Exercices de Mathématiques

Mathématiques, Espaces euclidiens · exam

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Exercices de Math´ematiques

Espaces euclidiens

´Enonc´es

´Enonc´es des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]

D´eterminer les endomorphismes f de R3 euclidien orient´e tels que :

∀ u, v ∈ E, f (u ∧ v) = f (u) ∧ f (v).

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]

Soit F le sous-espace vectoriel de R4 (euclidien) d’´equations

(cid:26) x + y + z + t = 0

x − y + z − t = 0

D´eterminer la projection orthogonale sur F , par deux m´ethodes diff´erentes.

Calculer la distance d(u, F ) d’un vecteur u de R4 au sous-espace F .

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]

Soit E un espace vectoriel euclidien.

Soit f un endomorphisme de E qui “conserve l’orthogonalit´e”, c’est-`a-dire tel que, pour tous

vecteurs u et v de E, < u, v > = 0 ⇒ < f (u), f (v) > = 0.

Montrer qu’il existe un r´eel λ ≥ 0 tel que, pour tout vecteur u de E, kf (u)k = λ kuk.

Si λ > 0, on dit alors que f est une similitude de rapport λ.

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]

Soient E un espace vectoriel euclidien et f un endomorphisme de E tel que f 2 = 0.

Soit f ∗ l’adjoint de f . Montrer que Ker (f + f ∗) = Ker (f ) ∩ Ker (f ∗).

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]

Soit E un espace vectoriel euclidien. Soit u ∈ L(E). On suppose que u ◦ u∗ = u∗ ◦ u.

1. Montrer que u et u∗ ont le mˆeme noyau.

2. Montrer que Sp(u) =Sp(u∗), et que pour toute valeur propre λ les sous-espaces propres

de u et de u∗ pour λ sont identiques.

3. Montrer que les sous-espaces propres de u sont orthogonaux deux `a deux.

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Jean-Michel Ferrard

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Espaces euclidiens

Indications, r´esultats

Indications ou r´esultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour `a l’´enonc´e ]

´Ecarter la solution ´evidente f = 0.

Appliquer l’hypoth`ese aux vecteurs e1, e2, e3 d’une base orthonorm´ee directe.

Montrer que les f (ek) sont orthogonaux deux `a deux, puis qu’ils sont unitaires.

Montrer que f est une rotation, puis ´etablir la r´eciproque.

Indication pour l’exercice 2 [ Retour `a l’´enonc´e ]

– Premi`ere m´ethode :

Soit v = (x0, y0, z0, t0) la projection orthogonale de u = (x, y, z, t) sur F .

Montrer que F ⊥ est engendr´e par a = (1, 1, 1, 1) et b = (1, −1, 1, −1).

Trouver λ, µ tels que v − u = λa + µb. La distance de u `a F est donn´ee par d2 = kv − uk2.

– Deuxi`eme m´ethode :

Montrer que c = 1√

2

(1, 0, −1, 0) et d = 1√

2

(0, 1, 0, −1) forment une base ortonorm´ee de F .

En d´eduire que v = p(u) =< c, u > c + < d, v > d.

Indication pour l’exercice 3 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Se donner une base orthonorm´ee (e) = e1, e2, . . . , en de E.

Remarquer que les f (ej) sont orthogonaux deux `a deux.

Consid´erer les ei + ej et ei − ej, avec i 6= j, et en d´eduire que les ek ont mˆeme norme..

Indication pour l’exercice 4 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Si x ∈ Ker (f + f ∗), montrer que f ∗(x) =

−→

0 . En d´eduire f (x) =

−→

0 .

Indication pour l’exercice 5 [ Retour `a l’´enonc´e ]

1. Pour tout x de E, montrer que ku(x)k = ku∗(x)k.

2. Pour tout λ, appliquer ce qui pr´ecede a v = u − λId.

3. Se donner deux valeurs propres distinctes et deux vecteurs propres associ´es x et y.

Consid´erer < u(x), y > et en d´eduire l’orthogonalit´e de x et y.

