Conduite du changement
Par Mme Jihene Cherrak
Mastère MOME
Chapitre 2. Méthode et leviers de la conduite du changement
Table des matières
I. Les leviers de la conduite du changement ................................................................................. 2
I.1.
Phase de diagnostic ............................................................................................................... 3
a. Diagnostics ............................................................................................................................... 3
b. La gestion des hommes et des résistances ................................................................................ 4
I.2.
Phase d’accompagnement ..................................................................................................... 4
I.3. Ateliers participatifs .............................................................................................................. 6
I.4.
Cycle de pilotage ................................................................................................................... 7
a. Le tableau de bord ..................................................................................................................... 7
b. Les indicateurs ICAP ................................................................................................................. 8
c. La gestion des risques. ............................................................................................................... 9
d. Le contrôle des transformations. ............................................................................................... 9
II. Les acteurs de la conduite du changement ................................................................................ 9
II.1. Acteurs externes : les offres des cabinets de conseil ........................................................... 10
II.2. Acteurs internes. .................................................................................................................. 10
III. Dispositifs de déploiements de la conduite du changement ................................................... 11
III.1. Conduite du changement en mode projet ............................................................................. 11
III.2. La conduite du changement en mode managérial ................................................................ 12
III.3. La conduite du changement en mode résolution de crise .................................................... 13
IV. Modes de gestion du changement ............................................................................................. 14
IV.1. Le mode collaboration/participation .................................................................................... 14
IV.2. Le mode éducation/communication .................................................................................... 14
IV.3. Le mode intervention ........................................................................................................... 15
Objectif global :
Connaître la méthode et les outils à mobiliser pour conduire un changement.
Objectifs spécifiques :
• Définir une méthodologie de conduite du changement avec ses livrables ;
• Présenter les acteurs de la conduite du changement ;
• Dresser un panorama des offres des cabinets de conseil et des modalités d’internalisation de
la conduite du changement ;
• Présenter les différents dispositifs de conduite du changement.
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La question du comment conduire le changement est d’autant plus importante qu’elle
conditionne les actions mais également les ressources allouées et les méthodologies
envisagées. La formalisation d’un comment par le biais des leviers de la conduite du
changement (livrables attendus) permet de :
• Construire un langage commun,
• Mieux maîtriser les offres des consultants,
• Pouvoir mettre en œuvre un pilotage du changement dans l’entreprise.
De ce fait, dans le présent chapitre, dans un premier temps, nous présentons de façon
succincte les différents leviers de la conduite du changement. Dans un deuxième temps,
nous définissons les acteurs susceptibles de conduire le changement. En dernier lieu, seront
présentés la typologie des dispositifs de conduite du changement.
I.
Les leviers de la conduite du changement
Les leviers représentent les livrables (productions) concrets et opérationnels dans une conduite
du changement. Six grands leviers (mis à part les ateliers participatifs considéré comme
instrument transversal pouvant être mobilisé avec les autres leviers) sont produits par les
acteurs internes ou externes de la conduite du changement sur trois phases : une phase de
diagnostic, un cycle d’accompagnement du changement et un cycle de pilotage du
changement.
Cycles de la conduite du changement
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6
1
4
5
2
Dans une logique « Diagnostic – Action – Contrôle », ces trois étapes permettent
d’organiser les productions de la conduite du changement qui seront détaillées dans les
chapitres suivants.
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I.1.
Phase de diagnostic
a. Diagnostics
Le diagnostic est le 1er levier de la conduite du changement. Il est très important car c’est au
travers de son contenu que les besoins d’un projet en conduite du changement sont déterminés.
Il permet d’éviter de déployer des actions contraires aux finalités et de gaspiller du temps et
de l’argent.
Il consiste à comprendre et à analyser une situation de changement afin de déterminer les
meilleures actions d'accompagnement de celui-ci. Cette compréhension se réalise à travers
des éléments à produire (livrables), notamment :
• Les cartographies du changement,
• Les cartographies des acteurs,
• Les diagnostics socio-organisationnels,
• Les analyses d'impacts,
Ces éléments permettent de caractériser un changement afin de déterminer quelles seront les
meilleures actions à envisager pour l'accompagnement de celui-ci, pour sa bonne réalisation,
mais également pour le bien-être de l'ensemble des personnes qui en bénéficieront.
