Projet Traitement du Signal : Analyse de Signaux ECG

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Projet Traitement du Signal : Analyse de Signaux ECG

Signal Processing, ECG Analysis, Biomedical Engineering · notes

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Projet Traitement du Signal : Analyse de Signaux ECG

1

Introduction

1.1 Contenu des signaux ECG, description du contenu temporel/fréquentiel

des ECG, cas nominaux et pathologiques

L'électrocardiogramme (ECG) est un signal qui représente l'activité électrique du coeur.

L'ECG est un élément essentiel que ce soit dans la surveillance des patients ou dans le

diagnostic des maladies cardiovasculaires. Les bases théoriques et pratiques de

l'enregistrement de l'activité électrique cardiaque ont été énoncées par Einthoven en 1901 et,

même si les postulats proposés sont très discutables, ils sont encore utilisés dans

l'électrocardiographie. Dans les paragraphes qui suivent, nous décrivons brièvement l'onde

d'activation du coeur, les modes d'enregistrement de cette activité électrique et les principales

caractéristiques fréquentielles présentées par l'ECG.

  • Génération de l'ECG

La figure ci dessous représente le chemin parcouru par l'onde d'activation de l'ECG.

Celle-ci naît dans l'oreillette droite dans le noeud dit de Keith et Flack (aussi appelé noeud

sino-auriculaire -noté KF sur la figure-) situé au pied de la veine cave supérieure. Cette onde

s'étale sur les deux oreillettes et arrive jusqu'au nœud d'Aschoff-Tawara (aussi appelé nœud

auriculo-ventriculaire, -AT sur la figure-) pour emprunter la voie de His et pour atteindre

finalement les deux ventricules (VD et VG).

Cette onde d'activation permet l'apparition de processus de dépolarisation et de

repolarisation des cellules du cœur qui peuvent être recueillis par des électrodes placées dans

des endroits précis. Ces processus donnent lieu à la forme d'onde globale d'un ECG dit

normal, illustré sur la figure ci-dessous :

R

T

S

P

Q

Les principales formes d'ondes qui constituent l'ECG global sont décrites ci-après :

1) L'onde P est une déflexion correspondant à la dépolarisation des oreillettes droite et

gauche,

2) L'onde Ta, déflexion correspondant à la repolarisation des oreillettes, est

habituellement non visible,

3) Le complexe QRS correspond à un ensemble de déflexions dues à la dépolarisation

des ventricules,

4) L'onde T est une déflexion correspondant à la repolarisation ventriculaire.

Les valeurs normales des durées des déflexions sont :

1) Onde P : inférieure ou égale à 0,11s

2) Onde Q : inférieure à 0,04s

3) Complexe QRS : inférieur à 0,1s, habituellement compris entre 0,06 et 0,08s.

Onde QT : sa durée varie selon la fréquence cardiaque, elle s'allonge quand la fréquence se

ralentit, et se raccourcit quand la fréquence s'accélère. Pour une fréquence de 60 cycles par

minute, la durée de l'onde QT se situe dans un intervalle [0.35s, 0.43s] et pour une fréquence

cardiaque de 80 cycles par minute, elle se situe plutôt entre 0.31s et 0.39s.

  • Les artefacts de l'ECG

Divers bruits sont présents dans l'ECG de routine. Parmi les plus importants, on peut citer :

1) La dérive de la ligne de base (fréquence < 5Hz),

2) Les artefacts dus aux mouvements (fréquence 1-10Hz),

3) Le secteur et ses harmoniques (fondamental 50 ou 60Hz),

4) L'EMG (fréquence 25-100Hz).

  • Contenu spectral de l'ECG

Le signal ECG est un signal riche par la variété des ondes qui le constitue (ondes P,

QRS et T). Ainsi, il présente une densité spectrale de puissance qui varie en fonction de la

morphologie du signal (dérivations) et d'un sujet à un autre. La densité spectrale de puissance

des signaux ECGs a été étudiée dans les cas suivants :

1) ECG normaux de personnes saines au repos,

2) ECG avec des bruits musculaires engendrés par des actions des bras et des muscles de la

poitrine,

3) Les artefacts dus aux mouvements de personnes sur tapis roulant.

