IN2P3
CARACTERISTIQUES
ET CHOIX
DES MATERIAUX
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1
SOMMAIRE
CARACTERISTIQUES ET CHOIX DES MATERIAUX
1 G n ralit s
11 Propri t s m caniques des mat riaux
111 Propri t s dusage
112 Essai de Traction
113 Re, Rm, Re0,2
114 Courbe r elle ou rationnelle
115 Palier de limite lastique
116 Influence de la temp rature sur Re et Rm
117 Effet de masse
118 Autres caract ristiques m caniques: A, E, G, variations en fonction de la temp rature
118-1 A: allongement la rupture
118-2 E: module dYoung
118-3 Valeur sp cifique du module
118-4 : coefficient de Poisson
118-5 G: module de cisaillement
118-6 La r silience
118-7 La t nacit
12 Comportement lastique des mat riaux
13 Comportement plastique
14 Coefficient de s curit
2 M taux ferreux
21 D finitions
211 Transformations structurales : rappels
212 Classement des aciers
22 D signation normalis e: rappels
23 Avantages / Inconv nients / Compara ison
231 Variations des propri t s en fonction du traitement thermique
232 Comparaison de caract ristiques m caniques des aciers et de quelques mat riaux.
233 Rapports des prix et poids
234 Aciers / Aciers sp ciaux: propri t s et caract ristiques
24 Soudage
25 Renseignements pratiques compl mentaires
2
3 Alliages daluminium
31 G n ralit s
32 D signation normalis e : rappels
321 D signation num rique
322 D signation alphanum rique
33 Durcissement
331 Caract ristiques obtenues
34 Etats m tallurgiques
35 Influence de la temp rature
36 Soudage
37 Renseignements pratiques compl mentaires
4 Mat riaux polym res
41 G n ralit s
411 Les thermoplastiques
412 Les thermodurcissables
42 Avantages et limites
43 Caract ristiques
431 Polyesters
432 Polyamides
433 Polycarbonates
434 Polyac tals
435 Polyph nyl nes
436 Polyimides
44 Vieillissement sous radiations
45 Crit res de s lection
46 Renseignements pratiques compl mentaires
5 Utilisation aux basses temp ratures
51 Evolution des propri t s basse temp rature
511 Les aciers
512 Les alliages daluminium
513 Les composites
52 Renseignements compl mentaires
Polym res techniques, doses limites, duret des mat riaux
6 Tableaux de synth se:
3
CARACTERISTIQUES ET CHOIX DES MATERIAUX
Le BE de m canique est confront au probl me du choix des mat riaux dans le respect des
contraintes impos es par le cahier des charges.
Lobjectif de ces pages est de faciliter ce choix et les calculs de pr d termination pour les mat riaux
courants en donnant les caract ristiques physiques et m caniques (E, , Re, A%..). Les
caract ristiques thermiques (Cp, , max..) ne sont g n ralement pas indiqu es ici. Il est possible
de les trouver sur le site de lIUSTI (http://iusti.univ-mrs.fr).
Les explications, les d finitions et rappels, ont pour but de permettre une meilleure
compr hension des ph nom nes et des incertitudes li es aux valeurs donn es. En effet, les
caract ristiques d pendent de la nature du mat riau (m tal, polym re, composite, c ramique), de sa
composition et de sa structure. La structure microscopique est li e aux conditions d laboration et
aux traitements thermom caniques effectu s lors de la fabrication.
1 G n ralit s
11 Propri t s m caniques des mat riaux
Le comportement dun m tal est fonction des forces ext rieures appliqu es et traduit les
volutions de la coh sion de l difice cristallin. Pour les m taux, les forces qui assurent cette
coh sion r sultent de lionisation des atomes du m tal qui perdent des lectrons de valence et
circulent entre les ions.
Les propri t s m caniques d pendent de la temp rature dutilisation, de l tat de surface,
des conditions dapplication des efforts, de la vitesse de d formation..
Elles sont d termin es, avec un certain intervalle de pr cision, au moyen dessais normalis s.
111 Propri t s dusage
Elles peuvent tre s par es en deux cat gories:
- celles qui font lobjet dune garantie: Rm, Re, A, 20 C, ou la limite lastique chaud
t
, la r silience temp rature donn e Kc.