Le diagnostic se fait en début du projet dans sa phase amont. Cela peut se matérialiser lors de
l’étude préalable ou bien tout au début de la conception générale. Il est préconisé cependant
de le faire dans l’étude préalable en raison du fait que certaines variables observées peuvent
amener les décisionnels à abandonner un projet et permet d’être proactif en envisageant des
actions de manière planifiée, plutôt que de subir en étant réactif aux situations. De plus, ce
n’est qu’après avoir fait ce travail de cadrage qu’il est possible de déterminer les leviers
pertinents.
Dans le diagnostic, on s’intéresse essentiellement à :
• La notion de résistance au changement, et
• La prédisposition du système au changement.
Le diagnostic de ces aspects permet d’envisager et de réaliser les actions d'accompagnement
du changement, mais également aussi de montrer à l'ensemble des parties prenantes
l'importance qu'il y a à conduire le changement.
Les diagnostics sont en général faits avec une petite équipe constituée des personnes du projet,
mais aussi de personnes de l'entreprise qui connaissent bien à la fois le changement et le
système dans lequel va être implanté le changement, pour une meilleure appréciation du
système social. Pour cela, dans cette phase de diagnostic, on cherche à comprendre :
•
•
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•
les valeurs,
le système culturel,
les irritants, les résistants,
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Toutes ces notions, souvent appelé l'Invisible social, ont leur importance et nécessitent des
personnes qui connaissent extrêmement bien l'entreprise. Ces personnes doivent participer
dans la conduite du changement, ou sinon, si l’entreprise ne dispose pas de ces personnes-là,
il faut procéder à des interviews, à des ateliers (focus group), pour recueillir l’information,
notamment sur l’invisible social.
b. La gestion des hommes et des résistances
L’analyse socio-organisationnelle est un livrable qui peut être fait pour chaque projet ou
bien de manière générale pour l’entreprise avec une mise à jour régulière. Elle consiste à
définir la culture de l’entreprise, son système de valeurs, ses routines et habitudes et le
niveau de résistance des différents groupes d’acteurs. Il s’agit de faire un travail
ethnographique pour déterminer les règles implicites par lesquelles se constituent les
groupes et les grilles de perception des individus.
L’analyse socio-organisationnelle et la gestion des hommes et des résistances est un
levier engagé dès la phase de diagnostic (ou mis à jour, s’il est déjà établi par l’entreprise)
et s’intègre dans la phase d’accompagnement.
I.2.
Phase d’accompagnement
Après la phase de diagnostic, se trouve la phase dite d'actions avec différents leviers : la
communication et la formation. Toutefois, avant de définir et mener ces actions, il faudrait
définir le point d’arrivée de la conduite du changement et expliciter comment y arriver à
travers l’outil « étude d’impact ». Réaliser cette étude représente l’étape pivot de l’action de
conduite du changement : elle fait le lien entre les phases d’analyse et les phases d’action qui
vont consister à déployer les leviers du changement.
Phase d’accompagnement
Point A
1-Etude d’impacts
2-Actions à mener
(communication, formation)
Point B
a. L’étude d’impacts et plan de transition
Le dossier d’impacts consiste à lister tous les changements engendrés par le projet en
précisant les impacts de différentes natures : organisationnel, culturel, opérationnel, outil…,
ainsi que les populations qui auront à les porter.
Le dossier d’impacts prévoit la formalisation de l’existant en décrivant les processus
concernés et la cible en reprenant les objectifs du projet et les contraintes de l’existant pour
avancer un plan de transition (plan d’actions d’accompagnement du changement permettant
d’atteindre les objectifs du projet).
– Quelles sont toutes les actions de changement à mener ?
– Qui concernent-elles ?
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– Quels sont les dispositifs à prévoir ?
– Selon quelles échéances ?
Le dossier d’impacts est le premier livrable de la phase d’accompagnement car il constitue un
diagnostic des changements à mener. Les dossiers de communication et de formation sont
dépendants des dossiers d’impacts car leur contenu sera fonction du nombre et de la nature
des impacts relevés.
Cette étape dite d’étude d’impacts représente l’étape pivot de l’action de conduite du
changement : elle fait le lien entre les phases d’analyse et les phases d’actions qui vont
consister à déployer les leviers du changement.
b. La communication
La communication consiste à informer les parties prenantes pour assurer la bonne
compréhension du projet mais également pour sa réalisation.
Le changement est plus ou moins compliqué et complexe, il s’agit de construire un inexistant.