4) ECG anormaux de personnes souffrant d'arythmies.

Les densités spectrales de puissance ainsi obtenues en utilisant la méthode du

périodogramme moyenné sur 150 battements sont illustrées sur la figure ci-dessous :

12

10

8

6

4

2

0

ECG

Artéfacts dûs

aux mouvements

PT

QRS

EMG

0

5

10

15

20

25

30

35

40

Fréquence en Hz

Les densités spectrales de puissance des complexes QRS et des ondes PT ont été aussi

calculées. On y observe le comportement passe-bas de l'ECG dont l'énergie est comprise entre

1 et 30Hz. Dans le cas des ondes PT, le contenu spectral se limite aux très basses fréquences,

tandis que pour le complexe QRS ce contenu a une tendance vers les plus ``hautes''

fréquences.

De plus, les bruits des muscles captés par des électrodes suffisamment séparées peuvent être

supposés non corrélés. Ainsi, les signaux EMG superposés aux dérivations de l'ECG peuvent

être considérés comme des bruits non corrélés entre eux si les électrodes exploratrices sont

suffisamment séparées.

Intérêt d’une analyse automatique d’un ECG

-

L’exploitation médicale courante d’un enregistrement ECG se fait selon l’une des

modalités suivantes :

  • Un enregistrement périodique (3 mois) chez son médecin traitant. Cet enregistrement a

une durée de 30s à 1min pour vérifier le comportement général du rythme cardiaque. La

notion médicale de « rythme cardiaque » englobe l’ensemble du comportement de

l’activité électrique du cœur (forme du cycle, agencement des différentes ondes et des

différents cycles les uns par rapport aux autres) et pas seulement la fréquence cardiaque.

  • Un enregistrement continu, sur plusieurs jours, nécessitant l’hospitalisation du patient

pour observer le comportement à plus long terme du fonctionnement du cœur (cette phase

d’analyse pouvant avoir été mise en œuvre suite a des doutes provenant de la première

expertise).

Cependant, cette façon de procéder n’est pas optimale ; ni sur le plan médical, la première

expertise se faisant sur des durées trop courtes pour mettre en évidence des troubles du

rythme sur le long terme, ni sur le plan des coûts, la seconde exploitation impliquant la mise

en œuvre de moyens lourds pour la surveillance du patient.

De plus en plus, des enregistreurs d’ECG portatifs permettant aux patients d’effectuer

leur propre enregistrement dont utilisés. Ces enregistrements sont alors régulièrement

communiqués à un centre médical pour analyse. Cependant l’analyse automatique d’un ECG,

qui pourrait être par exemple implantée sur ces enregistreurs portatifs, offrirait un compromis

encore plus intéressant, tant au niveau de la qualité de vie du patient, que du dérangement du

corps médical, puisque l’analyseur pourrait alors ne demander une expertise qu’en cas de

détection d’une pathologie (potentielle).

  • Origine et manifestation des pathologies

L’analyse automatique des ECG n’est pas simple (de la même manière que son

expertise médicale), du fait de la variabilité des enregistrements d’un patient à un autre et de

leur variabilité interne, en fonction de l’état physiologique d’un patient (au repos, en

mouvement, stress... Qui plus est, l’expertise médicale d’un enregistrement d’ECG est

souvent complétée par l’analyse de l’histoire clinique du patient, difficile à exploiter dans la

mise en œuvre d’une expertise automatique.

Les troubles du rythme cardiaque trouvent principalement leurs origines dans des

problèmes de conduction (chemin suivi par l’onde de dépolarisation a partir de son point

d’activation électrique), des troubles de la fréquence cardiaque (fonction du pacemaker

naturel (nœud) qui initie la dépolarisation) ou encore de la forme des différentes ondes

composant le cycle cardiaque (déformation onde P, segment ST…).

