Comparaison Vecteurs-Images pour la d tection des
changements des b timents dune base de donn es
topographiques
Olivier Jamet
To cite this version:
Olivier Jamet. Comparaison Vecteurs-Images pour la d tection des changements des b timents
dune base de donn es topographiques. Interface homme-machine . T l com ParisTech, 1998.
Fran ais. <tel-00005662>
HAL Id: tel-00005662
https://pastel.archives-ouvertes.fr/tel-00005662
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TH SE
pr sent e pour obtenir le titre de Docteur
de l(cid:201)cole Nationale Sup rieure
des T l communications
Sp cialit : Signal et Images
Olivier JAMET
Comparaison Vecteurs-Images
pour la d tection des changements
des b(cid:226)timents dune base de donn es topographiques
SOUTENUE LE 11 D(cid:201)CEMBRE 1998 DEVANT LE JURY COMPOS(cid:201) DE :
Georges STAMON
Pr sident
Marc BERTHOD
Rapporteurs
Marc RICHETIN
Henri MA TRE
Examinateurs
Herv LE MEN
Christian HEIPKE
Remerciements
Cette thAse sest d roul e au laboratoire (cid:19) M thodes dAnalyse et de Traitement dImages
pour la St r orestitution (cid:20) du Service de la Recherche de lInstitut G ographique National,
en collaboration avec le laboratoire (cid:19) Image (cid:20) du d partement (cid:19) Traitement du Signal et des
Images (cid:20) de l(cid:201)cole Nationale Sup rieure des T l communications.
Je tiens (cid:224) exprimer toute ma gratitude (cid:224) Henri Ma(cid:238)tre, qui a accept de diriger cette recherche,
et dont jai beaucoup appr ci lacuit des remarques, les critiques attentives, et les ouvertures
prodigu es sur des pistes scienti(cid:28)ques, ainsi qu(cid:224) Herv Le Men, qui ma propos ce sujet de
recherche, en a assur une partie de lencadrement, et (cid:224) qui, au del(cid:224) du soutien et de la con(cid:28)ance
quil ma t moign dans le cadre de ce travail, je dois ma formation de chercheur au cours des
ann es pass es.
Je remercie trAs sincArement le professeur Georges Stamon qui ma fait lhonneur de pr sider
mon jury, ainsi que M. Marc Berthod et le professeur Marc Richetin pour avoir accept dRtre
les rapporteurs de cette thAse. Merci galement au professeur Christian Heipke qui, malgr la
distance, ma fait lamiti de participer (cid:224) mon jury.
Mes remerciements vont aussi au laboratoire M.A.T.I.S. pour son soutien, en particulier (cid:224)
Daniel Piquet-Pellorce pour ses encouragements et pour les libert s quil ma laiss es, et (cid:224) mes
relecteurs et auditeurs attentifs (cid:21) Patrick Julien pour ses remarques ressortissant au bon usage
de la langue, Olivier Dissard pour ses critiques d taill es, Laurent Guigues pour sa patience
(cid:224) d cortiquer les math matiques, mais aussi Daniel Piquet-Pellorce, Ghislaine Bordes, Franck
Fuchs, Franck Jung et Nicolas Paparoditis (cid:21) , sans toutefois oublier lensemble de lunit pour
toutes les discusions de couloir qui panouissent la pens e, et pour laide logistique indispensable
(et jai ici une pens e particuliAre pour Fran(cid:231)ois Boyero).
Je remercie galement le laboratoire Image de lE.N.S.T qui a contribu (cid:224) la pr paration de
la soutenance, et o de brAves discussions apportent parfois des illuminations.
En(cid:28)n, un grand merci (cid:224) ma famille pour sa patience durant ce long parcours, et une pens e
trAs chaleureuse pour tous les voisins et amis qui mont soutenu, distrait, et mRme parfois nourri,
pendant ces trois ans.
R(cid:201)SUM(cid:201)
En d pit des progrAs apport s par les techniques num riques, la mise (cid:224) jour des donn es
topographiques par voie photogramm trique reste un processus co teux. En particulier mRme en
pr sence d volutions faibles, le contr(cid:244)le des donn es existantes doit porter sur lint gralit de
la zone trait e. Restant aujourdhui e(cid:27)ectu par des m thodes manuelles, il repr sente donc un
poste important.
