Bascule and Register Operations

Digital Electronics · course

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S4 – CLM

Notes de cours

D. Etiemble

BASCULES ET COMPTEURS

1. BASCULES

Les  bascules  sont  les  opérateurs  élémentaires  de  mémorisation.  Leur  état  présent,

déterminé par l'état des sorties, est fonction des entrées et de l'état précédent des sorties.

Nous présentons les différentes bascules réalisées à partir de portes logiques. Ces bascules,

qui opèrent uniquement selon des principes logiques, sont appelées statiques.

1.1 BISTABLE

E

S1

S2

Figure 1 : Inverseurs en série

Le circuit présenté en Figure 1 est constitué de 2 inverseurs en série. La Figure 2 donne les

caractéristiques statiques S1(E) et S2(E) des sorties S1 et S2 des inverseurs réalisés avec des

circuits  électriques  réels.  Lorsqu'on  reboucle  la  sortie  S2  sur  l'entrée  E1  du  premier

inverseur, on obtient 3 points de fonctionnement qui correspondent aux intersections de la

courbe S2(E) et de la première bissectrice (S2 = E).

‐ 2 états stables qui correspondent aux états haut et bas

‐ 1 état instable, qui constitue la frontière entre l'état haut et l'état bas.

Les 2 états stables sont représentés Figure 3.

L'élément obtenu est le bistable, représenté d'une autre manière en Figure 4. Étant dans un

état parmi les deux possibles, il mémorise 1 bit. il n'y a aucun moyen de contrôler l'état du

bistable. Il reste dans un état donné, et il n'y a aucun moyen de le positionner dans l'autre

état.

S1

S2

E

Figure 2 : Caractéristique physique d'inverseurs en série.

1

0

1

0

1

0

Figure 3 : États stables du bistable

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Notes de cours

1.2 BASCULE RS

D. Etiemble

Q

Q

Figure 4 : Représentation traditionnelle du bistable.

La bascule RS ajoute à la capacité de mémorisation du bistable la possibilité de le fixer dans

un  état  donné,  par  l'opération  d'écriture.  il  y  a  deux  types  de  bascule  RS,  selon  la  porte

élémentaire utilisée : NAND ou NOR

1.2.1 Bascule RS NAND

Soit le circuit de la Figure 5 constitué de 2 NAND dont chaque sortie est rebouclée sur une

entrée de l'autre NAND et qui a 2 entrées R et S.

S

R

Q

Q

Figure 5 : Bascule RS NAND

Le fonctionnement d'une porte NAND est résumée par les expressions NAND(x,y) =   x  si y =

1 et NAND(x,y) = 1 si y = 0

Le fonctionnement de la bascule RS peut donc être exprimé de la manière suivante :

1.2.1.1 Cas R=S=1

NAND (S,  Q ) = Q et NAND (R, Q) =  Q  : la bascule RS est équivalente au  bistable de la Figure

4. C'est l'état mémoire.

1.2.1.2 Cas S = 0 et R = 1.

La Figure 6 décrit les différentes étapes de l'écriture d'un 1 dans la bascule RS.

a) NAND (0,  Q ) = 1 écrit un 1 sur la sortie Q

b) NAND (1, 1) = 0 écrit un 0 sur la sortie  Q

c) Le 0 de la sortie  Q  vient confirmer le 0 de l'entrée S et verrouille la sortie Q dans l'état 1.

L'entrée S = 0 n'est plus nécessaire. Le temps minimum à l'état bas de l'entrée S est donc de

2 tp, où tp est le temps de propagation dans la porte NAND.

d) Compte tenu du verrouillage effectué dans la phase précédente, l'entrée S peut repasser à

1 et la bascule repasse dans l'état mémoire.

1.2.1.3 Cas S = 1 et R = 0

Ce cas, symétrique du précédent, force Q = 0 et  Q  = 1

1.2.1.4 Cas S = 0 et R = 0

C'est un cas interdit car Q =  Q  = 1 et les 2 sorties ne sont plus complémentaires.

La bascule RS (Reset et Set) a donc 2 modes de fonctionnement : un état mémoire lorsque R

= S = 1 et un état écriture lorsque R =  S . On a alors Q = R =  S . La bascule RS ne distingue pas

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Notes de cours

D. Etiemble

les entrées d'état et les commandes. Chacune des entrées est à la fois une entrée d'état et

de commande : lorsque (commande) S est à 0 (état), la sortie Q passe à 1. Ceci peut être un

inconvénient dans un système synchrone, où il est important de distinguer les signaux d'état

des signaux de commande.