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Corrig´es

Corrig´es des exercices

Corrig´e de l’exercice 1 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Il est clair que l’application nulle est solution. Dans la suite, nous supposerons f 6= 0.

Soit e1, e2, e3 une base orthonorm´ee directe de R3.

On constate que

e1 = e2 ∧ e3 ⇒ f (e1) = f (e2 ∧ e3) = f (e2) ∧ f (e3)

e2 = e3 ∧ e1 ⇒ f (e2) = f (e3 ∧ e1) = f (e3) ∧ f (e1)

e3 = e1 ∧ e2 ⇒ f (e3) = f (e1 ∧ e2) = f (e1) ∧ f (e2)

Les vecteurs f (e1), f (e2), f (e3) sont donc orthogonaux deux `a deux.

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Le syst`eme ci-dessus donne alors

kf (e1)k = kf (e2) ∧ f (e3)k = kf (e2)k kf (e3)k

kf (e2)k = kf (e3) ∧ f (e1)k = kf (e3)k kf (e1)k

kf (e3)k = kf (e1) ∧ f (e2)k = kf (e1)k kf (e2)k

L’application f n’´etant pas nulle, l’un au moins des vecteurs f (e1), f (e2), f (e3) est non nul. Le

syst`eme ci-dessus montre alors que les trois vecteurs f (e1), f (e2), f (e3) sont non nuls.

Si on multiplie deux `a deux ces ´egalit´es, on trouve kf (e1)k2 = kf (e2)k2 = kf (e3)k2 = 1.

On sait donc maintenant que la famille f (e1), f (e2), f (e3) est une base orthonorm´ee de R3 (ce

qui prouve que f est un automorphisme orthogonal). Enfin l’´egalit´e f (e3) = f (e1)∧f (e2) prouve

de plus que f (e1), f (e2), f (e3) est une base orthonorm´ee directe.

L’application f , qui transforme une base orthonorm´ee directe en une base orthonorm´ee directe

est donc une rotation vectorielle de R3.

R´eciproquement, soit f la rotation vectorielle d’angle θ (d´efini modulo 2π) autour d’un vecteur

unitaire ε1. On compl`ete ε1 en une base orthonorm´ee directe (ε) = ε1, ε2, ε3.

Soient u, v deux vecteurs quelconques de R3, de coordonn´ees (x, y, z) et (x0, y0, z0) dans (ε).

En identifiant les ´el´ements de R3 aux vecteurs colonnes de leurs coordonn´ees dans la base

orthonorm´ee (ε), on peut utiliser l’expression usuelle du produit vectoriel et ´ecrire :

f (u) =

0

0

1

0 cos θ − sin θ

cos θ

0

sin θ

 =

x

y

z

x

y cos θ − z sin θ

y sin θ + z cos θ

On en d´eduit :

f (u) ∧ f (v) =

=

x

y cos θ − z sin θ

y sin θ + z cos θ

 ∧

x0

y0 cos θ − z0 sin θ

y0 sin θ + z0 cos θ

yz0 − zy0

(yx0 − xy0) sin θ + (zx0 − xz0) cos θ

(xy0 − yx0) cos θ − (xz0 − zx0) sin θ

x

y

z

 ∧

 =

Or u ∧ v =

yz0 − zy0

zx0 − xz0

xy0 − yx0

x0

y0

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z0

On trouve bien l’´egalit´e f (u) ∧ f (v) = u ∧ v.

Conclusion : les endomorphismes de l’espace vectoriel euclidien orient´e qui “conservent” le

produit vectoriel sont l’application nulle d’une part et les automorphismes orthogonaux positifs

(les rotations vectorielles) d’autre part.

yz0 − zy0

(zx0 − xz0) cos θ − (xy0 − yx0) sin θ

(zx0 − xz0) sin θ + (xy0 − yx0) cos θ

 et f (u ∧ v) =

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Corrig´es

Corrig´e de l’exercice 2 [ Retour `a l’´enonc´e ]

– Premi`ere m´ethode :

Soit u = (x, y, z, t) un vecteur de R4, et v = (x0, y0, z0, t0) sa projection orthogonale sur F .

a = (1, 1, 1, 1) dirige la droite orthogonale `a l’hyperplan H d’´equation x + y + z + t = 0.

