tude technique
Cryptographie cl publique et signature num rique
Principes de fonctionnement
tude technique r alis e par CGI
Septembre 2002
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 1 sur 15
Introduction
L'un des principaux d fis auxquels nous devons faire face en tant que conseiller consiste
maintenir un niveau de connaissance des technologies nouvelles et mergentes allant au-del du
superficiel ou de la jargonnerie. Nous devons atteindre un niveau de compr hension qui nous
permette de communiquer efficacement tant avec les fournisseurs qu'avec les clients, de fa on
pouvoir faire valoir :
" notre connaissance des enjeux commerciaux en cause;
"
"
"
le r le que peut jouer la technologie dans l'apport de solutions;
les avantages commerciaux que le client en retirera;
les contraintes qui demeureront et qu'il faudra pallier d'autres fa ons.
La cryptographie cl publique existe depuis un certain temps d j . Un grand nombre de travaux
int ressants ont t men s par diff rents comit s (tels IETF/PKIX et PKCS1) pour d finir des
normes et techniques en mati re de cryptographie cl publique. Mais savons-nous au juste de
quoi il en retourne? En comprenons-nous le fonctionnement? Regardons donc sous le capot pour
examiner le moteur et comprendre enfin le v ritable fonctionnement de la cryptographie cl
publique et de la signature num rique.
Cet article constitue un point de d part pour se faire une id e du vaste domaine qu'est l'ICP ou
infrastructure cl publique. Ce domaine englobe les m canismes d crits dans cet article, ainsi
qu'un ensemble de logiciels, mat riel et processus r gis par des r gles et normes convergeant vers
le haut niveau de confiance exig et attendu de l'industrie.
1 IETF/PKIX correspond Internet Engineering Task Force/Public-Key Infrastructure (X509). PKCS correspond Public Key
Cryptography Standards, normes qui ont t labor es par RSA conjointement avec des fournisseurs tels que Microsoft, Apple, Sun,
etc.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 2 sur 15
1. Quest-ce que la cryptographie cl publique?
La cryptographie cl publique d signe un m canisme de chiffrement et de d chiffrement. Elle
porte le nom de cl publique pour la diff rencier du m canisme cryptographique classique et plus
intuitif connu sous le nom de cryptographie cl secr te, cl partag e, cl sym trique, ou
encore, cl priv e.
La cryptographie cl sym trique est un m canisme selon lequel la m me cl est utilis e pour le
chiffrement et le d chiffrement; elle est plus intuitive cause de sa similarit avec ce que l'on
s'attend utiliser pour verrouiller et d verrouiller une porte : la m me cl . Cette caract ristique
requiert des m canismes sophistiqu s pour distribuer en toute s ret la cl sym trique aux deux
parties2.
La cryptographie cl publique, quant elle, repose sur un autre concept faisant intervenir une
paire de cl s : l'une pour le chiffrement et l'autre pour le d chiffrement. Ce concept, comme vous
le verrez ci-dessous, est ing nieux et fort attrayant, en plus d'offrir un grand nombre d'avantages
par rapport la cryptographie sym trique :
" distribution simplifi e des cl s;
"
"
signature num rique;
chiffrement de longue dur e.
Il est toutefois important de signaler que la cryptographie cl sym trique joue encore un r le
pr pond rant dans la mise en Suvre d'une infrastructure cl publique ou ICP.
1.1 D finition
L'expression cryptographie cl publique est couramment utilis e pour d signer une m thode
cryptographique faisant intervenir une paire de cl s asym triques3 : une cl publique et une cl
priv e4. La cryptographie cl publique utilise cette paire de cl s pour le chiffrement et le
d chiffrement. La cl publique est rendue publique et distribu e librement. La cl priv e n'est
jamais distribu e et doit tre gard e secr te.
tant donn e une paire de cl s, les donn es chiffr es l'aide de la cl publique ne peuvent tre
d chiffr es qu'avec la cl priv e correspondante; inversement, les donn es chiffr es l'aide de la
cl priv e ne peuvent tre d chiffr es qu'avec la cl publique correspondante. Cette
caract ristique est utilis e pour mettre en Suvre les principes de la cryptographie et de la
signature num rique, comme le montrent les figures 1 et 2.