Parmi les pathologies les plus courantes nous citerons :

-

les bradycardies et tachycardies (resp. ralentissement et accélération de la fréquence

cardiaque)

les fibrillations auriculaires et ventriculaires (contractions indépendantes et

désordonnées (asynchrone) des fibres musculaires entrant dans la propagation de

l’onde de dépolarisation)

les blocs auriculo-ventriculaires

dépolarisation suivant la voie courante de propagation)

(défauts de cheminement de

l’onde de

-

-

-

les extrasystoles (ou rythmes d’échappement), qui ne sont pas a proprement parlé

des « pathologies », mais qui peuvent indiquer des évolutions vers des états

pathologiques ou bien des problèmes situés en amont de la voie de conduction. (les

extrasystoles sont des battements initiés par des foyers différents du nœud courant

de dépolarisation).

Ainsi les troubles du rythme cardiaque ont des manifestations nombreuses, qui résultent

le plus souvent d’une combinaison de ces divers troubles élémentaires (conduction, fréquence

cardiaque, formes des ondes). Tout l’objet d’un analyseur, ou détecteur de pathologie serait

donc d’exploiter un grand nombre de paramètres (statistiques, caractéristiques des différentes

ondes) extraits de l’ECG et de les combiner pour effectuer un pré-diagnostic.

1.2 Lecture, observation et manipulations de fichiers de données sous

matlab

Les données disponibles dans ce TP sont des variables vectorielles sauvegardées sous le

format « .mat » (utiliser load + nom_du_fichier_de_données). Une fois chargé, une variable

ecg (vecteur, contenant les amplitudes du signal ECG enregistré) est placée dans le workspace

de Matlab. Une variable Fs contenant la fréquence d’échantillonnage associée au signal

chargé est également crée. Les signal correspondant peut ainsi être tracé en manipulant la

variable ecg.

2 Analyse spectrale / Filtrage d'un bruit d'alimentation

Généralement les signaux ECG sont acquis à l’aide d’un circuit électronique.

L’alimentation de celui-ci est un signal continu à une fréquence de 50Hz (France) ou 60Hz

(USA) qui est la source d’interférences parasites. Une sinusoïde d’amplitude plus ou moins

importante par rapport à l’amplitude du signal échantillonné vient perturber celui ci. Une des

premières opération est donc de mettre en place un filtre qui élimine cette composante.

2.1 Signal synthétique

• Générer un bruit blanc gaussien (randn.m). Observer son histogramme et la densité de

probabilité associée (histfit.m).

• Générer une sinusoïde à la fréquence de 60Hz perturbée par un bruit additif blanc

gaussien (on pourra fixer une fréquence d'échantillonnage de 200Hz). Tracer les signaux

temporels correspondants à divers rapports signal sur bruit

sP et

bP désignent les puissances du signal et du bruit.

SNR

=

10

log

10



P

s

P

b



,

2.2 Analyse spectrale / filtrage d’un bruit d’alimentation

2.2.1 Péridogramme

Calculer le périodogramme de la sinusoïde bruitée en utilisant les fenêtres rectangulaire et de

Hanning.

2.2.2 Corrélogrammes

Déterminer les fonctions d'autocorrélation biaisée et non biaisée de la sinusoïde bruitée puis

les densités spectrales de puissance de ce signal (Lisez attentivement la remarque 3 de

l’annexe). Comparer avec le périodogramme.