Rp
- celles donn es titre indicatif: r sistance au fluage (allongement donn , de 0,5 ou 1%
temp rature donn e, en un temps donn : 10000 ou 100000 heures ), la fatigue (limite
dendurance d pendant de nombreux facteurs pour 107 cycles pour les aciers)
Les mesures sont effectu es sur des prouvettes normalis es pr lev es dans les mat riaux tester.
Les conditions de pr l vement et dessais sont d finies par les normes .
4
112 Essai de Traction
Il consiste imposer un allongement une prouvette de section initiale So et de longueur
utile Lo. La courbe type obtenue pour un mat riau ductile est la suivante:
=F/So
A
Rm
Re 0,2
Re
C
B
l
D
l
O
0,2%
Figure 1
=l/lo
La droite OA correspond la d formation lastique r versible.
La courbe AC est le domaine de d formation plastique homog ne: si on supprime la force de
traction, il y a un retour lastique suivant une parall le OA et il reste une d formation permanente.
Pour CD, la force n cessaire pour d former le mat riau diminue alors que lallongement continue
daugmenter : cette instabilit est appel e instabilit plastique. La striction apparait.
En D il y a rupture de l prouvette.
113 Re, Rm, Re 0,2
Re (MPa) est la limite de proportionnalit ou limite lastique . Elle est bien marqu e pour
les mat riaux ductiles. Re correspond au seuil d coulement plastique.
Rm est la r sistance limite la traction. Cette valeur est utilis e pour estimer la limite
dendurance la fatigue (Figure 1)
Re est atteinte quand on observe la premi re chute de leffort lors de lessai. En labsence de
ce ph nom ne, quand OA nest pas rectiligne, on doit utiliser la limite conventionnelle d lasticit
Re 0,2 qui correspond un allongement plastique de 0,2% (voir Figure 1).
Les aciers aust nitiques ont une limite lastique plus faible qui conduit en pratique utiliser
Re0,2..
5
Dans le cas des aciers ferritiques recuits, les interactions carbone - dislocations peuvent
induire une anomalie de limite d lasticit (crochet: voir figure 2).
=F/So
Ferrite l g rement crouie
Ferrite recuite
Aust nite
O
=l/l o
Courbe de traction avant striction
pour des aciers inoxydables
Figure 2
114 Courbe r elle ou rationnelle
Dans la r alit , la section varie chaque instant et s loigne de sa valeur initiale. Il en va de
m me pour lallongement relatif r el.
On peut tracer la courbe de traction vraie, ou rationnelle, qui utilise les sections et
d formations r elles chaque instant et met en vidence le durcissement du mat riau ( crouissage)
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au cours de la d formation plastique.
MPa
300
courbe vraie
=F/S ( )
courbe brute
n=F/S 0
O
0,18
0,2
0,34
0,4
0,47
0,6
=ln(1+ n)
n=l/lo
Figure 3
6
115 Palier de limite lastique
La courbe brute de certains mat riaux tels le polycarbonate ou lacier doux recuit montrent
la fin du domaine lastique une chute des contraintes suivie dun palier qui correspond une
d formation plastique locale qui se propage sous effort constant.
60
p
40
p
20
O
fronts de d formation
plastique
n
0,4
0,8
1,2
Courbe de traction brute du polycarbonate 20 C
d'apr s les r f rentiels Dunod
Figure 4
116 Influence de la temp rature sur Re et Rm
Les d finitions de Re ou Rm sont conventionnelles car elles d pendent de la section initiale
de l prouvette (surtout Rm), de la qualit de lextensom tre (Re), de la vitesse de mise en charge et
de la temp rature dessai: ce ne sont pas des contraintes vraies.
R: N/mm2
selon le
vieillissement
Rm
Re
- 196 C
20 C
250 C
425 C
Evolution de Re et Rm pour un acier en fonction de la temp rature (selon Lessai de traction - Grumbach-Otua)
temp rature essai ( C)
Figure 5
7
Cette volution des caract ristiques de r sistance aux basses temp ratures sera d velopp e
au paragraphe 5
117 Effet de masse
Pour les aciers trait s , un effet de masse appara t. Il se traduit par une diminution des
caract ristiques de la surface vers le coeur quand la taille des pi ces augmente.