1.2 Chiffrement et d chiffrement
Le chiffrement est un m canisme selon lequel un message est transform de sorte que seul
l'exp diteur et le destinataire peuvent le voir. Supposons, par exemple, qu'Alice veut envoyer un
message priv Bob. Pour ce faire, elle doit d'abord conna tre la cl publique de Bob; tant donn
que tout le monde peut voir sa cl publique, Bob peut l'envoyer en clair sur le r seau sans
s'inqui ter. Une fois qu'Alice poss de la cl publique de Bob, elle chiffre le message l'aide de la
2 Des infrastructures comme Kerberos assurent la distribution et la gestion des cl s sym triques.
3 L'expression cryptographie asym trique par rapport cryptographie sym trique constitue une autre fa on de diff rencier les
deux m canismes.
4 Prenez garde de ne pas confondre le m canisme cl priv e et la cl priv e. Pour viter toute confusion, l'expression cryptographie
cl sym trique sera utilis e dans cet article chaque fois qu'il est question du m canisme.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 3 sur 15
cl publique de Bob et l'envoie Bob. Bob re oit le message d'Alice et, l'aide de sa cl priv e,
le d chiffre.
Chiffrement/D chiffrement
Alice crit un message Bob. Pour s'assurer que seul Bob
pourra le regarder, Alice le chiffre l'aide de la cl
publique de Bob.
Bob re oit le message envoy par Alice. Pour qu'il
puisse voir ce qu'Alice a mis dans son message, Bob
doit le d chiffrer l'aide de sa cl priv e.
Cl PuBob
Cl PuBob
Alice
Cl PrBob
Bob
Figure 1 : Principes de chiffrement et de d chiffrement
1.3 Signature num rique et v rification
La signature num rique est un m canisme qui permet d'authentifier un message, autrement dit de
prouver qu'un message provient bien d'un exp diteur donn , l'instar d'une signature sur un
document papier. Supposons, par exemple, qu'Alice veut signer num riquement un message
destin Bob. Pour ce faire, elle utilise sa cl priv e pour chiffrer le message, puis elle envoie le
message accompagn de sa cl publique (habituellement, la cl publique est jointe au message
sign ). tant donn que la cl publique d'Alice est la seule cl qui puisse d chiffrer ce message, le
d chiffrement constitue une v rification de signature num rique, ce qui signifie qu'il n'y a aucun
doute que le message ait t chiffr l'aide de la cl priv e d'Alice.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 4 sur 15
Signature num rique/V rification
Alice crit un message Bob. Pour prouver
que le message a bien t crit par elle, Alice
le signe en chiffrant le message l'aide de sa
cl priv e.
Bob re oit le message envoy par Alice. Pour
v rifier que le message provient bien d'Alice,
Advertisement
Bob le d chiffre l'aide de la cl publique
d'Alice.
Cl PrAlice
Cl PrAlice
Alice
Cl PuAlice
Bob
Figure 2 : Principes de signature num rique et de v rification
1.4 Au-del des principes
Les deux paragraphes qui pr c dent illustrent les principes de chiffrement/d chiffrement et de
signature/v rification. Il est possible de combiner chiffrement et signature num rique et, par
cons quent, d'assurer confidentialit et authentification.
Comme nous l'avons mentionn plus t t, la cryptographie cl sym trique joue un r le important
dans la mise en Suvre des syst mes cl publique. Cela est d au fait que les algorithmes de
chiffrement cl asym trique5 sont plus lents que ceux cl sym trique6.
Pour la signature num rique, une autre technique utilis e est le hachage. Cette technique permet
de produire un condens de message qui est une repr sentation r duite et unique7 (qui s'apparente
une somme de contr le sophistiqu e) du message complet. Les algorithmes de hachage8 sont
des algorithmes de chiffrement unidirectionnels; il est donc impossible de retrouver le message
d'origine partir du condens .