2.3 Filtre à encoche

Le bruit blanc a la particularité de posséder une densité spectrale de puissance constante

fs

(

)

=

0N

2

. Pour éliminer efficacement les interférences, localisées à une fréquence bien

définie et connue, on peut implanter un filtre qui élimine cette composante fréquentielle et ce

de la manière la plus sélective qui soit. On désire dans cette partie étudier un filtre éliminant

la fréquence

Hz

60

=

.

f

0

• Etudier la structure du filtre à encoche décrit en annexe qui permet d’éliminer la

composante sinusoïdale du signal généré précédemment. Comparer les gabarits de

cette cellule obtenus pour diverses valeurs de e (commande freqz.m)

• Faire une analyse spectrale comparative des signaux avant et après filtrage (pour le

filtrage, utiliser filter.m)

2.4 Elimination des interférences d’alimentation pour un ECG

Dans tout système électronique, en l’occurrence un capteur ECG, des interférences dues

aux alimentations sont présentes dans les signaux enregistrés. Cette perturbation prend

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l’allure d’une sinusoïde à la fréquence d’oscillation de l’alimentation ; i.e. sur secteur

on verra apparaître une composante à la fréquence 50Hz (France) ou 60Hz (USA). Cette

information, ne présente aucune utilité vis-à-vis d’une expertise médicale. Dans un

premier temps nous proposons d’étudier un moyen d’éliminer cette interférence.

• Analyser le spectre du signal (load ECG60_2) avec les méthodes utilisées pour la

sinusoïde (périodogramme et corrélogramme)). Quelle est la fréquence d’oscillation

de l’alimentation ?

• Appliquer le filtre à encoche défini précédemment.

• Observer les différents résultats obtenus en faisant varier les paramètres du filtre

(fréquence de réjection et sélectivité).

3 Détection des complexes QRS / Analyse du rythme

Comme nous le verrons ultérieurement, la largeur et le rythme des complexes QRS sont

des paramètres importants pour le détection de pathologies. Dans cette partie, nous

étudions un algorithme de détection des complexes inspiré de l'article suivant :

J. Pan and W. J. Tompkins, "A real time QRS detection algorithm", IEEE Trans. on

Biomed. Eng., vol. BME-32, pp. 230-236, 1985.

Après avoir éliminé la composante spectrale associée à la fréquence du secteur, on se

propose d'éliminer le bruit qui se trouve en dehors de la bande spectrale des complexes

QRS, c'est-à-dire en dehors de la bande [5-15Hz]. L'article de Pan et Tompkins propose

de construire un filtre passe-bande à partir d’un filtrage passe-bas et d'un filtrage passe-

haut. Ensuite on applique au signal la série d’opérations suivante : filtre dérivateur,

filtre quadrateur et filtre à moyenne glissante (voir schéma ci-dessous). Comme dans

l'article de référence, on considère une opération de fenêtre glissante de largeur L = 30

points (largeur supérieure à la largeur du complexe QRS).

Représenter graphiquement l’effet de ces opérations sur un complexe QRS.

Toutes ces opérations ont été regroupées dans la fonction matlab QRSdetection.m. La

signification des vecteurs de sorties hp_ecg, deriv_ecg, sq_ecg et moy_ecg est

expliquée sur la figure ci-dessous. Appliquer le programme QRSdetection.m au signal

ECG60_2 filtré (noté Signal ECG sur la figure). Comparer vos résultats avec ceux

obtenus avec la fonction matlab.

hp_ecg

deriv_ecg

sq_ecg

Signal ECG

Filtre

passe bande

Filtre

derivateur

Filtre

quadrateur

Largeur complexes QRS

Rythme ECG

Extraction de paramètres

(peak-features.m)

Filtre à

moyenne glissante

moy_ecg

QRSdetection.m

Le signal en sortie du filtre à moyenne glissante est introduit dans le sous-programme

peak-features qui permet d'extraire la largeur des complexes QRS et la position des pics

R (rythme du signal ECG). Comparer les résultats obtenus avec le signal d’origine

(voir figure ci-dessous).

4 Restauration des échantillons perdus

Les enregistrements ECG portatifs sont régulièrement communiqués au centre médical

via le réseaux GPRS/UMTS (en dehors de la maison) ou via le réseau fixe (à la maison).

Le canal de transmission peut introduire des fortes atténuations appelées évanouissements

(ou fading en Anglais). Ainsi, il est possible que quelques paquets de données soient

perdus. Dans ce cas, il faut une méthode pour récupérer ces données perdues.

