Canaux et signaux continus

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Canaux et signaux continus

Signal Processing, Probability, Continuous Signals · course

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Chapitre 6. Canaux et signaux continus

1. Notions de base (survol rapide

voir notes à tête reposée)

(a) Processus aléatoires en temps continu

(b) Théorème d’échantillonnage

(c) Entropies différentielles et théorème AEP

2. Canaux continus

(a) Canal Gaussien (modèle abstrait, en temps discret)

(b) Canaux à bande passante limitée (en temps continu)

(c) Canaux parallèles et bruit coloré

(d) Espaces de signaux (introduction au traitement du signal)

1

Processus aléatoires en temps continu

1. Fonction aléatoire (très général)

Espace probabilisé : !

Ensemble

d’indices (fini, infini, continu

)

Fonction aléatoire : une fonction de deux arguments

:

!

2. Spécialisation (dans ce chapitre)

et

: valeurs et temps continu.

(1)

!

: peut être discret ou continu (p.ex. : source discrète, canal continu)

Ressemble à un vecteur aléatoire de dimension infinie...

Si on fixe :

devient une v.a. “classique” (on la note

)

Si on fixe

:

devient une fonction “classique”

2

Modélisation probabiliste de processus aléatoires

NB. En principe une conséquence de la définition et de la loi

!.

définie sur

Point de vue descriptif :

Loi de probabilité fini-dimensionnelle du processus à l’ordre

vecteur aléatoire

2

;

1

donnée pour toute suite d’instants

= la loi du

1

2

.

Loi temporelle d’un processus aléatoire = l’ensemble de toutes les lois fini-

dimensionnelles du processus à tout ordre.

Processus Gaussien = processus dont toutes les lois fini-dimensionnelles sont

Gaussiennes.

Processus blanc = processus dont toutes les lois fini-dimensionnelles se fac-

torisent (indépendance).

Processus Gaussien blanc = processus Gaussien avec matrices de variance-

covariance diagonales.

3

Notions élémentaires

Moyenne du processus aléatoire (fonction du temps) :

Processus centré si moyenne identiquement nulle. Sinon, version centrée =

Fonction d’autocovariance (parfois d’autocorrélation) (deux arguments)

1

2

1

2

2

3

4

On a

1.

2.

3.

0,

2

1

2

1

2

2

1 ,

1

1

2

2

(inégalité de Schwarz).

4

Stationnarité/ergodicité

Voir notes pour les détails et précautions...

Stationnarité au sens large

1.

2.

constante.

1

2 ne dépend que de la différence 1

2

(on note

Densité spectrale de puissance (processus stationnaire)

(Ici définition mathématique, interprétations : voir cours sur les proc.al.)

2

)

5

(transformée de Fourier de

.)

Interprétation :

moyenne).

spectre de la répartition de puissance dans le signal (en

Autres définition : espérance mathématique du carré du spectre des réalisations

5

Théorème d’échantillonnage (Shannon et Nyquist)

Trajectoire

transformée de Fourier de

d’un processus (aléatoire ou non) limitée en fréquence :

existe et soit telle que

2

0

0

6

7

où 0 désigne la largeur de bande du signal (en Hz).

Le théorème d’échantillonnage dit que la fonction

complètement déterminée par des échantillons

est dans ces conditions

2 0

2

1 0 1 2

Considérons la fonction sinc

définie par

sin

sinc

6

8

Cette fonction vaut 1 en

Publicité

0 et sinc

0

0.

A partir de cette fonction on peut construire une base orthonormée de signaux

limités en fréquence dans la bande

0 comme suit :

0

2 0 sinc 2

0

2 0

2

1 0 1 2

9

Cette base est orthonormée car

Donc la fonction

2 0

2 0

10

11

est évidemment identique à

aux instants d’échantillonnage. Comme

cette fonction et une superposition de fonctions à spectre limité dans une

même bande, elle est aussi a spectre limité dans cette bande. Le théoreme

d’échantillonnage garantit donc qu’elle doit être identique à

.

7

Entropies différentielles (Rappels)

log [

]

(extension au cas de vecteurs aléatoires : intégrale multiple)

Invariante par translation de la v.a.

Produit par une matrice (non-singulière) : il faut ajouter log

Exemples :

Loi uniforme

log Vol

12

13

Plus généralement, soit

une v.a. Gaussienne dans

, alors

où

désigne le déterminant de

(nécessairement non-négatif).