Les raisons principales pour lesquelles on produit un condens de message sont :
1.
2.
l'int grit du message envoy est pr serv e; toute alt ration du message sera
aussit t d tect e;
la signature num rique sera appliqu e au condens dont
habituellement beaucoup plus petite que le message lui-m me;
taille est
la
5 Exemples d'algorithme cl asym trique : RSA, DSA et ECDSA.
6 Exemples d'algorithme cl sym trique : RC2, RC4, DES et triple DES.
7 En fait, le condens de message est fort probablement unique dans le sens o il est presque impossible de trouver deux messages
significatifs qui produiront simultan ment le m me condens . Par cons quent, la probabilit qu'un message trafiqu produise le m me
condens que l'original est quasiment nulle.
8 Exemples d'algorithme de hachage : SHA-1 et MD5.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 5 sur 15
3.
les algorithmes de hachage sont bien plus rapides que n'importe quel algorithme
de chiffrement (que ce soit cl publique ou cl sym trique).
Les sections suivantes expliquent ce qui se produit r ellement au chiffrement et la signature
d'un message d'une part, et au d chiffrement d'un message et la v rification de sa signature
d'autre part.
1.4.1 tapes de signature et de chiffrement d'un message
La Figure 3 ci-dessous montre la s rie d'op rations qu'Alice doit ex cuter pour envoyer un
message sign et chiffr Bob.
Alice
Message
en clair
Alice envoie un message sign et chiffr Bob
1 : Signature
Condens = Hach
1a : Calculer condens
1b : Signer condens
Message+ CPrA+ CPuA
L gende :
CPrA
CPuA
CPuB
CSym
Hach
Cl priv e d'Alice
Cl publique d'Alice
Cl publique de Bob
Cl sym trique unique
Algorithme de hachage
Envoyer message
au destinataire
Bob
Message
sign et
chiffr
2a : valuer CSym
CPrA+CPuA]CSym+
CPuB
CSym
2c : Chiffrer
cl sym trique
2b : Chiffrer l'aide
de CSym
CPrA+CPuA]CSym+CSym
2 : Chiffrement
Figure 3 : Processus d taill de signature et de chiffrement l'aide de cl s
1) Signature du message. La signature num rique comprend deux tapes :
a) valuation du condens de message. Le but principal de l' valuation d'un condens
est de s'assurer que le message ne sera pas alt r ; c'est ce qu'on entend par int grit
du message.
b) Signature du condens . Une signature est en fait un chiffrement l'aide de la cl
priv e de l' metteur (Alice dans le cas pr sent). On retrouve galement dans cette
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 6 sur 15
signature le nom de l'algorithme de hachage utilis par l' metteur. La cl publique de
l' metteur est aussi annex e la signature. Gr ce ces informations, n'importe qui
peut d chiffrer et v rifier la signature l'aide de la cl publique et de l'algorithme de
hachage de l' metteur. tant donn les propri t s du chiffrement cl publique et des
algorithmes de hachage, le destinataire a la preuve que :
i) Le condens a t chiffr l'aide de la cl priv e de l' metteur;
ii) Le message est prot g contre toute alt ration.
2) Chiffrement du message. Le chiffrement comprend les trois tapes suivantes :
a) Cr ation d'une cl de chiffrement/d chiffrement unique. Rappelons que les
algorithmes de chiffrement et de d chiffrement qui utilisent des cl s asym triques
sont trop lents pour tre utilis s pour de longs messages; les algorithmes cl
sym trique sont tr s efficaces et sont donc utilis s.
b) Chiffrement du message. La totalit du message (le message proprement dit et la
signature) est chiffr e l'aide de CSym, la cl sym trique valu e ci-dessus.
c) Chiffrement de la cl sym trique. CSym est galement utilis e par le destinataire pour
d chiffrer le message. Elle ne doit donc tre accessible quau destinataire (Bob). Pour
dissimuler CSym tous sauf au destinataire, il suffit de la chiffrer l'aide de la cl
publique du destinataire. tant donn que CSym repr sente un tr s petit l ment
d'information compar au message (qui pourrait tre tr s long), l'inefficacit relative
des algorithmes cl asym trique devient acceptable.
