Economie de l’incertain

Cambridge University Press
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Economie de l’incertain

Economics, Uncertainty, Decision Theory · notes

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Economie de l’incertain

L. Denant-Boèmont

Maître de conférences

http://perso.univ-rennes1.fr/laurent.denant-boemont

[email protected]

Licence 3ème année Mathématiques Appliquées aux Sciences

Sociales

1

Introduction

1. Qu’est ce que l’incertitude ?

2. Les différents types d’incertitude

3. Les enjeux de la prise en compte

de l’incertitude : quelques exemples

paroxystiques

4. Risque vs Incertitude

5. Plan du cours et bibliographie

2

1. Qu’est-ce que l’incertitude ?

• L’incertitude

laquelle

aujourd’hui je ne sais pas ce que sera ma situation demain, la

situation de mon voisin demain, etc…

caractérise une

situation dans

• Mais aussi je ne sais pas ce qu’aujourd’hui pense mon voisin

de moi, ce que sont ces intentions à mon égard, quel est son

type….

.. Voire je ne sais pas ce que seront mes goûts futurs (aimerai-je

toujours la Star Ac’ dans 1 an ?)

• Certains types d’incertitude se résolvent en partie au cours du

temps (acquisition d’information : qui va gagner la Star Ac’ ?),

mais d’autres non… (si mon voisin ne fait rien vis-à-vis de

moi, je ne connaitrai jamais ses intentions…)

• Le problème de l’incertitude ne vient pas tant de l’ignorance

de l’individu que des conséquences (gains ou pertes) qu’elle

peut avoir sur l’individu et qu’il anticipe.

3

Les conséquences de l’incertitude

• L’incertitude va donc avoir des conséquences sur les décisions

courantes des individus : celles-ci pourraient s’avérer ex post

inadaptées (ex post : une fois l’incertitude résolue, ex ante :

avant que l’incertitude sur quelque chose soit résolue)

Incertitude sur ma situation : ces études de MASS vont-elles vraiment

me permettre de gagner ma vie ? Ne vaut-il pas mieux que je tente ma

chance à la Star Ac ?

Incertitude sur les actions des autres : s’il tente sa chance à la Star

Ac, alors je ne dois pas y aller, car il chante mieux que moi.. Mais s’il n’y

va pas, j’ai mes chances.

Incertitude sur mes préférences futures : si je n’aime plus la Star Ac

dans 1 an, dois-je vraiment prendre des leçons de chant ?

4

L’incertitude sur ses préférences futures : « Paying

not to go the gym… »

• Della Vigna & Malmandier (2007),

AER

• Hypothèse d’Homo oeconomicus :

Les consommateurs ont des anticipations

consommations

leurs

rationnelles

sur

futures et

le panier qui

choisissent

maximise leur utilité,

• Les personnes qui prennent un

abonnement en club de gym payent

environ 70$ par mois, et ne visitent

qu’en moyenne 4.3 fois le club (soit

17$ par visite), alors qu’une visite

hors abonnement coûte 10$ .

5

2. Les différents types d’incertitude en économie

Environnement décisionnel (la Gaule romaine vers 50 av. J.C)

Incertitude décisionnelle

(le ciel va-t-il nous tomber sur la tête ?)

Incertitude stratégique

(quelles sont ses intentions ?)

6

Les différents types d’incertitude

• L’incertitude

décisionnelle

l’environnement

décisionnel des individus et s’applique a priori à tous sans qu’ils

aient une quelconque prise sur cet environnement (quel temps

fera-t-il demain ?). L’incertitude décisionnelle est donc

totalement exogène à la décision..

concerne

• L’incertitude stratégique vient du fait que j’interagis avec les

autres : quelles sont ses préférences ? Quel est l’espace des

stratégies qu’il peut déployer et qui peuvent m’affecter ?

• L’incertitude stratégique est une situation dans laquelle je ne

connais pas les préférences de mon partenaire, ou l’ensemble de

ses actions, ou son niveau d’information.

