Cours de Mathématiques

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Cours de Math´ematiques

Entiers naturels, d´enombrements

Sommaire

Entiers naturels, d´enombrements

Sommaire

I

II

Entiers naturels

I.1

I.2

I.3

I.4

I.5

I.6

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L’ensemble N . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Raisonnement par r´ecurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Somme et produit

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Relation d’ordre et diff´erence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . .

Pratique du raisonnement par r´ecurrence

Ensembles finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Cardinal d’un ensemble fini

Propri´et´es des cardinaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

III D´enombrements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

2

2

2

3

4

5

5

7

7

9

10

III.1 Applications entre ensembles finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

III.2 Arrangements et combinaisons

III.3 Binˆome de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

13

IV Ensembles d´enombrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

II.1

II.2

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Jean-Michel Ferrard

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie I : Entiers naturels

I Entiers naturels

I.1 L’ensemble N

Conform´ement au programme des classes pr´eparatoires, l’ensemble IN est suppos´e connu, ainsi

que ses propri´et´es (op´erations + et ×, relation d’ordre).

Cependant, en voici une pr´esentation minimale (ou presque) `a partir de laquelle on pourrait

retrouver toutes ses propri´et´es.

On admet l’existence d’un ensemble IN, dont les ´el´ements sont appel´es entiers naturels, tel que :

a. Successeur d’un entier naturel

Il existe une application s : IN → IN, appel´ee succession.

L’image par s d’un entier naturel n est appel´ee le successeur de n.

b. Entier 0

Il existe un ´el´ement de IN, not´e 0, qui n’a pas d’ant´ec´edent par s.

On note 1 le successeur de 0, 2 celui de 1, 3 celui de 2, etc.

On note IN∗ = IN − {0} : c’est l’ensemble des entiers naturels non nuls.

c. Pr´ed´ecesseur d’un entier naturel non nul

L’application s est une bijection de IN sur IN − {0}.

Tout n de IN∗ est donc le successeur d’un unique m de IN, appel´e le pr´ed´ecesseur de n.

d. Axiome de r´ecurrence

Soit A une partie de IN telle que : 0 ∈ A et ∀ n ∈ IN, n ∈ A ⇒ s(n) ∈ A. Alors A = IN.

Autrement dit, si une partie A de IN contient 0 et le successeur de chacun de ses ´el´ements,

alors cette partie A est ´egale `a IN tout entier.

Tout cela permet par exemple de d´efinir une addition sur IN, de la mani`ere suivante :

∀ (m, n) ∈ IN2, m + 0 = m, m + s(n) = s(m + n)

On constate que : ∀ m ∈ IN, s(m) = m + 1 (poser n = 0 dans la d´efinition pr´ec´edente).

Pour tout n de IN∗, on note n − 1 le pr´ed´ecesseur de n. Ainsi m = n − 1 ⇔ n = m + 1 . . .

L’axiome de r´ecurrence s’´ecrit maintenant :

( Soit A une partie de IN, contenant 0.

On suppose que : ∀ n ∈ A, n + 1 ∈ A. Alors A = IN.

I.2 Raisonnement par r´ecurrence

Soit P un pr´edicat, de r´ef´erentiel IN.

Rappelons qu’on ´ecrit P(n) pour dire “P(n) est vraie”.

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie I : Entiers naturels

R´ecurrence simple (ou faible)

(

On suppose P(0) et, pour tout entier n, P(n) ⇒ P(n + 1).

Alors, pour tout entier n, P(n).

Voici donc comment montrer qu’une propri´et´e P(n) est vraie pour tous les entiers naturels :

– On v´erifie que l’entier 0 satisfait `a la propri´et´e : c’est le pas initial de la r´ecurrence.

– On se donne ensuite un entier n, pour lequel on suppose que P(n) est vraie.

C’est l’hypoth`ese de r´ecurrence.

– On d´emontre alors que P(n + 1) est vraie (c’est le “passage du rang n au rang n + 1”).