0

1

1 0

1

1

0

0

1

1

1

0

1

0

1

1

1

0

a)

b)

c)

d)

Figure 6 : Écriture d'un 1 dans une bascule RS NAND

1.2.2 Bascule RS NOR

Elle est présentée en  Figure 7

R

S

Q

Q

Figure 7 : Bascule RS NOR

C'est la bascule duale de la bascule RS NAND. Elle a deux modes de fonctionnement : un état

mémoire lorsque R = S = 0 et un état écriture lorsque  R = S. On a alors Q = S =  R. L'état R = S

= 1 est interdit.

1.3 BASCULE LATCH

La  bascule  latch  distingue  une  entrée  d'état  (D)  et  une  entrée  de  commande  (C).  Sa

représentation symbolique est donnée en Figure 8.

D

(Etat)

Bascule

latch

Q

Q

(commande)

C

Figure 8 : Bascule latch

La Figure 9 donne un schéma possible de bascule latch de type NAND.

D

C

S

R

Q

Q

Figure 9 : Bascule latch NAND

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Notes de cours

D. Etiemble

Lorsque C = 0, on a S = R = 1 et la bascule RS est dans l'état mémoire (Figure 10

D

0

1

S

0

1

R

C=0

Q

Q

Figure 10 : Bascule latch en état mémoire

Lorsque C = 1, on a R =  S  = D, ce qui correspond à l'état écriture de la bascule RS et Q = D

(Figure 11).

L'écriture d'un 1 correspond à S = 0. L'écriture d'un 0 correspond à R = 0. Dans les 2 cas, la

redescente de l'horloge C de 1 ‐‐> 0 provoque la remontée de S (resp. R) de 0 ‐‐> 1, ce qui est

inefficace sur la bascule RS de sortie à cause de la phase de verrouillage.

De la même manière, on définit la bascule latch NOR qui est dans l'état mémoire lorsque C =

1 et dans l'état écriture lorsque C = 0.

Les bascules latch sont dites transparentes parce qu'il y a une liaison directe Q = D (à travers

2  inverseurs)  lors  de  l'écriture.  Toute  variation  de  l'entrée  est  transmise  directement  à  la

sortie.

D

1

D

S

1

D

R

C=1

Q

Q

Figure 11 : Bascule latch en état écriture

1.4 REGISTRES.

On appelle registre un ensemble de bascules avec une même commande d'horloge (Figure

12).

Dn-1

C

.........

Qn-1

.........

Di

Qi

D0

Q0

Figure 12 : Registre

Les  registres  ont  la  propriété  des  bascules  qui  les  composent  :  un  registre  constitué  de

bascules latch sera un registre transparent.

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Notes de cours

D. Etiemble

La  transparence  des  registres  et  des  bascules  interdit  un  certain  nombre  d'utilisations  que

nous examinons maintenant.

1.4.1 Transparence et registre à décalage

Un  registre  à  décalage  est  constitué  de  bascules  telles  que  la  sortie  de  l'une  est  reliée  à

l'entrée de la bascule suivante. La Figure 13 donne un exemple d'un tel registre.

Q0

D1

Q1

Advertisement

D2

Q2

D0

C

Figure 13 : Exemple de registre à décalage

D'après  la  définition  de  la  bascule  latch  NAND,  on  a  Qi  =  Di  lorsque  C  =  1  et  d'après  les

connexions, on a Di = Qi‐1. Lorsque C = 1, on a donc Qi = Qi‐1 pour tout i. il y a décalage d'un

bout à l'autre de la chaîne de bascules de la valeur D0. il n'est donc pas possible de décaler

chaque bit d'une position vers la droite à chaque coup d'horloge.

1.4.2 Connexion d'une sortie sur une entrée

La  Figure  14  illustre  le  cas  où  l'on  relie  une  sortie  d'une  bascule  sur  l'entrée  de  la  même

bascule.