• Par conséquent, les jeux sans incertitude stratégique ne seront

pas traités (exemple : le dilemme du prisonnier et ses dérivés)

7

3. Les enjeux de la prise en compte économique de l’incertitude :

quelques exemples

(a) les coûts de construction de grands projets de transport

Source : Flyjbjerg and al. (2003), Megaprojects and Risk, Cambridge University Press.

8

3. Les enjeux de la prise en compte économique de l’incertitude :

quelques exemples

(b) les prévisions de demande

9

3. Les enjeux de la prise en compte économique de l’incertitude :

quelques exemples

(c) la rentabilité

L’exemple du tunnel sous la Manche, 100 pennies = 1£ ; actions vendues au prix de 3.5£ en déc. 1987

Source : Flyjbjerg and al. (2003), Megaprojects and Risk, Cambridge University Press.

10

4. risque vs incertitude

p

R11

s1

d1

s2

(1-p)

d2

p

s1

R12

R21

(1-p)

s2

R22

11

4. risque vs incertitude

• F Knight (1921)

• Risque : états + probabilités

• Incertitude : états non probabilisés

• Incertitude radicale : ni états ni probabilités

• NB : cette distinction porte sur l’aspect décisionnel (et

pas forcément stratégique)

12

Bibliographie

• Kast R. (1993), Théorie de la décision, Repères, La

découverte

• Holt, C.A. (2007), Markets, Games and Economic Behavior,

Wiley & sons.

• Laffont, J.-J.

(1990), Economie de

l’incertain

et de

l’information, Dunod.

13

4. Plan du cours (provisoire)

• Chap. 1. Critères de décision individuelle en avenir risqué

• Chap. 2. L’Espérance d’Utilité (EU) de Von Neumann-

Morgenstern

• Chap 3. Remises en cause empiriques et modèles alternatifs à

l’EU

• Chap 4. Critères de décision individuelle en avenir incertain

• Chap. 5. Incertitude stratégique sur les préférences

• Chap. 6. Incertitude stratégique en présence d’incertitude

décisionnelle

• Chapitre 7. incertitude stratégique en présence d’asymétrie

informationnelle

14

Un exemple récurrent : VAN de 3 projets de TC selon 3 états possibles de la demande

Demande

élevée

moyenne

faible

projet

A

Tramway

B

Bus guidé

C

Bus articulé

site protégé

en

100

65

35

50

70

45

30

40

50

15

Chapitre 1. Critères de décision individuelle en

avenir risqué

1. Fondements de l’espérance de gain

2. Le critère de l’Espérance Mathéma-

tique de Gain (EMG) et ses dérivés

3. Le critère Espérance-Variance de

Markowitz

4. Les limites du critère d’EMG et le

Michael Cimino (1978), Voyage au bout de l’enfer

(The DeerHunter)

critère de Bernoulli

16

1. Fondements de l’espérance de gain : « Qui veut

gagner des millions ? »

million

(source

Série de questions avec 4 réponses possibles.

15 questions avec 2 paliers, l’un à 1500€ au bout de 5

questions, l’autre à 48000€ à la 10ème question

Imaginez que vous soyez à la 14ème question et que vous

ayez donc atteint 300 000€. La 15ème vous permet d’accéder

au

:

d’€

http://fr.wikipedia.org/wiki/Qui_veut_gagner_des_million

s_%3F )

Il vous reste l’option 50/50 qui permet d’éliminer 2

réponses possibles sur les 4. supposons qu’aucune des deux

réponses possibles ne soit plus probable que l’autre (vous

ne connaissez rien à la question)

L’option est donc entre abandonner et gagner 300 000 €

ou continuer en ayant avoir 50% de chances de gagner 1

000 000 et 50% de chances de gagner 48 000 €

Que faire ?