1

2

log

2

14

8

Propriétés de la loi Gaussienne

La loi Gaussienne est la loi qui maximise l’entropie différentielle sous les

contraintes

et Var

2.

2 Var

Comme

maximise l’entropie sous la seule contrainte d’égalité

Gaussienne

2, on en déduit immédiatement que la loi qui

est la loi

0

2

.

Donc, finalement : la loi qui maximise l’entropie sous la contrainte d’inégalité

0

0 est la loi Gaussienne

0 .

2

Propriétés de la loi uniforme

La loi uniforme sur un ensemble

contrainte

1.

Autres remarques

est la loi qui maximise l’entropie sous la

L’entropie différentielle de lois multidimensionnelles dégénérées (la proba-

bilité étant concentrée sur un ensemble de volume nul) n’est pas définie.

9

Théorème AEP pour des v.a. continues

Le théoreme AEP reste valable a condition d’effectuer les changements suiv-

ants :

(remplacement des probabilités par des densités),

(remplacement de l’entropie par l’entropie différentielle),

Vol

(remplacement des cardinalités par des volumes).

Il se formule donc de la manière suivante :

Soit

1

2

une suite de v.a. i.i.d. selon

. Alors

1

log

1

2

log

15

10

Ensembles typiques

Pour

0 et

, ensemble typique

par rapport à la densité

:

1

où

1

1

1

log

1

:

.

16

L’ensemble typique a les propriétés fondamentales suivantes :

1.

2. Vol

3. Vol

1

, pour

suffisamment grand.

2

1

, pour tout

.

2

, pour

suffisamment grand.

De plus, on montre que le volume minimal de tout sous-ensemble de

probabilité supérieure à 1

typique.

de

est essentiellement le volume de l’ensemble

11

Canaux continus (alphabet d’entrée et de sortie continu

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)

Un canal continu peut être continu ou discret en temps.

Un canal continu peut être utilisé avec des entrées “discrètes” (cf. modulation)

Modèle simple = bruit additif Gaussien :

0

NB. Capacité infinie si

0, ou si

est illimité (puissance du signal illimitée).

Puissance moyenne (par symbole transmis) limitée : toute suite de symboles

1

transmise sur le canal vérifie

1

2

1

17

Si les signaux d’entrée sont ergodiques (ce que nous supposerons être le cas

équivalente à la

dans ce qui suit), cette contrainte devient lorsque

contrainte

18

2

12

Capacité du canal Gaussien

Deux approches :

1. Alphabet d’entrée discret (p.ex. binaire) :

1

2. Alphabet d’entrée sans contrainte :

1

2 log 1

1.

2

.

Explications:

1. Alphabet binaire discret :

Sous la contrainte de puissance :

et

.

: canal binaire symétrique avec

.

2. Capacité sans restrictions supplémentaires :

Comme le canal est sans mémoire (bruit i.i.d.), on peut supposer que les entrées

sont également indépendantes : on raisonne symbole par symbole (on suppose

que les entrées sont i.i.d. selon une loi

.)

13

Définition : capacité en information = max

:

2

;

.

On montre (cf. notes) :

Capacité est réalisée pour

N.B :

0

et vaut 1

2 log 1

.

1. Dans ce cas, la sortie est distribuée en loi

0

.

2. Résultat conceptuellement analogue au cas du canal symétrique binaire.

Discussion (intuitivement évident) :

L’utilisation d’un alphabet continu permet en principe d’augmenter la capacité.

D’autant plus que le rapport signal/bruit est élevé.

Montrons que la capacité en information est égale au débit maximum at-

teignable...

14

Code

puissance

Un code

consiste en :

pour le canal Gaussien avec limitation de

1. Un ensemble d’indices 1 2

.

2. Une fonction d’encodage

mots de code

1

moyenne pour chaque mot de code, i.e.

: 1 2

, produisant les

qui vérifient la contrainte de puissance

2

1

1 2

19

3. Une fonction de décodage

:

1 2

.

Débit réalisable

Un débit

sance

puissance) telle que la probabilité d’erreur maximale

est dit réalisable pour le canal Gaussien avec limitation de puis-

(respectant la limitation de

s’il existe une suite de codes

tende vers zéro.

2

15

Empilement de sphères (argument de plausibilité)

On se pace dans la situation qui réalise la capacité en information.

Si on émet un vecteur

probabilité proche de 1) dans une boule centrée en

donné de dimension , le signal reçu est confiné (avec

.

de rayon

En fait, le signal tend a se concentrer a la surface de la sphère, car 1

.