Il est int ressant de souligner que si Alice voulait envoyer le m me message plusieurs
destinataires, Bob et John par exemple, la seule op ration suppl mentaire qu'elle aurait ex cuter
serait de r p ter l' tape 2) c) pour John. Par cons quent, le message que Bob et John recevraient
prendrait la forme suivante : CPrA+CPuA]CSym+ CPuB+ CPuJ .
Advertisement
Notez que Bob et John utiliseront exactement la m me CSym pour d chiffrer le message.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 7 sur 15
1.4.2 tapes de d chiffrement et de v rification de la signature d'un message
La Figure 4 ci-dessous montre la s rie d'op rations que Bob doit ex cuter pour d chiffrer et
v rifier le message envoy par Alice.
Alice
Bob d chiffre et v rifie le message envoy par Alice
1 : D chiffrement
CPrA+CPuA]CSym +
CPuB
CPrA+CPuA]CSym +
CSym
1a : D chiffrer CSym
l'aide de CPrB
1b : D chiffrer message
l'aide de CSym
Message+ CPrA+CPuA
L gende :
CPrA
CPuA
CPrB
CPuB
CSym
Hach
Cl priv e d'Alice
Cl publique d'Alice
Cl priv e de Bob
Cl publique de Bob
Cl sym trique unique
Algorithme de hachage
2b : valuer condens
2a : D chiffrer condens
l'aide de CPuA
Condens = Hach
Condens
Message
en clair
Bob
Le message est d chiffr et
la signature v rifi e
2c : Comparer
condens s
=
2 : V rification
Figure 4 : Processus d taill de d chiffrement et de v rification l'aide de cl s
1) D chiffrement du message. Le d chiffrement comprend les tapes suivantes :
a) D chiffrement de la cl sym trique. La cl sym trique unique a t utilis e pour
chiffrer le message. Cette cl (CSym) a t chiffr e l'aide de la cl publique du
destinataire (Bob). Seul Bob peut d chiffrer CSym et l'utiliser pour d chiffrer le
message9.
b) D chiffrement du message. Le message (qui comprend le message proprement dit et
la signature) est d chiffr l'aide de CSym.
2) V rification de la signature. La v rification de signature comprend les trois tapes
suivantes :
9 En fait, tous les destinataires seraient en mesure de d chiffrer leur propre copie de CSym. Les op rations qui suivent peuvent donc
tre ex cut es par chaque destinataire.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 8 sur 15
a) D chiffrement du condens de message. Le condens a t chiffr l'aide de la cl
priv e de l' metteur (Alice). Le condens est maintenant d chiffr l'aide de la cl
publique de l metteur incluse dans le message.
b) valuation du condens . tant donn que
le hachage est un processus
unidirectionnel, autrement dit qu'il est impossible de retrouver le message d'origine
partir du condens , le destinataire doit r valuer le condens en utilisant exactement
le m me algorithme de hachage que l' metteur.
c) Comparaison des condens s. Le condens d chiffr en a) et le condens valu en b)
sont compar s. S'ils concordent, la signature est de ce fait v rifi e et le destinataire
peut alors avoir la certitude que le message a t envoy par l' metteur et n'a pas t
alt r . S'ils ne concordent pas, il est possible que :
(i) le message n'ait pas t sign par l' metteur ou que
(ii) le message ait t alt r .
Dans les deux cas, le message doit tre rejet .