L’espérance de gain de continuer est :

0.5 48000 +0.51 000 000 = 524 000 €

Le supplément de gain espéré de 224 000 € (524 000 – 300 000)

vaut-il le risque pris à continuer ?

17

Le pari de Pascal (1670) : croire ou ne

pas croire en Dieu ?

« Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre

connaissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir : l'erreur et la misère. Votre raison n'est pas

plus blessée, en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre

béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant choix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous

gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. » Pensées, Blaise Pascal

(1670)

• Question : vaut-il mieux avoir la foi ou être un mécréant sachant qu’il est possible que

Dieu n’existe pas ?

Pascal : il vaut mieux avoir la foi car cela est rationnel…

En effet, si je n’ai pas la foi, et que Dieu existe, alors j’irai en enfer. Et si Dieu n’existe pas, alors

peu importe (le néant pour tous…).

Si j’ai la foi et que Dieu existe (et que je n’ai pas trop commis de pêchés!!), alors j’irai au Paradis. Si

Dieu n’existe pas, alors peu importe.

En clair, si on se donne un certain pourcentage de chances que Dieu existe (et donc une

probabilité 1-p que Dieu n’existe pas), alors l’acte d’avoir la foi est toujours plus intéressant que

l’acte qui consiste à ne pas avoir la foi :

Gain espéré de « croire en Dieu »

Gain espéré de « ne pas croire en Dieu »

Proba ( Dieu existe) X Paradis + (1-p) X 0 >>> Proba ( Dieu existe) X Enfer + (1-p) X 0.

C’est donc un pari rationnel que de miser sur l’existence de Dieu.

C’est le premier cas d’utilisation d’un raisonnement en termes d’espérance mathématique de gains

18

Advertisement

2. Critère d’Espérance Mathématique de Gain et ses dérivés

(a) l’Espérance Mathématique de Gain

• L’ensemble des décisions représente un vecteur D composés de m

éléments D={d1, …, di, …, dm}

• L’ensemble des états de la Nature S composé de J éléments S ={s1, …,

sj, …, sn}

• L’ensemble des résultats correspond au produit R=D x S, soit à une

matrice composée de (n x m) éléments

• La distribution de probabilités

sur

les états de

la Nature

P={p1,…pj,…pn}

• L’espérance mathématique de gain s’écrit alors :

(

dE

) ∑

=

rp

ij

j

=

n

s

i

j

=

1

s

j

Où j indice l’état de la nature, i la

décision

• Et on cherche la décision optimale tq :

d

arg

max

(

EMG

(

id

)

)

19

L’espérance de gain : exemple

• Si Pr (X=x) = {0,2 ; 0,5 ; 0,3}

• Alors EMG (A) = 0,2 x 100 + 0,5 x 50 + 0,3 x 30 = 55

millions d’€

• EMG (B) = 0,2 x 65 + 0,5 x 70 + 0,3 x 40 = 60

• EMG (C) = 0,2 x 35 + 0,5 x 45 + 0,3 x 50 = 44,5

• D’où B > A > C

20

Un dérivé : le critère de Laplace

Si la distribution des probabilités est supposée comme étant uniforme (par

exemple, en cas d’incertitude) :

}

{

=

=

==

...

p

j

==

...

p

n

p

1

,...

p

i

,...

p

n

avec

p

1

P

1

n

• Le critère de Laplace s’écrit :

(

dL

i

)

=

r

ij

j

n

Soit L(A)=(100+50+30)/3=60

• L(B)= (65+70+40)/3=58.33

• L(C)= (35+45+50)/3=43.33

• Donc A>B>C

21

3. Le critère de Markowitz et la frontière

d’efficience

• Le critère de Markowitz (1952) a été déterminé pour arbitrer

entre la possession de différents titres financiers ou portefeuilles

financiers,

• Basiquement, le risque d’un titre ou d’un portefeuille peut être

mesuré par la dispersion de son cours (ses cours) tout au long du

temps, et être utilisé pour prévoir son évolution future,

• La dispersion des cours ou rendement d’un titre peut être mesuré

par l’écart-type,

• Cette mesure de la dispersion va compléter l’information de

l’investisseur sur le rendement ou le cours moyen du titre ou du

portefeuille.

