Concours National Commun d’Admission aux Grandes Écoles d’Ingénieurs - Épreuve de Mathématiques II

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Concours National Commun d’Admission aux Grandes Écoles d’Ingénieurs - Épreuve de Mathématiques II

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ROYAUME DU MAROC

Minist`ere de l’ ´Education Nationale

et de la Jeunesse

Minist`ere de l’Enseignement

Sup´erieur, de la Formation des Cadres

et de la Recherche Scientifique

Concours National Commun

d’Admission aux

Grandes ´Ecoles d’Ing´enieurs

Session 2003

´EPREUVE DE MATH ´EMATIQUES II

Dur´ee 4 heures

Concours MP

Cette ´epreuve comporte 3 pages au format A4, en plus de cette page de garde

L’usage de la calculatrice est interdit

Concours National Commun – Session 2003 – MP

L’´enonc´e de cette ´epreuve, particuli`ere aux candidats du concours MP,

comporte 3 pages.

L’usage de la calculatrice est interdit .

Les candidats sont inform´es que la pr´ecision des raisonnements ainsi que le soin apport´e `a la r´edaction

seront des ´el´ements pris en compte dans la notation. Les candidats pourront admettre et utiliser le r´esultat

d’une question non r´esolue s’ils l’indiquent clairement sur la copie. Il convient en particulier de rappeler avec

pr´ecision les r´ef´erences des questions abord´ees.

Notations et rappels

Dans tout le probl`eme, K d´esigne le corps des r´eels ou celui des complexes (K = R ou C) et n

un entier naturel sup´erieur ou ´egal `a 2. Si p ∈ N∗, on note Mn,p(K) l’espace vectoriel des matrices

a coefficients dans K, a n lignes et p colonnes ; si p = n, Mn,p(K) est not´e simplement Mn(K), c’est

l’algebre des matrices carr´ees d’ordre n a coefficients dans K ; la matrice identit´e de Mn(K) se note

In.

Pour toute matrice A de Mn,p(K), tA d´esigne la matrice transpos´ee de A ; si A ∈ Mn(K), SpK(A)

repr´esente l’ensemble des valeurs propres de A appartenant `a K, Tr (A) sa trace et rg(A) son rang.

Soient A et B deux ´el´ements de Mn(K) ; on consid`ere l’application, not´ee ΦA,B, suivante

ΦA,B : Mn(K) −→ Mn(K)

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X 7→ AX + XB

Si B = A, ΦA,B sera not´ee simplement ΦA.

1`ere Partie

1. Soit C ∈ Mn(K) ; montrer que SpK(C) = SpK(tC).

2. Montrer que l’application ΦA,B est lin´eaire.

3. Soient V ∈ Mn,1(K) (resp. W ∈ Mn,1(K)) un vecteur propre de A (resp. tB) associ´e `a la valeur

propre a (resp. b).

(a) Expliciter les coefficients de la matrice V tW en fonction des coefficients v1, . . . , vn de V

et w1, . . . , wn de W , et en d´eduire que la matrice V tW n’est pas nulle.

(b) Montrer que la matrice V tW est un vecteur propre de ΦA,B ; `a quelle valeur propre est-il

associ´e ?

4. Soit λ une valeur propre de ΦA,B et Y ∈ Mn(K) un vecteur propre associ´e.

(a) Montrer que pour tout entier naturel k, AkY = Y (λIn − B)k.

(b) En d´eduire que pour tout polyn ˆome P , `a coefficients dans K, P (A)Y = Y P (λIn − B).

(c) On suppose que le polyn ˆome caract´eristique PA de A est scind´e sur K et s’´ecrit

PA = (−1)n Y

(X − µ)βµ.

µ∈SpK(A)

• Montrer que Y PA(λIn − B) = 0 et en d´eduire que la matrice PA(λIn − B) n’est pas

inversible.

• En d´eduire qu’il existe a ∈ SpK(A) tel que la matrice (λ −a)In −B ne soit pas inversible.

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5. Conclure que si le polyn ˆome PA est scind´e sur K alors SpK(ΦA,B) = SpK(A) + SpK(B).

6. Soient (Y1, . . . , Yp) une famille libre de Mn,1(K), et Z1, . . . , Zp des vecteurs arbitraires de

p

X

Mn,1(K). Montrer que l’´egalit´e

Y t

i Zi = 0 a lieu si et seulement si les vecteurs Z1, . . . , Zp

sont tous nuls.

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i=1

7. On suppose ici que les matrices A et B sont diagonalisables dans Mn(K) et on d´esigne

par (U1, . . . , Un) et (W1, . . . , Wn) des bases respectives de vecteurs propres de A et tB. En

consid´erant la famille (U t

i Wj)16i,j6n, montrer que l’endomorphisme ΦA,B est diagonalisable.

8. On suppose que les deux matrices A et B sont r´eelles et sym´etriques d’ordre n.

(a) Montrer que l’application <, >: (M, N ) 7→ Tr (tM N ) est un produit scalaire sur Mn(R).

(b) Montrer que si C et D sont deux matrices d’ordre n, alors Tr (DC) = Tr (CD).

(c) Montrer alors que ΦA,B est un endomorphisme autoadjoint de l’espace euclidien

(Mn(R),<, >).