Cette thAse sattache (cid:224) l tude de la d tection des changements du thAme b(cid:226)ti, par compa-
raison automatique dune base de donn es topographiques (cid:224) moyenne chelle (cid:224) un couple de
photographies a riennes. Lob jectif (cid:224) terme est d viter lexamen visuel par un op rateur dune
partie des scAnes trait es. La d marche adopt e propose une comparaison g om trique de la base
de donn es avec les extractions 3D issues de lappariement dun couple dimages r cent, et tente
den assurer la (cid:28)abilit par une mod lisation de lincertitude des donn es utilis es.
Le contr(cid:244)le de lincertitude des extractions 3D est abord par linterm diaire dune tude
formelle de processus dappariement ligne (cid:224) ligne. Ce cadre restreint permet de proposer une
repr sentation de lensemble des possibles sous la forme dun graphe orient dont les n(cid:247)uds sont
les extrema locaux dune mesure de ressemblance locale. Les conditions de d (cid:28)nition dune loi
de probabilit normalis e sur cette structure sont mises en vidence. En particulier, on d montre
que, sous des hypothAses r duites, pour toute loi markovienne dordre 1, les probabilit s condi-
tionnelles dans chacun des sens du graphe sont li es par une quation de (cid:29)ux. Ce constat conduit
(cid:224) la proposition dun algorithme ad hoc original, qui permet de quali(cid:28)er les n(cid:247)uds du graphe
par une probabilit re(cid:29) tant lambigu(cid:239)t de la d cision. Bas e sur une mod lisation autor gres-
sive amortie dordre 1 dans le graphe pour renforcer la quali(cid:28)cation locale des points, et sur des
calcul de (cid:29)ux pour d terminer leur probabilit , cette m thode reste de complexit raisonnable.
Une analyse d taill e de son param trage a par ailleurs permis son automatisation complAte.
Ces r sultats sont associ s (cid:224) lanalyse de lincertitude de la base de donn es pour donner une
expression formelle (cid:224) la comparaison des deux sources dans le cadre de la th orie des croyances
de Dempster-Shafer.
Les modAles propos s sont valu s par rapport (cid:224) des donn es r elles, tant en ce qui concerne
les probabilit s quali(cid:28)ant lappariement, que lensemble de la mod lisation de lincertitude.
Lexp rience montre que les probabilit s calcul es dans les graphes constituent un estimateur
acceptable de la probabilit e(cid:27)ective des points extraits dappartenir (cid:224) la surface 3D id ale.
L tude de lapport (cid:224) la d tection des changements des di(cid:27) rentes composantes de la mod lisa-
tion de lincertitude, conduite dans le cadre du contr(cid:244)le de lemprise planim trique du b(cid:226)ti de la
Base de Donn es Topographiques nationale fran(cid:231)aise, vient con(cid:28)rmer lint rRt de la d marche.
ABSTRACT
Despite the considerable evolution brought by digital technology, updating topographic data
through photogrammetric means keeps an expensive process. In particular, the veri(cid:28)cation of an
existing database needs the investigation of the whole processed area, disregarding the amount
of real changes. Thats why this still manual phase represents a noticeable charge.
This research focuses on the building change detection, through the comparison between a
Publicité
medium scale topographic database and an aerial stereopair. The (cid:28)nal purpose is to be able to
prevent a human operator from verifying needlessly unchanged part of the processed scenes. The
proposed method consists in a geometrical comparison between the database and 3D extractions
produced by the automatic matching of an up-to-date stereopair, and tries to ensure the reliability
of the diagnostic though a model of the uncertainty of both sources.
