Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche
Scientifique de la Formation des Cadres
Présidence du Concours National Commun
École Nationale Supérieure des Mines de Rabat
CONCOURS NATIONAL COMMUN
d’admission aux Établissements de Formation d’Ingénieurs et
et Établissements Assimilés
Session 2016
ÉPREUVE DES MATHÉMATIQUES I
Filière MP
Durée 4 heures
cette épreuve comporte 4 pages au format A4, en plus de cette page de garde
L’usage de la calculatrice est interdit
Page de garde
Concours National Commun – Session 2016 – Filière MP
L’énoncé de cette épreuve, particulière aux candidats de la filière MP,
comporte 4 pages.
L’usage de tout matériel électronique, y compris la calculatrice, est interdit.
Les candidats sont informés que la qualité de la rédaction et de la présentation, la clarté et la précision des
raisonnements constitueront des éléments importants pour l’appréciation des copies. Il convient en particulier de
rappeler avec précision les références des questions abordées.
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signale sur sa copie et
poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est amené à prendre.
Le sujet de cette épreuve est composé de deux problèmes indépendants entre eux.
Durée : 4 heures
Problème 1
0, ..., n
, on appelle polynômes de Bernstein de degré n les
Soit n un entier naturel, on note [[0, n]] =
polynômes réels Bn,k = {k
X)n−k, k
[[0, n]]. Dans ce problème, on voudrait démontrer le théorème
de Weierstrass par deux méthodes et donner quelques applications de ce théorème. Dans toute la suite, on
identifie polynôme et fonction polynomiale associée.
nX k(1
{
∈
−
}
Partie I
Théorème de Weierstrass
Soit f : [0, 1]
→
R continue, pour tout n
∈
N, on pose Pn(f ) la fonction définie sur [0, 1] par,
x
∀
∈
[0, 1], Pn(f )(x) =
f
n
k=0
X
(cid:18)
Bn,k(x).
k
n
(cid:19)
1.
(a) Calculer
Bn,k.
n
k=0
X
(b) En déduire que, pour tout x
n
n
2. Calculer
kBn,k,
k(k
[0, 1], 0
n
∈
1.
≤
Bn,k(x)
≤
k2Bn,k.
1)Bn,k puis
−
k=0
X
(a) Pour tout n
3.
les trois cas : ( k
∈
k=0
X
N∗ et tout k
= 0 et k
k=0
X
[[0, n]], exprimer B0
= n), ( k = 0) puis ( k = n)).
∈
n,k en fonction de Bn−1,k−1 et Bn−1,k, (on étudiera
(b) Établir que, pour tout n
N∗ et tout x
∈
∈
[0, 1], ( Pn(f ))0(x) = n
n−1
f
(c) En déduire que si f est croissante sur [0, 1], alors pour tout n
sur [0, 1].
∈
4. Pour la suite de cette question, on se donne un réel ε > 0.
k+1
n
f
−
k
n
Bn−1,k(x).
k=0
(cid:0)
P
N∗, la fonction Pn(f ) est croissante
(cid:1)(cid:1)
(cid:0)
(cid:0)
(cid:1)
(a) Pour tout x
∈
n
[0, 1], calculer
x
k
n
−
2
(cid:19)
Bn,k(x).
k=0 (cid:18)
X
(b) Montrer qu’il existe α > 0 tel que, pour tout (x, y)
[0, 1]
×
∈
[0, 1],
y
|
−
x
| ≤
α =
Advertisement
⇒ |
f (y)
−
f (x)
| ≤
ε
2
.
(On vous demande de redémontrer le théorème de Heine pour l’application f continue sur le
segment [0, 1]).
(c) Soit x
∈
[0, 1], on pose A =
k
{
∈
[[0, n]],
x
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
k
n
−
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
α
}
≤
et B =
k
{
∈
[[0, n]],
x
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
> α
}
.
k
n
−
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
Épreuve de Mathématiques I
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6
6
Concours National Commun – Session 2016 – Filière MP
i. Montrer que
f (x)
f
−
k
n
Bn,k(x)
ε
2
.
≤
(cid:18)
ii. Montrer que
(cid:19)(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:19)(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
Pn(f )(x)
|
(e) En déduire que la suite (Pn(f ))n≥1 converge uniformément vers f sur [0, 1].
(d) En déduire que, pour tout x
k∈A (cid:12)
X
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
k∈A (cid:12)
X
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
2M
nα2
Bn,k(x)
[0, 1],
f (x)
f (x)
x(1
k
n
| ≤
ε
2
x)
−
−
≤
≤
−
+
(cid:18)
∈
f
M
2nα2 , avec M = sup
t∈[0,1] |
f (t)
|
.
M
2nα2 , avec M = sup
t∈[0,1] |
f (t)
|
.
5. Plus généralement, soit g : [a, b]
R une fonction continue, (a, b)
R2, a < b. Montrer qu’il existe une
suite de polynômes (Qn(g))n qui converge uniformément vers g sur [a, b].
→
∈
Partie II
Une démonstration probabiliste du théorème de Stone-Weierstrass
Soit f : [0, 1]
R une fonction continue et n
N∗.
