INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUEES DE
TOULOUSE
5 me Ann e R seau et T l com
_________
ANTENNES
SUPPORT DE COURS
ENONCE DE TRAVAUX DIRIGES
Alexandre Boyer
www.alexandre-boyer.fr
Antennes
Octobre 2011
TABLE DES MATIERES
Introduction................................................................................................... 3
A. Notions fondamentales ............................................................................ 6
B. Caract ristiques des antennes ................................................................ 14
C. Antennes pour les t l communications ................................................. 26
D. Antennes de r ception ........................................................................... 45
E. R seau dantennes .................................................................................. 52
R f rences ................................................................................................... 60
Annexe A Rappel sur les unit s .............................................................. 61
Annexe B Champ proche et champ lointain ............................................ 63
Annexe C Effet sur le corps humain ....................................................... 64
Travaux Dirig s .......................................................................................... 66
A. Boyer
2
Antennes
Octobre 2011
Introduction
Le r le dune antenne est de convertir l nergie lectrique dun signal en nergie
lectromagn tique transport e par une onde lectromagn tique (ou inversement). Une d finition
traditionnelle est la suivante : Une antenne d mission est un dispositif qui assure la transmission de
l nergie entre un metteur et lespace libre o cette nergie va se propager. R ciproquement, une
antenne de r ception est un dispositif qui assure la transmission de l nergie dune onde se propageant
dans lespace un appareil r cepteur .
Le transport d nergie par une onde lectromagn tique va donc permettre le transfert
dinformation sans support physique travers un canal ou une liaison radio lectrique, condition que
londe lectromagn tique soit modul e par un signal informatif. Une liaison radio lectrique est un
canal de transmission entre un metteur et un r cepteur, dont le support de transmission est assur par
des ondes lectromagn tiques. Comme tous les canaux de communication, il est soumis aux probl mes
pos s par le bruit et les perturbations, qui vont limiter les performances du syst me de transmission. Ils
sont aussi d pendants des propri t s de lantenne qui va donner naissance londe lectromagn tique,
et
la propagation des ondes
lectromagn tiques. La connaissance et la mod lisation de la propagation et des antennes sont
complexes & mais n cessaires pour dimensionner un syst me de transmission sans fils.
lenvironnement autour de
lantenne qui va
influer sur
Bien que compl mentaire de l tude des antennes, la question de la propagation des ondes
lectromagn tiques, la description physique et la mod lisation des effets de la propagation des ondes
et les techniques permettant de compenser les effets parasites du canal radio lectrique ne seront pas
trait es dans ce cours.
Historique
La figure 1 dresse un rapide historique des d couvertes et inventions
li es aux
radiocommunications et aux antennes. Le d veloppement des radiocommunications est bas sur la
th orie de l lectromagn tisme, mise au point au XIXe si cle et am liorer au XXe si cle. Les ondes
lectromagn tiques, support des radiocommunications, ont t pr vu de mani re th orique dans le
cadre des quations de Maxwell et mises en vidence exp rimentalement par Hertz la fin du XIXe
si cle. Peu de temps apr s, les premi res applications de transmission radio sont apparues. Leur
d veloppement sest fait en parall le avec celui de l lectronique au d but du si cle. Le XXe si cle est
ensuite ponctu dinnovations majeures, qui r pondaient des besoins pr cis.
A. Boyer
3
Antennes
Octobre 2011
1819
Exp rience
dOersted (lien
lectricit
magn tisme)
1887 exp rience
de Hertz (mise en
vidence des
ondes EM)
1908
Tube triode de
Lee de Forrest
1901
1e liaison radio
intercontinental
1873
quations
de Maxwell
1926
antenne Yagi
1896
Radio de
Marconi
1906
Cr ation de
lITU - R
1934
1e radar
1940-45
Concept de
RFID
1970 - 75
antennes
patch
1946
quation
de Friis
1984
MIMO
2010
D ploiement
3.9G LTE
1946
R seau
dantennes
1962
Telstar (1e
satellite de
t l com.)