Le vecteur b = (1, −1, 1, −1) dirige la droite orthogonale `a l’hyperplan K : x − y + z − t = 0.

le plan engendr´e par a et b est constitu´e de vecteurs qui sont tous orthogonaux `a F = H ∩ K.

Puisque dim F = dim F ⊥ = 2, L’orthogonal de F est le plan de base a, b.

Il existe donc λ, µ tels que v − u = λa + µb, c’est-`a-dire

On sait que le vecteur v appartient `a F .

Il suffit alors de reporter ces expresssions de x0, y0, z0, t0

dans les ´equations des hyperplans H et K.

x0 = x + λ + µ

y0 = y + λ − µ

z0 = z + λ + µ

t0 = t + λ − µ





On obtient

(cid:26) x + y + z + t + 4λ = 0

x − y + z − t + 4µ =

puis





x0 = x + λ + µ = x − 1

y0 = y + λ − µ = y − 1

z0 = z + λ + µ = z − 1

t0 = t + λ − µ = t − 1

2 (x + z) = 1

2 (y + t) = 1

2 (x + z) = 1

2 (y + t) = 1

0 −1

1

1

0

−1

0

0 −1

2 (x − z)

2 (y − t)

2 (−x + z)

2 (−y + t)

0

0 −1

0

1

1

0

La matrice de la projection orthogonale sur F est donc M =

1

2

Soit d la distance de u `a F .

Alors d2 = kv − uk2 = 2((λ + µ)2 + (λ − µ)2) =

1

2

((x + z)2 + (y + t)2).

– Deuxi`eme m´ethode :

Un syst`eme d’´equations d´efinissant F est aussi x + z = 0, y + t = 0.

Les vecteurs c = 1√

2

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La projection v de u sur F est donc :

(1, 0, −1, 0) et d = 1√

2

(0, 1, 0, −1) forment une base ortonorm´ee de F .

v = p(u) =< c, u > c + < d, v > d =

1

2

(x − z)

– Remarque :

1

0

−1

0

+

1

2

(y − t)

0

1

0

−1

=

1

2

x − z

y − t

−x + z

−y + t

On peut trouver d = d(u, F ) sans calculer la projection de u sur F .

En effet si H est un hyperplan de Rn d’´equation a1x1 + · · · + anxn = 0, la distance de

u(x1, x2, . . . , xn) `a H est

|a1x1 + · · · + anxn|, en notant h = (a1, a2, . . . , an).

1

khk

Avec les hyperplans H, K de la m´ethode 1, on trouve :

( d2(u, H) = 1

d2(u, K) = 1

4 (x + y + z + t)2

4 (x − y + z − t)2

Or H et K sont perpendiculaires, car a = (1, 1, 1, 1) et b = (1, −1, 1, −1) sont orthogonaux.

On en d´eduit en utilisant le th´eor`eme de Pythagore :

1

4

d2(u, F ) = d2(u, H) + d2(u, K) =

(x − y + z − t)2 =

(x + y + z + t)2 +

((x + z)2 + (y + t)2)

1

2

1

4

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Corrig´es

Corrig´e de l’exercice 3 [ Retour `a l’´enonc´e ]

Soit (e) = e1, e2, . . . , en une base orthonorm´ee de E.

Remarquons tout d’abord que par hypothese les vecteurs f (ej) sont orthogonaux deux a deux.

Nous allons montrer qu’ils ont mˆeme norme.

Soient i et j deux indices distincts de {1, . . . , n}.

Les vecteurs ei + ej et ei − ej sont orthogonaux car < ei + ej, ei − ej >= keik2 − kejk2 = 0.