D

Bascule

latch

Q

Q

C

Figure 14 : Liaison  Q  à D sur une bascule latch

D'après la connexion, on a D =  Q , et lorsque C = 1 (latch NAND), on a Q = D, ce qui conduit à

Q =  Q . Cette situation anormale conduit soit à des oscillations, soit à des problèmes autour

du point d'équilibre instable de la Figure 2. Le rebouclage des sorties d'un registre vers les

entrées  d'un  même  registre  à  travers  des  étages  de  logique  combinatoire  est  une

configuration inévitable. Un exemple typique est l'opération d'incrémentation du compteur

de programme (CP) d'un processeur : CP :=CP + n. Des bascules non transparentes sont donc

indispensables.

1.5 BASCULE D

La bascule D est une bascule non transparente (ou opaque) qui permet de recopier l'état de

l'entrée D vers la sortie Q sans qu'il y ait jamais de liaison directe entre entrée et sortie. La

représentation  symbolique  est  donnée  par  la  Figure  15.  L'opacité  peut  être  réalisée  de

différentes manières.

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Notes de cours

D. Etiemble

D

(Etat)

Bascule D

Q

Q

(commande)

C

Figure 15 : Bascule D

1.5.1 Les bascules D maître esclave.

Elles  fonctionnent  selon  le  principe  des  écluses  (Figure  16).  On  utilise  2  bascules

transparentes,  dont  l'une  est  en  état  mémoire  pendant  que  l'autre  est  en  état  écriture  et

réciproquement. De cette manière,  il n'y a jamais de liaison directe entre entrée et sortie.

D

Bascule

latch

Qm

Bascule

latch

Qs

C1

C2

Figure 16 : Principe du maître esclave

Si les 2 signaux d'horloge C1 et C2 sont sans recouvrement, c'est à dire tels qu'ils suivent la

séquence  suivante  :  C1C2  =  00  puis  10  puis  00  puis  01  puis  00  puis  ...,  alors  il  y  a

fonctionnement  correct.  Il  y  a  d'abord  recopie de  l'entrée D  dans  Qm lorsque  C1 =  1,  puis

recopie du maître dans l'esclave lorsque C2 = 1

Si l'on veut utiliser une seule horloge C avec son complément  C , il y a problème à cause de

l'aléa lié au retard introduit par l'inverseur, comme le montre la Figure 17 .

C

C

C = C

C = C

Figure 17 : Recouvrement C‐ C  des commandes de bascule.

Si on utilise les signaux avec recouvrement, comme ceux de la Figure 17, pour commander le

maître  et  l'esclave,  il  y  a  obligatoirement  le  cas  où  les  2  latchs  sont  transparents

simultanément  et  le  cas  où  les  2  sont  en  état  mémoire  simultanément.  Ce  problème  peut

être résolu en utilisant un maître NAND et un esclave NOR, ce qui compte tenu de la dualité

des  bascules  latch  NAND  et  NOR  supprime  la  nécessité  de  complémenter  C.  La  bascule  D

maître esclave correspondante est présentée en Figure 18.

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Notes de cours

D. Etiemble

D

C

Qm

Qm

Qs

Qs

Figure 18 : Bascule D maître esclave NAND NOR

Pour avoir un fonctionnement correct même en cas de dispersion des niveaux de seuil des

portes,  il  faut  que  le  niveau  de  seuil  du  maître  (frontière  entre  0  et  1)  soit  supérieur  au

niveau de seuil de l'esclave, comme le montre la Figure 19. Dans ce cas de figure, la bascule

maître esclave fonctionne correctement, quelle que soit la fréquence d'horloge C.

maitre transparent

esclave opaque

seuil maitre

seuil esclave

maitre et esclave opaques

maitre et esclave opaques

esclave transparent

maitre opaque

esclave transparent

Figure 19 : Seuils du maître et de l'esclave

1.5.2 Les bascules D à commande par flanc (edge triggered)

Elles  fonctionnent  sur  la  transition  montante  (ou  descendante)  du  signal  d'horloge  (Figure

20). Le signal D doit être positionné un certain temps (appelé temps d'établissement ou set

up  time  tsu)  avant  la  transition  du  signal  de  commande  C,  et  rester  positionné  un  certain

temps  (appelé  temps  de  maintien  ou  hold  time  th)  après  la  transition  du  signal  de

commande. C'est la valeur de D qui est fixe lors de la transition du signal de commande C qui

est recopiée à la sortie. Hors de la période déterminé par tsu + th, l'état de D est indifférent

et peut varier.