1987
Sp cifications
GSM
Figure 1 Historique des radiocommunications
1831
Loi dinduction
de Faraday
Applications
Les antennes sont utilis es sur une large gamme de fr quence (ou de longueur donde) pour un
grand nombre dapplications diff rentes comme le montre la figure 2.
MF
0.3-3MHz
HF
3-30MHz
VHF
30-300MHz
UHF
300-3000MHz
SHF
3-30GHz
EHF
30-300GHz
Liaison sous
marine
Radio AM
RFID
ISM
Radio FM
GSM
TV VHF
TV UHF
Radio OC
CB
IEEE
802.11
WiFi
Gigabit
GPS
DCS
ZigBee
Wimax
Liaison
satellite
UMTS
Fr quence (Hz)
100K
1M
10M
100M
1G
10G
100G
Figure 2 Occupation du spectre radiofr quence
Le but de ce cours est de comprendre le principe de fonctionnement dune antenne, leurs
caract ristiques et conna tre les principaux types dantennes employ es pour les radiocommunications.
Le cours est orient de la mani re suivante : le premier chapitre revient sur des notions
d lectromagn tisme afin de mieux comprendre le principe de fonctionnement dune antenne. Le
second chapitre pr sente les caract ristiques principales dune antenne, en se concentrant uniquement
sur les antennes utilis es en mission. A lissue de ce chapitre, vous devrez tre capables de
d coder la datasheet dune antenne. Dans le troisi me chapitre, les principaux types dantennes
utilis es pour les radiocommunications sont pr sent s (dip les, boucle, antenne patch, ouverture
rayonnante &). Des formules pratiques sont donn es pour un premier dimensionnement de ces
antennes. Cependant, en raison de la complexit de la r solution des quations de Maxwell, la
conception dantenne repose essentiellement sur lutilisation de simulateur num rique. Le quatri me
chapitre est d di aux antennes de r ception : les relations permettant de relier le champ incident et la
puissance re ue par lantenne sont pr sent es, l quation de Friis, aussi appel e aussi quation des
t l communications, est introduite car elle permet de faire des bilans de liaisons radio simplifi e. Il
sagit dun mod le de propagation tr s restrictif car uniquement valable en espace libre, mais le but de
ce cours nest pas de pr senter en d tail les mod les de propagation. Cette version de ce cours omet
donc ces notions. Enfin, les notions de diversit spatiale et de polarisation sont pr sent es. Le dernier
A. Boyer
4
Antennes
Octobre 2011
chapitre traite des r seaux dantennes, qui permettent litt ralement de tailler un diagramme de
rayonnement complexe partir d l ments rayonnants basiques. Les principes de base des r seaux
sont pr sent s. Ces bases sont n cessaires pour aborder certaines techniques de pointe utilis es
aujourdhui en t l communications. La fin de ce chapitre en abordera certaines.
A. Boyer
5
Antennes
Octobre 2011
A. Notions fondamentales
Le but de ce chapitre est de revenir sur certaines notions fondamentales d lectromagn tisme
avant de se concentrer sur les antennes. Il sagit de r pondre aux questions suivantes : pourquoi une
antenne rayonne t-elle ? Quest-ce quune onde lectromagn tique ?
I. Quelques rappels d lectromagn tisme
Les charges lectriques au repos peuvent exercer des forces lectriques entre elles, cette action
distance se fait par linterm diaire dun champ lectrique. Toute charge lectrique Q immobile cr
un champ lectrique E dans lespace environnant, qui d croit inversement avec le carr de la distance.
r
E
Advertisement
r
( )
rE
=
r
r
Q
r
4pe
3
quation 1
Charge Q
De la m me mani re, toute circulation de courant (c'est- -dire des charges en mouvement)
travers une interconnexion l mentaire est lorigine dun champ magn tique tournant autour de la
ligne. Cette ligne exercera une force distance sur toute autre interconnexion parcourue par un
courant.
r
B
J
r
( )
rB
=
r
J
r
r
3
r
m
0
p
4
+
dv
dv
quation 2
Les charges lectriques et les courants constituent donc les sources l mentaires des champs
lectromagn tiques. Les deux cas pr c dents correspondent au cas o les charges sont immobiles
( lectrostatique) et les courants continus (magn tostatiques), qui conduisent des champs constants
dans le temps. Cependant, laction dune charge ou dun courant nest pas instantan e et est retard e
par un temps t = r/c, o c est la vitesse de la lumi re. Ainsi, tout mouvement de charges ou toute
variation de courant induira une variation de champ lectrique ou magn tique en un point donn de
lespace apr s un temps de retard donn .