a priori, un investisseur va préférer les titres les plus rentables

mais impliquant le moins de risque…

22

La volatilité des titres financiers

et

titre

NB : la volatilité historique

d’un titre ou d’un portefeuille

se mesure le plus souvent à

travers un coefficient Beta,

défini par le rapport entre la

variance du

la

covariance du titre à l’égard

d’un indice référence.

Si le coefficient Beta est >1

(par ex. 1.5), cela signifie que

la variation moyenne du

cours a été de 1.5% quand

celle de l’indice référent a été

de 1%. Le Beta représente

donc une élasticité du cours

du titre par rapport au cours

moyen des titres de l’indice.

Cela

en

moyenne, le cours a été 25%

plus élevé mais aussi 25%

plus bas que l’indice

signifie

que,

23

re de MARKOWITZ

(a) Le critèère de MARKOWITZ

(a) Le crit

• Fonction de valorisation :

– La fonction de valorisation est caractérisée par un couple composé

par l’espérance mathématique de la décision et sa variance.

(

dE

i

)

=

(

Rp

j

ij

)

=

n

s

j

=

1

s

j

s

2

(

d

i

)

=

=

n

s

j

=

1

s

j

(

Rp

j

ij

)2

)

(

dE

i

24

-

CritCritèère de choix n

re de choix n°° 1 :1 :

d

k

f

d

l

si

dE

(

)

k

dE

(

s

et

)

(

d

k

)

<

s

(

d

l

)

l

ou

bien

s

et

(

dE

(

)

k

>

dE

(

l

)

d

k

)

s

(

d

l

)

Cette règle de comparaison est assez restrictive :

Advertisement

Elle ne prend pas en considération le fait qu’un fort écart-

type puisse être compensé par une forte espérance .

Donc ce critère ne fonctionne pas toujours : il faut le compléter

25

£

Exemple d’application

Actions\états

d1

d2

d3

p(sj)

s1

20

5

40

s2

25

30

50

s3

40

50

75

s4

100

125

0

p1=0.20

p2=0.25

p3=0.40

p4=0.15

(

dE

1

(

s

d

1

)

)

=

=

25,41

97,25

(

dE

(

s

d

(

dE

(

s

d

2

2

3

3

)

)

)

)

=

=

=

=

25,47

37,31

50,50

95,24

d

d

3

3

f

f

d

1

d

2

d =

  • d

3

26

Si le critère précédent ne permettait pas de se prononcer on utiliserait le critère de choix n° 2 :

critcritèère de choix n

re de choix n°° 2 :2 :

d

k

f

d

l

si

(

dE

(

s

d

k

k

)

)

>

(

dE

(

s

d

l

l

)

)

Cette règle consiste à mesurer le pourcentage

d’espérance par unité d’écart type

La meilleur stratégie sera celle qui aura la plus grande

espérance par unité d’écart type

27

Application du critère n°2 :

(

dE

1

(

s

d

1

)

)

=

=

25,41

97,25

(

dE

1

(

s

d

1

)

)

=

25,41

97,25

58,1

(

dE

(

s

d

2

2

)

)

=

=

25,47

37,31

(

dE

(

s

d

2

2

)

)

=

25,47

37,31

(

dE

(

s

d

3

3

)

)

=

=

50,50

95,24

(

dE

(

s

d

3

3

)

)

=

50,50

95,24

50,1

02,2

d

3

f

d

1

f

d

2

28

»

»

»

Données empiriques (Guedhami et al., 1999)

29

(b) La frontière d’efficience des portefeuilles

financiers

• Supposons une collection de différents titres financiers

caractérisés par leur espérance de gain et leur écart type.