The 3D extraction uncertainty management is considered through a formal study of line-by-
line matching processes. This restricted point of view allows to propose a graph-based represen-
tation of all the possible extractions. The graph is oriented, and built on nodes corresponding
to local extrema of a local likeness measurement. We demonstrate the requirements for de(cid:28)ning
a normalised probability measure on such a data structure. In particular, we show that, under
limited hypothesis, the conditional probabilities in both directions of the graph are, for any order
1 markovian probability, linked together by a (cid:29)ood equation. This property leads us to propose
an original ad hoc algorithm, which computes a probability on each node of the graph. Such a
probability re(cid:29)ects the ambiguity of the decision for choosing a given node rather than any of
its alternatives. Based on an order 1 autoregressive model (cid:21) used for reinforcing the local node
valuation (cid:21) and on (cid:29)ood computations (cid:21) for the estimation of the probabilities (cid:21) the method
keeps within a reasonable complexity. Moreover, a detailed analysis of its parameters allowed to
make it fully automatic.
These results are combined to an analysis of the uncertainty of the database, and yield a
formal expression of the comparison between both sources within the Dempster-Shafer theory of
evidence.
The proposed models (cid:21) the probabilities qualifying the matching results as well as the whole
model of the uncertainty (cid:21) are evaluated by confrontation to real data. Our experiments show
that the probabilities computed in the graphs correspond to an acceptable estimate of the actual
probabilities for the points to be located on the ideal 3D surface. Besides, experimenting the
respective improvement brought by every component of the model of uncertainty (cid:21) within the
frame of a planimetric veri(cid:28)cation of the French national topographic database (cid:21) gives additional
evidence of the bene(cid:28)ts of the proposed methods.
Table des matiAres
1 Introduction
1
1.1 Contexte et ob jectifs g n raux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1
1.2 Sujet de l tude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2
2 Contexte applicatif
4
2.1 La BDTopo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4
2.1.1 Sp ci(cid:28)cation de contenu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
4
2.1.2 La couche B(cid:226)ti
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
6
2.1.3 Le modAle g om trique des b(cid:226)timents simples . . . . . . . . . . . . . . . .
6
2.1.4 CritAres de qualit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10
2.2 Le processus de mise (cid:224) jour de la BDTopo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10
2.2.1 Le processus actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
10
2.2.2 Quelques exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
13
2.3 Apport potentiel de cette recherche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
13
3 Analyse bibliographique
15
3.1 Le processus de d tection de changements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
16
3.1.1 Traitement des images . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
16
3.1.2 Mesures de compatibilit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
19
3.1.3 Processus de d cision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
21
3.1.4 Strat gie g n rale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
24
3.2 Lextraction dinformation 3
sur couple dimages a riennes . . . . . . . . . . . .