Et pour mettre les personnes et les bénéficiaires en situation de bien comprendre ce qu'elles
font, il faut être capable de projeter une cible dans une destination, même si celle-ci évoluera
avec le temps. Et cet objectif-là, est réalisé par la communication qui va consister à produire
des messages avec des médias à destination de cibles. Tout cela va constituer ce qu'on va
appeler une connaissance du projet de changement, une matérialisation et une représentation
du projet de changement.
Le terme « représentation » est un terme clé parce que les personnes vont agir en fonction des
représentations (compréhensions) qu'ils ont d'un projet.
c. La formation.
La formation est un levier classique de la conduite du changement. Elle demeure un élément
clé parce que les parties prenantes sont en attente de formation pour trouver la réponse à la
question « comment faire le changement ? ».
Ce levier a connu de grandes évolutions. Actuellement, on parle de blended learning ou de
formation hybride qui allie la formation présentielle à la formation distantielle. Autrement dit,
on associe aux moments présentiels, des e-learning sous forme de classes virtuelles, des
MOOCs…, le digital et toutes les technologies modernes. De plus, l’approche classique de la
formation tend, en partie, à laisser la place aux ateliers participatifs et aux moments d’échange.
Le processus de formation consiste à :
• Lister l'ensemble des bénéficiaires et des utilisateurs du changement
• Définir les besoins de formation,
• Envisager les contenus (modules et programmes pédagogiques visant à expliquer le
changement et comment le réaliser de façon opérationnelle dans l’activité de chaque
utilisateur)
• Définir les modalités pédagogiques permettant la transmission du contenu.
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On parle alors de plan de formation avec toute la problématique de la logistique et du temps
que les bénéficiaires devront allouer à la formation. Il faudrait composer avec les contraintes
du terrain. En effet, pendant le changement, l'activité doit continuer, on ne peut pas arrêter
l’exploitation de l’entreprise pour former les collaborateurs au changement. Il faut composer
habilement entre les contraintes de terrain, l'urgence du changement et la qualité pédagogique
du dispositif de formation. Le plan de formation construit sur la base des objectifs et des
contraintes devrait se dérouler sans ambiguïté pour l’ensemble des personnes concernées, en
tenant compte de la pérennisation dans le temps des contenus construits car ceux-ci pourraient
exploités par de nouveaux arrivants qu’il faudra former.
I.3. Ateliers participatifs
Les nombreux échecs des projets de changement descendants et la volonté des acteurs du
terrain de participer ont conduit Autissier & Moulton en 2016, à avancer les ateliers
participatifs comme étant un levier et une étape structurante de la conduite du
changement instrumentale. Les ateliers participatifs permettent la construction collective du
changement. Pour cela, cette pratique se retrouve dans toutes les étapes de la conduite du
changement : du diagnostic pour la production des différents éléments de cette étape et donner
le ton à ce que sera la conduite du changement, au pilotage du changement.
Les ateliers participatifs sont des moments au cours desquels les participants échangent entre
eux à partir d’un scénario et d’une animation spécifique à partir de leurs perceptions du
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changement, leurs pratiques en termes de modalités de réalisations du changement et leurs
vécus.
Les échanges ainsi produits ont deux objectifs :
• Analyser les pratiques existantes au regard du sujet du changement, et
• S’interroger sur les postures et comportements des uns et des autres (et surtout de soi)
à l’égard de ce même changement.
Les ateliers participatifs sont essentiels dans ce qu'on appelle les démarches expérientielles de
la conduite du changement. Où le plus important n'est pas de dire ce qu'il faut faire et pourquoi
il faut le faire, mais de faire vivre une expérience aux personnes concernées. Dans les ateliers
participatifs, on va mettre les bénéficiaires en situation d'expérience du changement. Ceux-ci
vont à la fois exprimer leur ressenti, leurs besoins, mais également s'interroger sur les
modalités concrètes sur lesquels ils vont mettre en œuvre le changement.
Les ateliers participatifs sont très proches des focus group de Lewin (Cf. chapitre 1). Mais ils
diffèrent un tout petit peu parce que dans ces ateliers participatifs, il y a une structure. Ce n'est
pas un bavardage, c'est un moment d'échange sur le changement avec l'objectif d'augmenter
la connaissance du changement. Et d'envisager de manière concrète les manières par
lesquelles celui-ci sera décliné sur le terrain.