Le tableau suivant donne les caract ristiques de deux aciers ayant une trempabilit respective
moyenne et forte (dapr s les r f rentiels Dunod). Les prouvettes sont prises 12,5 mm de la
surface.
Dimension du barreau trait (en mm)
Re
Rm A%
Re
Rm A%
35 CD4
35 NCD16
d<16
16<d<40
40<d<100
80
68
57
110
100
87
11
12
14
105
135
105
105
9
9
95
95
10
118 Autres caract ristiques m caniques: A, E, G, ; variations en
fonction de la temp rature
118-1 A: allongement la rupture
L allongement la rupture est le rapport A= 100.(ld-lo)/lo o ld est la longueur de
l prouvette la rupture en D.
118-2 E: module dYoung
La pente de la partie lin aire OA (Figure 1) repr sente le module dYoung E (en Mpa ou
en GPa) ou module d lasticit .
On appelle loi de Hooke la relation
lastique= E lastique.
La mesure de E est obtenue laide dun extensom tre.
Le module dYoung 20 C va de 4 Mpa pour le caoutchouc 500 GPa pour les c ramiques (SiC ).
Cette variation importante est due aux intensit s tr s variables des forces de liaison entre les atomes
ou mol cules au sein des mat riaux: liaisons covalentes, ioniques.
La rigidit dune structure en traction, compression, flexion, est proportionnelle au module
dYoung.
8
La valeur de ce dernier, pour les mat riaux isotropes , est ind pendante de la direction de leffort.
Par contre, pour les mat riaux anisotropes , tels les stratifi s, les composites orient s, les
monocristaux, E varie avec lorientation.
E d cro t quand la temp rature augmente : environ 10-4 par degr pour les m taux, les
c ramiques et les verres. Il varie de fa on beaucoup plus importante en fonction de la temp rature
dans le cas des polym res et des composites matrice organique.
118-3 Valeur sp cifique du module
Il est int ressant dutiliser le rapport du module et de la densit du m tal. La valeur de
E/ est la valeur sp cifique du module: cest un indice de performance qui tient compte de la
d formation lastique et de lall gement.
Les m taux peuvent tre class es en deux cat gories
- aluminium, fer, magn sium, titane (les plus performants)
26<E/ <27 (en 10 9 N.mm.Kg-1)
- cuivre et zinc (les moins performants)
14<E/ <15
118-4 : coefficient de Poisson
L prouvette subit aussi des d formations lat rales: le coefficient de Poisson , ou
coefficient de contraction lat rale dans le domaine lastique est le rapport sans dimension
= (do-d)/do
Ce coefficient, compris selon les mat riaux entre 10-2 et 4 10-1, d pend l g rement de la
temp rature.
118-5 G: module de cisaillement
Le module de cisaillement G ou module de Lam ou module de Coulomb, exprim en
Mpa ou Gpa, d finit le cisaillement lastique cons cutif lapplication dune sollicitation de
cisaillement.
Il varie sensiblement comme E en fonction de la temp rature et le type de mat riau.
Pour les mat riaux isotopes, on a la relation
G =E / 2(1+ )
118-6 La r silience
On mesure l nergie qui provoque la rupture en flexion dune prouvette entaill e en U ou
V (Kcu ou Kcv). Lessai de r silience (essai Charpy) permet de d terminer la temp rature de
9
transition dun mat riau qui s pare la rupture ductile, nergie lev e, et la rupture fragile du type
clivage, de faible nergie.
Les ruptures ductiles sont fibreuses, tourment es (d formation plastique); les ruptures fragiles sont
plates ou cristallographiques.
Joules
50
TD
-80
0
80 C
Transition fragile/ductile. Acier 18NCD lamin .
TD: temp rature moyenne de transition
Figure 6:
118-7 La t nacit
Cest une caract ristique, la base du concept de tol rance au dommage dans les structures,
qui est bas e sur la formulation des contraintes et d placements au voisinage dune fissure de
g om trie connue. Le chargement est statique ou dynamique.
Ces conditions d terminent le facteur dintensit de contraintes K, calcul , qui caract rise
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laccroissement des contraintes et des d formations provoqu par la fissure.
La tenacit , Kc, est d termin e exp rimentalement au moyen d prouvettes pr fissur es. Elle
correspond la valeur critique de K pour laquelle se produit une propagation brutale dune fissure
de longueur ac sous une charge Pc.