25
D
3.2.1 Multiplicit des problAmes et des solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . .
25
3.2.2 Les indicateurs de (cid:28)abilit dans les processus dappariement . . . . . . . .
29
3.2.3 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
33
3.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
37
4 Quali(cid:28)cation des surfaces
D extraites
38
3
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
38
4.1.1 D marche g n rale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
38
4.1.2 Mod lisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
4.1.3 Plan du chapitre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
39
4.2 Approche th orique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
40
4.2.1 Cadre choisi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
40
4.2.2 Propri t s fondamentales
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
45
4.2.3 Lois (cid:224) causalit dordre (cid:28)ni
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
48
4.2.4 Construction dune loi
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
51
4.2.5 Exemples
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
53
4.2.6 ProblAme des conditions initiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
56
Publicité
4.2.7 Remarque sur lhypothAse dexhaustivit . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
58
4.3 Un exemple de modAle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
60
4.3.1 Choix des mesures de ressemblance locale . . . . . . . . . . . . . . . . . .
60
4.3.2 ModAle autor gressif des courbes 3
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
61
D
4.3.3 Param trage
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
71
4.3.4 Mise en (cid:247)uvre
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
74
4.4 Int rRt de lapproche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
79
i
5 Calcul dun indicateur d volution
81
5.1 Mod lisation 2
des b(cid:226)timents
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
81
2
1
D
5.2 D marche g n rale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
83
5.3 Construction des indicateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
86
5.3.1 Emprise des b(cid:226)timents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
86
5.3.2 V ri(cid:28)cation du contenu altim trique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
94
5.4 Sch ma g n ral du processus
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.4.1 Strat gie de contr(cid:244)le. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
5.4.2 Bilan des paramAtres.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
5.4.3 Traitement de la v g tation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
5.5 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
6 Exp rimentation et r sultats
103
6.1 Validation de la loi de probabilit des extractions 3
. . . . . . . . . . . . . . . . 103
D
6.1.1 Donn es disponibles
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
6.1.2 Protocole d valuation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
6.1.3 R sultats qualitatifs
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
6.1.4 R sultats quantitatifs
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
6.1.5 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
6.2 Validation du processus de d tection de changements . . . . . . . . . . . . . . . . 142
6.2.1 Donn es utilis es . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
6.2.2 Protocole d valuation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
6.2.3 R sultats
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
6.2.4 Conclusions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
6.3 SynthAse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
7 Conclusion
158
7.1 SynthAse de l tude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
7.1.1 Travaux e(cid:27)ectu s . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
7.1.2 Apports principaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
7.2 Prospectives dordre op rationnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
7.3 Prospectives scienti(cid:28)ques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
7.3.1 Evolutions des algorithmes dappariement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
7.3.2 La gestion de lincertitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
7.3.3 Applications (cid:224) la reconnaissance des formes . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
7.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
Annexes
167
A Extrait des sp ci(cid:28)cations de saisie de la BDTopo
167
B Coh rence des disparit s gauche et droite
172
B.1 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
B.2 Variation de
en fonction du gradient de parallaxe . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
d
B.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
C Surfaces optimales de la loi de probabilit
176
D Exemple dautost r ogramme
195
Bibliographie
197
ii
Chapitre 1
Introduction
1.1 Contexte et ob jectifs g n raux
Durant les vingt derniAres ann es, comme dautres domaines techniques, la cartographie a vo-
lu vers une informatisation croissante de ses m thodes de saisie comme des documents quelle
produit. Aujourdhui, la plupart des institutions cartographiques nationales et des op rateurs
priv s des pays d velopp s sont (cid:224) mRme de fournir des documents cartographiques sur support
num rique. Dans un grand nombre de cas, ces donn es sont structur es au sens o elles in-
tAgrent la d (cid:28)nition dob jets et de relations entre ces ob jets. On parle alors de base de donn es
g ographiques plus que de donn es cartographiques.
Cette volution a ouvert la voie (cid:224) une utilisation plus souple des donn es g ographiques
au sein dapplications que lon peut regrouper sous lappellation de SystAmes dInformation
G ographique (S.I.G.). Lutilisateur a accAs (cid:224) des recherches localis es, (cid:224) des croisements din-
formation, (cid:224) des interrogations sur des critAres topologiques, (cid:224) des visualisations s lectives... et
peut mRme enrichir la base dont il dispose de ses propres donn es.
Dans un tel contexte, les producteurs de donn es se voient confront s (cid:224) un accroissement
des exigences de leurs utilisateurs. Lexactitude, et par cons quent lactualit de linformation,
trait e par ordinateur et recoup e entre sources de di(cid:27) rentes origines, devient plus critique.
Publicité
Corr lativement, la richesse des informations stock es dans les bases de donn es g ographiques
rend leur mise (cid:224) jour plus co teuse. Ceci est dautant plus vrai que, si la technologie a rapidement
volu en terme de support de saisie et de stockage, elle na par contre guAre progress concernant
les m thodes de saisie (cid:224) proprement parler, qui restent en large part manuelles.
Cette situation rend les recherches sur lam lioration des processus num riques de mise (cid:224) jour
des donn es g ographiques essentielles pour lentretien de la cartographie nationale (cid:224) un rythme
acceptable pour les utilisateurs, et (cid:224) un co t raisonnable pour la collectivit . Dans cet esprit,
lInstitut G ographique National a entrepris depuis 1990 des recherches en analyse dimage sur
les processus de saisie de linformation topographique, et plus r cemment sur les processus de
mise (cid:224) jour eux-mRmes.
La mise (cid:224) jour de donn es g ographiques peut Rtre d compos e en deux phases : linvestiga-
tion des changements et la modi(cid:28)cation de la base de donn es. Dans les processus op ration-
nels actuels, ces deux tapes sont intimement mRl es, et font concourir des techniques vari es.