Nous avons différents types d'ateliers participatifs :
– Des ateliers participatifs dit de catharsis, qui consistent à ce que les participants
puissent donner leur ressenti à propos d'un projet mais puissent aussi revendiquer des
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notions, puissent aussi témoigner de certaines craintes. C'est un endroit où on peut tout
dire sur le changement, ce qui permet effectivement de faire en sorte que les personnes
verbalisent leurs peurs et ainsi en prennent conscience ou puissent partager avec d'autres
afin de se rendre compte que parfois elles ne sont pas toujours fondées, et qu'il y a des
solutions aux craintes qu'elles auraient pu mentionner.
– Des ateliers de brainstorming, qui visent à ce que les personnes co-construisent le
changement en proposant des choses. Ces ateliers sont conduits selon des techniques qui
consistent à ce que les propos des uns soient enrichis avec les propos des autres.
– Des ateliers exploration, (moins ouverts que les ateliers brainstorming), qui visent à
définir des idées de manière plus précise et surtout à s'intéresser sur le comment. Donc, à
la différence de l'atelier brainstorming, On ne développe pas une liste de tout ce qui est
possible, on se focalise plutôt sur certaines idées pour développer comment les réaliser.
– Un atelier participatif de décision, dit de contractualisation, qui vise à prendre une
décision sur qui fait quoi, comment et quand et avec quelles obligations.
L'ensemble de ces ateliers-là permettent au bénéficiaire de comprendre le changement, de
poser toutes les questions qui leur passent par la tête, de s'interroger sur le comment, et aussi
de commencer à dessiner des trajectoires opérationnelles du changement.
Ces ateliers participatifs sont des ateliers courts, réalisés avec un script avec un animateur,
souvent interne, avec l'objectif de co-construire le changement avec les participants et surtout,
de leur faire vivre un moment de changement, qu'ils pourront transmettre à leur équipe en
reproduisant ce même atelier, ou en réalisant un certain nombre d'actions qui auront été émises
lors de l'atelier.
Les ateliers participatifs est un instrument de plus en plus mobilisé avec les autres leviers
(diagnostic, la communication, la formation, ou l’accompagnement).
I.4. Cycle de pilotage
Le levier Pilotage bien que présenté en dernier, intervient dès le début.
Durant le cycle de pilotage du changement, le responsable de la conduite du changement se
dote d’outils pour évaluer l’efficacité des actions de conduite du changement et la
réalisation des objectifs assignés à ces actions.
Les actions d’accompagnement, de formation et de communication n’ont d’intérêt que si
elles réalisent les objectifs qui leur sont assignés.
Dans une logique de gestion « Objectif – Réalisation – Écart », la mise en œuvre de quatre
outils de pilotage du changement est préconisée :
a. Le tableau de bord
Le tableau de bord (change scorecard) est le dossier de suivi des actions de conduite du
changement du responsable de la conduite du changement. Il est constitué d’un ensemble
d’indicateurs qui mesurent la réalisation des actions en termes de coût et de planning.
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b. Les indicateurs ICAP
(Le I pour information, le C pour compréhension, le A pour adhésion et le P pour
participation).
On calcule effectivement un taux d'informations, un taux de compréhension, un taux
d'adhésions et un taux de participation sur la population globale concernée par le
changement, ou sur des populations particulières. On obtient ces indicateurs à l'aide de
questionnaires qu'on administre auprès des personnes tous les trois ou six mois en fonction
des projets.
Ces questionnaires permettent non seulement de calculer ces indicateurs, mais de voir leur
évolution dans le temps.
Information
Est-ce que les gens sont informés par rapport au projet, par rapport à son planning, par
rapport à ses finalités, par rapport à ses modalités ?
Le taux d'informations va nous permettre d'évaluer la qualité d'évolution d'informations.
Compréhension
Est-ce que les gens comprennent ce qu'il y a derrière le projet, c'est la notion de
compréhension. Qu'est-ce qu'ils comprennent du projet, de ses implications et de ses enjeux
?
Et puis, il y a une question qui nous intéresse plus particulièrement, est-ce que les gens
adhèrent au changement ?
Adhésion
Est-ce qu’il y a adhésion ? Et comment adhèrent-ils ?
Au début l’objectif n’est pas de chercher un engagement massif mais plutôt une neutralité
bienveillante, c’est de dire par exemple : « ce projet est intéressant et mérite qu'on y porte
attention, ça vaut le coup ».