Kd est la t nacit dynamique qui correspond la valeur critique de K sous un choc.
12 Comportement lastique des mat riaux
Il correspond de petits d placements r versibles des atomes autour de leur position
d quilibre dans le r seau cristallin. Sous laction dune force, les atomes s cartent. Une r action
due aux forces de liaison tendant les rapprocher provoque la r action.
Pour les mat riaux m talliques et les polym res non tir s et non renforc s, les
caract ristiques d lasticit sont ind pendantes de la direction et le comportement lastique est
lin aire.
10
Ce nest pas le cas pour les composites ou certains polym res pour lesquels le module
dYoung varie avec lamplitude de la d formation du fait de lorientation des cha nes
macromol culaires: ce comportement correspond des lois d lasticit non lin aire.
13 Comportement plastique
Lorsque la limite d lasticit est d pass e, les atomes du r seau cristallin ont chang de
place sous laction dun effort de cisaillement.
La prise en compte des d fauts du cristal, notamment des dislocations, est indispensable
pour comprendre le comportement plastique.
Lorsquune d formation plastique est provoqu e, on constate que la r sistance la
d formation augmente car
- les dislocations interagissent entre elles
- de nouvelles dislocations prennent naissance, venant augmenter les interactions
Cette augmentation de la r sistance la d formation plastique est l crouissage .
Si on rel che leffort qui a provoqu la plasticit , on constate un retour lastique: le domaine
lastique s tend jusqu la contrainte qui tait appliqu e pr c demment, ce qui se traduit par une
augmentation de la limite lastique.
Ce ph nom ne est limit par lapparition de microcavit s qui provoquent une diminution de
la section r sistante et conduisent la rupture ductile.
14 Coefficient de s curit
Laptitude dune pi ce un usage donn peut se traduire par la relation de s curit
S < Li / s
- S est la valeur maximale admissible des contraintes qui sera d finie par la suite.
- Li est lune des limites Re, Re0,2 ou Rm.
- Le coefficient de s curit s relatif une limite donn e est toujours sup rieur 1.
Il traduit lincertitude li e la connaissance du mat riau, dont certains aspects ont t
soulign s lors des paragraphes pr c dents, la d termination des efforts et au calcul des
contraintes, aux cons quences r sultant de la destruction de la pi ce.
Pour les ouvrages stationnaires et de grandes dur es de service, on prend des coefficients
relativement lev s (2 5). Dans laviation, les coefficients de s curit se d terminent partir de la
r sistance limite.
11
On peut mettre s sous la forme suivante pour la traction si les sollicitations et la section
sont constantes:
s= m. e. f
avec
m, incertitude sur lhomog n it du mat riau (1.2 pour du lamin , 1.1 pour du moul )
e, incertitude sur les caract ristiques (1.2 si on a effectu un seul essai de traction, 1 si on
proc de selon les normes)
- f, incertitude sur les charges appliqu es
Si la section est variable, on voit appara tre le ph nom ne de concentration de contrainte au
voisinage des raccordements. On doit v rifier que <S et que k. <Re avec k coefficient de
concentration de contraintes.
Dans le cas de sollicitations dynamiques, on v rifie que <S et que k. < limite de fatigue
2 M taux ferreux
21 D finitions
Les aciers sont des alliages base de fer qui titrent moins de 2% de carbone, contrairement
aux fontes qui en contiennent plus de 2%.
211 Transformations structurales : rappels
La structure du fer change avec la temp rature. A 20 C, la structure est cubique centr e
CC(fer ) A partir de 912 C appara t la forme cubique faces centr es CFC (fer ). Cette forme est
stable jusqu 1394 C o le fer redevient cubique centr (fer ) jusqu la fusion 1538 C.
Les atomes de carbone peuvent entrer dans les espaces libres entre les atomes du fer CFC.
La solubilit varie avec la temp rature.
La solution solide de carbone dans le fer sappelle aust nite.
Celle form e dans le fer sappelle ferrite (Nota: le carbone est tr s peu soluble dans le fer ).
Du fait des variations de solubilit du carbone, ce dernier est mis en solution dans le fer ,
puis il se trouve rejet sous forme de pr cipit s de Fe3C, ou c mentite lors du refroidissement.