∈
1. Soit Sn une variable aléatoire suivant une loi binomiale de paramètres n et x, x
[0, 1], on pose, pour
∈
→
∈
tout n
N∗, Xn =
Sn
Advertisement
n
.
(a) Déterminer E(Xn) et V (Xn) respectivement l’espérance et la variance de Xn.
(b) Justifier que, pour tout δ > 0, P (
|
Xn
x
δ)
−
| ≥
≤
1
4nδ2 .
2. On introduit la variable aléatoire Yn = f (Xn) et on pose pour tout x
[0, 1], Cn(f )(x) = E(Yn). Pour la
suite de cette question, on se donne un réel ε > 0.
(a) Vérifier que x
(b) D’après le théorème de Heine, comme f est continue sur [0, 1], alors il existe β > 0 tel que, pour
. ( On ne vous demande pas de
Cn(f )(x) est une fonction polynomiale définie sur [0, 1].
[0, 1],
7→
f (x1)
f (x2)
β
tout (x1, x2)
∈
redémontrer ce résultat ).
[0, 1]
×
x1 −
|
x2| ≤
⇒ |
−
| ≤
∈
ε
2
i. Montrer que (cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
ii. Montrer que (cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
f
≤β (cid:18)
k
n −x
X|
|
f
>β (cid:18)
k
n −x
X|
|
k
n
k
n
(cid:18)
(cid:18)
−
(cid:19)
−
(cid:19)
f (x)
P
Xn =
(cid:19)
(cid:18)
f (x)
P
Xn =
(cid:19)
(cid:18)
k
n
k
n
ε
2
≤
M
2nβ2
≤
, avec M = sup
t∈[0,1] |
f (t)
|
.
(cid:12)
(cid:12)
(cid:19)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:19)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(cid:12)
(c) En déduire que la suite (Cn(f ))n≥1 converge uniformément vers f sur [0, 1].
Partie III
Applications
Dans toute la suite de ce problème, pour tout (a, b)
R2, a < b, on pose I = [a, b].
R une fonction continue, on suppose que pour tout n
∈
1. Soit f : I
→
N,
∈
b
xnf (x)dx = 0.
a
Z
(a) Montrer que la fonction f est nulle sur I.
(b) Pour tout n
∈
N, calculer In =
0
Z
+∞
xne−(1−i)xdx.
(c) En déduire qu’il existe une fonction réelle φ, continue sur [0, +
[ et non nulle, telle que, pour tout
∞
N,
n
∈
+∞
xnφ(x)dx = 0.
Advertisement
0
Z
R continue telle que
2. Soit g : I
→
b
b
a
Z
g(t)dt = 0. Montrer qu’il existe une suite (Pn)n∈N de polynômes
telle que,
a
Z
Pn(t)dt = 0 et lim
n→∞
sup
t∈[a,b] |
g(t)
−
Pn(t)
|!
= 0.
Épreuve de Mathématiques I
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3. Soit ϕ : I
sup
t∈[a,b] |
lim
n→∞
4. Soit ψ : I
Concours National Commun – Session 2016 – Filière MP
R de classe C 1. Montrer qu’il existe une suite (Pn)n∈N de polynômes telle que,
Pn(t)
|!
−
= 0 et lim
n→∞
ϕ0(t)
sup
t∈[a,b] |
−
P 0
n(t)
|!
= 0
→
ϕ(t)
R continue et positive. Montrer qu’il existe une suite (Pn)n∈N de polynômes telle que, (
→
pour tout n
N et tout t
∈
I, Pn(t)
∈
0 ), et lim
n→∞
sup
t∈[a,b] |
ψ(t)
−
Pn(t)
|!
= 0
≥
Problème 2
Soit (Ω, A, P ) un espace probabilisé, par la suite, les variables aléatoires considérées sont des variables
aléatoires réelles discrètes ou à˘a densité. Si X est une variable aléatoire sur (Ω, A, P ), la fonction génératrice
E(etX ), où
des moments de X, lorsqu’elle existe, est la fonction numérique de la variable réelle t, MX : t
E(etX ) désigne l’espérance de la variable aléatoire etX .
→
Partie I
Cas particulier : variables aléatoires discrètes finies
Soit X une variable aléatoire discrète prenant un nombre fini de valeurs x1, ..., xr avec les probabilités
respectives p1, ..., pr, où r
N∗. Dans cette partie, on définit la fonction ϕX sur R∗ par,
∈
R∗, ϕX (t) =
t
∀
∈
1
t
ln(MX (t))
1. Déterminer MZ, lorsque Z suit une loi de Bernoulli de paramètre p, p
2. Montrer que MX est de classe C ∞ sur R, et que pour tout entier naturel k, M (k)
3.
(a) Montrer que ϕX est bien définie sur R∗ et prolongeable par continuité en 0. On pose ϕX (0) = E(X)
X (0) = E(X k).
[0, 1].
∈
et on note encore ϕX la fonction ainsi prolongée.