Participation.
Est-ce que les gens participent au projet de changement ?
Parce qu'entre les discours du changement et la réalisation, il va y avoir ce que les gens vont
faire concrètement pour expérimenter et tester des choses. C'est ce qu'on va appeler la
participation. Ça peut aller du simple fait d'aller en réunion, à tester quelque chose avec un
client ou sur le terrain ou sur le processus opérationnel. Donc cette notion de participation
nous permet d'évaluer si le changement est en cours.
Les taux ICAP sont des indicateurs qui permettent de savoir si les grandes actions et les grands
leviers de diagnostic, de formation, de communication, d'accompagnement, les ateliers
participatifs, ont un effet positif sur les personnes concernées et si cela permet au projet de se
réaliser le plus rapidement possible et de réaliser les objectifs, et en même temps de voir si
tout cela va permettre, effectivement, d'avoir un impact sur le business (l’activité
opérationnelle de l’entreprise).
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En terme de pilotage du changement ou du projet, en plus des indicateurs de la conduite du
changement (tableau de bord et les taux ICAP), il y’a des indicateurs de projet et des
indicateurs d'activité (de business). L’ensemble de ces indicateurs permettent d’analyser le
niveau de réalisation des objectifs du projet et leur impact sur le business de l’entreprise.
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c. La gestion des risques.
Le pilotage est complété par des indicateurs de risques et de comportements des différents
acteurs du projet afin d’évaluer leur niveau de résistance et de participation. Nous citons parmi
ces risques, le risque social (par exemple les salariés qui ressentent une dégradation des
conditions de travail), le risque organisationnel (par exemple un dysfonctionnement
organisationnel dû à des incompréhensions de la nouvelle organisation), le risque client (par
exemple des perturbations quantitatives et qualitatives dans la prestation de services)…
d. Le contrôle des transformations.
Le dossier de transformation est composé d’indicateurs métiers et business pour savoir si la
réalisation du changement accompagné a permis une amélioration de la performance de
l’entreprise et des processus concernés. On parle de KPI (Key Performance Indicators) pour
signifier des indicateurs d’évolution de la performance.
À la différence du dossier de suivi qui se fait du lancement au déploiement, le dossier de
transformation est essentiellement réalisé après le déploiement. On prend une valeur des
indicateurs métiers avant le déploiement (coût d’une facture, temps de traitement d’une
commande, etc.) et on suit leur évolution après en proposant des actions d’optimisation
pendant une période de 3 à 18 mois.
Six livrables (en plus des ateliers participatifs) pour trois étapes qui s’échelonnent
entre la phase amont d’un projet et son suivi post-déploiement (post go live), soit entre 6 et
24 mois. Cette formalisation des livrables borne le lot conduite du changement et constitue
la feuille de route de ceux qui en auront la responsabilité.
A la question que produit-on lorsque l'on fait la conduite du changement, comme développé
ci-dessus, on produit des diagnostics, de la formation, de la communication, de
l'accompagnement, des ateliers participatifs et du pilotage.
II.
Les acteurs de la conduite du changement
Qui fait de la conduite du changement en entreprise ?
Consultants
RH
Equipes
de
projet
Consultants
en
management
Acteurs internes :
Cellule interne
Managers...
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Cette expertise a très longtemps été assurée par les cabinets de conseil en management. La
conduite du changement était un besoin ponctuel qui ne nécessitait pas un investissement
durable. Cependant, avec la multiplication des projets et les besoins de changement dans les
entreprises ont conduit ces dernières à s’interroger sur la faisabilité d’une internalisation de
cette compétence.
II.1. Acteurs externes : les offres des cabinets de conseil
La conduite du changement est née avec les projets informatiques quand ces derniers se sont
posés la question de l’adhésion des utilisateurs. Au départ, la conduite du changement prenait
en charge les besoins de communication et de formation qui étaient une partie intégrée de la
gestion de projet, donc entreprise par l’équipe de projet.
Avec le développement des progiciels de gestions intégrés ERP (Entreprise Ressources
Planning en anglais), les besoins en conduite du changement des entreprises ont augmenté.
Pour répondre à ces besoins, on mobilisait les leviers suivants : « Études d’impacts – Plan
de formation – Plan de communication ».