4.1 Méthode

On utilisera l’algorithme de Papoulis-Gerchberg. Il peut être utilisé seulement avec des

signaux dont la densité spectrale de puissance à un support spectral limité. Ceci n'est pas

un problème pour notre application puisque le signal ECG à une bande spectrale [1Hz-30

Hz].

Algorithme de Papoulis-Gerchberg

L’algorithme Papoulis-Gerchberg est basé le fait que le complexe QRS a une bande

limitée. A chaque itération, on calcule la TFD du signal et met à zéro le contenu spectral

qui est hors de la bande d'intérêt [0Hz-30Hz]. Ensuite, on détermine la TFD inverse, ce

qui fournit un signal temporel. De ce signal, on prend les échantillons correspondants

aux échantillons perdus et on les insère dans le signal d’origine. On recommence ce

procédé jusqu'à récupérer de façon satisfaisante le signal d'origine. Le procès itératif est

illustré sur le schéma suivant :

Initial signal vector

with missing samples(set to zero).

Input signal vector

DFT

Spectral density (dB)

Band limitation (filtering)

0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 0.3 0.35 0.4 0.45 0.5

Normalized frequencies

DFT-1

Sampling operation

(reinsertion of known samples)

4.2 Simulations

Pour simuler la perte de données, on mettra à zéro une partie du signal ECG. On applique

ensuite l'algorithme de Papoulis-Gerchberg décrit ci-dessus. Après avoir programmé cet

algorithme, évaluer l’influence de la longueur d’échantillons perdus ainsi que la position

de cette séquence sur l’algorithme de récupération d’échantillons (il est évident que

l’algorithme marchera moins bien si le trou est localisé au pic R que s’il est entre deux

complexes QRS).

Remarque Importante

Pour accélérer la convergence de l’algorithme Papoulis-Gerchberg, on fera d’abord une

interpolation linéaire des échantillons perdus, au lieu d’initialiser l’algorithme par des

zéros. Les figures suivantes montrent quelques exemples de restauration d’échantillons

avec différents nombres d’échantillons perdus et différentes positions après 200

itérations.

5 Classification des Pathologies

5.1 Signaux synthétiques

On suppose dans cette partie que la largeur des complexes QRS permet de distinguer un

ECG "sain" d'un ECG "pathologique". En supposant que ces longueurs sont gaussiennes

de même moyenne (supposée nulle pour simplifier) sous les deux hypothèses, étudier le

test de Neyman-Pearson associé au problème de détection d'un saut de variance

2

(variances

0

d'un signal ECG sain et peut alors fixer le seuil de détection. Construire une fonction

Matlab permettant de faire cette opération.

1H ). En pratique, on estime

sous les hypothèses

à l'aide

0H et

et

2

1

2

0

s

s

s

5.2 Quelques signaux réels

On considère dans le cadre du projet 4 pathologies qui ont été expertisées :

1) Pathologie 1

Elle correspond au type bigeminisme ventriculaire : après un rythme sinusal normal

(QRS fin, rythme régulier et onde P) un battement sur deux s’élargit et la contraction

associée se produit prématurément par rapport à la fréquence cardiaque courante.

2) Pathologie 2

La pathologie 2 correspond à un début de flutter ventriculaire. La distinction des

complexes QRS devient quasiment impossible (le détecteur devrait flagger des pics de

manière aléatoire). On discerne plus une onde sinusoïdale que des complexes clairement

identifiés. Distinction des phases de dépolarisation et repolarisation quasiment

impossible

3) Pathologie 3

La pathologie 3 correspond à un épisode de fibrillation auriculaire : d’un état sinusal

normal (QRS fin, rythme régulier et onde P) on passe à un état ou les complexes QRS

sont hors rythme normal, bien que fins, avec disparition d’une onde P associée a chaque

battement (activité chaotique)

4) Pathologie 4

La pathologie 4 présente une grande irrégularité du rythme, avec des « trous » dans la

conduction, bien que les QRS restent fins. Rythme sinusal pathologique, accès de

bradycardies et tachycardies.