Bien quen lectrostatique et en magn tostatique les champs lectriques et magn tiques soient
ind pendants, cela nest plus le cas d s que la quantit de charge ou le courant varient. Les champs
lectriques et magn tiques sont alors li s. On parle alors de champ lectromagn tique. Par exemple,
dans un circuit lectrique soumis un champ magn tique, un courant se mettra circuler en raison de
lapparition dune force lectromotrice, elle-m me li e au champ lectrique induit par la variation de
champ magn tique (loi de Faraday).
A. Boyer
6
(cid:217)
Antennes
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II. Une mani re simple de comprendre
lorigine du
rayonnement lectromagn tique
Toute charge et tout mouvement de charge sont capables de cr er des champs lectriques et
magn tiques autour deux et devraient tre capables de produire un rayonnement lectromagn tique
(cr ation dune onde lectromagn tique qui se propage librement dans lespace). Cependant, dans la
nature, quasiment tous les objets ne rayonnent pas. En effet, la plupart des objets contiennent des
charges positives et n gatives en quilibre, si bien que les champs lectriques que chacune de ces
charges g n rent sannulent. Lorsquun courant circule le long dune interconnexion, les charges
v hicul es ne saccumulent pas au bout de linterconnexion, mais reviennent par un autre chemin,
formant ainsi une boucle. Ainsi, le champ magn tique cr par chaque l ment de cette boucle
sadditionne avec la contribution des autres et annulent quasiment le champ magn tique total grande
distance.
Alors comment une antenne fait-elle pour rayonner ? Intuitivement, on sent quil faut quil y
ait un d s quilibre dans la distribution de charges et les courants parcourant lantenne, par exemple
produit par toute variation temporelle du courant ou toute discontinuit dans lantenne conduisant
une accumulation de charges. Ceci pour emp cher lannulation de la contribution de chaque charge et
de chaque l ment de courant de lantenne. Dans lexemple suivant , un courant continu se
met parcourir une petite boucle carr e t = 0. Bien que les contributions des 2 c t s de la boucle
(not s l ments 1 et 2) soient identiques en amplitude et de signe inverse, la contribution de l l ment
1 de lantenne arrive un peu avant celle de l l ment 2 (ou les contributions des 2 l ments sont
d phas es), permettant la cr ation dun rayonnement lectromagn tique pendant un temps tr s bref. Si
maintenant un courant variable se met parcourir la boucle, un rayonnement lectromagn tique sera
produit continuellement.
d
Point
dobservation
I
I
r
H(r)
d/c
l ment 2
l ment 1
Figure 3 - Rayonnement lectromagn tique cr par la variation dun courant dans un circuit de petite
taille
On peut donc voir le rayonnement lectromagn tique comme la r sultante des diff rences de
phase des contributions de chaque l ment de lantenne.
0
r/c
t
Remarque : zones de champ proche et de champ lointain
Dans le raisonnement pr c dent, on consid re que la taille de lantenne est petite devant la
distance R la s parant du point dobservation. La contribution de chaque partie de lantenne a alors
peu pr s la m me amplitude. Supposons maintenant que le point dobservation soit plac pr s de
lantenne, de telle mani re ce que la partie de lantenne la plus proche fournisse la plus grande
contribution aux champs lectriques et magn tiques. Ceux-ci r sultent de la diff rence de distance
entre chaque partie de lantenne. Le point dobservation est plac en zone dite de champ proche (voir
annexe B). Lorsquon parle de rayonnement, le point dobservation est plac en champ lointain, le
rayonnement est d la diff rence de phase des champs lectriques et magn tiques produits par
chaque partie de lantenne
La figure 4 pr sente de mani re g n rale le champ lectromagn tique produit par une antenne
parcourue par un courant sinuso dal. Celui-ci se propage la vitesse de la lumi re, son amplitude
A. Boyer
7
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d croit avec la distance et sa phase varie avec la distance en fonction dune constante de phase ou
donde .