Il fallait produire des études d’impact vu la particularité d’un ERP, à savoir son caractère
standard et global. Pour utiliser au mieux toutes ses fonctionnalités, les entreprises devaient
adapter leur fonctionnement.
Cette méthode standard et intégrée de conduite du changement était pratiquée, à partir des
années 90 par les grands cabinets de conseil en management en créant des départements
« Conduite du changement ». Elle était privilégiée pour de gros projets informatiques
impactant une population très importante. Avec une telle approche, il y’a peu de
participation. Les actions de communication étaient descendantes et la formation était
standardisée.
Critiquée pour son manque de participation et son absence d’empathie avec les
environnements dans lesquels elle était déployée, cette conception de la conduite a cédé le
pas aux approches psycho-sociologiques. Ces dernières sont développées par des cabinets
de conseil en RH. Elles visent à augmenter l’adhésion par la participation et cherchent à
limiter les résistances. Basées sur les techniques des ateliers participatifs et de la mesure
des résistances. Toutefois, ces approches sont difficiles à mobiliser lorsque les populations
sont grandes, en plus du coût exorbitant.
II.2. Acteurs internes.
a. Cellule interne de la conduite du changement
Sur la base de la méthode instrumentalisée, la conduite du changement est transférée vers des
acteurs internes qui connaissent bien les valeurs et les réseaux de l’entreprise. Selon Autissier
et Moutot (2016), la conduite du changement représente 50 % de technique et 50 % de
connaissances de l’entreprise. À partir de ce postulat, il est plus rentable de former des
personnes internes à la technique que de faire appel à des consultants qui, de doute façon,
mobiliseront au moins 50 % d’une personne interne pour appréhender l’environnement.
Certaines grandes entreprises ont créé une cellule interne de la conduite du changement.
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b. Les Managers
Les premiers acteurs de la conduite du changement dans une entreprise sont les Managers. Ce
sont eux qui donnent les impulsions de déploiement opérationnel du changement sur le terrain.
Sans leur participation, un changement devient impossible. Ils sont les rouages du déploiement
des changements mais ont également à intégrer le changement dans leur mode de
fonctionnement et dans les relations qu’ils ont avec leurs subordonnés, homologues et
hiérarchiques. Ils devraient être formés aux approches, aux techniques et aux méthodes de
conduite du changement, notamment dans les programmes généraux de formation au
management.
III. Dispositifs de déploiements de la conduite du changement
Trois types de dispositifs de conduite du changement (CDC) sont distinguées1 :
III.1. Conduite du changement en mode projet
La conduite du changement est un lot à part entière inclus dans un projet, avec un planning,
des livrables et un budget propre. Les livrables sont ceux développés dans le premier
paragraphe de ce chapitre.
Ce mode est de plus en plus répandu.
Les projets concernés sont divers : un déploiement de nouvelles applications informatiques,
une réorganisation, une fusion, la mise en place d’une nouvelle procédure, la création d’un
nouveau métier...
En fonction de la taille du projet, le lot conduite du changement sera rattaché directement au
chef de projet de manière indépendante (figure 1) ou bien intégré dans un autre lot tel que
celui de l’analyse fonctionnelle menée par la maîtrise d’ouvrage (MOA) (figure 2) pour les
projets informatiques.
Figure 1 Figure 2
Chef de projet
Maîtrise
Advertisement
d'ouvrage
Lot conduite du
changement
Lot conduite du
changement
1 Cf. Autissier et Moutot, 2016.
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Dans un projet, la conduite du changement doit mettre en œuvre les différents livrables
auprès de différentes cibles en fonction de leur implication dans le projet et de leur rôle. Les
différentes cibles de la conduite du changement sont les suivantes :
•Formalise la stratégie de changement et les différents livrables en coordination
avec les différentes parties prenantes du projet
•Réalise l'action de transformation.
•Constituée de tous les lots d'un projet
•Tous les membres sont des préscripteurs et des producteurs de changement
Equipe de
CDC
Equipe
projet
• Décident du projet et des moyens financiers et humains à mettre à disposition (membres de la direction
générale)
• Légitiment la mise en oeuvre du prjet en communiquant sur le lien entre les enjeux du projet et les
Sponsors
objectifs stratégiques de l'entreprise.
• S'assurent de la réalisation des changements
•Réseau d'acteurs véhiculant les messages d'information et participant à la
transformation
•Constitués des cadres et des managers d'équipes.
