

III.3 Limites et suites

Proposition (Caractérisation séquentielle de l’existence d’une limite)

Soit f : D ⊂ E → F . On suppose que la limite de f en a est ‘.

– Le vecteur ‘ est adhérent à f (D).

– Soit u une suite de D qui converge vers a.

Alors la suite de terme général f (un) converge vers ‘.

– Réciproquement, supposons que pour toute suite u de D convergente vers a, la suite de

terme général f (un) soit convergente dans F . Alors cette dernière limite est indépendante

de la suite u choisie. Si on la note ‘, alors la limite de f en a existe et vaut ‘.

Proposition (Critère de Cauchy d’existence d’une limite)

Soit f : D ⊂ E → F . On suppose ici que F est de dimension finie.

Soit a un vecteur de E adhérent à D. La limite de f en a existe si et seulement si :

∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀(x, y) ∈ D2,

kx − ak ≤ δ

ky − ak ≤ δ

(cid:27)

⇒ kf (x) − f (y)k ≤ ε.

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Espaces vectoriels normés

Partie III : Continuité dans un espace vectoriel normé

III.4 Continuité dans un espace vectoriel normé

Publicité

Définition (Continuité en un point)

Soit f une application définie sur une partie D de E, à valeurs dans F .

Soit a un point du domaine D de f .

On dit que f est continue en a si la limite de f en a est f (a).

Cela équivaut à dire :

∀ε > 0, ∃δ > 0 tel que

x ∈ D

kx − ak ≤ δ

Remarque

(cid:27)

⇒ kf (x) − f (a)k ≤ ε.

La définition précédente est inchangée si on remplace une norme par une norme équivalente,

ce qui est toujours le cas si E et F sont de dimension finie.

Proposition (Caractérisation séquentielle de la continuité)

L’application f : D ⊂ E → F est continue au point a de D ⇔ pour toute suite u de D

convergeant vers a, la suite de terme général f (un) converge vers f (a).

Définition (Continuité sur le domaine)

L’application f : D ⊂ E → F est dite continue sur D si elle est continue en tout point de

D.

On note souvent C(D, F ) l’ensemble des applications continues de D ⊂ E vers F .

Exemples

– Une application constante D ⊂ E → F est continue.

– L’application identité de E dans E est continue.

III.5 Propriétés des applications continues

Proposition (Opérations sur les applications continues)

Soient f et g deux applications définies sur D ⊂ E, à valeurs dans F .

Soient α et β deux applications définies sur D, à valeurs dans IK.

– Si f, g, α, β sont continues en a (respectivement sur le domaine D), alors αf + βg est

continue en a (respectivement sur D).

– En particulier C(D, F ) est un espace vectoriel sur IK.

– Si F est une algèbre normée et si f, g sont continues en a (resp. sur D) il en est de même

de l’application produit f g.

C(D, F ) est donc a son tour muni d’une structure d’algebre

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Partie III : Continuité dans un espace vectoriel normé

Proposition (Composition d’applications continues)

Soit f une application définie sur une partie D de E, à valeurs dans F .

Soit g une application définie sur une partie D0 de F , à valeurs dans G.

On suppose que f (D) ⊂ D0. De cette manière, g ◦ f est définie sur D.

Si f continue en a et si g est continue en b = f (a), alors g ◦ f est continue en a.

Si f continue sur D et si g est continue sur D0, alors g ◦ f est continue sur D.

Proposition (Images réciproques d’ouverts ou de fermés par une application continue)

Soit f : D ⊂ E → F une application continue.

– Pour tout ouvert V de F , f −1(V ) s’écrit D ∩ U , où U est un ouvert de E.

– Pour tout fermé V de F , f −1(V ) s’écrit D ∩ U , où U est un fermé de E.

En particulier, si f est continue de E dans F :

– L’image réciproque par f d’un ouvert de F est un ouvert de E.

– L’image réciproque par f d’un fermé de F est un fermé de E.

Proposition (Utilisation des composantes en dimension finie)

On suppose que dim F = n et que F est muni d’une base (e) = e1, . . . , en.

Soient fl, . . . , fn les applications composantes de f : D ⊂ E → F .

f est continue en a (resp. sur D) ⇔ toutes ses composantes fk sont continues en a (resp.

sur D).

Proposition

Si f et g, définies sur E et à valeurs dans F sont continues, alors l’ensemble des points x

de E tels que f (x) = g(x) est un fermé de E.

En particulier si f et g sont égales sur une partie dense de E, alors f et g sont égales sur

E.

Proposition (Image continue d’un compact)

Si f est continue de D ⊂ E dans F et si D est un compact de E, alors f (D) est compact

de F (autrement dit, l’image d’un compact par une application continue est encore un

compact).