1.5 Identit et cl s
Jusqu' pr sent, nous avons pris pour acquit que les cl s utilis es pour le chiffrement et le
d chiffrement ainsi que pour la signature num rique et la v rification appartiennent Bob et
Alice. Comment pouvons-nous tre certains qu'Alice est bien Alice? Et comment Alice peut-elle
s'assurer que seul Bob verra ce qu'elle a chiffr ? La seule certitude que nous avons est que
l'utilisateur d'une paire de cl s donn e a sign et chiffr le message. Mais s'agit-il r ellement de
son propri taire? George, par exemple, a pu envoyer un message Bob en se faisant passer pour
Alice; Bob ne peut dire si c'est Alice ou George qui lui a envoy le message. Les m mes
incertitudes s'appliquent la cl publique de Bob. L'utilisation de certificats permet de r soudre
ce probl me.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 9 sur 15
2. Qu'est-ce qu'un certificat?
Un certificat est un l ment d'information qui prouve l'identit du propri taire d'une cl publique.
l'instar d'un passeport, un certificat est une preuve reconnue de l'identit d'une personne. Les
certificats sont sign s et transmis de fa on s curitaire par un tiers de confiance appel autorit de
certification (AC). Tant que Bob et Alice ont confiance en ce tiers, ils peuvent tre assur s que les
utilisateurs de ces cl s en sont bel et bien les propri taires.
Un certificat contient notamment :
1) l'identit de l'AC;
2) Lidentit du propri taire;
3) la cl publique du propri taire;
4) la date d'expiration du certificat;
5) la signature de l'AC qui a d livr le certificat;
6) d'autres informations qui n'entrent pas dans la port e de cet article.
En disposant d'un certificat au lieu d'une cl publique, le destinataire peut maintenant v rifier un
certain nombre d'aspects au sujet de l' metteur pour s'assurer que le certificat est valide et qu'il
appartient bien la personne qui il est cens appartenir. Il peut notamment :
1) comparer l'identit du propri taire;
2) v rifier que le certificat est toujours valide;
3) v rifier que le certificat a t sign par un AC de confiance;
4) v rifier la signature du certificat de l' metteur pour s'assurer que ce dernier n'a
pas t alt r .
Bob peut maintenant v rifier le certificat d'Alice et avoir la certitude que c'est bien la cl priv e
d'Alice qui a servi signer le message. Alice doit prendre des pr cautions avec sa cl priv e et ne
pas r v ler comment y acc der; ce faisant, elle met en pratique une partie de la non-r pudiation,
une caract ristique associ e la signature num rique. Comme nous le verrons la section 3.2,
dautres conditions sont essentielles au maintien de la non-r pudiation.
Notez que les certificats sont sign s par une AC, ce qui signifie qu'ils ne peuvent tre alt r s. La
signature de l'AC peut, son tour, tre v rifi e l'aide du certificat de cette AC.
Advertisement
2.1 Validation de certificat ajout e au processus
Quand Alice chiffre un message destin Bob, elle utilise le certificat de Bob. Avant d'utiliser la
cl publique incluse dans le certificat de Bob, des tapes suppl mentaires sont n cessaires pour
valider le certificat de Bob. Il faut v rifier :
1) la p riode de validit du certificat de Bob;
2) que le certificat appartient bien Bob;
3) que le certificat n'a pas t alt r ;
4) que le certificat de Bob a t sign par une AC de confiance.