Point
dobservation
Antenne (longueur
effective Leff)
I exp(i t)
(
exp
)
b
ri
r
(
i
w
)t
exp
r
phase
=
..
IL
eff
d lai =
phase
r
c
w
=
=
.b
r
r
c
Figure 4 - Rayonnement lectromagn tique produit par une antenne de longueur effective Leff et
parcouru par un courant sinuso dal
III. Equations de Maxwell
Tout l lectromagn tisme est contenu dans les quations de Maxwell . La
pr sentation des quations de Maxwell permet de donner un cadre un peu plus math matique la
discussion pr c dente. Pour plus de d tails sur lart de r soudre ces quations, reportez-vous un
ouvrage d lectromagn tisme.
1. Pr sentation des quations de Maxwell
La r partition des champs lectriques et magn tiques dans lespace produite par une
distribution donn e de charges et de courants peut tre d termin e en r solvant les quations de
Maxwell. En outre, celles-ci permettent de d terminer comment londe lectromagn tique se propage
dans lespace. Pour un milieu homog ne et isotrope (cas g n ral de la propagation en espace libre ou
guid e), celles-ci sont donn es par les quations 3 7.
Equation de Maxwell-Gauss
Equation de Maxwell-
Thompson
Equation de Maxwell-
Faraday
=Ediv
r
e
quation 3
0=Bdiv
quation 4
Erot
m-=
Hd
dt
quation 5
Equation de Maxwell-
Amp re
Hrot
=
s
+
e
E
Ed
dt
quation 6
Avec :
(cid:1) : densit volumique de charge
(cid:1)
: permittivit lectrique (F/m). A noter 0 : permittivit di lectrique dans le vide (= 8.85e-
12) et r : permittivit lectrique relative telle que = 0 r
(cid:1) : perm abilit magn tique (H/m). A noter 0 : permittivit di lectrique dans le vide (=
4 .10-7) et r : permittivit magn tique relative telle que = 0 r
A. Boyer
8
-
Antennes
Octobre 2011
(cid:1) : conductivit lectrique du milieu (S/m)
L quation de Maxwell-Gauss (issue du th or me de Gauss) indique que toute distribution de
charges dans lespace conduit lapparition dun champ lectrique, de telle sorte que pour tout volume
contenant ces charges, le flux du champ lectrique sortant de cette surface est proportionnel la
somme de toutes les charges.
L quation de Maxwell-Thompson indique quun courant induit un champ magn tique qui
forme une boucle autour de ce courant. Contrairement au champ lectrique cr par une charge, le flux
de champ magn tique sortant de toute surface entourant la ligne parcourue par un courant est nul. En
comparant cette quation avec celle de Maxwell-Gauss, on peut en conclure quil ny a pas de charges
Advertisement
magn tiques analogues aux charges lectriques.
L quation de Maxwell-Faraday est issue de la loi de Faraday et d crit le ph nom ne
dinduction dune force lectromotrice par un champ magn tique variable. Le flux dun champ
magn tique variable travers toute surface incluse lint rieur dun contour ferm donne naissance
une force lectromotrice.
L quation de Maxwell-Amp re permet de relier le champ magn tique au courant circulant
CIHrot
=
qui relie le champ magn tique au
dans un circuit. Elle est issue de la loi dAmp re
I C
s=
E
courant de conduction
. Il sagit du flux d lectrons apparaissant dans un conducteur
lectrique entre chaque mol cule lorsquon le soumet une force lectromotrice. Cependant, cette
quation nest pas suffisante pour expliquer lexistence dun courant alternatif dans un circuit
comprenant un condensateur. Lisolant pr sent entre chaque armature dun condensateur ne permet
pas la pr sence dun courant de conduction travers celui-ci. Cependant, sous linfluence du champ
lectrique variable apparaissant entre les 2 armatures charg es du condensateur, la variation de charge
est identique sur les 2 armatures. Ce flux de charge en mouvement est appel courant de d placement
e=
I D
dE
dt
.