• En général, un supplément de gain espéré est obtenu

moyennant une augmentation du risque, càd de la

volatilité du titre…

• Par ailleurs, le supplément de gain espéré a tendance a

croître moins rapidement que la volatilité du titre

(hypothèse validée par l’observation empirique)

30

Données empiriques (Sanfilippo, 2002)

(Moment Partiel d’ordre Inférieur)

31

La frontière d’efficience

U2

U1

e

d

x

u

a

t

u

o

é

r

é

p

s

e

n

a

g

(

i

e

r

Advertisement

t

i

t

u

d

t

n

e

m

e

d

n

e

R

)

é

r

é

p

s

e

t

n

e

m

e

d

n

e

r

Volatilité du titre

(écart type)

32

4. Les limites de l’espérance mathématique de gain et

le critère de Bernoulli

(a) Exemple 1 : « le philanthrope sadique »

Supposons un individu qui doit mourir d’ici 2 jours à

moins d’être opéré moyennant un coût de 100 000 €

• Cet individu, à une heure de décéder, rencontre un

philanthrope sadique qui lui propose le choix suivant :

a) Une loterie A qui lui rapporte 50 000 € avec une probabilité p de 0.5

et 75 000 € avec (1-p)=0.5

b) Une loterie B qui lui rapporte 100 000 € avec une probabilité p de

0.01 et 0 € avec (1-p)=0.99

• Quel choix fera-t-il ?

33

Le philanthrope sadique

• S’il raisonne en espérance mathématique, il choisira la loterie A

car 0.5(50000)+0.5(75000) = 62500 > 0.01 (100000)+0.99(0) =

1000

• Or ce choix est stupide car seule la loterie B lui donne un espoir

de survie, tandis qu’avec la loterie A, c’est la mort assurée ! (à

moins d’être un bon négociateur avec le chirurgien…)

• On peut penser que la survie est préférable à n’importe quelle

issue monétaire inférieure à 100 000 euros et donc l’espérance

mathématique est clairement insuffisante dans ce cas de choix

34

Le philanthrope sadique : moralité

• Supposons que l’individu attache une certaine utilité

aux issues consécutives aux loteries A et B

• Si U(mort) = 0 et U(vie) = 1, alors l’espérance des

loteries avec ces utilités s’écrit :

• Loterie A : 0.5 X U(A si S1) + 0.5 X U(A si S2)

• = 0.5 (0) + 0.5 (0) = 0

• Loterie B : 0.5 X U(B si S1) + 0.5 X U(B si S2)

• = 0.01 (1) + 0.99 (0) = 0.01

35

(b) Exemple 2 : Le paradoxe de St Petersbourg

(1738)

• D. Bernoulli (1700-1782), mathématicien à l’académie de St

Petersbourg.

• Soit le choix entre 2 loteries (2 décisions), l’une procurant un

gain certain de 1 million d’€ (d1) et l’autre procurant un gain de

2n consécutif à l’apparition du côté « face » d’une pièce de

monnaie au nième lancer (d2),

(exemple : si « face » sort au 23ème lancer de la pièce, après 22

sorties de « pile » les fois précédentes, le gain de cette loterie est

223=8.389 millions d’euros.)

• Quel choix faites-vous, d1 ou d2 ?

36

Le choix de St Petersbourg en termes d’arbre de

décision

d1

d2

p=1

1 000 000 €

p=1/2 F

p=1/2 P

21

p=1/2 F

p=1/2 P

22

p=1/2 F

p=1/2 P

23

p=1/2 F

p=1/2 P

24

37

L’application du critère d’espérance mathématique

• EMG(d1) = 1 X 1 000 000 = 1 000 000

• EMG(d2) = ½ X 2 + ½ X 4 + ½ X 8 + ½ X 16 +

….+ ½ X 2100 +…. = +∞

• D’où d’après

l’application de

la maximisation de

l’EMG, d2 préférable à d1 !