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Notes de cours

D. Etiemble

D quelconque

D est fixe

D quelconque

temps

établissement

temps

maintien

C

Figure 20 : Fonctionnement de la bascule D à commande par flanc

La bascule D à commande par flanc est réalisée avec 6 portes NAND ou 6 portes NOR selon

le schéma Figure 21.

D

Q

Q

C

Figure 21 : Bascule D à 6 portes NAND

Lorsque  C  =  0,  la  bascule  RS  de  sortie  est  en  état  mémoire.  La  Figure  22  (gauche)  illustre

l'écriture d'un 0, et la Figure 22 (droite) montre le verrouillage des sorties après l'écriture du

0, lorsque D varie alors que C est toujours à l'état 1. La Figure 23 (gauche) illustre l'écriture

d'un  1,  et  la  Figure  23  (droite)  montre  le  verrouillage  des  sorties  après  l'écriture  du  1,

lorsque D varie alors que C est toujours à l'état 1.

1

1

1

1

0

0

1

D=0

1

1

D varie

Q=1

Q = 0

1

1

Verrouillage

1

1

1

1

0

0

1

Q=1

Q = 0

C=1

C=1

Figure 22 : Écriture d'un 0

Verrouillage lorsque C = 1

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Notes de cours

D=1

0

0

0

1

1

0

1

1

0

Q=0

Q=1

D varie

D varie

0

0

D

1

0

1

1

1

0

D. Etiemble

Q=0

Q=1

C=1

C=1

Figure 23 : Écriture d'un 1

Verrouillage lorsque C=1 après écriture d'un 1

La bascule D à 6 portes NOR a un fonctionnement dual de celle à 6 portes NAND. L'écriture

se fait lors de la transition descendante de l'horloge.

1.5.3 Bascules D et opacité

Nous avons vu en 5‐4‐2 et 5‐4‐3 que les registres à décalage et la liaison d’une sortie sur une

entrée  de  la  bascule  D  ne  sont  pas  possibles  avec  les  bascules  latch.  Nous  montrons

maintenant que les bascules D résolvent le problème. La seule hypothèse est celle illustrée

en Figure 20, c’est à dire que l’entrée D est fixe un temps tsu avant la transition d’horloge, et

Advertisement

jusqu’à un temps th après la transition d’horloge. La Figure 24 donne le schéma d’un registre

à décalage 2 bits, avec l’état initial suivant : D0 = 1, Q0 = 0 et Q1 = 0. Lors de la première

transition 0‐1 de C, D0 = 1 est recopié en Q0, qui passe à 1 avec un retard tpd. Comme tpd

est supérieur à th (ce qui est toujours le cas dans la pratique), le passage de D1 (=Q0) à 1

intervient  trop  tard  pour  être  pris  en  compte  par  la  première  transition  de  C.  C’est  cette

situation qui assure l’opacité. Ce n’est que sur la transition suivante de C de 0 à 1 que D1 = 1

sera  recopié  à  la  sortie Q1,  avec  un  temps  de  retard  tpd  par  rapport  à  cette  transition.  Le

registre à décalage fonctionne correctement.

D0=1

Q0

D1

Q1

Bascule D

Bascule D

C

Tc

tsu

C

th

tpd

Q0 = D1

Q1

C

tsu

th

tpd

Figure 24 : Registre à décalage 2 bits et diagramme temporel des signaux associés.

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Notes de cours

D. Etiemble

la  Figure  24  permet  de  déterminer

la  condition  de

Le  diagramme  temporel  de

fonctionnement du registre à décalage. Le signal D1 devant être stable un temps tsu avant la

deuxième transition 0‐1 de l’horloge, la condition s’écrit :

tpd bascule + tsu ≤ Tc où tp bascule est le temps de retard entre la transition d’horloge et la

transition  à  la  sortie  de  la  bascule,  tsu  est  le  temps  d’établissement  et  Tc  est  la  période

d’horloge. La fréquence maximale de fonctionnement est

maxF

1

c minT

t

1

pd ( bascule )

 sut

.

Le  rebouclage  de  la  sortie  Q   d’une  bascule  D  sur  l’entrée  D  (Figure  25)  n’est  qu’un  cas

particulier  du  registre  à  décalage.  Le  circuit  correspondant  est  appelé  compteur  par  deux,

car il a deux états et change d’état à chaque transition 0‐1 de l’horloge.