On en d´eduit :

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0 = < f (ei + ej), f (ei − ej) > = < f (ei) + f (ej), f (ei) − f (ej) > = kf (ei)k2 − kf (ej)k2

Autrement dit, pour tous indices i et j, kf (ei)k = kf (ej)k.

Ainsi il existe un scalaire λ ≥ 0 tel que, pour tout i de {1, . . . , n}, kf (ei)k = λ.

Dans ces conditions, et pour tous vecteurs u =

n

X

i=1

xiei et v =

n

X

j=1

yjej :

< f (u), f (v) > = <

n

X

i=1

xif (ei),

n

X

j=1

yjf (ej) > =

n

X

i,j=1

xiyj < f (ei), f (ej) >

=

n

X

i=1

xiyi kf (ei)k2 = λ2

n

X

i=1

xiyi = λ2 < u, v >

En particulier, pour tout vecteur u de E, kf (u)k = λ kuk.

Corrig´e de l’exercice 4 [ Retour `a l’´enonc´e ]

L’inclusion Ker (f ) ∩ Ker (f ∗) ⊂ Ker (f + f ∗) est ´evidente car

f (x) = f ∗(x) =

−→

0 ⇒ (f + f ∗)(x) =

−→

0

R´eciproquement, soit x un vecteur de Ker (f + f ∗) : il v´erifie f ∗(x) = −f (x).

kf ∗(x)k2 = < f ∗(x), f ∗(x) > = − < f ∗(x), f (x) > = − < x, f 2(x) >= − < x,

−→

0 > = 0

Ainsi le vecteur f ∗(x) est nul. Mais dans l’hypoth`ese sur x, les deux applications f et f ∗ jouent

le mˆeme rˆole, et on sait que l’adjoint de f ∗ est f . On en d´eduit donc f (x) =

−→

0 .

On a ainsi prouv´e que x est dans Ker (f ) ∩ Ker (f ∗), ce qui ´etablit le r´esultat.

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Corrig´es

Corrig´e de l’exercice 5 [ Retour `a l’´enonc´e ]

1. Pour tout vecteur x de E :

ku(x)k2 = < u(x), u(x) > = < x, u∗ ◦ u(x) > = < x, u ◦ u∗(x) >

= < u∗(x), u∗(x) > = ku∗(x)k2

On en d´eduit effectivement l’´egalit´e ku(x)k = ku∗(x)k.

Dans ces conditions : x ∈ Ker u ⇔ ku(x)k = 0 ⇔ ku∗(x)k = 0 ⇔ x ∈ Ker u∗.

Les deux applications u et u∗ ont donc le mˆeme noyau.

2. Pour tout scalaire λ, l’application v = u − λId est telle que v∗ = u∗ − λId.

Ainsi v ◦ v∗ = v∗ ◦ v puis Ker (v) = Ker (v∗), donc Ker (u − λId) = Ker (u∗ − λId).

−→

Autrement dit, ces deux noyaux sont non r´eduits `a {

0 } en mˆeme temps, ce qui prouve

que u et u∗ ont les mˆemes valeurs propres, et ces deux noyaux sont alors identiques, ce

qui prouve que pour chaque valeur propre λ, u et u∗ ont le mˆeme sous-espace propre.

3. Soient λ et µ deux valeurs propres distinctes de u (donc de u∗).

Soient x un vecteur propre de u (donc de u∗) pour la valeur propre λ et y un vecteur

propre de u (donc de u∗) pour la valeur propre µ.

Il faut montrer que x et y sont orthogonaux.

( < u(x), y > = < λx, y > = λ < x, y >

Or

< u(x), y > = < x, u∗(y) > = < x, µy > = µ < x, y >

On a ainsi l’´egalit´e λ < x, y >= µ < x, y >, avec λ 6= µ.

Il en r´esulte l’orthogonalit´e des vecteurs x et y.

On en d´eduit l’orthogonalit´e des sous-espaces propres Eλ et Eµ.

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