38

re de BERNOULLI

(c) Le critèère de BERNOULLI

(c) Le crit

• Bernoulli critique le critère de PASCAL à partir d’un

exemple simple

• Un mendiant possède un billet de loterie lui permettant

de gagner 20.000 Ducats avec une probabilité égale à

0,5.

• Un riche marchand lui propose d’acheter ce billet 9.000

Ducats. Le mendiant accepte, ce qui est contraire au

paradigme Pascalien !

39

Formalisation de ce problème :

s1

0

9 000

0,5

s2

20 000

9 000

0,5

d1

a2

Prob{sj}

=

(

dE

1

(

dE

)

)

=

2

+

5,005,0

+

9000

5,0

20000

=

5,0

9000

10000

=

9000

=

d

*

d

1

Pourquoi le mendiant préfère vendre son billet de loterie ?

40

·

·

·

·

(c) Le critère de Bernoulli

• Bernoulli : ce n’est pas le gain en lui même qui intéresse

les individus mais plutôt l’utilité que le gain procure.

• Un individu k va évaluer la valeur du pari avec une

fonction du type

k

EU

(

d

i

)

=

(

k

rUp

ij

j

)

=

n

s

j

=

1

s

j

• Le critère de choix consiste donc à déterminer la

décision qui maximise la fonction d’évaluation des

conséquences

d

arg

max

EU

(

k d

i

)

41

Résolution du paradoxe en présence d’une fonction

d’évaluation des conséquences différente de f(x)=x

Le mendiant accepte de vendre son billet de loterie dès lors que :

(

dEU

2

)

>

(

dEU

1

)

Soit :

( )

0

u

+

1

2

1

2

(

20000

)

u

<

(

9000

)

u

+

1

2

(

9000

)

u

1

2

(

20000

)

u

<

(

9000

)

u

.2

Si la fonction d’utilité du mendiant est de type u(x)=Ln(x), il

Advertisement

est rationnel d’accepter l’échange :

Ln(20000)=9,9 et 2*Ln(9000)=18,20

42

Généralisation et application au paradoxe de St

Pétersbourg : la convergence d’un série géométrique

• Une série géométrique

S

n

+=

a

aq

+

2

aq

++

...

n

aq

• Est une série de terme général :

u =

n

n

aq

Si on multiplie cette série par q, la

raison de cette suite, on obtient

• Et que l’on calcule :

=

(

aq

+

aq

qS

=

n

aq

+

+

aq

++

...

2

2

aq

++

...

n

aq

)

+

1

n

aq

S

n

qS

n

=

S

n

-=

a

(

1

(

1

a

n

aq

+

1

n

+

1

)

q

)q

43

-

-

(cid:219)

-

Le paradoxe de St Pétersbourg et la convergence

d’un série géométrique

Si on suppose que

( )

xu

=

x

1

2

• Le pari de St Pétersbourg peut

série

s’écrire

géométrique de terme infini :

comme une

nS

=

2

1

(

2

)

2

(

2

2

)

1

2

1

2

2

+

++

...

(

2

+

1

n

)

(

2

+

1

n

)

1

2

+

...

• La raison d’une telle série est :

=

q

=

u

2

u

1

1

2

+ =

1

2

u

n

u

n

• Et on calcule :

lim

n

S

n

=

2

0

n

(

+

1

n

)

1

2

21

1

2

21

1

2

1

2

=

2

01

1

2

21

.2

414

<

(

1000000

)

5.0

=

1000

44

·

·

·

-

-

-

-

@

-

-

-

-

-

-

-

-

-

¥

Conclusions du chapitre 1

• Critères simples liés à l’EMG…

• Mais limites inhérentes : ne tient pas compte du fait que

l’attitude vis-à-vis du risque peut être très différente

d’un individu à l’autre…

• … et que ce n’est pas forcément le gain qui importe

mais l’utilité du gain.

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