2.
Interpr tation
Que se passe t-il lorsquun courant de conduction variable traverse un fil ? Dapr s l quation
de Maxwell-Amp re, un champ magn tique variable est produit au voisinage de ce fil. Localement
autour de ce point, il y a une variation du flux du champ magn tique qui, dapr s l quation de
Maxwell-Faraday, va donner naissance un champ lectrique variable. Localement, cette variation de
champ lectrique donne naissance un champ magn tique et ce processus continue de proche en
proche. Les champs lectriques et magn tiques se propagent conjointement limage dune vague. La
r solution des quations de Maxwell montre que la vitesse de d placement des champs est une
constante c gale la vitesse de la lumi re.
3. Rayonnement lectromagn tique dune source lectrique
Les courants et les charges sont les sources primaires du champ lectromagn tique. Selon le
principe de Huygens, elles rayonnent dans lespace des ondes sph riques dont la propagation est
fonction de
exp
. Ainsi, tout courant I0 cr un rayonnement proportionnel
exp
I
0
(
)
b
ri
r
et
(
)
rib
r
chaque charge Q0 un rayonnement proportionnel
Q
0
. Il est possible dexprimer la
contribution de toute source primaire caract ris e par une distribution volumique de courant IM et de
charge QM en un point P par les potentiels scalaires V et vecteur A.
A. Boyer
9
(
exp
)
b
ri
r
-
-
-
Antennes
Octobre 2011
(
exp
)
b
ri
(
PA
)
=
(
PV
)
=
m
p
4
1
pe
4
I
V
Q
V
+
v
+
v
r
(
exp
r
dv
quation 7
)
b
ri
dv
quation 8
A partir de ces potentiels, il est possible de calculer les champs lectriques et magn tiques en
tout point de lespace :
-=
E
H
Ad
dt
1=
m
grad
V
quation 9
Arot
quation 10
IV. Onde lectromagn tique Propagation des ondes
A partir des quations de Maxwell, il est possible de d terminer la distribution dans lespace
des champs lectriques et magn tiques produits par une source. Le couple form par les champs
lectriques et magn tiques forme une onde lectromagn tique. Ce terme vient du fait que, en raison
des liens qui existent entre ces 2 champs, ceux-ci gagnent tout le milieu ambiant de proche en proche
ou se propagent, limage dune onde qui se forme la surface dun lac dans lequel on aurait jet une
pierre.
Nous allons commencer par donner quelques l ments de d monstration succincts de ce
comportement. Il est conseill de se reporter des ouvrages d lectromagn tisme pour un
d veloppement plus d taill et rigoureux.
1. Equation de propagation
La r solution des quations de Maxwell va nous permettre de d terminer l quation de
propagation des champs. Nous ne consid rerons ici que le cas dun milieu de propagation sans pertes
caract ris par une constante di lectrique et magn tique r elle, o il ny a donc aucune charge et
courant. En combinant alors les quations de Maxwell-Amp re et de Maxwell-Faraday, il est possible
d crire les 2 quations diff rentielles dites de propagation :
E em
r
H
em
2
Ed
2
dt
r
2
Hd
2
dt
=
0
quation 11
=
0
quation 12
Les solutions ces 2 quations se comportent comme des ondes qui se propagent la vitesse
v :
=
v
1
e
m
=
c
1
e
0
m
0
. Dans le vide ou dans lair, cette vitesse est not e c et est gale
=
8
10.3
sm
/
. De mani re g n rale, la vitesse peut s crire
=
v
c
e
r
m
r
, en
fonction de la permittivit lectrique relative r et la perm abilit magn tique relative du milieu r.