Bascule D

D

Q

Q

C

Figure 25 : Compteur par deux

En  fait,  le  registre  à  décalage  ou  le  compteur  par  deux  n’est  qu’un  cas  particulier  des

opérateurs  synchrones.  Le  cas  général  est  illustré  par  la  Figure  26.  Entre  la  sortie  d’une

bascule  D  et  l’entrée  de  la  bascule  suivante,  on  trouve  des  opérateurs  combinatoires.  La

condition de fonctionnement correct est alors tpd (bascule) + tpd (combinatoire) + tsu ≤ Tc.

La fréquence maximale de fonctionnement du système est alors

maxF

1

cminT

1

t

pd ( bascule)

t

pd ( combinatoire)

 t

su

D0

Q0

Logique

combinatoire

D1

Bascule D

Q1

Bascule D

C

tpdbasc

tpdcomb

tsu

C

Tc

Figure 26 : Structure typique de la logique synchrone

1.5.4 Utilisation de la bascule D

Du fonctionnement de la bascule D se déduit aisément la manière de l'utiliser. La sortie Q de

la bascule représente son état présent. Lors de la prochaine transition d'horloge, l'entrée D

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Notes de cours

D. Etiemble

sera recopiée sur la sortie Q. L'entrée D représente donc l'état futur de la bascule D. Alors

que la sortie représente l'état présent, l'entrée représente l'état futur (Figure 27)

D

ETAT

FUTUR

Bascule D

C

Q

ETAT

PRESENT

Figure 27 : Utilisation de la bascule D

Cette propriété sera utilisée pour la réalisation des compteurs et des automates.

1.6 BASCULES DÉRIVÉES DE LA BASCULE D

Un certain nombre de variantes de la bascule D ont été introduites, comme les bascules T et

JK.

1.6.1 Bascule T

Le schéma fonctionnel de la bascule T est donné en Figure 28.

T

(Etat)

Bascule T

Q

Q

(commande)

C

Figure 28 : Bascule T

La bascule T change d'état si T =1 et ne change pas d’état si T = 0. La  Table 1 résume son

fonctionnement.  Elle  peut  être  réalisée  à  partir  d’une  bascule  D  de  deux  manières

différentes.

T

0

0

1

1

Qprésent

0

1

0

1

Qfutur

0

1

1

0

Table 1 : Fonctionnement de la bascule T.

La  Table  2  montre  l’entrée  T  de  la  bascule  T  pour  obtenir  les  différentes  transitions  entre

l’état présent et l’état futur.

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S4 – CLM

Notes de cours

D. Etiemble

Qprésent

0

0

1

1

Qfutur

0

1

0

1

T

0

1

1

0

Table 2 : Utilisation de la bascule T

1.6.1.1 Bascule T asynchrone

La partie gauche de la Figure 29 présente la version asynchrone : la bascule D, montée en

compteur  par  2,  change  d’état  sur  chaque  coup  d’horloge.  La  porte  Et  ne  laisse  passer

l’horloge de la bascule T que si T=1. La bascule T ne peut donc changer d’état que si T = 1.

Lorsque T = 0, la bascule D ne voit pas la transition d’horloge.

Cette méthode présente l'inconvénient d'utiliser des portes logiques pour traiter des signaux

de commande. Toutes les bascules d’un montage ne recevront pas les signaux de commande

au même moment : des aléas temporels importants peuvent en résulter.

1.6.1.2 Bascule T synchrone

La partie droite de la Figure 29 présente la version synchrone. La Table 2 donne l’état futur

de la bascule (qui est l'entrée D de la bascule D utilisée) en fonction de l’entrée T et de la

sortie présente (qui est la sortie Q de la bascule D). D’après la Table 2, on constate que D = T

 Q.

Les deux réalisations montrent que la bascule T est réalisée à partir d’une bascule D.

T

Q

Q

Bascule D

C

(bascule D)

C

T

Bascule D

C

Q

Q

Figure 29: Bascule T asynchrone

Bascule T synchrone

1.6.1.3 Bascule JK

La Figure 30 donne le schéma fonctionnel de la bascule JK. Son fonctionnement est résumé

par la Table 3.