2`eme Partie

Dans cette partie, on prend K = R et on consid`ere une matrice S ∈ Mn(R), sym´etrique et d´efinie

positive. On muni Mn(R) du produit scalaire d´efinie `a la fin de la partie pr´ec´edente.

1. Montrer que les valeurs propres de S sont strictement positives.

2. En d´eduire alors que l’endomorphisme autoadjoint ΦS est d´efinie positif.

3. Soit X ∈ Mn(R) ; montrer que X est sym´etrique si et seulement si ΦS(X) l’est aussi.

4. Soit A =

(cid:19)

(cid:18)a b

c

b

une matrice sym´etrique r´eelle d’ordre 2.

(a) On suppose que A est d´efinie positive ; montrer alors que a > 0 et ac − b2 > 0.

(b) Soit U ∈ M2,1(R) un vecteur de composantes x et y ; exprimer tU AU en fonction de

a, b, c, x et y et montrer que si a > 0 et ac − b2 > 0 alors A est d´efinie positive.

(c) On suppose ici que A est d´efinie positive. On consid`ere une matrice Xλ =

(cid:19)

(cid:18)λ 0

0 1

avec

λ > 0. Calculer la matrice ΦA(Xλ) et montrer qu’on peut trouver des valeurs de b et λ

pour lesquelles cette matrice ne soit pas d´efinie positive.

5. Justifier qu’il existe une matrice orthogonale P et une matrice diagonale D telles que

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S = P DP −1.

Dans la suite, on note λ1, . . . , λn les ´el´ements diagonaux de la matrice D : D = diag(λ1, . . . , λn).

6. Dans cette question, on consid`ere une matrice X ∈ Mn(R) et on pose M = ΦS(X) ; on pose

aussi Y = P −1XP et N = P −1M P . On note ni,j les coefficients de la matrice N et yi,j ceux de

Y .

(a) V´erifier que ΦD(Y ) = N et exprimer les coefficients yi,j `a l’aide des λk et des coefficients

de la matrice N .

On suppose d´esormais que la matrice M est sym´etrique et d´efinie positive.

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(b) Montrer que la matrice N est sym´etrique et d´efinie positive.

(c) Soit U un vecteur de Mn,1(R), de composantes u1, . . . , un.

X

• Montrer que tU Y U =

ni,j

λi + λj

uiuj .

16i,j6n

• Soit α > 0 ; montrer que l’application t 7→ tα−1 est int´egrable sur l’intervalle ]0, 1].

• On note U (s) le vecteur de Mn,1(R), de composantes u1sλ1− 1

2 , s ∈]0, 1].

Justifier que l’application s 7→ tU (s)N U (s) est continue et int´egrable sur l’intervalle ]0, 1].

• Exprimer l’int´egrale de la fonction pr´ec´edente en fonction de tU Y U et en d´eduire que

si U est non nul, alors tU Y U > 0.

2 , . . . , unsλn− 1

(d) Conclure que la matrice X est sym´etrique d´efinie positive.

3`eme Partie

Dans cette partie, on prend K = C et on ´etudie la dimension du noyau de l’endomorphisme

ΦA,B dans le cas o `u B = −A. On muni Mn(C) de l’une de ses normes.

1. On suppose que A = ∆ o u ∆ est la matrice diag(µ1, . . . , µn) avec les µi deux a deux distincts.

(a) On prend n = 2 ; d´eterminer Ker ΦA,−A ; quelle est sa dimension ?

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(b) On revient au cas g´en´eral.

D´eterminer Ker ΦA,−A ; quelle est sa dimension ?

2. Soit A une matrice de Mn(C) ayant n valeurs propres deux `a deux distinctes.

(a) Montrer que A est diagonalisable dans Mn(C).

(b) En utilisant les r´esultats de la question pr´ec´edente, montrer que la dimension de

Ker ΦA,−A est ´egale `a n.

3.

(a) Montrer que l’application A 7→ ΦA,−A est continue sur Mn(C).

(b) Soit q ∈ N∗, avec q 6 n. Montrer que l’application A = (ai,j)16i,j6n 7→ det (cid:0)(ai,j)16i,j6q

est continue sur Mn(C).

(cid:1)

4. Montrer que l’ensemble des matrices de Mn(C) ayant n valeurs propres deux `a deux distinctes

est dense dans Mn(C). (on pourra utiliser la trigonalisation)

5. Soit r un entier naturel, avec r 6 n. On admet les deux r´esultats suivant :

A ∈ Mn(C) ;

• Si le rang de A est ´egal `a r alors il existe une sous-matrice de la matrice A qui est inversible d’ordre r.

• S’il existe une sous-matrice de la matrice A, qui soit d’ordre r et inversible, alors le rang de A est

sup´erieur ou ´egal `a r .

(a) Montrer que l’ensemble Or = {C ∈ Mn(C), rg (C) > r} est un ouvert de Mn(C).

(b) Soit (Ap)p une suite de matrices ´el´ements de Mm(C) avec m > 2, toutes de rang s > 0,

convergeant vers une matrice A. Montrer que le rang de A est inf´erieur ou ´egal `a s.

6. En utilisant les questions 3. et 4. ainsi qu’une version vectorielle du r´esultat de la question 5.(b),

montrer que pour toute matrice A de Mn(C), la dimension du noyau de l’endomorphisme

ΦA,−A est sup´erieure ou ´egale `a n.

FIN DE L’ ´EPREUVE

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FIN