Une onde qui se propage est appel e onde progressive.
A. Boyer
10
-
-
-
-
D
-
D
Antennes
Octobre 2011
En r gime sinuso dal et en consid rant laxe z comme la direction de propagation, la solution
aux quations de propagation s crit :
)
Advertisement
=
)
r
(
tzE
,
r
(
,
tzH
(
w
t
(
w
r
E
.
r
H
exp
exp
=
j
t
j
.
b
)
r
( )
=
zE
.
r
( )
)
=
.
zHz
z
b
exp
j
exp
(
w
t
(
w
j
)
.
t
exp
)
.
exp
(
j
b
(
j
)
)z
z
b
quation 13
est la constante de phase et caract rise la propagation :
w
b
=
=
w
. =
me
quation 14
p
2
l
v
Remarque : propagation dans un milieu pertes
Un milieu pertes est caract ris par un di lectrique pr sentant des pertes telles que la
permittivit lectrique s crit :
e
=
e
s
w
i
e
. Les quations de propagation restent quasiment
identiques, hormis quon remplace la constante de phase par un param tre de propagation
g
, o est le param tre datt nuation qui traduit laffaiblissement de la propagation. Ainsi,
i+
=
a
b
en se propageant, lamplitude de londe est att nu e par un facteur
. Dans un
environnement r el, une antenne peut tre entour e de nombreux objets (voire d tres humains) qui
vont absorber une partie de l nergie transport e par londe lectromagn tique (voir annexe D). Selon
les propri t s du milieu et la fr quence, cet affaiblissement exponentiel sera plus ou moins rapide. Elle
est caract ris e par la profondeur de p n tration (ou paisseur de peau pour les bons conducteurs) :
(
)za-
exp
d
=
1 =
a
1
pms
f
quation 15
Au-del dune paisseur , londe est att nu e dun facteur e-1 = 0.37 dans un mat riau
pertes. Un conducteur parfait pr sente une paisseur de peau quasi nulle et est capable darr ter une
onde lectromagn tique quel que soit la fr quence. Par exemple, dans un bon conducteur comme le
cuivre ( =57 MS), l paisseur de peau est gale 0.08 mm 1 MHz et 2.5 m 1 GHz.
2. Surface donde et onde plane
On appelle surface donde lensemble des points de lespace atteints un instant t par une
onde mise un instant ant rieur t0. La phase de londe identique en tout point de cette surface,
lamplitude ne lest qu condition que la source rayonne de mani re isotrope dans toutes les directions
de lespace. Dans le cas dun milieu de propagation isotrope et homog ne, la vitesse de propagation
est identique dans toutes les directions de lespace et la surface donde est une sph re. On parle alors
dondes sph riques.
Loin de la source, londe peut tre vue localement comme une onde plane. Localement, les
champs lectriques et magn tiques ont la m me valeur en tout point du plan donde.
3. Propri t s dune onde lectromagn tique plane
Nous allons chercher donner une image londe lectromagn tique issue des quations de
propagation en r gime sinuso dale ( quation 13). On consid re que londe se propage le long de laxe
z. A grande distance de la source, londe est localement une onde plane. A partir des quations de
Maxwell, il est possible de montrer les propri t s suivantes :
(cid:1) Les champs E et H sont perpendiculaires la direction de propagation. Ils sont donc inclus
au plan donde. On parle alors donde transversale lectromagn tique (onde TEM)
(cid:1) Les champs E , H et la direction de propagation forment un tri dre direct. Les champs E et
H sont donc perpendiculaires entre eux.
A. Boyer
11
-
-
-
-
-
Antennes
Octobre 2011
(cid:1) Dans le cas dun milieu de propagation sans pertes, les champs E et H sont en phase et sont
reli s entre eux par l quation 16.
=
E
H
m
e
=
h
quation 16
est appel imp dance donde du milieu. Dans le vide, = 120 H 377 &.
La figure 5 repr sente une vue dune onde lectromagn tique dans lespace un instant donn .