J

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K

Q

Q

Bascule JK

C

Figure 30 : Bascule JK

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S4 – CLM

Notes de cours

D. Etiemble

J

0

0

1

1

K

0

1

0

1

Qprésent

Qp

Qp

Qp

Qp

Qfutur

Qp

0

1

Q p

Table 3 : Fonctionnement de la bascule JK.

Lorsque J=K, la bascule JK fonctionne comme une bascule T. Par contre, lorsque J≠K, la sor(cid:415)e

est positionné dans un état donné : Q = J. La bascule JK est donc une bascule T initialisable.

La Table 4 montre les entrées J et K à appliquer sur les entrées d’une bascule JK pour obtenir

les différentes transitions entre l’état présent et l’état futur.Ø représente l’état indifférent

Qprésent

0

0

1

1

Qfutur

0

1

0

1

J

0

1

Ø

Ø

K

Ø

Ø

1

0

Table 4 : Utilisation de la bascule JK.

2.  COMPTEURS

Les compteurs sont des opérateurs séquentiels qui comportent N états et qui passent d'un

état i à l'état i+1 (modulo N) à chaque coup d'horloge.

2.1 Exemple : le compteur par 4

Ce compteur a 4 états, notés 0, 1, 2 et 3. Son graphe des états est donné en Figure 31. Ces

états doivent être codés avec deux chiffres binaires x et y. Il y a 12 manières différentes de

coder 4 états (3 sont fondamentales et les autres s'en déduisent par permutation sur les x et

les y). Sur les 3 codes fondamentaux, seuls le code naturel et le code de Gray, pour lequel

seul 1 bit change à la fois, sont intéressants.

La Table 5 donne les trois codes fondamentaux

Le compteur est implanté avec des bascules D, dont la fonctionnalité est rappelée en Figure

32.  La  sortie  d’une  bascule  D  représente  l'état  présent.  Sur  le  prochain  coup  d'horloge,  la

valeur de l'entrée D sera recopiée à la sortie. D représente donc l'état futur de la bascule.

Pour implanter le compteur, il faut donc écrire la table donnant l'état présent (sorties Q des

bascules)  et  l'état  futur  (entrées  D  des  bascules)  et  réaliser  la  synthèse  combinatoire  des

entrées D en fonction des sorties Q.

La Table 6 donne la table de transition du compteur par 4 en utilisant le code naturel. Les

entrées D1 et D0 des bascules D sont respectivement

D1 = Q1  Q0

D0 =  Q 0

Le schéma correspondant du compteur par 4 est donné en Figure 33.

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S4 – CLM

Notes de cours

D. Etiemble

1

1

0

2

3

N

i

0

1

2

3

Figure 31 : Graphes des états

Naturel

Gray

3ème codage

x

0

1

1

0

y

0

1

0

1

Q

Etat

y

0

0

1

1

D

Etat

Futur

x

0

1

0

1

y

0

0

1

1

x

0

1

1

0

Table 5 : Codage des états

Bascule D

C

Figure 32 : Bascule D

État présent

Q0

Q1

0

0

1

0

0

1

1

1

État futur

D1

0

1

1

0

D0

1

0

1

0

Table 6 : compteur par 4 (code naturel)

La Table 7 donne la table de transition du compteur par 4 en utilisant le code de Gray. Les

entrées D1 et D0 des bascules D sont alors

D1 = Q0

D0 =  Q 1

Le schéma correspondant du compteur par 4 est donné en Figure 34.

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S4 – CLM

Notes de cours

Q0

Q0

Bascule D

C

Bascule D

D1

C

Figure 33 : Compteur par 4 (code naturel)

D. Etiemble

Q1

Q1

État présent

Q0

Q1

0

0

1

0

1

1

0

1

État futur

D1

0

1

1

0

D0

1

1

0

0

Table 7 : Table de transitions

Q0

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D1

Bascule D

Bascule D

Q1

Q1

D0

C

Figure 34 : Compteur par 4 (Code de Gray )