De plus, si Alice doute de l'authenticit de l'AC de Bob, d'autres tapes seraient n cessaires pour
valider le certificat de cette AC. Ces tapes sont identiques celles requises pour valider le
certificat de Bob. Dans l'exemple ci-dessous, il est pr sum que Bob et Alice ont tous deux
confiance en l'AC.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 10 sur 15
Alice envoie un message sign et chiffr Bob laide dun certificat
Alice
Message
en clair
Condens = Hach
1b : Signer condens
1a : Calculer condens
Message+ CPrA+ CertA
1 : Signature
L gende :
CPrA
PrAC
PrSi
CPuB
CPuAC
CertA
CertB
CertAC
CSym
Hach
IdBob
IdAC
IdSi
Validit
certificat
Bob
CertDB
CertAC
Cl priv e d'Alice
Cl priv e de l'AC
Cl priv e du signataire du
CertAC
Cl publique de Bob
Cl publique de l'AC
Certificat d'Alice
Certificat de Bob
Certificat de l'AC
Cl sym trique unique
Algorithme de hachage
Identit de Bob
Identit de l'AC
Ident. du signataire du CertAC
P riode de validit du
CertAC
IdAC+Validit +CPuAC+IdSi+ PrSi
CertB
V rifier CertB
IdBob+Validit +CPuB+IdAC+ PrAC
OK
CertB
valide
2 : Validation du
certificat
CPrA+CertA]CSym+
CPuB
Envoyer message
au destinataire
3c : Chiffrer
cl sym trique
3a : valuer CSym
CSym
CPrA+CertA]CSym+CSym
3b : Chiffrer avec
CSym
3 : Chiffrement
Message
sign et
chiffr
Figure 5 : Processus d taill de signature et de chiffrement l'aide de certificats
Dans la figure 5 ci-dessus, une tape de validation de certificat a t ajout e par rapport aux
tapes illustr es la figure 3. Seuls les champs requis pour la validation d'un certificat sont
affich s.
Alice veut s'assurer que la CPuB incluse dans le CertB appartient bien Bob et qu'elle est
toujours valide.
" Elle v rifie le champ Id et trouve IdBob, qui repr sente l'identit de Bob. En fait, la
seule chose qu'elle sait r ellement est que ce certificat semble appartenir Bob.
" Elle v rifie ensuite les champs de validit et constate que la date et l'heure actuelles
entrent dans la p riode de validit . Jusque-l , le certificat semble bien appartenir
Bob et tre valide.
" La derni re v rification consiste v rifier la signature du CertB l'aide de la cl
publique de l'AC (CPuAC incluse dans le CertAC)10. Si la signature du CertB est
valide, cela signifie que :
10 Rappelons qu'une signature est le condens d'un message (dans le cas pr sent, le message est CertB) chiffr l'aide de la cl priv e
de l' metteur (il s'agit ici de la cl priv e de l'AC). Le processus de v rification de la signature de l'AC est identique celui illustr la
figure 4 o Bob v rifie la signature d'Alice.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 11 sur 15
a) Le certificat de Bob a t sign par l'AC en laquelle Alice et Bob ont pleinement
confiance.
b) L'int grit du certificat de Bob est prouv e et il n'y a donc eu aucune alt ration.
c) L'identit de Bob est assur e et la cl publique incluse dans le certificat est
toujours valide et appartient bien Bob. Par cons quent, Alice peut chiffrer le
message et avoir la certitude que seul Bob pourra le lire.
Bob ex cutera les m mes tapes pour le certificat d'Alice avant de v rifier la signature d'Alice.
2.2 Au-del de la m canique
Jusqu' pr sent, nous avons examin principalement les m canismes de cl publique associ s au
chiffrement et la signature num rique. Dans la section 2, la notion d'autorit de certification est
apparue. L'AC constitue le noyau de l'infrastructure cl publique (ICP).
3. Qu'est-ce qu'une ICP?
Une ICP est une combinaison de logiciels et de m thodes offrant un moyen de g rer les cl s et les
Advertisement
certificats et de les utiliser efficacement. Il suffit de songer la complexit des op rations d crites
plus t t dans cet article pour comprendre l'absolue n cessit de fournir aux utilisateurs un soutien
logiciel appropri en mati re de cryptographie et de signature num rique. Mais rien n'a t dit
encore au sujet de la gestion.
3.1 Gestion des cl s et des certificats
La gestion des cl s et des certificats englobe la s rie d'op rations requises pour cr er et maintenir
les cl s et les certificats. La liste qui suit d crit les principaux aspects pris en charge par une
solution de gestion ICP :
1. Cr ation des cl s et des certificats : Comment g n rer des paires de cl s? Comment
d livrer des certificats aux utilisateurs?