Lidenti(cid:28)cation des changements pourra ainsi, par exemple, utiliser des critAres purement sta-
tistiques pour le choix des unit s cartographiques (cid:224) mettre (cid:224) jour (unit s administratives ou
d coupage conventionnel du pays), fond s sur la connaissance externe que lon a de l volutivit
des zones. Elle interviendra (cid:224) nouveau dans le processus de modi(cid:28)cation de la base, pendant
1
lequel lop rateur comparera les donn es existantes avec des documents mis (cid:224) sa disposition
(nouvelle prise de vue, cartographie r cente exogAne...). Elle se(cid:27)ectuera de fa(cid:231)on implicite dans
les enquRtes de terrain elles-mRmes, pendant lesquelles le topographe aura (cid:224) sa disposition des
documents issus de la base existante.
Dans cette recherche, nous nous int ressons (cid:224) une part restreinte de ce travail : la comparaison
du contenu de la base existante avec une nouvelle prise de vue. Cette tude est, pour partie, moti-
v e par des consid rations techniques, li es aux choix qua fait lInstitut G ographique National
concernant lactualisation des donn es topographiques fran(cid:231)aises. Dans le processus actuel, la
g om trie des donn es est mise (cid:224) jour par voie photogramm trique. Les premiAres valuations
dont dispose lI.G.N. sur ce processus ont montr quune part substantielle du co t de cette
phase restait due au temps dinspection des donn es (lint gralit des ob jets est contr(cid:244)l e, pour,
in (cid:28)ne, nen modi(cid:28)er quune faible proportion), et, pendant cette inspection, (cid:224) une di(cid:30)cult pour
lop rateur (cid:224) d cider de lopportunit des modi(cid:28)cations de la description g om trique des ob jets.
Les donn es de la base ne repr sentent en e(cid:27)et la r alit qu(cid:224) travers une mod lisation - simpli-
(cid:28)cation n cessaire du dessin assurant sa lisibilit aux chelles dutilisation pr vues. Ainsi, mRme
a(cid:30)ch e en superposition aux images, la repr sentation en mode vecteur des donn es demande
une interpr tation de la fa(cid:231)on dont les sp ci(cid:28)cations de saisie ont t satisfaites, lors de sa saisie
initiale. Lautomatisation de la d cision de mise (cid:224) jour de la description g om trique des ob jets,
ou pour le moins laide (cid:224) cette d cision, constituerait donc un apport substantiel au processus.
En tant quob jectif op rationnel, cette fonction daide (cid:224) lop rateur peut Rtre d crite comme
un processus de validation des ob jets de la base existante (cid:21) ou, autrement dit, de d tection des
non-changements.
Cette recherche trouve, par ailleurs, un int rRt scienti(cid:28)que (cid:224) la fois dans la probl matique
elle-mRme de la comparaison entre deux types de donn es h t rogAnes, et dans les performances
attendues. Concernant le premier point, les travaux portant sur la mise en correspondance entre
donn es vecteurs et images ne manquent pas. La plupart de ces tudes cherchent toutefois une
correspondance directe entre les vecteurs connus et des primitives contours extraites des images
(discontinuit s radiom triques, frontiAres entre zones de texture homogAne). Rares sont les tra-
vaux qui prennent en compte les possibles di(cid:27) rences de description, li es (cid:224) la simpli(cid:28)cation du
modAle cartographique. Quant (cid:224) la question des performances, force est de constater quen d pit
du grand nombre de recherches en reconnaissance de formes sur images a riennes, peu de proces-
sus op rationnels ont vu le jour jusqualors. Dans un contexte de mise (cid:224) jour, on attend des taux
derreur inf rieurs dun ordre de grandeur au taux d volution du paysage, qui d passe rarement
les quelques points. Cette exigence conduira (cid:224) prendre en compte, dans cette recherche, un besoin
aigu de ma(cid:238)trise de la (cid:28)abilit des d cisions prises par les processus de traitement automatique.
1.2 Sujet de l tude
Nous nous posons donc le problAme de la faisabilit dune validation automatique de des-
criptions vecteurs dob jets topographiques, par comparaison de ces mRmes vecteurs (cid:224) des prises
de vues a riennes r centes. Plus pr cis ment, nous nous pla(cid:231)ons strictement dans le contexte
op rationnel de lI.G.N. : les donn es vecteurs seront celles de la base de donn es topographiques
nationale (BDTopo
), et seront confront es (cid:224) un couple de photographies a riennes (cid:224) moyenne
R
chelle.