On exprime l’implication P(n) ⇒ P(n + 1) en disant que la propri´et´e P est h´er´editaire.

– On conclut en annon¸cant que, par r´ecurrence, la propri´et´e est vraie pour tout entier n.

I.3 Somme et produit

Toutes les op´erations sur IN peuvent ˆetre d´efinies par r´ecurrence (on l’a d´eja vu pour l’addition).

Leurs propri´et´es peuvent ˆetre ´etablies de la mˆeme mani`ere.

Addition

La loi + est associative : ∀ (m, n, p) ∈ IN3, m + (n + p) = (m + n) + p.

La loi + est commutative : ∀ (m, n) ∈ IN2, m + n = n + m.

0 est ´el´ement neutre : ∀ n ∈ IN, n + 0 = n (cette propri´et´e d´ecoule de la d´efinition).

Tout ´el´ement de IN est r´egulier : ∀ (m, n, p) ∈ IN3, m + p = n + p ⇒ m = n.

∀ (m, n) ∈ IN2, m + n = 0 ⇔ m = n = 0.

Multiplication

On d´efinit un produit sur IN, en posant :

∀ (m, n) ∈ IN2, m0 = 0, m(n + 1) = mn + m

Une r´ecurrence montre que mn est d´efini pour tout couple (m, n).

Toujours par r´ecurrence, on peut alors v´erifier les propri´et´es suivantes :

La loi × est distributive par rapport `a la loi + :

∀ (m, n, p) ∈ IN3, m(n + p) = mp + mp.

La loi × est associative : ∀ (m, n, p) ∈ IN3, m(np) = (mn)p.

La loi × est commutative : ∀ (m, n) ∈ IN2, mn = nm.

Tout ´el´ement de IN∗ est r´egulier : ∀ (m, n) ∈ IN2, ∀ p ∈ IN∗, mp = np ⇒ m = n.

1 est ´el´ement neutre : ∀ n ∈ IN, n1 = n.









Factorielle

On d´efinit n! (factorielle n) par 0! = 1, et ∀ n ∈ IN∗, n! = n (n − 1)!

n

Y

Autrement dit : ∀ n ∈ IN∗, n! =

k.

k=1

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie I : Entiers naturels

Exponentiation

On d´efinit la notation mn : ∀ (m, n) ∈ IN2, m0 = 1, mn+1 = mn m.

On montre alors les propri´et´es suivantes par r´ecurrence :



∀ (m, n, p) ∈ IN3 : mn mp = mn+p, (mn)p = mnp, (mn)p = mp np.

∀ n ∈ IN, n1 = n, 1n = 1.

∀ n ∈ IN∗, 0n = 0 (mais par convention 00 = 1).



Remarques

mn = 1 ⇔ m = n = 1.

mn = 0 ⇔ (m = 0) ou (n = 0).

I.4 Relation d’ordre et diff´erence

D´efinition

On pose : ∀ (m, n) ∈ IN2, m ≤ n ⇔ ∃ p ∈ IN, m + p = n.

Les notations n ≥ m et m ≤ n sont bien sˆur ´equivalentes.

On note m < n pour ´ecrire : (m ≤ n) et (m 6= n).

Soit (m, n) dans IN2. On pose : [[m, n]] = {p ∈ IN, m ≤ p ≤ n}.

Propri´et´es

– ≤ d´efinit une relation d’ordre total sur IN.

– ∀ (m, n) ∈ IN2 : m < n ⇔ m + 1 ≤ n ⇔ m ≤ n − 1.

– 0 est le minimum de IN.

– Toute partie non vide de IN poss`ede un plus petit ´el´ement.

– Toute partie major´ee non vide de IN poss`ede un plus grand ´el´ement.

– La relation ≤ est compatible avec les op´erations + et ×, ce qui signifie :

∀ (m, n, p) ∈ IN : m ≤ n ⇒ (m + p ≤ n + p) et (mp ≤ np)

Soustraction

L’existence de la relation d’ordre et de l’addition sur IN permettent de d´efinir la diff´erence

p = n − m de deux entiers naturels n et m.