(b) Démontrer que ϕX est dérivable en 0 et calculer ϕ0
X (0) en fonction de la variance V (X) de X.
(c)
i. Montrer que pour tout u
0, eu
≤
≤
1 + u +
1
2
u2.
ii. Montrer que si X ne prend que des valeurs négatives ou nulles, alors, pour tout t
0,
≥
(d)
i. Pour tout entier i tel que 1
≤
que la famille (f1, ..., fn) est libre.
≤
i
ϕX (t)
≤
E(X) +
t
2
E(X 2).
r, on note fi la fonction définie sur R, par t
etxi. Montrer
7→
ii. En déduire que deux variables discrètes finies X et Y ont la même loi si, et seulement si, les
fonctions ϕX et ϕY sont égales.
(e) Montrer que si X et Y sont des variables discrètes finies indépendantes, alors, ϕX+Y = ϕX + ϕY .
(f) En déduire MX , lorsque X suit une loi binomiale de paramètre s et p, s est un entier naturel non
nul et 0
p
≤
≤
1.
(g) On dit qu’une variable aléatoire réelle X est symétrique si X et
X ont la même loi. Montrer que
ϕX est impaire si, et seulement si, X est une variable aléatoire réelle symétrique.
−
4. On considère une suite (Xn)n≥1 de variables aléatoires discrètes finies mutuellement indépendantes
sur (Ω, A, P ), qui suivent la même loi que X. On note m l’espérance de X et σ son écart-type que l’on
suppose strictement positif.
On pose, pour tout entier naturel non nul, Sn = X1 + X2 + ... + Xn et S∗
E(Sn)
Sn
.
n =
−
V (Sn)
Épreuve de Mathématiques I
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Tournez la page S.V.P.
p
Concours National Commun – Session 2016 – Filière MP
(a) Montrer que, pour tout entier naturel non nul n et tout réel non nul t,
ϕS∗
n (t) = −
m√n
σ
+
√n
σ
ϕX
t
σ√n
.
(cid:19)
(cid:18)
(b) En déduire que lim
n→∞
ϕS∗
n (t) =
t
2
.
Partie II
Cas des variables aléatoires discrètes réelles infinies
Soit X une variable aléatoire discrète réelle infinie, notons IX l’ensemble des réels t pour lesquels MX existe.
1.
(a) Montrer que, pour tous réels a, b, c tels que a < b < c et tout réel x, ebx
(b) En déduire que IX est un intervalle contenant 0.
≤
eax + ecx.
2. Soit Y une variable aléatoire discrète réelle qui suit une loi de Poisson de paramètre λ > 0.
Déterminer la fonction génératrice des moments MY de Y .
3. On suppose que la fonction MX est définie sur un intervalle de la forme ]
a, a[, (a > 0). Notons (xn)n∈N
−
a, a[, un(t) = P (X = xn)etxn. Soit α > 0 tel que [
α, α]
]
⊂
−
a, a[,
−
−
une énumération des valeurs de X.
Posons, pour tout n
]
∈
et soit ρ
N et tout t
]α, a[.
∈
∈
(a) Montrer que, pour tout k
u(k)
n désigne la dérivée k-ème de la fonction un.
N, tout t
]
∈
−
∈
α, α[ et tout n
N,
|
∈
u(k)
n (t)
| ≤
P (X = xn)(
|
xn
|
)keρ|xn|, où
(b) Montrer que, pour tout k
∈
N, il existe Mk > 0, pour tout t
α, α[ et tout n
]
∈
−
MkP (X = xn)eρ|xn|.
u(k)
n (t)
N,
∈
| ≤
(c) En déduire que MX est de classe C ∞ sur ]
|
a, a[, et que pour tout k
−
N, E(X k) = M (k)
X (0).
∈
4. En déduire l’espérance et la variance d’une variable aléatoire Y qui suit une loi de Poisson de paramètre
λ > 0.
Partie III
Cas des variables aléatoires à densité
Si X est une variable aléatoire à˘a densité, on note IX l’intervalle de R, qui contient 0, pour lequel MX existe.
1. Soient X et Y deux variables aléatoires à˘a densité indépendantes, qui admettent respectivement des
fonctions génératrices des moments MX et MY , montrer que MX+Y = MX MY .
2. Soit X une variable aléatoire à densité possédant une fonction génératrice des moments MX et une
R2,
densité f . On suppose que cette fonction génératrice des moments soit définie sur IX =]a, b[, (a, b)
a < 0 < b, et soit s un réel tel que, 0 < s < min(
(a) Montrer que, pour tout k
∈
k!
sk es|t|.
∈
(b) En déduire que, pour tout k
N∗ et tout t
N∗, E(
X
|
∈
a, b).
−
R,
tk
∈
|
| ≤
k) est finie.
∞
|
(c) Montrer que, pour tout t
]
∈
−
(d) En déduire que, pour tout k
∈
s, s[, MX(t) =
E(X k)
k=0
X
N, M (k)
X (0) = E(X k).
tk
k!
.
FIN DE L’ÉPREUVE
Épreuve de Mathématiques I
4 / 4
FIN