(cid:13)
Concernant les donn es cartographiques tudi es, cette restriction pr sente lint rRt de nous
2
donner un support applicatif r el, qui pourra servir de point de r f rence pour lanalyse des
performances des processus propos s. La limitation choisie sur les images utilis es participe
de raisons plus pragmatiques de disponibilit des donn es : lutilisation de points de vues plus
nombreux a d j(cid:224) montr son int rRt en analyse dimage ; elle ne fait par contre pas partie des
habitudes cartographiques (elle serait dailleurs dun int rRt limit pour les processus manuels
dans le cadre de lactivit de lI.G.N.), et nous ne disposons pas des donn es n cessaires pour la
mettre en (cid:247)uvre sur nos sites de travail.
Nous avons choisi de restreindre l tude aux b(cid:226)timents, dans la mesure o , dune part, les
thAmes concernant les l ments naturels du paysage semblent beaucoup plus di(cid:30)ciles (cid:224) aborder
(la simpli(cid:28)cation du modAle cartographique est encore plus sensible sur ces classes dob jets), et
o , dautre part, en mode manuel, les ob jets concern s demandent un e(cid:27)ort de saisie important en
comparaison avec dautres thAmes arti(cid:28)ciels (comme les routes o les voies ferr es). Cette derniAre
restriction nexclut par ailleurs pas denvisager des applications sur les zones durbanisation
dense, pour lesquelles labsence de changement sur le b(cid:226)ti peut Rtre un indice su(cid:30)sant pour
d cider de la non- volution de la zone.
En(cid:28)n, notre point de vue sera la mise en place dune proc dure automatique dinvestigation,
en amont de lintervention manuelle de lop rateur. Ce choix vise (cid:224) obtenir, en premiAre approche,
une valuation num rique des performances de diagnostic des m thodes propos es, sans alourdir
outre mesure les protocoles exp rimentaux (les m thodes interactives, qui pourraient pro(cid:28)ter
doutils daide (cid:224) la d cision, seraient beaucoup plus d licates (cid:224) valuer).
Ce rapport est divis en 7 chapitres. Au chapitre 2, nous d taillons le contexte applicatif
de l tude. Lanalyse des caract ristiques des donn es topographiques utilis es permet de mieux
cerner les di(cid:30)cult s li es (cid:224) la simpli(cid:28)cation du modAle ; lexpos des conditions op rationnelles
de mise (cid:224) jour nous donnera, quant (cid:224) lui, quelques pistes sur les critAres de d cision attendus
pour notre processus. Le chapitre 3 aborde un tat de lart sur la d tection des changements par
analyse dimage, en insistant sur les m thodes de comparaison vecteur-image, et met en lumiAre
les besoins en matiAre de formalisation de la (cid:28)abilit des processus automatiques dextraction 3
.
D
Au chapitre 4, nous pr sentons nos propositions pour une approche probabiliste de lextraction
(cid:224) bas niveau dinformation 3
sur un couple de photographies a riennes. Le modAle propos
D
est ensuite utilis au chapitre 5, pour la d (cid:28)nition des critAres de d cision de non-changement
adopt s dans le processus d valuation des donn es vecteurs. Le chapitre 6 pr sente les r sultats
exp rimentaux de l tude, tant en ce qui concerne les indicateurs de qualit propos s, que, dans
une moindre mesure, leur incidence sur la d tection des changements. Les volutions possibles
de notre d marche sont discut es en conclusion.
3
Chapitre 2
Contexte applicatif
LInstitut G ographique National, fond en 1940 sur lh ritage de la cartographie militaire, est
un tablissement public (cid:224) caractAre administratif, dont la vocation est, principalement, lentretien
des r f rences g ographiques et cartographiques sur le territoire national. Cette mission comprend
des travaux g od siques (points de r f rences), une couverture photographique du territoire, et la
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production dune cartographie topographique (cid:224) moyenne chelle. Dans les ann es 80, la d cision
a t prise de remplacer la carte topographique (cid:224) l chelle du 1/25 000, dite (cid:19) carte de base (cid:20),
R
produite jusqualors sur papier, par une base de donn es de r solution m trique : la BDTopo
.