Cette “op´eration” n’est pas partout d´efinie sur IN (l’entier p n’existe que si m ≤ n).

Soit (m, n) un couple d’entiers naturels, tels que m ≤ n. L’entier p tel que m + p = n (unique

par r´egularit´e) est appel´e diff´erence de n et de m, et on note p = n − m.

Cette notation g´en´eralise celle qui a ´et´e utilis´ee au d´ebut de ce chapitre pour d´efinir le

pr´ed´ecesseur m = n − 1 d’un entier naturel non nul n.

Propri´et´es

On a (entre autres) les ´egalit´es suivantes, sous r´eserve que les diff´erences existent dans IN :



∀ (m, n, p) ∈ IN3, (m − n) − p = m − (n + p). Cette quantit´e est not´ee m − n − p.

∀ (m, n, p) ∈ IN3, (m − n) + p = m − (n − p). Cette quantit´e est not´ee m − n + p.

∀ (m, n, p) ∈ IN3, (m + n) − p = m + (n − p). Cette quantit´e est not´ee m + n − p.



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Entiers naturels, d´enombrements

Partie I : Entiers naturels

I.5 Division euclidienne

D´efinition

On dit que n divise m (ou que m est un multiple de n) si : ∃ q ∈ IN, m = nq.

On note alors n | m. On d´efinit ainsi une relation d’ordre partiel sur IN.

Pour cette relation, 1 est le minimum de IN.

D´efinition

Soit (m, n) dans IN × IN∗.

Il existe un unique couple (q, r) de IN2 tel que : (m = nq + r) et (r ≤ n − 1)

Le passage du couple (m, n) au couple (q, r) s’appelle division euclidienne de m par n.

Dans cette division, m est le dividende, n le diviseur, q le quotient, et r le reste.

Remarque

n | m ⇔ (m = n = 0) ou (n 6= 0 et le reste dans la division de m par n est nul).

I.6 Pratique du raisonnement par r´ecurrence

Le raisonnement de r´ecurrence admet plusieurs variantes, dont celle-ci, qui ne diff`ere de l’original

que par le “pas initial” qui peut se situer en n0 (entier naturel) plutˆot qu’en 0 :

Soit n0 un entier naturel.

On suppose P(n0).



On suppose ´egalement que : ∀ n ≥ n0, P(n) ⇒ P(n + 1).

Alors, ∀ n ≥ n0, P(n).



Une autre variante r´eside dans la mani`ere d’avancer dans la r´ecurrence.

Il arrive en effet que l’hypoth`ese P(n) seule soit insuffisante pour d´emontrer P(n + 1).

Le cas le plus fr´equent est celui de la r´ecurrence double, ou le pas initial et l’hypothese de

r´ecurrence portent sur deux entiers cons´ecutifs.

R´ecurrence de pas double

Soit n0 un entier naturel.



On suppose P(n0) et P(n0 + 1).

On suppose ´egalement que : ∀ n ≥ n0, (P(n) et P(n + 1)) ⇒ P(n + 2).

Alors, ∀ n ≥ n0, P(n).







Il reste a voir une derniere version du raisonnement par r´ecurrence. Pour d´emontrer P(n + 1),

on peut en effet utiliser tout ou partie des hypoth`eses P(n0), P(n0 + 1), . . ., et P(n).

R´ecurrence forte

Soit n0 un entier naturel. On suppose P(n0).

On suppose aussi que : ∀ n ≥ n0, (P(n0), P(n0 + 1), . . . , P(n)) ⇒ P(n + 1).

Alors, ∀ n ≥ n0, P(n).

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie I : Entiers naturels

Voici enfin quelques conseils pour “r´eussir” un raisonnement par r´ecurrence :

– Ne pas oublier le “pas initial” (la propri´et´e est souvent triviale, mais on doit la prouver).

– Ne pas ´ecrire : “Supposons que pour tout n, P(n). Montrons P(n+1)” alors qu’il faut ´ecrire :

“Soit n un entier naturel ; on suppose P(n). Montrons P(n + 1)”.