Conséquences

– Si F = IR : toute application numérique continue sur un compact est bornée et atteint ses

bornes.

– Si E = F = IR : l’image continue d’un segment est un segment.

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Espaces vectoriels normés

Partie IV : Applications continues particulières

IV Applications continues particulières

E, F, G sont des espaces vectoriels normés sur IK.

IV.1 Applications lipschitziennes

Définition

Soit f une application définie sur une partie D de E, à valeurs dans F .

Soit λ > 0. L’application f est dite λ-lipschitzienne ou encore lipschitzienne de rapport λ

si : ∀(x, y) ∈ D2, kf (x) − f (y)k ≤ λ kx − yk. Si k < 1, on dit que f est contractante.

Propriétés et exemples

– Si on remplace une norme par une norme équivalente, f reste lipschitzienne (mais pas avec

le même λ.)

– Si f est λ-lipschitzienne, et si λ < µ, f est encore µ-lipschitzienne.

– Toute application lipschitzienne est continue.

– Les isométries de E dans F (∀(x, y) ∈ E2, kf (x) − f (y)k = kx − yk) sont 1-lipschitziennes

donc continues.

– L’application norme de E dans IR est lipschitzienne donc continue.

En effet : ∀(x, y) ∈ E2, |kxk − kyk| ≤ kx − yk.

– On suppose que E est de dimension n ≥ 1 et est rapporté à une base (e).

On munit par exemple E de la norme définie par kxk = max {|xj| , 1 ≤ j ≤ n}.

Pour tout k de {1, . . . , n}, soit πk l’application qui à x associe sa composante xk sur ek.

L’application πk (dite k-ième application coordonnée) est lipschitzienne donc continue.

En effet, pour tous vecteurs x et y de E : |πk(y) − πk(x)| = |yk − xk| ≤ ky − xk

– Toute application polynômiale IKn → IK, c’est-à-dire de la forme : u = (x1, x2, . . . , xn) 7→

P (u) = P αm xm1

En effet cette application est obtenue à partir des applications coordonnées x 7→ xk par des

opérations (sommes, produits) qui préservent la continuité.

est continue (mais en général non lipschitzienne).

1 xm2

· · · xmn

n

2

IV.2 Applications linéaires continues

Important : dans ce paragraphe, on suppose que E est de dimension finie.

Proposition et définition

Soit f une application linéaire de E dans F . Les quantités suivantes sont finies et égales :

supkxk≤1 kf (x)k

supkxk=1 kf (x)k

supx6=0

kf (x)k

kxk

Leur valeur commune est appelée norme de f et est notée kf k.

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Espaces vectoriels normés

Partie IV : Applications continues particulières

Définition équivalente

Avec ces notations kf k est le réel k minimum tel que : ∀x ∈ E, kf (x)k ≤ k kxk.

Conséquence

Toute application linéaire de E (avec dim E < +∞) dans F est continue, et elle est même

lipschitzienne.

Remarques et propriétés

– La valeur de kf k dépend des normes qui ont été choisies sur E et F .

– Muni de l’application f 7→ kf k, l’espace vectoriel L(E, F ) de toutes les applications linéaires

de E dans F est lui-même un espace vectoriel normé.

– On suppose que E et F sont tous deux de dimension finie.

Soit f une application linéaire de E dans F et g une application linéaire de F dans G.

Alors kg ◦ f k ≤ kgk kf k.

En particulier l’ensemble L(E) de tous les endomorphismes de E est une algèbre normée.

IV.3 Applications bilinéaires continues

Important : dans les deux énoncés suivants, on suppose que E et F sont de dimension finie.

Définition

Soit f une application bilinéaire de E × F dans G.

Alors il existe un réel positif k tel que : ∀(x, y) ∈ E × F, kf (x, y)k ≤ k kxk kyk

Conséquence

Toute application bilinéaire de E × F dans G est continue.

Exemples d’applications bilinéaires continues

Dans ces exemples, il n’est pas nécessaire que E soit de dimension finie.

– L’application de E × E dans E, qui à (u, v) associe u + v, est continue.

– Si E est un espace préhilbertien, l’application (u, v) 7→< u, v > est continue.

C’est une conséquence de l’inégalité de Cauchy-Schwarz : |< u, v >| ≤ kuk kvk

– L’application de IK × E vers E définie par (λ, u) 7→ λu est continue.

– Si E est une algèbre normée, l’application (u, v) 7→ uv est continue.

En particulier, l’application (f, g) 7→ f ◦ g est continue sur L(E) × L(E).

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