(cid:13)
La production e(cid:27)ective de cette base de donn es, qui saccompagne dune r fection complAte
de la carte, a commenc en 1988, avec une pr vision initiale dachAvement (premiAre couverture
complAte du territoire) sous un d lai de 30 ans. Sa mise (cid:224) jour est pr vue sur la base dun cycle
moyen de 8 ans.
2.1 La BDTopo
2.1.1 Sp ci(cid:28)cation de contenu
La Base de Donn es Topographiques peut Rtre d (cid:28)nie comme une description num rique de la
topographie du territoire fran(cid:231)ais, adapt e aux applications (cid:224) l chelle du 1/5 000 au 1/50 000.
Son contenu th matique correspond grossiArement au contenu de la carte de base, mais avec
une meilleure exactitude g om trique. Les donn es y sont structur es en ob jets, de position
g n ralement d (cid:28)nie en planim trie et en altim trie, et de pr cision m trique (pour les points
bien identi(cid:28)ables). Ces ob jets sont munis de relations entre eux (relations topologiques, relations
de construction entre ob jets complexes et ob jets simples...).
Lensemble de la base est structur e en couches ind pendantes repr sentant chacune un grand
thAme cartographique (orographie, hydrographie, voies de communication, b(cid:226)timents, v g tation,
limites administratives, toponymie...). La (cid:28)gure 2.1 pr sente un extrait de la BDTopo en pro jec-
tion cartographique.
Quatre types dob jets sont repr sent s :
(cid:21) des ob jets ponctuels ;
(cid:21) des ob jets lin aires ;
(cid:21) des ob jets lin aires orient s ;
(cid:21) des ob jets surfaciques.
4
Courbes de niveau
Hydrographie
Limites administratives
Routes
B timents
500 m
Emprise Lambert I de lensemble de la zone : (592467, 1132111) - (595467, 1135111)
Fig.
2.1: Extrait de couches de la BDTopo sur la vil le de Colombes
Dans tous les cas, un ob jet est une entit porteuse dattributs, et munie dune description
g om trique, qui peut Rtre partiellement partag e entre plusieurs ob jets dune mRme couche :
(cid:21) un simple jeu de coordonn es pour les ob jets ponctuels ;
(cid:21) une suite de coordonn es pour les ob jets lin aires et les ob jets surfaciques.
Dans le cas des ob jets simples surfaciques, cette suite de coordonn es repr sente le contour
ext rieur de lob jet, positionn en 3
dans le r f rentiel cartographique ; lint rieur de lob jet
D
nest pas mod lis (au sens o le modAle ne d (cid:28)nit pas de fonction dinterpolation). Les ob jets
surfaciques complexes peuvent voir une part de leur int rieur mod lis en 3
, mais uniquement
D
par le biais des ob jets simples qui les composent.
Cette description g om trique est actuellement saisie par voie photogramm trique sur couples
de photographies a riennes, et par enquRte terrain le cas ch ant (pour les ob jets non visibles
sur les photographies).
La base est disponible sous deux formats. Lun contient lint gralit de la d (cid:28)nition des
ob jets et de leurs relations (le format actuellement utilis est le format EDIGEO
). Le second
1
est un format de dessin, qui ne comprend que des ob jets simples, d (cid:28)nis par leur g om trie (non
partag e) et chacun porteur dun attribut de classe et dun attribut de couleur (le format utilis
est alors le format DXF
). Dans le cadre de cette tude, o nous nous int ressons (cid:224) une seule
2
couche, et, nous le verrons, plus particuliArement (cid:224) sa g om trie, nous nous sommes restreints (cid:224)
lutilisation du format dessin pour plus de simplicit .
1. (cid:201)change de Donn es Informatis es dans le domaine de linformation GEOgraphique, Norme A.F.N.O.R.
Z13-150, Ao t 1992
2. Format de dessin con(cid:231)u par la soci t AutoDesk, San Rafael, CA, USA, pour le logiciel AutoCAD, et trAs
largement employ comme format d change par les utilisateurs de donn es vecteurs.