– Bien articuler le pas initial et l’hypoth`ese de r´ecurrence.

Si le pas initial est par exemple n0, et si on veut d´emontrer P(n) ⇒ P(n + 1), alors n doit

ˆetre sup´erieur ou ´egal a n0. On peut tout a fait prouver P(n − 1) ⇒ P(n), mais dans ce cas

n doit ˆetre strictement sup´erieur `a n0.

– Bien s´eparer le “passage du rang n au rang n + 1”, o`u l’entier n est fix´e, et la conclusion

finale (qui est obligatoire, et qui doit porter sur tous les entiers naturels n).

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie II : Ensembles finis

II Ensembles finis

II.1 Cardinal d’un ensemble fini

Pour tout entier naturel, on note En = {m ∈ IN, 1 ≤ m ≤ n}.

Dans les trois ´enonc´es suivants, n et p sont des entiers naturels non nuls.

Proposition

Il existe une injection de En dans Ep si et seulement si n ≤ p.

Proposition

Il existe une surjection de En sur Ep si et seulement si n ≥ p.

Proposition

Il existe une bijection de En sur Ep si et seulement si n = p.

Proposition

Soit n un entier naturel non nul, et f une application de En dans lui-mˆeme.

Alors : f est bijective ⇔ f est injective ⇔ f est surjective.

On peut maintenant donner la d´efinition d’un ensemble fini.

Proposition

Un ensemble non vide E est dit fini s’il existe une bijection de En sur E, avec n ≥ 1.

L’entier n, s’il existe, est unique et est appel´e le cardinal de E. On note n = card (E).

Par convention, on dit que ∅ est fini de cardinal nul. Un ensemble non fini est dit infini.

Remarques

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– card (E) repr´esente bien sˆur le “nombre d’´el´ements” de E.

– Dans la d´efinition, on aurait pu aussi bien dire : “ s’il existe une bijection de E sur En”

– Si m ≤ n, l’intervalle [[m, n]] est fini de cardinal n − m + 1. En effet l’application f d´efinie

par f (k) = k − m + 1 est bijective de [[m, n]] sur En−m+1.

– S’il existe une bijection f de E fini sur F , alors F est fini et card (E) = card (F ).

On peut caract´eriser les parties finies de IN :

Proposition

Une partie A non vide de IN est finie⇔elle est major´ee. En particulier IN est infini.

On en d´eduit le r´esultat suivant :

Proposition

Soit E un ensemble fini. Soit A une partie de E.

Alors A est un ensemble fini et card (A) ≤ card (E).

Plus pr´ecis´ement, on a card (A) = card (E) si et seulement si A = E.

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Partie II : Ensembles finis

Remarque

Si E est infini, il peut exister des bijections de E sur une partie stricte de E.

Par exemple, l’application n 7→ 2n est une bijection de IN sur l’ensemble des entiers pairs, et

la succession n 7→ n + 1 est une bijection de IN sur IN∗.

Les trois propositions suivantes peuvent permettre de montrer qu’un ensemble est fini.

Proposition

Soient E et F deux ensembles, E ´etant fini. Soit f une application de E vers F .

Alors f (E) est fini, et card (f (E)) ≤ card (E).

De plus on a card (f (E)) = card (E) si et seulement si f est injective.

Voici un cas particulier du r´esultat pr´ec´edent (on remplace f (E) par F ) :

Proposition

Soit E un ensemble fini. Soit F un ensemble quelconque.

Soit f une application surjective de E sur F .

Alors F est fini, et card (F ) ≤ card (E).

De plus on a card (F ) = card (E) ⇔ f est bijective.

Proposition

Soient E et F deux ensembles.

Soit f une application injective de E dans F .

Si f (E) est fini, alors E est fini et card (E) = card (f (E)).

Voici des r´esultats tr`es proches des pr´ec´edents. Il s’agit plutˆot ici de caract´eriser l’existence

d’applications injectives, surjectives ou bijectives entre deux ensembles dont l’un est fini.