Lalliage FE/C est durci par ces carbures. Cette pr cipitation d pend de la temp rature et du temps.
12
Le diagramme d quilibre pr sente deux domaines, fer + fer et fer + c mentite qui
ont en commun un point correspondant 727 C et 0,77% de C (en poids); un tel alliage subit
727 C une transformation eutecto de
Fe <=>Fe + Fe3C
Les grains de ferrite et c mentite qui se forment sont petits et troitement li s; ils constituent
un agr gat eutecto de appel perlite .
Les conditions dans lesquelles laust nite se transforme en ferrite sont tr s importantes pour
lobtention des caract ristiques m caniques des alliages.
A 727 C, si la teneur de lalliage FE/C est inf rieure 0,77%, laust nite qui reste se
transforme en perlite. A 20 C, lalliage est constitu de ferrite et de perlite.
Ses propri t s sont interm diaires entre
- la faible r sistance due aux gros grains de ferrite
- la r sistance plus lev e de la perlite
Si la teneur est sup rieure 0,77% de C, lalliage temp rature ambiante est constitu de
ferrite et de c mentite et ventuellement de perlite et de graphite: ses propri t s sont celles de la
perlite fragilis e par les carbures.
Lors du refroidissement dans des conditions industrielles, qui sont hors quilibre car le
refroidissement est trop rapide, le d roulement de ces transformations est perturb et peut m me
tre impossible.
On utilise alors un diagramme de refroidissement ou de transformation en continu
(diagrammes dits TRC) qui d crit les transformations effectu es dans ces conditions.
Laust nite peut se transformer en un m lange de petits grains de ferrite et de c mentite, la
bainite .
Il existe un domaine, au dessus de 310 C pour lacier, dans lequel laust nite se transforme
en fer dont la structure est d form e par les atomes de carbone nayant pas eu le temps de
pr cipiter sous forme de carbures: cest la martensite .
Elle donne lalliage sa duret mais peut, si C>0,1%, provoquer une fragilisation de
lacier. Un revenu redonne une certaine ductilit en faisant pr cipiter le carbone.
Les l ments dalliage modifient les conditions d quilibre et les tats d quilibre.
- ils peuvent modifier la temp rature dapparition de la perlite et lon distingue
- les l ments gammag nes qui abaissent cette temp rature (Ni, Mg)
- les l ments alphag nes qui l l vent (Cr, Si, W, Ti, Mo)
13
- ils peuvent modifier la composition de la perlite par formation de carbures
- en se substituant une partie de fer de la c mentite (Mn, Cr, Mo)
- en formant leurs propres carbures (Ti, niobium Nb, vanadium V) ou des carbures
dans lesquels le fer peut partiellement se substituer ces composants (Cr, Mo, W).
212 Classement des aciers
Les aciers ont t class s en fonction de deux crit res; la composition et le niveau de qualit .
Ainsi on distingue les aciers
- non alli s (<1% dalliage)
- peu alli s (teneur de chaque l ment dalliage<5%)
- tr s alli s
et, en fonction de la garantie donn e aux propri t s dusage, les aciers
- de base
- de qualit
- les aciers sp ciaux.
Ces derniers sont plac s dans trois familles
- les aciers de construction m canique(peu ou non alli s)
- les aciers outils (peu ou tr s alli s)
- les aciers inoxydables.
22 D signation normalis e: rappels
La norme NF A 02-025 a t remplac e par la norme europ enne NF EN 10-020. Les
r gles g n rales pour la d signation symbolique sont les suivantes ( Yves DABIN- Mat riaux -
Ecole de technologie IN2P3 ou les documents AFNOR pour une d signation plus d taill e ou
compl te):
- aciers de base : Rm>690 Mpa, Re>360 Mpa, A%>26, C% >0,1 ...
- aciers d sign s partir de leurs applications et caract ristiques
- une lettre indique le domaine dapplication S, acier de construction, P, acier pour appareil
pression (garantie de limite lastique), E acier de construction m canique, L acier pour tubes...
- une valeur de la limite lastique est indiqu e
- dautres symboles correspondent des propri t s garanties ou des conditions de
fabrication (L, emploi basse temp rature, Q, tremp et revenu, M, laminage thermom canique...).