Londe est form e par la superposition des champs lectriques et magn tiques qui voluent de mani re
sinuso dale dans lespace. A un instant apr s, la position des maximums et des minimums de champs
se d placeraient le long de laxe z, indiquant la propagation de londe. A noter la longueur donde qui
correspond la distance entre 2 maximums de londe. Celle-ci se calcule laide de l quation 17.
l
=
c
me
r
r
f
quation 17
Longueur donde
H
3
Plan H
Plan E
Direction de
propagation
Figure 5 Repr sentation dune onde lectromagn tique TEM se propageant dans lespace
Remarque : plans E et H
Pour une antenne polarisation rectiligne, on appelle le plan E le plan form par la direction
de propagation et par la direction du champ lectrique. Le plan H est celui form par la direction de
propagation et par la direction du champ magn tique.
4. Polarisation dune onde lectromagn tique
On d finit la polarisation dune onde lectromagn tique comme la direction du champ
lectrique. En se pla ant dans un rep re sph rique ayant pour origine la source de londe avec laxe r
orient le long de la direction de propagation, on peut d crire la direction du champ E par la relation
suivante :
=
r
r
uEE
q
(
)q
w +
t
f
q
r
uE
j
j
+
E
j
=
B
Advertisement
sin.
(
w +
t
f
)j
quation 18
E
q
=
A
sin.
f
(
q
=
f
Si les deux composantes du champ lectrique vibrent en phase ou en opposition de phase
), les champs E et H conservent une direction constante dans le temps. La polarisation
p
j
est dite rectiligne. Londe lectromagn tique pr sent e la figure 5 est rectiligne.
Sinon, la polarisation est elliptique et la direction du champ E varie dans le temps. Lextr mit
du vecteur repr sentant le champ lectrique d crit une ellipse. Dans le cas particulier o les 2
composantes sont en quadrature (
), la polarisation est alors circulaire.
2/p
=
f
f
q
j
A. Boyer
12
(cid:215)
(cid:215)
Antennes
Octobre 2011
r
ju
B
E
r
qu
A
r
ju
E
E
r
qu
E
Polarisation rectiligne : Le champ lectrique
volue dans lespace lint rieur dun plan
Polarisation circulaire : Le champ lectrique volue
dans lespace le long dune h lice
Figure 6 Polarisation rectiligne et circulaire
La polarisation de londe d pend des caract ristiques de lantenne mettrice. Ainsi, les
antennes filaires pr sentent une polarisation rectiligne. Cependant, la polarisation dune onde peut tre
modifi e par le milieu de propagation et les objets environnants. Par exemple, le passage dune onde
travers un milieu charg (comme le passage dune onde travers lionosph re terrestre) conduit une
rotation du plan de polarisation par effet Faraday et donc lintroduction de d phasage de
propagation.
5. Puissance transport e par une onde lectromagn tique
Dans un volume dV, une onde lectromagn tique transporte une nergie compos e de :
(cid:1) une nergie lectrique =
e
2
dV
E
2
m
(cid:1) une nergie magn tique =
L nergie totale est donc de
2
dV
H
2
e
E
2
+ m
2
H
2
dV
=
1
c
.
dVHE
.
. On peut montrer que londe
transporte la puissance suivante, exprim e sous la forme dun vecteur appel e vecteur de Poynting. H*
est le conjugu du champ magn tique.
(
*
mWHE
/
)2
quation 19
=
P
1
2
Remarque :
Pour une onde progressive (comme une onde TEM), les champs E et H sont en phase, le
vecteur de Poynting est r el donc londe transporte une puissance active qui peut tre fournie une
charge. Si les champs E et H sont en quadrature, londe est stationnaire et le vecteur de Poynting est
purement imaginaire. Londe ne transporte pas de puissance active.
Le fait quune onde lectromagn tique transporte une puissance est la base de deux types
dapplications fondamentales :
(cid:1)
(cid:1)
le transport d nergie sans contact, imagin par Nicolas Tesla et repris depuis plusieurs
ann es sous le nom de Wireless Power Transfer
le transport dune information par une onde lectromagn tique, condition de la moduler,
utilis par tous les syst mes de radiocommunication.