• Montrer tout d'abord que les résultats de la partie 5.1 appliqués à la largeur des

complexes QRS permet de détecter la pathologie 1 de l'ECG en fonctionnement

normal.

• Proposer une stratégie permettant de reconnaître les diverses pathologies à l'aide du

rythme et/ou de la largeur des complexes QRS.

6 Annexes

à énergie finie est définie par

6.1 Périodogramme/Corrélogramme

)(tx

La densité spectrale de puissance (DSP) d'un signal

]

=

fX

(

( )t

[

KTF

t

)(

fs

(

=

)

2)

)

( fX

est la transformée de Fourier de

x

et

découle deux méthodes d'estimation de la DSP appelées périodogramme et corrélogramme.

• Périodogramme

Lorsqu'on estime la transformée de Fourier avec l'algorithme de FFT rapide de Matlab, on

montre qu'un estimateur satisfaisant de la DSP du signal

défini par

sa fonction d'autocorrélation. Il en

appelé périodogramme est

)(tx

)(tx

xK

1

N

est obtenu par échantillonnage de

)(nx

• Corrélogramme

TFD

[

] 2)(

nx

)(tx

.

L'estimation de la DSP par corrélogramme comporte deux étapes :

1) Estimation de la fonction d'autocorrélation (xcorr.m) qui produit

( )

ˆ

nfnK x

)(

, où

( )nf

( )nK x

ˆ

est une fenêtre de

est l'estimation biaisée ou non biaisée de la fonction

2) Transformée de Fourier discrète de

( )nK x

ˆ

pondération et

d'autocorrélation.

Remarque 1 : il est important de noter que lorsque

d'autocorrélation de

)(tx

, le corrélogramme coincide exactement avec le périodogramme.

( )nK x

ˆ

est l'estimateur biaisé de la fonction

Remarque 2 : Estimateurs spectraux moyennés

On montre que la variance des estimateurs de la DSP (corrélogramme et périodogramme) ne

dépend pas de la durée du signal. Ces estimateurs ne sont donc pas convergents. Afin de

réduire la variance des estimateurs, il est habituel de diviser le signal observé en plusieurs

tranches et à moyenner les estimateurs obtenus sur chaque tranche. La variance des

estimateurs moyennés est alors inversement proportionnelle au nombre de tranches, ce qui

réduit la variance.

Remarque 3 : Implantation numérique

Si le signal numérique

( )nK x

ˆ

possède

pour

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)(nx

-=

n

sN points, la fonction xcorr calcule la fonction

1

N

d'autocorrélation

1

),...,

On peut ``padder" cette autocorrélation par des zéros afin d'avoir une représentation plus

précise de la DSP. L'algorithme de transformée de Fourier discrète de Matlab nécessite une

symétrisation de la fonction d'autocorrélation de la façon suivante :

(on a donc

,...,1,0,1

points).

sN

)1

N

2

(

(

s

s

( )

( )

1ˆ,0ˆ

K

K

,...,

x

x

(

ˆ

NK

x

s

)1

• Points d'autocorrélation

zN zéros

• zéro central

zN zéros

-

-

-

-

-

Symétrisation de la fonction d'autocorrélation

K(0)

4 zéros

1 zéro

4 zéros

K(1)

K(1)

K(3)

K(2)

K(3)

K(2)

2

4

6

8

10

12

14

16

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1

0

-0.1

-0.2

-0.3

0

• Points d'autocorrélation

(

ˆ

NK

x

s

)

1

,...,

( )1ˆ

K

x

Cette procédure de symétrisation est illustrée sur la figure suivante pour

sN

4=

et

zN

4=

:

6.2 Filtrage Analogique

Les opérations de filtrage consistent à « éliminer » ou « mettre en évidence » certaine(s)

partie(s) de la bande de fréquence occupée par un signal donné. Dans le domaine continu, la

transformée de Fourier d’un signal x(t) est définie par

(

fX

)