Ex: S 355 acier de construction, Re> 355 Mpa
14
- aciers d sign s selon la composition
- aciers non alli s Mn<1% : lettre C suivie de la teneur en carbone multipli e par cent
Ex : C 35 (0,35% de carbone)
- aciers non alli s Mn>1% ou aciers peu alli s, aucun l ment sup rieur 5%: le premier
chiffre donne la teneur en C multipli e par 100. Les lettres suivantes donnent les symboles
chimiques dans lordre des concentrations des principaux l ments. Le ou les chiffres donnent les
teneurs, multipli es par 4 ( Cr, Co, Mg, Mm, Ni, Si, W) ou 10 (Al, Mo, Nb, Pb, Ti, V, Cu) ou
100 (N, S, P).
Ex : 100 Cr 6 (1% de C, 1,5% de chrome)
10 Cr Mo 9 10 ( 0,1% de C, 2,25% de Cr, 1% de Mo)
- aciers tr s alli s : ils sont d sign s par la lettre X, la teneur en C multipli e par 100 les
principaux l ments suivis de leur teneur en %
Ex: X 6 Cr Ni 18 10 (0,06% de C 18% de chrome et 10% de nickel)
- aciers rapides : le symbole HSS est suivi des chiffres donnant dans lordre les concentrations (en
%) en W, MO, V, Co
Une d signation simplifi e num rique existe galement.
23 Avantages / Inconv nients / Comparaison
Ces alliages poss dent 2 caract ristiques favorables: leurs propri t s m caniques sont
lev es et leur prix est faible.
Par contre, leur densit de lordre de 7,8 est lev e et leur r sistance la corrosion est m diocre,
sauf pour les aciers inoxydables.
Les performances m caniques dun acier d pendent
- de la teneur en carbone qui conditionne la valeur de Rm
- de sa structure qui d pend de la fa on dont laust nit form e haute temp rature
se transforme lors du retour la temp rature ambiante.
231 Variations des propri t s en fonction du traitement thermiq ue
Les propri t s m caniques peuvent varier largement selon les conditions de r alisation des
traitements thermiques (voir aussi paragraphe 117).
15
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Par exemple pour lacier martensitique 34 Cr Mo 4
Temp rature de revenu
Rm (MPa)
200 C
400 C
600 C
1800
1500
1050
A%
5,5
7
13
mat riaux.
232 Comparaison de caract ristiques m caniques des aciers et de quelques
Ce tableau donne des ordres de grandeur indicatifs 23 C des caract ristiques de divers mat riaux.
Des donn es plus compl tes sont fournies dans les paragraphes qui suivent.
Rm (Mpa)
Re (Mpa)
E (Gpa)
Acier ordinaire
300/1100
200/900
Acier hautes
caract ristiques
Aciers inoxydables
aust nitiques
1100/1800
1000/1700
180/240
Alliages aluminium
200/600
100/500
Titane
650
500
210
210
195
70
110
0,3
0,3
0,3
0,34
0,34
A%
>17
densit
7,85
7,85
7,85
40
2,8
4,5
5 / 30
35 / 55
Composites / fibres
Rm (Mpa)
E (Gpa)
densit
A%
Composites C/Ep
Verre/Ep
Verre R (filaments
diam tre 3 30microns)
1400
1400
4400
130
42
86
1,6
1,9
2,5
Carbone (fibres)
2000/7000
200/600
1,8
0,4 / 1,5
16
Polym res
Polym res
Re (Mpa)
E (Gpa)
densit
A%
Altuglas (PMMA)
Polycarbonate
Teflon (PTFE)
60/70
60/75
20/40
3,2
2,3
0,75
Nylon (PA 6)
85 / 60**
1,4 / 3,4
PVC rigide
55
3
0,39*
0,38
0,48
0,34
1,18
1,2
2,18
1,14
1,4
60 / 100
250 / 500
70 / 200**
20 / 50
*0,35 -20 C, 0,4 80 C
** humide saturation
233 Rapports des prix et poids
pour une r sistance gale un effort axial (indice 1 pour une t le en acier) selon les r f rentiels Dunod
indice de prix
indice de poids
Acier inox
Alliage Al
Allage Ti
C ramiques
- compression
- traction
Plastiques
- polyester
- polycarbonate
Composites
- fibres de C
- fibres de verre
0,7
0,5
0,25
6,5
58
1,6
1
0,06
0,2
3,5
4,4
23
0,4
31
5
10
10
2,5
17
234 Aciers/ Aciers sp ciaux: caract ristiques et propri t s- soudage
234 1 caract ristiques
Aciers ferrito perlitiques
- Aciers de construction m tallique
- NF EN 10113
- Aciers pour appareils pression
Advertisement
NF EN 10027 70028
- Aciers pour emboutissage et pliage froid
NF EN 10130
NF EN 10149
Aciers martensitiques
Re(N/mm2)
A%
235 / 460*
235 / 460
17
17
140 / 200
240 / 700
40 / 28
30 / 12
- Aciers de construction m canique
NF EN 10083-1
290 / 1000
22 / 9
Aciers inoxydables NF EN 10088
- martensitiques
- martensitiques + hypertrempe
- ferritiques
- austenitiques
- austenitiques + azote 0,1 0,2%
- aust no ferritiques
400 / 800
520 / 1380
240 / 700
180 / 240
270 / 350
400 / 550
10 / 20
3 / 20
25 / 12
40
35
15
234 2 propri t s
Le coefficient de dilatation lin aire est, entre 0 et 100 C, de l'ordre de 11x10-4 pour les aciers
martensitiques et ferritiques et a pour valeur 15x 10-4 pour les aust nitiques.
