L’ÉVOLUTION DES PRATIQUES STRATÉGIQUES

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L VOLUTION DES PRATIQUES STRAT GIQUES

M me si toutes les entreprises ne choisissent pas la m me strat gie, il semble possible de rep rer

quatre grandes p riodes caract ris es par des tendances strat giques fortes men es par des

entreprises mondiales.

Les ann es 1910 1930

Les grandes enterprises choisissent majoritairement,mais pas exclusivement,des strat gies de

sp cialisation, cest- -dire quelles se d veloppent sur un seul produit ou une seule activit . Elles

ma trisent bien leurs competences pour produire en grande s rie,d gager des conomies d chelle

en rationalisant les productions standards ; le march est en phase de d marrage et de forte

croissance ; la demande est souvent plus forte que loffre (exemple : Henry Ford et la production de

la fameuse Ford T).

Les ann es 1930 1950

Puis, pour mieux ma triser lensemble des tapes de transformation, les co ts, les d lais, tout en se

d veloppant,les grandes firmes optent pour des strategies dint gration verticale. Elles contr lent

toute

l tranger

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fili re de production, m me si certaines tapes se d veloppent

(exemple:Michelin int gre toutes les tapes ,de la plantation dh v as en Indochine jusqu la

fabrication du pneumatique clermont-ferrand).

la

Les ann es 1950 1980

Les grandes entreprises ont privil gi alors pour se d velopper des strat gies de diversification, sur

plusieurs produits et/ou plusieurs march s afin de r partir les risques, de capter de nouvelles

activit s. Cette forme de croissance a conduit une taille plus difficile g rer et une complexit

des proc dures de fonctionnement des organisations (exemple : BSN qui ,en integrant Gervais-

Danone, se trouve tr s diversifi dans le verre et lagro-alimentaire).

Les ann es 1980 1990

Les choix strat giques correspondent des combinaisons des strat gies pr c dentes.

R.E.Miles et C.C.Snow(1) parlent en 1984 de strat gies de r seaux, associant un recentrage sur le

m tier et les comp tences de base (specialization )et une externalization des activit s moins bien

ma tris es par des pratiques de coop ration.

Ainsi des entreprises ind pendantes et autonomes sont quasi int gr es par des alliances plus ou

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moins larges et plus ou moins durables (exemple:Air France se recentre sur le transport a rien en

vendant ses activit s h teli res, touristiques, et meme son activit charter ).

Pour synth tiser cette volution, Desreumaux(2) parle de ph nom ne de balancier ou de flux et

de reflux ; chaque tendance strat gique conduisant des choix organisa tionnels qui sont remis en

cause l tape suivante. L encore, il est important de noter que les orientations strat giques ne

peuvent tre d connect es des choix dorganisation et r ciproquement.

La fin des ann es 90

Le terme de globalisation est employ pour d finir les mouvements strat giques de cette p riode.En

effet,pour faire face la mondialisation des march s et la mont e des exigences des actionnaires

en termes de cr ation de valeur, les enterprises ont poursuivi le mouvement de recentrage sur leur

cSur de m tier g n rateur de valeur. Les strat gies de recentrage, de concentration et

dexternalisation ont donn lieu des fusions gigantesques par la taille des enterprises concern es et

le montant des capitaux engages (exemple: en 1999 et 2000,Time Warner avec AOL, Total avec Fina

et Elf ,Vivendi avec Seagram-Universal, FranceTelecom avec Orange ,Dailmer Benz avec Chrysler,

etc.).

Cependant, une fusion sur deux ne r pondant pas aux attentes de ses initiateurs, ce mouvement de

forte concentration est partiellement remis en cause. Aussi, les entreprises continuent de d velopper

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des strat gies dalliance (exemple : Air France a initi lalliance Skyteam avec AeroMexico, Delta et

Korean Air) et d veloppent des places de march gr ce internet (exemple : Carrefour-Promod s,

Sainsbury, Sears, M tro, ont d velopp GlobalnetExchange). Ces cyberalliances permettent une

concentration des achats et une concertation des actions sans la lourdeur et la rigidit dune fusion.

Les ann es 2000: thique et RSE (responsabilit sociale de lentreprise)

vs financiarisation

Les d rives sociales et morales des activit s conomiques ont toujours t d nonc es. Le capitalisme

est souvent consid r comme immoral ou amoral, et des patrons du xixe si cle ont essay

dintroduire une dimension sociale avec le paternalisme entrepreneurial (J.B.Godin et son

familist re Guise, par exemple).

Aujourdhui,les pressions de la soci t civile, tant dans le domaine de lemploi, des salaires et des

conditions de travail que dans celui de l cologie, sont devenus la fois plus fortes (usage des

r seaux sociaux) et plus contingentes (pression du ch mage), mais incitent cependant les enterprises

int grer des variables sociales et soci tales dans leur strat gie.

Ainsi, l thique est appr hend e aujourdhui, dans le monde conomique des entreprises, comme

les comportements attendus des d cideurs et des gestionnaires en situation face leurs

responsabilit s socials et soci tales : honn tet , transparence, d mocratie, participation la vie

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sociale locale, lute contre les pollutions. Mais, dans le m me temps, la financiarisation des activit s a

rendu les exigencies des march s financiers beaucoup plus contraignantes.

Aujourdhui, les tendances strat giques int grent donc des degr s divers des d cisions portant sur

ces champs : respect des salari s avec des conditions de travail correctes,information des clients et

des actionnaires sur leurs produits et strat gies, prise en compte des effets pollutants des

activit s,participation la vie locale et sociale par le m c nat, sponsoring, culturel ou sportif,

placement dans les fonds thiques. En tunisie lexemple type revient la Compagnie des Phosphates

de Gafsa et au Groupe chimique tunisien, principal pollueurs de l re dictatorial rattrapp s par la

revolution de 2011.

Ce sont des investissements socialement responsables pour les entreprises qui g rent ainsi une

nouvelle variable strat gique : l thique de la gestion et la responsabilit sociale de lentreprise.

Les choix strat giques sen trouvent donc complexifi s en raison de cette contradiction dans le

temps strat gique : courtermisme des march s financi res dune part et vision soci tale et

cologique beaucoup plus long terme.