Relais
•cibles principales du projet, principaux acteurs du changement
Mesurer et gérer leur postion et leur participation pour la bonne réalisation du
changement
Utilisateurs
•Utilisateurs ou autres
Exemple: les comptables : utilisateurs sans bénéfice marquant. Le directeur financier:
bénéficiaire avec une meilleure capacité d'analyse et de pilotage
Bénéficiai
res
III.2. La conduite du changement en mode managérial
Que fait un manager au quotidien ?
Il a principalement quatre domaines d’expertise de gestion en plus de ceux techniques :
1. Définir la stratégie (Donner une destination)
2. Organiser ses ressources (organigramme, processus, procédures, fiche de poste)
3. Mettre en place des systèmes de contrôle (Tableau de bord).
4. Se créer une légitimité pour impliquer et motiver ses troupes pour faire évoluer les
pratiques au quotidien.
Pour un manager, faire faire n’est pas facile et faire faire en demandant d’évoluer et de
changer est encore plus compliqué.
Pour réussir, le manager doit se doter d’une compétence Conduite du changement. Cela
consiste à s’inspirer des livrables standards mais de manière moins lourde et systématique.
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Conduite du changement
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La première chose qu’un manager doit faire quand il prend en charge la responsabilité d’une
équipe est de se constituer un dossier sociologique qui va lui permettre d’avoir
connaissance du ou des système(s) de valeurs qui conditionnent le fonctionnement. Pour
éviter des remarques difficiles à contrer du type « on ne communique pas », un plan de
communication en relation avec ses objectifs opérationnels et la participation de son
service à différents projets lui sera fort utile. En complément de son tableau de bord, il
pourra construire un dossier d’indicateurs de transformation qui lui permettront de
piloter la transformation de ses activités et ressources.
III.3. La conduite du changement en mode résolution de crise
Entre le ponctuel des projets et le permanent de l’activité quotidienne, il y a l’imprévu des
crises. Les modalités de déploiement de conduite du changement ne sont pas les mêmes pour
ces trois moments de transformation.
Une crise intervient lorsqu’un événement imprévu altère le fonctionnement et qu’il faut
y apporter une solution au risque d’une dégradation plus importante pouvant amener à la
disparition de l’entité (service, département, entreprise) dans laquelle elle intervient. Nous
distinguons ainsi quatre types de crise présentés dans l’ordre croissant de gravité.
• La crise mineure : dysfonctionnement de l’activité quotidienne qu’il faut traiter mais
dont les conséquences sont minimes et les moyens de résolution importants.
Exemple : Il n’y a plus de lumière dans une salle de réunion sera une crise mineure.
Solution : un traitement réalisé en même temps que l’activité avec un surplus de travail
acceptable
• La crise ponctuelle : l’émergence d’un événement imprévu prive l’entreprise d’une
ressource pendant un temps jugé acceptable au cours duquel l’organisation
fonctionnera en mode de surcharge.
Exemple : Arrêt maladie d’un collègue sur une courte période.
Solution : Mettre en place des modalités d’intervention spécifiques pour solutionner les
dysfonctionnements.
• La crise structurelle : un événement provoque un dysfonctionnement important en
termes de ressources, de production ou de performance dont les conséquences seront
très pénalisantes à terme.
Exemple : La perte d’un client important ou un arrêt sur une chaîne de production.
• La crise de survie : un événement remet en cause l’équilibre de vie et il faut
immédiatement tout arrêter pour se consacrer à sa résolution au risque d’une disparition
physique et/ou institutionnelle.
Exemple : une grève importante, d’un incendie ou autres manifestations obligeant à cesser
toute activité.
Solution : Pour les 2 dernières crises, mettre en place des modalités d’intervention
spécifiques pour solutionner les dysfonctionnements, créer des cellules de crise pour
le diagnostic du problème et l’apport de solutions, très rapidement.
Tant dans la phase de diagnostic que de mise en œuvre, la dimension Conduite du
changement est présente et peut conditionner la réussite de la démarche.
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Dans la phase Diagnostic, il s’agit de formaliser le problème et d’en donner une
explication. Les outils « Diagnostic du changement », « Études d’impacts », « Plan de
communication » et « Gestion de la transformation » peuvent être mobilisés. Le diagnostic
permet de construire le périmètre en termes d’acteurs, de processus et de structures de la
crise identifiée.
Le dossier de communication est le livrable Conduite du changement le plus important en
situatio...