La conductibilit thermique (en cal.cm/cm2.s. C) vaut 0,06 pour une nuance 12% de chrome et
descend 0,045 pour 26% de chrome.
Le nickel diminue aussi la conductibilit pour les aust nitiques (0,04 pour du 18-8, 0,033 pour du
25-20).
18
Les aciers ferritiques et martensitiques sont ferromagn tiques temp rature ambiante. La
susceptibilit magn tique d cro t avec la temp rature: ils sont consid r s comme tant amagn tiques
basse temp rature.
Les aust nitiques sont paramagn tiques toute temp rature. Ils sont susceptibles, par crouissage,
de se transformer pour partie en martensite ferromagn tique.
Les propri t s magn tiques des aut noferritiques d pendent de la proportion de ferrite.
24 Soudage
Avec les aciers inoxydables, tous les proc d s suivants peuvent tre employ s: arc avec
lectrodes enrob es, sous atmosph re gazeuse (TIG, MIG), bombardement lectronique,
automatique sous flux, laser, induction. Le brasage est possible en g n ral avec une brasure
largent.
Les aciers ferritiques sont en g n ral soudables sans pr caution particuli re.
Les martensitiques sont sensibles la fissuration car autotrempants: les nuances C<15% sont
soud es industriellement. Celles de type Fe Cr n cessitent un pr -chauffage et un recuit apr s
soudage.
Les aust nitiques sont en g n ral correctement soudables. Il peut se produire des fissures chaud
dues aux contraintes de bridage.
Les aust noferritiques sont particuli rement bien soudables.
Des risques sont li s au soudage:
- fissuration chaud des structures aust nitiques (due la pr sence dimpuret s cr ant des zones
bas point de fusion) au dessus de 1250 C..
- fragilisation par grossissement de grain des d p ts ferritiques au dessus de 1150 C
- fragilisation par formation de phases interm talliques entre 500 et 900 C pour des l ments
daddition tels le molybd ne (>5%).
- fissuration plus de 400 C des cordons martensitiques.
25 Renseignements pratiques compl mentaires
Le CETIM (Centre technique des industries m caniques) a d velopp une m thode de choix des
aciers en fonction de la nature des sollicitations et des facteurs m tallurgiques.
CETIM service diffusion 52, Av. Felix Louat 60304 Senlis T l. : 03 44 67 32 21
OTUA (Office technique pour lutilisation de lacier)
Cet organisme professionnel donne des informations sur lacier, son emploi dans tous les
domaines, les m thodes de mise en oeuvre. Il publie de nombreux documents, en particulier des
dossiers techniques donnant les caract ristiques des principales nuances.