=

)(

etx

j p2

ft

dt

. Filtrer un signal

consiste à sélectionner une bande de fréquence d’intérêt et la mettre en évidence par rapport

au reste des composantes fréquentielles du signal. Dans le domaine frequentiel (Fourier)

l’opération « naturelle » de filtrage correspond donc à une multiplication du type :

X filtre

est la transformée de Fourier du signal temporel

et

l’opération de filtrage désirée.

est la fonction de transfert du filtre qui correspond au gabarit fréquentiel pour

{

txTF

fHfX

)

(

})(

, où

( fH

fX

(

=

=

)

)

(

)

)

(

f

L’opération de multiplication dans le domaine fréquentiel trouve son équivalent dans la

convolution dans le domaine temporel (et inversement). Ainsi une opération de filtrage

, où h(t) désigne la réponse impulsionnelle du

temporel analogique est :

t

)(

x filtre

=

TF

=

{

fH

(

tx

th

)(*)(

})

1

ou encore

fH

(

)

=

{

thTF

})(

.

filtre et correspond à :

th

)(

6.3 Filtrage Numérique

Si les opérations de filtrage analogique présentées précédemment sont physiquement

réalisées par des circuits électroniques (du Hardware), mettant en jeu des circuits (R, L, C), le

traitement numérique mis en œuvre par l’intermédiaire de m P et de programmation

informatique connaît depuis plusieurs années un essor grandissant, offrant des possibilités

beaucoup plus vastes (en termes de complexité, taille, évolutivité, reprogrammabilité…).

}N

est obtenu par échantillonnage du signal continu

qui représente le signal analogique associé

. En toute rigueur, si Te est la période

d'échantillonnage, le signal numérique obtenu en sortie du convertisseur analogique

numérique est

. Il est donc possible comme dans le cas de signaux continus de

définir les opération de filtrage dans le domaine discret. Dans cet espace de représentation, la

transformée en Z est le pendant de la transformée de Fourier pour le continu

Le signal numérique

{

,...,1

(

nnx

),

enTx

(

nx

)(

)(tx

=

)

-

¥

-

-

-

˛

k

Une des propriétés essentielle de la transformée en Z (notée TZ) est le théorème du

mnxTZ

znxTZ

([

)]

zzX

)(

([

)]

=

=

m

m

retard :

)(

zX

=

kzkx

)(

¥=

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Ainsi un filtre dans le domaine discret se définit par une réponse impulsionnelle, une

), dont la transformée en Z désigne la fonction de transfert du

suite de points h(n) (

Nn ˛

filtre :

)(

zH

=

kzkh

)(

¥=

Remarque : en pratique on n’utilise que la transformée en Z dite unilatérale,

k

)(

zX

=

=

0

k

kzkx

)(

qui suppose le signal x causal (x(n)=0 pour n<0). De la même manière, le

principe de causalité (« l’effet ne peut précéder la cause ») fait que la réponse impulsionnelle

de tout système physique est obligatoirement nulle pour t<0. Donc pour tout système causal

on a : h(n)=0 pour n<0. C’est pourquoi nous ne noterons plus les indices de la TZ.

L’opération de filtrage dans le domaine fréquentiel, en Z, tout comme pour le cas

continu est un produit de l’entrée par la fonction de transfert du filtre :

X filtre

)(

z

=

)(

)(

zXzH

Ainsi, en utilisant le théorème du retard on montre que l’opération de filtrage peut

encore s’écrire dans le domaine temporel discret :

X

filtre

)(

z

=

)(

zXzH

)(

=

[

)(

zkh

]

)(

zX

k

=

)(

zzXkh

)(

k

En utilisant le théorème du retard et la définition de la TZ, cette expression devient

[

1

)(

zzX

dans le domaine temporel :

knxkh

)(

TZkh

()(

)(

n

=

]

x

)

k

filtre

=

théorème

retard

du

k

qui n’est autre que l’expression de la formule de convolution discrète. C’est l’opération de

filtrage qui est concrètement implantée dans un calculateur : la sortie à un instant donné n est

une combinaisons linéaire des échantillons d’entrée aux instants inférieurs à n.