Proposition

Soient E et F deux ensembles non vides, l’ensemble F ´etant fini.

Il existe une injection de E dans F ⇔ (E est fini et card (E) ≤ card (F )).

Proposition

Soient E et F deux ensembles non vides, l’ensemble E ´etant fini.

Il existe une surjection de E sur F ⇔ (F est fini et card (F ) ≤ card (E)).

Il existe une bijection de E sur F ⇔ (F est fini et card (E) = card (F )).

Proposition

Soient E et F deux ensembles finis non vides de mˆeme cardinal.

Soit f une application de E vers F .

f est bijective ⇔ f est injective ⇔ f est surjective.

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie II : Ensembles finis

II.2 Propri´et´es des cardinaux

On voit ici comment calculer le cardinal d’ensembles construits `a partir d’ensembles finis.

Proposition (R´eunion d’ensembles finis disjoints)

Si E et F sont finis disjoints, alors E ∪ F est fini et card (E ∪ F ) = card (E) + card (F ).

Si E1, . . . , En sont finis disjoints deux `a deux,

Ei est fini et card (

Ei) =

card (Ei).

n

S

i=1

n

S

i=1

n

P

i=1

Proposition (R´eunion de deux ensembles finis)

Si E et F sont finis, alors E ∪F est fini et card (E ∪F ) = card (E)+card (F )−card (E ∩F ).

En particulier : card (E ∪ F ) ≤ card (E) + card (F ), avec ´egalit´e⇔ E ∩ F = ∅.

Proposition (G´en´eralisation `a n ensembles finis)

Si E1, E2, . . . , En sont finis, alors

On a l’´egalit´e card (

n

S

i=1

Ei) =

n

P

i=1

n

S

i=1

Ei est fini et card (

n

S

i=1

Ei) ≤

n

P

i=1

card (Ei).

card (Ei) ⇔ les Ei sont disjoints deux `a deux.

Le r´esultat pr´ec´edent peut ˆetre g´en´eralis´e (mais la d´emonstration est admise) :

Proposition (Formule du crible)

Soient E1, . . ., En des ensembles finis. Posons I = {1, 2, . . . , n}.

On a card (

n

S

i=1

Ei) = P

(−1)1+card (J) card ( T

Ej)

J ⊂ I

j∈J

Par exemple, si E, F , G sont trois ensembles finis :

card (E ∪ F ∪ G) = card (E) + card (F ) + card (G)

− card (E ∩ F ) − card (E ∩ G) − card (F ∩ G)

+ card (E ∩ F ∩ G).

Proposition (Principe des bergers)

Soit E, F deux ensembles finis, et f une application de E vers F .

Alors card (E) = P

-1

card f

({y}).

Donc si tous les ´el´ements de F ont le mˆeme nombre q d’ant´ec´edents : card (E) = q card (F ).

y∈F

Proposition (Produit cart´esien d’ensembles finis)

Si E et F sont finis, alors E × F est fini et card (E × F ) = card (E) card (F ).

Plus g´en´eralement, si E1, E2, . . ., En sont finis, alors card (

n

Q

i=1

Ei) =

n

Q

i=1

card (Ei).

En particulier, si E est fini, alors pour tout n ≥ 1 : card (En) = card (E)n.

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie III : D´enombrements

III D´enombrements

III.1 Applications entre ensembles finis

On note F(E, F ) l’ensemble des applications d’un ensemble E vers un ensemble F .

Proposition (Nombre d’applications entre deux ensembles finis)

Si E et F sont finis non vides, F(E, F ) est fini et card (F(E, F )) = card (F ) card (E).

Ce r´esultat justifie que l’on note souvent F E l’ensemble F(E, F ).

Proposition (Ensemble des parties d’un ensemble fini)

Soit E un ensemble fini, de cardinal n. Alors P(E) est fini et card (P(E)) = 2n.