5
2.1.2 La couche B(cid:226)ti
Comme les autres couches de la base, la couche b(cid:226)ti comprend des ob jets ponctuels, lin aires
et surfaciques. Les ob jets simples du format dessin appartiennent (cid:224) 39 classes dont la liste est
donn e par la table 2.1, p. 7. Cette num ration illustre deux di(cid:30)cult s de lautomatisation des
processus de saisie cartographique par des techniques danalyse dimage. PremiArement, linfor-
mation cartographique porte aussi bien des indications sur lusage des l ments du paysage, que
sur leur nature mat rielle. On pr cise ainsi, par exemple, si un b(cid:226)timent est une salle de sport,
un b(cid:226)timent religieux, ou un b(cid:226)timent commercial. De telles nuances ne sont videmment pas
toujours visibles dans les images. De maniAre g n rale, si la g om trie des ob jets reste le plus
souvent apparente sur une prise de vue a rienne, la classe da(cid:27)ectation ne sera valid e, ou mRme
d cid e, que par enquRte terrain, et peut donc Rtre consid r e comme sortant du cadre de notre
tude.
DeuxiAmement, la n cessit dune standardisation de la description du paysage (cid:224) l chelle
nationale encombre la l gende de nombre de classes nayant de sens que pour une proportion
limit e de r gions (les arAnes, barriAres davalanche, et autres habitations troglodytiques). Le
traitement exhaustif de ces classes par un processus automatique demanderait une architecture
logicielle complexe, en raison de linexistence de caract ristiques communes (cid:224) lensemble de ces
ob jets h t roclites. Un tel ob jectif d passe les ambitions de ce travail.
Cette tude, par d (cid:28)nition limit e aux ob jets dont la g om trie est saisie (ou mise (cid:224) jour) par
voie photogramm trique, sera donc restreinte (cid:224) un nombre limit de classes, pour lesquelles un
traitement commun peut Rtre envisag . De maniAre synth tique, nous aborderons la d tection
des changements sur les ob jets de la couche b(cid:226)ti d (cid:28)nis qualitativement comme des entit s
surfaciques de hauteur signi(cid:28)cative au dessus du sol. Linterpr tation de la classe des ob jets (au
sens de la BDTopo) ne sera par ailleurs pas trait e. Cette restriction s vAre (en regard du nombre
de classes de la couche b(cid:226)ti) est en pratique raisonnable, dans la mesure o elle inclut les classes
(cid:19) B(cid:226)timents quelconques (cid:20) et (cid:19) B(cid:226)timents industriels (cid:20), qui (cid:224) elles deux repr sentent la trAs
grande ma jorit des ob jets dans un paysage urbain (cf. exemple de la table 2.1, p. 7).
2.1.3 Le modAle g om trique des b(cid:226)timents simples
De fa(cid:231)on g n rale, les constructions, au sens courant du terme, sont repr sent es par les arRtes
ext rieures de leur toit, situ es au niveau des gouttiAres. Cette description est ventuellement
enrichie darRtes internes ((cid:19) Limites int rieures de toit (cid:20)), lorsque le corps de b(cid:226)ti pr sente, en son
int rieur, des discontinuit s daltitude sup rieures (cid:224) un seuil. Les corps de b(cid:226)timents attenants
sont repr sent s par un seul contour.
Sp ci(cid:28)cations du modAle
Ce modAle est entiArement sp ci(cid:28) au travers de consignes (cid:224) lop rateur, qui d (cid:28)nissent, pour
chaque classe de b(cid:226)timent, le niveau de d tail de la repr sentation. Les consignes (cid:224) lop rateur
pour les classes (cid:19) Limites int rieures de toit (cid:20) et (cid:19) B(cid:226)timent Quelconque (cid:20) sont reproduites dans
lannexe A. La (cid:28)gure 2.2 en donne un extrait. Cet exemple appelle plusieurs remarques.
Ambigu(cid:239)t de la repr sentation (cid:224) r alit donn e.
En premier lieu, le modAle g om trique de la BDTopo est un modAle cartographique. Si la
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notion d chelle na plus grand sens pour des donn es num riques, il nen...