Une ICP doit offrir un soutien logiciel pour la g n ration des paires de cl s et les
demandes de certificat. De plus, des m thodes doivent tre mises en place pour v rifier
l'identit de l'utilisateur avant de l'autoriser demander un certificat.
2. Protection des cl s priv es : Comment l'utilisateur prot gera-t-il sa cl priv e pour
emp cher d'autres utilisateurs de s'en servir mauvais escient?
Les certificats sont librement accessibles parce qu'ils sont utilis s pour le chiffrement ou
la v rification de signature. Les cl s priv es requi rent un niveau de protection
raisonnable car elles sont utilis es pour le d chiffrement ou la signature num rique. Un
solide m canisme de mot de passe doit faire partie des caract ristiques d'une ICP
efficace.
3. R vocation de certificat : Comment g rer la situation quand la cl priv e d'un utilisateur
est compromise? Ou encore, comment g rer la situation quand un employ quitte la
compagnie? Comment savoir si un certificat a t r voqu ?
Une ICP doit offrir un moyen de r voquer un certificat. Une fois r voqu , le certificat
doit tre inclus dans une liste de r vocation accessible tous les utilisateurs. Un
m canisme doit tre fourni pour v rifier cette liste de r vocation et interdire l'utilisation
d'un certificat r voqu .
4. Sauvegarde et r cup ration des cl s : Qu'arrive-t-il aux fichiers chiffr s quand un
utilisateur perd sa cl priv e?
Si la sauvegarde des cl s n'est pas assur e, tous les messages et fichiers qui ont t
chiffr s l'aide de sa cl publique ne peuvent plus tre d chiffr s et sont donc perdus
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 12 sur 15
jamais. Une ICP doit offrir un m canisme de sauvegarde et de r cup ration des cl s
priv es afin que l'utilisateur puisse r cup rer sa cl priv e et acc der ses fichiers11.
5. Mise jour des cl s et des certificats : Qu'arrive-t-il quand un certificat atteint ou est sur
le point d'atteindre sa date d'expiration?
Les cl s et certificats ont une dur e limit e. Une ICP doit offrir un m canisme permettant
au moins de mettre jour la date d'expiration des certificats. Il est de bonne pratique,
toutefois, d'assurer la mise jour des cl s et des certificats. Cette mise jour peut se faire
automatiquement, auquel cas l'utilisateur final re oit un avis l'informant que la mise
jour a t effectu e, ou elle peut n cessiter une intervention de l'utilisateur au moment ou
avant le moment o ses cl s et certificats arrivent expiration; dans ce cas, l'ICP doit
informer au pr alable l'utilisateur qu'une intervention de sa part est n cessaire.
6. Gestion de l'historique des cl s : Apr s plusieurs mises jour des cl s, comment
l'utilisateur saura-t-il quelle cl priv e utiliser pour d chiffrer les fichiers?
Chaque fois qu'une cl est mise jour, une nouvelle paire de cl s est g n r e. Les fichiers
qui ont t chiffr s l'aide d'une ancienne cl publique ne peuvent tre d chiffr s qu'avec
la cl priv e correspondante. Si la gestion de l'historique des cl s n'est pas assur e,
l'utilisateur devra lui-m me d terminer quelle cl il doit utiliser pour d chiffrer un fichier
donn 12.
7. Acc s aux certificats : Comment un utilisateur qui veut envoyer un message plusieurs
destinataires pourra-t-il obtenir leurs certificats?
Une ICP doit offrir un moyen facile et commode d'acc der ces certificats. Un r pertoire
LDAP est couramment utilis cette fin.
3.2 Renforcement de la protection contre la r pudiation de signature num rique
Un point important qui doit tre clarifi est la non-r pudiation de signature num rique. Cette
notion renvoie au fait qu'un utilisateur ne peut nier avoir sign un message donn . Cela implique
que l'utilisateur qui a sign le message est le seul avoir acc s la cl priv e utilis e pour la
signature. Toutefois, comme nous l'avons vu pr c demment, dans un environnement de gestion
ICP, les cl s priv es sont conserv es par l'AC aux fins de r cup ration des cl s. Par cons quent,
l'utilisateur et l'AC connaissent tous deux la cl priv e, ce qui signifie qu'ils sont deux pouvoir
(en th orie) l'utiliser pour signer un message. Un utilisateur peut ainsi nier avoir sign le message
en question.