Proposition (Nombre d’injections ou de bijections entre deux ensembles finis)

Soient E et F deux ensembles finis non vides.

Notons card (E) = p, et card (F ) = n, avec 1 ≤ p ≤ n.

Le nombre d’injections de E dans F est

n!

(n−p)!·

En particulier, si card (E) = card (F ) = n, le nombre de bijections de E dans F est n!

C’est le cas si E = F (les bijections de E sur E sont appel´ees permutations de E).

III.2 Arrangements et combinaisons

D´efinition

Soient p, n deux entiers tels que 0 ≤ p ≤ n.

(n−p)! et C p

On pose A p

n = n!

n = 1

p !A p

On constate que, si 1 ≤ p ≤ n :

(

Par exemple :

∀ n ∈ IN, A 0

∀ n ∈ IN∗, A 1

(cid:1).

n est souvent not´e (cid:0)n

p

n!

n =

p !(n−p)!· C p

n = n(n − 1) · · · (n − p + 1)

n(n−1)···(n−p+1)

p(p−1)···2·1

( A p

C p

n =

n = n!, C 0

n = 1, A n

n = n!, C 1

n = n, A n−1

n = C n

n = 1.

n = C n−1

n = n.

On sait que si 1 ≤ p ≤ n, A p

´el´ements vers un ensemble `a n ´el´ements.

n repr´esente le nombre d’applications injectives d’un ensemble `a p

Proposition (Arrangements)

Soit F un ensemble fini de cardinal n ≥ 1. Soit p un entier v´erifiant 1 ≤ p ≤ n.

Un arrangement de p ´el´ements de F est un p-uplet (y1, y2, . . . , yp) form´e de p ´el´ements de

F , distincts deux `a deux.

Le nombre d’arrangements de p ´el´ements de F est A p

de p ´el´ements parmi n).

n (on parle souvent d’arrangements

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie III : D´enombrements

Proposition (Combinaisons)

Soit F un ensemble fini de cardinal n ≥ 1. Soit p un entier v´erifiant 0 ≤ p ≤ n.

Une combinaison de p ´el´ements de F est une partie de F , de cardinal p.

Si p ≥ 1, elle peut donc s’´ecrire {y1, y2, . . . , yp}, ou y1, y2, . . ., yp sont distincts deux a deux

dans F (on parle souvent de combinaison sans r´ep´etitions).

Le nombre de combinaisons de p ´el´ements de F est ´egal `a C p

naisons de p ´el´ements parmi n).

n (on parle souvent de combi-

Propri´et´es fondamentales des coefficients C p

n

( Pour tous entiers n, p avec 0 ≤ p ≤ n : C p

Si 1 ≤ p ≤ n − 1, alors C p

n = C p

n = C n−p

n−1 + C p−1

n−1 .

n

.

n = C n

Cette derni`ere formule, avec C 0

On place souvent les C p

num´erot´ees `a partir de 0. Le coefficient C p

d’indice n et de la colonne d’indice p.

Le tableau ci-dessous est connu sous le nom de “triangle de Pascal” :

n de proche en proche.

n dans un tableau triangulaire, dont les lignes et les colonnes sont

n vient alors se placer `a l’intersection de la ligne

n = 1, permet de calculer les C p

p = 0 p = 1 p = 2 p = 3 p = 4 p = 5 p = 6

· · ·

n = 0

n = 1

n = 2

n = 3

n = 4

n = 5

n = 6

...

n

...

1

1

1

1

1

1

1

...

C 0

n

...

1

2

3

4

5

6

...

C 1

n

...

1

3

6

10

15

...

C 2

n

...

1

Publicité

4

10

20

...

C 3

n

...

1

5

15

...

C 4

n

...

1

6

...

C 5

n

...

1

. . .

C 6

n

...

. . .

. . .

. . .

Autres propri´et´es

Sous r´eserve que les coefficients ci-dessous soient d´efinis, on a les ´egalit´es :

C p+1

n = n−p

p+1 C p

n , C p

n = n

p C p−1

n−1 , C p

n = n

n−p C p

n−1

III.3 Binˆome de Newton

Le r´esultat suivant est particuli`erement important.