2

1

Plaçons les signaux d’entrée de maniere a ce que les sphères ne se recouvrent

pas : combien de sphères peut on ainsi empiler ?

Comme signaux limités en puissance : ils doivent se trouver à l’intérieur d’une

sphère de rayon

.

On montre que les vecteurs reçus sont alors confinés (quel que soit le code

utilisé) dans une sphère de rayon

.

Rapport des volumes : sphere de réception/spheres de bruit = 2 2 log 1

fixe une borne à

2

.

qui

16

17

couronne en sortie

couronnes

de bruit

couronne

à l’entrée

18

Démonstrations “réelles”

voir notes

Applications : canaux à bande passante limitée

Publicité

Modèle :

20

est le signal temporel d’entrée,

où

Gaussien et

coupe toutes les composantes fréquentielles au-delà d’un seuil

une réalisation de bruit blanc

est la réponse impulsionnelle d’un filtre passe bande idéal qui

0 (le symbole

désigne le produit de convolution).

NB: un bruit blanc

est un processus aléatoire stationnaire tel que

0

, et tel que

0

2

21

représente l’impulsion de Dirac (idéalisation mathématique) et

où

variance du bruit. Le bruit blanc est dit Gaussien si de plus, les

une loi Gaussienne

.

0

2 la

suivent

19

Comme le signal en sortie est limité en fréquence, on peut considérer que les

entrées et les sorties sont définies par les échantillons aux instants

.

2 0

On montre que, pour un bruit blanc ces échantillons sont i.i.d.

0

0 0 .

Supposons que nous disposions d’une puissance d’ émission

: on peut générer

un signal aléatoire Gaussien limité en fréquence en choisissant les échantillons

distribués selon une loi

0

.

On a donc une capacité (par utilisation du canal, i.e. par échantillon) qui vaut :

1

2

log 1

0 0

bits par échantillon

et comme il y a 2 0 échantillons par seconde, on obtient

0 log 1

0 0

bits par seconde

22

23

En pratique,

lesquelles l’ingénieur peut agir.

0 est une donnée physique.

et

0 sont des grandeurs sur

20

NB: la capacité croˆıt avec la largeur de bande

lim

0

0 log 1

0 0

0

log bits par seconde

24

Si la largeur de bande est très large, on peut utiliser des schémas de modulation

discrets (p.ex. binaire) : la capacité exploitable, à la limite vaut environ 63%

de la capacité théoriquement atteignable (cela est lié a la décision brute a la

sortie du démodulateur

).

Exemple

La largeur de bande d’une ligne téléphonique est limitée à 3300Hz (ce qui

convient parfaitement à la parole). En supposant que le rapport signal bruit

soit de 20dB ( 10 log10

) on a

0 0

et on calcule que

21 972 bits par seconde.

100

0 0

21

Conclusions générales

Si bande étroite et rapport signal bruit élevé : le codage de canal est peu utile.

Si rapport signal bruit faible, mais bande de fréquence large : codage de canal

nécessaire.

Si bande de fréquence plus large, la plage de puissance ou la croissance de la

capacité est plus large.

Si rapport signal bruit élevé: modulations discrètes pénalisées.

Autres résultats (voir notes)

Décodage : reconnaˆıtre le signal envoyé sur le canal.

Approximation : codage discret de signaux continus.

Canaux parallèles et canaux avec spectre de bruit quelconque :

22

3 0

3

4

4

2

1

1

2

23

Moralité

Théorie de l’information dit :

il faut exploiter un canal en maximisant la

discernabilité des signaux envoyés, compte tenu des déformations introduites

par le canal, et des limitations techniques imposées au concepteur.

On peut augmenter la dimensionnalité des espaces de signaux pour atteindre

la capacité.

Dans certains cas, il faut augmenter l’alphabet de source (nombre de niveaux

possibles pour chaque symbole).

Dans d’autres cas il faut coder des messages plus longs (réseaux de points dans

un espace multidimensionnel).

24

Ce que ne nous n’avons pas pu voir:

Codes sur un espace euclidien

(Signaux et canaux continus)

Cryptographie

(Rendre le décodage difficile)

Théorie de la distorsion

(Compression irréversible)

Théorie de l’information de réseaux de communication

Relation entre théorie de l’information et physique statistique

(Thermodynamique)

Applications de la théorie de l’information

(statistiques et apprentissage automatique)

Complexité de Kolmogorov

(relations avec l’informatique théorique : décidabilité, complexité

)

25