Les  deux  implantations  précédentes  correspondent  à  l’approche  synchrone,  dans  laquelle

toutes les bascules reçoivent le même signal d’horloge. Il est également possible de définir

un  compteur  par  4  asynchrone,  qui  est  présenté  en  Figure  35.  Il  utilise  deux  bascules  D

montées  en  compteur  par  2  :  chaque  sortie  Q  est  reliée  à  l’entrée  D  correspondante,  et

chaque bascule change d’état lorsque l’entrée d’horloge est activée (transition de 0 à 1). La

bascule pour le bit 0 change d’état à chaque transition 0 à 1 de l’horloge C. La bascule pour

le  bit  1  change  d’état  à  chaque  transition  0  à  1  de  la  sortie

0Q ,  c’est  à  dire  à  chaque

transition 1 à 0 de Q0. D’après la Table 7, la sortie Q1 change effectivement d’état à chaque

fois  que  la  sortie  Q0  passe  de  1  à  0.  La  réalisation  asynchrone  des  compteurs  présente

l’inconvénient  suivant  :  comme  les  sorties  des  bascules  ne  changent  pas  d’état  en  même

temps,  sur  la  transition  0‐1  de  l’horloge,  mais  successivement,  les  aléas  qui  résultent

d’opérations  logiques  sur  les  sorties  de  bascules  asynchrones  sont  de  durée  variable  et

peuvent  avoir  une  largeur  significative  alors  qu’ils  sont  courts  et  de  durée  constante  avec

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S4 – CLM

Notes de cours

D. Etiemble

l’approche synchrone. L’approche asynchrone, populaire il y a une quarantaine d’années, est

très peu utilisée maintenant. C’est la raison pour laquelle nous ne traiterons dans la suite du

chapitre  que  les  compteurs  et  automates  synchrones,  pour  lesquels  toutes  les  bascules

reçoivent la même commande d’horloge.

Q0

Q0

Bascule D

C

Bascule D

D1

Q1

Q1

Figure 35 : Compteur par 4 asynchrone.

Le  compteur  par  4  synchrone  peut  également  être  implanté  avec  des  bascules  T  ou  des

bascules JK. On utilise alors la Table 2 et la Table 4 qui donnent les entrées Ti ou Ji et Ki à

appliquer sur les entrées des bascules utilisées. La Table 8 donne les entrées correspondant

aux  bascules  T  et  la  Table  9  celles  correspondant  aux  bascules  JK.  Dans  les  deux  cas,  on

utilise le code binaire naturel.

État présent

Q0

Q1

0

0

1

0

1

1

0

1

État futur

Q1

0

1

1

0

Q0

1

1

0

0

T1

0

1

0

1

T0

1

1

1

1

Table 8 : Compteur par 4 avec des bascules T

De la Table 8, on déduit T0 = 1 et T1 = Q0

État présent

Q0

Q1

0

0

1

0

1

1

0

1

État futur

Q1

0

1

1

0

Q0

1

1

0

0

J1

0

1

Ø

Ø

K1

Ø

Ø

0

1

J0

1

Ø

1

Ø

K0

Ø

1

Ø

1

Table 9 : Compteur par 4 avec des bascules JK

De la Table 9, on déduit J0 = K0 = 1 et J1 = K1 = Q0

2.2 Compteur avec RAZ

En ajoutant des entrées de contrôle, on transforme les compteurs (automates sans entrées)

en  véritables  automates.  A  titre  d’exemple,  nous  ajoutons  au  compteur  par  4  une  rentrée

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S4 – CLM

Notes de cours

D. Etiemble

RAZ  pour  Remise  à  Zéro.  La  variable  booléenne  RAZ  est  à  1  pour  une  remise  à  zéro  du

compteur  et  à  0  lors  du  fonctionnement  normal  du  compteur.  Le  graphe  des  états  du

compteur avec RAZ est présenté en Figure 36.

RAZ

0

RAZ + RAZ

RAZ

1

1

RAZ

3

RAZ

.

2

RAZ

Figure 36 : Graphe des états d’un compteur par 4 avec RAZ.

La Table 10 donne les entrées D1 et D0 des bascules D en fonction des sorties Q1 et Q0 et de

l’entrée RAZ de l’automate obtenu.

RAZ

0

0

0

0

1

1

1

1

Q1

0

0

1

1

0

0

1

1

Q0

0

1

0

1

0

1

0

1

D1

0

1

1

0

0

0

0

0

D0

1

0

1

0

0

0

0

0

Table 10 : Compteur par 4 avec RAZ

D0 =  RAZ.Q 0

D1 =  RAZ . (Q1  Q0)

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