C’est sans doute en utilisant la formule du binˆome qu’on a le plus de chances de rencontrer les

coefficients C p

n (qui pour cette raison sont appel´es coefficients du binˆome).

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie III : D´enombrements

Proposition (Formule du binˆome de Newton)

∀ (x, y) ∈ lC2, ∀ n ∈ IN, (x + y)n =

En particulier : ∀ x ∈ lC, (1 + x)n =

n

P

k=0

C k

n

P

k=0

n xk yn−k.

C k

n xk.

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Entiers naturels, d´enombrements

Partie IV : Ensembles d´enombrables

IV Ensembles d´enombrables

NB : la notion d’ensemble d´enombrable est hors-programme des classes pr´eparatoires.

D´efinition

Un ensemble E est dit d´enombrable s’il existe une bijection de IN sur E.

Un ensemble E est dit au plus d´enombrable s’il est fini ou d´enombrable.

Remarques

– IN est ´evidemment lui-mˆeme un ensemble d´enombrable.

IN∗ est d´enombrable car la succession n 7→ n + 1 est une bijection de IN sur IN∗.

De mˆeme, l’ensemble des entiers pairs et celui des entiers impairs sont d´enombrables (consid´erer

les applications n 7→ 2n et n 7→ 2n + 1.)

– Tout ensemble d´enombrable est infini (car IN est lui-mˆeme infini.)

– Si E est d´enombrable, et si on note n 7→ an une bijection de IN sur E, on peut donc ´ecrire

E = {an, n ∈ IN}, les an ´etant distincts deux a deux. Le caractere d´enombrable de E est

donc une mani`ere de “num´eroter” distinctement les diff´erents ´el´ements de E.

– Si E est d´enombrable (resp. au plus d´enombrable) et s’il existe une bijection de E sur un

ensemble F , alors F est d´enombrable (resp. au plus d´enombrable).

Proposition (Parties d’un ensemble d´enombrable)

Toute partie F d’un ensemble d´enombrable E est au plus d´enombrable.

Proposition (Produit cart´esien d’ensembles d´enombrables)

L’ensemble IN × IN est d´enombrable.

Si E1, . . . , En sont d´enombrables, leur produit cart´esien

n

Q

k=1

Ek est d´enombrable.

Proposition (Une caract´erisation des ensembles au plus d´enombrables)

Soient E un ensemble d´enombrable. Un ensemble F non vide est au plus d´enombrable si et

seulement s’il existe une surjection de E sur F .

Remarques et cons´equences

– La proposition pr´ec´edente signifie qu’un ensemble non vide E est au plus d´enombrable si et

seulement s’il peut s’´ecrire E = {an, n ∈ IN}, (les an ´etant non n´ecessairement distincts.)

– L’ensemble ZZ est d´enombrable car il est infini (il contient IN) et l’application d´efinie sur IN2

par f (m, n) = m − n est une sujection de IN2 sur ZZ.

– L’ensemble lQ est d´enombrable car il est infini (il contient IN) et l’application f d´efinie sur

n est une surjection de ZZ × IN∗ sur lQ.

ZZ × IN∗ par f (m, n) = m

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Partie IV : Ensembles d´enombrables

Proposition (R´eunions d’ensembles au plus d´enombrables)

Soit (En)n∈IN une suite d’ensembles au plus d´enombrables.

Alors leur r´eunion F = S

n∈IN

En est un ensemble au plus d´enombrable.

Remarques

– Si l’un au moins des En est d´enombrable, alors F = S

n∈IN

En est d´enombrable.

– Une union finie d’ensembles au plus d´enombrables est au plus d´enombrable : il suffit en effet

de compl´eter une famille finie E0, E1, . . . , En par des Ek ´egaux par exemple `a En.

Proposition

L’ensemble P(IN) est infini non d´enombrable.

Proposition

L’ensemble IR est infini non d´enombrable.

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