Cependant on vise généralement des opérations de filtrage dites temps réel (calcul de

l’échantillon de sortie pendant l’intervalle de temps entre 2 échantillons d’entrée) ; or la

charge de calcul de cette opération générale croit avec le temps (i.e., les indices sont tels que k

varie entre 0 et l’infini dans l’équation précédente), plus on a d’échantillons passés plus le

calcul d’un échantillon nécessite d’opérations élémentaires. Afin de limiter cette charge de

calcul, on considère une classe de filtres linéaires ayant une charge calculatoire constante au

cours du temps qui est la classe des filtres récursifs qui possèdent une expression générale de

la forme :

x

filtre

)(

n

-=

M

=

1

k

xa

k

filtre

(

kn

)

+

N

=

0

k

(

knxb

k

)

Rappel : c’est cette équation temporelle qui est concrètement implantée dans le calculateur.

Dans ce cas la fonction de transfert associée est une fraction rationnelle en Z :

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

)(

zH

=

N

k

zb

k

k

+

1

=

0

M

=

1

k

k

za

k

Pour définir un tel filtre numérique, il suffit donc de déterminer les coefficients

intervenant dans

(sous Matlab, voir la commande filter)

)(zH

ka et

kb

6.4 Filtre à Encoche

Les filtres à encoche (notch filters) peuvent prendre plusieurs formes. La manière la plus

courante de construire ces filtres est de considérer la fonction de transfert :

1

e

<a

avec

)(

zH

=

+

2

e

1

2

2

1

2

1

za

1

za

1

)

+

z

-+

1(

-+

1(1

)

z

Soit

z

0

=

jre

p

02

f

un zéro du numérateur de

*

0

)(

z

z

z

z

(

0

)

)(zH

=

2

z

tel que:

w

cos(

2

Advertisement

r

)

0

La fréquence « rejetée » du filtre à encoche est alors

Par identification, on obtient

z

2

==

r

0

w

cos(

0

)

1

-=

=f

0

a

1

+

2

r

.

z

w

0

p

2

On voit donc que les zéros du filtre à encoche sont sur le cercle unité.

Concernant la stabilité du filtre, on observe ses pôles, soit les zéros du dénominateur . Si

p

est un zéro du dénominateur, on a

r=

je

w

p

0

d'où

(

z

p

0

)(

z

p

*

0

)

=

2

z

r

2

w

cos(

+

r

2

)

z

p

r

2



2

=

1(

w

cos(

p

2

e

)

-=

)

a

1

r

w

=

1(

=

w

p

e

)

0

1<r

Puisque

, le filtre est stable. Notez que les pôles ont mêmes arguments que les zéros. Le

facteur e est lié à la sélectivité (finesse de la bande rejetée) du filtre ; on montre que la

relation entre la bande coupée à –3dB (

) est :

f

2

f

=

e2

p

6.5 Réponse Harmonique

La sortie d'un filtre lorsque l'entrée est une harmonique

)(

ny

=

k

knxkh

()(

)

p

2

j

~

f

0

(

kn

)(

ekh

=

k

)(

nx

=

e

)

=

p

2

j

je

~

nf

0

On voit donc que cette réponse s'écrit

)(

ny

=

)(

nx

k

jekh

)(

p

2

~

fk

0

c'est-à-dire

p

2

~

nf

0

k

est définie pae

~

p

2

kf

0

j

)(

ekh

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

-

(cid:219)

-

D

D

-

-

-

-

La quantité

les fréquences qui sont conservées ou supprimées par l'opération de filtrage.

s'appelle la réponse harmonique du filtre. Elle permet de déterminer

zH

)(

jez

=

~

fk

0

2

p

ny

)(

=

zHnx

)(

)(

p

2

~

fk

0

jez

=