Pour viter cette situation et mieux se pr munir contre la r pudiation de signature num rique, une
seconde paire de cl s doit tre utilis e seules fins de signature et de v rification. Aucune
sauvegarde n'est faite des cl s priv es de signature et seul l'utilisateur y a acc s. Si l'utilisateur
perd son mot de passe, il perd galement sa cl de signature. Lors du processus de r cup ration, il
retrouve sa paire de cl s de chiffrement/d chiffrement, mais une nouvelle paire de cl s de
signature/v rification est g n r e. Cela ne pose aucun probl me tant donn que chaque fois
qu'un utilisateur signe un document, le certificat de v rification correspondant y est annex , de
sorte que la signature du document peut tre v rifi e n'importe quel moment.
11 La sauvegarde des cl s priv es est galement utilis e pour la garde en fiducie des cl s; en d'autres termes, comme moyen pour
l'entreprise ou un tiers habilit d'acc der aux fichiers utilisateurs pouvant contenir des renseignements irrempla ables qui, autrement,
seraient perdus jamais.
12 Supposons, par exemple, qu' la derni re mise jour de ses cl s, Alice a re u la paire CPuAn/CPrAn et qu'elle a gard un message
qui avait t chiffr l'aide de CPuA1, sa premi re cl publique. Elle doit alors utiliser CPrA1 pour d chiffrer le message.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 13 sur 15
En conclusion
La cryptographie cl publique est extr mement attrayante et riche en perspectives, int grant la
fois le chiffrement et la signature num rique. Elle constitue une v ritable perc e par rapport aux
syst mes cryptographiques cl sym trique.
Au-del de l'aspect technique, il faut voir la n cessit de mettre en place une architecture, soit une
ICP, qui comprend les outils n cessaires pour g rer et utiliser efficacement les cl s et certificats.
La section 3.1 donne un aper u de la fa on dont une ICP bien g r e r pond aux principales
pr occupations en mati re d'utilisation et de gestion des cl s et certificats. Nous en traiterons plus
en d tail dans un autre article.
Pour terminer, au-del de l'infrastructure m me, il y a lieu de pr parer, d' tayer et de maintenir
cette infrastructure. D'un point de vue technique, la mise en Suvre d'une ICP est une question de
jours. D'un point de vue affaires, la mise en Suvre d'une ICP est une toute autre histoire... qui fera
l'objet d'un autre article.
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 14 sur 15
R f rences
[1] Curry, Ian, Entrust Technologies, Getting Acquainted With Entrust/Solo and Public-key
Cryptography , version 1.0, juillet 1997
[2] Netscape, Introduction to Public-Key Cryptography ,
http://developer.netscape.com/docs/manuals/security/pkin/contents.htm
[3] Curry, Ian, Entrust Technologies, Version 3 X.509 Certificates , version 1.0, juillet 1996
[4] Branchaud, Marc, A Survey of Public-key Infrastructures , D partement d'informatique,
Universit McGill, Montr al, 1997
[5] Curry, Ian, Entrust Technologies, Key Update and the Complete story on the Need for Two
Key Pairs , version 1.2, ao t 2000
[6] RSA, Intro to PKCS Standards ,
http://www.rsasecurity.com/solutions/developers/whitepapers/IntroToPKCSstandards.pdf
[7] Site Web de l'IETF/PKIX, http://www.ietf.org/html.charters/pkix-charter.html
Groupe CGI inc., 2002. Tous droits r serv s. Aucune partie de cette publication ne peut tre reproduite par quelque proc d que ce soit sans
l'accord pr alable de CGI.
Page 15 sur 15
Jai modifi l g rement la figure