OTUA 19 Le Parvis La D fense 4 Cedex 35 92072 Paris la D fense T l. : 01 47 67 86 63
19
Ouvrages :
Peyre - Tournier : Le choix des aciers CETIM informations 1981
Peyre Tournier : Choix des traitements thermiques superficiels Coll Mat riaux en m canique
CETIM
Rabey - Philbert : Bases de choix des aciers de construction m canique Otua 1973
Otua - Cetim : Conseils aux m caniciens pour la pr paration et la r daction des clauses techniques
dune commande daciers de construction Document technique 1981 Otua
AFNOR Tour Europe Cedex 7 92080 Paris la D fense
AFNOR Recueil de normes les produits sid rurgiques tomes 1 3 5 1988
Lacombe Baroux Beranger : Les aciers inoxydables Les ditions de physique, Les Ulis 1990
Les aciers inoxydables Propri t s, mise en oeuvre, emploi Tec et Doc Lavoisier 1990
Handbook of stainless steels Mc Graw Hill
Techniques de ling nieur - M tallurgie - Mise jour permanente
3 Alliages d aluminium
31 G n ralit s
Laluminium est utilis pour
- sa faible masse sp cifique de 2,7 Kg/dm3
- sa r sistance la corrosion
- sa bonne conductivit thermique de 237 W/m.K
- sa faible r sistivit lectrique 0,026 &.m 20 C
Pour un emploi en m canique, on fait appel des alliages d finis par les crit res suivants:
- laluminium est l l ment dominant
- la teneur totale en masse des l ments dalliage d passe 1% (Fe+Si>1%, Cr, Cu,
Mg, Mn, Ni, Zn >0,1%)
Le durcissement est obtenu par crouissage ou par pr cipitations de compos s
interm talliques form s partir des l ments dalliage et r alis es par traitement thermique.
Laddition de 5% de Si augmente E de 3000N/mm2 . Les valeurs classiques de E et sont donn es
au tableau 1.
20
3 2 D signation normalis e :rappels
La normalisation pr voit deux types de d signation bas es sur la composition chimique.
321 D signation num rique (NF EN 573-1)
Derri re les quatre lettres EN AW, on trouve quatre chiffres:
- le premier indique le groupe dalliage; 1 si Al >99%, 2 Al + Cu, 3 Al + Mn
4 Al + Si, 5 Al + Mg, 6 Al + Mg + Si, 7 Al + Zn, 8 Al + autres l ments.
- le deuxi me est gal 0 sil sagit du m tal dorigine et peut prendre les valeurs de
1 9 si lalliage pr sente des particularit s.
- les 2 derniers chiffres ont une signification si cest un aluminium non alli (2
premi res d cimales de la teneur minimale en aluminium). Si on a un alliage, ils servent
diff rencier les nuances dun m me groupe.
Ex: EN AW-1098 (99,98% dAl)
EN AW-4045 (10% de Si)
322 D signation alphanum rique (NF EN 573-2)
On distingue
- laluminium non alli .
La d signation comprend le symbole Al suivi de la teneur minimale du m tal (%)
Ex: EN AW-Al 99,98 (au moins 99,98% dAl) correspond EN AW-1098
- les alliages.
Le symbole Al est suivi des symboles des l ments dalliage puis de la teneur moyenne arrondie en
% des l ments.
Ex: Al Si2 Mn (1,8% de Si, 0,9% de Mn) correspond EN AW-4015
Pour une d signation compl te, voir les documents de lAFNOR ou le cours de Y DABIN.
33 Durcissement
Il seffectue
- par crouissage: ce sont les alliages des s ries 3 et 5
Comme pour nombre de m taux, l crouissage des alliages daluminium augmente
sa duret , sa limite lastique et la charge de rupture mais diminue le A%.
- par traitement thermique: s ries 2, 6 et 7*
Le traitement thermique consiste en un chauffage temp rature suffisamment lev e
pour permettre la mise en solution totale des l ments daddition, un refroidissement assez rapide
par trempe leau 20 C ( tat de trempe fra che ) et un durcissement par m rissement (ou
maturation ou vieillissement naturel) temp rature ambiante pendant plusieurs semaines ou un
revenu entre 100 et 200 C de 5 24 heures
21
331 Caract ristiques obtenues
Re 02 N/mm2
A%
- crouissage
3 et 5 croui
3 et 5 crouissage important
3 et 5 crouissage important
et r chauffage de restauration
- traitement thermique
s rie 2* trempe et m rissement
s rie 2* trempe et revenu
s rie 6* trempe et m rissement
s rie 6* trempe et revenu
s rie 7* trempe et revenu
40 / 150
180 / 400
140 / 200
<...