A. Boyer
13
(cid:217)
Antennes
Octobre 2011
B. Caract ristiques des antennes
Quel que soit la fr quence de fonctionnement de lantenne, quel que soit sa structure physique,
le rayonnement des antennes est caract ris par des propri t s communes. Le but de ce chapitre est de
les pr senter. Ces propri t s doivent permettre de r pondre aux questions suivantes :
(cid:1) Comment une antenne rayonne t-elle la puissance qui lui est fournie dans lespace ? Dans
quelle(s) direction(s) ?
(cid:1) Avec quelle efficacit se fait le transfert d nergie entre la puissance de l metteur et la
puissance rayonn e ?
(cid:1) Sur quelle bande de fr quence lantenne rayonne de mani re optimale ?
(cid:1) Quelles sont les propri t s donn es par lantenne londe lectromagn tique mise ?
Bien que les propri t s dune antenne restent les m mes quelles soient utilis es en mission
ou en r ception, nous ne pr senterons pas dans ce chapitre, mais dans le chapitre D, certaines
propri t s propres aux antennes employ es en r ception.
I. Structure g n rale dune antenne
Dans ce chapitre, nous allons consid rer uniquement des antennes mettrices. Cependant, il est
n cessaire de supprimer toute distinction entre antenne mettrice et antenne r ceptrice, en introduisant
le principe de r ciprocit : toute structure qui re oit une onde lectromagn tique peut transmettre une
onde lectromagn tique. Une antenne passive peut r ciproquement tre utilis e en mission et en
r ception. Les propri t s de lantenne resteront les m mes quelle soit utilis e en mission ou en
r ception.
La figure 7 pr sente la structure g n rale dune antenne mettrice. (Une antenne r ceptrice
pr sente une structure similaire, lalimentation est remplac e par un r cepteur, le sens des fl ches
indiquant le transfert de puissance est invers ) :
(cid:1) Le signal transmettre peut provenir dune ou plusieurs sources (amplitude et phase des
sources ind pendantes). Ps correspond la puissance lectrique d livr e par la source.
(cid:1) Des amplificateurs et des filtres peuvent tre plac s entre la source et lantenne pour fournir
une puissance lectrique suffisante aux l ments rayonnants et assurer une mission (ou une
r ception) sur une bande troite.
(cid:1) L metteur ou le r cepteur sont reli es lantenne par une ligne qui sont en g n ral des
lignes coaxiales ou des guides dondes. Ils permettent de transporter une puissance
lectrique PA aux l ments rayonnants. La puissance PA est diff rente de la puissance PS en
raison des pertes li es aux diff rents l ments reliant la source aux l ments rayonnants.
(cid:1) Le r seau de polarisation permet de connecter les signaux transmettre aux l ments
rayonnants, de les d phaser et/ou de les combiner entre eux. Nous verrons dans le chapitre E
R seau dantennes comment le fait de combiner plusieurs antennes entre elles peut
fournir des propri t s int ressantes lantenne quivalente.
(cid:1) Les l ments rayonnants assurent la transmission de l nergie fournie par l metteur
lespace libre o londe va se propager. La puissance rayonn e par lantenne est not e PR.
R ciproquement, elle assure la transmission de l nergie dune onde EM vers le r cepteur.
A. Boyer
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Antennes
Octobre 2011
Puissance PS
Onde
lectromagn tique
rayonn e
r seau de
polarisation &
El ments
rayonnants
&
Puissance PA
Puissance PR
e
g
a
r
t
l
i
f
-
n
o
i
t
a
c
i
f
i
l
p
m
A
Sources
&
Figure 7 Structure g n rale dune antenne
Il est important que linstallation de lantenne et sa connexion la source n cessite dautres
structures non pr sent es sur le sch ma, mais qui vont avoir une influence non n gligeable sur les
performances de lantenne. Lantenne est mont e m caniquement sur un dispositif (un mat pour une
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station de base, le ch ssis dun t l phone) qui va contribuer modifier le rayonnement de lanten...